mercredi 20 mars 2013

Le monde à l'endroit - Ron Rash

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Le monde à l'endroit (Edition du Seuil, 280 pages) est le troisième roman de Ron Rash que je lis après Serena et Un pied au paradis. J'avoue avoir été un peu déçue, car l'histoire ne m'a pas passionnée. Dans les Appalaches (en Caroline du Nord), Travis Shelton, 17 ans, pêche à la mouche et tombe sur des pieds de marijuana qu'il vole dans le champ de Toomey, un propriétaire peu recommandable. Il lui en coûtera son tendon d'Achille. Le père de Travis, intransigeant, ne pardonne pas à son fils son comportement. Travis se réfugie chez Leonard, un dealer, ancien professeur, qui l'incite à passer un examen qui ressemble au baccalauréat. Mais Le monde à l'endroit raconte aussi un fait tragique de l'histoire des Etats-Unis qui s'est déroulé pendant la guerre de Sécession. Il y eut une tuerie à Shelton Laurel en 1863: des Confédérés ont tué une dizaine d'hommes dont trois adolescents qu'ils soupçonnaient de sympathies unionistes. Travis et quelques autres se trouvent être des descendants de certains protagonistes de cette tragédie. Entre chaque chapitre, il y a des extraits d'un journal qu'un médecin a tenu entre 1850 et 1863. J'ai été frappée par la précision des diagnostics et des remèdes de l'époque: c'est "ça passe ou ça casse". Ce médecin fut partie prenante dans ce qui s'est passé à Shelton Laurel. Ce sont, à mon avis, les passages les plus intéressants du roman. A vous de voir.

Lire les billets d'Aifelle et Keisha.

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lundi 18 février 2013

Les Chutes - Joyce Carol Oates

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Les Chutes est le troisième roman de Joyce Carol Oates que je lis. J'en ai profité pour tester le format (12 x 8,25 cm, avec du papier "Bible") lancé par les éditions du Point.2 du Seuil (le concept a été inventé par un éditeur hollandais qui a déposé le brevet). J'ai mis un peu de temps à m'habituer à lire ce format qui ressemble à une "liseuse en papier" car les pages sont très fines. Mais j'ai apprécié la police de caractères et la largeur des interlignes qui rendent la lecture aisée. Quant au roman proprement dit, qui a reçu le prix Femina étranger en 2005, il m'a beaucoup plu, même si Ariah Littrell, le personnage central de l'histoire, m'a pas mal crispée: je l'ai carrément trouvé insupportable. Les "Chutes" sont celles du Niagara. L'histoire se passe dans la région de Niagara Falls sur une période de presque 30 ans, entre 1950 et 1978. En juin 1950, Ariah Littrell, fille d'un révérend méthodiste dans l'état de New-York, devient veuve le lendemain de ses noces. Son mari, Gilbert Erskine, qui était lui aussi un révérend, s'est suicidé en se jetant dans les Chutes. Ce mariage arrangé (les deux conjoints ne s'aimaient pas) se termine avant d'avoir commencé. En revanche, c'est à partir de là que la romancière nous raconte l'histoire d'Ariah, qui se remarie très rapidement avec Dirk Burnaby, un avocat de valeur (qui aura un destin tragique). Professeur de piano, Ariah possède une personnalité complexe et anxieuse, marquée par son éducation à Troy (Etat de New-York), et certainement éprouvée par le drame de son premier mariage. Cela se sent bien dans l'éducation qu'elle donnera à ses trois enfants, deux garçons et une fille. Le roman permet par ailleurs à Joyce Carol Oates d'évoquer les problèmes de pollution et d'insalubrité qui sont survenus à cause des usines chimiques implantées dans la région. Une fois de plus, j'ai admiré le style narratif de l'écrivain. C'est un roman qui se lit vraiment très bien et d'une traite. Lire les billets de Mango, Manu et Claudialucia.

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samedi 29 décembre 2012

Certaines n'avaient jamais vu la mer - Julie Otsuka

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Je ne peux pas dire que ce roman ait été le coup de coeur attendu bien que ce fut le cas pour beaucoup d'autres blogueuses(eurs). Ma déception fut à la hauteur de mon attente. Et pourtant Julia Otsuka nous conte une tragédie qui ne peut qu'émouvoir. C'est l'emploi du "nous" collectif qui m'a gênée. Ce choeur de femmes japonaises m'a très peu touchée. Pendans 140 pages, on nous raconte le destin de plusieurs centaines de Japonaises. Après la première guerre mondiale, au début des années 20, des jeunes Japonaises âgées de 13 ans (!) à 30 ans quittent le Japon pour l'Amérique par bateau. Elles vont se marier en arrivant (elles ont été "vendues" par leur famille) à des Japonais qu'elles n'ont jamais vus auparavant. En peu de phrases, Julia Otsuka décrit les étapes de la vie de ces femmes déracinées et soumises, parfois violées (le soir des noces), pas très bien traitées en général, qui savent à peine parler anglais au bout de toute ces années. Après Pearl Harbour, le 6 décembre 1941, leur vie bascule dans une sorte de "Nuit et Brouillard": emmenées dans des sortes de camps d'internement, on perd leur trace.
Sur ce segment d'histoire, les Japonais aux Etats-Unis dans les années 40, je vous conseille un très bon film avec Dennis Quaid de 1990: Bienvenue au Paradis (Come See the Paradise) d'Alan Parker. C'est l'histoire d'un Américain, marié à une Japonaise, qui va tout faire pour la retrouver quand elle sera emmenée dans un camp dans les années 40.

Lire les billets enthousiastes de Dominique, Kathel, Yv et Philisine Cave, ainsi que ceux plus mitigés de Theoma et Une comète.

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dimanche 23 décembre 2012

Un pied au paradis - Ron Rash / Nous avons toujours vécu au château - Shirley Jackson

 Voici deux romans policiers très différents qui méritent toute votre attention.

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Après Serena, Un pied au paradis est le deuxième roman de Ron Rash que je lis (Livre de poche, 300 pages). Ce roman à plusieurs voix est vraiment bien construit: cinq personnes plus ou moins impliquées dans un meurtre s'expriment l'une après l'autre. Au début des années 50, dans un comté rural des Appalaches du sud, sur une ancienne terre Cherokee, Holland Winchester est mort (sa mère en est sûre). Et, en effet, le shérif Will Alexander, le couple Holcombe, Amy puis son mari Billy, et Isaac leur fils (quelques années plus tard), et enfin l'adjoint du shérif font le récit de ce tragique événément avant, pendant et après (Holland a été tué d'une balle dans la poitrine). En arrière-plan, se greffe le fait que les fermes et les champs alentour où se déroule l'histoire (qui s'étire sur 18 ans) vont être recouverts par une immense retenue d'eau. Tout doit et va disparaître. Plus qu'un roman policier, c'est un beau drame psychologique très humain que je vous conseille. Je ne vais pas tarder à lire le 3ème roman de Ron Rash paru en français, Le monde à l'endroit. Lire les billets d'Aifelle, de Dominique, de Kathel, de Ys, de liliba, de Claude le Nocher.

 

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Nous avons toujours vécu au château de Shirley Jackson (Editions Rivages/Noir, 235 pages) pourrait aussi s'intituler "L'Antre de la folie". Quelque part aux Etats-Unis, deux soeurs, Constance (Connie) Blackwood, 28 ans, et Mary Catherine (Merricat) Blackwood, 18 ans, vivent dans une vieille et grande demeure au milieu d'un parc avec un oncle impotent appelé Julian. Tous les autres membres de la famille sont morts empoisonnés à l'arsenic il y a déjà quelque temps. Toute l'histoire est narrée à la première personne par Merricat qui a une façon bien à elle de dire et décrire des choses que l'on devine assez horribles. Et pourtant, elle emploie un ton très neutre. Le roman se termine en point d'interrogation dans un décor dévasté par un incendie. C'est plus un conte fantatisque qu'un vrai roman policier. J'ai appris que Shirley Jackson (1916-1965) était l'auteur du roman "La maison hantée" que Robert Wise a porté à l'écran en 1963 sous le titre La maison du diable, (The Haunting en VO): film qui existe en DVD et que je vous conseille absolument. Pour vous donner une idée du style de récit, voici les premières lignes de ce roman: "Je m'appelle Mary Katherine Blackwood. J'ai dix-huit ans et je vis avec ma soeur Constance. J'ai souvent pensé qu'avec un peu de chance, j'aurais pu naître loup-garou, car à ma main droite comme à la gauche, mon index est aussi long que le majeur, mais j'ai dû me contenter de ce que j'avais. Je n'aime pas me laver, je n'aime pas les chiens, et je n'aime pas le bruit. Mais j'aime bien ma soeur Constance, et Richard Plantagenêt, et l'amanite phalloïde, le champignon que l'on appelle le calice de la mort. Tous les autres membres de ma famille sont décédés." Roman très particulier (un peu daté) que j'ai apprécié.

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vendredi 23 novembre 2012

Une place à prendre - J. K. Rowling

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Et bien oui, je me suis laissée prendre dans les mailles du filet "Rowling". N'ayant lu aucun Harry Potter, je n'avais pas une envie particulière de me plonger dans ce gros "pavé". Mais c''est parce que j'ai acheté ce roman, Une Place à Prendre (Editions Grasset), pour la bibliothèque "loisirs" dont je m'occupe (il y avait des demandes), que je l'ai feuilleté puis commencé et que je suis arrivée au bout des 680 pages comme un rien, au bout d'une semaine à peine. Car il faut reconnaitre que Mme Rowling sait captiver ses lecteurs et raconter une histoire avec de nombreux personnages, peu sympathiques à une ou deux exceptions près. J. K. Rowling semble avoir une vision noire et pessimiste de l'humanité (réaliste?). Il faut noter que certains des personnages les plus vulnérables ont une fin tragique.

De nos jours, à Pagford, petite ville du sud-ouest de l'Angleterre, Barry Fairbrother, un jeune notable, meurt d'un anévrisme. Il était né dans la cité ouvrière "Les Champs" (où les logements sociaux sont nombreux), aux abords de Yarvil, ville voisine et rivale de Pagford. Barry (1), qui se battait pour améliorer de la vie des gens en difficulté comme la jeune Krystal Weedon, était un des 16 membres du conseil paroissial de Pagford (très conservatrice). Une bataille électorale s'engage pour le remplacer. Parmi les habitants de Pagford impliqués dans la vie de la commune et les élections prochaines se trouvent Howard Mollison et sa femme Shirley, Miles, leur fils, et sa femme Samantha, Gavin Hugues et sa petite amie, assistante sociale, Kay Bawden (qui a une fille, Gaia), Ruth et Simon Price (ainsi que leurs deux fils), Parminder et Vikram Jawanda et leur trois filles, et enfin Tessa et Colin Wall ainsi que leur fils. Tout ce petit monde s'estime plus ou moins. Des jalousies et des rancoeurs font surface. Les enfants ne valent guère mieux que leurs parents. En revanche, ils sont presque tous d'accord pour estimer que la cité des Champs ne doit être plus dans leur juridiction et que la clinique Bellflower, qui traite les toxicomanes, doit fermer. Je le répète, Mme Rowling écrit un roman noir. On se sent un peu prisonnier dans Pagford (petite ville étriquée où tout se sait). J'ai vraiment apprécié ce roman que je comparerais, excusez du peu, aux romans victoriens comme ceux de Trollope avec tous ces personnages qui évoluent dans une unité de lieu et d'action. A part ça, je trouve que la couverture rouge et jaune n'est pas terrible.

Lire aussi les billets de Noukette, Catherine, Stephie, Manu, Yuko, Lystig, Le papou, Isa, Joelle, Mango, Brize et Sybille.

(1) Le prénom du décédé est bien Barry et non Brian comme je l'avais écrit par erreur (merci à Keisha qui me l'a signalé ci-dessous).

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vendredi 2 novembre 2012

Pourquoi être heureux quand on peut être normal? - Jeanette Winterson

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Après avoir lu un billet élogieux chez Aifelle, je me suis décidée à lire Pourquoi être heureux quand on peut être normal? de Jeanette Winterson (Editions de l'Olivier, 267 pages). Ceci n'est pas un roman mais le récit par l'écrivain de sa vie d'enfant adoptée au berceau (le mauvais berceau comme dit sa mère adoptive, Mrs Winterson, si peu charitable). Dans le nord de l'Angleterre, Jeanette va grandir entre cette femme (que Jeanette n'appelle jamais maman ou ma mère mais toujours "Mrs Winterson"), lectrice de la Bible et obsédée par l'Apocalypse, qui ne s'aime pas et n'aime pas non plus les autres, et son mari, Mr Winterson, personnage falot sans volonté propre. C'est l'histoire d'une petite fille qui s'épanouit grâce à la littérature: elle adore lire et écrire depuis toute petite. Elle se rend compte aussi qu'elle préfère les filles aux garçons, au grand désarroi de Mrs Winterson. C'est cette dernière qui prononce la phrase interrogative qui forme le titre de l'ouvrage. Jeanette Winterson ne se laisse jamais abattre. Ce n'est pas une histoire triste. Elle mène un combat qui va la faire devenir ce qu'elle est. Elle va faire des recherches pour retrouver sa vraie mère. Je vous laisse découvrir ce qu'il en est. Sauf erreur typographique, le point final est manquant à la fin du livre. Peut-être un peu moins enthousiaste qu'Aifelle (je n'ai pas été passionnée tout du long), je vous le conseille néanmoins, et ne manquerai pas de lire Les oranges ne sont pas les seuls fruits que l'auteur mentionne souvent.

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samedi 27 octobre 2012

Nemesis - Philip Roth / Les Bidochon sauvent la planète - Binet

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Nemesis n'est pas forcément le roman le plus marquant de Philip Roth (Editions Gallimard, 250 pages). Mais j'ai été intéressée par l'histoire de Bucky Cantor, jeune homme de 23 ans, athlétique, bon nageur mais souffrant d'une mauvaise vue. Responsable d'un terrain de jeux en plein air dans le quartier juif de Newark, dans la banlieue de New-York, pendant l'été chaud de 1944, Bucky enrage d'avoir été réformé alors que deux de ses copains sont partis combattre en Europe. Cependant, sur place, il va devoir faire face à un ennemi aussi retors. En effet, la polyomiélite se met à frapper les jeunes dont il s'occupe (j'ai appris par ce roman et en faisant des recherches que la polio est contagieuse et que seuls les humains l'attrapent) et apparaît plus tard quand il se retrouve dans un camp de vacances des Poconos en Pennsylvanie. Bucky se demande s'il n'est pas l'agent vecteur de la maladie. En 1944, on ne connaissait pas le virus de la maladie ni son mode de transmission, et bien sûr il n'existait aucun vaccin. Une fois encore, Philip Roth décrit très bien les conséquences de cette calamité sur la population. Entre désarroi et colère, la vie de Bucky sera changée à jamais, je ne vous dirai pas comment, ni pourquoi. L'écrivain nous trace un portrait plein de compassion de cette communauté juive frappée par la maladie. Un beau roman.

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Je voulais terminer avec une note plus gaie en évoquant brièvement le dernier album des Bidochon de Binet, le 21ème, Les Bidochon sauvent la planète (Fluide Glacial) [J'espère que vous connaissez tous Raymonde et Robert Bidochon]. C'est grâce au billet de Canel, que je remercie, que j'ai passé un quart d'heure de lecture très distrayante. Je recommande tout particulièrement la séquence "tri sélectif" où Robert et Raymonde se débattent à 3H du matin pour savoir dans quelle poubelle (ils en ont de quatre couleurs différentes) se jette tel ou tel déchet. (Note: à Paris, on n'a pas de poubelle marron pour les "déchets purs", sauf erreur de ma part). Une autre séquence est assez savoureuse: les ampoules basse consommation. Je peux vous dire qu'avec mon ami, on a beaucoup ri.

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dimanche 21 octobre 2012

Et Nietzsche a pleuré - Irvin Yalom

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Ayant lu pas mal de critiques positives sur Et Nietzsche a pleuré (Livre de poche, 500 pages), je l'ai lu et me joins aux louanges. Une fois de plus, Irvin Yalom nous éblouit avec cette histoire qui se passe d'octobre à décembre 1882 à Vienne, en Autriche. On assiste à une confrontation (romancée) entre Friedrich Nietzsche et Joseph Brauer. Ce dernier est considéré comme l'un des fondateurs de la psychanalyse (Freud fut son disciple). Il vient de traiter un cas d'hystérie resté célèbre, celui d'Anna O., évoqué dans le roman. Nietzsche est sur le point de terminer sa liaison orageuse mais très chaste avec la très belle Lou Andréas Salomé (21 ans à l'époque) qui se partage entre lui et Paul Rée. De son côté, Joseph Brauer, très pris par son métier de praticien, s'interroge sur sa vie amoureuse avec sa femme Mathilde. Suite à une lettre puis à une rencontre avec Lou Salomé, Brauer accepte de rencontrer Nietzsche qui souffre d'horribles maux de tête et qui n'a pas encore écrit Ainsi parlait Zarathoustra. Une grande partie du roman relate les séances de thérapie entre Nietzsche et Brauer où le psychanalysé n'est pas celui qu'on croit. C'est intelligent et très accessible. Un excellent moment de lecture. Lire les billets d'eeguab et de Luocine.

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samedi 6 octobre 2012

Lectures de vacances (septembre 2012)

Concernant les lectures que j'avais prévues pendant mes vacances, j'ai presque rempli mon contrat si ce n'est que je n'ai pas encore lu L'embellie de d'Audur Ava Olafsdottir [chroniqué le 02/12/2012]. En revanche, j'en lu un assez savoureux:

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Les vacances d'un serial killer (Pocket, 250 pages) de Nadine Monfils (une Belge qui vit à Montmartre) se passe au soleil (!) de la mer du Nord. Alfonse (surnommé Fonske) et Josette Destrooper s'embarquent avec leurs deux ados glandeurs et la grand-mère complétement azimutée. L'histoire loufoque n'a que peu d'importance mais Nadine Monfils a un style bien à elle. C'est parfois très cru et souvent drôle. A découvrir.

 

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Ouatann d'Azza Filali (elizad, 390 pages) est un roman qui se lit agréablement, mais j'avoue n'avoir pas compris le destin tragique d'un des personnages à la fin du roman. L'histoire se passe Tunisie en 2008. Ce pays en crise se trouve en proie aux magouilles en tout genre (collusion entre politique et pègre). L'écrivain nous fait rencontrer quelques personnages désenchantés dont Michkat, l'avocate à la recherche d'un nouveau travail (elle vient de démissionner du précédent); Rached, fonctionnaire sans idéal qui vit loin volontairement de sa femme et de ses jumelles; Naceur, ingénieur en bâtiment en partance pour un ailleurs hypothétique (il a un lourd passé). Sans oublier Mansour que je vous laisse découvrir. C'est aussi l'histoire de la maison d'un Français située au bord de la mer près de Bizerte. Cette maison recèle quelques pièces secrètes. Ce roman m'a fait découvrir un éditeur tunisien, elizad, et une femme écrivain, Azza Filali, qui est romancière et médecin.

 

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Au bon roman de Laurence Cossé (Folio, 450 pages) m'a été prêté par une de mes connaissances. Je la remercie. Au bon roman, c'est (mise en abyme) l'enseigne d'une librairie située à Paris dans le 6ème arrondissement. Les fondateurs de cette librairie, Ivan et Francesca, se sont donné comme credo de ne proposer à la vente que de bons romans et rien d'autre. Pour ce faire, je vous laisse découvrir comment la sélection est faite. Je ne vous parle pas de toutes les embûches dont ils sont victimes, eux et d'autres qui font partie du comité de sélection. Voilà un roman qui se lit comme un polar. Je vous le recommande rien que pour l'écriture. Mme Cossé a du talent (c'est le premier roman que je lisais d'elle).

 

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Je termine par Motel Blues, "mon" troisième Bill Bryson (Petite bibliothèque Payot, 390 pages), où notre chroniqueur voyageur nous décrit son périple aux Etats-Unis. Il a parcouru 22364 kilomètres en traversant tous les Etats continentaux sauf 10 (ce qui fait à peu près 30 états) en deux voyages. Son point de départ était bien entendu Des Moines (Iowa) où Bill Bryson est né. Je vous laisse découvrir les endroits découverts et les autochtones qu'il a croisés. Il est encore assez critique sur certains travers de son pays (en particulier le racisme entre blancs et noirs). Il n'aime pas par exemple le style de William Faulkner. Il s'est aussi arrêté dans la ville natale de John Wayne. Il apprécie enfin peu New-York (bouh). Mais je l'aime quand même (sacré Bill!).

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dimanche 2 septembre 2012

Nos voisins du dessous - Bill Bryson / Silex and the City (3. Le néolithique, c'est pas automatique) - Jul

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Je viens de terminer "mon" deuxième Bill Bryson, Nos voisins du dessous (Chroniques australiennes), un régal de lecture (Petite bibliothèque Payot, 445 pages, 1ère éd. 2000). Merci Mr Bryson de nous donner envie de faire 35 heures d'avion pour aller visiter ce pays qui est d'abord un continent méconnu dont les premiers habitants blancs furent des marins hollandais, ainsi que des forçats et autres prisonniers de droit commun relégués là par l'Angleterre. Cette terre aride à plus de 80% abrite le plus grand nombre d'espèces animales connues du monde, des végétaux rares, des paysages saisissants et la grande barrière de corail. Pour donner une idée de l'étendue de l'Australie qui fut d'abord peuplée d'aborigènes depuis plus de 50000 ans, Bill Bryson ne cesse de nous communiquer les distances phénoménales en milliers de kilomètres qui séparent les grandes villes comme Melbourne, Sidney, Cairns, Canberra, Darwin, Adélaïde, etc., où vit la majorité de la population (sur ce continent, il y avait à l'époque environ 20 milllons d'Australiens). Au détour des pages, il narre des anecdotes sur l'histoire de ce pays, sur ce dont il a été témoin, j'ai éclaté de rire de nombreuses fois. Une fois le livre terminé, je me suis dit qu'il faudrait que j'aille visiter l'Australie.

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Si vous avez aimé Silex and the City I et II (voir le billet de ta d loi du cine), je vous conseille ce troisième tome (sous-titré "Le paléolitique, c'est pas automatique") où l'on retrouve la famille Dotcom avec Blog, Spam, Web et Url qui font la découverte en 40 000 avant J.C. de "flèche book", de l'éruption d'une centrale nucléaire - pardon d'un volcan EDF, de l'évolution légale et non de l'évolution clandestine, etc. C'est très drôle, bourré de références à l'actualité contemporaine. Un bon cru.