mercredi 18 mai 2011

Arrêtez-moi là! - Iain Levison

P1020088

Je me suis précipitée pour acheter Arrêtez-moi là, le nouveau roman de Iain Levison paru (comme les autres) chez Liana Levi. C'est un roman anxyogène car raconté de façon assez neutre. A Dallas, au Texas (où la peine de mort est en vigueur), le narrateur, un chauffeur de taxi se retrouve en prison (dans le couloir de la mort) avant son procès (car c'est l'endroit le plus sûr où le mettre). Il est en effet accusé de l'enlèvement (et peut-être de l'assassinat) d'une petite fille disparue (on n'a pas retrouvé son corps). Cette horrible méprise est venue du fait que dans la même journée, il a eu le malheur de toucher une porte-fenêtre chez une cliente qui devait lui payer sa course (il était entrée chez elle pour attendre le montant de sa course) et qu'avant de rentrer chez lui, il a pris gratuitement deux filles qui étaient ivres-mortes, dont une a vomi sur le siège - siège qu'il a nettoyé à la vapeur (ce qu'il n'aurait jamais dû faire, surtout après avoir touché une porte-fenêtre chez une inconnue). J'ai été frappée par la façon très détachée qu'a le narrateur de décrire tout ce qui lui arrive. Il perd tout dans cette histoire. Et un doute subsiste même quand il est disculpé. C'est un portrait au vitriol de la machine judiciaire américaine où une enquête bâclée par la faute d'un inspecteur incompétent fait emprisonner un coupable idéal qui a eu comme seul tort de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. L'avocat commis d'office qui épouve tout de suite de l'animosité pour le présumé coupable  (tout au moins au début) n'arrange pas les choses. Les jurés, la juge, tout le monde le condamnent d'avance. Seul un événement inattendu va sauver in extremis ce pauvre narrateur qui aura passé presque un an en prison. A sa sortie, il va se retrouver dans un autre genre de prison (même si elle est dorée). Iaian Levison a vraiment beaucoup de talent. Je suis vraiment contente de ma lecture que je vous conseille.

PS: je crois utile, aujourd'hui, de préciser que j'avais rédigé mon article avant le samedi 14 mai 2011!

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : ,

dimanche 15 mai 2011

Films vus et non commentés depuis le 07/03/2011

Comme je me rends compte que je prends du retard dans mes comptes-rendus sur les films vus depuis 1 mois, voici un billet sur 5 d'entre eux, le prochain billet rendra compte de 5 autres. Je les ai tous assez appréciés et je vous conseille de les voir en salle ou en DVD si vous pouvez.

Le film étant chaudement recommandé sur la blogosphère (voir par exemple le billet d'Aifelle), je suis allée voir Tous les soleils du romancier Philippe Claudel et bien m'en a pris. Il s'agit d'une histoire sympathique qui se passe à Strasbourg où Alessandro, veuf, vit seul avec sa fille Irina, jeune adolescente plutôt bien dans sa peau. Il héberge depuis quelque temps son frère, Luigi, qui a fui l'Italie depuis l'arrivée de Berlusconi au pouvoir. Alessandro enseigne la musique baroque en université et chante dans une chorale. C'est un film qui finit bien. A voir quand vous êtes d'humeur morose.

Coup d'éclat de José Alcala avec une Catherine Frot comme je l'aime. Cette actrice est formidable dans le rôle de Fabienne, une femme flic (presque) au bout du rouleau entre ses problèmes d'alcool (elle boit pas mal de vin) et sa vieille mère qui la harcèle souvent. Fabienne, qui s'occupe plutôt des "sans-papiers", décide d'enquêter sur le suicide d'une jeune prostituée venue de l'est qui a laissé un petit garçon derrière elle. L'action se passe à Sète et dans ses environs. Le film donne l'occasion de voir Tcheky Karyo de plus en plus rare sur nos écrans (et c'est dommage). Le scénario tient la route même si la fin est un peu en suspens.

Animal Kingdom de David Michôd est un polar australien très noir qui se passe à Melbourne dans un quartier sans âme. Là vivent les Cody, une famille "ordinaire" composée de quelques hommes sous la domination de la mère, Janine, qui avec de grands sourire et beaucoup de gentillesse demande la "disparition" de quelqu'un quand elle sent que sa famille proche (ses fils) est menacée. Les garçons pillent des banques, tirent des coups de feu, tuent quand c'est nécessaire. Il se trouve qu'un "maillon faible" va entrer dans cette famille: le petit-fils, qui vient d'assister sans ciller à la mort de sa mère morte d'une overdose d'héroïne. Je ne suis pas prête d'oublier le personnage de Janine et la scène finale inattendue et violente.

Où va la nuit de Martin Provost avec Yolande Moreau en femme battue qui se venge (on la comprend!) de son mari violent qui a tué accidentellement une jeune fille en la renversant avec sa voiture. C'est un film qui possède de grandes qualités avec une Yolande Moreau attachante. Le bémol que je mettrais tient au personnage du fils, que je n'ai pas trouvé bien écrit. Il est crispant au possible. De son côté, le personnage du flic qui a deviné tout ce qui s'est passé n'est pas banal. Et il faut noter la présence notable, vers la fin du film, d'Edith Scob, même si son personnage m'a paru improbable. Et je pense qu'il y a clin d'oeil voulu au film Thelma et Louise de Ridley Scott, avec la scène des deux mains l'une sur l'autre dans la voiture en surplomb au bord du quai. Un film à voir.

Voir la mer de Patrice Leconte: 2 garçons, 1 fille, 3 possibilités. Clément et Nicolas doivent partir vers Saint-Jean-de-Luz voir leur mère. Clément, qui travaille dans un garage, vient d'être plaqué par sa copine. Thomas rencontre Prudence dans un bal. Celle-ci vient de quitter son amant plus âgée qu'elle. Elle décide d'accompagner les deux frères. On sent que Patrice Leconte a voulu se faire plaisir. C'est un film libre, assez drôle, parfois coquin: la fille qui couche avec les deux frères à tour de rôle, et le vieil amant qui les poursuit. C'est un film idéal à voir l'été.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
lundi 7 mars 2011

Films vus et non commentés depuis le 11/02/11

Je voudrais évoquer trois films que j'ai vus le week-end dernier. Ils n'ont aucun rapport entre eux, si ce n'est qu'ils sont sortis dans très peu de salles à Paris et qu'ils ne resteront peut-être pas à l'affiche très longtemps (ce qui est bien dommage).

Je commence par le film kirghize (sorti cette semaine), Le Voleur de lumière de Aktan Arym Kubat (qui interprète le rôle principal avec une bouille sympathique). Pendant 1H15, on se retrouve dans un Etat de l'ex-Union soviétique que personne ou presque ne peut situer sur une carte géographique. Dans les montagnes, dans un village oublié par la civilisation, vit M. Lumière, électricien de son métier. Il entretient les lignes électriques tout en trafiquant les compteurs pour les plus démunis qui ne peuvent pas payer les factures. Il est heureux en ménage, entouré de sa femme et de ses trois filles, et il conseille et écoute les autres. Son rêve est de construire des éoliennes dans la vallée battue par les vents. Mais des hommes corrompus, nouveaux maîtres du pays, ne l'entendent pas ainsi. Le fil de l'histoire m'a paru décousu mais le film dégage une certaine chaleur humaine et la dernière image avec l'ampoule qui fonctionne grâce à une éolienne bricolée donne une lueur d'espoir. Voir le billet de Neil.

J'ai suivi le conseil d'Ed concernant Santiago 73, post mortem de Pablo Larrain. J'ai été assez surprise par le début, au point de me demander si je m'étais pas trompée de film. Je ne m'attendais pas du tout à ce que j'allais voir. Mario, homme sans âge défini avec ses cheveux gris mi-long, traîne sa solitude entre chez lui (une petite maison impersonnelle) et la morgue où il travaille comme fonctionnaire (il tape les rapports du médecin légiste). On assiste à trois autopsies dont une femme (qu'on aura vu vivante dans le film) et un homme (le président Allende). C'est difficile d'évoquer ce film à l'atmosphère grise et métallique comme l'image. Les scènes de morgue sont hallucinantes avec des cadavres entassés (tués par balles) ou des agonisants. Il n'y aucun cri, quelques pleurs et des coups de feu. Le réalisateur évoque le coup d'Etat de Pinochet en 1973 et l'assassinat (ou le suicide?) de Salvador Allende, mais rien n'est montré. Tout est figé sauf la scène de larmes (que je n'ai pas comprise) à un moment donné du film. En revanche, la séquence finale est remarquable. Je l'ai comprise comme un drame de la jalousie (une femme a des relations intimes avec un homme: Mario ne peut l'admettre). Car plus tôt dans l'histoire, Mario avait bien fait comprendre à l'assistante du médecin légiste qu'il ne coucherait pas avec elle puisqu'elle avait couché auparavant avec ledit médecin. C'est un film abstrait mais qui mérite d'être vu. On ne voit pas ce genre de film très souvent.

Je terminerai avec Amours salés, plaisirs sucrés, un film espagnol de Joaquin Oristell qui donne la pêche. L'histoire se passe entre 1968 (année de la naissance de Sofia, l'héroïne du film sur un fauteuil de coiffeur) et 2001. Sofia se découvre très tôt une passion pour la cuisine et les garçons. Elle devient une cuisinière d'exception grâce à deux hommes: son mari et son amant (très mignons tous les deux). Ce ménage à trois fait des étincelles. Le film dégage une bonne humeur communicative. Le film a des saveurs salées, poivrées, pimentées, acides et sucrées. La charmante actrice qui illumine le film s'appelle Olivia Molina (elle est la fille d'Angela Molina qui a débuté dans un film de Luis Bunuel, Cet obscur objet du désir, en 1977). Je vous recommande vraiment ce film, tout comme Neil (encore lui - j'ai d'ailleurs vu son billet affiché à un des frontons du cinéma où j'ai assisté à la projection du film).

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
mardi 1 mars 2011

Les femmes du 6ème étage - Philippe Le Guay

Pour me remettre de mes émotions "black swanesques", je suis allée voir Les femmes du 6ème étage, dans la foulée. Qu'est-ce que j'ai apprécié ce film sympathique et sans prétention! J'ai passé un excellent moment en compagnie de ces Espagnoles vivant dans des chambres de bonnes (sans le confort élémentaire), au dernier étage d'un immeuble parisien cossu. L'histoire débute en 1962. Jean-Louis Joubert (Fabrice Luchini, très bien), agent de change de père en fils depuis 3 générations, mène une vie (très) bourgeoise avec sa femme Suzanne (Sandrine Kiberlain) et ses deux garçons (têtes à claques). Leur domestique bretonne venant de les quitter, ils engagent Maria qui vient de débarquer d'Espagne et qui loge dans l'une de ces chambres du 6ème étage accessibles par un escalier de service, l'ascenseur leur étant interdit. Suite à quelques événéments que je ne dévoilerai pas, la vie de Jean-Louis Joubert va changer du tout au tout, au point qu'il va laisser femme et enfants pour se réfugier au 6ème. Je vous conseille vraiment ce film sans vulgarité et qui met de bonne humeur.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags : ,
mercredi 5 janvier 2011

Another year - Mike Leigh

Je voulais dire beaucoup de mal du dernier Mike Leigh, et bien c'est raté. Another year est LE film qui me réconcilie avec ce réalisateur dont j'avais beaucoup beaucoup aimé Naked en 1993 (prix de la mise en scène et prix d'interprétation masculine au festival de Cannes de cette année là), mais qui par la suite m'avait toujours déçue: je n'avais pas aimé Secrets et mensonges, Vera Drake ni Be Happy (ce dernier film m'avait particulièrement horripilée). Pour en revenir à Another year, l'histoire se passe sur quatre saisons: printemps, été, automne et hiver. Tom et sa femme Gerry forment un couple uni depuis de nombreuses années. Ils vivent dans une maison agréable et ont un fils de 30 ans, Joe. Gerry est psychologue et Tom géologue. Tom et Gerry dont la passion commune est le jardinage sont à l'écoute des autres, et en particulier de Mary (une collègue de Gerry), une femme paumée, handicapée de la vie, seule, mariée et divorcée deux fois, qui boit et parle beaucoup. Elle vient souvent chez eux, cette maison lui sert de refuge (elle reste parfois la nuit). En revanche, Mary n'est pas toujours aimable: il faut voir le regard meurtrier qu'elle lance à Katie, la petite amie de Joe, quand celui-ci vient la présenter à ses parents. En effet, Mary ressent un tendre sentiment pour Joe. Elle se fait des illusions à tout point de vue. Ken, une autre connaissance du couple, fait aussi peine à voir quand il est invité chez eux. Il boit beaucoup trop et fume pas mal. La dernière partie se passe en hiver où survient un décès et où Mary semble au bout du rouleau (elle se raccroche à Gerry comme à une bouée). Son état de détresse extrême rejoint celui d'une patiente de Gerry que l'on voit au tout début du film et que l'on ne revoit plus après. Le film dure un peu plus de deux heures, je n'ai pas vu le temps passer. Les comédiens sont tous formidables. Another year (sélectionné au dernier festival de Cannes) fut, je le confirme, le grand oublié du palmarès. Allez le voir.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 29 décembre 2010

Films vus et non commentés depuis le 21/11/10

Juste avant la fin de l'année, je veux évoquer quelques films vus récemment, dont un qui sort vraiment de l'ordinaire.

Le voyage du directeur des ressources humaines d'Eran Riklis (réalisateur du film Les citronniers) est adapté du roman qui porte le même titre et que j'avais beaucoup apprécié (ici), j'avoue que j'ai été déçue par le film que j'ai trouvé un peu longuet et sage. L'histoire est très fidèle au roman (peut-être trop?). Il y manque un grain de folie. C'est une des premières fois où cela m'arrive mais je n'imaginais pas du tout le DRH du roman comme le DRH du film. Ce n'est qu'un détail mais cela m'a perturbée pendant toute la projection. Voir le billet de ffred.

Le nom des gens de Michel Leclerc constitue une comédie réjouissante qui rencontre un succès certain depuis sa sortie. Il faut dire que la rencontre et les amours d'Arthur Martin (Jacques Gamblin, excellent) et de Bahia Benmahmoud (Sara Forestier) valent le détour. Arthur (qui a failli s'appeler Jacques) est jospiniste, spécialiste en épizootie, fils d'un employé de centrale nucléaire et d'une mère d'origine juive qui ne veut pas le dire. Bahia n'est pas brésilienne comme son prénom semblerait l'indiquer, mais française par sa mère et algérienne par son père. A l'époque où elle rencontre Arthur, elle n'hésite pas à user des ses charmes pour convertir à ses idées politiques (de gauche) des hommes de droite. Il y a des moments tendres ou émouvants. Quelles que soient les idées politiques des spectateurs, je pense qu'ils tomberont sous le charme du duo. Voir le billet de véranne.

Les émotifs anonymes de Jean-Pierre Améris fut
en revanche une petite déception. Je suis moi-même une émotive et je ne me suis pas du tout reconnue dans les comportements des deux protagonistes: Jean-René Van Den Hugde (Benoît Poelvoorde), patron d'une chocolaterie en faillite, et Angélique Delange (Isabelle Carré), une chocolatière de génie qui n'arrive pas à l'avouer au grand jour. Bien entendu, ils finiront dans les bras l'un de l'autre, mais pour en arriver là, on assiste à des séquences plus ou moins réussies. Parmi celles qui sont réussies, on peut noter les deux qui se passent dans un restaurant. Poelvoorde y donne toute la mesure de son talent. Pour le reste, comme celle avec la"webcam": bof. Et j'ai été frustrée par la fin abrupte. Je m'attendais à un épilogue. Je trouve que le film aurait dû s'intituler "Les timides anonymes". J'ai préféré le couple Poelvoorde/Carré dans Entre ses mains d'Anne Fontaine. Voir le billet d'Aifelle.

Je terminerai par Le soldat dieu (Caterpillar) de Koji Wakamatsu, sorti dans une seule salle à Paris. Un film étonnant qui mêle les images d'archives (dont l'explosion des bombes d'Hiroshima et Nagasaki) et des images de fiction. Cela se passe de 1940 à 1945, pendant la guerre sino-japonaise. Un lieutenant japonais, Kyuzo Kurokawa, amputé des deux bras et des deux jambes (il est aussi devenu sourd), est rendu à son épouse, Shigeko, qui est chargée de s'occuper de lui en tant que soldat dieu. Car il faut faire honneur à l'empereur et au Japon. Cet homme-tronc est un être abject vis-à-vis des femmes en général et de sa femme en particulier (on l'apprend par des flash-back). Malgré son handicap, il a des exigences sexuelles continuelles auxquelles sa femme se soumet. Les relations entre le mari et la femme sont violentes. De soumise, Shigeko devient un peu bourreau. L'actrice principale, Shinobu Terajima, est remarquable. Elle a reçu l'Ours d'argent de la meilleure actrice au dernier festival de Berlin en 2010. Je vous conseille vraiment ce film s'il passe par chez vous. Voir le billet de Dr Orlof.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
samedi 11 décembre 2010

Le manteau (Il cappotto) - Alberto Lattuada

Pour une fois, je vais parler d'un "vieux" film (ressorti dans une salle à Paris), Le manteau (Il cappotto), tourné en 1952 et réalisé par Alberto Lattuada. Il s'agit d'une adaptation de la nouvelle de Nicolas Gogol qui porte le même titre. C'est une histoire très triste d'un homme, employé de mairie, habillé d'un manteau tout rapiécé avec un gros trou en haut du dos. Il est la risée de ses collègues et le souffre-douleur de son supérieur hiérarchique. Il fait froid dans l'Italie du nord en plein hiver. Carmine (tel est son prénom) se réchauffe les mains aux naseaux d'un cheval sur le chemin de son travail. Comme Carmine a une belle écriture et forme bien ses lettres, on lui demande, un jour, de prendre des notes à l'occasion de l'inauguration d'un chantier de construction. Malheureusement, le résultat est désastreux et Carmine est renvoyé avec son manteau troué. Je ne vous raconterai pas comment il réussit à se faire faire un nouveau manteau. Mais je vous dirai qu'il se le fait voler peu de temps après, la nuit sur un pont désert. Le désespoir de cet homme émeut. A la fin, son fantôme revient hanter les vivants. Le film vaut vraiment la peine d'être vu pour l'acteur principal, Renato Rascel (que j'ai découvert dans ce film; il fut surnommé le "Charlot italien"), et pour l'histoire elle-même. Quelques scènes sont marquantes comme celle entre le tailleur et Carmine, ou bien celle du corbillard de Carmine qui dérange une cérémonie présidée par le maire de la ville. A noter qu'Antonella Lualdi, toute jeunette, apparaît dans deux scènes muettes pendant lesquelles elle embrasse un partenaire.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,
vendredi 3 décembre 2010

Les rêves dansants (Sur les pas de Pina Bausch) - Anne Linsel et Rainer Hoffmann

Avant de reprendre mes billets "livres" ou autre, je voulais encore parler d'un film à voir si ce n'est déjà fait.

Les rêves dansants est un bel hommage a posteriori à la fondatrice du
Tanztheater de Wuppertal (Allemagne), j'ai nommé Pina Bausch, décédée en juin 2009 à 68 ans. Sans être une grande fan de son oeuvre (qui personnellement me paraît dérangeante par certains côtés) dans laquelle elle mélangeait la danse et le théâtre, je reconnais que ses spectacles ne laissent pas indifférent et sont admirés par beaucoup. Chaque année, depuis plus de trente ans, sa troupe se produit au Théâtre de la Ville à Paris à guichets fermés. Pour en venir à ce documentaire passionnant qui dure 1H30, les réalisateurs ont choisi de filmer les répétitions d'un spectacle, Kontakthof, interprété par des jeunes âgés de 14 à 18 ans. Ce même spectacle a aussi été joué par des personnes de plus de 60 ans. Ce n'est pas Pina Bausch elle-même qui les fait répéter, mais deux de ses assistantes, anciennes danseuses dont une qui avait interprété un des rôles du spectacle en 1978. On apprend assez vite que ces garçons et filles ne se connaissent pas, qu'ils n'avait jamais dansé auparavant et qu'ils viennent répéter tous les samedi après-midi. Ils sont issus de milieux sociaux différents. Certain(e)s ont connu des drames familiaux douloureux. De ce que l'on voit des répétitions, on sent que ce n'est pas facile pour ces jeunes d'avoir des contacts hysiques (surtout entre garçon et fille). Il sortent transformés de l'expérience. Ils feront la connaissance de Pina Bausch quand les répétitions se terminent. Je vous conseille absolument d'aller voir ce documentaire très bien fait qui donne envie de voir le spectacle dans son intégralité. Depuis sa sortie, le film rencontre un succès qui ne se dément pas et de nombreux blogueurs dont Aifelle en disent beaucoup de bien.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
dimanche 31 octobre 2010

L'homme qui voulait vivre sa vie - Eric Lartigau

L'homme qui voulait vivre sa vie (sortie le 3 novembre prochain), que j'ai vu en avant-première lundi dernier, n'est pas nul, mais je le trouve raté. Il dure 1H55, je pense qu'1H30 aurait suffi. Le thème est pourtant passionnant (l'usurpation d'identité), mais je n'ai pas été captivée car la mise en scène est très plate, sans invention ni originalité. Il n'y a pas une idée originale mais les ellipses sont nombreuses, terminées par des "fondus au noir" pour faire avancer l'action. De plus, si vous êtes allergique à Romain Duris, passez votre chemin, il est présent de la première à la dernière image. Personnellement, je ne l'ai pas trouvé très à l'aise dans ce rôle. Il n'a pas la carrure pour interpréter cet avocat, Paul Exben dans le film. Paul vit dans une partie de la région parisienne huppée. Marié à Sarah et père de deux enfants (dont un bébé de 9 mois), il dirige un cabinet d'avocats avec comme associée Anne (Catherine Deneuve) qui lui apprend qu'elle va bientôt mourir. Le scénario est adapté d'un roman de Douglas Kennedy qui situe son histoire aux Etats-Unis. Paul mène une vie heureuse jusqu'au jour où sa femme le quitte et lui demande le divorce dans la foulée. Paul tue par "accident" l'amant de Sarah, se débarrasse du corps et lui prend son identité (sans qu'on sache comment il a réussi à se faire faire de faux-papiers). Il devient donc Grégoire Kremer (photographe de profession) et disparaît quelque part en Europe sans regarder derrière lui. A partir de ce moment-là, sans crier gare, il se met à faire de la photo. Et en effet, il est dit à la 4ème de couverture du roman (et ce n'est pas assez montré dans le film) que le personnage principal est un passionné de photo qui déteste son métier d'avocat. Je trouve que le réalisateur n'a pas su tirer parti de cette histoire et nous y intéresser. Au bout d'un moment, le film dégage un certain ennui, mon voisin de fauteuil s'est éclipsé presque une demi-heure avant la fin. Pour conclure, lisez le roman.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags : ,
mercredi 13 octobre 2010

Facebook: mes amis, mes amours... des emmerdes! - La vérité sur les réseaux sociaux - Olivier Levard & Delphine Soulas

Le titre de cet ouvrage (publié aux éditions Michalon et reçu dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio) m'a semblé tiré de la chanson de Charles Aznavour: Mes emmerdes. Il paraît qu'une série télé française récemment diffusée porte aussi un titre approchant.

Etre ou ne pas être
F***b**k (ou T***tter ou M*sp*ce), là est ma question.

J'ai choisi ce livre car ce phénomène des réseaux sociaux m'est étranger. Je ne sais même pas ce que l'on peut y mettre et y raconter (tout, semble-t-il). Personnellement, mon blog me prend suffisamment de temps pour ne pas m'être inscrite sur F***b**k et autre T***tter et M**pace ou un site français Copainsd'avant (pour les plus connus). Ce n'est que cette année, à la suite d'une séance de sensibilisation au sein de mon entreprise assez édifiante sur ce sujet que j'ai pris conscience de ce qu'étaient les réseaux sociaux, et des risques et des dangers qu'ils pouvaient engendrer. Cet ouvrage va tout à fait dans ce sens. Pour résumer: F***b***k: Attention danger! Je trouve que là résident les limites de cet essai qui n'est qu'une charge contre les réseaux sociaux. Le seul point positif évoqué rapidement à propos des réseaux sociaux, c'est qu'ils peuvent servir de contre-pouvoir face à certains gouvernements dictatoriaux quand les portables sont coupés (voir l'exemple tout récent de l'épouse du dernier Prix Nobel de la paix qui communique grâce à T***tter).

Or donc, suite à la lecture de cet essai, je n'ai pas forcément tout compris au fonctionnement des réseaux sociaux, mais il semblerait que ce sont des plates-formes idéales pour dévoiler sa vie privée (sa religion, ses orientations sexuelles, son statut amoureux, ses opinions politiques
) et où les photos sont bienvenues. L'inscription se fait avec son vrai nom. Toutes ces infos sont stockées et partagées auprès d'"amis": des vrais que vous connaissez, et d'autres que vous n'avez jamais rencontré de votre vie. Car l''un des buts principaux d'un réseau social, c'est de collectionner "les amis" et de leur faire partager vos avis, vos envies, vos photos, votre vie. La mise en garde principale de cet essai est que les amis ne sont pas tous bien intentionnés et qu'avec de simples recoupements, des paroles ou des actes que vous n'aviez pas l'intention de révéler, sont dévoilés à tout le monde et peuvent se retourner contre vous, comme un futur employeur (après une recherche avec votre nom) qui découvre des photos où vous ne vous présentez pas sous votre meilleur jour.

En passant (ça ne figure pas dans le livre), je vous recommande de lire les conseils d'utilisation de F***b**k traduits directement de l'anglais. Il ne faut pas oublier que F***b**k est une création américaine, et en Amérique, il n'y a pas de protection de la vie privée comme en France (avec la CNIL). Les Américains sont très attachés au premier amendement de leur Constitution sur la liberté d'expression. En France, Edvige n'a pas survécu 3 mois car les Français rechignent à donner des informations personnelles alors que des millions de gens n'hésitent plus à exposer leur vie sur Internet (En France, 19 millions de personnes se connectent par mois). Les auteurs mettent l'accent sur le fait que les enfants sont des cibles vulnérables pour les délinquants sexuels ou autres.

L'inscription sur F***b***k est gratuite mais la plate-forme sert d'espace publicitaire pour des sponsors et et très récemment, les actionnaires sont apparus.
F***b**k doit devenir rentable en se servant de ses utilisateurs: elle se concentre d'un côté sur la publicité ciblée et de l'autre sur la recommandation sociale par vos amis. Voilà l'intérêt de F***b**k qui s'adresse directement à ceux qui sont concernés par les produits qu'ils doivent écouler: vendre des couches aux jeunes mamans, des rencontres et des soirées aux célibataires. Parlez du baptême de bébé à votre meilleure amie et F***b**k vous envoie une pub pour des dragées, etc. F***b**k et les autres réseaux sociaux sont devenus des "Big Brothers" en provoquant des forums de discussion sur les marques.

J'ai noté dans ce livre que pour se désinscrire de F***b**k, c'est très difficile; quant à effacer des donnés, cela relève de  mission
pratiquement impossible car les données sont stockées quelque part et le restent, et elles réapparaissent un jour ou l'autre.

En ce qui me concerne, mon blog suffit à mon bonheur. Les réseaux sociaux, pourquoi pas? Mais avec modération et circonspection.
En tout cas, je remercie encore Babelio pour cet ouvrage (200 pages et 16 euros). Esmeraldae en parle aussi.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [29] - Permalien [#]
Tags : , , ,