dimanche 30 mars 2014

La fin du monde a du retard - J.M. Erre

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Grâce à Clara, j"ai eu le plaisir de constater que le J.M. Erre nouveau était paru. Lu en un week-end, courant février 2014, La fin du monde a du retard (Editions Buchet-Chastel, 400 pages) est plutôt amusant. On retrouve la verve stylisque de l'écrivain qui fait tout le sel de cette lecture. Je suis peut-être un tout petit moins enthousiaste sur l'histoire elle-même, qui m'a parue encore plus loufoque que celles des romans précédents. Julius et Alice, deux amnésiques de 30 ans et 25 ans, s'enfuient d'un hôpital psychiatrique du nord de Paris où ils étaient pensionnaires depuis quelques mois. Alice est la seule survivante de la cérémonie de son mariage dans laquelle plus de 200 personnes ont trouvé la mort suite à un court-circuit. Quant à Julius, il croit que la fin du monde est proche. Un pigeon à collerette blanche, borgne, laid et à qui il manque une patte et des plumes joue un rôle essentiel dans cette histoire de course-poursuite entre les deux aliénés poursuivis par des paparazzi appelés Albert et Raoul Volfoni (hommage à Georges Lautner et ses Tontons flingueurs? Bernard Blier et Jean Lefèvre incarnent les frères Raoul et Paul Volfoni dans le film), puis par Joseph Gaboriau, un commissaire à 6 jours de la retraite et son adjoint Matozzi. J'avoue que j'ai trouvé que le roman qui dure donc 400 pages s'étire un peu en longueur, mais on ne boude pas son plaisir en lisant certains paragraphes, comme par exemple [Julius et Alice sont dans une librairie]:
"Sur la gauche, une étagère consacrée à la poésie attendait depuis cinq ans, sept mois et quatorze jours qu'un lecteur s'approche.
Le libraire apparut, un casque de chantier sur la tête, une énorme masse à la main et un badge "Espèce en voie de disparition" sur la poitrine.
- Excusez-moi, fit l'homme, j'étais en train de mettre au pilon un carton de liseuses qu'on m'a livrées par erreur. Il n'y a rien de plus revigorant qu'une petite extermination d'ebooks de bon matin. Je peux faire quelque chose pour vous?
- Qu'est ce que c'est que ça? demanda Julius, furibard, en brandissant un exemplaire du Codex de Tiresias.
- Je savais bien qu'on finirait par me poser cette question un jour, fit l'homme en soupirant, mais je ne croyais pas que ce moment arriverait si tôt. Ca s'appelle un livre. L-I-V-R-E. C'est fait avec du papier."

 Lire les billets enthousiastes de Sharon, Cuné, Un autre endroit et Cathulu.

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mercredi 15 janvier 2014

Le salon du prêt-à-saigner / Le puits de Moïse est achevé - Joseph Bialot

J'ai terminé tout récemment deux romans policiers de Joseph Bialot (juif polonais rescapé de la Shoah, 1923-2012), écrivain d'expression française qui s'était installé à Paris avec sa famille dans les années 30.

Le salon du prêt-à-saigner est le premier roman que Joseph Bialot ait écrit et ce roman a été récompensé du grand prix de littérature policière en 1979.

Le deuxième (qui est le dernier que l'écrivain écrivit avant sa dispariton en 2012 à l'âge de 89 ans) a pour titre Le Puits de Moïse est achevé. Plus de trente ans séparent ces deux romans aux styles très différents. La narration du Puits... est très classique voire neutre. J'ai trouvé intéressant de faire la comparaison entre les deux romans.

 

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Le salon du prêt-à-saigner (Edition Folio policier, 220 pages) porte bien son titre car c'est saignant. L'intrigue se situe dans le quartier du sentier à Paris, connu comme le quartier de la confection. On y trouve aussi quelques cadavres. Les victimes ont été égorgées au rasoir. Les policiers qui mènent l'enquête portent des noms de rues de Paris: Faidherbe, Chaligny, Brancion. On connaît assez vite le tueur mais pas forcément son mobile. C'est un roman qui se lit vite. Le style de ce roman m'a rappelé celui de Thierry Jonquet. Je conseille. 

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Maintenant, avec Le puits de Moïse est achevé (Editions Rivages Noir, 350 pages), Joseph Bialot nous transporte à la fin du XIIIème siècle au temps des Templiers et de leur trésor, de Philippe IV le Bel "La Statue" et de Guillaume de Nogaret (son âme damnée). Philippe IV le Bel cherche de l'argent à tout prix et après s'en être pris aux Juifs et aux Lombards, il lorgne le trésor des chevaliers du Temple. C'était aussi le temps de la construction de quelques églises. Le lecteur entre dans l'intimité de quelques personnages dont des ouvriers bâtisseurs d'églises. "Le puits de Moïse est-il achevé?" est un mot de reconnaissance pour se faire reconnaître par les Templiers dont Jacques de Molay, maître du grand ordre est menacé par le roi de France. Par là même, on suit en parallèle une sous-intrigue dans laquelle une jeune femme juive est sauvée in extremis de la mort, alors qu'un drame de la jalousie endeuille un chantier d'une église. Je conseille aussi.

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vendredi 27 décembre 2013

Yeruldelgger - Ian Manook

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Je n'ai pas pu résister à la force de conviction d'Yv et Aifelle et je viens de terminer Yeruldelgger de Ian Manook (Albin Michel, 540 pages). Bien m'en a pris car c'est un très bon roman policier avec comme toile de fond la Mongolie, ses paysages, ses coutumes, ses yourtes (et leur disposition) et sa gastronomie, comme le thé au beurre salé ainsi que quelques mets comme le boodog de marmotte et les khuchuur. L'écrivain nous parle aussi de la Mongolie comme un pays en pleine mutation où les traditions ont tendance à se perdre et où la pauvreté est très présente de même que la corruption (en particulier dans la police). Le héros de notre histoire est Yeruldegger, commissaire de police à Oulan Bator. Suite à la découverte du squelette à peine enfoui d'une petite fille en pleine steppe mongole, Yeruldegger se replonge dans un passé douloureux, l'assassinat de Kushi, sa fille de 5 ans, survenu plusieurs années auparavant. Le roman est très bien construit et riche en rebondissements souvent tragiques où les morts se succèdent. Yeruldelgger, qui a affaire à forte partie en la personne de son beau-père, est aidé dans ses enquêtes par Solongo, une femme médecin légiste dont il est tombé amoureux, et par Oyun, une inspectrice très courageuse. A défaut d'aller visiter la Mongolie très prochainement, lisez ce roman. Keisha en parle aussi.

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samedi 9 novembre 2013

Puzzle - Franck Thilliez / Demain j'arrête! - Gilles Legardinier / Petits suicides entre amis - Arto Paasilinna

 Voici trois romans lus récemment.

Je commencerai par Puzzle (Editions Fleuve noir), le nouveau roman de Franck Thilliez. Il a même bénéficié de la pub dans le métro parisien, c'est dire. Je résumerais mon sentiment sur ce roman en deux onomatopées: mouai, bof. C'est le premier Franck Thilliez que je lisais. J'ai fait figure d'extra-terrestre face à tous les fans de cet écrivain (et ils semblent nombreux). En effet, à l'occasion d'une soirée privée (à Paris) organisée par une enseigne très connue, trente personnes -dont moi- ont rencontré Franck Thilliez, qui fêtait ses 40 ans le 17 octobre dernier. Franck Thilliez nous a expliqué parmi d'autres choses qu'avant de commencer un roman, il se documentait beaucoup sur les faits divers scientifiques ou autre. En l'occurrence, Puzzle tourne autour d'un jeu de rôle virtuel et réel, "Paranoïa", et de la découverte par des policiers d'un crime de masse dans un chalet en montagne. En effet, 8 personnes ont été assassinées avec un tournevis orange. Sinon, le roman qui traite de schizophrénie et de psychiatrie se passe en grande partie dans un hôpital psychiatrique désaffecté en pleine montagne. Là, un homme nommé Hadès est le maître d'un jeu (une sorte de chasse au trésor) qui doit rapporter 300 000 euros au gagnant. Parmi les 7 candidats, il y a Ilan Dedisset et Chloé Sanders. Je ne vous en dirai pas plus, sauf pour souligner que le roman m'a paru long (428 pages tout de même), que c'est moyennement bien écrit et qu'au bout du compte, l'intrigue est embrouillée: j'ai été un peu perdue dans les méandres de l'histoire. Peut-être est-ce volontaire de la part de l'auteur? J'ai récupéré deux autres romans de Franck Thilliez dans ma PAL: Atomka (l'avant-dernier paru), et un volume qui rassemble ses deux premiers romans, Train d'enfer pour Ange rouge et Deuils de miel où l'on fait connaissance des deux personnages récurrents qui apparaissent dans un roman sur deux: le commissaire Sharko et le lieutenant Sibersky.

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Maintenant, voici Demain j'arrête! de Gilles Legardinier (Editions Pocket, 400 pages), qui a été chroniqué sur de nombreux blogs. Ecrit par un homme, ce roman nous raconte l'histoire de Julie Tournelle, jeune employée de banque dans une ville de province qui va devenir employée dans une boulangerie par amour pour Ric Patratas (cela ne s'invente pas). Ce jeune homme mystérieux semble cacher un secret. Tout le monde est beau et gentil dans ce roman: les hommes sont tous débrouillards, de vrais gentlemen envers les dames. En revanche, Julie m'a paru un peu godiche par moment, mais elle a un coeur en or. J'ai trouvé ce roman gentillet, mais pas de quoi fouetter un chat avec un bonnet péruvien.

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Pour terminer, j'ai continué ma découverte d'Arto Paasilinna (lire mon billet) avec Petits suicides entre amis (Editions Folio, 290 pages), et je n'ai pas été déçue. Une trentaine de finlandais déprimés, mélancoliques, ruinés (je vous laisse les découvrir) se retrouvent dans un beau car Pullman, car ils ont décidé de se suicider tous ensemble en faisant le grand saut dans l'océan au cap nord en Norvège, mais rien ne se passe comme prévu. Des récalcitrants de dernière minute retardent le moment fatal de passer de vie à trépas. J'ai suivi avec intérêt le voyage de ces personnages qui, après la Norvège, vont aller en Suisse et de là jusqu'au sud du Portugal, après avoir échangé des coups avec des Allemands querelleurs. Sans dévoiler la fin, on peut deviner que tout va bien se terminer pour les suicidaires qui vont retrouver le goût de vivre. Un roman vraiment sympa.

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mardi 15 octobre 2013

Premier homme - Xavier-Marie Bonnot / Stoppez les machines - François Muratet

Dans Premier homme de Xavier-Marie Bonnot (Actes Sud, 400 pages), on retrouve le commandant marseillais Michel De Palma, surnommé Le Baron (voir mon billet sur Le pays oublié du temps), à 3 semaines de partir à la retraite. On demande à De Palma d'enquêter sur les causes peut-être suspectes d'un grave accident de plongée, dans les calanques au large de Marseille où se situe une grotte souterraine. Dans ce roman bien construit, l'écrivain mêle psychiatrie et archéologie. Le point de départ de cette histoire se situe donc dans une grotte sous-marine ornée où se trouve un dessin représentant un crime: un homme transpercé d'une flèche. C'est le premier dessin préhistorique de ce genre, il remonte à -22000 ans. Cela donne l'occasion à de Palma revenir sur une ancienne affaire où des femmes avaient été assassinées. C'est aussi un roman qui parle de gemellité, de folie et du "Premier Homme", surnom d'un homme devenu un dangereux criminel, qui est passé par l'asile psychatrique de Ville Evrard, en banlieue parisienne. L'histoire est passionnante.

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Avec Stoppez les machines de François Muratet (Babel noir, 384 pages), qui a été écrit en 2001, nous voilà revenus de nos jours au moment de l'accord sur les 35 heures (à l'automne 2000). "La Métallique", une usine de pièces détachées dans le "9.3" à Stains, se met en grève car la direction arrange à sa façon cette mise en place des 35 heures pour qu'elle soit supportée entièrement par les ouvriers. Parallèlement, on apprend que l'usine va certainement être victime d'une OPA, et cette grève peut servir quelques intérêts financiers. Bien entendu, c'est la "base" qui va trinquer en la personne de Mona, Pascal, Marc ou Rachid. Un très bon roman, bien écrit, avec une histoire relativement originale pour un polar (elle se passe dans le monde ouvrier). Je recommande. D'après wikipedia, François Muratet est professeur d'histoire-géographie en Seine-et-Marne. Il a écrit trois romans, dont Stoppez les machines.

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vendredi 20 septembre 2013

Hilarion (L'énigme des fontaines mortes) - Christophe Estrada

Voici un premier billet sur un roman policier français paru chez Actes Sud qui m'a procuré un grand plaisir de lecture et que je vous recommande chaudement. Un ou deux autres suivront.

Hilarion (L'énigme des fontaines mortes) de Christophe Estrada (Babel Noir, 520 pages) se passe à l'automne 1776 à Aix en Provence et à Toulon. Le jeune roi Louis XVI vient d'être couronné. Pour asseoir son autorité, il vient de rétablir les parlements du royaume où siègent nobles et bourgeois (la classe montante). Le chevalier Hilarion de S., jeune homme issu d'une famille noble, a gagné la confiance du roi après avoir démasqué les pénitents rouges (une confrérie aristocratique qui tentait de restaurer la féodalité). A peine Hilarion arrivé à Aix comme missionnaire de Louis XVI, un lieutenant criminel fait appel à lui pour l'aider dans une enquête. Un jeune noble (dernier héritier mâle d'une famille) vient d'être découvert nu, étranglé et émasculé, dans une fontaine asséchée. Deux autres crimes au même modus operandi suivent peu de temps après. Les trois victimes se connaissaient. Les notables de la ville sont en émoi, seuls des gens du peuple peuvent avoir perpétré ces infamies. Treize ans avant la prise de la Bastille, on constate que la noblesse s'accroche à ses privilèges et qu'elle boit du chocolat chaud (boisson en vogue), qu'elle ignore les gens du peuple qui ne font pas partie de son monde, sauf quand elle a besoin d'eux. Estrada, dans ses descriptions, rend vivant la vie quotidienne à cette époque où l'on se couche souvent après minuit. A Aix, en plus du chocolat, on mange des lentilles, du pain blanc (pour la noblesse) et des anchois. Les rues ne sont pas pavées et sont couvertes de boue, sans oublier les odeurs nauséabondes dans plusieurs rues (je vous en laisse deviner l'origine). Quant à Hilarion, et c'est un des nombreux aspects intéressants de ce roman, on ne sait pas grand-chose de ce qui le concerne, sauf que c'est un escrimeur redoutable formé par un maître d'escrime italien. Ce roman historique se lit très vite et vraiment agréablement, il a reçu quelques prix mérités.

Merci beaucoup à Sandrine (Yspadden), qui en parle très bien, pour cet excellent conseil.

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lundi 2 septembre 2013

Chambre 2 - Julie Bonnie

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Comme je n'ai pas voulu trop faire trainer les choses, j'ai lu en 2H, dimanche 1er septembre 2013, Chambre 2 de Julie Bonnie (Editions Belfond, 180 pages) un livre qui vient d'être récompensé par le prix du roman Fnac 2013. Dans ce premier roman d'un jeune écrivain née à Tours, la narratrice, Béatrice, est une aide puéricultrice qui exerce dans une maternité. Le moins que l'on puisse dire est que Béatrice ne s'épanouit pas dans ce travail qui est dur psychologiquement (elle souffre de nausées). Aide-puéricultrice depuis presque 10 ans, ce fut une manière de gagner sa vie après avoir abandonné son métier de danseuse nue et après que Gabor (violoniste de jazz de talent) le père de ses deux enfants, l'ait quittée. Pleine d'empathie, Béatrice souffre de plus en plus dans son âme devant la détresse de ces femmes parturientes. Béatrice nous décrit les mères désemparées, rejetant leur nouveau-né, se posant plein de questions pratiques, n'arrivant pas à allaiter leur petit d'homme. Béatrice s'attarde sur le fait que pendant l'accouchement, le corps de la femme subit un bouleversement et/ou une blessure (quand il y a une césarienne). La maternité (où les hommes qui exercent sont peu nombreux) est considérée comme un lieu de solitude où le personnel tient un discours formaté qui ne répond pas forcément à ce qu'attendent les jeunes accouchées. A côté de ça, Béatrice nous décrit la naissance de son fils Roméo, 15 ans auparavant, comme une pure jouissance. J'ai trouvé ce roman maîtrisé et bien écrit. En revanche, il est peut-être à déconseiller aux jeunes femmes sur le point d'accoucher. C'est à vous de juger. Lire les billets enthousiastes de Clara et Cathulu.

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lundi 26 août 2013

La fabrique de crimes - Paul Féval / Tu peux crever! - Howard Fast

En ce dimanche pluvieux de 25 août 2013 pré-rentrée, je [ta d loi du cine] viens de m'avaler successivement ces deux livres, chinés cette semaine pour 2 euros chacun à Bécherel, village breton comportant une douzaine de libraires d'occasion (première cité du livre en France). Hé bien, c'est une expérience extraordinaire, et que je souhaite partager avec les lectrices et lecteurs de ce blog sur lequel il m'arrive parfois de squatter (au grand dam de ses statistiques de commentaires). En fait, je ne parlerai même que tout à fait accessoirement de l'intrigue de chacun des bouquins.

Quand, par la lecture du premier titre évoqué, vous vous êtes bien surexcité vos neurones jusqu'au paroxysme, et avant la "descente", plongez-vous donc (ou replongez-vous) ensuite dans un ce ces polars à l'ancienne (2ème moitié du XXème siècle), avec un héros ou une héroïne (honni soit qui mal y pense!) improbable mais "identifiant(e)" et pétillant(e) d'intelligence, une intrigue réglée comme du papier à musique (invraisemblable bien que plausible, si vous voyez ce que je veux dire), et beaucoup de dialogues "ping-pong". Je pense par exemple à Compartiment tueur (Sébastien Japrisot), ou même aux Agatha Christie avec Tuppence et Tommy, ou encore à du William Irish (que je découvrais il y a plus de 30 ans via le recueil de nouvelles Du crépuscule à l'aube - mais ceci est une autre histoire), ou tout autre choix de revisite répondant aux critères ci-dessus. Et savourez votre nouvelle "grille de lecture".

Pour commencer, sachez que dans La fabrique de crimes rédigé en 1866, Paul Féval (1816-1879) parodie ouvertement le roman feuilleton dont il a été l'un des maîtres incontestés. Au prétexte des aventures d'Elvire et de Fandango, on trouve, à l'excès, tous les rebondissements rocambolesques (Ponçon du Terrail), quelques développements d'ambiance misérabiliste (Hugo), des scènes épiques auprès desquelles les dumasiennes font pâle figure (encore que, dans Le Capitaine Pamphile...). A chaque page et même parfois plus souvent, un coq-à-l'âne jette aux oubliettes l'action en cours pour des péripéties plus incroyables encore, jusqu'à la chute finale de cette pochade, chute par laquelle je vous interdis de commencer (non mais!). Accroché(e) jusqu'au bout, vous serez alors dans l'état d'esprit adéquat afin de savourer votre livre suivant.

Pour ne rien vous cacher (et même si bien d'autres titres peuvent faire l'affaire), Tu peux crever! (titre en français) fait partie de la série d'une douzaine de romans policiers avec comme titre un prénom féminin rédigés par Howard Fast sous le pseudonyme de E.V. Cunningham, à une époque où il figurait sur la liste noire du maccarthysme. Shirley, l'héroïne éponyme (dans la version anglaise), est une secrétaire de 20 ans qui attend plus ou moins le prince charmant. Mais, intelligente comme elle est, elle le démasque rapidement, à peine a-t-il achevé de se présenter. Là, il sort un flingue... avant qu'ils se sauvent par les toits. La fille n'a pas sa langue dans sa poche et fait tourner ces messieurs de la jaquette en bourrique en les ridiculisant (le roman est daté...). Mais tout est bien qui finit mieux, et, après moult aventures, elle renonce à son cri de guerre (j'aimerais assez connaître l'expression anglaise qui a inspiré le titre français de 1965!) pour finir par dire d'accord à son brave chef de service. Mais ça n'en fait pas une harlequinade pour autant (ce n'est pas de la chick lit non plus - à mon avis), il y a eu des morts.

Voilà, j'aimerais bien connaître, maintenant, d'autres récits de "voyages" causés par la lecture à la queue leu leu de livres ayant une influence sur l'humeur et l'état d'esprit... Pas besoin de recourir à des substances illicites, on peut se droguer avec des bouquins (outre l'addiction), si, si!


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La fabrique de crimes, Paul Féval, Ouest France, Coll. La crème du crime, 125 pages.

Tu peux crever! (Shirley), Howard Fast (E.V. Cunnigham), Folio Policier, 248 pages.

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mercredi 31 juillet 2013

Romans lus dans le cadre du prix du Roman Fnac de la rentrée 2013

Comme promis, je vous communique les titres des cinq romans que j'ai reçus dans le cadre du Prix du roman 2013, aucun d'eux ne fait partie des quatre finalistes.

Je les ai mis dans l'ordre où je les ai lus:

Le cas Eduard Einstein de Laurent Seksik (Editions Flammarion) qui est une biographie romancée sur un des deux fils d'Albert Einstein. L'écrivain nous narre la triste de vie d'Eduard, fils cadet d'Albert. Cet homme qui souffrit de schizophrénie toute sa vie a vécu la plupart du temps dans des cliniques psychiatriques en Suisse où il subit des traitements épouvantables. Il est mort à 55 ans. Le récit reste trop superficiel. Je n'ai pas été autant émue que j'aurais pu vu le sujet. Le roman sort fin août.

La nuit en vérité de Véronique Olmi (Albin Michel) est mon préféré des cinq, lire mon billet du 30 juin 2013. Le roman sort le 21/08/13.

La route du salut d'Etienne de Montety (Gallimard) se passe d'abord en France puis en pleine guerre de Bosnie en 1994. On suit quelques Français engagés comme combattants dans ce terrible conflit. Lire mon billet du 06 juillet 2013. Le roman sort fin août.

Ce sera ma vie parfaite de Camille de Villeneuve (Editions Philippe Rey) fut une déception. Pas mal écrit, mais l'histoire n'a ni queue ni tête.

Enfin le roman anglo-saxon du lot: Un parfum de scandale (Editions Belfond) d'Annalena McAfee (l'épouse à la ville de Ian Mc Ewan). Sans être méchante, elle n'a pas le talent de son mari. Son roman est beaucoup trop long. J'ai eu l'impression qu'il y avait beaucoup de redites, c'est assez interminable, et les deux personnages féminins ne m'ont pas beaucoup intéressée. Dommage.

Voici maintenant les quatre romans finalistes, j'espère qu'ils seront plus enthousiasmants.

La Lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson (Editions Zulma)

Trois grands fauves d'Hugo Boris (Editions Belfond)

Chambre 2 de Julie Bonnie (Editions Belfond)

Les Evaporés de Thomas Reverdy (Editions Flammarion)

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samedi 6 juillet 2013

Pause vacancière en Ecosse + Livres mystères 2, 3, 4 et 5

Et oui samedi 6 juillet 2013, aujourd'hui, je pars 8 jours en Ecosse. Je vais faire le tour de cette région en passant par l'île de Skye. J'essaierai d'apercevoir Nessie dans le Loch Ness; en revanche, je ne boirai pas de whisky (pas fan du goût). Je me réjouis de découvrir Edimbourg, quelques châteaux et surtout les paysages. Je croise les doigts pour que le temps soit clément.

EdinburghMontage

J'écrirai bien entendu un petit compte-rendu à mon retour.

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En attendant, je continue mes mini-chroniques sur les livres que j'ai lus "confidentiellement" dans le cadre du prix du roman Fnac, dans l'ordre de préférence.

Livre mystère 2 : je ne connaissais pas l'écrivain et pourtant il est co-auteur d'une BD sur les derniers jours de Stefan Zweig. Dans sa biographie romancée à paraître, il est question de l'évocation du destin tragique du fils schizophrène d'un génie de la physique. Pas mal du tout, mais l'ensemble reste un peu superficiel, sans vrai point de vue. Et j'ai été gênée par le fait que, régulièrement, l'écrivain se mette à la place du malheureux héros: il le fait parler. Mais c'est une opinion purement personnelle.

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Livre mystère 3 : ce roman a été écrit par un journaliste qui, a priori, est responsable des pages littéraires d'un grand quotidien national. Il situe son histoire en 1994, en pleine guerre de Bosnie. Il décrit comment de jeunes Français, issus ou non de l'immigration, se trouvent mêlés à ce conflit comme simples soldats, pour un motif religieux ou autre. On est au plus près des personnages, mais je n'ai pas trouvé que l'écrivain nous faisait sentir l'horreur de la guerre: trop neutre à mon goût.

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Livre mystère 4
: voici un roman anglo-saxon écrit par une femme, l'épouse d'un écrivain britannique très célèbre. Je dois dire que, selon moi, elle n'a pas tout à fait le talent dudit mari. En 1997, une journaliste pigiste doit faire une interview d'Honor, une vieille dame de 80 ans, ancienne grande reporter qui a cotoyé les grands de ce monde. La jeune femme voudrait bien qu'Honor lui révèle quelque secret inavouable. Le roman fait presque 500 pages, c'est long. 150 pages auraient suffi. J'ai trouvé des répétitions, l'action n'avance pas, ça patine. Je ne conseille pas vraiment.

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Livre mystère 5 : ce roman est un mystère en lui-même. Je n'ai pas "accroché" du tout à l'histoire de ce vieil homme qui va bientôt mourir de manière violente et qui nous raconte des bribes de sa vie. La jeune femme qui a écrit ce roman le fait dans un style agréable, mais cela n'a pas suffi à mon bonheur.

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J'ai mis 3 semaines et demi pour lire ces cinq romans.


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Pour conclure, je vous dis à très bientôt.

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