dimanche 2 décembre 2012

L'embellie - Audur Ava Olafsdottir / Le dévouement du suspect X - Keijo Higashino

Voici deux romans qui n'ont rien en commun. Le premier faisait partie des romans que j'avais emportés pendant mes grandes vacances. L'autre est un emprunt à la bibliothèque loisirs dont je m'occupe et qui m'a beaucoup plu.

 

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Autant j'avais été emballée par Rosa Candida, autant L'embellie d'Audur Ava Olafsdottir (Edition Zulma, 400 pages) m'a un peu déçue. Il ne se passe pas grand-chose dans ce roman. La narratrice est correctrice de tout document écrit (livres, articles, lettres, etc) et traductrice de l'Islandais en onze langues. Son mari vient de la quitter pour une autre (enceinte de ses oeuvres). Grâce à un gros gain de loterie, elle entame un périple en compagnie d'un petit garçon d'environ cinq ans, Tumi, le fils d'une amie (enceinte). Tumi, souffrant d'une déficience auditive et somnambule, est un garçon intelligent et attachant. Ce "road novel" est agréable à lire mais l'ensemble reste superficiel. Il n'y a  pas vraiment d'histoire, ni de rebondissements marquants. Et je n'ai pas  bien compris l'ajout des recettes à la fin de l'ouvrage (40 pages). Pas indispensable.

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Le Dévouement du suspect X (Editions Actes noirs Actes Sud, 310 pages) est le deuxième roman que je lis de Keijo Higashino (après La maison où je suis mort autrefois). Je vous le recommande vivement car l'intrigue criminelle assez originale est bien menée. A Tokyo, Ishigami, un professeur de mathématiques remarquablement intelligent doublé d'un chercheur très doué, se retrouve impliqué dans le meurtre de l'ex-mari de sa voisine (dont il est tombé amoureux). L'inspecteur chargé de l'enquête consulte Yukagawa, un ancien collègue d'université d'Ishigami. Ces deux hommes s'étaient passionnés par cette question mathématique (qui joue un rôle capital dans la résolution de l'intrigue): "Est-il plus difficile de chercher la solution d'un problème que de vérifier sa solution?" Le résumé de la 4ème de couv' révèle beaucoup de l'histoire sauf le "twist" ("coup de théâtre", NDSR) final que je n'avais pas deviné. Vraiment très bon roman. Lire l'avis de A_girl_from_eart.

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samedi 7 juillet 2012

La 7ème femme - Frédérique Molay / Empereurs des ténèbres - Ignacio del Valle / La soif primordiale - Pablo de Santis

J'ai terminé récemment trois romans. Même si je n'ai pas eu un gros coup de coeur, je les conseille néanmoins.

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D'abord, La 7ème femme de Frédérique Molay (Editions Fayard, 300 pages). Tout commence par un coup de foudre d'un chef de la PJ parisienne, Nico Sirsky, pour une jeune femme médecin (la 7ème femme du titre), et la fin de l'histoire laisse entrevoir une suite heureuse. Entre les deux, pendant une semaine, 6 femmes vont être retrouvées chez elles, mutilées et tuées d'une façon que je vous laisse découvrir. Le déroulement de l'histoire tient la route mais n'a rien d'exceptionnel. Les scènes de crimes se situent dans des quartiers plutôt huppés de Paris, c'est-à-dire le Quartier latin, Jussieu, La Contrescarpe, Le Marais, etc., et le policier enquêteur vit dans le 7ème arrondissement. Le tout m'a paru assez léger pour en faire une lecture idéale pour un voyage dans le train. Voir le billet d'Yv qui m'avait donné envie.

 

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Je passe à Empereurs des ténèbres (Libretto - Editions Phebus, 400 pages), écrit par un auteur espagnol, Ignacio del Valle, et que j'ai trouvé d'une lecture agréable. Couronné de nombreux prix, ce roman a comme toile de fond le front russe pendant l'hiver 42-43, où les températures descendaient à -30° et -40°. Arturo Andrade, un Espagnol, sergent dans la 250° division hippomobile, autrement dit la divison Azul, est chargé par sa hiérarchie d'enquêter sur la mort d'un phalangiste espagnol trouvé égorgé sur le champ de bataille avec une inscription sur la clavicule "Prends garde, Dieu te regarde". C'est un roman où il est question des francs-maçons, de la violeta (variante de la roulette russe), de violences faites aux femmes (une fois de plus), mais surtout de vengeance jusqu'au bout de l'enfer. Je pense que je lirai Les démons de Berlin du même auteur dès que le roman paraîtra en poche, car le personnage d'Arturo Andrade est intéressant.

 

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Enfin La soif primordiale (Editions Métailié, 246 pages), d'un écrivain argentin, Pablo de Santis. L'histoire, un conte fantastique, commence en 1950 à Buenos Aires et sort vraiment des sentiers battus. Si je vous dis que la soif primordiale est celle du sang, vous pouvez imaginer que le sujet a un certain rapport (même de loin) avec le vampirisme. Le narrateur du récit est Santiago Lebron, qui a fait connaissance des livres, et donc du plaisir de la lecture, lors d'une punition à l'école (il fut envoyé à la bibliothèque municipale) [Commentaire personnel: il y a pire comme punition]. Ayant quitté son village à l'âge de 20 ans pour rejoindre la ville, il commence par loger chez son oncle, réparateur de machines à écrire, qui va le former. Il se retrouve par là même à réparer des vieilles machines à écrire au sein de la rédaction d'un jounal. De fil en aiguille, on lui propose de tenir une ou deux rubriques dont celle des mots croisés et des affaires occultes. C'est le ministère de l'occulte qui le charge d'enquêter dans le monde ésotérique et étrange des "antiquaires": "quelqu'un qui n'est pas affecté par le passage du temps, ni par la maladie et qui ne peut connaître qu'une mort violente" (page 46). Vivant entourés de vieux objets, livres rares et d'occasion, ces antiquaires évitent certains aliments et la lumière du jour et un certain élixir mystérieux leur est nécessaire. Je vous laisse découvrir les péripéties qui amènent Santiago à devenir l'un d'eux. D'ailleurs, 50 ans plus tard, il tient encore une librairie de livres d'occasion ayant appartenu précédemment à un Français qui l'a infecté d'immortalité par son sang.

Pour rédiger ce billet, j'ai relu pas mal de passages de ce roman, car il n'est pas facile d'en rendre compte, mais je vous le conseille. Vous découvrirez le rôle que joue une épingle d'or.

vendredi 22 juin 2012

Le rêve du Celte - Mario Vargas Llosa

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Décidément, Dominique m'inspire beaucoup dans mes lectures. Je viens de terminer une "biographie romancée" très dense, Le Rêve du Celte (520 pages, Editions Gallimard), écrite par l'écrivain péruvien Mario Vargas Llosa (prix Nobel de Littérature 2010). Le "Celte" de l'histoire est Roger Casement, né en Irlande, à Dublin, en 1864, mais élevé en Ulster et mort pendu en 1916. Roger Casement est l'auteur d'un rapport qui porte son nom dans lequel il a dénoncé les atrocités commises au début des années 1900 (sous le règne du roi Léopold II de Belgique) au Congo Belge, puis en Amazonie (au Pérou) dans le Putumayo, où il fut envoyé pendant un an en 1910 en tant que Consul britannique. Les victimes étaient les indigènes spoliés de leur terre, exploités, torturés, asservis (les descriptions des instruments de tortures - chicotte et cep - font froid dans le dos) qui travaillaient sur les plantations de caoutchouc. J'avoue que je ne connaissais pas cet homme courageux, avec quelques faiblesses, qui fut exécuté pour haute trahison. Orphelin de mère de bonne heure, il rêva très jeune de voyages et d'Afrique. Il y vécut pendant 20 ans durant lesquels il rencontra l'explorateur Stanley et l'écrivain Joseph Conrad. Il est resté pas mal de temps au Congo (grand comme 3,5 fois la France), "propriété" du roi Léopold II de Belgique pendant 25 ans. Plus tard, nationaliste irlandais (qui regretta de ne pas parler gaélique), il milita pour l'indépendance de l'Irlande. Le roman comporte trois parties: Congo, Amazonie, Irlande. Vargas Llosa arrive a retracer avec passion l'itinéraire de cet homme qui, après sa mort, sombra dans l'oubli pendant 50 ans. C'est un livre qui prend un peu de temps à lire, mais il en vaut la peine.

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mardi 8 mai 2012

Livres lus et non commentés depuis le 04/01/12

Voici trois romans que j'ai lu récemment et que je n'avais pas encore eu le temps de chroniquer. Je vous les conseille vivement.

 

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J'ai trouvé ce court roman, Les liaisons culinaires (145 pages, Editions Babel), très plaisant, même si je soupçonne l'écrivain grec, dramaturge et traducteur de Molière, Marivaux Laclos et Labiche, d'être quelque peu misogyne. Nana est une femme qui mène les hommes par le bout du nez (pour ne pas dire autre chose). Dimitris et Damoclès sont deux représentants de la gente masculine assez nigauds. Où il est démontré que  les relations entre homme et femme ne sont pas simples! Dans les Liaisons culinaires, en 17 chapitres, on suit la liaison torride qu'entretient Nana  avec deux hommes en même temps, Dimitris et Damoclès qui sont tous les deux fins cuisiniers et amants très corrects. Chaque fin de chapitre nous propose des recettes de plats grecs assez appétissantes dont il est question dans le récit. La fin m'a laissé un peu sur ma faim mais conclut le roman de manière logique. Lire aussi le billet de A_girl_from_eart.

 

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Dans Code 1879 (Editions Babel noir, 360 pages), l'écrivain Dan Waddel nous fait partager sa passion pour la généalogie (qu'il a étudiée à titre personnel). De nos jours, des cadavres horriblement mutilés sont retrouvés dans le quartier de Notting Hill à Londres, un inspecteur de police, Grant Foster, mène l'enquête grâce à l'aide d'un généalogiste (qui ne laisse pas indifférent Heather, une charmante inspectrice de police). Ces crimes nous permettent de remonter le temps et nous font nous retrouver dans les bas-fonds de l'ère victorienne où les conditions de vie étaient dures pour beaucoup et où des innocents étaient condamnés à mort à la place des vrais coupables. Ce roman haletant se lit d'une traite et l'on apprend pas mal de choses sur la recherche généalogique grâce aux recensements et divers autres documents de ce genre (actes de décès, naissance, mariage). Un deuxième tome des enquêtes du généalogiste vient de paraître aux Editions du Rouergue avec les mêmes protagonistes principaux. Je ne manquerai pas de le lire.

 

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Voici enfin un roman étonnant, Le retour d'Elsa Champion de Joe Keenan, paru il y a 20 ans et qui a été réédité en collection 10/18 (380 pages). J'ai été attirée par la couverture. Je qualifierai cette histoire de vaudeville à l'américaine. Dans les années 80, à Manhattan, on assiste à une rivalité entre deux colosses de la société new-yorkaise. Le premier, Peter Champion, a fait fortune dans l'immobilier (mais il est aussi patron de presse). Le second, Boyd Larkin, s'occupe essentiellement de son groupe de presse. Il se trouve qu'Elsa Champion, l'épouse de Peter, veut remonter sur scène après quelques années d'absence, et elle engage un parolier, Philip Cavanaugh (qui est le narrateur du récit), et une pianiste, Claire. Vous aurez deviné qu'Elsa n'a pas une voix exceptionnelle. L'histoire pleine de rebondissements est souvent très drôle. Je ne me suis pas ennuyée en compagnie de ces personnages hauts en couleur qui arrivent à se sortir des situations les plus invraisemblables. La mécanique est très bien huilée. Je vous le conseille.

mardi 17 avril 2012

Le nazi et le barbier - Edgar Hilsenrath

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Voici un roman corrosif très bien écrit (en 1968-1969) et tout aussi bien traduit de l'allemand, qui se présente comme un récit à la première personne. Le nazi et le barbier (Edition Points Seuil, 490 pages) nous raconte  l'histoire de Max Schulz, né en 1907, brun et aux yeux de grenouille, fils illégitime mais aryen pure souche de Minna Schulz et d'un des cinq hommes que celle-ci fréquentait régulièrement. Max Schulz est né 2 minutes et 22 secondes avant Itzig Finkelstein (blond aux yeux bleus), lui-même fils d'un barbier, Chaïm Finkelstein. Iztig vivait dans la maison mitoyenne de celle de Max dans une petite ville allemande. Très bons amis, Max et Itzig sont devenus coiffeurs tous les deux. Entre une mère putain et un beau-père violeur d'enfant, l'enfance de Max fut difficile. Devenu génocidaire pendant la seconde guerre mondiale, Max, sous l'uniforme SS, est responsable avec d'autres de la mort de plus de 200 000 Juifs dans un camp. Plus tard, pour échapper à la prison et/ou à la mort, Max se fait passer pour Juif et prend l'identité d'Itzi (exterminé comme ses parents). Emigré en Israël, Max s'installe comme barbier et devient un sioniste fanatique combattant pour Israël. L'air de rien, Edgar Hilsenrath (qui a connu les camps en Ukraine) écrit une fable cruelle mais burlesque qui parle de la Shoah. Il arrive à nous rendre le personnage de Max assez attachant malgré les monstruosités qu'il a commises. Il faut dire qu'il n'éprouve pas beaucoup de remord. Il a fait son travail, point. L'écrivain né en 1926 est en train de connaître une certaine notoriété en France et c'est mérité. Ce sont les Anglo-saxons qui l'ont découvert car ses romans ont d'abord été publié en anglais (traduits de l'allemand). Parmi mes prochaines lectures, je vais lire son Fuck America (Edition Points Seuil). Sinon, le tout premier roman d'Hilsenrath, Nuit (Edition Attila), sur son expérience dans un ghetto en Ukraine, vient de paraître. Edgar Hilsenrath est un romancier dans lequel se plonger d'urgence.

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dimanche 8 avril 2012

La tristesse du samouraï - Victor del Arbol

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J'ai trouvé que La tristesse du samouraï du Catalan Victor del Arbol (Editions Actes sud, 350 pages), que Dominique a beaucoup apprécié, est un excellent roman policier (mais pas uniquement). L'histoire se passe sur 40 ans, de 1941 à 1981, entre Merida en Estramadure (sud-ouest de l'Espagne) et Barcelone et ses environs. Avec comme arrière-plan le franquisme, la seconde guerre mondiale et le putsch manqué de 1981, on suit l'histoire de plusieurs individus dont Maria, une avocate qui a mis un homme en prison. C'est l'histoire d'une femme très belle, Isabel, dont l'exécution a été ordonnée par son mari. C'est aussi le destin fracassé d'Andrès et Fernando, les fils d'Isabel. C'est enfin l'histoire d'une épée de samouraï, objet de fascination d'un petit garçon mais aussi instrument de mort. Au fur et à mesure, on comprend les liens unissant les personnages qui apparaissent dans ce roman très bien construit et qui ne se termine pas vraiment en "happy-end". Que de vies gâchées! Je pense que Victor del Arbol (qui travaille dans les services de police de la communauté de Catalogne) est un écrivain à suivre.

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jeudi 15 mars 2012

L'ivresse du kangourou - Kenneth Cook / De bons voisins - Ryan David Jahn / Requins d'eau douce - Heinrich Steinfest

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Après Le koala tueur et La vengance du wombat, voici L'ivresse du kangourou de Kenneth Cook (Editions Autrement), troisième recueil (et vraisemblablement le dernier) de nouvelles savoureuses dans lesquelles on trouve un kangourou alcoolique à la bière, un papa autruche qui cherche à protéger un oeuf prêt à éclore, un "truc bizarre" capable de tuer un chat et un chien énormes, sans parler de taupes, de rats et de lézards. Mais plus que les animaux réels ou imaginaires, Kenneth Cook nous fait surtout découvrir des humains plus excentriques les uns que les autres, des universitaires, des bénévoles, un champion de rodéo, un grand prêtre de tribu indigène, sans parler d'un champion de bras fer perdant tous ses moyens quand on le fait rire. Le recueil se compose de 14 nouvelles qui se lisent d'une traite. Un grand moment de lecture hautement réjouissante. Voir les billets de Keisha, Cathulu, Le Merydien et Cathe.

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De bons voisins de Ryan David Jahn (Actes Noirs, Actes Sud) se passe pendant une nuit, le 13 mars 1964, à New-York dans le Queens. Une jeune femme, Katrina Marino, qui rentre de son travail de barmaid à 4 heures du matin, se fait agresser dans la cour de son immeuble. Les voisins ne pensent pas à appeler la police (ils croient que quelqu'un l'a déjà fait) ou à porter secours à la victime. Parmi eux, il y a un jeune homme angoissé qui doit partir pour le Vietnam, deux couples échangistes, une femme qui pense avoir tué un bébé dans son berceau, un homme qui fait son "coming out", une femme qui se rend compte que son couple part à la dérive. D'autres personnages vont jouer un rôle dans cette tragédie, un flic véreux et un ambulancier. Le roman se compose de courts chapitres où s'entrecroisent les récits dans lequels témoins, victime et bourreau nous sont présentés tour à tour. L'histoire est tirée d'un fait divers réel qui s'est passé dans les années 60. Etrangement, ce récit me fait penser au film 38 témoins de Lucas Belvaux (vu hier soir [chroniqué ici]), mais avec une approche totalement différente. Le roman se lit bien mais sans plus.

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Requins d'eau douce de Heinrich Steinfest (Folio policier) est un roman policier autrichien très original où l'arme du crime est un ou plusieurs requins. L'histoire se passe à Vienne, capitale de l'Autriche. La police trouve un cadavre avec une jambe et une main en moins dans une piscine. L'indice qui mènera l'inspecteur Lukastik à la résolution de l'énigme est une prothèse auditive. L'histoire elle-même est tirée par les cheveux mais j'ai apprécié le style de l'auteur et j'ai appris des choses sur le philosophe Wittgenstein dont Lukastic est un fervent admirateur. Un roman que je conseille.

vendredi 27 janvier 2012

Op Oloop - Juan Filloy

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J'ai été attirée par la couverture et par le titre étrange (c'est le nom du personnage principal du roman).

L'écrivain argentin Juan Filloy est né en 1894 et décédé dans son sommeil en 2000 à l'âge de 106 ans! Peu connu en dans son pays d'origine et encore moins ailleurs, il a influencé des écrivains comme Julio Cortazar. Les titres de ses romans et de ses nouvelles ne comportaient que 7 lettres. Il a par ailleurs composé plus de 8000 palindromes en langue espagnole, lui dont les parents étaient analphabètes. Sa mère était une lavandière toulousaine, et son père, un paysan espagnol.

Op Oloop écrit en 1934 est son premier roman traduit en français, à ce jour.

A Buenos Aires, en avril 1934, on suit 19 heures et 10 minutes exactement de la vie d'Optimus Oloop (âgé d'une quarantaine d'année), d'origine finlandaise et statisticien de profession. A 10H00, il part aux bains turcs puis il fait une visite à sa fiancée Franzisca chez les parents de cette dernière avant de partir dîner avec des amis. C'est lui qui invite. Il terminera sa nuit dans une maison close où il va faire une rencontre qui le bouleverse. Ainsi résumé, je ne peux rendre compte du style. L'histoire mêle rêve et réalité car Op Oloop aspire à un idéal de vie qu'il a du mal à atteindre. Je ne m'attendais pas du tout à la fin assez abrupte (si je puis dire). J'avoue avoir été un peu déçue par ce roman qui m'a paru daté, j'ai trouvé le récit plutôt brouillon avec pas mal de digressions. Du coup, je me suis un peu perdue dans le récit avec tous ces personnages. Mais je suis contente d'avoir découvert un écrivain. J'ai découvert par la même occasion une maison d'édition: Monsieur Toussaint Louverture.

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dimanche 15 janvier 2012

Flétrissure - Nele Neuhaus / Dernière caresse - Catherine Guillebaud

Voici deux romans que j'ai lus coup sur coup avec plaisir.

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Flétrissure de Nele Neuhaus (Actes sud actes noirs, 358 pages) est une sombre histoire pleine de meurtres et de fureur. En 2007, six personnes dont trois personnes très âgées sont assassinées en l'espace d'une semaine dans la région de Francfort en Allemagne. Le premier lien entre certains de ces meurtres est le nombre 16145 tracé avec du sang sur un mur. Les Kaltensee, grande famille richissime de la région, se trouvent impliqués. L'enquête menée tambour battant par le commissaire Oliver von Bodenstein et sa collègue Pia Kirchhoff nous fait remonter le temps jusqu'à la seconde guerre mondiale et en particulier à une date, le 16 janvier 1945, où 5 personnes furent exécutées. Les protagonistes sont nombreux. Le dénouement de l'histoire se situe en Pologne, dans l'ancienne Prusse orientale. Les nombreux rebondissements nous tiennent en haleine jusqu'au bout, mais le défaut que je trouve à ce roman, c'est qu'il comporte un peu trop de péripéties à mon goût, surtout vers la fin. C'est le premier roman traduit en français de cette auteure née en 1967, elle en a écrit d'autres.

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Dernière caresse de Catherine Guillebaud (Folio, 125 pages) nous présente Mastic des Feux mignons, setter anglais de 14 ans qui nous narre sa vie de chien avec "Elle", sa maîtresse qu'il a tendrement aimée dans une belle demeure entourée d'un parc. On est touché par ce chien qui sait que sa vie arrive à sa fin. D'ailleurs, Opium, le chat (du même âge que lui) sent que quelque chose ne va plus. Mastic est un chien bien élevé, tolérant envers les autres animaux même les chats qu'il trouve abrutis. Il a vécu avec deux compagnes dont Elsa, une setter comme lui. Il eut quelques ennuis avec les brebis du voisin mais tout rentra dans l'ordre. La fin est bien entendu bien triste mais pas larmoyante du tout. Catherine Guillebaud a su rendre son récit très léger et souvent drôle. Un petit roman que je vous recommande.

PS: mon ami me fait remarquer que c'est le 3ème livre, sur mon blog, où le narrateur est un chien!

mercredi 4 janvier 2012

Romans lus et non commentés depuis le 02/11/11

Voici trois romans que j'ai lus pendant les fêtes de fin d'année:

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D'abord, Une humeur de chien de Rebecca Hunt (Editions Denoël, 300 pages). C'est son premier roman qui nous fait revivre 7 jours dans la vie de Sir Winston Churchill, qui dicte en juillet 1964 (6 mois avant sa disparition à 90 ans en janvier 1965) à une jeune femme appelée Esther Hammerhans son discours d'adieu au Parlement. Le lien qui les relie se nomme Mr Chartwell (du nom de la demeure où vivait Winston Churchill), un grand chien noir qui se tient debout comme un homme et dont le métier est de déprimer les gens en général et Winston Churchill et Esther en particulier. Il ne faut pas oublier que Winston Churchill souffrit de dépression toute sa vie, il l'appelait "ce chien noir sur mon épaule" (black dog). C'est un roman léger sur un sujet un peu grave. Mr Chartwell bave, n'est pas un chien aimable. Il n'est content que quand il arrive à rendre moroses les gens par sa seule présence. J'ai trouvé le sujet abordé assez original. Rebecca Hunt est une jeune femme écrivain à suivre.

Maintenant deux romans policiers, l'un italien et l'autre français.

 

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L'hiver du commissaire Ricciardi de Maurizio de Giovanni (Rivages/Noir) se lit d'une traite. L'histoire se passe en 1931, à Naples, le Duce est au pouvoir. Le 25 mars de cette année-là, un ténor de très grand talent, Arnaldo Vezzi, est retrouvé assassiné dans sa loge juste avant d'entrer en scène. On le trouve la gorge tranchée par un fragment de miroir. Le jeune commissaire Luigi Alfredo Ricciardi, célibataire, maigre, le teint mat et de beaux yeux verts, issu d'une famille aisée (il pourrait vivre de ses rentes), est chargé de l'enquête. Il est aidé en cela par son adjoint Maione, marié, la cinquantaine, et par un prêtre, Don Pierino Fava, passionné d'opéra. C'est un roman plaisant que je vous conseille car on tombe sour le charme du commissaire qui est secrètement amoureux de sa voisine d'en face.

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L'hermine était pourpre de Pierre Borromée (Editions Fayard) vient de recevoir le Prix du Quai des Orfèvres 2012. Juliette Robin, la femme d'un avocat, est retrouvée sauvagement assassinée chez elle dans une petite ville de province de l'Est de la France où il ne se passe, en général, pas grand-chose de marquant. Le commissaire Baudry, passionné de vélo et natif du Sud-Ouest, enquête. Toute l'histoire se déroule dans le milieu des avocats, des bâtonniers, des juges et des procureurs. J'avoue que je n'avais pas trouvé le coupable, ne sachant pas le mobile. Le suspense est tenu jusqu'au bout. Une lecture agréable à effectuer dans le train (comme je l'ai fait).