jeudi 26 mars 2020

Le train pour Tallinn - Arno Saar

Comme on a encore presque cinq semaines de confinement (d'après ce que j'ai entendu), je télétravaille (en effet, je suis dans un service comptable et je continue de payer des factures chez moi sur un ordi), j'ai des échanges en "skype" avec mes collègues (même si cela ne vaut pas une vraie rencontre autour du café du matin). Le confinement en lui-même ne me pèse pas, si ce n'est que je ne suis pas près de retourner au cinéma. Et je lis un peu mais pas autant que je l'espérais.

P1110647

J'ai quand même réussi à terminer un petit roman policier qui se lit bien, Le train pour Tallinn (Editions La fosse aux ours, 216 pages). J'ai été très attirée par le dessin de couverture et bien sûr par le titre, car j'apprécie les énigmes policiières qui se passent dans un train comme le Crime de l'Orient Express d'Agatha Christie ou Tokyo Express de Matsumoto (que je vous recommande). L'intrigue du Train pour Tallinn démarre avec un crime commis dans un train régulier qui va de Saint-Petersbourg à Tallinn, capitale de l'Estonie. Semenov, un Russe, est trouvé mort dans un wagon de 1ère classe. Il a été empoisonné par de la ciguë introduite dans une bouteille de vodka bon marché qu'on a trouvée à côté de lui. On confie l'enquête à Marko Kurismaa, un ancien champion de ski de fond devenu l'un des meilleurs policier de Tallinn. On ne sait rien de lui, si ce n'est qu'il souffre de narcolepsie et qu'il n'aime pas les Russes. Son père a été une victime du régime soviétique de l'époque. Il aime aussi beaucoup la ville de Tallinn. Je rappelle que l'Estonie, tout comme les deux autres pays Baltes, la Lituanie et la Lettonie, a regagné l'indépendance dans les années '90, après 50 ans d'annexion par l'ex-URSS. Pour en revenir à l'histoire, il y a quelques suspects dont les six autres passagers du train, mais en ce qui concerne le mobile de ce crime, l'écrivain s'est inspiré d'une vraie tragédie qui s'est déroulée en septembre 1994. Le ferry l'Estonia, qui faisait la navette entre la Suède et l'Estonie, avait coulé en 1 heure. Sur les 1000 passagers, il y eut environ 850 morts. Une lecture agréable et un policier suffisamment sympathique pour qu'on ait envie de le retrouver dans un autre roman. C'est désormais chose faite avec La neige sous la neige, un nouveau roman qui vient de paraître et que je ne manquerai pas de lire un de ces jours.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : , ,

lundi 23 mars 2020

Le champ - Robert Seethaler

Dans cette période de confinement qui ne fait que commencer, j'en profite pour lire. J'espère que j'aurais fait baisser ma PAL qui déborde d'ici quelque temps.

P1110648

Après Le tabac Tresniek et Une vie entière, je me suis réjouie de voir qu'un troisième roman de l'Autrichien Robert Seethaler était paru. Le champ (Editions Sabine Wespieser, 276 pages) donne la parole à des morts du cimetière "le champ" de Paulstadt, une petite ville imaginaire située en Autriche. Ces morts au nombre de 29 (17 hommes et 12 femmes) ont tous une identité, un nom et un prénom qui forment les titres de chapitres. Les chapitres font entre deux mots et une dizaine de pages. Vingt-neuf personnages de milieux sociaux différents, un journaliste, une prostituée, un prêtre, le maire, un mari et une femme mal assortis, le propriétaire d'une mauvaise terre, une pensionnaire de maison de retraite, un enfant tombé dans un étang, une centenaire, un garagiste, une fleuriste, etc. Un roman avec 29 récits différents qui parfois se rejoignent. Certains monologues ou récits renvoient à d'autres. Sous la plume de Seethaler, on ressent de l'empathie pour tous les personnages même les moins sympathiques. La plume est belle et souvent poétique. Certains chapitres sont de belles déclaration d'amour. L'ensemble forme un roman pas triste du tout et que je vous conseille de découvrir.

Lire le billet de Marilyne.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : , ,
jeudi 13 février 2020

La trilogie hambourgeoise - Cay Rademacher

P1110626

Je viens de terminer la trilogie hambourgeoise de Cay Rademacher, un écrivain allemand que je ne connaissais pas. Il vit en France avec sa famille.  C'est grâce à Dominique que j'ai eu envie d'aller faire un tour à Hambourg (Allemagne), entre 1947 et 1948. Deux ans après la capitulation sans condition de l'Allemagne, le pays a du mal à se remettre. La ville de Hambourg occupée par les Britanniques a été durement bombardée en juillet 43 par l'aviation américaine le jour et l'aviation britannique la nuit. Désormais, la ville est en partie en ruines. Les Hambourgeois survivent grâce au marché noir car ils manquent de tout: le pain, le beurre, le café etc., ne sont que des lointains souvenirs. Ils ont souvent le ventre vide. Il y a de nombreux trafics : cigarettes, alcool, charbon, etc. Dans les immeubles qui sont restés debout, l'electricité est rationnée tout comme l'eau qui n'est plus que de l'eau rouillée coulant des robinets. Les gens sont sales, mal habillés, mal chaussés. C'est dans ce contexte que l'on fait la connaissance de Franck Stave, un inspecteur principal de police âgé d'une quarantaine d'années dont on va partager la vie au fil des trois tomes. On apprend qu'il est veuf, sa femme est morte dans le bombardement de 1943. Son fils Karl a été fait prisonnier par les Russes. Dans le premier volet, L'assassin des ruines (Editions du Masque, 452 pages), l'histoire se passe en janvier 1947 où il règne un froid de gueux. Stave enquête sur des crimes dans les décombres de la ville. Les cadavres retrouvés sont une jeune femme, un vieillard et plus tard, une enfant. Stave mettra un moment à trouver le lien qui relie ces victimes. L'orphelin des docks (Edition du Masque, 470 pages) débute le 30 mai 1947, il commence à faire très chaud. Cette fois-ci, c'est le corps d'un jeune garçon que l'on retrouve sur une bombe non explosée dans un entrepôt des docks. Dans, ce tome, Stave retrouve son fils et fait la connaissance d'une jeune femme. Il se lie aussi avec quelques jeunes qui lui permettront de l'importance du marché noir et de la prostitution. Dans le troisième et dernier tome, Le faussaire de Hambourg (Editions du Masque, 399 pages), l'histoire se déroule à partir de fin mars jusqu'à juin 1948, époque où le mark allemand a été mis en circulation. Jusque-là, les gens payaient avec des reichsmarks qui ne valaient plus grand-chose. Dans les décombres d'un immeuble, des "Trümmerfrauen", des femmes qui déblayaient les décombres (car Hambourg n'est pas encore reconstruite), découvrent des statues de prix et un cadavre. Stave va enquêter dans les milieux de l'art et du cinéma et croiser le chemin d'un réalisateur qui a connu son heure de gloire sous le nazisme. J'ai quitté à regret Stave. Trois romans qu'il est préférable de lire dans l'ordre. Je les conseille.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mercredi 13 novembre 2019

Derniers jours à Berlin - Harald Gilbers

P1110567

Après Germania et Les fils d'Odin, Harald Gilbers, avec Derniers jours à Berlin (10/18, 542 pages), nous entraine à Berlin à partir du 20 avril 1945. Le commissaire Richard Oppenheimer et sa femme Lisa sont terrés dans le sous-sol d'une usine à bière appartenant à un truand, Ed, qu'Oppenheimer connait bien. C'est la dernière fois que la ville est bombardée, mais désormais les Russes sont à 5 km de la ville allemande. Tout est en ruine, les Berlinois ont faim et froid. L'eau potable est rare. Ils savent qu'avec les Russes, les choses vont mal tourner pour les Berlinoises. C'est ce qui arrive d'ailleurs à Lisa qui se fait violer. Mais il faut survivre. Oppenheimer arrive encore à écouter du Beethoven sur son tourne-disque. Un certain Dieter qui porte une mystérieuse valise se réfugie dans le sous-sol de l'usine. Mais Dieter est assassiné peu après et Oppenheimer cache la valise qui est convoitée et par les Russes et par un mystérieux Américain. Le roman se termine le 7 août 1945, un jour après Hiroshima. Plus qu'un roman policier, c'est la description de Berlin et de la vie quotidienne des Berlinois qui rend le roman intéressant. A lire.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mercredi 6 novembre 2019

Le crépuscule de Shigezo - Sawako Ariyoshi

P1110560

Le crépuscule de Shigezo (Editions Mercure de France, 304 pages) de Sawako Ariyoshi (1931-1984), publié en 1972 au Japon, est paru pour la première fois en français en 1986 aux Editions Stock, sous le titre de Les années du crépuscule. Sawako Ariyoshi a beaucoup traité de la condition des femmes au Japon. Elle a été comparée à Simone de Beauvoir. Je l'ai lu dans une édition de 2018.

A Tokyo, Akiko et Nobutoshi Tachibana sont mariés depuis plusieurs années et ont un fils de 17 ans appelé Satoshi. Dans un petit pavillon attenant à leur maison, vivent Shigezo, 84 ans, et sa femme, les parents de Nobutoshi. La femme de Shigezo décède brutalement d'une attaque et Shigezo se retrouve seul. Akiko, qui n'a aucun lien de sang, commence à s'occuper de lui comme le veut la coutume. Le récit décrit plus de six mois de la vie d'Akiko qui se trouve bouleversée par ce qui arrive. Shigezo perd la tête, il souffre de démence sénile. Lui qui était un tyran domestique qui s'est plaint toute sa vie de problèmes intestinaux, retombe en enfance. Akiko assume seule la charge, son mari et sa belle-soeur, les enfants de Shigezo, ne l'aident  absolument pas, ils ne sentent pas concernés. Akiko qui travaille dans un cabinet d'avocats est obligée de rester de plus en plus souvent chez elle pour s'occuper de Shigezo. Elle perd le sommeil. On se demande comment elle tient. Sawako Ariyoshi brosse un portrait terriible de la condition des personnes âgées au Japon où rien n'est vraiment prévu pour eux, à part l'asile psychiatrique en dernier recours. Akiko qui doit prendre toutes les décisions seule ne peut s'y résoudre. Une histoire émouvante avec un beau portrait de femme. Akiko a bien du courage.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , ,

samedi 19 octobre 2019

Les treize marches - Kazuaki Takano

P1110528

C'est par hasard que j'ai lu ce roman policier japonais, écrit en 2001, que j'ai trouvé passionnant. Treize marches de Kazuaki Takano (Editions 10/18, 376 pages haletantes) décrit le système judiciaire japonais, régi par des codes très stricts. Il est en particulier question de la peine de mort par pendaison au Japon, qui existe encore, et on apprend tout du cérémonial avant l'exécution. Avant qu'un condamné à mort soit exécuté, il faut que la proposition d'exécution reçoive l'approbation de treize bureaucrates issus de cinq postes différents. Les  treize marches du titre font aussi référence à des marches qu'aurait gravi Ryô Kihara, un jeune homme qui attend d'être exécuté depuis plus de sept ans. Et l'exécution est proche. Kihara souffre d'amnésie, il ne se souvient pas d'avoir tué un vieux couple dans leur maison. Shôgi Nangô, un surveillant-chef de prison qui vient de démissionner pour raisons personnelles (que je vous laisse découvrir), et Jun'ichi, un homme en liberté conditionnelle qui sort de deux ans de détention pour un homicide involontaire, sont chargés par un avocat d'innocenter Kihara avant qu'il ne soit exécuté. Ils ont trois mois pour le faire. Et ils toucheront une grosse somme d'argent. C'est l'occasion pour Jun'ichi d'essayer de se racheter aux yeux de ses parents et de la société. En effet, il faut savoir que la famille d'un condamné, quitte à ce qu'elle se ruine, doit verser une somme plus ou moins importante à la famille de la victime. A la fin de l'ouvrage, il y a une bibliographie qui a inspiré Kazuaki Takano sur le droit pénal, la peine de mort, etc. Un roman de "qualité supérieure" (comme l'a écrit le regretté Claude le Nocher), que j'ai dévoré. Lire aussi les billets d'Encore du noir et Nahe.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , ,
jeudi 22 août 2019

Sous la grande roue - Selva Almada

P1110320

Je suis tombée par hasard sur ce roman en bibliothèque et je ne regrette pas mon choix. Sous la grande roue de l'écrivain argentine Selva Almada (Editions Métailié, 182 pages) raconte comment deux grands adolescents, jadis bons amis, sont arrivés à s'entretuer avec des poignards dans une fête foraine. Le roman retrace la courte vie de Pajarito Tamai et Marciano Miranda, nés à quelques heures d'intervalle dans une petite ville argentine écrasée par le soleil. Ils ont grandi dans des maisons voisines et sont devenus des copains très tôt malgré l'hostilité des pères respectifs, fabricants de briques. Le récit se déroule de manière implacable avec des révélations dont une qui entrainera la tragédie finale. La violence est omniprésente comme l'assassinat du père de Marciano. Le style est concis sans un mot de trop, tout ce que j'aime.

Lire le billet très détaillé de Simone et celui d'Yv.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , ,
vendredi 16 août 2019

Avis de décès - Zhou Haohui / Sombre avec moi - Chris Brookmyre

 Voici deux romans policiers haletants (des "page-turner") que je vous conseille. Je les ai lus d'une traite.

P1110321

Avis de décès du Chinois Zhou Haohui (Editions Sonatine, 326 pages) est le premier d'une trilogie. L'histoire se passe entre le 19 octobre et le 25 octobre 2002 à Chengdu (la capitale de la province de Sichuan). Zheng Haoming, un sergent de police, croit enfin pouvoir, grâce à une adresse IP d'ordinateur, attraper un mystérieux tueur, sorte de justicier qui avait sévi 18 ans auparavant. Peu de temps après avoir quitté le cybercafé où se trouvait l'ordinateur recherché, Zheng est assassiné. Il faisait partie d'une cellule interservices nommée 18/04 récemment réactivée. Peu de temps après, des avis de décès sont publiés sur un forum sur internet par un mystérieux Euménide, un justicier qui veut punir ceux qui échappent à la justice. Une course contre la montre s'engage entre le tueur rusé et très habile et les membres de la police de la cellule. Je n'en dirai pas plus car il faut garder le suspense. Il y a plusieurs retournements de situation. L'intrigue est très bien menée. Le roman a une conclusion même si on attend la suite car le tueur reste insaisissable.

P1110322

Je passe à Sombre avec moi de l'Ecossais Chris Brookmyre (Editions Métailié thriller, 494 pages) où l'on retrouve Jack Parlabane, un journaliste aux méthodes parfois à la limite de la légalité. C'est un personnage récurrent chez Brookmyre. En ce qui me concerne, c'est le premier roman que je lis de cet écrivain. J'ai été surtout captivée par l'intrigue retorse. A Inverness, une femme chirurgien, Diana Jager, douée dans son métier mais un peu froide et surnommée à une époque "bladebitch" (la "salope" du bistouri) tombe amoureuse de Peter, un des informaticiens du service informatique de l'hôpital où elle travaille. Au bout de six mois, Diana et Peter se marient et à partir de là, la relation entre les époux vire au cauchemar et six mois après leur mariage, on retrouve la voiture de Peter au fond d'une rivière mais on ne retrouve pas son corps. Diana n'est pas soupçonnée tout de suite mais Lucy, la soeur de Peter, engage Jack Parlabane pour qu'il mette l'enquête. Elle est convaincue que Diana est pour quelque chose dans la mort de son mari. On apprend que Peter et sa soeur sont les enfants d'un gros propriétaire terrien qui ne veut rien leur léguer. A nouveau, je ne dévoilerai rien de plus. Un roman que l'on ne lâche pas.

vendredi 5 juillet 2019

La ferme aux poupées - Wojciech Chmierlarz / Fermé pour l'hiver - Jørn Lier Horst

Voici deux romans policiers qui ont été des petites déceptions en ce qui me concerne.

P1110223

Fermé pour l'hiver (Folio policier, 434 pages) est le premier roman paru de Jørn Lier Horst dont j'avais lu Les Chiens de chasse (le deuxième paru). Autant ce roman-là m'avait plu avec une intrigue bien menée, autant Fermé pour l'hiver m'a laissée sur ma faim. C'est dans ce roman que l'on fait connaissance de l'inspecteur William Wisting et de sa fille, journaliste. Dans un chalet au sud de la Norvège, un cambrioleur est retrouvé assassiné. Avant qu'il ne soit autopsié, le corps est dérobé à la morgue, et ensuite retrouvé brûlé. Un second corps est retrouvé dans une barque par Line, la fille de Westing. J'ai trouvé l'intrigue un peu confuse. Il y a pratiquement deux histoires, dont l'une entraîne Westing jusqu'en Lituanie. J'espère que L'Usurpateur, qui m'attend dans ma Pal, me décevra moins. Lire les billets de Baz'art et Dominique.

P1110224

Je passe à La Ferme aux poupées (Edition Aguilo, 399 pages) du polonais Wojciech Chmierlaz. Son premier roman paru, Pyromane, m'avait emballée avec une intrigue originale, et je n'avais pas vu venir la fin. Dans La Ferme aux poupées, on retrouve l'inspecteur Mortka qui a été envoyé pour un certain temps dans une petite ville polonaise. C'est une sorte de sanction displinaire (lire Pyromane). Mortka va enquêter sur plusieurs disparitions de petites filles dont certaines sont membres de familles de gens du voyage. Elles sont les victimes d'un pédophile vite arrêté. Mais peu de temps après, une petite fille traumatisée est retrouvée dans une mine d'uranium où sont entreposés quelques corps sans vie de jeunes femmes. Mortka (dit Le Kub) investigue alors sur cette affaire avec un collège nommé Lupa. J'ai trouvé l'intrigue plus banale que dans Pyromane. Sinon, Mortka est peut-être victime d'un gros pépin de santé. On ne sait pas ce qu'il en sera quand le roman se termine. Lire les billets de Nelfe, de Sharon, d'Alex-mot-à-mots, d'Yv plus convaincus que moi.

mardi 30 octobre 2018

Le mystère Jérôme Bosch - Peter Dempf

mystere jerome bosch

Je vous conseille Le mystère Jérôme Bosch de Peter Dempf, (Editions Pocket, 541 pages), que j'ai trouvé passionnant. Je l'avais repéré dans une ou deux librairies que je fréquente. Je dis tout de suite que je suis une grande admiratrice de l'oeuvre du peintre flamand Jérôme Bosch né Jheronimus van Aken à Bois le duc (‘s-Hertogenbosch en néerlandais - d'où son pseudonyme) en 1450 et mort en 1516.
En 2013, à Madrid au musée du Prado, un prêtre illuminé asperge de quelques gouttes d'acide Le Jardin des délices, une des oeuvres (un tryptique) les plus célèbres du peintre (cette peinture à l'huile sur bois est datée d'entre 1494 et 1505). Un restaurateur allemand, Michael Keie est appelé au chevet de l'oeuvre. Il découvre assez vite qu'aux endroits qui ont été altérés, il y a des symboles cachés. Baerle, le prêtre responsable de la dépradation du tableau, ne parle pas aux femmes, et il refuse donc de dire à la thérapeute Grit Vanderwerf qui s'occupe de lui pourquoi il a vandalisé la toile. En revanche, il est content d'avoir un auditoire masculin en la personne de Keie et d'Antonio, un vieil historien d'art qui exerce au musée. Il leur explique qu'il a trouvé dans son couvent de Salamanque un manuscrit écrit en 1511 par un certain Petronius Oris, qui avait reçu l'ordre du grand inquisiteur en place d'écrire son histoire. Et nous voilà transportés dans le passé aux alentours de 1500: Petronius arrive d'Augsbourg avec des lettres de recommandation de Dürer et de Jörg Breu. Bosch l'embauche comme portraitiste. Très vite, Petronius ne se sent pas à l'aise à Bois le Duc car les bûchers de l'Inquisition sont dressés tous les jours aux abords de la ville. Il se sent surveillé et menacé. Les Dominicains font la chasse aux Adamistes et tous ceux qui ont des pensées hérétiques. Quand Petronius commence à travailler pour Bosch, le maître a déjà peint la partie gauche du tryptique. Il semble que le thème du jardin des délices est subversif pour l'église catholique. Je vous laisse découvrir pourquoi. De nombreuses péripéties émaillent le récit, où un Juif converti, Jacob Van Almaengien, joue un rôle important. Le pauvre Petronius va subir plusieurs agressions physiques et se retrouver entre les mains de l'inquisition. Heureusement qu'il a quelques alliés, dont Zita, dont il va tomber amoureux. Un récit haletant et bien mené qui donne envie d'étudier de plus près Le Jardin des délices de Jérôme Bosch.

El_jardín_de_las_Delicias,_de_El_Bosco

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags : , ,