mardi 30 octobre 2018

Le mystère Jérôme Bosch - Peter Dempf

mystere jerome bosch

Je vous conseille Le mystère Jérôme Bosch de Peter Dempf, (Editions Pocket, 541 pages), que j'ai trouvé passionnant. Je l'avais repéré dans une ou deux librairies que je fréquente. Je dis tout de suite que je suis une grande admiratrice de l'oeuvre du peintre flamand Jérôme Bosch né Jheronimus van Aken à Bois le duc (‘s-Hertogenbosch en néerlandais - d'où son pseudonyme) en 1450 et mort en 1516.
En 2013, à Madrid au musée du Prado, un prêtre illuminé asperge de quelques gouttes d'acide Le Jardin des délices, une des oeuvres (un tryptique) les plus célèbres du peintre (cette peinture à l'huile sur bois est datée d'entre 1494 et 1505). Un restaurateur allemand, Michael Keie est appelé au chevet de l'oeuvre. Il découvre assez vite qu'aux endroits qui ont été altérés, il y a des symboles cachés. Baerle, le prêtre responsable de la dépradation du tableau, ne parle pas aux femmes, et il refuse donc de dire à la thérapeute Grit Vanderwerf qui s'occupe de lui pourquoi il a vandalisé la toile. En revanche, il est content d'avoir un auditoire masculin en la personne de Keie et d'Antonio, un vieil historien d'art qui exerce au musée. Il leur explique qu'il a trouvé dans son couvent de Salamanque un manuscrit écrit en 1511 par un certain Petronius Oris, qui avait reçu l'ordre du grand inquisiteur en place d'écrire son histoire. Et nous voilà transportés dans le passé aux alentours de 1500: Petronius arrive d'Augsbourg avec des lettres de recommandation de Dürer et de Jörg Breu. Bosch l'embauche comme portraitiste. Très vite, Petronius ne se sent pas à l'aise à Bois le Duc car les bûchers de l'Inquisition sont dressés tous les jours aux abords de la ville. Il se sent surveillé et menacé. Les Dominicains font la chasse aux Adamistes et tous ceux qui ont des pensées hérétiques. Quand Petronius commence à travailler pour Bosch, le maître a déjà peint la partie gauche du tryptique. Il semble que le thème du jardin des délices est subversif pour l'église catholique. Je vous laisse découvrir pourquoi. De nombreuses péripéties émaillent le récit, où un Juif converti, Jacob Van Almaengien, joue un rôle important. Le pauvre Petronius va subir plusieurs agressions physiques et se retrouver entre les mains de l'inquisition. Heureusement qu'il a quelques alliés, dont Zita, dont il va tomber amoureux. Un récit haletant et bien mené qui donne envie d'étudier de plus près Le Jardin des délices de Jérôme Bosch.

El_jardín_de_las_Delicias,_de_El_Bosco

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dimanche 14 octobre 2018

Noli me tangere (Ne me touche pas) - Andrea Camilleri / Irezumi - Akimitsu Takagi

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Ayant lu quelques billets positifs sur ce court roman (138 pages) d'Andrea Camilleri (Editions Métailié) et ayant bien apprécié Le tailleur gris lu il y a sept ans, j'ai aimé dans Noli me tangere, la façon dont Camilleri raconte l'histoire de Laura Garaudo, une belle jeune femme qui disparait volontairement du jour au lendemain du foyer conjugal. Elle est marié à un grand écrivain nettement plus âgé qu'elle. Elle venait de terminer son premier roman (pas encore publié) et elle est surtout l'auteur d'une thèse intitulée "Sur les problèmes d'attribution des fresques de Fra Angelico au couvent San Marco à Florence". Une des fresques est appelée "Noli me tangere" (du latin). C'était aussi le surnom que l'on donnait à Laura quand elle était étudiante. Le commissaire Luca Maurizi mène une enquête pour essayer de localiser Laura. Il interroge quelques proches, sa meilleure ami, un ancien amant. Le texte du roman est un mélange d'interrogatoire, de coupures de journaux, de lettres inachevées, de retours en arrière. J'ai aimé même si je m'attendais à une autre conclusion. Mais quand on lit la note de l'auteur à la fin du roman, on apprend qu'il s'est inspiré du destin pas banal d'une brésilienne. Lire les billets d'Alex-mot-à-mots et Miriam, Philisine Cave et Noukette.

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Irezumi (Edition Folio policier, 329 pages) d'Akimitsu Takagi (1920-1995) est un roman policier paru en 1948 au Japon. L'histoire qui nous est racontée se passe en 1947 à Tokyo dévastée par la guerre. Avant que l'histoire ne commence vraiment, l'écrivain s'adresse au lecteur en lui précisant que l'irezumi est le tatouage traditionnel japonais en vogue au XIXème siècle mais qui est mal vu au XXème siècle par la société nippone. Elle assimile tatouages avec les yakuzas et des femmes de mauvaise vie. Et c'est encore le cas aujourd'hui. Pour ce qui est de l'intrigue, il s'agit de plusieurs crimes dont l'un est commis dans une salle de bain fermée de l'intérieur de la maison où habitait Kinué, une belle jeune femme tatouée d'un Orochimaru (un serpent géant). Fille d'un tatoueur renommé, elle avait une soeur jumelle (disparue depuis la bombe d'Hiroshima) et un frère, tous les deux aussi tatoués, l'une d'un Tsudane (un escargot géant) et l'autre d'un Jiraiya (un crapaud géant) La première victime que l'on découvre est Kinué. Le meurtrier l'a démembrée et son torse tatoué a disparu. S'ensuivent deux autre meurtres dont le frère de l'amant de Kinué. Quatre suspects dans l'histoire dont un docteur, genre savant fou obsédé par les tatouages. Après plusieurs fausses pistes, la police est dans une impasse. Elle va s'en remettre à un jeune homme prodige en mathématiques qui résout les meurtres en peu de temps. J'ai aimé ce roman qui tient en haleine jusqu'au bout grâce à plusieurs coups de théâtre. Lire le billet de Jérôme.

jeudi 4 octobre 2018

Pyromane - Wojciech Chmielarz

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Grâce à Wojciech Chmielarz (né en 1984), j'ai lu un excellent roman policier. Pyromane (Livre de poche, 441 pages) se passe de nos jours à Varsovie en plein hiver (température -20°). Jakub Mortka dit le Kub, un inspecteur de police se rend avec son adjoint Kuchan sur le lieu d'un incendie volontaire. Une belle maison familiale a été brûlée suite au  jet de cocktail molotov lancée par la cheminée. L'acte a été méthodiquement prémédité. Dans la maison incendiée, on trouve le corps de Jan Kameron, un promoteur pas très honnète. Sa femme Klaudia, une ancienne candidate à Miss Pologne et chanteuse ratée a survécu car elle a réussi à s'échapper par la fenêtre. On apprend assez vite que Kameron avait été tué quelques heures avant que le feu ne se déclare par une personne différente  du pyromane. L'enquête s'avère difficile pour Mortka car une autre maison est aussi incendiée provoquant la mort de deux garçonnets, neveux d'un gangster notoire. Le lien entre ces incendies qui ne sont pas les premiers est le modus operandi. En plus de l'enquête, Mortka doit gérer sa vie personnelle ; père de deux garçons, il est divorcé depuis un an. Ayant laissé la maison à sa famille, il vit en colocation avec des étudiants (un garçon et une fille) bruyants. J'ai aimé le personnage de Mortka avec ses qualités et ses défauts et son sens de la justice (même si elle peut paraître discutable à certains), la construction du récit et le fait que je n'ai pas deviné le mobile de ou des assassins avant les dernières pages. Il y a des retournements de situation inattendus. J'ai été tenue en haleine jusqu'au bout. Je compte bien lire le suivant La ferme des poupées et j'ai vu sur le site de l'écrivain qu'il y en avait deux autres avec Mortka pas encore traduits. Je recommande tout comme Edyta, Yspaddaden, Alex-mot-à-mots, Yv.

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mardi 25 septembre 2018

Généalogie du mal - Jeong You-jeong

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J'ai mis un temps infini (plus de trois semaines) pour lire Généalogie du mal (400 pages, Editions Philippe Picquier) d'un écrivain sud-coréen, Jeong You-jeong, une ancienne infirmière reconvertie dans l'écriture. J'ai vraiment peiné sur la fin alors que j'ai trouvé que l'intrigue commençait bien (si je peux m'exprimer ainsi). Yujin, un jeune homme de 26 ans, reprend conscience dans sa chambre. Il est couvert de sang. Dans l'appartement, un corps gît, la gorge tranchée avec un rasoir. Il s'agit de la mère de Yujin. Ce dernier a quelquefois des crises d'épilepsie qui le rendent inconscient et il ne se rappelle plus ce qui s'est passé. Il est suivi et traité par sa tante pour cette pathologie. Ayant retrouvé ses esprits, Yujin nettoie l'appartement et cache le corps de sa mère pour éviter qu'Haejin, son frère adoptif, découvre le cadavre. Mais cela n'empêche pas que, pendant une centaine de pages, j'ai cru que Yujin n'était pas l'assassin. Je m'attendais à une vraie enquête policière plus classique. Et bien pas du tout car le récit étant écrit à la première personne, le lecteur suit le cheminement des pensées d'un psychopathe qui commet d'autres crimes, et j'avoue que je n'ai pas forcément été passionnée. Je trouve qu'il y a des longueurs. C'est donc une déception en ce qui me concerne.

A part le fait qu'elles sont d'accord pour dire qu'il y a des longueurs, Eva, Ingannmic et Sandrine ont aimé ce roman.

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mardi 24 juillet 2018

Le démon de Gotland - Indrek Hargla

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Quand j'ai vu que le 6ème tome de la série avec l'apothicaire Melchior était paru (début juin 2018), je me suis précipitée pour acheter Le démon de Gotland (Editions Gaïa, 505 pages passionnantes). Une fois de plus, je suis partie dans le passé, en 1432 et 1433 entre Lübeck et Tallinn (autrefois appelée Réval), deux villes de la ligue hanséatiques si prospères au Moyen-Age. Presque deux après la mort de sa femme Keterlyn (une Estonienne), Melchior qui a atteint la cinquantaine ne s'est pas remarié. Les romans commencent toujours par un avant-propos qui décrit avec concision ce qui se passait à cette époque à Tallinn et dans les environs. Et cet avant-propos donne des clés sur les événements qui vont survenir dans le roman. Un incendie a ravagé une partie de la ville en 1433, le commandeur de la forteresse de Toompea part à la guerre et laisse le château à la garde de dix braves de l'ordre teutonique. C'est aussi le début de la "querelle des écoles de Tallinn" avec la rivalité entre l'évêque de la cathédrale et les dominicains. Vers 1450, les écoles populaires accueillaient aussi bien les filles que les garçons! Il est aussi fait mention de l'arrivée de l'Inquisition et de ses tribunaux en Estonie. Et à cette époque, le travail est une richesse plus que l'argent, qui est souvent prêté sans intérêt, même si l'usure se pratiquait. Enfin, concernant le mariage qui était un sacrement, la séparation n'était pas facile même s'il existait le divorce pour des cas particuliers comme la maladie mentale, la consiguinité, etc. Un divorce pouvait aussi être prononcé lorsque l'un des deux époux quittait le domicile conjugal.

Pour en venir à l'histoire, le récit alterne entre deux lieux: Lübeck en automne en 1432 et Tallinn au printemps 1433. Cet intervalle de 6 mois, c'était le temps qu'une lettre pouvait mettre pour aller entre ces deux villes par bateau qui était immobilisé à cause de la glace en hiver. Melchior, le fils de l'apothicaire (ils portent tous les deux le même prénom), est devenu un membre de la guilde des assassins de Lübeck. Il est doué pour préparer des poisons, en particulier la ciguë. Il apprend par un autre membre que son père, Melchior à Tallin, risque d'être tué, car ce dernier est connu pour pourchasser les assassins. Et justement, un tueur, le "démon de Gotland", a une mission à accomplir à Tallin. Melchior junior écrit donc à son père pour le prévenir. Sinon, Melchior est un jeune homme très amoureux d'une jeune femme appelée Lucia enfermée dans un couvent. Il cherche par tous les moyens à la rejoindre. Lucia est promise à un noble Français qu'elle n'aime pas. Quant à Melchior le père, ayant du mal à s'occuper de son officine tout seul, il accueille avec joie, Ludolf, un jeune apprenti doué d'une grande mémoire et très intelligent. Malheureusement, ce jeune garçon va être sauvagement assassiné pas loin de chez l'apothicaire d'un coup sur le crâne. Ludolf a eu le malheur de voir et d'entendre des choses qu'il n'aurait pas dû. Melchior, très en colère, va tout faire pour démasquer le ou les assassins. Il se rend compte que ce meurtre est lié au fait que peu de temps auparavant, il a été désigné comme exécuteur testamentaire d'un homme qui, sur son lit de mort, lui a confié un lourd secret. Pendant son enquête, Melchior, qui néglige son officine, va avaler une forte dose d'arsenic mélangé dans un gâteau. Heureusement, sa fille Agatha, et soeur jumelle de Melchior, devenue religieuse et jardinière dans le couvent des brigittines de Pirita, va le sauver. Je m'arrête là pour l'intrigue. Comme dans les tomes précédents, l'intrigue est toujours bien menée. Hargla nous décrit toujours très bien les us et coutumes de la ville de Tallinn à cette époque. Ce roman est un bon cru. Il peut se lire indépendamment des précédents. Et vivement le suivant.

Lire mes billets sur les tomes précédents, ici, ici, ici, ici et .

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mercredi 4 juillet 2018

La fleur de l'illusion / Les doigts rouges - Keigo HIgashino

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Comme j'apprécie beaucoup les romans policiers très psychologiques de Keigo Higashino,  je viens de terminer Les doigts rouges, et quelques semaines auparavant j'avais lu La Fleur de l'illusion. Les histoires sont très différentes même s'il y a des similitudes dans certains détails comme le modus operandi des crimes.

Je commence par La fleur de l'illusion (Actes noirs, Actes Sud, 347 pages envoûtantes). Je ne dévoilerai pas trop l'intrigue, assez touffue et aux nombreuses ramifications, dans lequel il est question du vol d'une ipomée jaune, "la fleur de l'illusion". A priori, l'ipomée de couleur jaune n'existe pas, sauf dans ce roman. Cettte ipomée, comme d'autres de couleur différente, fabrique des graines qui, si on les ingère, vous donnent des hallucinations. Akiyama Shugi, un vieil homme qui était arrivé à cultiver cette ipomée jaune, meurt étranglé, et le pot avec la fleur a disparu. Lino, la petite-fille d'Akiyama, découvre le corps sans vie de son grand-père. Elle venait le voir souvent car elle admirait les fleurs que faisait pousser Akiyama. Elle les prenait en photo afin de les publier sur un blog. Elle décide de mener une enquête sur la mort de son grand-père, et, par la même occasion, elle veut découvrir pourquoi son cousin Naoto, un jeune musicien de talent, s'est suicidé. Elle est aidée dans sa tâche par Sota, le jeune frère du policier qui fait partie de ceux qui enquêtent - et sur la mort d'Akiyama, et sur ce qu'est devenue l'ipomée jaune. Au début, on peut se penser perdu avec les différents niveaux du récit et la multitude des personnages, mais après, j'ai été intéressée par l'histoire que j'ai trouvé originale.

Les doigts rouges (Actes noirs, Actes Sud, 236 pages très sombres) est une sorte de huis-clos, car l'intrigue est resserrée autour d'une famille dans une petite maison avec pelouse dans un quartier de Tokyo. Akio et Yaeko sont mariés depuis 18 ans. Ils ont un fils, Naomi (un garçon insupportable qui insulte sa mère). Naomi, à 14 ans, n'a pas d'ami (il est le souffre-douleur de sa classe). Chez lui, il reste dans sa chambre à jouer à des jeux vidéo. Un jour, en fin d'après-midi, Yaeko qui est une femme certainement malheureuse mais parfaitement détestable, appelle son mari pour lui dire de revenir au plus vite chez eux. Akio, un homme ordinaire qui exerce une activité d'employé de bureau, retarde souvent son retour vers la maison car il n'est pas maître chez lui. C'est un homme faible qui se désintéresse de son fils et qui néglige sa femme. La mère d'Akio, qui semble souffrir de démence sénile (elle est comme retombée en enfance) vit avec eux. Quand Akio arrive chez lui, il découvre, dans le jardin, le corps d'une petite fille de sept ans recouvert d'un sac poubelle. Yaeko annonce que c'est Naomi qui a étranglé la petite victime. L'enquête des policiers va rapidement les amener à soupçonner cette famille, qui avait pourtant transporté le corps dans les toilettes d'un parc voisin. Je vous laisse découvrir la suite que j'ai trouvé très noire. Akio comme Yaeko sont des personnages antipathiques au possible. Une fois de plus, les policiers sont des personnages passionnants comme Kaga Kyoichiro. Un très bon cru.

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vendredi 23 février 2018

Offshore - Petros Markaris / Prendre les loups pour des chiens - Hervé Le Corre

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J'ai été ravie de retrouver le commissaire Costas Charitos, sa femme Adriani (cuisinière hors-pair), sa fille Katérina et son gendre Phanis. Petros Markaris continue de situer ses intrigues policières dans le contexte de la Grèce en pleine crise financière. Mais dans Offshore (Editions du Seuil, 297 pages), la Grèce qui a désormais à sa tête un nouveau parti ni-de-droite-ni-de-gauche (suivez mon regard) est en train de sortir de cette crise grâce à une manne financière tombée du ciel. Mais d'où vient l'argent, se demandent certaines personnes comme Adriani? Les fonctionnaires vont à à nouveau recevoir leur salaire, tandis que les magasins d'alimentation sont à nouveau achalandés. Les affaires reprennent, les crimes aussi. Charitos et ses collègues enquêtent sur trois meurtres commis à peu de temps d'intervalle: un armateur, un cadre supérieur de l'office du tourisme et enfin un journaliste à la retrraite. Charitos connaissait bien ce dernier (voir les romans précédents). Les coupables tous différents mais issus de minorités sont rapidement appréhendés et ils avouent tout de suite. Charitos comprend que quelque chose "cloche". Je vous laisse découvrir qui sont les vrais coupables et surtout "d'où vient l'argent". Un bon moment de lecture. Il n'est pas forcément nécessaire d'avoir lu les quatre romans précédents avec la crise grecque comme toile de fond. Mais lisez-les pour le plaisir. Offshore est le 10ème roman avec le commissaire Charitos. J'espère que M. Markaris ne va pas s'arrêter en si bon chemin.

 

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Je passe maintenant à un roman noir, très noir, Prendre les loups pour des chiens d'Hervé Le Corre (Editions Rivages/Seuil, 317 pages). J'ai été tentée grâce au billet de Jérôme qui l'a choisi comme son roman de l'année 2017. Je n'irai pas jusque là, peut-être parce que j'ai déviné qui était le "méchant" de l'histoire. Franck sort de prison où il vient de purger une peine de 5 ans pour braquage. Il s'attendait à ce que Fabien, son frère aîné (c'est lui avait gardé l'argent) vienne le chercher. A la place, se présente Jessica, moins de trente ans, une jeune femme à la sexualité exarcerbée qui vit avec sa fille Rachel, mutique (elle a 8 ans, presque 9). Toutes les deux vivent dans une maison isolée avec Roland et Maryse, les parents de Jessica. Il y a un énorme molosse noir qui répond au nom de Goliat. La maison est située en Gironde dans la région de Langon / Bazas (personnellement, je connais bien). Roland et Maryse sont usés, flétris et pas très sociables. Lui maquille des voitures volées qu'il vend à un gitan, et elle fait des ménages dans une maison de retraite où il n'y a que "des vieux". Franck tombe immédiatement sous le charme de Jessica. Il est "accro" et il la suit presque partout et en particulier quand elle rencontre des gens peu recommandables. Quant à Rachel, elle voit, elle observe, ne se plaint jamais même quand Jessica lui donne des coups. L'absence de Fabien parti en Espagne soit-disant pour affaires rend Franck un peu inquiet. En effet, Fabien ne donne aucun signe de vie...

A la différence de Jerôme, l'écriture de Le Corre ne m'a pas marquée plus que cela. C'est un polar noir de bonne facture mais pas exceptionnel. Je trouve que l'ensemble manque une peu de légèreté, d'humour, même si l'histoire ne s'y prête pas vraiment.

Lire le billet de Claude Le Nocher.

samedi 27 janvier 2018

Six quatre - Hideo Yokoyama

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Six quatre de Hidéo Yokoyama (Edition Liana Levi, 611 pages) est un roman impressionnant que j'ai mis du temps à lire, car il n'y a pas vraiment d'intrigue, l'ensemble est un peu statique. La fin, en revanche, est surprenante (je ne l'avais pas vu venir). L'histoire se passe en 2002. Le meurtre de Shôko, une petite fille âgée de 7 ans, enlevée et étranglée 14 ans auparavant, ne va pas tarder à être prescrit. En effet, le meurtrier n'a jamais été arrêté. Ce crime non résolu reste un cuisant échec pour la police de la région du nord de Tokyo. Ce genre d'acte criminel survient rarement au pays du Soleil Levant. Le héros de l'histoire, Mikami, est commissaire de police et, depuis peu, chargé des relations avec la presse - qui sont plutôt tendues. Mikami est marié. Il est le père d'Ayumi, une jeune fille mineure de 16 ans, fugueuse depuis quelques semaines. Elle ne donne aucun signe de vie. Mikami et son équipe doivent gérer la visite du chef de la police de l'Agence nationale. Ce dernier se recueillera devant l'autel familial de la petite victime avant de déclarer que tout sera mis en oeuvre pour que l'assassin soit arrêté avant la prescription. Le gros du roman décrit les rapports très codifiés entre les gens, l'importance de la hiérarchie entre ces policiers; ce qu'il faut dire ou pas; comment chacun s'adresse la parole. J'ai été frappée par le côté répétitif des situations décrites. L'écrivain (qui est journaliste) nous fait entrer de plein-pied dans une société japonaise très codifiée, hierarchisée, où les non-dits sont aussi important que les paroles. Où il ne faut pas perdre la face. Où quelqu'un est capable de vivre comme un ermite depuis 14 ans, suite au dysfonctionnement malheureux d'un magnétophone. Un texte très dense, avec beaucoup de personnages, que je conseille. Lire les billets de bazaart et a_girl_from_eart.

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jeudi 18 janvier 2018

Les muselés - Aro Sainz de la Maza

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J'ai lu Les muselés de Aro Sainz de la Maza (Collection Actes noirs, éditions Actes Sud, 363 pages paru en septembre 2016) il y a déjà quatre ou cinq mois. On retrouve Milo Malart et Rebecca Mercader, les policiers rencontrés dans Le Bourreau de Gaudí. Cela se passe encore à Barcelone de nos jours. Une jeune femme est retrouvée étranglée dans un sous-bois près de Barcelone. Les enquêteurs remarquent que ses ongles sont manucurées alors que le reste de sa mise est plutôt banal. Carolina Estrada, la victime âgée de vingt ans, travaillait au recouvrement de créances dans un cabinet d'avocats. Les policiers apprennent aussi qu'elle était escort-girl. Peu de temps après, on retrouve assassiné chez lui un avocat, l'un des employeurs de la jeune femme. Et Barcelone est en émoi, car des chiens empalés sont retrouvés, dispersés dans des squares de la capitale catalane. Ces affaires sont plus ou moins liées et Malart qui vit seul a fort à faire pour résoudre ces meurtres. Son enquête le mène dans une Barcelone des laissés-pour-compte qui essaient de réaliser leurs rêves. Juste avant ces meurtres, Malart a trouvé une compagnie inattendue. Un locataire à quatre pattes s'invite chez lui. Il s'agit d'un chien noir qu'il prénomme "Mon vieux". Côté famille, Malart prend en charge Hugo, son frère schizophrène qui a un comportement menaçant. Le roman se lit agréablement grâce à une intrigue bien menée et crédible. J'ai trouvé l'histoire moins touffue que dans le Bourreau de Gaudí et c'est plus court. J'ai apprécié ce roman et j'espère que l'écrivain ne s'arrêtera pas là. Je conseille.

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vendredi 22 décembre 2017

Livres lus et non commentés depuis le 20/11/17

Après mon retour du Chili, je me suis remise sérieusement à la lecture.

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Voici quatre romans, deux islandais et deux italiens. L'un des quatre m'a vraiment beaucoup plu (je remercie Dominique pour son conseil).

Je commence par celui que j'ai le moins aimé, Tenebra Roma, le nouveau roman de Donato Carrisi (Editions Calmann Levy, 299 pages), dans lequel on retrouve le pénitentier Marcus déjà rencontré dans Le Tribunal des âmes et Malefico. Il est amené à enquêter sur une série de meurtres pendant 24 heures dans Rome en proie au chaos à cause de pluies diluviennes qui provoquent le débordement du Tibre. Rome est pillée. Les meurtres perpétrés ont un lien avec une société secrète religieuse, l'Eglise de l'éclipse. J'ai trouvé l'intrigue embrouillée et pas très crédible. Je ne "marche" pas quand c'est trop mystique ou ésotérique. La résolution de l'histoire tient sur les trois ou quatre dernières pages et puis c'est tout. Cela se lit bien mais demeure assez oubliable.     

Je passe à une deuxième petite déception, le roman islandais Ör d'Audur Ava Olafsdottir (Editions Zulma, 236 pages), dont j'avais tant aimé Rosa Candida. J'ai oublié l'histoire assez vite et j'ai été obligée de le refeuilleter pour écrire le billet. Ör, qui est un terme neutre (ni masculin, ni féminin), veut dire "cicatrices" en islandais, des cicatrices sur la peau, mais le terme s'applique à un pays ou à un paysage malmené par une construction ou par une guerre" (Note de l'auteur à la dernière page du livre). En Islande, Jonas Ebeneser, âgé de 49 ans, porte sept cicatrices sur le corps, 4 au-dessus du nombril et 3 au-dessous. Depuis plus de huit ans, il n'a pas touché de femme. Divorcé de Gudrun, il a une fille qui porte aussi ce prénom. Sa vieille mère qui vit dans une maison de retraite s'appelle aussi Gudrun. Quand le roman commence, Jonas qui est malheureux passe son temps à faire des réparations, du bricolage avant d'en finir avec la vie. Mais il se fait d'abord tatouer un nymphéa blanc sur le corps. Il appris que Gudrun Nymphea n'est pas sa fille biologique. Pour éviter que sa famille proche soit traumatisée par son suicide, il part dans un pays qui n'est pas nommé, ravagé récemment par la guerre. Il se donne une semaine avant de mourir, et il emporte donc le strict minimum, dont une perceuse. Je m'arrête là et vous laisse découvrir la suite. Ce n'est pas déplaisant à lire, bien au contraire, mais je ne suis pas arrivée à m'attacher au personnage de Jonas, qui est le narrateur. Lire les billets enthousiastes de Micmelo et de Lou.

Je continue avec La femme de l'ombre d'Arnaldur Indridason. Il s'agit du tome 2 de la Trilogie des ombres (Editions Métailié, 317 pages). Il n'est pas forcément nécessaire d'avoir lu le tome 1, les histoires étant distinctes même si l'on retrouve les enquêteurs Flovent et Thorson. Cela se passe toujours dans les années 40, en plein conflit mondial, à Reykjavik. En 1943, l'Islande est une base des Alliés. Malheureusement, les relations entre les miliataires et les habitants de Reykjavik sont parfois tendues et à juste raison. Le corps d'un homme est rejeté par la mer, un deuxième homme est sauvagement tabassé  dans un pub et meurt suite à ses blessures, enfin une jeune femme disparaît alors qu'elle fréquentait les militaires de la base aérienne. Flovent et Thorson se partagent le travail. C'est un roman d'atmosphère. Plusieurs personnages dont une femme dont on ne connaîtra le prénom qu'à la toute fin de l'histoire sont présents tout au long de ces histoires qui s'entremêlent plus ou moins. Indridason a très bien su jouer avec la chronologie des événements. Il y a un décalage dans le temps entre deux récits. On s'en rend compte au fur et à mesure de la lecture. Je n'ai pas boudé mon plaisir, même si ce n'est pas un coup de foudre. Les personnages de Flovent et Thorson manquent un peu de vie. Malgré tout, comme Aifelle, je lirai le troisième tome.

Je termine par mon "chouchou", Huit montagnes de Paolo Cognetti (Editions Stock, 299 pages), que j'ai eu envie de lire grâce à Dominique. En juillet 1984, Pietro Guasti part pour la montagne dans la région du Val d'Aoste pour la première fois. Lui, l'enfant des villes, découvre la randonnée en montagne avec son père, un montagnard fervent. Mais Pietro souffre du mal des montagnes sans oser l'avouer. Cependant, c'est là que Pietro rencontre Bruno Guglielmina, né dans ces montagnes, qui n'arrête pas de travailler dur. Une belle amitié va débuter qui durera plus de 20 ans, même s'ils se perdent de vue pendant quelques années. Comme Dominique, j'ai aimé tous les personnages, même ceux qui sont moins présents, comme les deux mères des deux garçons. Le père de Pietro, pas très commode, a beaucoup de dignité. L'écriture est limpide. Je me suis sentie bien en leur compagnie et je les ai quittés à regret. Un roman qui a été justement récompensé du Prix Médicis Etranger cette année.