mardi 3 décembre 2013

Confiteor - Jaume Cabré

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J'ai voulu lire Confiteor (Actes Sud, 771 pages) de l'écrivain catalan Jaume Cabré, car j'ai été attirée par la couverture: un petit garçon de dos qui essaye de prendre un livre dans une immense bibliothèque. Adrià Ardevol est le narrateur et personnage principal de ce roman complexe et virtuose tant du point de vue narratif et que stylistique. Je voudrais donner quelques impressions sur ma lecture en commençant par décrire le style narratif avec le passage entre le "je" et le "il" et le "il" et le "je" dans une même phrase sans que le lecteur ne se perde. On remarque aussi la façon qu'a Cabré de jongler, dans un même paragraphe, d'une époque à l'autre et d'un personnage à l'autre. Car le roman est ample et brasse plus de 600 ans d'histoire de l'Europe: de l'Inquisition au XVIIIème siècle, du début du XXème siècle à nos jours, en passant par le nazisme et le franquisme. Ce roman est une longue lettre confession ("confiteor" en latin) d'Adrià Ardevol, né en 1946 à Barcelone. Il écrit cette confession à Sara, la femme de sa vie, avant qu'il ne soit trop tard. Le roman commence par cette phrase "... j'ai compris que naître dans cette famille avait été une erreur impardonnable". Les parents d'Adrià ont des rêves pour leur fils, ils voudraient qu'il devienne polyglotte et violoniste virtuose en même temps. Et en effet, le fil conducteur principal de cette histoire est un violon, un Storioni fabriqué en 1764 et appelé le Vial (du nom de son premier propriétaire). On apprend au fil du récit comment le Vial est arrivé dans la famille d'Adrià: c'est son père Félix qui a réussi à se le procurer. Adrià a été élevé par un père dur et exigeant et une mère qui ne l'aimait pas vraiment. Confiteor traite du mal sous toutes ses formes, mais aussi d'amour (Adrià et Sara), d'amitié (Adrià et Bernat Plensa, un camarade d'enfance), de jalousie et de trahison. Le roman parle aussi de peinture (Sara est peintre), de littérature et de livres, car Adrià devenu polyglotte (il apprendra une dizaine de langues dont l'araméen) va écrire et enseigner sur l'histoire des idées. Il va aussi acquérir des manuscrits. Je n'en dirai pas plus, mais je vous recommande absolument ce roman vertigineux qui se lit très bien malgré sa longueur. J'ai été vraiment transportée. Je terminerai ce billet en pensant aux petites figurines, Aigle-noir (un indien Arapaho) et le shérif Carson, à qui Adrià se confie jusqu'à l'âge adulte. Lire les très bons billets de Richard, Malika, Cuné (merci Aifelle), Mélopée et Cachou. J'ajouterai que ce roman de la rentrée littéraire 2013 a été encensé par la critique et surtout par toutes les librairies que je fréquente.

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dimanche 8 avril 2012

La tristesse du samouraï - Victor del Arbol

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J'ai trouvé que La tristesse du samouraï du Catalan Victor del Arbol (Editions Actes sud, 350 pages), que Dominique a beaucoup apprécié, est un excellent roman policier (mais pas uniquement). L'histoire se passe sur 40 ans, de 1941 à 1981, entre Merida en Estramadure (sud-ouest de l'Espagne) et Barcelone et ses environs. Avec comme arrière-plan le franquisme, la seconde guerre mondiale et le putsch manqué de 1981, on suit l'histoire de plusieurs individus dont Maria, une avocate qui a mis un homme en prison. C'est l'histoire d'une femme très belle, Isabel, dont l'exécution a été ordonnée par son mari. C'est aussi le destin fracassé d'Andrès et Fernando, les fils d'Isabel. C'est enfin l'histoire d'une épée de samouraï, objet de fascination d'un petit garçon mais aussi instrument de mort. Au fur et à mesure, on comprend les liens unissant les personnages qui apparaissent dans ce roman très bien construit et qui ne se termine pas vraiment en "happy-end". Que de vies gâchées! Je pense que Victor del Arbol (qui travaille dans les services de police de la communauté de Catalogne) est un écrivain à suivre.

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mercredi 2 février 2011

Pandore au Congo - Albert Sanchez Pinol

Pandore

J'ai acheté ce roman, attirée par le titre et la jolie couverture de l'édition de poche Babel. [C'est la première fois que je mets une couverture de livre dans un billet, j'ai décidé de le faire de temps en temps pour égayer mon blog]. Le résumé en 4ème de couverture a fini de me convaincre. Il s'agit du premier roman que je lis de cet écrivain. Pendant 450 pages, je me suis retrouvée en 1912-1914 entre le Congo et Londres. Tommy Thomson, jeune plumitif, nègre d'un nègre d'un nègre, se trouve engagé par un avocat londonien pour écrire l'histoire d'un de ses clients, Marcus Garvey, un gitan à la peau mate, détenu en prison en attente de jugement (il risque la pendaison). Il est accusé d'avoir assassiné les deux fils d'un duc anglais lors d'un voyage au Congo. Une partie du récit nous fait revivre ce périple où ces colons blancs (à la recherche d'or et de diamants) sont décrits sous leurs plus mauvais jours dans leur attitude envers les populations noires traitées comme des esclaves. Heureusement qu'un peuple souterrain, les Tectons (êtres à la peau très blanche, mesurant presque deux mètres et avec six doigts à chaque main), surgit de la terre. Nous sommes projetés dans de la pure science-fiction mais on y croit. Une Tectonne, Amgam, devient un personnage important de l'histoire. L'autre partie du récit narre le début de la guerre de 14-18, où Tommy Thomson est enrôlé à son corps défendant pendant un temps avant d'être démobilisé. Une galerie de personnages étonnants (dont une tortue sans carapace au doux nom de Marie-Antoinette) gravitent autour de lui dans la pension de famille où il a élu domicile. Sans dévoiler toute l'histoire qui tient en haleine jusqu'à la dernière page, je dirais qu'un scénario évoqué au début du roman (p.14), intitulé "Pandore au Congo", représente un résumé de tout ce qui s'ensuit. J'ai beaucoup apprécié l'écriture/la traduction de ce roman que je qualifierais d'exotique, et à l'histoire très originale.

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