lundi 18 juin 2007

La saga Malaussène (suite et fin provisoire)

Monsieur Malaussène, Des Chrétiens et des Maures, Aux Fruits de la Passion terminent pour le moment la saga Malaussène. Beaucoup de personnages, du flic à la nonne, gravitent autour de cette famille, dans le quartier de Belleville. On est parfois dans l'invraisemblable mais c'est écrit avec une telle maestria que l'on pardonne tout à Daniel Pennac. J'ai ri toute seule et les personnages sont si attachants qu'on croirait qu'ils existent vraiment. A la dernière page, on regrette déjà de les quitter et on voudrait crier comme au spectacle : encore ! encore ! Merci M. Pennac qui a vraiment le don de raconter des histoires. J'en parlerai dans un prochain billet pour commenter un autre roman de cet écrivain.

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mardi 12 juin 2007

La belle lurette - Henri Calet

Henri Calet (1904-1956) n'est pas un écrivain très connu et, après sa mort, il est tombé dans l'oubli. Dans les années 80, certains jeunes écrivains l'ont découvert ou redécouvert. Olivier Adam dans Falaises aux Editions de l'Olivier (2005) lui dédie son roman. D'Henri Calet je viens de terminer La belle lurette parue en 1935 et rééditée dans la collection L'Imaginaire Gallimard. C'est plus ou moins autobiographique. Le récit est à la première personne. Dans le roman, le narrateur Henri naît le 14 juillet 1902 d'une mère Sophie, faux-monnayeuse et, d'un père, sans boulot fixe, buvant un peu. Avec cette hérédité, souvent malade, mis en pension, il a vécu la première guerre mondiale à Bruxelles en Belgique avec sa mère, le père ayant disparu. Cette chronique, aussi misérabiliste et triste qu'elle peut paraître, ne l'est pas. Henri prend la vie comme elle vient et il profite au mieux. Le vocabulaire est souvent cru avec des tournures de phrases poétiques. J'ajouterai que la belle lurette du titre n'est pas employée pour dire "il y a bien longtemps". L'expression est employée deux fois où lurette a sa signification première d'heurette (diminutif d'heure) (Le Petit Robert). La première, au début du livre, quand les parents déménagent en pleine belle lurette et, la deuxième fois, dans la dernière phrase du livre : "Le chômage et les cris dans la crise, ce n'est plus la belle lurette". La belle lurette compte 168 pages et se lit très vite et agréablement.

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mardi 5 juin 2007

Ouest - François Vallejo

Je m'interroge. Ouest de François Vallejo (Editions Viviane Hamy), que j'ai acheté depuis 8 mois, vient de recevoir le Prix du Livre Inter 2007, lundi 4 juin 2007. Peu après l'achat, j'en ai lu 128 pages et je me suis arrêtée. Je n'ai pas pu continuer. Ni l'histoire, ni le style ne m'ont accrochée, je ne sais pas pourquoi. J'ai même failli le revendre. Les critiques sont bonnes, il a même été en lice pour certains prix littéraires 2006. Le prix du Livre Inter est décerné par un jury de lecteurs comme vous et moi. Ouest est sur ma table de nuit depuis tout ce temps. Peut-être arriverai-je à le lire en entier cette fois-ci, rien n'est moins sûr.

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samedi 5 mai 2007

Le Masque et la Plume - Le livre

Suite à mon billet du 11 février 2007, sur l'émission radiophonique Le Masque et la Plume, j'avais omis de mentionner que, pour fêter ses 50 ans, un livre hommage était paru, accompagné de deux CD sur lesquels quelques morceaux d'anthologie avaient été gravés. Notamment, l'intervention hilarante (et je pèse mes mots) du brillant et regretté Jean-Louis Bory critiquant le Livre de la Jungle de Walt Disney. Suite à cette publication, les éditeurs ont eu l'idée très sympathique de faire une édition, Le Masque et la Plume - cinéma, littérature, théâtre... Une année de passions et de polémiques (Les Arènes-France Inter), désormais annuelle, des meilleurs moments de l'émission sur l'année passée. Cela consiste à retranscrire in extenso chaque intervention des critiques sur tel ou tel film, ouvrage ou pièce de théâtre. Des encarts sont ajoutés pour mettre en exergue certains moments forts. Pour les personnes qui connaissent et aiment l'émission, cette petite piqûre de rappel ne peut être qu'un plaisir. Je conseille vivement.

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mercredi 25 avril 2007

Racines amères - Claude Amoz

Je viens de lire un recueil de 11 nouvelles, Racines amères de Claude Amoz (parues aux Editions de poche Rivages/noir). Cet auteur, que je ne connaissais pas, je l'ai découvert grâce à M. C. Le Nocher alias le blogueur http://suspense.aceblog.fr (1). Chaque nouvelle fait entre 5 pages (les plus courtes) et 20 pages et met en scène des gens ordinaires dont on apprend qu'ils ont un passé souvent douloureux. Les deux conflits mondiaux (1914-1918, 1939-1945) ainsi que la guerre d'Algérie ont joué des rôles importants, ou alors, au sein d'une famille, une tragédie domestique est survenue. Ces nouvelles montrent que même dans le présent, le passé est toujours là, ou bien alors, il ressurgit d'un moment à l'autre. Très bien écrit, ce recueil donne envie de découvrir d'autres oeuvres de cet auteur qui est une femme. Son nom de plume, Claude Amoz, est un pseudonyme.

(1) Ce blog ayant disparu au 3ème trimestre 2007, Claude Le Nocher en a recréé un en janvier 2008: http://action-suspense.over-blog.com.

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samedi 14 avril 2007

Romans policiers (suite)

Certains romanciers français comme Thierry Jonquet, par exemple, vaudraient la peine d'être adaptés au cinéma : Moloch, Les Orpailleurs et Mon vieux (que j'ai fait connaître à un ami qui m'est très cher) donneraient d'excellents films. Et, à mon avis, beaucoup mieux que ceux de Jean-Christophe Grangé que je n'aime pas du tout. Les Orpailleurs a déjà été tourné pour la télévision dans le cadre d'un téléfilm (que je n'ai d'ailleurs pas vu), et donc pourquoi pas sur grand écran. Thierry Jonquet sait très bien se servir de situations réelles pour écrire de la fiction. L'intrigue de Mon vieux se déroule en 2003, en pleine canicule à Paris et de nombreuses personnes âgées et moins âgées ont succombé. Le père du narrateur sera l'une des victimes. De la même façon, Georges-Jean Arnaud, que j'ai découvert il y a quelques années, a situé d'excellentes énigmes policières dans le Paris de 1830. 6 volumes racontent les enquêtes des jumeaux Hiacynthe et Narcisse Roquebère. Chaque enquête pourrait faire l'objet d'un long-métrage. Le roman de Fred Vargas (1), Pars vite et reviens tard, vient juste d'être adapté à l'écran avec des critiques mitigées, du fait que l'univers particulier de l'écrivain ne se retrouvait pas à l'écran. N'ayant pas lu cet auteur, je ne peux pas juger mais, au moins, saluons Régis Wargnier d'avoir essayé. D'autant plus que le film est plutôt plaisant à regarder, l'intrigue se situant dans un Paris que je connais bien. Brigitte Aubert est une autre romancière dont un des romans, Transfixions, est devenu Mauvais genres de Francis Girod (2001) avec Robinson Stevenin. Le genre policier convient très bien au 7ème Art.

(1) Et non Maud Tabachnik comme je l'avais indiqué par erreur, j'ai corrigé suite au commentaire de Neil ci-dessous.

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vendredi 30 mars 2007

Daniel Pennac (suite)

Après le succès mérité d'Au bonheur des ogres, Daniel Pennac a continué d'écrire sa saga de la tribu Malaussène composée de Benjamin, Julie, Louna, Thérèse, Clara, le Petit et Julius le chien épileptique qui sent mauvais et quelques autres. Les deux opus suivants que je viens de lire sont La fée Carabine et La Petite marchande de prose (Prix du livre Inter 1990). Ce troisième volet ayant été adapté à la télévision, il est dommage que les autres ne l'aient pas été. Que dire à part que ce sont encore et toujours de vrais bonheurs de lecture! Daniel Pennac situe ses livres dans des arrondissements de Paris qu'il semble bien connaître : le 11ème et le 20ème. La famille Malaussène vit dans une quincaillerie reconvertie en habitation. Au fil des romans, des personnages viennent s'ajouter à cette famille complètement déjantée. Dans ces histoires, les héros sont confrontés à des crimes, des tentatives de meurtre, des flics. Les héros de l'histoire vont connaître l'amour tour à tour. Il y a du suspense. Le style de l'écrivain (prof de Lettres en collège jusqu'à récemment) est remarquable et ses livres se lisent sans effort. Merci Monsieur Pennac.

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vendredi 16 mars 2007

Comment parler des livres que l'on n'a pas lus - Pierre Bayard

Difficile de parler de Comment parler des livres que l'on n'a pas lus qui est un essai très érudit et dont le style est complexe, ce qui le rend, à mon avis, peu accessible à des lecteurs lambdas. On ne peut pas le survoler, chaque phrase et chaque mot sont importants. L'auteur, Pierre Bayard, s'appuie sur des exemples d'oeuvres littéraires différentes pour expliquer que l'on peut parler de livres que l'on n'a pas lus, que l'on a oubliés, que l'on ne connaît pas, dont on a entendu parler. Il parle de "bibliothèque collective", "bibliothèque intérieure" et "bibliothèque virtuelle", de "livres-écrans", "livres intérieurs" et "livres-fantômes". En revanche, cet ouvrage donne envie de lire ou de relire les livres évoqués comme Je suis un chat de Soseki, Illusions perdues de Balzac, le Troisième homme de Graham Greene, les livres de David Lodge, et Le Nom de la rose d'Umberto Eco.

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dimanche 4 mars 2007

Henri Troyat

Henri Troyat, disparu vendredi soir, 2 mars 2007, à l'âge de 95 ans, est un écrivain que j'ai découvert sur les conseils de ma mère, il y a plus de vingt-cinq ans. Je ne connaissais pas toutes ses oeuvres mais je conseille à toutes et tous de lire ses cycles romanesques : Tant que la terre durera (1947), Les Semailles et les moissons (1953), La lumière des Justes (1959) et les Eygletières (1965). Ils sont disponibles aux éditions Pocket. Ce sont des livres que l'on lit d'une traite, ils sont tous très bien écrits. Ils font aimer la lecture. A recommander à toutes les générations. 

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vendredi 2 mars 2007

Au bonheur des ogres - Daniel Pennac

Quelqu'un qui m'est très cher m'avait offert, il y a quelques mois, Au bonheur des ogres de Daniel Pennac (1985) collection Folio Gallimard, que j'avais commencé à lire et que j'avais laissé tomber au bout de vingt pages ; je ne comprenais pas ce que je lisais. Je viens de le reprendre et miracle, j'ai lu les 286 pages en 5 heures. J'ai énormément aimé. Le style et la langue peuvent au début, comme pour moi, décontenancer mais au fur et à mesure, le talent de Daniel Pennac est évident dans son écriture de la langue française en jouant avec les mots. Le style est fluide. On est captivé par l'histoire de Benjamin Malaussène et de ses différents demi-frères et soeurs de la même maman mais de papas tous différents et inconnus. Ben est "bouc émissaire" dans un grand magasin : officiellement au contrôle technique et il est en fait payé pour se faire "engueuler" quand un client a eu un problème avec un produit acheté dans le grand magasin. Des attentats à la bombe se produisent dans ce lieu et il est chaque fois aux premières loges et parfois blessé. De témoin, il devient suspect. Après 6 attentats, l'affaire sera résolue, Ben disculpé. On apprendra que ces attentats ont une origine lointaine remontant à la seconde guerre mondiale. Les ogres du titre ont une importance. Les ogres sont connus comme mangeurs de petits enfants. Ici les victimes des attentats ont été des ogres mais d'une autre manière, plus sordide. Puis, je suppose que le titre fait référence au roman d'Emile Zola Au bonheur des Dames qui se passe aussi dans un grand magasin. Enfin Ben, pour endormir son petit frère, lui invente des histoires d'ogres. Je recommande vivement ce roman qui garde son suspense jusqu'au bout.

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