mardi 21 novembre 2017

Je suis un récidiviste - Petros Markaris

Me voici de retour afin de reprendre les rênes du blog après 10 jours inoubliables au Chili avec l'Ile de Pâques.

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Avant quelques billets sur ce voyage, voici un billet sur un livre de Petros Markaris lu juste avant mon départ et que j'ai découvert par hasard au rayon polar d'une grande surface. Il a été écrit en 2006. Une postface écrite en 2016 conclut l'ouvrage. Je suis un récidiviste de Petros Markaris (Editions L'échoppe, 110 pages) permet de mieux connaître l'écrivain, né en 1937 à Istanbul, "La Ville", d'un père arménien et d'une mère grecque. Je l'ai pour ma part découvert grâce à ses romans policiers, dont "la trilogie de la crise" (Liquidations à la grecque, Le justicier d'Athènes, Pain, éducation, liberté) et un Epilogue (Epilogue meurtrier). Dans ces romans policiers et ceux écrits antérieurement, Journal de nuit (son premier roman  que je suis en train de terminer), Le Che s'est suicidé, L'empoisonneuse d'Istanbul ou Actionnaire principal, le commissaire Kostas Charitos mène des enquêtes à Athènes ou aux environs. Charitos est marié à Adriani et père de Katerina (Markaris a aussi une fille, qui, elle, vit à Istanbul). Adriani est une très bonne cuisinière, comme la femme de Brunetti ou celle de Maigret. C'est grâce à Charitos que Markaris a choisi d'écrire des romans. Et Markaris qui est trilingue (grec, allemand et turc) a choisi la langue grecque pour écrire, c'était naturel pour lui. Il explique comment il a choisi le quartier d'Athènes dans lequel il fait vivre Charitos, d'origine petite-bourgoise. Charitos, un policier attachant (qui aime lire les définitions du dictionnaire et qui conduit une voiture Mirafiori) n'est pas un personnage excentrique comme le sont Poirot ou Holmes. Markaris préfère Miss Marple ou même l'inspecteur Rebus de Ian Rankin. Pour résumer, Markaris est un Arménien hellénisé élevé dans la langue allemande qui a longtemps vécu dans La Ville (Istanbul). J'ai aussi appris que Markaris était traducteur de Goethe et qu'il avait une passion pour Bertold Brecht. De même, qu'il a été scénariste. Il a co-écrit avec Theo Angelopoulos L'Eternité et un jour (1998). Le livre comporte des photos d'Athènes en noir et blan prises en février 2017 et quelques-unes avec Petros Markaris chez lui. Un écrivain intéressant dont je recommande tous les romans avec Charitos si vous ne les connaissez pas encore.

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lundi 21 août 2017

Douleur - Zeruya Shalev / Cabine téléphonique-Bibliothèque

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Après Ce qui reste de nos vies que j'avais beaucoup aimé, j'ai été contente de découvir Douleur de Zeruya Shalev qui est paru début 2017 (Editions Gallimard, 400 pages). Il est à mon avis plus accessible que le précédent, l'écriture est plus aérée. Iris (le double de l'écrivain elle-même victime d'un attentat en 2004?) a été grièvement blessée dans un attentat dix ans auparavant. Elle en garde des séquelles depuis lors. Iris est mariée à Micky et a deux enfants presque adultes, Alma et Omer. Agée de 45 ans, Iris dirige une école privée à Tel Aviv. A l'occasion d'une visite de contrôle à l'hôpital, elle reconnait Ethan, un médecin qui fut son premier amour. Renouant avec lui, elle ne sait pas où cela va la mener. Ethan l'avait quittée assez brusquement 28 ans auparavant. Elle sent qu'elle a une décision importante à prendre. En parallèle, sa fille Alma, qui est en train de s'émanciper, a accepté de travailler dans une cafétéria à Jérusalem dont le patron est une sorte de gourou. Alma est complètement sous la "coupe" de cet homme. Quand elle découvre cet état de fait, Iris s'inquiète pour Alma qui est en conflit avec elle. Comme dans Ce qui reste de nos vies, Zeruya Shalev reprend ses thèmes sur la famille et les relations pas toujours faciles entre les êtres, sur le pardon. Ainsi, "Douleur" est un avatar qui apparaît dans son téléphone portable. Sous ce pseudo, elle a enregistré le numéro de téléphone d'Ethan... Au final, un beau roman. Lire le billet de Kathel.

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Le week-end du 15 août, j'étais à Dol-de-Bretagne (il faisait beau et bon). Sur une place, j'ai découvert une cabine téléphonique publique (il n'y en a pratiquement plus en France) qui a été détournée de son usage initial. C'est devenu une mini bibliothèque où l'on peut emprunter, rendre ou donner des livres. C'est libre d'accès. Mon ami et moi trouvons le concept très sympathique. Je souhaitais le partager avec vous.

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mercredi 26 juillet 2017

La table du roi Salomon - Luis Montero Manglano

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La table du roi Salomon de Luis Montero Manglano (Edtions Actes Sud, 515 pages haletantes) est le roman idéal si vous aimez le suspense, les énigmes, les jeux de pistes, les films d'Indiana Jones, l'Histoire. C'est divertissant et ludique avec des chausse-trappes (surtout à la fin). L'histoire racontée à la première personne nous fait découvrir une organisation quelque peu secrète: CNQ (Corps National des Quêteurs), dont les bureaux sont situés dans les sous-sols du musée archéologique de Madrid. Tirso Alfaro, le narrateur, un jeune espagnol de 30 ans, licencié en histoire de l'art mais n'ayant jamais réussi avoir un doctorat, se retrouve enrôlé suite à une sélection piquante dans cette organisation, après un court passage comme gardien dans un obscur musée à Canterbury en Angleterre. Ce groupe, composé seulement de six personnes avec des pseudos comme Enigma, Danny, Labulle ou Tesla, a pour but de récupérer des biens culturels volés à l'Espagne au XIXème et XXème siècles, et de les échanger contre des copies parfaites. Bien évidemment ils vont affronter un vrai méchant aux noirs desseins quand il s'agira de retrouver la table du roi Salomon, J'ai dévoré les 500 pages en un week-end. Un vrai plaisir de lecture que je compte bien prolonger quand paraîtra un 2ème tome car c'est a priori le tome 1 d'une série. Lire le billet de Brize.

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lundi 17 juillet 2017

La chronique de Tallinn - Indrek Hargla

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J'ai eu grand plaisir à retrouver l'apothicaire Melchior dans ce cinquième tome, La chronique de Talinn (Editions Gaïa, 411 pages). Les quatre tomes précédents ont été chroniqués ici, ici, ici et . Ce cinquième tome se passe en juin 1432, un an après le tome précédent. Melchior se remet doucement de la disparition de sa femme. Son fils Melchior (on s'appelle Melchior de père en fils dans la famille) est parti à Lübeck terminer sa formation d'apothicaire. Il va lui arriver des mésaventures qui va l'amener à être enrôlé dans une confrérie secrète mais il va aussi croiser celle qui sera peut-être la femme de sa vie. A Tallinn, un moine découvre un vieux manuscrit qui va lui coûter la vie. D'autres morts violentes suivront. Tout se passe autour d'un hospice et d'une léproserie. Grâce à l'écrivain et au texte (bien traduit), j'ai encore été passionnée par les us et coutumes du XVème siècle d'une ville que l'on connaît peu, régie par des guildes religieuses ou autres, et par l'évocation des villes hanséatiques comme Lübeck, qui furent si importantes pour le commerce. J'ai vu qu'un sixième tome avait été écrit en 2017. J'attends sa sortie française avec impatience. J'aime vraiment beaucoup cette série.

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mercredi 10 mai 2017

Dans une coque de noix - Ian McEwan / Alex - Pierre Lemaitre / Le promeneur d'Alep - Niroz Malek

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Quand j'ai vu qu'un nouveau roman de Ian McEwan était paru, je me suis empressée de lire le résumé et je l'ai acheté. Dans une coque de noix (Editions Gallimard, 212 pages) est une réécriture d'Hamlet de William Shakespeare. Sauf que le Hamlet de McEwan est un foetus dans le ventre de sa mère, enceinte d'au moins 8,5 mois. Le roman est écrit à la première personne. C'est le foetus qui est le narrateur. S'il ne voit pas encore, ce bébé à naître entend tout à travers le placenta, et quand le roman commence, on le sent inquiet car il a compris qu'un meurtre se prépare. Sa mère Trudy et son oncle Claude (amant de sa mère) se préparent à empoisonner son père John, un poète pas très recconu. John et Trudy sont en effet séparés et Claude a pris à la place dans le lit conjugal. Je ne vous dévoilerai pas comment le futur bébé va contribuer à l'arrestation des assassins. Le roman est plaisant même si ce n'est pas mon préféré de McEwan.

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Je passe à Alex de Pierre Lemaitre (Livre de Poche, 396 pages) dans lequel on retrouve le commandant Camille Verhoeven, terrassé par le chagrin depuis la mort de sa femme Irène dans Travail soigné. Alex, une jeune femme vient d'être enlevée. Enfermée dans une cage (une "fillette" comme au temps de Louis XI), dans un hangar désaffecté, on découvre rapidement qu'Alex est à la fois victime et bourreau. Je vous laisse découvrir comment elle arrive à s'échapper de sa cage et quels liens relient les victimes qu'Alex annihile à l'acide sulfurique. Le rythme est haletant et le final glaçant.

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Je termine par Le promeneur d'Alep de Niroz Malek (Le serpent à plumes, 156 pages) que j'avais repéré chez Miriam (je l'en remercie). Niroz Malek, né en 1946 et issu de la communauté yézidie, est syrien né de parents kurdes. Il vit à Alep en Syrie sous les bombes. Il ne veut pas quitter sa ville à laquelle il est très attaché. Le livre est composé d'une cinquantaine de courts chapitres d'une ou deux pages qui se rapportent à des moments rêvés (souvent des cauchemars) ou réels vécus par l'écrivain ou des proches. Entre les barrages, les barbelés, les maisons à moitié détruites, les bombardements, on continue d'aller au café du coin, on bavarde, on va au marché, on essaye d'aimer et on meurt beaucoup. J'ai été marquée par les chapitres comme "Une violence" (p.51) avec un parallèle entre la violence verbale écrite par un stylo et la violence des tirs de balles, ou "Les portes du jardin public" (p.145), où la grille de l'enceinte du jardin s'adresse à l'écrivain en lui disant "Vous n'allez pas trouver de quoi vous réjouir". Ce jardin public est devenu un cimetière. Un livre court mais intense où malgré tout j'ai trouvé une certaine légéreté grâce à l'écriture magnifique, pleine de poésie. De plus, la traduction est excellente. Je vous le conseille.


samedi 22 avril 2017

Nuit - Bernard Minier / Les fils d'Odin - Harald Gilbers

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Dans Nuit (Editions XO, 517 pages) de Bernard Minier, on retrouve le commandant Martin Servaz, dont on avait fait connaissance dans Glacé, qui va à nouveau affronter Julian Hirtmann, un Suisse psychopathe, ancien procureur et dont il est aussi question dans Le cercle. Nuit commence avec le meurtre d'une Norvégienne technicienne sur une plate-forme off-shore dont on retrouve le corps sans vie dans une église de Bergen. Kirsten Nigaard, de la police d'Oslo, est chargée de l'enquête, car son nom écrit sur un papier est retrouvé dans une poche du vêtement de la victime. De Bergen, Kirsten va arriver à un moment donné (presque deux mois plus tard) dans le bureau de Martin Servaz suite aux indices que la police norvégienne a trouvé. Parmi les indices, il y a des photos montrant Martin Servaz pris au téléobjectif ainsi qu'un prénom écrit au dos d'une de ces photos, "Gustav'. Entretemps, menant une enquête, Servaz aura été blessé grièvement par balle par le suspect qu'il poursuivait. Je ne sais pas si j'ai été assez claire, mais l'intrigue assez prenante est pleine de rebondissements menant à de fausses pistes. Le tout est orchestré par Julian Hirtmann qui s'est attaché à Gustav (un garçonnet de 5 ans, très gravement malade) dont il s'est occupé depuis la naissance. Je n'en dirai pas plus sur cette histoire qui m'a un peu moins convaincue que Glacé (j'ai trouvé pas mal d'invraisemblances), mais quand le roman se termine, on attend la suite. Il n'est pas forcément nécessaire d'avoir lu les romans précédents pour comprendre qui sont certains des personnages, quoique... Pour l'anecdote, le petit garçon s'appelle Gustav en l'honneur de Gustav Mahler, le musicien préféré de Servaz et Hirtmann. 

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Je passe maintenant au roman Les fils d'Odin d'Harald Gilbers (Grands détectives, 10/18, 547 pages haletantes). J'ai eu beaucoup de plaisir à retrouver Richard Oppenheimer, ancien commissaire de la Kripo à Berlin, qui vit plus ou moins dans la clandestinité depuis l'arrivée d'Hitler au pouvoir. En effet, Oppenheimer, marié à une aryenne, Lisa, depuis plus de 20 ans, est juif. On l'avait laissé en mauvaise posture en juin 1944 dans Germania: il avait été déclaré mort. Fort heureusement, dans Les fils d'Odin, on le retrouve 6 mois plus tard. En janvier 1945, vivant dans un meublé sous une fausse identité, Oppenheimer est gardien de nuit dans une banque. La vie d'Oppenheimer ne tient qu'à un fil avec ses faux-papiers provisoires qu'il a obtenu grâce à son amie Hilde, une femme médecin de grande valeur et anti-nazie notoire. A son tour, Oppenheimer va aider Hilde. Cette femme est encore mariée à un médecin qui a pratiqué des "expériences" sur des cobayes à Auschwitz. Hilde se accusée du meurtre de son mari, Erich Hauser. Récemment revenu à Berin, le corps d'Hauser est retrouvé mutilé: la tête et les mains ont été coupées. Oppenheimer va mener son enquête entre le 30 janvier et le 12 mars 1945 dans Berlin en ruines bombardée jour et nuit par les Américains (le matin) et les Britanniques (l'après-midi). Plus que l'intrigue policière, j'ai trouvé très intéressante la description de la vie quotidienne des Berlinois privés de presque tout. Berlin où les trafics en tout genre continuent, ainsi que les dénonciations, et où la Gestapo règne toujours par la terreur. A la fin du roman, Hilde, condamnée à mort (mais pas pour la mort de son mari), a obtenu une semaine de sursis. J'espère que M. Gilbers compte écrire une suite et fin. Les fils d'Odin sont des illuminés se consacrant à un culte germanique autour du dieu Odin/Wotan. C'est très accessoire dans le roman.

mercredi 15 mars 2017

Rome brûle (Suburra II) - Carlo Bonini / Giancarlo de Cataldo

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Rome brûle de Carlo Bonini et Giancarlo de Cataldo (Métailié noir, 293 pages) est la suite de Suburra qui m'avait tant plu. L'histoire se passe de nos jours, presque quatre ans après les événéments de Suburra. Samouraï purge une longue peine de prison dans une prison de haute sécurité. Sebastiano Laurenti, son héritier, mène les affaires à sa place et lui rend des comptes. Fabio Desideri, un jeune (mais très dangereux) chef mafieux aux dents longues, se tient en ambuscade. En mars 2015, le pape François décide d'un Jubilé extraordinaire qui va demander beaucoup de travaux. Les chantiers comme celui du métro vont plus ou moins vite selon le déblocage de l'argent versé par la mairie à des entreprises dirigées par des hommes peu intègres conseillés par des sociétés comme celle de Sebastiano. Des sommes énormes sont en jeu, tous les coups sont permis et, suite à une grève des transports, la ville éternelle brûle à cause des feux allumés dans beaucoup de coins de rues par des citadins. J'ai trouvé l'histoire aussi passionnante que celle de Suburra. Bonini, qui est journaliste d'investigation, et de Cataldo, magistrat à la cour de Rome ont beaucoup de talent. Ce volume peut se lire indépendamment du premier.

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mardi 13 décembre 2016

Tu tueras le père - Sandrone Dazieri

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Tu tueras le père de Sandrone Dazieri (Editions Presse Pocket 724 pages) est un thriller qui se lit bien malgré sa longueur. Il m'avait été recommandé (avec petite coccinelle!) par ma libraire que je remercie. La jeune commissaire Colomba Caselli, âgée de 32 ans, reprend du service après un long congé dont on apprendra la cause au cours de l'histoire. Elle souffre encore d'angoisse. Pour retrouver un jeune garçon qui vient d'être enlevé, elle va demander de l'aide à Dante Torre. Ce dernier, âgé de d'une quarantaine d'années, avait été enlevé à l'âge de 6 ans et enfermé dans un silo dans la banlieue de Rome pendant 11 ans. Il n'a jamais pu voir son ravisseur qui a priori s'est suicidé. Dante souffre de nombreux troubles comme la peur du noir, et dort sur la terrasse de son appartement. Il n'arrête pas de se gaver de tranquillisants et aime boire des cocktails. Le "père" du titre fut son bourreau qui pour le punir l'obligeait à se donner des coups violent sur sa main gauche qui s'est atrophiée. Colomba et Dante forment un duo cabossé par la vie auquel on s'attache rapidement. Ils vont mener une enquête douloureuse car il semble que le ravisseur de Dante ait de nouveau frappé, 25 ans après qu'on l'ait cru mort. Et il n'agit pas seul. Je vous laisse découvrir la résolution de cette intrigue aux vastes ramifications. En mai 2017, un deuxième volet doit paraître. Je le lirai certainement quand il paraîtra en poche.

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jeudi 10 novembre 2016

La double vie de Jesús - Enrique Serna / L'échange - Eugenia Almeida

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Comme annoncé dans mon billet du 14 septembre 2016, je voudrais d'abord évoquer L'échange d'Eugénia Almeida (Editions Métailié, 250 pages) que j'aurais voulu apprécier autant que la jeune libraire qui l'avait recommandé. Et bien, non... car je n'ai rien compris à cette histoire. Il y a de nombreux dialogues mais on ne sait pas qui parle. Cela m'a beaucoup gênée. Quand le roman débute à Buenos Aires en Argentine, une jeune femme vient de se suicider en se tirant une balle de revolver en pleine rue. Guyot, un journaliste, décide d'enquêter pour comprendre pourquoi cette femme a mis fin à ses jours. Des policiers font tout pour que le journaliste ne découvrent pas la vérité, dont l'origine remonte au temps de la dictature militaire. Je ne peux rien écrire d'autre.

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Je passe maintenant au roman mexicain La double vie de Jesús d'Enrique Serna. Jesùs Pastrana vit à Cuernavaca. Marié (son couple bat de l'aile), il est le père de deux enfants (qu'il adore). Membre du parti PAD (Parti d'action démocratique - c'est une invention de l'écrivain) depuis 20 ans, c'est un fonctionnaire qui exerce comme Commissaire aux comptes à la mairie. Il brigue la fonction de maire qui lui permettrait (peut-être) de combattre le crime organisé et les cartels de trafiquants qui gangrènent la ville, car Jesùs est un homme intègre. En revanche, il a un secret: il prèfère les hommes aux femmes. Ainsi, il rencontre, et tombe follement amoureux de, Leslie, un travesti qui est le frère jumeau d'un dangereux narco-trafiquant. Le rythme du roman est trépidant avec des péripéties d'une page à l'autre. Jesùs a du mal à mener de front cette liaison "scandaleuse" et sa campagne électorale dans un pays "macho" comme le Mexique. Je pense qu'ailleurs, cela ne serait pas plus simple. Quand le roman se termine (j'ai trouvé la fin abrupte), on est triste de quitter Jesùs qui a vécu en quelques mois une passion hors norme faite de sexe, de tendresse, de fureur et de beaucoup d'amour avec un zeste d'humour. Les seuls bémols que je fais sont pour la fin un peu rapide et sur le fait que l''écrivain se concentre exclusivement sur Jesùs, au détriment peut-être des autres personnage. Un roman que je conseille, tout comme Simone.

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jeudi 29 septembre 2016

Judas - Amos Oz

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Je continue mes chroniques "livres" avec mes choix de la rentrée littéraire de 2016. Judas (Editions Gallimard, 347 pages) d'Amos Oz m'a permis de découvrir avec plaisir cet écrivain. En 1959, l'Etat d'Israël a 12 ans. A Jérusalem, Schmuel Asch, 25 ans, vient d'arrêter ses études universitaires et en particulier son mémoire sur "Jésus dans la tradition juive". Son amie l'a quitté pour se marier avec un hydrologue. Se sentant mal aimé depuis tout petit, il ne donne plus de nouvelles à sa famille: soeur et parents (le père est ruiné). "Corpulent, barbu, timide, émotif, socialiste, asthmatique, cyclothymique" (sic), Schmuel répond à une annonce originale: tenir compagnie de 17h à 23h à un homme très handicapé, Gershom Wald. Schmuel s'installe dans la demeure de Gershom qui vit là avec sa bru Atalia Abravanel. Dans cette maison, il y a aussi la présence très forte de deux personnes décédées. D'abord Micha, fils de Gershom et époux d'Atalia, tué à 37 ans sur la route de Jérusalem lors de combats. Et puis, il y a le père d'Atalia, Shealtiel Abravanel (personnage fictif), un opposant à Ben Gourion et à la création d'un Etat juif. Comme Judas Iscariote auquel il est aussi fait beaucoup référence dans le roman, Shealtiel Abravanel fut considéré comme un traître. Et pourtant, sans Judas qui fut l'ami le plus proche de Jésus, il n'y aurait pas eu de crucifixion et donc pas de christianisme. Schmuel et Gershom ont des discussions sur le bien-fondé de l'Etat hébreu, sur la position des Arabes, etc. En parallèle, Schmuel ne reste pas insensible à la personnalité d'Atalia âgée de 45 ans, avec qui il aura une petite liaison. J'ai trouvé que le roman, composé de courts chapitres, se lisait relativement vite. Je l'ai aussi trouvé très intéressant. Je le recommande.

Lire les billets d'Eeguab, de Sylire, de Miriam et de Dominique.

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