mercredi 2 février 2011

Pandore au Congo - Albert Sanchez Pinol

Pandore

J'ai acheté ce roman, attirée par le titre et la jolie couverture de l'édition de poche Babel. [C'est la première fois que je mets une couverture de livre dans un billet, j'ai décidé de le faire de temps en temps pour égayer mon blog]. Le résumé en 4ème de couverture a fini de me convaincre. Il s'agit du premier roman que je lis de cet écrivain. Pendant 450 pages, je me suis retrouvée en 1912-1914 entre le Congo et Londres. Tommy Thomson, jeune plumitif, nègre d'un nègre d'un nègre, se trouve engagé par un avocat londonien pour écrire l'histoire d'un de ses clients, Marcus Garvey, un gitan à la peau mate, détenu en prison en attente de jugement (il risque la pendaison). Il est accusé d'avoir assassiné les deux fils d'un duc anglais lors d'un voyage au Congo. Une partie du récit nous fait revivre ce périple où ces colons blancs (à la recherche d'or et de diamants) sont décrits sous leurs plus mauvais jours dans leur attitude envers les populations noires traitées comme des esclaves. Heureusement qu'un peuple souterrain, les Tectons (êtres à la peau très blanche, mesurant presque deux mètres et avec six doigts à chaque main), surgit de la terre. Nous sommes projetés dans de la pure science-fiction mais on y croit. Une Tectonne, Amgam, devient un personnage important de l'histoire. L'autre partie du récit narre le début de la guerre de 14-18, où Tommy Thomson est enrôlé à son corps défendant pendant un temps avant d'être démobilisé. Une galerie de personnages étonnants (dont une tortue sans carapace au doux nom de Marie-Antoinette) gravitent autour de lui dans la pension de famille où il a élu domicile. Sans dévoiler toute l'histoire qui tient en haleine jusqu'à la dernière page, je dirais qu'un scénario évoqué au début du roman (p.14), intitulé "Pandore au Congo", représente un résumé de tout ce qui s'ensuit. J'ai beaucoup apprécié l'écriture/la traduction de ce roman que je qualifierais d'exotique, et à l'histoire très originale.

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vendredi 7 janvier 2011

Un lieu discret - Seisho Matsumoto

Ce roman a été écrit dans les années 70 mais vient seulement d'être publié en français aux éditions Actes sud noir. J'avais déjà lu Tokyo Express du même auteur (édition Philippe Picquier). Ce titre, Un lieu discret (Editions Actes sud noir), m'a semblé se référer à deux endroits : l'un où s'est passé une liaison adultère, et l'autre où un crime violent est commis. C'est à l'occasion d'un voyage professionnel à Kobé qu'un homme, Tsuneo Asai, chef de bureau au ministère de l'agriculture, apprend que sa femme vient de mourir subitement d'une crise cardiaque dans un lieu très éloigné de chez elle (dans un quartier lointain de Tokyo), où elle n'avait aucune raison d'aller. Elle prenait des cours de Haïkus et allait peut-être puiser son inspiration dans différents lieux. Bien qu'elle ait eu le coeur fragile, Tsuneo Asai se demande ce qui s'est passé le 7 mars, date du décès de sa femme. Il se rend compte qu'après 7 ans de mariage, il connaissait peu sa femme. Le couple menait une vie (trop?) calme. Tsuneo fait son enquête, aidé par des rapports établis par une agence de détectives privés. L'auteur nous fait une description des codes, des comportements, des us et coutumes qui régissent la vie des Japonais, où l'honneur et la politesse ont un rôle majeur et où la vie personnelle peut influer sur la vie professionnelle. Tout est lié. C'est un roman qui prend son temps tout au long de l'histoire et qui s'accélère sur la fin. Au bout du compte, la rancoeur et une blessure à son amour-propre transforment Tsuneo en meurtrier. Je vous laisse découvrir la fin qui ménage un certain suspense. J'ai trouvé ce roman très agréable à lire. Je vous le conseille.

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vendredi 31 décembre 2010

Un feu amical - Avraham B. Yehoshua

C'est le troisième roman que je lis de cet écrivain israélien né en 1936, Avraham B. Yehoshua (voir mon billet sur Le Directeur des ressources humaines). Je l'avais découvert avec La mariée libérée. Ce fut de nouveau un grand plaisir de lecture. L'histoire se passe alternativement avec une parfaite régularité entre Israël (Tel Aviv et Jérusalem) d'une part et la Tanzanie en Afrique Orientale d'autre part. Nous sommes pendant la période de la fête d'Hannoukka avec le rituel de l'allumage des bougies. Plus précisément, le roman se passe sur une semaine entre la deuxième et la huitième bougie. Mariée depuis 37 ans à Yaari, Daniella, 57 ans (mère et grand-mère), s'est décidée à partir en Afrique pendant sept jours pour terminer le deuil de sa soeur Shouli, décédée un an plus tôt. Elle va loger chez son beau-frère, Jérémie, en pleine brousse. Yaari, mari aimant et surprotecteur, a hésité à la laisser partir seule. Mais son travail de concepteur d'ascenseur le retient en Israël. Il doit résoudre un problème de vent qui souffle dans un ascenseur d'une tour récemment construite. Dans la famille, on est ascensoriste de père en fils. Le "feu amical" du titre se réfère à l'allumage des bougies, au feu dans la brousse, mais aussi au "tir ami" qui tua Eyal, le fils de Jérémie et neveu de Yaari et Daniella. Il fut tué par un autre Israélien lors de son service militaire. Beaucoup de choses se passent cette famille pendant les sept jours (je vous laisse les découvrir). L'alternance des récits rend le roman agréable à lire sans perdre le fil. On se sent très proche des protagonistes. J'en redemande. Lisez-le (Livre de poche, 2010, 476 pages).

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mardi 21 décembre 2010

Le Grand Tremblement de terre du Kantô - Akira Yoshimura

Sous ce titre, l'auteur Akira Yoshimura (1927-2006) (que je ne connaissais pas) nous conte en détail le tremblement de terre survenu le 1er septembre 1923 à 11H58 du matin, qui détruisit la ville de Tokyo et ses faubourgs environnant ainsi que la ville de Yokohama. C'est suite à la lecture du Poids des secrets, qui évoque ce tremblement de terre, que je suis tombée sur cet ouvrage paru aux éditions Actes Sud. C'est un récit très factuel, qui commence avec un premier chapitre, "L'essaim sismique", où l'auteur nous énonce qu'avant 1923, Tokyo et le Japon en général avaient subi des secousses importantes faisant beaucoup de dégâts et pas mal de morts. Puis l'auteur décrit tout ce qui s'est passé sur une période de plus de deux mois. La secousse principale fut suivie par une centaine de répliques pendant une semaine. Les pertes et les destructions furent immenses: plus de 200000 morts, brûlés pour la plupart, ensevelis ou noyés. Car plus que le séisme lui-même, ce sont les incendies qui ont provoqués le plus de morts. L'auteur explique tout de façon exhaustive en expliquant ce qui s'est passé dans quelques lieux ou quartiers notables. D'autres conséquences issus de ce tremblement de terre furent terribles: des millions de gens se retrouvèrent sans-abris, souffrirent de la famine, et certaines maladies comme la dysenterie ou la fièvre typhoïde se propagèrent. Il y eut aussi la création de milices d'auto-défense pour punir les Coréens accusés d'avoir allumé les incendies (aidés de certains socialistes). Ils servirent de boucs émissaires. En effet, les Coréens (dont le pays était un protectorat japonais depuis les années 1910) étaient très mal vus, ainsi que les socialistes considérés comme des créateurs de désordre. Cet état de fait est venu de rumeurs qui se sont mises à circuler sans que l'on sache leur origine. L'auteur explique longuement tout le mal que ces rumeurs ont provoqué, surtout des morts inutiles ajoutées aux autres. D'ailleurs, pour que ces exactions s'arrêtent, une loi martiale fut instaurée. Une partie de l'économie japonaise a beaucoup souffert. Il fallu aussi brûler les morts, dont beaucoup dans un état de décomposition avancée qui ne permettait pas de savoir s'il s'agissait d'hommes ou de femme. C'est un ouvrage vraiment passionnant qui m'a appris plein de choses du point de vue historique que j'ignorais. En postface, l'auteur dit que ses parents ont vécu ce tremblement de terre. Il s'est servi aussi de témoignages de survivants. Un mémorial existe à Tokyo en hommage aux 200 000 victimes. J'émettrais une critique sur Le Grand Tremblement de terre du Kantô, c'est qu'il n'y a aucune carte géographique. Pour ceux qui ne les connaissent pas, il est donc un peu dur de se représenter les lieux décrits. C'est dommage.

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mardi 13 juillet 2010

Le chuchoteur - Donato Carrisi

J'ai acheté Le chuchoteur (publié aux éditions Calmann-Lévy) pour la bibliothèque loisirs dont je m'occupe. Je l'ai vu en tête des ventes chez mon libraire, je me suis dit qu'il avait l'air bien. Et bien m'en a pris, je l'ai lu en un week-end. Une fois que l'on est plongé dedans, on ne le lâche plus jusqu'à la fin des 435 pages absolument haletantes. Je veux préciser tout de suite que l'auteur ne donne aucune indication de temps ni de lieu, à part que cela se passe entre un 5 février et le mois d'octobre suivant, et dans un endroit indéfini où il fait froid en hiver quelque part en Europe ou ailleurs. Pour brouiller les pistes encore plus, l'auteur a donné aux personnages des noms de différentes origines: Boris, Goran, Roche, Mila (pour Marie Elena), Rosa, Stern, Krepp: tous sont des policiers ou travaillent pour la police, sauf une religieuse d'origine grecque, Nicla Papaklidis, qui les aide à un moment donné avec ses dons de voyance avérés. Le sous-titre du roman est "Dieu se tait, le diable murmure". L'histoire débute par la macabre découverte de six bras gauches coupés nets, enterrés dans un champ. Ils appartiennent à six petites filles âgées de 7 ans à 13 ans dont on nous donne les prénoms, comme Caroline, Debbie, Anneke, Sabine. Les corps martyrisés (mais non violentés) des fillettes sont découverts (sauf un) au fur et à mesure que l'histoire avance dans des endroits tels qu'un pavillon, un sous-sol, un coffre de voiture, un jardin d'une grande demeure. Ce ne sont pas des lieux choisis au hasard. Les corps sont arrangés dans des positions plus ou moins naturelles. Un d'entre eux est retrouvé dans une flaque de larmes (si, si). C'est une histoire très complexe, sans temps mort, où les personnages principaux menant l'enquête ont eux-mêmes des secrets inavouables ou un passé qu'ils ne dévoilent pas, où un homme chuchote (le titre original italien est "Il suggeritore"): celui qui incite, qui fait surgir les instincts les plus bas d'êtres humains influençables et faibles. C'est lui qui tire les ficelles et donne des indices pour que la police trouve les corps des petites victimes. Le passé et le présent se confondent dans cette histoire qui remonte loin dans le temps. Stop, je ne dirai rien de plus. C'est le premier roman de cet auteur: un coup de maître. C'est un coup de coeur pour Calypso.

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lundi 5 juillet 2010

Romans lus et non commentés

Et oui, pendant cette période estivale, je fais la même démarche que pour des billets cinéma, je vais chroniquer dans des billets communs deux ou trois romans lus mais qui ne m'ont pas forcément convaincue.

D'abord, Le goût des pépins de pommes de Katharina Hagena que j'ai lus suite à de nombreuses critiques élogieuses sur des blogs (il y a déjà quelque temps). Publié aux Editions Anne Carrière, ce roman a été écrit par une auteure que je ne connaissais pas. C'est l'histoire de trois générations de femmes en Allemagne du Nord, d'avant les années 1940 jusqu'à nos jours. Je me suis un peu perdue dans les méandres du passé et du présent. Pendant 60 ans, des bonheurs et des drames jalonnent la vie de Bertha, la grand-mère, ainsi que d'Inga, Harriet et Christa, ses filles. Tout ceci est narré par petites touches sous la plume d'Iris, la petite-fille de Bertha, qui hérite de la maison familiale suite justement au décès de Bertha. En revanche, la mort frappe aussi des jeunes femmes de la famille: une tante et une cousine d'Iris. La maladie d'Alzheimer n'est pas absente. Les hommes sont peu présents et/ou pas forcément sympathiques. Je n'ai pas été touchée par ces personnages. Je trouve le roman un peu sage, conventionnel, et je le regrette.

Concernant Julius Winsome de Gerard Donovan (Editions du Seuil et en poche Points Seuil), je n'ai pas eu non plus le coup de foudre. Comme Aifelle, je suis restée à l'extérieur. Julius vit comme un ermite entouré de livres dans un chalet au fond d'un bois en compagnie de son chien, Hobbes, qui est abattu dès le début du roman. Par un chasseur? A partir de cet événement dramatique, Julius, si je peux employer une expression familière, "pète un câble". Il se met à abattre tout homme qui lui semble suspect sans même vérifier si la victime est coupable ou non. Je n'ai pas compris pourquoi Julius (qui est le narrateur du roman) agit comme cela même si je comprends son chagrin. Il n'explique rien. Les péripéties de l'histoire m'ont semblé répétitives et le roman se termine en point d'interrogation.

Pour ces deux romans, c'est à vous de juger.

PS: Suite à la remarque de Keisha ci-dessous, je propose ces deux romans en livres voyageurs si cela vous intéresse.

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mardi 27 avril 2010

Contrebande - Enrique Serpa

Le roman Contrebande du journaliste et écrivain cubain Enrique Serpa (1900-1968), publié en 1938 et réédité aux éditions Zulma (310 pages), a été une belle découverte pour moi (c'était un roman recommandé par ma librairie). Je l'ai lu d'une traite. Comme son titre l'indique, l'histoire parle de contrebande (de bouteilles de rhum) dans les années 20 entre Cuba et les Etats-Unis au moment où fut promulguée la loi sur la prohibition. A cette époque, la population cubaine vit dans le dénuement complet (les choses ne se sont guère améliorées par la suite). La Havane, en particulier, est gangrénée par la prostitution et le jeu (les Américains sévissent déjà dans ce secteur comme propriétaires des maisons de jeux). L'un des seuls moyens de subsistance de l'île, la pêche (au mérou, principalement), se trouve en pleine crise face à la pêche industrielle qui pointe son nez. Les pêcheurs cubains n'arrivent plus à écouler le résultat de leur pêche qui pourrit vite avant d'avoir trouvé preneur. Outre le mérou, la daurade et la perche (et les moyens de les attraper), j'ai d'ailleurs appris quelques noms de poissons comme le rousseau, le pagre ou le sarde à queue jaune. Le narrateur du roman que les marins surnomment l'Amiral (et qui a mené jusque-là une vie dissolue entre alcool et femmes de mauvaise vie) est propriétaire de trois bateaux. Au bord de la faillite, il accepte de faire de la contrebande entre les Etats-Unis et Cuba sous la pression insistante de Requin, le capitaine de bord d'un de ses bateaux, "La Buena Ventura". Grâce à un récit à la première personne (au passé simple), on a l'impression de lire un journal de bord qui nous fait côtoyer au jour le jour et au plus près la vie rude et miséreuse de ces pêcheurs devenus contrebandiers. Un grand admirateur d'Enrique Serpa fut Ernest Hemingway, à qui on le compara: c'est mérité.

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vendredi 23 avril 2010

Le Mystère de la maison Aranda - Jeronimo Tristante

Le Mystère de la maison Aranda (édition 10/18, collection Grands détectives) de Jeromino Tristante (qu'une blogueuse a mentionné sur son blog quand il est paru récemment en édition de poche: le titre m'a "accrochée") nous plonge dans le Madrid de 1877. Un jeune sous-inspecteur de police, Victor Ros, ancien mauvais garçon né en Estramadure, enquête, d'une part sur des crimes de prostituées poignardées sur lesquelles on retrouve trente réaux (comme les deniers du traître Judas), et d'autre part sur le pourquoi du comportement de deux jeunes femmes, toutes les deux jeunes mariées vivant dans une grande maison bourgeoise (la maison Aranda), qui, à 10 ans d'intervalle, ont essayé de tuer leur mari et sont restées prostrées depuis. Victor Ros est un digne contemporain de Sherlock Holmes, il fait des déductions avec logique, intelligence et psychologie. C'est un jeune homme brillant mais qui reste humain avec ses doutes.  J'ai dévoré ce roman qui fait 400 pages. J'attends avec impatience la parution en poche de la suite des enquêtes de Victor Ros avec Le Mystère de la veuve noire publié comme le précédent aux éditions Phébus.
Madrid nous change du Londres victorien de la même époque mais j'ai trouvé des similitudes avec la série "Charlotte et Thomas Pitt" d'Ann Perry. En particulier, la distinction des classes, le fait que les policiers ne sont pas très bien vus dans les milieux bourgeois quand ils veulent mener des enquêtes, et l'épilogue de ce roman, sont très proches de la première enquête de Thomas Pitt dans l'Etrangleur de Cater Street (aux mêmes éditions 10/18). Jeronimo Tristante connaît bien ses classiques de la littérature policière. Il est né en 1969 et professeur de biologie et de géologie, je considère que c'est un auteur à suivre.

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jeudi 15 avril 2010

Quand souffle le vent du nord - Daniel Glattauer

C'est en lisant le dithyrambe qu'a rédigé Cuné sur ce roman que je me suis précipitée chez le premier libraire sur ma route pour acquérir Quand souffle le vent du nord d'un écrivain autrichien inconnu en France (jusqu'à ce jour), Daniel Glattauer (Editions Grasset). Je remercie Cuné pour ce conseil: j'ai dévoré ce roman en 2H30. Il fait 350 pages mais comme il s'agit d'échanges de mails entre trois personnages, la lecture est aisée et rapide. J'ai passé un moment délicieux en compagnie d'Emmi (Emma) Rothner, de Leo Leike et de Bernhard Rothner (le mari d'Emmi). Tout commence par une demande de résiliation par mail concernant un abonnement à une revue. Emmi Rothner se trompe d'adresse à une lettre près et la demande aboutit chez Leo Leike. 9 mois plus tard, à l'occasion des fêtes  de fin d'année, Emmi envoie un mail groupé à des amis: l'adresse de Leo est incluse par inadvertance. C'est l'occasion pour Leo de faire une réponse pleine d'esprit qui se termine par: "...Il faut que vous le sachiez: j'aime les mails groupés destinés à un groupe auquel je n'appartiens pas...". De là commence une correspondance drôle, touchante, amusante, intelligente, caustique, parfois  cruelle, qui dure un an. Du simple échange de politesse, les relations qui se nouent virtuellement entre Emmi et Leo évoluent vite. Lui sort d'une rupture sentimentale, elle semble heureuse en ménage. Comment tout cela va finir? Vont-ils se rencontrer "en vrai" ou pas? Je ne vous dirai rien si ce n'est que Bernhard, le mari d'Emmi, est le grain de sable qui fait que les choses auraient pu tourner différemment (je m'avance peut-être). A priori, une suite a été écrite à la demande unanime des lecteurs germanophones qui ont fait un triomphe à ce roman. Je pense que Cuné et toutes les blogueuses qui ont apprécié Quand souffle le vent du nord attendent de pied ferme la traduction de cette suite.

PS: Quand mon ami l'aura lu, je serais heureuse d'en faire un livre voyageur. Vous pouvez vous manifester par mail.

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jeudi 7 janvier 2010

Les brumes du passé - Leonardo Padura

Les Brumes du passé de Leonardo Padura est un roman "noir" de 300 pages publié aux éditions Métailié (12 euros). C'est la première fois que je lis un roman de cet écrivain cubain né en 1955. Ses autres romans sont disponibles en poche (aux éditions Points Seuil). L'histoire se passe à Cuba en 2003, mais une enquête sur une chanteuse mystérieusement disparue, menée par un ex-flic, Mario Conde (cela fait 13 ans qu'il a quitté la police), nous fait revenir dans le passé, plus de 40 ans en arrière. C'était à l'époque de la fin de l'ère Batista en 1959, où Cuba vivait ses derniers moments d'opulence et d'insouciance (mais aussi de misère pour certains). Car les Etats-Unis avait fait main basse sur cette île des Caraïbes où l'argent coulait à flots entre les casinos, la prostitution et la drogue. C'est un roman où il est question de bibliophilie, de livres rares et sublimes publiés aux 18ème, 19ème et 20ème siècles, qui ont un rapport avec l'île de Cuba. C'est aussi une histoire avec une face A et une face B, comme les vieux 45 tours où sont gravées deux chansons: Quitte moi (dont un des vers est "Je serai dans ta vie, le meilleur des brumes du passé quand tu parviendras à m'oublier..."), et Tu te souviendras de moi. Ce sont deux "boléros" chantés par une jeune femme, Violeta del Rio (suicidée ou assassinée?) en 1960. C'est l'histoire d'un membre éminent d'une famille cubaine aisée, les Montes de Oca, qui n'aurait pas dû tomber amoureux. C'est enfin un roman qui parle de Cuba d'aujourd'hui où les gens ont tellement faim qu'ils vendent tout ce qu'ils peuvent, même des livres. Ils survivent grâce aux tickets de rationnement (mais pas une fois il n'est fait mention de Fidel Castro). Partout, c'est la débâcle, tout tombe en déliquescence: La Havane se meurt. J'ai été captivée par cette histoire bien écrite et qui m'a donné envie de partir visiter Cuba. A la fin de l'ouvrage sont énumérés les livres de la bibliothèque des Montes de Oca (c'est bien entendu une bibliothèque "idéale"). Je vous le recommande vivement.

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