dimanche 4 mars 2007

Henri Troyat

Henri Troyat, disparu vendredi soir, 2 mars 2007, à l'âge de 95 ans, est un écrivain que j'ai découvert sur les conseils de ma mère, il y a plus de vingt-cinq ans. Je ne connaissais pas toutes ses oeuvres mais je conseille à toutes et tous de lire ses cycles romanesques : Tant que la terre durera (1947), Les Semailles et les moissons (1953), La lumière des Justes (1959) et les Eygletières (1965). Ils sont disponibles aux éditions Pocket. Ce sont des livres que l'on lit d'une traite, ils sont tous très bien écrits. Ils font aimer la lecture. A recommander à toutes les générations. 

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vendredi 2 mars 2007

Au bonheur des ogres - Daniel Pennac

Quelqu'un qui m'est très cher m'avait offert, il y a quelques mois, Au bonheur des ogres de Daniel Pennac (1985) collection Folio Gallimard, que j'avais commencé à lire et que j'avais laissé tomber au bout de vingt pages ; je ne comprenais pas ce que je lisais. Je viens de le reprendre et miracle, j'ai lu les 286 pages en 5 heures. J'ai énormément aimé. Le style et la langue peuvent au début, comme pour moi, décontenancer mais au fur et à mesure, le talent de Daniel Pennac est évident dans son écriture de la langue française en jouant avec les mots. Le style est fluide. On est captivé par l'histoire de Benjamin Malaussène et de ses différents demi-frères et soeurs de la même maman mais de papas tous différents et inconnus. Ben est "bouc émissaire" dans un grand magasin : officiellement au contrôle technique et il est en fait payé pour se faire "engueuler" quand un client a eu un problème avec un produit acheté dans le grand magasin. Des attentats à la bombe se produisent dans ce lieu et il est chaque fois aux premières loges et parfois blessé. De témoin, il devient suspect. Après 6 attentats, l'affaire sera résolue, Ben disculpé. On apprendra que ces attentats ont une origine lointaine remontant à la seconde guerre mondiale. Les ogres du titre ont une importance. Les ogres sont connus comme mangeurs de petits enfants. Ici les victimes des attentats ont été des ogres mais d'une autre manière, plus sordide. Puis, je suppose que le titre fait référence au roman d'Emile Zola Au bonheur des Dames qui se passe aussi dans un grand magasin. Enfin Ben, pour endormir son petit frère, lui invente des histoires d'ogres. Je recommande vivement ce roman qui garde son suspense jusqu'au bout.

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vendredi 16 février 2007

Lignes de Faille - Nancy Huston

Je viens juste de terminer Lignes de Faille de Nancy Huston, prix Fémina 2006 (Prix mérité). C'est un très beau roman bien écrit en 4 chapitres, chaque narrateur a entre 6 et 7 ans avec le langage d'enfant de cet âge. On remonte le temps : 2004, 1982, 1962 et enfin 1944-45. Chaque narrateur est fils ou fille du narrateur suivant. C'est un livre sur le souvenir et la mémoire avec le passé douloureux de la 2ème guerre mondiale (je ne dirai rien de plus). J'avais beaucoup apprécié du même auteur Instruments des ténèbres paru en 1996 et prix Goncourt des lycéens. Je le recommande vivement.

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jeudi 8 février 2007

Une exécution ordinaire - Marc Dugain

Après la Malédiction d'Edgar, roman qui relatait une histoire de l'Amérique sous le règne, si je puis dire, du redoutable Edgar J. Hoover, patron du FBI pendant plus d'un demi-siècle, dans Une exécution ordinaire, Marc Dugain nous plonge dans l'histoire de la Russie depuis juste avant la mort de Staline jusqu'à nos jours en mettant en scène une famille, sur trois générations voire quatre. Le récit commence en 1952, la mère du narrateur est urologue et elle a un don de guérisseuse avec les mains. Sa réputation arrive jusqu'à Staline qui n'a plus que deux ans à vivre. Les grandes "purges" ont déjà eu lieu. Par force, elle devient la guérisseuse du chef d'Etat mais dans le plus grand secret. Sa vie est bouleversée. Elle se sépare de son mari. Le narrateur ne naîtra que bien des années après ces événements, sa mère s'étant réconciliée entre-temps avec son mari. Ce même narrateur, Pavel, est devenu professeur à l'âge adulte. Il s'est marié et a deux enfants: un garçon et une fille. Le récit continue et on apprend que Pavel va toucher une grosse indemnité, qu'il a le droit à un grand appartement à Saint-Pétersbourg et qu'il prend sa retraite alors qu'il est encore très jeune. Pourquoi ? C'est vers la fin du livre que l'on apprend qu'une tragédie a eu lieu. Marc Dugain s'est inspiré de l'histoire du Koursk, Oskar dans le livre, le sous-marin nucléaire dans lequel plus de 120 jeunes sous-mariniers sont morts suite à une explosion non identifiée de l'avant du bateau en 2000. Il semble qu'ils auraient pu être sauvés, mais les autorités russes ont refusé pendant plusieurs heures que des sous-marins occidentaux s'approchent de l'épave. Plusieurs versions ont circulé: une torpille a explosé, un sous-marin américain a percuté Oskar. Il semblerait plutôt que c'est le manque d'entretien des pièces du sous-marin, les fuites diverses et variées qui ont provoqué le drame. Poutine, Plotov dans le livre, est décrit comme responsable du fait que l'on ne porte pas secours assez vite aux éventuels survivants, il ne faut pas de témoins. La Russie, après avoir connue le communisme pendant plus de 70 ans, vit dans un régime où la corruption est partout, tout est à vendre et à acheter même les pièces détachées de sous-marins. Le constat que Marc Dugain fait de la Russie actuelle semble assez consternant. 

PS du 19/02/2010: Marc Dugain vient d'adapter lui-même une partie de son livre au cinéma (cf. mon billet de ce jour).

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samedi 20 janvier 2007

Les Thibault - Roger Martin du Gard

Certaines personnes doivent avoir peur de la longueur du roman Les Thibault de RMdG, et bien ils ont tort. Quand on commence à le lire, on ne lâche plus. L'histoire se déroule de l'été 1914 et se conclut à la fin de 1918. Ce livre, pendant les deux tiers, est d'abord un excellent témoignage sur les prémices de la Grande Guerre, nous avons l'impression d'être les acteurs des événements qui se déroulent, RMdG a un grand talent de raconter une petite histoire dans la grande et quelle écriture! Les personnages du père, et des deux fils Antoine et Jacques aussi antinomiques que peuvent l'être deux frères sont attachants, nous nous sentons proches d'eux. Livre magnifique des années 20-30 que l'on relit très volontiers (ce qui a été mon cas).

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mercredi 10 janvier 2007

Jonathan Littell et les Bienveillantes

Je fais partie des lecteurs (trices) des 900 pages des Bienveillantes que j'ai lues en 3 semaines. Pendant cette période, le 5 octobre exactement, j'ai eu l'immense plaisir d'avoir une dédicace de l'auteur qui faisait une des 5 séances signatures faites en France. Cela s'est passé au Virgin Megastore, il y a eu une brève présentation par Laurent Bonnelli (disparu récemment), libraire au Virgin. Il y avait très peu de monde. J'ai été très étonnée ne m'attendant pas à avoir une dédicace si facilement. M. Littell est un monsieur très sympathique et simple, et quand je lui ai parlé, j'en étais à peu près vers les pages 300 de son roman au moment où il parle des langues du Caucase, je lui ai dit que je trouvais cela passionnant, il m'a répondu qu'il adorait ce sujet. Tout cela pour dire que son roman n'est pas parfait, il est peut-être trop touffu mais rien que pour les 20 premières pages qui sont absolument prodigieuses, c'est un livre qu'il faut avoir lu. Et j'ai appris beaucoup de choses. J'ai malheureusement découvert la "shoah" par balles. Il ne faut pas oublier que c'est un roman, et seulement un roman.

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mardi 9 janvier 2007

L'élégance du hérisson - Muriel Barbery

L'élégance du Hérisson de Muriel Barbery qui se "dévore" en 2 jours max est un petit bijou à découvrir d'urgence. Sur le 1er bandeau de présentation il y avait inscrit le "QI de la concierge", ce qui est d'une bêtise crasse: c'est terrible de toujours associer le QI avec la culture. Maintenant, le bandeau indique seulement qu'il a eu le prix Georges Brassens 2006. Il aurait mérité un prix de plus. L'écriture et l'histoire sont une merveille d'intelligence et de sensibilité. Je ne dirai rien de l'histoire, c'est aux lecteurs de la découvrir. Il y avait longtemps que je n'avais lu un livre aussi bien écrit avec un style très fluide. A recommander absolument (Ed. Gallimard).

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