jeudi 8 avril 2021

Maudit printemps / Un homme seul - Antonio Manzini

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Neuf mois après son arrivée au Val d'Aoste, on retrouve dans Maudit printemps (Folio policier, 346 pages) le sous-préfet Rocco Schiavone qui va être confronté à une enquête difficile. En effet, Chiara Berguet, une jeune fille de 19 ans issue d'une famille d'industriels locaux, a été enlevée. Son enlèvement n'est pas signalé tout de suite à la police car les parents ont peur des conséquences. En parallèle, deux hommes perdent la vie dans un accident de voiture dans la région d'Aoste. L'un d'eux était un employé de chez Berguet. On apprendra que ce sont eux, les ravisseurs de Chiara. La société de Berguet a connu momentanément des problèmes pour payer ses factures aux fournisseurs ou pour payer les salaires. Même si tout semble être rentré dans l'ordre grâce à une banque de la région qui a fait un prêt, il n'empêche que l'entreprise de Berguet est convoitée, et Chiara est en danger de mort puisque personne ne sait où elle est séquestrée, ses ravisseurs ne pouvant plus rien dire. Heureusement que Rocco Schiavone, aidé par ses collègues, n'aura de cesse de retrouver Chiara. Quand arrive la conclusion de l'histoire, un drame survient. Schiavone était en ligne de mire d'un tueur. C'est malheureusement une femme de sa connaissance venant de Rome qui sera tuée par erreur de plusieurs balles d'un pistolet 6,35. C'est pourquoi l'on retrouve Schiavone, quatre jours après, dans Un homme seul (Folio policier, 417 pages). Il mène plusieurs enquêtes en même temps: qui a voulu le tuer? Qui a tué en prison, et sur l'ordre de qui, Mimmo Contrera (membre de la N'drangheta - la mafia calabraise) et organisateur de l'enlèvement de Chiara Berguet? Schiavone est toujours bien épaulé par ses collègues et désormais, il a une chienne, Lupa, qu'il a recueillie et qui lui tient compagnie. Elle n'a pas de race définie. Il déclare qu'elle appartient à la race des "saint-rhemy-en-Ardennes" (appellation totalement inventée). Quand le roman se termine, le tueur au 6,35 n'a toujours pas été arrêté. L'enquête devrait se continuer dans 07-07-2007 chez Denoël (et pas encore paru en poche), et quatre autres romans avec Schiavone sont encore inédits en français. Pour résumer, j'aime beaucoup le personnage d'Antonio Manzini, ce Schiavone aux méthodes peu orthodoxes mais efficaces, et qui aime se fumer un joint le matin dans son bureau pour se mettre en train pour le travail. 

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vendredi 26 mars 2021

Silver Spoon - Hiromu Arakawa

Le quinzième tome qui clôt le manga Silver Spoon est sorti en France le 11 février 2021. Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) l'attendais avec impatience (le T.1 était paru chez nous en février 2013). 

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Dessin & scénario: HIROMU ARAKAWA. Editeur: KUROKAWA. Shonen manga.
Publiée en volumes au Japon de juillet 2011 à février 2020 (série terminée).

Sur l'image ci-dessus, on notera que le héros principal, Yugo, est représenté dans 9 couvertures sur 15, et a trois fois l'honneur d'y figurer seul (si l'on ne compte pas les animaux - cinq chevaux!). Ses aventures se déroulent dans un univers lycéen original: celui d'un lycée agricole. Au long des huit ans qu'aura duré la publication française de cette chronique de classe, nous aurons pu découvrir la vie d'élèves de ce genre d'établissement. Dans ce manga, pas de lutte contre démons et zombies, pas d'alchimistes ou de super-transformations. Mais, au quotidien, la vie de jeunes comme vous et moi, qui ont choisi de se lever aux aurores pour changer la litière des chevaux, donner à manger aux cochons, ramasser les oeufs au cul des poules, aider aux vêlages et bien sûr jouer les chasse-neige en hiver.

Et, bien entendu, le dimanche comme les autres jours, il faut aussi s'occuper des animaux, traire les vaches, aller chercher les oeufs... C'est cette vie très "physique" qu'a découvert Yugo à sa rentrée en "Seconde" au lycée (agricole) Ohezu, en provenance d'un collège citadin. Nous le voyons, sur les 15 volumes, découvrir cet univers paysan souvent méconnu, au contact de ses condisciples tous issus du milieu agricole. Ici, l'enseignement est concret et pratique.

Deuxième partout, premier nulle part, Yugo Hachiken a certes la meilleure note moyenne de sa classe, mais... Mais il n'arrive à avoir un "sans faute" dans aucune matière, contrairement à ses "fils de paysans" de condisciples. Eux ont tous, depuis l'enfance, la pratique concrète d'au moins une de ce qui, pour lui, n'est que matières scolaires (sciences de l'agriculture, agro-alimentaire, mécanique, bio-technologies...). Yugo, pour sa part, découvre l'élevage des animaux et la vie paysanne. Son regard extérieur au milieu paysan remet en question beaucoup de routines. Il fait aussi l'expérience de l'équitation et de ses compétitions. Et que se passe-t-il ensuite, une fois finies les cavalcades entre veaux, vaches, cochons et chevaux? Outre les relations humaines, celles avec les animaux destinés à la consommation humaine ne sont pas simples. Elles s'enrichissent mutuellement. Jusqu'à amener notre lycéen à créer son entreprise avec des condisciples! Réussiront-ils à commercialiser les saucisses, le fromage, les pizzas (etc.) qu'ils ont appris à réaliser?

La "cuillère d'argent" du titre représente (entre autres) le symbole de la transmission d'un métier, au sein de ce lycée agricole. Nous avons suivi notre classe de l'adolescence à l'entrée dans l'âge adulte. Nous avions vu leur présentation dans les premières pages du T.1 à leur arrivée en lycée (kookoo!), venant de différents collèges. Nous les avons vu évoluer, trouvant - ou non - leur voie durant trois ans d'études lycéennes, plus ou moins développées par la mangaka Hiromu Arakawa. Elle aura tenu en haleine ses lecteurs français depuis février 2013 - soit plus longtemps que la période durant laquelle la scolarité de nos héros est censée se dérouler.

Nous avons vu, jour après jour, trimestre après trimestre, année après année, les relations entre Yugo, Aki, Ichiro, Tamako, Keiji, Mayumi, et les autres, sans oublier l'équipe enseignante, se construire, chacun peaufinant son orientation professionnelle. Nous les laissons à l'étape de l'Université ou de la vie active. Hiromu Arakawa voudra-t-elle bien un jour nous raconter ce qui s'est passé ensuite? L'auteur a dû beaucoup s'amuser à "réinventer" son propre parcours de fille de paysan à l'intense capacité de travail. A la ferme, lorsqu'on a fini ses premières 35 heures (dès mercredi soir...), on enchaîne jeudi à l'aube sur les 35 suivantes! La mangaka qui se représente sous forme d'une génisse évoque sa propre jeunesse dans une autre série, Nobles paysans, dont 5 volumes sont déjà parus, et dont j'espère qu'elle ne l'abandonnera pas.

Il semble que les inscriptions en lycée agricole aient connu au Japon une augmentation, grâce aussi, sans doute, aux deux saisons de série TV diffusées en 2013-2014. Et en France? Le 14ème tome nous montrait le couple de nos héros principaux affronter le concours d'entrée à l'Université. Dans le 15e volume, on constate la disparition d'un des personnages les plus anciens. 

Je ne vais pas mettre de pages complètes du manga (il doit être possible d'en découvrir sur la Toile), mais deux extraits du tome 15. Dans la plupart des volume, on trouve des "bonus" où l'auteur raconte à ses lecteurs les "dessous" de la création de l'oeuvre, ou ses à-côtés. Ici, j'ai appris que je n'étais pas seul à regretter que cela s'arrête...   

P1120235   P1120234  ... On se dit "rendez-vous dans dix ans"? 

dimanche 14 mars 2021

Piste noire / Froid comme la mort - Antonio Manzini

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Cela fait un moment que je voulais chroniquer Piste noire d'Antonio Manzini (Folio policier, 290 pages), lu il y a 4 ans. Et puis je me suis procuré les trois tomes suivant. C'est pourquoi je me décide à écrire un billet sur les deux premières enquêtes du sous-préfet (et non commissaire) Rocco Schiavone, un flic romain qui a été muté à l'insu de son plein gré dans la vallée d'Aoste depuis trois mois. On apprend vers la fin de Piste noire qu'il a molesté un jeune homme violeur de petites filles. Le problème est que le violeur est le fils d'un homme politique, membre du gouvernement italien, qui s'est chargé de trouvé à Schiavone un poste très éloigné de Rome. Bien évidemment, Aoste n'est pas Rome, et Rocco, qui porte aux pieds des Clarks pas du tout adaptées à la montagne, n'est pas à l'aise pour vivre dans cette région où les températures sont fraîches et la neige abondante. Il n'aime ni le froid, ni la neige et Rome lui manque tous les jours. On comprend assez vite qu'il est veuf, et il aime s'adresser à sa femme défunte quand il est seul chez lui. Même s'il ne se remet de sa disparition, il a entamé malgré tout une liaison avec Nora, la propriétaire d'un magasin d'Aoste. Pour en revenir aux intrigues proprement dites, dans Piste noire, à Champoluc (sur les hauteurs de la vallée d'Aoste), un homme est retrouvé écrasé par une dameuse. La piste de l'accident est envisagée mais Schiavone soupçonne qu'il s'agit d'un meurtre. Avec des collègues qu'il apprécie, Italo Pierron et Caterina Rispoli, il va mener l'enquête. Je ne vous dirai rien de l'histoire annexe que l'on suit avec intérérêt et qui montre une autre facette de Schiavone. Malgré son mauvais caractère, son langage de charretier et le fait qu'il fume un joint le matin quand il arrive à son bureau, Rocco devient très vite attachant.

J'ai été très contente de le retrouver dans Froid comme la mort (Folio policier, 292 pages) lors d'une enquête qui se passe trois mois plus tard. Un matin, une jeune femme, Ester Baudo est retrouvée chez elle, pendue, par sa femme de ménage. L'époux était en train de faire du vélo. Ester faisait partie d'un club de lecture et d'écriture et s'était liée à Adalgisa Verrati, une employée dans une librairie. Cette dernière joue un rôle central dans l'histoire. Dès le début, Schiavone croit que c'est un meurtre mais je vous laisse découvrir le retournement final.

Je viens de commencer Maudit Printemps (Folio policier, 346 pages) avant de lire Un homme seul (Folio Policier, 417 pages).

Lire les billets sur Piste noire de Sharon, Eimelle, Jean-Marc Laherrère

Lire les billets sur Froid comme la mort de Blacknovel, Clarabel et à nouveau Sharon.

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jeudi 11 mars 2021

Le jardin - Hye-Young Pyun

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Dans Le jardin (Editions Rivages/Noir, 232 pages angoissantes), la romancière (Hye-Young Pyun) nous raconte une étrange histoire dont on devine assez vite qu'elle va mal se terminer au moins pour un des deux protagonistes. Un jour, Ogui, un professeur d'université, se réveille complètement paralysé dans un hôpital. Il a eu un accident de voiture dans lequel a péri son épouse. Il ne peut plus parler et arrive péniblement à communiquer avec les autres en clignant de l'oeil. Au bout de plusieurs mois, il est transporté chez lui afin de continuer sa convalescence sous la férule de sa belle-mère. Cette femme, dont on ne saura jamais ce qu'elle pense, a un comportement bizarre. Elle n'a eu qu'un amour dans sa vie, sa fille, la femme défunte d'Ogui. Il faut noter qu'Ogui est le seul personnage qui porte un prénom. Les autres sont désignés par le lien de parenté avec lui. Dans la maison entourée d'un jardin, Ogui est de plus en plus coupé du monde, Personne ou presque ne vient le voir. Et pendant ce temps, sa belle-mère creuse un trou dans le jardin. En effet, le jardinage était devenu la passion de sa fille. Petit à petit, la belle-mère se désintéresse du sort de son gendre. Le roman se termine d'une manière abrupte qui m'a plu. Il y a une certaine distanciation qui fait que le récit reste soutenable. Un roman qui se lit vite et que je conseille. 

Lire les billets d'Ingannmic et Alex-mot-à-mots qui ont aimé. Lewerentz et Jean-Marc Laherrère sont beaucoup plus mitigés.

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mardi 2 mars 2021

La pierre du remords - Arnaldur Indridason

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La pierre du remords (Edition Métailié noir, 345 pages), le nouveau roman d'Arnaldur Indridason, m'a énormément plu. J'ai eu du plaisir de retrouver Konrad, le policier à la retraite qui continue son enquête sur la mort de son père, un triste sire qui avait fait du mal autour de lui en escroquant les gens. Il avait comme complice Engilbert, un médium un peu charlatan qui avait une fille, Eyglo, laquelle aide souvent Konrad dans ses recherches. Quand le roman commence, Valborg, une vieille dame de 70 ans, vient d'être assassinée dans son appartement. Apparemment un crime crapuleux par quelqu'un qui l'a étouffée avec un sac plastique. Konrad n'avait pas prévu de participer à cette enquête mais il avait vu Valborg quelques jours auparavant. Elle lui avait demandé un grand service; l'aider à retrouver son enfant qu'elle avait abandonné presque cinquante ans auparavant. Sur le moment, Konrad n'a pas voulu le faire et il s'en veut. Maintenant, il n'a de cesse de savoir ce qu'est devenu l'enfant. Il interroge plusieurs personnes, dont des voisins et la nièce de Valborg. Même s'il est retraité de la police, il a gardé des contacts avec des policiers à la retraite ou en exercice, dont Martha, déjà rencontrée dans des romans précédents. Son enquête le mène à une ancienne discothèque où avait travaillé Valborg. Une fois de plus, Indridason montre son talent de conteur. Chapitre après chapitre, on fait des sauts dans le temps. L'histoire est très bien menée et Konrad montre qu'il est très bon détective. Pour votre info, une sage-femme en islandais se dit "ljósmóðir" (littéralement mère de lumière). C'est beau. La pierre du remords est un très bon cru même si l'histoire est vraiment très triste. Je le conseille tout comme Aifelle, Eva et Sharon.

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dimanche 29 novembre 2020

La vengeance des cendres - Harald Gilbers

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Après Germania, Les fils d'Odin et Derniers jours à Berlin, je viens de lire La vengeance des cendres d'Harald Gilbers (Calmann-Levy, 439 pages haletantes). J'ai été contente de retrouver Richard Oppenheimer, l'ancien commissaire de la Kripo, renvoyé parce qu'il était juif et qui a vécu dans la clandestinité à Berlin pendant toute la deuxième guerre mondiale. On le retrouve en décembre 1946 avec sa femme Lisa et d'autres dans la demeure appartenant à Hilde, une femme médecin très amie avec le couple. Berlin est partagée en quatre secteurs, russe, français, britannique et américain. Les Berlinois souffrent toujours autant du froid (-20°) et surtout de la faim. Le marché noir n'a jamais aussi bien fonctionné dans une ville toujours en ruines. C'est dans ce décor qu'Oppenheimer va enquêter sur des meurtres étranges. Des hommes plutôt bien nourris sont retrouvés morts et dénudés avec une liste de noms de personnes tracés à l'encre noir sur les bras et les jambes. J'aime la manière dont Gilbers reste au plus près des personnages qui survivent comme ils peuvent dans une ville où par exemple, des bandes de gamins souvent orphelins chapardent tout ce qu'ils peuvent revendre, où il n'est pas facile d'afficher son homosexualité punie par l'article 175 du code pénal allemand datant de 1872 (qui a été appliqué jusqu'à 1994), et où les Russes et les Américains se regardent en chiens de faïence. Le roman se termine le 30 décembre 1946. J'espère que M. Gilbers ne va pas s'arrêter là. 

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lundi 28 septembre 2020

Olga - Bernhard Schlink

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Après avoir lu des billets élogieux sur ce roman (lire ce qu'en pensent Tania, Eeguab et Luocine), je viens de terminer Olga de Bernhard Schlink (Edition Folio, 306 pages), qui brosse un beau portrait de femme. Olga Rinke, une jeune femme pauvre, orpheline de bonne heure, est élevée par sa grand-mère qui ne l'aime pas. Née dans les années 1880 en Poméranie, Olga va arriver à se sortir de sa condition en devenant institutrice. Elle va aimer d'un amour absolu Herbert, qui lui, est né dans une famille aisée. Herbert est un garçon qui n'aime pas marcher mais préfère courir. Il aime aller vite et loin. Herbert et Olga auront une relation durable jusqu'en 1913, année où Herbert, après avoir parcouru le monde, l'Afrique à l'Argentine et le Brésil, la Sibérie et Kamtchaka, ira se perdre en Arctique. Car Herbert a des rêves chimériques qu'Olga ne partage pas. Et pourtant elle ne se mettra jamais en travers de la volonté de son seul amour. A partir de 1914, Olga écrira régulièrement à Herbert pendant plus de 50 ans en envoyant ses lettres à une poste restante à Tromsø en Norvège. Le roman est découpé en trois parties: 1ère partie, la vie d'Olga jusqu'à son arrivée en 1945 comme couturière dans une famille après avoir été mise à la retraite de l'enseignement. 2ème partie, Ferdinand, le garçon dont s'occupera Olga, narre l'histoire de cette dernière. Il va devenir son confident, elle lui raconte sa vie avec Herbert. Elle va aussi le conseiller. 3ème partie, Ferdinand ayant réussi à se procurer des lettres d'Olga, on va apprendre des pans de la vie de cette dernière. C'est aussi un roman sur l'Allemagne qui a eu des rêves inassouvis de grandeur. Un très beau roman que je conseille.

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vendredi 28 août 2020

Patagonie route 203 - Eduardo Fernando Varela / Le monde perdu - Michael Crichton

Voici deux romans qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre, mais je les ai lus avec plaisir.

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Je commence avec Patagonie route 203 d'Eduardo Fernando Varela (Editions Métailié, 357 pages), paru le 20 août 2020, que j'ai eu la chance de lire en avant-première. L'écrivain a 60 ans et c'est son premier roman. Après le cinéma, je continue à me dépayser en étant partie dans le sud de Amérique du sud sur les routes d'Argentine en compagnie de Parker, un routier. Il transporte des fruits exotiques et autres marchandises indéfinies d'un bout à l'autre de la Patagonie balayée par les vents. C'est un homme qui semble fuir un passé que l'on ne connaîtra pas. Il est peu sociable et ne s'arrête qu'en cas de nécessité. La seule personne avec qui il communique est un journaliste qui conduit une voiture sans freins et qui est en quête de vieux sous-marins allemands de la seconde guerre mondiale. Sinon, le seul bien que possède Parker est un saxophone dont il tire parfois quelques notes. Et quand le temps le permet, il sort du camion des meubles et même un lit qu'il dispose sur le bord de la route comme si c'était chez lui. Un jour, son camion a un problème qui l'oblige à s'arrêter dans une petite ville où s'est installée une fête foraine. Il tombe immédiatement sous le charme de Maytén, la caissière du parc d'attractions. Malgré qu'elle soit mariée, elle quitte tout pour suivre Parker dans sa vie d'errrance au moins pendant quelque temps. J'ai beaucoup aimé ce road-movie du bout du monde où l'écrivain a créé des noms de lieux évocateurs, "La pourrie", "Saline du désespoir", "Mule morte" et où l'on rencontre des personnages qui sortent de l'ordinaire. Ce roman a reçu le prix de Las Américas 2019. Lire le billet de Simone.

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Juste avant, j'ai terminé la suite de Jurassic Park. Le monde perdu de Michael Crichton, Editions Pocket, 473 pages haletantes et horrifiques. J'ai trouvé l'histoire assez différente du film Le monde perdu, surtout la fin. L'un des deux personnages de Jurassic Park que l'on retrouve dans cette suite est le mathématicien Ian Malcolm ,adepte de la théorie du chaos. Il est entouré de différents personnages, dont une jeune femme, Kelly, qui va montrer de l'intelligence et de la bravoure en face de ce qui les attendent sur le site B. Car en effet, le professeur Hammond, à l'initiative de tout, et la société InGen, créateurs des bestioles, avaient prévu un second site pour élever les bébés dinosaures et effectuer des manipulations génétiques. Le deuxième personnage que l'on retrouve dans Le monde perdu, c'est le "méchant" de l'histoire, Dodgson, qui avec deux acolytes, veulent récupérer des oeufs de dinosaures. Le site B est l'île Nublar où se déroule toute l'histoire. Kelly constate vite qu'il y a plus de prédateurs que de proies sur l'île. Et l'on apprend que certains dinosaures ont réussi à s'échapper de l'île et sont morts sur des plages chiliennes. Et certains sont atteints d'encéphalite. Sur l'île, Malcolm et ses compagnons, dont deux adolescents, doivent affronter les animaux livrés à eux-mêmes. Les méchants vont connaître, quant à eux, une fin épouvantable mais prévisibles. Il y a du suspenses, les vélociraptors sont toujours aussi voraces et intelligents et j'ai aussi appris que les tyrannosaures savaient nager. Un roman haletant que je conseille.

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samedi 20 juin 2020

La neige sous la neige - Arno Saar

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Après Le train pour Tallinn, j'ai été contente de retrouver le commissaire Marko Kurismaa dans La neige sous la neige, de l'écrivain estonien Arno Saar (Editions La fosse aux ours, 293 pages). Le corps d'une jeune prostituée bielorusse est retrouvé près de baraquements ouvriers dans la presqu'île de Kopli, un quartier nord de Tallinn. Comme l'histoire se passe en février, il neige et la température est glaciale. Mais c'est grâce à cette neige que Marko, qui souffre encore et toujours de narcolepsie, va trouver des indices permettant de faire avancer l'enquête. En effet, Marko connaît bien la neige, étant lui-même un pratiquant de ski nordique. Il sait que la neige sous la neige peut garder des traces de toutes sortes, de pneus ou d'empreintes de pas. Il donne toutes ces explications à ses collègues et en particulier à Kristana avec qui il file le parfait amour. Je ne vous dis rien de plus, car sinon je pourrais en dévoiler trop. Un roman qui se lit très agréablement. J'espère qu'il y en aura d'autres.

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dimanche 14 juin 2020

Une santé de fer - Pablo Casacuberta

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Une santé de fer, de l'écrivain uruguayen Pablo Casacuberta (Edition Métailié, 207 pages), a été une belle découverte. J'avais ce roman dans ma PAL depuis un an. "Convaincu que j'allais mourir, j'enfilai deux manteaux et partis à la consultation" (p.7): voici la première phrase du roman, qui m'a donné envie de continuer. Le narrateur, Tobias Badembauer, est âgé de 49 ans, c'est une force de nature, un "bien portant" qui vit toujours avec sa maman, elle-même spirite à ses heures et qui le couve. La mère de Tobias, veuve d'un colonel, reçoit une pension de misère. Avec une partie de cet argent, elle espère pouvoir communiquer un jour avec son mari décédé avant la naissance de Tobias. Hypocondriaque depuis tout petit, ce dernier n'arrête pas d'aller consulter des médecins. Le dernier en date qu'il voit depuis 20 ans se nomme le docteur Svarsky, un homéopathe. C'est le seul qui a prêté une oreille attentive à ce que Tobias lui racontait. Sur le chemin du cabinet, vêtu d'une robe de chambre et chaussé de pantoufles, Tobias rencontre la belle-mère de Svarsky. Il croise aussi Carmen, la femme du docteur, qui vient de la quitter pour une jeune femme. L'histoire se déroule pendant une journée dans un lieu, l'immeuble Mignon, où on trouve un hôtel installé à un étage et le cabinet de Svarsky, quatre étages au-dessus. Une fuite d'eau et un échange de baiser vont complètement bouleverser la vie de Tobias à tout point de vue. Il va même découvrir comment et pourquoi son père est mort. J'ai apprécié l'écriture très ramassée de l'écrivain. Il n'y pas beaucoup de descriptions. Il va à l'essentiel. Un écrivain à découvrir que je conseille. 

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