mercredi 29 décembre 2010

Films vus et non commentés depuis le 21/11/10

Juste avant la fin de l'année, je veux évoquer quelques films vus récemment, dont un qui sort vraiment de l'ordinaire.

Le voyage du directeur des ressources humaines d'Eran Riklis (réalisateur du film Les citronniers) est adapté du roman qui porte le même titre et que j'avais beaucoup apprécié (ici), j'avoue que j'ai été déçue par le film que j'ai trouvé un peu longuet et sage. L'histoire est très fidèle au roman (peut-être trop?). Il y manque un grain de folie. C'est une des premières fois où cela m'arrive mais je n'imaginais pas du tout le DRH du roman comme le DRH du film. Ce n'est qu'un détail mais cela m'a perturbée pendant toute la projection. Voir le billet de ffred.

Le nom des gens de Michel Leclerc constitue une comédie réjouissante qui rencontre un succès certain depuis sa sortie. Il faut dire que la rencontre et les amours d'Arthur Martin (Jacques Gamblin, excellent) et de Bahia Benmahmoud (Sara Forestier) valent le détour. Arthur (qui a failli s'appeler Jacques) est jospiniste, spécialiste en épizootie, fils d'un employé de centrale nucléaire et d'une mère d'origine juive qui ne veut pas le dire. Bahia n'est pas brésilienne comme son prénom semblerait l'indiquer, mais française par sa mère et algérienne par son père. A l'époque où elle rencontre Arthur, elle n'hésite pas à user des ses charmes pour convertir à ses idées politiques (de gauche) des hommes de droite. Il y a des moments tendres ou émouvants. Quelles que soient les idées politiques des spectateurs, je pense qu'ils tomberont sous le charme du duo. Voir le billet de véranne.

Les émotifs anonymes de Jean-Pierre Améris fut
en revanche une petite déception. Je suis moi-même une émotive et je ne me suis pas du tout reconnue dans les comportements des deux protagonistes: Jean-René Van Den Hugde (Benoît Poelvoorde), patron d'une chocolaterie en faillite, et Angélique Delange (Isabelle Carré), une chocolatière de génie qui n'arrive pas à l'avouer au grand jour. Bien entendu, ils finiront dans les bras l'un de l'autre, mais pour en arriver là, on assiste à des séquences plus ou moins réussies. Parmi celles qui sont réussies, on peut noter les deux qui se passent dans un restaurant. Poelvoorde y donne toute la mesure de son talent. Pour le reste, comme celle avec la"webcam": bof. Et j'ai été frustrée par la fin abrupte. Je m'attendais à un épilogue. Je trouve que le film aurait dû s'intituler "Les timides anonymes". J'ai préféré le couple Poelvoorde/Carré dans Entre ses mains d'Anne Fontaine. Voir le billet d'Aifelle.

Je terminerai par Le soldat dieu (Caterpillar) de Koji Wakamatsu, sorti dans une seule salle à Paris. Un film étonnant qui mêle les images d'archives (dont l'explosion des bombes d'Hiroshima et Nagasaki) et des images de fiction. Cela se passe de 1940 à 1945, pendant la guerre sino-japonaise. Un lieutenant japonais, Kyuzo Kurokawa, amputé des deux bras et des deux jambes (il est aussi devenu sourd), est rendu à son épouse, Shigeko, qui est chargée de s'occuper de lui en tant que soldat dieu. Car il faut faire honneur à l'empereur et au Japon. Cet homme-tronc est un être abject vis-à-vis des femmes en général et de sa femme en particulier (on l'apprend par des flash-back). Malgré son handicap, il a des exigences sexuelles continuelles auxquelles sa femme se soumet. Les relations entre le mari et la femme sont violentes. De soumise, Shigeko devient un peu bourreau. L'actrice principale, Shinobu Terajima, est remarquable. Elle a reçu l'Ours d'argent de la meilleure actrice au dernier festival de Berlin en 2010. Je vous conseille vraiment ce film s'il passe par chez vous. Voir le billet de Dr Orlof.

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samedi 11 décembre 2010

Le manteau (Il cappotto) - Alberto Lattuada

Pour une fois, je vais parler d'un "vieux" film (ressorti dans une salle à Paris), Le manteau (Il cappotto), tourné en 1952 et réalisé par Alberto Lattuada. Il s'agit d'une adaptation de la nouvelle de Nicolas Gogol qui porte le même titre. C'est une histoire très triste d'un homme, employé de mairie, habillé d'un manteau tout rapiécé avec un gros trou en haut du dos. Il est la risée de ses collègues et le souffre-douleur de son supérieur hiérarchique. Il fait froid dans l'Italie du nord en plein hiver. Carmine (tel est son prénom) se réchauffe les mains aux naseaux d'un cheval sur le chemin de son travail. Comme Carmine a une belle écriture et forme bien ses lettres, on lui demande, un jour, de prendre des notes à l'occasion de l'inauguration d'un chantier de construction. Malheureusement, le résultat est désastreux et Carmine est renvoyé avec son manteau troué. Je ne vous raconterai pas comment il réussit à se faire faire un nouveau manteau. Mais je vous dirai qu'il se le fait voler peu de temps après, la nuit sur un pont désert. Le désespoir de cet homme émeut. A la fin, son fantôme revient hanter les vivants. Le film vaut vraiment la peine d'être vu pour l'acteur principal, Renato Rascel (que j'ai découvert dans ce film; il fut surnommé le "Charlot italien"), et pour l'histoire elle-même. Quelques scènes sont marquantes comme celle entre le tailleur et Carmine, ou bien celle du corbillard de Carmine qui dérange une cérémonie présidée par le maire de la ville. A noter qu'Antonella Lualdi, toute jeunette, apparaît dans deux scènes muettes pendant lesquelles elle embrasse un partenaire.

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vendredi 3 décembre 2010

Les rêves dansants (Sur les pas de Pina Bausch) - Anne Linsel et Rainer Hoffmann

Avant de reprendre mes billets "livres" ou autre, je voulais encore parler d'un film à voir si ce n'est déjà fait.

Les rêves dansants est un bel hommage a posteriori à la fondatrice du
Tanztheater de Wuppertal (Allemagne), j'ai nommé Pina Bausch, décédée en juin 2009 à 68 ans. Sans être une grande fan de son oeuvre (qui personnellement me paraît dérangeante par certains côtés) dans laquelle elle mélangeait la danse et le théâtre, je reconnais que ses spectacles ne laissent pas indifférent et sont admirés par beaucoup. Chaque année, depuis plus de trente ans, sa troupe se produit au Théâtre de la Ville à Paris à guichets fermés. Pour en venir à ce documentaire passionnant qui dure 1H30, les réalisateurs ont choisi de filmer les répétitions d'un spectacle, Kontakthof, interprété par des jeunes âgés de 14 à 18 ans. Ce même spectacle a aussi été joué par des personnes de plus de 60 ans. Ce n'est pas Pina Bausch elle-même qui les fait répéter, mais deux de ses assistantes, anciennes danseuses dont une qui avait interprété un des rôles du spectacle en 1978. On apprend assez vite que ces garçons et filles ne se connaissent pas, qu'ils n'avait jamais dansé auparavant et qu'ils viennent répéter tous les samedi après-midi. Ils sont issus de milieux sociaux différents. Certain(e)s ont connu des drames familiaux douloureux. De ce que l'on voit des répétitions, on sent que ce n'est pas facile pour ces jeunes d'avoir des contacts hysiques (surtout entre garçon et fille). Il sortent transformés de l'expérience. Ils feront la connaissance de Pina Bausch quand les répétitions se terminent. Je vous conseille absolument d'aller voir ce documentaire très bien fait qui donne envie de voir le spectacle dans son intégralité. Depuis sa sortie, le film rencontre un succès qui ne se dément pas et de nombreux blogueurs dont Aifelle en disent beaucoup de bien.

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dimanche 31 octobre 2010

L'homme qui voulait vivre sa vie - Eric Lartigau

L'homme qui voulait vivre sa vie (sortie le 3 novembre prochain), que j'ai vu en avant-première lundi dernier, n'est pas nul, mais je le trouve raté. Il dure 1H55, je pense qu'1H30 aurait suffi. Le thème est pourtant passionnant (l'usurpation d'identité), mais je n'ai pas été captivée car la mise en scène est très plate, sans invention ni originalité. Il n'y a pas une idée originale mais les ellipses sont nombreuses, terminées par des "fondus au noir" pour faire avancer l'action. De plus, si vous êtes allergique à Romain Duris, passez votre chemin, il est présent de la première à la dernière image. Personnellement, je ne l'ai pas trouvé très à l'aise dans ce rôle. Il n'a pas la carrure pour interpréter cet avocat, Paul Exben dans le film. Paul vit dans une partie de la région parisienne huppée. Marié à Sarah et père de deux enfants (dont un bébé de 9 mois), il dirige un cabinet d'avocats avec comme associée Anne (Catherine Deneuve) qui lui apprend qu'elle va bientôt mourir. Le scénario est adapté d'un roman de Douglas Kennedy qui situe son histoire aux Etats-Unis. Paul mène une vie heureuse jusqu'au jour où sa femme le quitte et lui demande le divorce dans la foulée. Paul tue par "accident" l'amant de Sarah, se débarrasse du corps et lui prend son identité (sans qu'on sache comment il a réussi à se faire faire de faux-papiers). Il devient donc Grégoire Kremer (photographe de profession) et disparaît quelque part en Europe sans regarder derrière lui. A partir de ce moment-là, sans crier gare, il se met à faire de la photo. Et en effet, il est dit à la 4ème de couverture du roman (et ce n'est pas assez montré dans le film) que le personnage principal est un passionné de photo qui déteste son métier d'avocat. Je trouve que le réalisateur n'a pas su tirer parti de cette histoire et nous y intéresser. Au bout d'un moment, le film dégage un certain ennui, mon voisin de fauteuil s'est éclipsé presque une demi-heure avant la fin. Pour conclure, lisez le roman.

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mercredi 13 octobre 2010

Facebook: mes amis, mes amours... des emmerdes! - La vérité sur les réseaux sociaux - Olivier Levard & Delphine Soulas

Le titre de cet ouvrage (publié aux éditions Michalon et reçu dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio) m'a semblé tiré de la chanson de Charles Aznavour: Mes emmerdes. Il paraît qu'une série télé française récemment diffusée porte aussi un titre approchant.

Etre ou ne pas être
F***b**k (ou T***tter ou M*sp*ce), là est ma question.

J'ai choisi ce livre car ce phénomène des réseaux sociaux m'est étranger. Je ne sais même pas ce que l'on peut y mettre et y raconter (tout, semble-t-il). Personnellement, mon blog me prend suffisamment de temps pour ne pas m'être inscrite sur F***b**k et autre T***tter et M**pace ou un site français Copainsd'avant (pour les plus connus). Ce n'est que cette année, à la suite d'une séance de sensibilisation au sein de mon entreprise assez édifiante sur ce sujet que j'ai pris conscience de ce qu'étaient les réseaux sociaux, et des risques et des dangers qu'ils pouvaient engendrer. Cet ouvrage va tout à fait dans ce sens. Pour résumer: F***b***k: Attention danger! Je trouve que là résident les limites de cet essai qui n'est qu'une charge contre les réseaux sociaux. Le seul point positif évoqué rapidement à propos des réseaux sociaux, c'est qu'ils peuvent servir de contre-pouvoir face à certains gouvernements dictatoriaux quand les portables sont coupés (voir l'exemple tout récent de l'épouse du dernier Prix Nobel de la paix qui communique grâce à T***tter).

Or donc, suite à la lecture de cet essai, je n'ai pas forcément tout compris au fonctionnement des réseaux sociaux, mais il semblerait que ce sont des plates-formes idéales pour dévoiler sa vie privée (sa religion, ses orientations sexuelles, son statut amoureux, ses opinions politiques
) et où les photos sont bienvenues. L'inscription se fait avec son vrai nom. Toutes ces infos sont stockées et partagées auprès d'"amis": des vrais que vous connaissez, et d'autres que vous n'avez jamais rencontré de votre vie. Car l''un des buts principaux d'un réseau social, c'est de collectionner "les amis" et de leur faire partager vos avis, vos envies, vos photos, votre vie. La mise en garde principale de cet essai est que les amis ne sont pas tous bien intentionnés et qu'avec de simples recoupements, des paroles ou des actes que vous n'aviez pas l'intention de révéler, sont dévoilés à tout le monde et peuvent se retourner contre vous, comme un futur employeur (après une recherche avec votre nom) qui découvre des photos où vous ne vous présentez pas sous votre meilleur jour.

En passant (ça ne figure pas dans le livre), je vous recommande de lire les conseils d'utilisation de F***b**k traduits directement de l'anglais. Il ne faut pas oublier que F***b**k est une création américaine, et en Amérique, il n'y a pas de protection de la vie privée comme en France (avec la CNIL). Les Américains sont très attachés au premier amendement de leur Constitution sur la liberté d'expression. En France, Edvige n'a pas survécu 3 mois car les Français rechignent à donner des informations personnelles alors que des millions de gens n'hésitent plus à exposer leur vie sur Internet (En France, 19 millions de personnes se connectent par mois). Les auteurs mettent l'accent sur le fait que les enfants sont des cibles vulnérables pour les délinquants sexuels ou autres.

L'inscription sur F***b***k est gratuite mais la plate-forme sert d'espace publicitaire pour des sponsors et et très récemment, les actionnaires sont apparus.
F***b**k doit devenir rentable en se servant de ses utilisateurs: elle se concentre d'un côté sur la publicité ciblée et de l'autre sur la recommandation sociale par vos amis. Voilà l'intérêt de F***b**k qui s'adresse directement à ceux qui sont concernés par les produits qu'ils doivent écouler: vendre des couches aux jeunes mamans, des rencontres et des soirées aux célibataires. Parlez du baptême de bébé à votre meilleure amie et F***b**k vous envoie une pub pour des dragées, etc. F***b**k et les autres réseaux sociaux sont devenus des "Big Brothers" en provoquant des forums de discussion sur les marques.

J'ai noté dans ce livre que pour se désinscrire de F***b**k, c'est très difficile; quant à effacer des donnés, cela relève de  mission
pratiquement impossible car les données sont stockées quelque part et le restent, et elles réapparaissent un jour ou l'autre.

En ce qui me concerne, mon blog suffit à mon bonheur. Les réseaux sociaux, pourquoi pas? Mais avec modération et circonspection.
En tout cas, je remercie encore Babelio pour cet ouvrage (200 pages et 16 euros). Esmeraldae en parle aussi.

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dimanche 19 septembre 2010

Quelques polars lus pendant les vacances et à la rentrée (littéraire)

Voici un billet complémentaire sur des lectures que j'ai faites courant août et dont je n'avais pas encore parlé.

Le cercueil de pierre de Kjell Eriksson (Babel Noir) n'est pas du tout l'histoire que je pensais. Il m'a rappelé l'intrigue du Cerveau de Kennedy ou La Constance du jardinier. Je ne suis d'ailleurs pas sûre d'avoir tout compris avec une intrigue qui a des ramifications jusqu'en République dominicaine où des humains servent de cobayes pour tester des médicaments. J'ai oublié de dire que tout commence en Suède, dans la région d'Uppala, avec une femme et sa petite fille renversées par une voiture et tuées sur le coup. La voiture appartient au mari. J'ai aussi appris ce qu'est un cercueil de pierre qui a deux significations dans le roman. A part ça, je crois que je n'en lirai pas d'autre de cet auteur suédois.

Les marécages de Joe R. Lansdale (Folio policier) consiste en une histoire racontée par un petit garçon, Harry dans les années 1933-34. Son père tient un salon de coiffure et il est "constable", une sorte de shérif qui maintient l'ordre. Cette famille, comme tous les autres, n'est pas riche: ils vivent encore de la terre qu'ils cultivent. La crise de 1929 se ressent encore dans l'East Texas. Le KKK (Ku Klux Klan) sévit plus que jamais. Il n'est pas bon d'être noir dans cette région. Et ce n'est pas un cadavre d'une femme noire retrouvée ligotée avec des barbelés qui émeut la population (surtout que c'était une prostituée). D'autres suivent et ils changent de couleur... J'ai noté que Joe R. Lansdale s'est arrangé pour que tout le récit soit narré du point de vue du gamin qui se retrouve de ce fait dans des situations et des positions assez périlleuses pour décrire par exemple une autopsie. Ce parti pris ne m'a pas dérangée mais donne au roman un air de "devoir appliqué", d'exercice de style. De cet auteur, j'ai déjà chroniqué l'arbre à bouteilles. Pour une critique encore plus mitigée, lire le billet de eeguab.

Le démon dans ma peau de Jim Thompson (Folio Policier): Michael Winterbottom vient d'en réaliser une adaptation cinématographique que je n'ai pas vue. Publié en 1966, le roman est écrit à la première personne par Lou Ford, shérif adjoint de Central City, qui tire beaucoup de jouissance à tabasser les femmes et même à les tuer ou à les laisser pour mortes (ce qui le perdra). On comprend sa haine des femmes au détour d'un chapitre: Lou a été abusé sexuellement par une femme quand il était petit (la bonne de la famille). Je ne sais pas si c'est la traduction mais l'histoire ne m'a pas passionnée.

Maintenant, comme je pars demain en Chine en voyage organisé pour deux semaines avec le CE de mon entreprise, sans pouvoir être du tout connectée pendant ce temps, je laisse les clés du blog entre les mains de mon statisticien (Ta d loi du cine), il m'a promis des surprises... Espérons qu'il ne fera pas de bêtises!

Allons, en attendant, un petit dernier "pour la route": je vous rajoute une critique d'un roman dont je viens juste de terminer la lecture.

Un employé modèle de Paul Cleave (Editions Sonatine) était récommandée par mon libraire. Je l'ai lu en deux jours avec intérêt mais au fur et à mesure que l'histoire se déroule, cet intérêt s'est quelque peu émoussé. En Nouvelle-Zélande, à Christchurch, Joe Middleton, un serial killer (un de plus), sévit: il a tué 7 femmes (dans d'atroces conditions) après les avoir violées. Il est au fait des enquêtes en cours car il est homme de ménage au commissariat de la ville. On le prend pour un demeuré. Une huitième victime morte avec le même mode opératoire est mise à son triste actif. Joe Middleton ne l'entend ainsi et il décide de découvrir qui veut lui faire porter le chapeau pour un crime qu'il n'a pas commis (non mais!). Joe n'a pas d'ami excepté deux poissons rouges, Cornichon et J*h*vah (qui connaîtront un sort tragique), mais a une mère, acariâtre, possessive au-delà de toute expression, c'en est une caricature. Il ne vit pas avec elle mais il va dîner chez elle presque tous les jours. Il rêve qu'elle disparaisse et même temps il ne supporte pas cette idée. Cela n'empêche pas Joe de mettre de la mort-aux-rats dans le café de sa mère ou de graisser le bas du rideau de douche pour qu'elle tombe. Pendant son enquête et sa quête de nouvelles victimes, Joe tombe sur un "os", un adversaire plus fort que lui, en la personne de Mélissa, dont je vous laisse découvrir les talents (si je puis dire). C'est justement ce personnage de Melissa qui alourdit le récit. Ceci mis à part, le premier roman de ce Néo-zélandais vaut la peine d'être lu.

A mon retour, un billet sur trois films français, que j'ai vus il y a déjà un petit moment, est prévu [chroniqué le 07/10/2010].

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vendredi 27 août 2010

Tribulations d'un précaire - Iain Levison / Départs anticipés - Christopher Buckley [Livres lus en vacances (2ème partie)]

Comme promis, je continue mes chroniques des lectures de ma pause estivale. Suite à mon billet du 17/08/2010, voici deux autres livres très différents.

Tribulations d'un précaire de Iain Levison (éditions Liana Levi) n'est pas un roman, mais un récit. Je pense qu'il donne un avant-goût, dans un autre style, au livre de Florence Aubenas, Quai de Ouistreham, que je n'ai pas encore lu. Il nous raconte ses différentes expériences de travail, souvent pénibles et peu rémunératrices. Une licence de lettres en poche (qui lui a coûté 42000 $!), il va devenir homme à tout faire sur un plateau de cinéma, serveur dans une réception, employé dans une poissonnerie de supermarché (suivi d'un licenciement sec), chauffeur de poids lourd/déménageur, et surtout pêcheur en Alaska. Ce n'est pas toujours drôle mais le ton est suffisamment caustique pour que j'aie lu ce récit avec intérêt. Voici un aperçu du ton du récit avec le premier paragraphe: "C'est dimanche matin et j'épluche les offres d'emploi. J'y trouve deux catégories de boulots. Ceux pour lesquels je ne suis pas qualifié et ceux dont je ne veux pas. J'étudie les deux." Depuis, Iain Levison est devenu écrivain. Cf. mon billet du 17/02/2008 sur Un petit boulot.
 
Départs anticipés (Point seuil) de Christopher Buckley est un roman satirique (le premier que je lis de cet auteur). Au vu de la 4ème de couverture, je ne m'attendais pas du tout à l'histoire que j'ai lue au début. En effet, il nous y est annoncé (en résumé) l'histoire (de pure fiction) des retraités (les baby boomers) américains qui vivent aux crochets de la jeune génération grâce à la retraite par répartition à notre époque de crise économique. Le roman n'est pas tout fait cela. C'est surtout l'histoire de Cassandra (Cass) Cohane (qui a changé son nom de famille en Devine), conseillère en communication car elle n'a pas faire ses études à Yale (à cause de son papa), blogueuse forcenée. C'est elle qui déclare la guerre à ces "baby boomers" en ayant l'idée du "transitionnement volontaire" soit pour parler plus clairement "le suicide assisté" quand on atteint l'âge de 70 ans. Le roman brosse les portraits de personnages hauts en couleur comme Cassie (je vous laisse découvrir tout ce qui lui arrive, par exemple son passage miné dans l'armée), et d'autres qui gravitent autour d'elle, plus ou moins proche du pouvoir: Gideon Payne, évangéliste puceau et peut-être matricide; Monsignor Massimo Montefeltro (sorte de d'Ambassadeur en second du Vatican);  Randolph K. Jepperson, congressiste puis sénateur du glorieux état du Massachussetts, futur candidat à la présidence des Etats-Unis
et amant de Cassandra; Bucky Temple, conseiller politique du président des Etats-Unis en place; Terry Tucker, patron et plus tard associé de Cassie. Tout ce petit monde arrive à être attachant malgré leurs défauts (qui sont nombreux). Bien entendu il y a ceux qui sont "pour" et ceux qui sont "contre" concernant le projet du transitionnement. Au cours de ma lecture, j'ai cru que j'allais abandonner vers la page 160, je n'accrochais pas. Je me demandais où Christopher Buckley voulait m'emmener; et puis les presque 300 dernières pages se lisent d'une traite. La seule chose que je vous dirai pour conclure est que ce fameux "transitionnement" n'est pas adopté... mais il reste à l'étude.

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samedi 17 juillet 2010

Petits meurtres à l'anglaise - Jonathan Lynn

Petits meurtres à l'Anglaise (Wild Target en VO), "remake" d'un film français que je n'ai malheureusement pas vu, Cible émouvante de Pierre Salvadori (1993, avec Jean Rochefort, Marie Trintignant et Guillaume Depardieu), donne l'occasion au génial (je pèse mes mots) Bill Nighy de camper Victor Meynard, un tueur à gages très attachant qui de temps en temps parle le français. Très pince-sans-rire, c'est le meilleur dans sa partie. Jamais arrêté, il réussit avec brio ses contrats, même s'il y a parfois quelques dommages collatéraux. Victor a une mère, pensionnaire dans une maison de retraite depuis peu. Cela ne l'empêche pas de rester dangereuse: elle manie les armes avec dextérité. Même les aiguilles à tricoter sont mortelles, un pauvre perroquet trop bavard en fera les frais. La nouvelle mission de Victor est de supprimer une jeune femme, Rose, qui a arnaqué un individu (irrésistible Rupert Everett) encore plus voleur qu'elle. L'objet du délit est un faux Rembrandt. Rose a beaucoup d'aplomb mais par moments, elle s'apparente à "miss catastrophe", au grand dam de Victor qui n'arrive pas à ses fins. De fil en aiguille, Victor ne se résout pas à tuer Rose, mais se retrouve plutôt à la protéger contre d'autres tueurs. Cela permet à un jeune homme, Tony (Rupert Grint), de se joindre au couple. Le film est vraiment drôle, preuve en est que la salle n'a pas arrêté de s'esclaffer pendant toute la projection. Tout est dans le "non-sense" et l'humour anglais. Il y a quelques cadavres par-ci par-là, un chat blanc devenu rose suite à une folle soirée, des méchants pour de rire. Emily Blunt qui interprète Rose est vraiment ravissante avec ses beaux yeux, et Rupert Grint tout droit sorti d'Harry Potter joue son premier rôle de Moldu avec conviction. C'est un des films à voir cet été.

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mercredi 5 mai 2010

Quelques films français vus depuis peu (2ème partie)

Comme je l'avais annoncé dans mon billet du 17/04/10, voici quatre autres films français vus à peu de temps d'intervalle. Je voulais les voir pour différentes raisons, dont celle d'en parler sur mon blog. Je ne regrette pas trop mon temps mais je ne les conseille pas forcément. C'est à vous de voir.

Les gardiens de l'ordre de Nicolas Boukhrief est un film violent où les méchants sont vraiment méchants et où les flics (en l'occurrence deux) font tout pour se disculper et retrouver leur boulot après avoir été accusés d'une bavure dans laquelle le fils drogué d'un député est impliqué. L'intérêt du film, c'est Cécile de France qui est très bien comme souvent. Pour le reste... J'avais détesté Le convoyeur du même réalisateur.

Les invités de mon père d'Annie Le Ny avec Fabrice Luchini et Karin Viard qui jouent un frère (avocat d'affaires) et une soeur (médecin) est un film assez "poil à gratter". Personnellement, j'ai trouvé ce film à la limite du déplaisant et certaines situations m'ont dérangée (le vieux père libidineux amoureux transi qui prend du Viagra). Michel Aumont interprète ce père qui fait peine à voir. J'attendais autre chose du film de la réalisatrice de Ceux qui restent. Surtout que le sujet, le mariage blanc entre un vieux médecin aux idées libérales de gauche et une sans-papier moldave plutôt sexy qui a une fille, aurait pu donner un film plus caustique sans tomber dans l'extrême. Le fait que le père déshérite ses enfants m'est resté un peu en travers de la gorge. La fin complètement ratée tombe à plat. Tout se termine dans le conformisme mou. Fabrice Luchini et Karin Viard sont touchants. J'attends néanmoins le prochain Annie Le Ny. 

L'immortel de Richard Berry d'après un roman de Franz-Olivier Giesbert vaut pour la prestation de Jean Reno égal à lui-même. Il interprète un gangster qui privilégie sa vie de famille. Face à lui, le "méchant" de service est joué par Kad Merad pas très à l'aise dans ce rôle (c'est le défaut du film car comme disait le grand Alfred [Hitchcock], pour qu'un film de ce genre soit réussi, il faut que le méchant le soit). Comme pour Les gardiens de l'ordre, c'est un film violent avec de nombreux échanges de coups de feu et pas mal de morts. Qui a cherché sans succès (au début du film) à tuer l'Immortel? Alors qu'il s'est retiré des affaires, à qui fait-il de l'ombre dans la région de Marseille? C'est d'ailleurs l'une des qualités du film, Marseille et la mer: vraiment très belles toutes les deux. En plus de réaliser le film, Richard Berry s'est fait plaisir en interprétant un personnage dont je n'ai pas bien saisi l'intérêt dans l'histoire et l'on retrouve Jean-Pierre Darroussin jouant un rôle très ambigu. Tout cela manque un peu d'humour.

Tête de turc de Pascal Elbé se passe dans une banlieue difficile (?). Une voiture de médecin à l'arrêt avec son conducteur dedans, Simon (joué par Patrick Elbé), est caillassée et brûlée avec un cocktail molotov. Simon, grièvement blessé, n'a pas pu se rendre au chevet d'une patiente qui est morte faute de soins. Le jeune Bora (d'origine turque) qui a fabriqué le cocktail est celui-là même qui sauve le médecin en le sortant de la voiture avant qu'il ne soit trop tard mais il ne se dénonce pas. Atom, le policier et frère de Simon, enquête afin de démasquer le coupable. Le film part d'un bon sentiment où il n'y a pas vraiment de méchants mais seulement des jeunes un peu paumés et désoeuvrés. Bora a du remord face à son geste. Les personnages féminins ne sont pas en reste. Je retiens la mère protectrice de Bora, Sibel, interprétée par la magnifique Ronit Elkabetz. C'est un film qui vaut la peine d'être vu pour le message qu'il veut faire passer. Le petit bémol concernant l'histoire, c'est le veuf (le mari de la patiente décédée) joué par Simon Abkarian: le comportement de ce personnage n'est pas très crédible (selon moi).

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vendredi 9 avril 2010

Films vus et non commentés depuis le 27/01/10 (fin)

Encore un billet sur trois films: le film des studios Disney, avec une animation classique sans être en 3D qui m'a plu mais sans plus. Et deux "petits" films sortis dans une ou deux salles à Paris qui font découvrir un autre cinéma pour notre plaisir même s'ils sont imparfaits.

La princesse et la grenouille de John Musker et Ron Clement, dessin animé des studios Disney, se passe en Louisiane à la Nouvelle Orléans et dans les bayous. L'époque est indéfinie. Pour une fois, Tiana, celle qui deviendra princesse, a la peau noire et rêve d'ouvrir un bar/restaurant jazz. Le prince Naveen, transformé en grenouille par un sorcier vaudou, est très imbu de lui-même et n'inspire pas beaucoup la sympathie. Tout se termine bien grâce à l'aide d'une amie d'enfance de Tiana, une blondinette assez "tête à claques". J'ai beaucoup aimé Louis, un crocodile fan de jazz, qui sait montrer les dents quand il faut.

La plus grande partie d'Ilusiones opticas de Cristian Gimenez présente une galerie marchande située dans une ville Chilienne indéterminée. C'est une "ville dans la ville" dirigée par une société. Cette dernière est en train de préparer des plans de licenciements. Même les cadres sont mis sur la touche. On leur donne l'occasion de se reconvertir. La première scène du film est symbolique: elle se passe entre un homme jeune qui a des problèmes de vue et un vieux monsieur: ils voient le mauvais temps arriver de loin. D'autres personnages nous sont présentées tour à tour, dont une femme kleptomane qui est repérée par un des vigiles (qui tombe amoureux d'elle), une femme aveugle albinos, une enfin qui grâce à sa prime de licenciement peut se refaire faire les seins: vraiment des personnages très décalés. Cela aboutit à un ovni cinématographique qui a beaucoup de charme.

Nord de Rune Denstad Langlo est une comédie norvégienne même si ce n'est hilarant. Le film qui dure 1H10 raconte l'odyssée de Jomar, ancien sauteur à ski, dépressif chronique et gardien d'un téléphérique pas très fréquenté. Il apprend qu'il est père d'un enfant. La mère et l'enfant vivent dans le nord de la Norvège, presque au Pôle nord. La maison jouxtant le téléphérique où logeait Jomar brûle par accident et le voilà qui se met en route avec une moto neige. A partir de là, il fait des rencontres surprenantes et aboutissant à des situations cocasses: par exemple, celle où il rencontre un homme vivant sous une tente avec un pied attaché à une luge; ou comment il apprend à se saoûler sans boire une goutte d'alcool. L'histoire est un peu décousue et d'ailleurs, en y repensant, je ne me rappelle même plus comment cela se termine vraiment. Mais je ne suis pas prête d'oublier Jomar, ce géant blond débonnaire qui ne s'étonne de rien. Le film n'est malheureusement pas resté à l'affiche.

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