samedi 2 avril 2016

Tout dort paisiblement sauf l'amour - Claude Pujade-Renaud

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Pour avoir beaucoup aimé Dans l'ombre de la lumière de Claude Pujade-Renaud,  je me suis précipitée sur le nouveau livre de la romancière et je n'ai pas été déçue par ma lecture. Tout dort paisiblement sauf l'amour (Actes Sud, 296 pages) est un roman que j'ai lu avec beaucoup de plaisir. C'est léger et profond à la fois. Regine Olsen est la voix principale de ce roman dont l'histoire se déroule sur plus de 50 ans. On entend aussi Frederik Schleger, le mari de Regine, ainsi qu'Henrik et Henriette Lund. Ce livre évoque, par la voix de ces personnages qui ont existé, celui qui fut un grand philosophe et théologien protestant du XIXème siècle: le Danois Søren Kierkegaard (1813-1855). Le roman commence justement en 1855, lorsque Regine Schleger née Olsen (mariée à Frederik qui fut gouverneur des Antilles danoises) apprend la nouvelle du décès de celui qui fut quinze ans auparavant son fiancé pendant très peu de temps. Kierkegaard rompit les fiançailles avec elle en lui renvoyant son anneau de fiançailles. Regine, sous la plume de l'écrivain, apparaît comme un personnage lumineux et sympathique n'ayant aucune rancoeur envers son ex-fiancé, bien au contraire. Elle a passé une grande partie de sa vie à essayer de comprendre les motivations de Kierkegaard, personnage complexe qui a philosophé sur l'existence et la subjectivité de la vie humaine. Henrik et Henriette Lund étaient les neveux de Søren Kierkegaard. Un très beau roman que je recommande. Le titre du roman est une phrase de Kierkegaard.

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dimanche 27 mars 2016

Le lagon noir - Arnaldur Indriðason / Evangile pour un gueux - Alexis Ragougneau

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Voici deux romans sortis tout récemment que je vous recommande, à l'unisson d'autres blogueurs.

Le lagon noir (Edition Métailié noir, 319 pages) est le 14ème roman d'Arnaldur Indriðason que je lis. Ce roman fait suite aux Nuits de Reykjavik. J'ai encore éprouvé beaucoup de plaisir à retrouver Erlendur qui est âgé de 33 ans (nous sommes en 1979) et Marion Briem. Le roman se compose de deux intrigues: la mort d'un Islandais trouvé flottant dans un lagon près d'un volcan et la disparition non résolue depuis 1953 d'une jeune fille de 19 ans sur le chemin de l'école ménagère où elle suivait des cours. Marion avec l'aide d'une jeune Afro-américaine, Caroline va mener son enquête sur l'Islandais. Leurs investigations vont les mener jusqu'à la base américaine de Keflavik. Erlendur, lui, obsédé depuis longtemps par les personnes disparues, mène une enquête officieuse sur ce qu'est devenue Dagbjört qui s'est littéralement volatilisée 25 ans auparavant. Je ne vous dévoilerai rien de plus sur ces deux histoires. Indriðason prend son temps dans la narration, c'est agréable et reposant. Lire les billets d'Aifelle, Clara, Eva et Keisha.

Je passe à Evangile pour un gueux (Edition Viviane Hamy, 359 pages) d'Alexis Ragougneau, qui comme pour son précedent roman choisit à nouveau Notre-Dame de Paris et ses alentours comme décor. Aux alentours de Pâques, un SDF surnommé Mouss est retrouvé mort noyé dans la Seine après avoir reçu les mêmes blessures que le Christ sur la croix. Il est mort assassiné après avoir agonisé pendant des semaines. Quatre mois auparavant, la veille de Noël, Mouss et quelques autres SDF ont occupé pendant presque deux jours Notre-Dame de Paris pour faire entendre leur voix, celle des laissés-pour-compte. Ils ont été soutenus par le père Kern dont on avait fait la connaissance dans La madone de Notre-Dame en même temps que celle de la juge d'instruction Claire Kaufman ainsi que de Landard et Gombrowicz, deux policiers du 36. Kern avec l'aide des clochards dont un dénommé Stavros va mener son enquête parallèlement à celle du juge d'instruction et des deux flics. C'est un très bon deuxième roman bien mené avec une conclusion mystique. J'attends avec intérêt le prochain roman de cet écrivain car j'espère qu'Alexis Ragougneau ne s'arrêtera pas là. Lire le billet très enthousiaste de Valérie.

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samedi 27 février 2016

Petits principes de langue de bois économique - Bernard Maris

Comme annoncé, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) poursuis donc l'hommage que j'avais entamé en 2015 aux tués de Charlie Hebdo.

J'ai mis un certain temps à finaliser le présent billet (annoncé le 25/01/2015!). C'est que ma vie "quotidienne" (chronophage) m'a happé de nouveau, comme c'est le cas pour beaucoup de monde je suppose. Mais je n'oublie pas. Ce préambule personnel achevé, passons à mon premier ouvrage de Bernard Maris (Oncle Bernard).

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Texte de la 4ème de couv': "A l'heure où les petits épargnants craignent que la crise financière ne fasse partir en fumée leurs économies, où les salariés et patrons guettent le "tsunami" de récession qui traverse la planète, tous écoutent et tentent d'analyser les discours des politiques et des économistes.
Ce petit livre est une sorte de lexique. Un outil de traduction du discours économique, un décryptage amusant de sa réthorique."

Ce Petit précis de langue de bois économique est paru en 2008 aux éditions Bréal (avec logo de Charlie Hebdo en couverture). D'un format carré, il se présente matériellement avec un chapitre introductif de 7 pages suivi de 12 chapitres de 2 à 4 pages de texte au format immuable: en ouverture, double page avec titre à droite et dessin, dont des éléments seront réutilisés en début et en fin de texte. Catherine et Charb en ont fourni 4 chacun, Riss et Honoré 2 chacun. Est-ce que les dessins ont été réalisés après que les dessinateurs aient lu le texte, pour un chapitre précis, ou bien ont-ils été chacun commandés par "Oncle Bernard", voire choisis parmi un corpus déjà existant (éventuellement déjà publié)? Je n'ai pas été déranger Catherine ou Riss pour le leur demander.

En bref, il s'agit d'un court pamphlet contre les "experts" ou même les journalistes économistes et les 70 pages, pertinentes, se lisent très vite.

J'en extrait une seule petite citation: "L'économie est virginiale, mariale, tandis que la réalité économique est banale, quotidienne et compliquée. Le réel est sale. Il sent le bidonville et la souffrance. La pauvreté, pour tout dire. Les équations permettent de se boucher le nez."

Outre le dessin d'Honoré déjà repris dans mon billet du 25/01/2015, voici quelques dessins (je me permets de ne pas me cantonner à ceux des morts!).

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 *** Je suis Charlie ***

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mardi 23 février 2016

Envoyée spéciale - Jean Echenoz

Entre deux séances de cinéma (dejà 21 films vus depuis le début de l'année), je n'arrête pas de lire. Et quel plaisir quand le roman est réussi.

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Envoyée spéciale (Editons de minuit, 310 pages très plaisantes) a déjà été pas mal chroniqué sur les blogs et j'ai lu et entendu beaucoup de bien à son sujet. Je me joins au choeur pour dire que le roman de Jean Echenoz est très réussi. En ce qui concerne le titre, je l'ai trouvé trompeur. Je m'attendais à une histoire sur une journaliste. Et bien pas vraiment, il s'agirait plutôt d'un pastiche de roman d'espionnage dans lequel Constance, une jeune femme oisive vivant près du Trocadéro à Paris, est enlevée et séquestrée dans la Creuse par deux geôliers avec qui elle sympathise. Elle est coupée du monde mais cela n'a pas l'air de la perturber. Elle ne sait même pas si son mari (compositeur d'une unique chanson à succès) s'inquiète pour elle. Après quelques semaines à l'isolement, elle sera envoyée par avion en première classe en Corée du Sud avant de se diriger dans la partie nord, où elle est chargée de séduire un proche du dictateur. Elle doit déstabiliser la Corée du Nord (rien que ça). Constance a été choisie un peu par hasard par quelques membres des services secrets français pour cette opération. Avant d'en arriver là, on fait la connaissance de quelques personnages singuliers dont le mari de Constance, Louis-Charles Coste alias Lou Tausk. Nous avons aussi l'avocat Georges-Hubert Coste, le demi-frère de Louis-Charles et un certain Clément Pognel qui a purgé une longue peine de prison pour le casse d'une banque. Je n'oublie pas Biscuit plus tard rebaptisé Faust, un chien beagle qui connaitra une fin tragique (mais n'anticipons pas). Je n'en dirai pas plus sur l'histoire dont le déroulement est d'une grande précision.
Lire ce roman est surtout l'occasion d'admirer l'écriture d'Echenoz. Les phrases sont ciselées. Je vous livre un petit exemple où perce une certaine cruauté: "C'était pas mal pour deux [il s'agit d'un appartement], et même pour trois en comptant le chien tatoué sur l'avant-bras de Marie-Odile, né de mère Beagle et de père inconnu, nommé Biscuit et avec qui Pognel s'est tout de suite entendu. Biscuit tenait beaucoup de la race de sa mère: petit gabarit, bien proportionné, caractère affectueux, tempérament docile et santé sans problèmes, bref autant de traits qui font, de cette marque de chiens, d'idéaux animaux de compagnie mais aussi de parfaits cobayes pour les laboratoires" (page 100).

Lire les billets de Zazy et Clara.

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mercredi 27 janvier 2016

Ca, c'est moi quand j'étais jeune (lettre ouverte à ma femme) - Wolinski

L'an dernier (... début d'année 2015), j'ai (ta d loi du cine, squatter chez dasola) procrastiné un billet sur Wolinski (j'espère y revenir et le finaliser prochainement). Je ne savais pas trop par quel bout prendre ma quinzaine d'albums de dessins pour rendre hommage au doyen des assassinés. Je me rappelle que ma copine m'avait dit: "Wolinski, c'est les femmes! Il n'avait pas une héroïne?". Il y a quelques jours, ...

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... je suis tombé chez une de mes librairies de quartier sur Ca, c'est moi quand j'étais jeune, réédition 2016 (avec une préface de Maryse Wolinski) d'un livre de Georges paru en 1978 sous le titre Lettre ouverte à ma femme. J'en ai lu les 180 pages (dont 19 dessins - un par chapitre) en 2 heures.

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En quatre pages sobres, Maryse Wolinski explique les circonstances de la rédaction de ce livre. Après 10 ans de vie commune, c'est une conversation de vacances (un déjeuner romantique pour le 5e anniversaire de leur mariage) au sujet du "machisme" légendaire de Georges qui a donné à ce dernier l'idée de rédiger cette "lettre ouverte...". Il y parle longuement de son enfance à Tunis durant la seconde guerre mondiale, de sa jeunesse dans les Hautes-Alpes, de la découverte (laborieuse) du "sexe opposé" [l'expression est de moi: les choses se passent sans doute plus simplement au XXIe siècle, mais j'ignore si on y a vraiment gagné!]... Dans près de la moitié des chapitres, Wolinski tutoie Maryse en justifiant le titre. Quelques dialogues (vrais ou arrangés?) sont même retranscrits.

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J'ai (gestionnaire de bases de données, on ne se refait pas...) bien apprécié la bibliographie (8 pages en fin d'ouvrage, à jour, je suppose) des 94 livres parus du vivant de Wolinski. J'en possédais 14 l'an dernier. Je me donne quelques années pour tous les acquérir - et bien entendu les lire. Et les faire lire. J'espère avoir donné envie de découvrir celui-ci.

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C'est quand même plus savoureux à lire qu'un livre de la pauvre (1) Elsa Cayat, pour lequel j'avais été attiré par le titre (Un homme + une femme = quoi?). J'ai fini par le terminer, j'en parlerai prochainement. [chroniqué finalement le 07/09/2016].

(1) feu mon père utilisait souvent cette locution familière quand il voulait dire que la personne en question était décédée. Pour mémoire, Elsa Cayat, chroniqueuse à Charlie hebdo, fait partie des personnes assassinées en janvier 2015.

*** Je suis Charlie ***

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mercredi 6 janvier 2016

J'aime pas la retraite - Patrick Pelloux et Charb

A une question sur une éventuelle reformation de leur groupe, Georges Harrison répondait dès les années '80 quelque chose comme: "On reformera les Beatles quand John [Lennon] ne sera plus mort" [j'ai pas réussi à retrouver la citation originale!]. Pour ma part (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola), je ne prévois pas, à ce jour, d'arrêter d'acheter chaque semaine Charlie Hebdo. En 2015, j'ai acheté et lu tous les numéros parus après le 7 janvier, sans exception. J'ai aussi acheté un certain nombre des livres parus ou reparus (des auteurs disparus). Cette année et encore beaucoup de suivantes j'espère, sans m'abonner, je demanderai en kiosque numéro après numéro. Pas forcément par adoration pour le contenu de Charlie Hebdo en cette année 2016 (quoique), mais davantage, je dirais, par un "devoir de mémoire" que je me donne à moi-même, pour Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski et les autres. Il me reste à chroniquer mes lectures de leurs oeuvres pour poursuivre mes hommages débutés en 2015, aussi longtemps que dasola continuera à m'autoriser à squatter son blog.

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J'aime pas la retraite (dessins de Charb, textes de Patrick Pelloux) prend place dans une collection des éditions Hoebeke. Mon édition de ce livre paru en 2008 est une réimpression de 2014. D'autres titres "J'aime pas..." ont été dessinés par Luz, Trez, Riss, Florence Cestac, Lefred-Thouron (bien vivants!) ou Charb lui-même. Comme souvent, l'humour de Charb est plutôt noir, dans ses 29 gags en 1 page (parfois d'un seul dessin) et dans ses 3 doubles pages, et fait plutôt ricaner que rigoler (il faut aimer). Les vies qu'il montre, laborieuses ou "retraitées", ne font pas forcément envie. Pelloux, lui (qui, par ailleurs, a annoncé il y a déjà plusieurs semaines la fin programmée de son billet hebdomadaire dans Charlie Hebdo), alterne les textes pessimistes et optimistes dans ses 9 chroniques. J'apprécie particulièrement les deux pages dessinées par Charb ci-dessous, pour leur regard "cruel" sur la vie de couple après la retraite. Mais il ne s'agissait que de dessins, d'humour! A ma connaissance, aucune association de retraités n'a éprouvé le besoin de s'attaquer (faire un procès...) à Charb pour cela. Pour ma part, je continue à juger intolérable de l'avoir privé, lui-même, d'une longue vie de sexa-, septa-, octo- (et plus peut-être...) -génaire, lui qui avait quelques années de moins que moi...

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Je ne résiste pas à retranscrire le texte (provocateur) de la 4ème de couv' (cosigné Patrick Pelloux et Charb):
"Bien sûr que nous sommes partisans de la retraite, mais on ne veut pas rouiller n'importe comment. Or désormais, hélas, l'ancienneté ne paie plus. Financièrement, c'est le grand bond en arrière: nous voilà avec des ressources faméliques, pires que lorsqu'on était ce qu'on ne sera plus jamais, jeunes et beaux. Et socialement, c'est la Bérézina: hormis dans les transports publics qui nous accordent une place assise, on est sommé de circuler, et vite, sans broncher, comme s'il n'y avait plus rien à voir.
C'est cette retraite-là qu'on déteste, celle qui détourne de la vie, isole, reproduit et amplifie les inégalités. Tant que la retraite ne sera pas synonyme de bien vivre, nous la combattrons! Et jusqu'à ce que mort s'ensuive s'il le faut: mieux vaut encore partir la tête haute que les pieds devant."

*** Je suis Charlie ***

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samedi 19 décembre 2015

La carte des Mendelssohn - Diane Meur

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Voici un roman atypique de la rentrée littéraire de 2015. Dans La carte des Mendelssohn (Sabine Wespieser Editeur, 461 pages plus 20 pages de sources et un index des personnes), l'écrivain s'est donné comme but d'établir une carte des descendants de Moses Dessau devenu Moses Mendelssohn, grand philosophe des Lumières (je ne le connaissais pas) qui servit de modèle au personnage de Nathan dans Nathan Le sage, la pièce de Lessing (un contemporain de Moses). Moses est surtout célèbre pour son ouvrage Phédon ou Entretiens sur la spiritualité et l'immortalité de l'âme. Diane Meur a eu l'idée de ce roman, qui est une véritable gageure, en pensant à celui qui fut le fils de Moses et le père de Félix (1809-1847) et Fanny (1805-1847). Abraham (1776-1835) -tel était son prénom- n'a rien fait de marquant durant sa vie à part d'avoir été banquier (mais peu de temps). Il s'est surtout concentré sur l'éducation musicale de ses enfants. Pour en revenir à Moses (1729-1786), traducteur de la Torah en Allemand, il se maria avec Fromet Guggenheim et eut dix enfants dont six vécurent. Parmi eux, Abraham et Joseph. Cette seconde génération a conçu de nombreux enfants, qui eux-mêmes, etc. Moses resta fidèle à la religion juive toute sa vie, tout comme son fils Joseph, qui fut le seul à ne pas se convertir. Les autres (dont Abraham) se convertirent au protestantisme voire au catholicisme. Je vous laisse découvrir ce roman foisonnant où Diane Meur nous fait régulièrement passer du passé au présent. Elle est arrivée, grâce à sa carte, à identifer 765 personnes sur 8 générations. Ce projet fou est passionnant, même si sur la fin on s'y perd un peu avec les personnes mentionnées. Un roman que j'ai pris grand plaisir à lire.

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samedi 28 novembre 2015

N'éteins pas la lumière - Bernard Minier

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Grâce à une enseigne bien connue, j'ai eu l'occasion, le 12 novembre 2015 au soir, de rencontrer en petit comité l'écrivain Bernard Minier qui est un homme simple et très sympathique. Nous avons eu le plaisir d'avoir à disposition ses deux derniers romans (les 3ème et 4ème). Il est en pleine rédaction de son cinquième roman, dans lequel on retrouvera le lieutenant de police Martin Servaz que j'avais découvert dans Glacé  puis dans Le Cercle. D'ailleurs, son premier roman, Glacé, est en cours d'adaptation en une série de 6 épisodes pour M6. J'ai eu une gentille dédicace pour N'éteins pas la lumière (Editions Pocket). J'ai lu ce polar en un week-end: on ne le lâche plus dès qu'on l'a commencé. Dans la région de Toulouse, Christine Steinmeyer anime une émission sur une radio locale. Un matin, elle reçoit une lettre étrange qui parle d'une femme qui va se suicider si elle (Christine) ne lui vient pas en aide. A partir de cette lettre qui sera suivie de menaces en direct sur l'antenne, Christine va vivre un enfer. Elle va perdre son fiancé, son travail et sa vie est menacée. Quelqu'un lui "pourrit la vie". Parallèlement, Servaz, qui est dans une maison de repos suite au choc psychologique consécutive à son enquête précédente, va recevoir par la poste un paquet dans lequel se trouve une clé électronique pour ouvrir une porte de chambre d'un grand hôtel de Toulouse avec un mot d'accompagnement: "Rendez-vous demain, chambre 117". Ces éléments l'amènent à mener une enquête officieuse sur le suicide d'une jeune femme un an auparavant. Les deux histoires vont bien entendu se rejoindre. Pendant 700 pages, avec une incursion dans l'univers du spatial, la tension ne se relâche pas. Un roman haletant que je conseille.

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P1020697 La dédicace écrite avec trois feutres fins différents.

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dimanche 22 novembre 2015

Une vie entière - Robert Seethaler / La variante chilienne - Pierre Raufast

 

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Après Le tabac Tresniek qui m'avait plu, j'ai lu avec grand plaisir le nouveau roman de l'Autrichien Robert Seethaler, Une vie entière (Edition Sabine Wespieser, 150 pages). Cette "vie entière" est celle d'Andreas Egger, né à la toute fin du du XIXème siècle, qui mourra à 79 ans sans avoir quitté les alpages autrichiens, sauf pendant dix ans entre 1942 et 1952. Andreas est un orphelin élevé durement par un oncle qui n'arrête pas de lui donner des coups avec une baguette de coudrier pendant toute son enfance. Il en deviendra boiteux. A l'âge adulte, sa faiblesse dans les jambes sera compensée par sa force dans les bras. Il mène une vie simple. Exerçant plusieurs activités agricoles, il économise et acquiert une cabane sur un lopin de terre à cinq cents mètres d'altitude, pas loin d'une forêt. Il tombe amoureux de Marie, la jeune employée de l'auberge du village. Marié puis veuf à cause d'une avalanche, il s'enrôle en 1942 dans l'armée allemande. Il part dans le Caucase où il sera fait prisonnier. Revenu en 1952, Andreas continuera sa petite vie en étant guide de montagne. L'existence d'Andréas ne fut pas exaltante mais Robert Seethaler, avec un style sobre, nous la rend passionnante. On est touché par Andréas qui s'est contenté de peu de chose et a connu des malheurs sans se révolter. Un beau roman que je vous conseille. Lire les billets du Petit carré jaune et de Cannibales lecteurs.

La variante chilienne (Alma Editeur, 260 pages) est le deuxième roman que je lis de Pierre Raufast, après La Fractale des raviolis. L'histoire est celle de Florin, un homme, âgé de 60 ans, qui, à la suite d'un accident à la tête à l'âge de treize ans, n'éprouve plus de sentiment, d'émotions. Et ses souvenirs s'arrêtent à l'accident. Comme il oublie désormais tout au fur et à mesure, il collectionne des cailloux tous différents qui lui servent de pense-bêtes. Grâce à eux, il se remémore certains épisodes de sa vie qu'il raconte à Pascal, un professeur de lettres de 57 ans, et à Margaux, une des élèves de Pascal en villégiature dans une maison voisine. Enfant, Florin grand fumeur de pipes, a vécu dans un village où il a plu pendant 13 ans (!) sans discontinuer. Il se rappelle une partie de capateros (jeux de cartes appris au chili avec une variante) qui se jouait à quatre. Il en profite pour narrer l'histoire de ses partenaires, dont un surnommé "l'érudit" qui avait appris 14 langues mortes. Pascal et Margaux racontent aussi un peu leurs vies. Margaux se sent responsable de la mort de sa mère noyée dans une piscine. Un épisode marquant de la vie de Florin est celui où il a travaillé en tant que fossoyeur dans un cimetière. Cela lui a fait cotoyer des individus peu recommandables. Tout le roman est construit de cette façon, des histoires pas reliées entre elles mais dont le fil conducteur est Florin. C'est un roman qui se lit vite et pratiquement d'une traite car on veut connaître la suite à chaque fin de chapitre. Pierre Raufast démontre qu'il a un grand sens de la narration. C'est vif et léger. Lire les billets de Keisha, Noukette et Philisine cave.

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lundi 16 novembre 2015

Silex and the city 6 - Jul / Les vieux fourneaux - Celui qui part - Lupano & Cauuet / Le papyrus de César - JY Ferri & D Conrad

Dans cette période très triste, afin d'égayer (un tout petit peu) l'atmosphère, voici trois BD qui devraient faire l'affaire (enfin je l'espère).

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Dans Silex and the city  6. Merci pour ce Mammouth de Jul (Dargaud, 46 pages), on retrouve avec grand plaisir toute la famille Dotcom. Le jeune Rahan de la Pétaudière, fils et héritier de Crao de la Pétaudière, patron d'EDF (Energie Du Feu) annonce à son père qu'il est amoureux de Web, la fille des Dotcom. Crao pense que ce serait une mésalliance. Il trouve que Web de par ses origines "homo-sapiens à peine bipède" n'est pas digne de s'unir à une famille dont les origines remontent à "Troglodyte le Téméraire". De là, quelques pages sont consacrées à ce qui s'est passé avant et après 1 789 000 avant J.-C. A leur tour, les Dotcom vont essayer de reconstituer leur arbre généalogique. Ils apprennent grâce à des cro-mormons que les membres de la famille Dotcom n'ont pas à rougir de leur lignée. Tout le reste de l'album est consacré aux différents préparatifs du mariage car bien évidemment Crao de la Pétaudière impose un mariage religieux. Le dessin de la couverture ressemble beaucoup à la dernière vignette de l'album. Ce n'est pas mon album préféré des six, mais c'est sympa quand même, et, bien entendu, j'attends la suite. Lire les billets sur les albums précédents, ici, ici, ici et .

Je passe au nouvel album d'Astérix, le 36ème, Le papyrus de César, de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad (éd. Albert René, 48 pages) dans lequel César doit publier ses "Commentaires sur la Guerre des Gaules". Un chapitre fait tâche, le 24ème, dans lequel il admet qu'un village gaulois en Armorique lui résiste. Un conseiller nommé Promoplus lui dit de supprimer ce chapitre. Ce bout de papyrus va être subtilisé par un scribe muet (Bigdatha) qui n'a pas voix au chapitre. Le livre est un succès (50 exemplaires écoulés), mais ce chapitre manquant va bien entendu provoquer un certain émoi dans le village gaulois nettement plus intéressé malgré tout par l'horoscope du druide Appolosix. Les soldats romains autour du village sont désormais au goût du jour pour recevoir et envoyer des informations: ils ont les pigeons voyageurs dans le cadre d'une offre illimitée. Je ne vous dis rien de plus sur cet album amusant. Je l'ai trouvé réussi, avec plein de références à propos des moyens de communication, de l'information en direct, etc. Didier Conrad fait oublier que ce n'est pas Uderzo qui dessine.

Je termine par l'album que j'attendais (comme d'autres blogueurs), le troisième tome des Vieux fourneaux - Celui qui part. Il est paru le 13 novembre 2015. Je tiens à repréciser qu'il est préférable de lire les tomes dans l'ordre. Ici, un rappel des deux premiers tomes. Dans ce troisième tome,  on retrouve Emile, Antoine et Pierrot ainsi que Sophie, la petite-fille d'Antoine. L'histoire est cette fois ci centrée sur Emile (dit Mimile) et son passé d'ancien joueur de rugby parti vers l'hémisphère sud du jour au lendemain en 1955. Il naviguera de rafiot en rafiot et se liera d'amitié avec un Australien appelé Errol. En sa compagnie, ils seront chasseurs de trésor d'épaves enfouies. La fuite de Mimile fut provoquée par le terrain de rugby communal rendu inutilisable par une dénommée Berthe. 50 ans plus tard, Sophie, grâce à son entêtement, va apprendre des choses pas glorieuses du tout sur Antoine, Pierrot et Mimile en rapport avec Berthe. Pendant ce temps là, en pointillé, on suit les tribulations de Pierrot déguisé en abeille dans le cadre d'une action du groupe "Ni yeux, ni maître". Comme dans les tomes précédents, il y a des réparties très drôles mais il y a des moments plus doux amers. Une fois de plus, on voit que Sophie sait séparer le bon grain de l'ivraie. Un quatrième et a priori dernier tome est prévu. Il concernera plutôt Sophie. J'ai hâte.

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