mercredi 17 octobre 2007

Archi mortel - Pascal Jahouel

Après La Gigue des cailleras (voir mon billet du 12 juillet 2007 - avec un commentaire de l'auteur en personne!), je viens de lire, grâce à un ami, le roman écrit précédemment par Pascal Jahouel, Archi Mortel (en 2006, déjà aux éditions Krakoen) dans lequel apparaît, pour la première fois, l'inspecteur Bertrand-Hilaire Lejeune ou plus simplement BHL pour les dames. La lecture de ce roman situé à Rouen, avec une escapade à Varsovie, m'a procuré le même plaisir grâce à la verve et à la langue truculente qui me fait beaucoup rire. Pour cette première enquête, BHL s'intéresse au milieu des architectes qui font parfois du trafic d'art. Un membre de cette éminente profession se retrouve avec un trauma mortel, deux balles de 9 mm dans la tête. Un deuxième architecte (archi) subit le même sort. La région normande est en émoi. Notre inspecteur, qui cherche l'âme soeur, rencontrera peut-être l'amour dans cette enquête mais rien n'est moins sûr. Quelques personnages "secondaires", que l'on retrouve dans La Gigue..., sont déjà présents. Particulièrement, le supérieur hiérarchique de BHL, le commissaire Georges Chassevent, très infatué de lui-même, et qui prend souvent Lejeune comme tête de Turc. Leurs opinions politiques divergent quelque peu. Mais BHL ne se laisse heureusement pas faire. Tout cela pour dire que j'attends avec impatience [en service de presse?] la suite des aventures de BHL.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

dimanche 14 octobre 2007

Et l'amour dans tout ça? - Kriss Graffiti et Chantal Pelletier

Mon ami vient de me faire découvrir un ouvrage (malheureusement épuisé), Et l'amour dans tout ça? Il date de 1989, déjà 18 ans ! Cela parle des hommes et des femmes, êtres très différents, nous ne fonctionnons pas pareil. C'est vu principalement, il faut bien le dire, sous un angle féminin à coups de plumes acérées. Les auteures commencent par provoquer en listant 7 "sexes" (hétéros mâle et femelle, télébaiseurs, abstinents, gays, lesbiennes, multisexuels). Mais le gros de l'ouvrage porte sur les relations homme-femme et leur changement par rapport aux décennies précédentes, évoquant le "nouveau couple" de cette fin des années 1980. Un couple, ce sont deux célibataires qui doivent vivre ensemble et ce n'est pas facile tous les jours et dans un couple, il y a le non-célibataire (souvent la femme) qui entretient la flamme (il en faut!). Mais 77% des divorces sont demandés par les femmes. Un court chapitre évoque les familles recomposées dans lesquelles les enfants se retrouvent avec 4 parents, 8 grands-parents, etc. Quelques "morceaux de bravoure" valent un bon fou-rire lors d'une lecture à haute voix, mais je ne peux pas tout citer: il faut lire "La force à dormir", p. 35. Ou, qui chouchoutera le jeune lycéen esseulé (puisque la jeune femme souhaite un homme "expérimenté", et la lycéenne un garçon nettement plus âgé qu'elle-même...)?
Dans l'ensemble, Et l'Amour dans tout ça? est très agréable à lire grâce à une impression en assez gros caractères et des chapitres courts au style enlevé qui distrait bien (même à lire aujourd'hui). Il serait intéressant de faire une mise à jour de ce livre avec de nouvelles données. Car, comme les moeurs ont pas mal évoluées depuis 1988 (mais si, mais si), l'inconvénient de cet ouvrage, c'est que c'est déjà un peu daté, pas de portables pour s'appeler n'importe où, n'importe quand. Il n'y avait pas non plus Internet mais seulement le minitel pour faire des rencontres. Qui se souvient encore de cet objet antique ? Les données ("Francoscopie" 1988, "L'Etat de l'opinion, clés pour 1987" et "...1988" de la SOFRES) ont autant vieilli que le papier ("J'ai Lu" de 1990 tout jauni). Et pour finir, je ne sais pas trop si ce qui était prédit, en 1989, pour le futur, correspond à notre réalité ?

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,
lundi 24 septembre 2007

Claude Gueux - Victor Hugo

Chez un de mes marchands de journaux préférés, j'ai acheté un court récit de Victor Hugo, Claude Gueux, édité en livre de poche à 1,50 euro. Ce livre narre un fait divers qui s'est passé dans les années 1830. Un homme ordinaire, Claude Gueux, est devenu voleur par nécessité. Il a été condamné à 5 ans de prison (la peine maximale pour ce genre de délit) et il a été incarcéré à la prison de Clairvaux (ancienne abbaye cistercienne). Sans parler d'homosexualilité, Claude Gueux semble avoir eu un tendre sentiment pour un dénommé Albin qui partage son pain. Sans donner de raison, le directeur décide de séparer les deux compagnons. Claude Gueux, déterminé, annonce à tous les autres prisonniers que, si on ne lui rend pas Albin, il tue le Directeur. Il met sa menace à exécution. Après une tentative de suicide manquée, il est traduit de nouveau en justice et condamné à mort. Plus que sur la peine de mort, Claude Gueux est un livre sur la prison qui est une peine récente en 1832. Avant, ce n'était qu'une mesure préventive ou une peine substitution. Victor Hugo condamne les conditions de solitude, de malnutrition et de répression dans les maisons d'arrêt. C'est aussi un plaidoyer pour les hommes et femmes pas très éduqués qui souffrent de pauvreté les conduisant au crime. La prison est un vecteur pour empirer la situation. L'éducation serait une meilleure solution. Très beau texte qui fait toujours réfléchir aujourd'hui. L'ouvrage se termine avec une annexe constituée d'un extrait de la préface du Dernier jour d'un condamné.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : ,
vendredi 7 septembre 2007

La mort de la Terre - Rosny Ainé

Suite à mon billet sur la Charité sur Loire, je parlerai d'un roman d'anticipation aux éditions Garnier Flammarion dans la collection Etonnants classiques, que mon ami a acheté 4 euros dans une des librairies de cette ville. Il s'agit de La mort de la Terre de Rosny Ainé écrit en 1912. Il est l'auteur d'un livre beaucoup plus connu par le cinéma, La guerre du feu. Mon ami avait lu La mort de la Terre il y plus de 20 ans, dans une autre édition (peut-être Marabout) qui regroupait d'autres nouvelles. L'histoire se situe dans plusieurs millénaires. Les océans ont disparus. La Terre pourrait faire penser à la planète Mars. Il reste très peu d'eau. Seules, quelques oasis subsistent autour desquelles poussent des plantes et où vivent les derniers hommes. A part les oiseaux, tous les autres animaux ont disparu ainsi que les microbes et les insectes. La Terre est malheureusement parcourue de secousses qui font disparaître peu à peu les oasis dans des immenses crevasses. Parmi les derniers hommes, se distinguent Targ, sa soeur Arva et quelques autres. Pour se déplacer, ils ont des planeurs. La Terre est envahie peu à peu par des créatures magnétiques, les ferromagnétaux de nature minérale qui menacent les derniers hommes en détruisant leurs globules rouges. Quand les réserves d'eau s'épuisent, les hommes s'euthanasient. Ils sont heureux de mourir. Tout finira mal pour les hommes mais ils entrent dans la Vie Nouvelle. Je n'ai pas trouvé que ce court roman se lisait très facilement car Rosny Ainé emploie des néologismes. Il n'y a pas de description sur la nourriture, les vêtements, l'habitat, etc. Mais pour ceux qui aiment la science-fiction, ils devraient le lire et pour ma part, je suis contente d'avoir découvert un auteur francophone de SF.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,
jeudi 12 juillet 2007

La gigue des cailleras - Pascal Jahouel

Grâce à M. Claude Le Nocher, http://suspense.aceblog.fr (1), j'ai eu la chance de lire La gigue des cailleras (racailles en verlan) parue aux Editions Krakoen. Ce polar savoureux, deuxième ouvrage de Pascal Jahouel (rouennais de naissance), se caractérise par la langue crue, très imagée, populaire et parfois en verlan. Un dénommé La Rouille est victime d'une défenestration d'un quinzième étage dans la Cité des Moineaux, cité dortoir où la majorité de la population bigarrée est victime du chômage avec les dommages collatéraux de l'alcool et de la violence. L'histoire se passe à Rouen et sa banlieue et fait une incursion au Havre. Le narrateur du livre, Bertrand-Hilaire Lejeune, BHL pour les dames, inspecteur de police, enquête sur ce fait malheureux. Tous les personnages rencontrés sont truculents et souvent attachants, tant les flics que les autres.
La lecture de ce livre me fait par la même occasion découvrir un "petit" éditeur inconnu du grand public. Les Editions Krakoen http://www.krakoen.com sont situées dans le département de la Seine Maritime, elles vendent elles-mêmes leurs ouvrages par correspondance et sont depuis tout récemment distribuées par Calibre http://www.calibre.fr, société de distribution créée en janvier 2007.

(1) ce blog ayant disparu au 3ème trimestre 2007, Claude Le Nocher en a recréé un en janvier 2008 : http://action-suspense.over-blog.com.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

dimanche 24 juin 2007

Le dictateur et le hamac - Daniel Pennac

Suite à mon billet du 18 juin 2007, je voudrais évoquer le dernier roman en date de Daniel Pennac, le Dictateur et le hamac, hommage non dissimulé au Dictateur de Charlie Chaplin, où celui-ci joue Hinkel (le dictateur) et un barbier (sosie du dictateur). Daniel Pennac, à l'occasion d'un séjour au Brésil, a pris l'habitude de se prélasser sur un hamac. Son inspiration lui fait imaginer qu'un dictateur sud-américain, dans les années 20, forme un sosie pour que celui-ci le remplace à l'occasion, et même définitivement. Ceci fait, le dictateur part en Europe. Le sosie à son tour forme un sosie à son image. Cela fait, lui aussi s'enfuit mais cette fois-ci aux Etats-Unis. En tout, il y aura 4 sosies dont des jumeaux. L'histoire est particulièrement centrée sur la vie que mènera le premier sosie qui, après un long périple pour atteindre la côte sud-américaine, s'embarquera sur un paquebot. Il fera carrière aux Etats-Unis en devenant la doublure de Rudolph Valentino. Il mourra presque heureux en assistant à une projection du Dictateur dans un cinéma de Chicago en 1940. Le périple de ce sosie n'est cependant qu'une partie du livre. De nombreuses péripéties surviennent, les histoires sont haletantes, l'écriture est toujours fluide et en ce qui me concerne, après une longue incursion dans la tribu Malaussène, j'ai découvert un autre Daniel Pennac. J'en suis ravie.

Posté par dasola à 07:03 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 18 juin 2007

La saga Malaussène (suite et fin provisoire)

Monsieur Malaussène, Des Chrétiens et des Maures, Aux Fruits de la Passion terminent pour le moment la saga Malaussène. Beaucoup de personnages, du flic à la nonne, gravitent autour de cette famille, dans le quartier de Belleville. On est parfois dans l'invraisemblable mais c'est écrit avec une telle maestria que l'on pardonne tout à Daniel Pennac. J'ai ri toute seule et les personnages sont si attachants qu'on croirait qu'ils existent vraiment. A la dernière page, on regrette déjà de les quitter et on voudrait crier comme au spectacle : encore ! encore ! Merci M. Pennac qui a vraiment le don de raconter des histoires. J'en parlerai dans un prochain billet pour commenter un autre roman de cet écrivain.

Posté par dasola à 07:05 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,
mardi 12 juin 2007

La belle lurette - Henri Calet

Henri Calet (1904-1956) n'est pas un écrivain très connu et, après sa mort, il est tombé dans l'oubli. Dans les années 80, certains jeunes écrivains l'ont découvert ou redécouvert. Olivier Adam dans Falaises aux Editions de l'Olivier (2005) lui dédie son roman. D'Henri Calet je viens de terminer La belle lurette parue en 1935 et rééditée dans la collection L'Imaginaire Gallimard. C'est plus ou moins autobiographique. Le récit est à la première personne. Dans le roman, le narrateur Henri naît le 14 juillet 1902 d'une mère Sophie, faux-monnayeuse et, d'un père, sans boulot fixe, buvant un peu. Avec cette hérédité, souvent malade, mis en pension, il a vécu la première guerre mondiale à Bruxelles en Belgique avec sa mère, le père ayant disparu. Cette chronique, aussi misérabiliste et triste qu'elle peut paraître, ne l'est pas. Henri prend la vie comme elle vient et il profite au mieux. Le vocabulaire est souvent cru avec des tournures de phrases poétiques. J'ajouterai que la belle lurette du titre n'est pas employée pour dire "il y a bien longtemps". L'expression est employée deux fois où lurette a sa signification première d'heurette (diminutif d'heure) (Le Petit Robert). La première, au début du livre, quand les parents déménagent en pleine belle lurette et, la deuxième fois, dans la dernière phrase du livre : "Le chômage et les cris dans la crise, ce n'est plus la belle lurette". La belle lurette compte 168 pages et se lit très vite et agréablement.

Posté par dasola à 07:52 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,
mardi 5 juin 2007

Ouest - François Vallejo

Je m'interroge. Ouest de François Vallejo (Editions Viviane Hamy), que j'ai acheté depuis 8 mois, vient de recevoir le Prix du Livre Inter 2007, lundi 4 juin 2007. Peu après l'achat, j'en ai lu 128 pages et je me suis arrêtée. Je n'ai pas pu continuer. Ni l'histoire, ni le style ne m'ont accrochée, je ne sais pas pourquoi. J'ai même failli le revendre. Les critiques sont bonnes, il a même été en lice pour certains prix littéraires 2006. Le prix du Livre Inter est décerné par un jury de lecteurs comme vous et moi. Ouest est sur ma table de nuit depuis tout ce temps. Peut-être arriverai-je à le lire en entier cette fois-ci, rien n'est moins sûr.

Posté par dasola à 17:24 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,
samedi 5 mai 2007

Le Masque et la Plume - Le livre

Suite à mon billet du 11 février 2007, sur l'émission radiophonique Le Masque et la Plume, j'avais omis de mentionner que, pour fêter ses 50 ans, un livre hommage était paru, accompagné de deux CD sur lesquels quelques morceaux d'anthologie avaient été gravés. Notamment, l'intervention hilarante (et je pèse mes mots) du brillant et regretté Jean-Louis Bory critiquant le Livre de la Jungle de Walt Disney. Suite à cette publication, les éditeurs ont eu l'idée très sympathique de faire une édition, Le Masque et la Plume - cinéma, littérature, théâtre... Une année de passions et de polémiques (Les Arènes-France Inter), désormais annuelle, des meilleurs moments de l'émission sur l'année passée. Cela consiste à retranscrire in extenso chaque intervention des critiques sur tel ou tel film, ouvrage ou pièce de théâtre. Des encarts sont ajoutés pour mettre en exergue certains moments forts. Pour les personnes qui connaissent et aiment l'émission, cette petite piqûre de rappel ne peut être qu'un plaisir. Je conseille vivement.

Posté par dasola à 12:12 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :