lundi 28 juillet 2014

Les grandes séries américaines des origines à la fin des années 70 - Alain Carrazé et Christophe Petit

Après avoir trouvé dans une librairie d'occasion un ouvrage intitulé Les grandes séries américaines des origines à 1970 (Huitième art éditions, 200 pages) qui rappelle quelques séries américaines bien connues des origines aux années 70, je confesse que Mannix, Les Mystères de l'ouest, L'homme de fer (dans son fauteuil roulant), Mission impossible (et la disquette qui s’autodétruit), Le Fugitif, Les Envahisseurs (avec le petit doigt raide, et qui se dissolvent quand ils meurent), Kojak (crâne chauve et sucette), Cannon, Les Incorruptibles, Bonanza, Daktari (avec le lion Clarence et la guenon Judy), Ma sorcière bien aimée (j’adore le générique), Au nom de la loi (qui a fait connaître Steve McQueen) ont fait partie de mes bons souvenirs télévisuels de mon adolescence. Je pourrais aussi citer d’autres séries de la même époque comme Les Monroe, Les Bannis, Peyton Place, La grande vallée et quelques autres. J'ai eu le plaisir de revoir en DVD certaines séries comme Hawaï Police d'état ou Perry Mason.

L’ouvrage, qui n’est plus disponible sauf d’occasion, date de 1994. Il se décompose en 28 chapitres évoquant chacun une série. Illustrés par beaucoup de photos, les chapitres sont rédigés par différents rédacteurs dont l’écrivain Martin Winkler. Ce dernier a rédigé les chapitres concernant Zorro, Max La menace (jamais vu) Les mystères de l’ouest, La Quatrième dimension, Au-delà du réel, Mission impossible et Agents très spéciaux (avec Robert Vaughn et David Mc Callum: une série que j’aime beaucoup). A la fin de chaque chapitre, on trouve la fiche technique, la diffusion en France et les titres des épisodes. Le livre est vraiment très bien fait. Cela ne m'empêche pas de bien apprécier les séries toutes récentes comme Murdoch, Miss Fisher, Fringe, House of cards, Mad men ou NCIS.

Et vous, quelles ont été ou quelles sont vos séries préférées ?

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samedi 19 juillet 2014

Les fantômes de Belfast - Stuart Neville / L'énigme de Saint-Olav - Indrek Hargla / Le cercle - Bernard Minier

 

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Voici trois romans lus récemment qui n'ont pas de rapport entre eux (si ce n'est que ce sont des romans policiers) et qui m'ont procuré d'agréables moments de lecture.

Je commencerai par celui que j'ai préféré des trois: Les fantômes de Belfast de Stuart Neville (Rivages Noir, 423 pages qui se lisent d'une traite). A Belfast, Gerry Fegan, un ex-tueur de l'IRA, est hanté par les fantômes de 12 personnes  qu'il surnomme les "12 suiveurs". Il les a assassinées plusieurs années auparavant. C'étaient des meurtres commandités. Venant de sortir de prison, il commence à éliminer ceux qu'il juge responsable de ces morts. Petit à petit, les fantômes cessent de le harceler tandis que Gerry supprime des êtres peu recommandables. L'histoire est bien menée et tant pis si l'on juge que Gerry ne devait pas se faire justice lui-même. C'est un personnage que l'on n'oublie pas. Stuart Neville est un écrivain à suivre car Les fantômes de Belfast est son premier roman.

Je continue avec un roman policier estonien. C'est le premier d'une série. Dans L'énigme de Saint Olav - Melchior l'Apothicaire, livre 1 (Babel noir, 420 pages intrigantes), Indrek Hargla situe son intrigue entre le 15 et le 22 mai 1409 à Tallinn en Estonie. Cette ville était partagée entre ville basse et ville haute où se situait la forteresse de l'ordre des chevaliers teutoniques. Le bailli de la ville demande à Melchior Wakenstede, l'apothicaire, de l'aider à découvrir qui a décapité un ancien commandeur de l'ordre Teutonique de Gotland. Dans la bouche du mort, l'assassin a placé une vieille pièce de monnaie. Trois autres morts suspectes vont suivre dont deux empoisonnements. Il est question de position des pions dans un jeu d'échecs, de brasseur de bière, de la guilde des Maîtres Chanteurs de Nuremberg et de bâtisseurs d'églises. L'arrière-plan historique n'est pas forcément très simple car assez méconnu, mais cela ne m'a pas empêché de bien apprécier ce roman que je vous conseille.

Je terminerai avec Le cercle de Bernard Minier (Pocket, 780 pages) où l'on retrouve le commandant Servaz (dont on avait fait connaisance dans Glacé).  Dans la région de Toulouse à Marsac, Hugo, un étudiant, est retrouvé dans la maison où l'on découvre le corps d'une prof. Elle a été ligotée et laissée sans vie dans sa baignoire. Servaz est chargé de l'enquête par sa hiérarchie et surtout par Marianne, la mère d'Hugo. Ce dernier apparaît être le principal suspect. D'autres morts vont suivre. Les victimes ont un lien commun. J'ai trouvé que 780 pages, c'était un peu long. Il y a pas mal de digressions, de sous intrigues. J'ai préféré Glacé.

dimanche 13 juillet 2014

Trente-six chandelles - Marie-Sabine Roger (Présélection du prix FNAC 2014 [2/5])

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Je continue avec Trente-six chandelles (coll. La brune, aux éditions du Rouergue, 277 pages) (1) le nouveau roman, épatant, de Marie-Sabine Roger (il paraîtra le 20/08/2014). C'est le premier que j'ai lu des cinq reçus. Mortimer Decime, le narrateur, sait qu'il mourir le jour de ses 36 ans tout comme son père, grand-père, arrière-grand-père et arrière-arrière-grand-père avant lui. Il s'est préparé pour l'occasion (il a rendu son appartement, il a démissionné de son travail). Mais le jour funeste qui doit sceller sa fin, rien ne se passe (on apprend pourquoi par la suite). Mortimer est toujours vivant et il va peut-être enfin se mettre à faire des projets et à vivre tout simplement. Le récit alterne le présent et le passé. Il est aussi l'occasion de faire la connaissance du couple Paquita et Nassardine qui sont les amis les plus proches de Mortimer qui les a connus quand il avait 18 ans. Jusqu'à ses 36 ans, fonctionnaire dans un ministère à la "Gestion préventive des accidents fortuits", Mortimer a mené une existence sans intérêt jusqu'à sa rencontre avec Jasmine...
Je remercie Mme Roger de m'avoir fait passer quelques heures de lecture tonique et gaie. C'est très bien écrit. J'espère que vous serez nombreux à partager mon plaisir.

(1) Merci à Margotte pour la précision. Il ne fallait donc pas se contenter du simple "la brune au rouergue" qui figure sur la couverture...

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vendredi 13 juin 2014

Les brumes de l'apparence - Frédérique Deghelt / Les amants imparfaits - Pierrette Fleutiaux /Caprice de la reine - Jean Echenoz

En préambule, je voudrais dire que les trois livres ci-dessous n'ont pas vraiment été des coups de coeur même si du point de vue littéraire, je n'ai rien à redire. Mais les sujets ne m'ont pas enthousiasmée surtout les deux premiers.

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Les brumes de l'apparence de Frédérique Deghelt (Actes sud, 360 pages, paru en mars 2014) est le premier roman que je lis de cette auteure. Et je l'ai fait par hasard. J'avoue que l'histoire m'a laissée perplexe. Gabrielle, une Parisienne dans la quarantaine, apprend qu'elle a hérité d'un domaine composé de deux maisons en ruine au milieu d'une forêt traversée par un cours d'eau en plein centre de la France. Gabrielle a une vie active bien remplie, un grand fils et un mari chirurgien esthétique. Avant de les mettre en vente, elle est amenée à passer une nuit dans une des maisons sans électricité et sans réseau téléphonique. Coupée du monde des vivants, dans cet endroit hanté par un ancêtre malfaisant, elle va se découvrir médium: elle voit des personnes décédées. Sa vie privée va s'en trouver bouleversée. Je ne m'attendais pas à ce genre d'histoire. Frédérique Deghelt va jusqu'au bout de son propos avec exorcisme à l'appui. Surprenant.

 

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Les amants imparfaits de Pierrette Fleutiaux (Babel, 300 pages, 2007). J'ai acheté ce roman (paru en 2005 aux éditions Actes Sud) à la foire "Lire à Limoges" en avril dernier. Il m'a été gentiment dédicacé par Mme Fleutiaux. Comme pour Frédérique Deghelt, c'est le premier roman que je lis de cet écrivain. A nouveau, je ne peux pas dire que j'ai été emballée par l'histoire de Raphaël et des jumeaux Camille et Léo. Pierrette Fleutiaux écrit d'une façon qui m'a paru complexe en prenant beaucoup de chemins détournés (ce qui ne m'a pas rendu la lecture facile) pour nous raconter comment Raphaël, 20 ans, Léo et Camille, 17 ans, comparaissent devant un tribunal. Il faut attendre presque 300 pages pour le savoir. Raphäel qui est aussi le narrateur raconte sa rencontre avec Léo et Camille quand il avait 9 ans et les jumeaux 6 ans, dans une petite ville de province au centre de la France. Issus d'une famille aisée, Léo et Camille qui se ressemblent beaucoup fascinent Raphaël (né, lui, dans une famille modeste). Son père est décédé et c'est sa mère qui l'élève. Et pourtant Léo et Camille m'ont paru être des êtres assez ambigus (j'ai cru deviné qu'ils avaient une relation incestueuse), ni très sympathiques ni intéressants. Je suis restée très en dehors de cette histoire et j'ai fini soulagée d'avoir été jusqu'au bout.

 

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Je termine avec Caprice de la reine de Jean Echenoz (Editions de Minuit, 120 pages), qui rassemble sept récits disparates de longueurs inégales. J'ai retenu le premier, intitulé "Nelson". En 7 pages concises et précises, Echenoz nous raconte un moment dans la vie de l'Amiral Nelson en 1802. Borgne, manchot, souffrant de sequelles du paludisme et du mal de mer (!), il est invité à un dîner dans le Suffolk. Là entre deux plats, il quitte la table des convives, s'en va à l'orée des bois alentour et plante des glands qui donneront des arbres. Ces mêmes arbres serviront à contruire des bateaux et des tonneaux. C'est d'ailleurs dans un tonneau rempli d'eau-de-vie que le corps de l'amiral sera conservé, quand il mourra à la bataille de Trafalgar. On retrouve tout l'art d'Echenoz dans ce récit. J'ai aussi beaucoup aimé "Génie civil" (40 pages), sur l'histoire des ponts en général, et d'un pont en particulier, situé en Floride. Un dénommé Gluck, ingénieur en génie mécanique et spécialiste des ponts, est le fil conducteur de cette histoire. Ayant donné rendez-vous à une jeune femme près d'un pont en Floride, il va être le témoin impuissant de la collision d'un bateau contre le pont et tout ce qui s'ensuit à cause d'un orage hors norme. Une fois encore, Echenoz déploie son talent d'écrivain en peu de mots mais tellement évocateurs. Les cinq autres récits m'ont moins convaincue. De cet écrivain, je préfère les quatre romans que j'ai déjà lus.

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vendredi 23 mai 2014

L'insoutenable légèreté des scones - Alexander McCall Smith / La madone de Notre-Dame - Alexis Ragougneau

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Voici deux romans que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et que je vous conseille.

D'abord, L'insoutenable légèreté des scones d'Alexander McCall Smith (Editions 10/18, 420 pages), le 5ème volume de la série "44 Scotland Street" (lire ma chronique précédente). Qu'est-ce que je l'ai attendu avec impatience, sachant qu'en 2010 (au moins), il était déjà paru en anglais! Je ne comprends pas pourquoi l'éditeur 10/18 n'a pas jugé bon de faire paraître cette Insoutenable... plus tôt. En plus, il y a encore quatre autres volumes à venir/traduire. Il faudrait que je remette à l'anglais. Bref. Pour en revenir au livre, comme pour les volumes précédents, l'écrivain passe d'un personnages à l'autre dans de courts chapitres. Nous les retrouvons là où nous les avions laissés. Bruce, après une déconvenue sentimentale que je vous laisse découvrir, va devenir nettement moins imbu de sa personne et même devenir sympathique. Matthew et Harmony, jeunes mariés, partent en voyage de noces aux antipodes, en Australie. Là, ils vont vivre une mésaventure. Cyril, le chien d'Angus, va devenir papa de quelques chiots. Domenica, la voisine d'Angus, envisagerait (pourquoi pas?) de se marier avec Angus. Quant à Bertie, qui est le seul personnage à avoir toujours le même âge (6 ans) depuis le premier volume, il va devenir scout, au grand dam de sa maman Irène. Sinon, le titre du roman me paraît énigmatique, car, sauf oubli de ma part, il n'est pas du tout question de scones dans les différentes histoires. Pour ceux qui n'ont jamais abordé cette série, je vous conseille quand même de les lire dans l'ordre en commençant par le premier.

Je continue avec La madone de Notre-Dame, le premier roman d'Alexis Ragougneau (Viviane Hamy, 200 pages), que j'ai estimé très réussi. L'intrigue tient la route et c'est bien écrit. Le roman se déroule sur une semaine. Un meurtre est commis dans la cathédrale de Notre-Dame à Paris au moment du week-end de l'Assomption. Il concerne Luna Hamache, une jeune "beurette" court vêtue que l'on retrouve étranglée. Une partie de son anatomie a été bouchée à la cire de cierge. Claire Kauffmann, une jeune procureur aidée par Landard, un policier borné, boucle rapidement l'enquête. Un coupable idéal est appréhendé, un jeune homme amoureux de la Vierge Marie. Mais ce n'est pas lui le meurtrier. A partir de là, un prêtre, le père Kern qui souffre d'une maladie mystérieuse depuis l'enfance (il a des poussées de fièvre et il ne mesure qu'1m48) et auquel on s'attache vite, reprend les investigations qui vont le mener à démasquer le vrai coupable. Ce roman a vraiment de grandes qualités. Tout au plus me semblerait-il que certains personnages ne sont peut-être pas assez fouillés et sont parfois laissés de côté un peu abruptement (comme par exemple la procureur et le policier Landard). J'espère qu'Alexis Ragougneau ne s'arrêtera pas là.

Lire les billets de Claude Le Nocher, La petite souris, Valérie, ainsi que celui de Eeguab (suite à son commentaire ci-dessous).

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dimanche 11 mai 2014

Quatre romans lus et non commentés depuis courant mars 2014 (suite)

Voici quatre romans que j'ai lus depuis ces trois derniers mois (dans la continuité de mon article du 14 avril 2014).

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Je commencerai par La bête de Kenneth Cook (Editions autrement). J'ai trouvé qu'il s'agissait d'une oeuvre un peu "fond de tiroir" parmi ce que j'ai lu du romancier disparu en 1987. Selon moi, la forme "nouvelle" aurait mieux convenu que celle du roman. Un père et son fils, dans le bush australien, essayent de chasser un énorme sanglier qui dévaste tout sur son passage. L'animal semble narguer les humains en général et ces deux hommes en particulier. Cette "bête" ne se laisse pas prendre et montre une sorte d'intelligence. Jusqu'au bout, on se demande qui va l'emporter. Je vous laisse le découvrir. De l'écrivain, préférez ses nouvelles ou d'autres romans.

 

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Ne deviens jamais vieux! de Daniel Friedman (Editions sonatine, 330 pages) avait eu de bonnes critiques dans la presse. Pour ma part, je suis restée sur ma faim en compagnie de Buck Schatz, un octogénaire (87 ans) ancien flic qui va de temps en temps prier à la synagogue. Il reprend du service flanqué de son petit-fils Tequila. Ils partent à la poursuite de lingots d'or cachés dans un coffre de banque. Ces lingots sont la possession d'un criminel nazi grabataire pensionnaire d'une maison de retraite. Buck et Tequila ne sont pas tout seuls à la poursuite du magot et les cadavres s'accumulent. Pour ce qui me concerne, ce livre ne m'a pas convaincue du tout. S'il y a de l'humour, cela m'a échappé. Et Buck ne m'a pas du tout attendrie.

 

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Le diable sur les épaules (Editions Pocket, 544 pages) de Christian Carayon se passe dans les années 20 dans la région du Tarn. Un jeune criminologue, Martial de la Boissière, est appelé en renfort par Camille, l'institutrice du villlage et amie d'enfance de Martial. Un, puis deux, puis trois crimes atroces sont commis à La Vitarelle. Les morts ont des liens. Les crimes ne sont pas commis au hasard. On découvre, en même temps que Martial, une sombre histoire familiale et un crime impuni qui remonte au tout début de la première guerre mondiale. Ce roman est aussi l'histoire de deux frères orphelins qui ont été recueillis par des fermiers mal dégrossis. Christian Carayon, pour son premier roman, fait preuve de talent en manageant le suspens. Le petit reproche que je ferais, c'est que j'ai trouvé le roman un petit peu long (surtout vers la fin). Mais très recommandable.

 

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Je termine avec Des noeuds d'acier (Editions Denoël, 260 pages) de Sandrine Collette. Après avoir lu moult billets élogieux, je me suis décidé à découvrir ce premier roman maîtrisé et haletant. Je l'ai dévoré en une soirée et le début de matinée du lendemain. Dès que l'on commence, on ne peut pas s'arrêter et on sort groggy (car on se dit que cela pourraît être un fait divers réel). Théo vient de purger une peine de 19 mois de prison pour avoir tabassé et réduit à l'état de légume son frère (ce dernier avait couché avec la femme de Théo). Etant parti se ressourcer dans un coin isolé en France, Théo va connaître l'enfer sur terre. En effet, capturé, enchaîné et réduit à l'état d'animal par deux frères septuagénaires (Basile et Joshua), Théo vit un cauchemar épouvantable. Jusqu'au bout, on attend que surgisse un deus ex machina car on a du mal à imaginer qu'il n'y ait personne pour lui porter secours. Sandrine Collette (dont un deuxième roman est paru) sait captiver son lectorat. Vraiment bien, je conseille. Lire les billets d'Aifelle, Sandrine, Valérie, Mon petit chapitre et Véronique

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lundi 14 avril 2014

Quatre romans lus et non commentés depuis courant mars 2014

Ayant été assez occupée ces temps-ci, j'ai été assez flemmarde sur la rédaction d'un billet "livres". J'ai attendu, attendu, et pourtant j'ai pas mal lu depuis la mi-mars 2014.

 Je commencerai par Les chiens de Belfast (Editions du Seuil, 264 pages) de Sam Millar. Après Poussière tu seras, Sam Millar nous raconte une histoire très noire. Cela se passe à Belfast. Il y a peu de mention de lieux de cette ville, l'histoire pourrait se passer ailleurs. Suzy, une jeune femme, prend pour cibles quelques hommes. Elle leur fait subir des morts raffinées. Elle exerce une vengeance dont on connaîtra les motifs (qui remontent loin dans le temps) à la toute fin du roman. Face à elle, Karl Kane, un détective privé qui souffre d'hémorroïdes, entre en scène. Il devra aussi lutter contre certains flics "pourris". Ce roman est le premier d'une trilogie où l'on retrouvera Karl Kane. Je ne sais pas si je lirai les deux autres. Lire les billets de Cathe et de Claude Le Nocher

 

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Avec La confrérie des chasseurs de livres (Actes sud, 315 pages) de Raphaël Jérusalmy (lire le billet de Dominique qui m'avait donné envie de découvrir ce roman), l'écrivain nous invente une suite à la vie de François Villon, disparu (et donc présumé mort) le 5 janvier 1463 à l'âge de 31 ans. Louis XI cherche à affaiblir le pouvoir du Vatican et à renforcer le sien en faisant développer l'imprimerie en France. Cela permettrait la diffusion de textes et d'idées progressistes. Villon et son acolyte Colin sont chargés de convaincre un imprimeur allemand de s'installer en France. Puis Villon va traverser les mers jusqu'à Jérusalem et Saint Jean d'Acre afin d'acquérir des textes rares; il est fin lettré sous ses airs de voyou et il va se trouver confronté à une mystérieuse confrérie de chasseurs de livres qui essayent de cacher certains textes. Le rythme du roman est trépidant, on s'y perd un peu mais la lecture est agréable.

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Un notaire peu ordinaire d'Yves Ravey (Les éditions de Minuit, 100 pages) est un court roman glaçant dont la fin m'a surprise. Je ne m'attendais pas au retournement de situation final. Le narrateur qui est un témoin neutre de l'histoire (il ne prend pas part à l'action) nous raconte de manière détachée l'histoire de Freddy, le cousin de sa mère, sorti depuis peu de prison. Freddy avait été accusé de viol sur mineure. Madame Rebernak, la mère du narrateur, ne veut pas que Freddy s'installe trop près de chez elle. Elle craint pour sa fille Clémence. Elle se confie au notaire de la famille, Maître Montussaint, qui offre de l'aider à éloigner Freddy. J'ai beaucoup aimé le style minimaliste mais très évocateur du roman. Lire les billets de Keisha et de Sandrine.

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Je termine avec un roman léger et fondant, Le théorème du homard de Graeme Simsion (Editions NiL., 380 pages sympathiques). En Australie, à Melbourne, Don Tillman, qui vient d'avoir quarante ans et reste toujours célibataire, est un excellent professeur de génétique mais complètement "à côté de la plaque" pour la vie en société. C'est pourquoi il décide de mener à bien son "Projet Epouse" en établissant un questionnaire détaillé qui doit éliminer beaucoup de candidates potentielles. Don Tillman est un maniaque de l'exactitude, il ne fume pas, il mange du homard tous les mardis, etc. Sa vie réglée va se retrouver chamboulée quand il rencontre Rosie, une jeune étudiante, barmaid dans un bar gay la nuit. Rosie veut découvrir qui est son père et Don grâce à l'ADN et la génétique va l'aider dans son "Opération Père". C'est un roman charmant qui fait du bien. Je conseille, tout comme Leiloona et Syl.

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 Et très prochainement, la suite de mes lectures... [cf. billet du 11/05/2014]

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dimanche 30 mars 2014

La fin du monde a du retard - J.M. Erre

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Grâce à Clara, j"ai eu le plaisir de constater que le J.M. Erre nouveau était paru. Lu en un week-end, courant février 2014, La fin du monde a du retard (Editions Buchet-Chastel, 400 pages) est plutôt amusant. On retrouve la verve stylisque de l'écrivain qui fait tout le sel de cette lecture. Je suis peut-être un tout petit moins enthousiaste sur l'histoire elle-même, qui m'a parue encore plus loufoque que celles des romans précédents. Julius et Alice, deux amnésiques de 30 ans et 25 ans, s'enfuient d'un hôpital psychiatrique du nord de Paris où ils étaient pensionnaires depuis quelques mois. Alice est la seule survivante de la cérémonie de son mariage dans laquelle plus de 200 personnes ont trouvé la mort suite à un court-circuit. Quant à Julius, il croit que la fin du monde est proche. Un pigeon à collerette blanche, borgne, laid et à qui il manque une patte et des plumes joue un rôle essentiel dans cette histoire de course-poursuite entre les deux aliénés poursuivis par des paparazzi appelés Albert et Raoul Volfoni (hommage à Georges Lautner et ses Tontons flingueurs? Bernard Blier et Jean Lefèvre incarnent les frères Raoul et Paul Volfoni dans le film), puis par Joseph Gaboriau, un commissaire à 6 jours de la retraite et son adjoint Matozzi. J'avoue que j'ai trouvé que le roman qui dure donc 400 pages s'étire un peu en longueur, mais on ne boude pas son plaisir en lisant certains paragraphes, comme par exemple [Julius et Alice sont dans une librairie]:
"Sur la gauche, une étagère consacrée à la poésie attendait depuis cinq ans, sept mois et quatorze jours qu'un lecteur s'approche.
Le libraire apparut, un casque de chantier sur la tête, une énorme masse à la main et un badge "Espèce en voie de disparition" sur la poitrine.
- Excusez-moi, fit l'homme, j'étais en train de mettre au pilon un carton de liseuses qu'on m'a livrées par erreur. Il n'y a rien de plus revigorant qu'une petite extermination d'ebooks de bon matin. Je peux faire quelque chose pour vous?
- Qu'est ce que c'est que ça? demanda Julius, furibard, en brandissant un exemplaire du Codex de Tiresias.
- Je savais bien qu'on finirait par me poser cette question un jour, fit l'homme en soupirant, mais je ne croyais pas que ce moment arriverait si tôt. Ca s'appelle un livre. L-I-V-R-E. C'est fait avec du papier."

 Lire les billets enthousiastes de Sharon, Cuné, Un autre endroit et Cathulu.

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mercredi 15 janvier 2014

Le salon du prêt-à-saigner / Le puits de Moïse est achevé - Joseph Bialot

J'ai terminé tout récemment deux romans policiers de Joseph Bialot (juif polonais rescapé de la Shoah, 1923-2012), écrivain d'expression française qui s'était installé à Paris avec sa famille dans les années 30.

Le salon du prêt-à-saigner est le premier roman que Joseph Bialot ait écrit et ce roman a été récompensé du grand prix de littérature policière en 1979.

Le deuxième (qui est le dernier que l'écrivain écrivit avant sa dispariton en 2012 à l'âge de 89 ans) a pour titre Le Puits de Moïse est achevé. Plus de trente ans séparent ces deux romans aux styles très différents. La narration du Puits... est très classique voire neutre. J'ai trouvé intéressant de faire la comparaison entre les deux romans.

 

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Le salon du prêt-à-saigner (Edition Folio policier, 220 pages) porte bien son titre car c'est saignant. L'intrigue se situe dans le quartier du sentier à Paris, connu comme le quartier de la confection. On y trouve aussi quelques cadavres. Les victimes ont été égorgées au rasoir. Les policiers qui mènent l'enquête portent des noms de rues de Paris: Faidherbe, Chaligny, Brancion. On connaît assez vite le tueur mais pas forcément son mobile. C'est un roman qui se lit vite. Le style de ce roman m'a rappelé celui de Thierry Jonquet. Je conseille. 

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Maintenant, avec Le puits de Moïse est achevé (Editions Rivages Noir, 350 pages), Joseph Bialot nous transporte à la fin du XIIIème siècle au temps des Templiers et de leur trésor, de Philippe IV le Bel "La Statue" et de Guillaume de Nogaret (son âme damnée). Philippe IV le Bel cherche de l'argent à tout prix et après s'en être pris aux Juifs et aux Lombards, il lorgne le trésor des chevaliers du Temple. C'était aussi le temps de la construction de quelques églises. Le lecteur entre dans l'intimité de quelques personnages dont des ouvriers bâtisseurs d'églises. "Le puits de Moïse est-il achevé?" est un mot de reconnaissance pour se faire reconnaître par les Templiers dont Jacques de Molay, maître du grand ordre est menacé par le roi de France. Par là même, on suit en parallèle une sous-intrigue dans laquelle une jeune femme juive est sauvée in extremis de la mort, alors qu'un drame de la jalousie endeuille un chantier d'une église. Je conseille aussi.

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vendredi 27 décembre 2013

Yeruldelgger - Ian Manook

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Je n'ai pas pu résister à la force de conviction d'Yv et Aifelle et je viens de terminer Yeruldelgger de Ian Manook (Albin Michel, 540 pages). Bien m'en a pris car c'est un très bon roman policier avec comme toile de fond la Mongolie, ses paysages, ses coutumes, ses yourtes (et leur disposition) et sa gastronomie, comme le thé au beurre salé ainsi que quelques mets comme le boodog de marmotte et les khuchuur. L'écrivain nous parle aussi de la Mongolie comme un pays en pleine mutation où les traditions ont tendance à se perdre et où la pauvreté est très présente de même que la corruption (en particulier dans la police). Le héros de notre histoire est Yeruldegger, commissaire de police à Oulan Bator. Suite à la découverte du squelette à peine enfoui d'une petite fille en pleine steppe mongole, Yeruldegger se replonge dans un passé douloureux, l'assassinat de Kushi, sa fille de 5 ans, survenu plusieurs années auparavant. Le roman est très bien construit et riche en rebondissements souvent tragiques où les morts se succèdent. Yeruldelgger, qui a affaire à forte partie en la personne de son beau-père, est aidé dans ses enquêtes par Solongo, une femme médecin légiste dont il est tombé amoureux, et par Oyun, une inspectrice très courageuse. A défaut d'aller visiter la Mongolie très prochainement, lisez ce roman. Keisha en parle aussi.

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