vendredi 11 août 2017

Negra soledad / Les yeux du coeur - Ramon Diaz-Eterovic

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J'ai encore bien apprécié les deux romans de Ramon Diaz-Eterovic, Les yeux du coeur (écrit en 2001 et publié en français en 2007) et Negra Soledad (écrit en 2014 et publié en français en mai 2017). Avec ces deux titres, j'en suis à sept romans lus de cet écrivain, alors que la série "Heredia" comporte 16 titres (selon wikipedia). J'ignore pourquoi le plus récent (Negra soldedad) a été traduit en français et pas les deux précédents. Il y a des mystères dans le monde de l'édition qui me dépassent. En revanche, c'est encore Bertille Hausberg qui se charge de la traduction (Elle le fait avec beaucoup de talent depuis le début). Lire mes billets précédents ici, ici, ici et .

Dans Les yeux du coeur (Editions Métailié, 260 pages), le détective Heredia, le narrateur, enquête sur la disparition d'un homme qu'il a connu en 1974, en pleine dictature. Les deux faisaient partie d'un groupe d'aspirants poètes et ils étudiaient le droit. L'enquête va obliger Heredia à quitter Santiago momentanément afin de terminer son enquête sur l'île de Chiloé, au sud des côtes chiliennes, où il retrouvera (ou non) Traverso, l'homme qu'il n'est pas tout seul à chercher. Mais avant d'en arriver là, comme dans les autres romans, on suit Heredia dans ses réflexions, ses déambulations dans quelques quartiers de Santiago. Heredia n'est pas toujours aimable, il est sans concession. On devient familier avec la rue dans laquelle il vit et on entre souvent dans son appartement dont les fenêtres ont vue sur le rio Mapocho et la cordillère des Andes. Il le partage toujours avec Simenon, son chat blanc à qui il fait la conversation. Heredia reçoit parfois de la visite, dont quelques membres du sexe féminin. Mais ses amours ne sont pas très heureuses. Les dames s'en vont ou disparaissent tragiquement et Heredia se retrouve condamné à la solitude. Heredia n'est pas très riche, mais de temps en temps il se renfloue en misant sur les bons chevaux aux courses.

Dans Negra Soledad (titre original en espagnol : La Musica de la soledad (!), Editions Métailié, 345 pages) Heredia décide d'enquêter sur le meurtre d'Alfredo, un ami avocat d'Heredia. Et ceci à la demande de la veuve. Alfredo avait été engagé par des villageois du nord du Chili. Ils sont menacés d'expropriation à cause d'un barrage et d'une exploitation minière polluante. On peut deviner assez vite qui a tué, mais ce n'est pas cela l'important mais la progression d'Heredia dans la découverte de la vérité. En parallèle, Heredia va peut-être enfin se marier avec Doris, une inspectrice de la police.

Ces lectures m'ont encore donné beaucoup de plaisir et j'ai quitté à regret Heredia et Simenon. J'espère les retrouver bientôt. A bon éditeur, salut.

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mercredi 26 juillet 2017

La table du roi Salomon - Luis Montero Manglano

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La table du roi Salomon de Luis Montero Manglano (Edtions Actes Sud, 515 pages haletantes) est le roman idéal si vous aimez le suspense, les énigmes, les jeux de pistes, les films d'Indiana Jones, l'Histoire. C'est divertissant et ludique avec des chausse-trappes (surtout à la fin). L'histoire racontée à la première personne nous fait découvrir une organisation quelque peu secrète: CNQ (Corps National des Quêteurs), dont les bureaux sont situés dans les sous-sols du musée archéologique de Madrid. Tirso Alfaro, le narrateur, un jeune espagnol de 30 ans, licencié en histoire de l'art mais n'ayant jamais réussi avoir un doctorat, se retrouve enrôlé suite à une sélection piquante dans cette organisation, après un court passage comme gardien dans un obscur musée à Canterbury en Angleterre. Ce groupe, composé seulement de six personnes avec des pseudos comme Enigma, Danny, Labulle ou Tesla, a pour but de récupérer des biens culturels volés à l'Espagne au XIXème et XXème siècles, et de les échanger contre des copies parfaites. Bien évidemment ils vont affronter un vrai méchant aux noirs desseins quand il s'agira de retrouver la table du roi Salomon, J'ai dévoré les 500 pages en un week-end. Un vrai plaisir de lecture que je compte bien prolonger quand paraîtra un 2ème tome car c'est a priori le tome 1 d'une série. Lire le billet de Brize.

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jeudi 10 novembre 2016

La double vie de Jesús - Enrique Serna / L'échange - Eugenia Almeida

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Comme annoncé dans mon billet du 14 septembre 2016, je voudrais d'abord évoquer L'échange d'Eugénia Almeida (Editions Métailié, 250 pages) que j'aurais voulu apprécier autant que la jeune libraire qui l'avait recommandé. Et bien, non... car je n'ai rien compris à cette histoire. Il y a de nombreux dialogues mais on ne sait pas qui parle. Cela m'a beaucoup gênée. Quand le roman débute à Buenos Aires en Argentine, une jeune femme vient de se suicider en se tirant une balle de revolver en pleine rue. Guyot, un journaliste, décide d'enquêter pour comprendre pourquoi cette femme a mis fin à ses jours. Des policiers font tout pour que le journaliste ne découvrent pas la vérité, dont l'origine remonte au temps de la dictature militaire. Je ne peux rien écrire d'autre.

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Je passe maintenant au roman mexicain La double vie de Jesús d'Enrique Serna. Jesùs Pastrana vit à Cuernavaca. Marié (son couple bat de l'aile), il est le père de deux enfants (qu'il adore). Membre du parti PAD (Parti d'action démocratique - c'est une invention de l'écrivain) depuis 20 ans, c'est un fonctionnaire qui exerce comme Commissaire aux comptes à la mairie. Il brigue la fonction de maire qui lui permettrait (peut-être) de combattre le crime organisé et les cartels de trafiquants qui gangrènent la ville, car Jesùs est un homme intègre. En revanche, il a un secret: il prèfère les hommes aux femmes. Ainsi, il rencontre, et tombe follement amoureux de, Leslie, un travesti qui est le frère jumeau d'un dangereux narco-trafiquant. Le rythme du roman est trépidant avec des péripéties d'une page à l'autre. Jesùs a du mal à mener de front cette liaison "scandaleuse" et sa campagne électorale dans un pays "macho" comme le Mexique. Je pense qu'ailleurs, cela ne serait pas plus simple. Quand le roman se termine (j'ai trouvé la fin abrupte), on est triste de quitter Jesùs qui a vécu en quelques mois une passion hors norme faite de sexe, de tendresse, de fureur et de beaucoup d'amour avec un zeste d'humour. Les seuls bémols que je fais sont pour la fin un peu rapide et sur le fait que l''écrivain se concentre exclusivement sur Jesùs, au détriment peut-être des autres personnage. Un roman que je conseille, tout comme Simone.

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lundi 1 août 2016

La mort se lève tôt / Un deuxième voeu - Ramon Diaz-Eterovic

J'ai été contente de trouver ces deux titres dans une bibliothèque ouverte assez récemment à Paris dans le Xème arrondissement.

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Ramon Diaz-Eterovic, né en 1956, est un écrivain chilien que je recommande pour ceux qui ne connaissent pas. Il a écrit une quinzaine de romans policiers mettant en scène le détective Heredia et son chat Simenon, mais seulement six d'entre eux ont été traduits en français à ce jour, et même pas dans l'ordre de leur parution, ce qui est bien dommage (c'est carrément un scandale). Après Les sept fils de Simenon, La couleur de la peau et L'Obscure mémoire des armes, voici donc La mort se lève tôt (280 pages) et Un deuxième voeu (250 pages). Ces deux romans sont publiés aux éditions Métailié, et comme dans les précédents, Ramon Diaz-Eterovic situe ses histoires dans la ville de Santiago de nos jours mais avec des rappels du temps de la dictature. J'ai retrouvé avec grand plaisir Heredia (spécialisé dans la recherche des personnes disparues) et Simenon.

Dans La mort se lève tôt, Heredia, à la demande de Dagoberto Solis, un ami policier retraité à qui on demande de reprendre du service, va enquêter sur la mort par overdose d'une amie journaliste dans un hôtel. Cette mort qui fait croire à un suicide est en réalité un meurtre maaquillé, tout comme celui d'un Américain peu de temps avant, ainsi que la mort suspecte d'un des cuisiniers travaillant dans ce même hôtel. Le célibataire endurci qu'est Heredia, tout en menant ses investigations en prenant son temps, rencontre une jeune femme, Griseta, qui s'installe chez lui. Son chat Simenon avec qui il converse très souvent voit d'un mauvais oeil l'arrivée de cette intruse. Heredia continue aussi de parier aux courses de chevaux grâce à son ami Anselmo qui tient un kiosque en bas de chez lui. Tous ces personnages donnent beaucoup d'humanité à l'histoire, qui a comme toile de fond la fabrication clandestine d'armes bactériologiques. Une intrigue un peu compliquée mais je conseille.

Tout comme je conseille Le deuxième voeu qui se passe quelques années après. Un certain Julio Servilo  demande à Heredia de retrouver son père âgé dont il n'a plus de nouvelles. Par ailleurs, Heredia reçoit un paquet dans lequel se trouve une lettre de Silvia Fujon, une femme décédée depuis six mois qui avait bien connu la mère du détective. Dans ce roman, on apprend en effet qu'Heredia a vécu dans un orphelinat dès l'âge de 5 ans. Il se souvient à peine de sa mère Mercedes et ne sait pas qui était son père. Le deuxième voeu (le titre du roman) fait référence au souhait de la mère d'Heredia, à savoir que Silvia puisse retrouver l'homme que Mercedes avait aimé. J'ai suivi avec intérêt les recherches qu'Heredia mène de front. Sa quête pour savoir qui était son père est touchante. Il va apprendre que son père était boxeur et s'appelait Buenaventura Dantès. Pour l'autre enquête, Heredia va affronter des hommes abjects qui s'enrichissent sur le dos des petits vieux laissés-pour-compte dans cette grande ville qu'est Santiago. Un très bon roman. Lire le billet de Noëlle.

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jeudi 3 septembre 2015

Livres lus et non commentés depuis le 01/07/15

Avant de refaire une pause vacancière (j'écluse mes congés que j'aime bien prendre en septembre), voici quatre romans très différents que j'ai lus tout récemment. Je ne me suis pas encore trop penchée sur la rentrée littéraire 2015. A bientôt vers la mi-septembre.

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Je commence par celui qui m'a beaucoup déçue. Les Démons de Berlin d'Ignacio del Valle est une sorte de suite de L'Empereur des tènèbres. On retrouve Arturo Andrade et quelques-uns des ses compagnons dans Berlin en ruines, en avril 1945, quelques jours avant le suicide d'Hitler. J'ai trouvé l'intrigue confuse. J'avoue n'avoir pas compris grand-chose, mais j'ai lu le roman jusqu'au bout (400 pages, Editions Phébus) même si j'ai parfois "décroché". L'action n'avance pas, malgré le fait que l'auteur nous décrit au plus près la chute de la ville et tout ce qui s'ensuit. A Berlin, un scientifique est retrouvé mort assassiné à côté de l'immense maquette de Germania, ville qu'Hitler rêvait de construire sur le vieux Berlin. Arturo est chargé de l'enquête, qu'il mène au péril de sa vie car les Russes sont entrés dans Berlin, et ça canarde de partout. Hitler est enfermé dans son Bunker en attendant la fin. Arturo montre qu'il peut être sans pitié. Le roman ne dégage que de la noirceur et de l'horreur. Et Andrade est pas mal descendu dans mon estime. Lire les billets de Dominique et Ingannmic qui ont été nettement plus enthousiastes que moi.

Je passe à L'archange du chaos de Dominique Sylvain (Editions Viviane Hamy, 330 pages). C'est le premier roman que je lis de cette auteure et j'ai beaucoup aimé. Le ton du roman m'a fait penser aux romans de Pierre Lemaître (Robe de marié ou Travail soigné) en moins frénétique mais tout aussi noir. L'intrigue complexe est bien menée. L'histoire se passe à Paris et en proche banlieue. Le commandant Carat et son équipe composée entre autre de Franka Kehlman, une jeune lieutenant fraîche émoulue de 23 ans, vont enquêter sur un, deux puis trois crimes au même modus operandi. Il ne s'agit pas de crimes sexuels. A la toute fin, on découvre les liens qui relient les victimes. Je n'avais pas deviné qui était l'assassin. Dominique Sylvain s'attache surtout à la description des vies des policiers et des magistrats qui mènent l'enquête. On apprend par exemple pourquoi Carat ne conduit pas. Franka, elle, a eu une enfance difficile avec un père brillant universitaire mais alcoolique, et une mère chanteuse de talent qui s'est suicidée. Un excellent roman qui ne se lit pas forcément très vite et que je vous conseille, tout comme Richard et Oncle Paul qui en parlent très bien.

En lisant le billet d'Eimelle, j'ai eu envie de savoir ce qu'il en était de ces Meurtres à la pause-déjeuner (Edition Liana Levi, 247 pages), un roman italien écrit sous le pseudonyme de Viola Veloce qui a d'abord paru sur Internet. Francesca Zanardelli, la narratrice du roman, travaille au service "Planification et contrôle" d'une société milanaise de 300 personnes. Francesca a 34 ans et n'est pas très bien dans sa peau. Revenue de sa pause-déjeuner avec un collègue, elle s'apprête à se laver les dents dans les toilettes quand elle découvre dans le miroir le reflet de deux pieds dépassant sous une des portes de toilettes. Ces pieds, et le corps qui va avec, appartiennent à Marinella Sereni, sa collègue assez insupportable (et au demeurant une incapable qui passe son temps à faire des réussites sur l'ordinateur). Le corps de Sereni qui a une corde autour du cou a été disposé sur le dos, les mains sur la poitrine. Elle a été étranglée. Malgré sa nullité, Sereni ne pouvait être licenciée à cause de son contrat de travail en CDI établi plusieurs années auparavant, tout comme Savino Santi et Galli (aussi odieux l'un que l'autre), les deux autres futures victimes. Ils occupaient le même bureau que Francesca. Sinon, une grande partie de l'histoire s'attache à la vie morne de Francesca dont le mariage a été annulé (son ex-fiancé est parti avec une autre, la veille de la cérémonie). Francesca vit pas loin de chez ses parents trop protecteurs qui sont inquiets pour elle. Ils ont peur qu'elle reste "vieille fille", d'une part, et que le tueur s'attaque à elle, d'autre part. Un roman sympathique.

Je termine avec Le héros discret de Mario Vargas Llosa (Editions Gallimard, 478 pages) qui situe ses deux histoires de nos jours, au Pérou entre Lima et Piura. Le roman alterne deux récits qui arriveront à se rejoindre. A San Miguel de Piura, Felicito Yanaqué, patron (plus très jeune) d'une entreprise de transports, mène une vie paisible entre sa femme Gertrudis (qu'il n'a jamais vraiment aimé) et sa maîtresse Mabel, une femme nettement plus jeune que lui qui le surnomme "p'tit vieux" (j'ai trouvé la traduction étrange). Il la dédommage largement pour ses "services". Il a deux fils, Miguel et Tiburcio, très différents l'un de l'autre. Un jour, il reçoit une lettre assez menaçante: on veut le "racketter" de 500 dollars par mois pour que son entreprise soit protégée de toute menace de vauriens. Comme signature, il y a le dessin d'une petite araignée. Felicito ne se laisse pas intimider. Il est furieux et va tout de suite voir la police. A Lima, Ismaël Carrera, un fringuant octogénaire, directeur d'une compagnie d'assurances, décide de se marier avec Armida, sa femme de ménage, une créole âgée d'au moins 40 ans de moins que lui. Rigoberto, qui est son employé et à qui il apprend la nouvelle, n'en revient pas. Ismaël a le malheur d'être le père de jumeaux, Miki et Escobita, avides et désoeuvrés, qui n'attendent que l'héritage. Ils vont tout faire pour annuler ce mariage. Quant à Rigoberto, âgé de 62 ans, il mène une vie heureuse entre son épouse Lucrecia et son fils Fonfon, 15 ans, enfant épanoui mais qui semble perturbé depuis peu à cause de ses rencontres avec un certain Edilberto Torres. C'est un roman plaisant à lire malgré la traduction pas toujours à la hauteur. Lire les billets de Kathel et Sandrine.


jeudi 25 juin 2015

Livres lus et non commentés depuis le 09/06/15

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Le bourreau de Gaudí d'Aro Sáinz de la Maza (Actes noirs, 660 pages) a attiré mon attention quand Dominique en a fait un billet. Dans ce roman que j'ai trouvé un peu long, c'est surtout Barcelone et Gaudí qui sont les personnages principaux de l'histoire. Ca m'a donné envie de revoir la capitale catalane où j'ai séjourné trop brièvement. Milo Malart, un inspecteur de police qui a été mis à pied par mesure disciplinaire, est réintégré pour ses talents d'enquêteur. La police en a bien besoin. On lui adjoint Rebecca Mercader, une jeune fliquette formée aux méthodes américaines. En 2010, à un mois de la venue de Benoît XVI qui doit consacrer la Sagrada Familia, un homme est retrouvé pendu et carbonisé à un balcon de la casa Milà (la Pedrera), un des bâtiments emblématiques contruit par Gaudí. Un deuxième crime ne tarde pas à se produire: un notable barcelonais a été attaché et brulé vif dans le parc Guëll. Puis un journaliste de la télé subit le même sort; et enfin une juge d'instruction est enlevée et sequestrée. L'enquête piétine et le lecteur s'impatiente. Il y a pas mal de digressions en rapport avec la vie personnelle de Milo, ce qui ralentit le rythme de l'histoire. C'est tout de même un roman qui se lit bien. On découvre au fur et à mesure les motivations des assassins (il y en a deux), en apprenant que des crimes annexes se sont déroulés tous les 10 juin (jour de la mort de Gaudí) depuis plus de 20 ans. Je ne vous en dit pas plus. Le roman aurait gagné à faire 200 pages de moins,

 

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Collusion de Stuart Neville (Rivages noir, 460 pages,) est la suite et fin des Fantômes de Belfast. On y retrouve Gerry Fegan, un ex-tueur de l'IRA, réfugié aux Etats-Unis. Apprenant qu'il est recherché par un homme qui lui en veut beaucoup, il revient à Belfast. Là, il croise la route de Jack Lennon, un policier catholique, qui, lui, espère retrouver sa fille Ellen âgée de six ans. La maman d'Ellen a des liens de famille avec ceux qui en veulent à Fegan. Par ailleurs, un tueur appelé "Le Voyageur" (on ne saura jamais son nom) est aux trousses de Fegan. Lennon et Fegan vont s'allier bien malgré eux contre des ennemis de tous bords: catholiques et protestants, flics et truands. Le récit est haletant avec la traque de Fegan par "Le Voyageur". C'est un roman qui se lit vite et qui confirme le talent de narrateur de Neville...

..., talent que l'on retrouve dans Ratlines (Rivages/Thriller, 390 pages) qui se passe en 1963 à Dublin. 18 ans ont passé depuis la fin de la seconde guerre mondiale, mais on apprend par ce roman que d'anciens nazis ont trouvé refuge en Irlande (pays resté neutre mais plutôt en faveur des alliés pendant le conflit). Neville a choisi de prendre des personnes ayant existé pour narrer cette histoire d'exfiltration d'anciens nazis où tous les coups sont permis. Albert Ryan, un lieutenant qui travaille dans le renseignement, est chargé par le ministre de la justice de l'époque, Charles Haughey (1925-2006), d'enquêter sur l'assassinat d'un de ces anciens nazis vivant sur le sol irlandais. Il va se retrouver à affronter Otto Skorzeny (1908-1975), une fripouille qui a été un proche d'Hitler et qui a aidé à l'évasion de Mussolini en 1943. La mission de Ryan est très risquée. Je ne vous dirai pas comment il s'en sort, d'autant plus qu'un agent du Mossad s'en mêle. Un roman qui m'a plu.

vendredi 22 mai 2015

Le jardin de bronze - Gustavo Malajovich

Estimant que les sorties cinématographiques intéressantes se font rares en ce moment, je n'ai jamais autant lu. Les périodes de "pont" du mois de mai m'ont aussi beaucoup aidée.

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J'ai trouvé Le jardin de bronze (Actes noirs / Actes Sud, 2014) de l'Argentin Gustavo Malajvich très réussi. Quand on commence ce roman bien construit, on ne le lâche plus, j'ai été captivée par ses 500 pages sans temps mort. L'intrigue, au suspense haletant, nous entraîne de Buenos Aires en Argentine jusqu'à Parana dans la province d'Entre Rios, à 470 km au nord de la capitale. Tout commence en avril 1999: Fabian, qui est architecte, son épouse Lila et leur petite fille Moira âgée de quatre ans mènent une vie a priori tranquille.... jusqu'à ce que Moira et sa baby-sitter péruvienne Cecilia disparaissent sur le parcours qui devaient les mener à un goûter d'anniversaire d'une copine de Moira. L'enquête policière piétine très vite. Mais grâce à l'aide de César Doberti, un enquêteur privé, Fabian reprend espoir malgré des fausses pistes et pas mal d'impasses dont une tragique. On découvre le cadavre de Cecilia tuée avec une arme étrange que je vous laisse découvrir. Pendant presque dix ans, Fabian convaincu que Moira est toujours vivante, va continuer de vivre vaille que vaille, on ne peut pas en dire autant de Lila... Une petite araignée en bronze et son alliage très particulier parmi les affaires de Moira va faire avancer l'enquête qui prend un tournant décisif. A Parana, un homme mystérieux, sculpteur de grand talent mais à l'esprit dérangé vit reclus dans une demeure au milieu d'un jardin fait de statues de bronze. Ces statues représentent une femme, toujours la même. J'espère vous avoir convaincus de lire ce roman qui semble avoir été peu chroniqué sur les blogs. Voici néanmoins deux avis, celui de Richard et celui de La petite souris, qui partagent mon enthousiasme. J'attends avec intérêt de lire le prochain roman de cet écrivain. Le jardin de bronze est le premier d'une série.

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samedi 22 novembre 2014

Le lecteur de cadavres - Antonio Garrido

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Voici un roman policier au rythme haletant qui vous transporte au XIIIème siècle en Chine dans la ville de Lin'an (aujourd'hui Hangzhou, dans le sud du pays). Le titre Le lecteur de cadavres d'Antonio Garrido (Editions Grasset, 600 pages) est déjà tout un programme. L'écrivain espagnol s'est beaucoup documenté pour écrire ce roman en se servant de la vie du premier médecin légiste de tous les temps. On ne connait rien de la vie de Ci Song né en 1186 mais il a laissé une oeuvre abondante. En 1206, Ci Song a donc 20 ans. Il vient de perdre ses parents dans l'incendie de leur maison, son frère Lu est exécuté pour un crime qu'il n'a peut-être pas commis et sa petite soeur appelée Troisième est atteinte du même mal que les deux soeurs aînées (décédées depuis quelques temps déjà). Song Ci est un homme qui a une particularité physiologique: il ne ressent aucune douleur physique même quand il est blessé. Sinon, grâce un juge, il a pu suivre dès l'âge de 17 ans, des cours à l'université en droit puis en médecine. A 20 ans, Ci est capable de découvrir quelles sont les causes de décès de personnes mortes plus ou moins naturellement. Je vous passe le début de ses aventures dans la ville de Lin'an pour arriver directement dans le palais de l'empereur qui ayant eu ouïe-dire de ses talents, lui demande d'enquêter sur le meurtre d'un eunuque affreusement mutilé appartenant à la cour. D'autres meurtres vont suivre. Iris Bleu, une belle femme aveugle dont le charme fait tourner la tête de Ci va jouer un rôle crucial dans l'histoire. On peut deviner assez vite qui est le coupable mais pas forcément son mobile. C'est vraiment passionnant. On a du mal à lâcher ce roman que je vous recommande. Chez sentinelle parle très bien de ce livre sur d'autres aspects.

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lundi 10 novembre 2014

Hérétiques - Leonardo Padura

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Je viens d'achever ma lecture des 600 pages du nouveau roman de l'écrivain cubain Leonardo Padura, Hérétiques (Editions Métailié). Keisha en parle très bien et renvoie à des liens très intéressants. Je la rejoins dans les louanges. Le roman se décompose en trois grandes parties: Livre de Daniel, Livre d'Elias, Livre de Judith, et une sorte d'épilogue appelée "Genèse".

J'ai découvert Leonardo Padura (né en 1955) avec Les brumes du passé (où j'ai fait la connaissance de son héros, Mario Conde), j'ai continué avec L'homme qui aimait les chiens et maintenant Hérétiques où on l'on retrouve Mario Conde (ancien flic devenu chasseur de beaux livres), ses amis, son chien mal élevé, son éternelle fiancée et surtout La Havane qui en 2007-2008 suinte toujours la quasi-misère, le manque de tout, le délabrement des maisons et des équipements publics. Dans ce roman, Padura mêle la fiction et la grande Histoire. Il y est pas mal question de la persécution des Juifs entre 1939 et 45, mais l'écrivain revient aussi à la fin de son roman (dans "Genèse") sur les massacres perpétrés en Pologne au XVIIème siècle contre le peuple élu. Un petit tableau de Rembrandt représentant un jeune homme juif ayant servi de modèle du Christ sert de fil rouge au roman.

Dans la première partie, en 1939, Daniel Kaminski, jeune garçon d'origine juive polonaise d'à peine 10 ans réfugié chez son oncle Joseph à Cuba, s'apprête à revoir enfin son père, sa mère et sa soeur Judith qui arrivent en bateau d'Europe avec un tableau de Rembrandt dans leurs maigres bagages. Comme tous les autres passagers, la famille ne pourra pas débarquer mais le tableau, oui... En 2007, le fils de Daniel Kaminski contacte Mario Conde pour savoir ce qui est arrivé au tableau réapparu à Londres pour être vendu aux enchères.

Dans la deuxième partie, nous faisons un saut dans le temps, à Amsterdam (la nouvelle Jérusalem) au XVIIème siècle. Elias Ambrosius Montalbano de Avila, jeune Juif séfarade, devient à force de patience un des élèves de Rembrandt, qu'Elias surnomme "Maître". Il posera aussi pour lui. Et pourtant, dans la tradition juive, les représentations humaines sont interdites. Elias passe outre, il le paiera par un exil forcé. Je vous laisse découvrir ce chapitre passionnant où l'on entre dans l'intimité du plus grand peintre hollandais du XVIIème siècle.

Dans la troisième partie, nous voilà revenus à Cuba en 2008, une jeune fille appelée Judy a disparu depuis 10 jours quand Yadine, une amie de la jeune fille, fait appel à Mario Conde pour la retrouver. Je vous laisse découvrir comme lui le monde des "émo", le lien qui relie Judy et Yadine au tableau. Les ramifications sont nombreuses.

Le roman est vraiment passionnant, facile à lire. Je vous le recommande.

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dimanche 1 juin 2014

Depuis le temps de vos pères - Dan Waddell / Les sept fils de Simenon - Ramon Diaz-Eterovic

Voici deux romans que je vous recommande.

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Dans Depuis le temps de vos pères de Dan Waddell (Editions du Rouergue, 300 pages), on retrouve Grant Foster qui se remet doucement des différents traumatismes corporels qui lui a été infligés précédemment (lire Code 1879) et Nigel Barnes le généalogiste. A Londres, de nos jours, plusieurs personnes sont assassinées et des adolescentes de 14 ans enlevées. Grâce à Barnes, à un cheveu et à l'ADN, on apprend qu'ils sont tous des descendants d'un couple, Sarah et Horton, qui à la fin du XIXème siècle ont commis un péché mortel aux yeux de leur communauté religieuse, les Mormons pour les citer. L'histoire emmène notre généalogiste et une jeune femme policier jusque dans l'ouest des Etats-Unis, en Utah, où sont archivés des millions de noms rassemblés par les Mormons sur un registre des morts. Depuis le temps de vos pères est un roman que j'ai lu en moins d'un week-end. J'ai trouvé l'histoire peut-être moins passionnante que celle de Code 1879 car l'enquête généalogique est nettement plus vite expédiée. L'intrigue m'a paru bien menée. Le troisième tome des enquêtes du généalogiste m'attend sur une de mes nombreuses PAL. Lire les billets de Corinne, Soie, Titine,

Je continue avec Les sept fils de Simenon de Ramon Diaz-Eterovic (Metailié Noir, 280 pages) où j'ai eu le plaisir, une fois de plus, de revenir à Santiago du Chili pour retrouver le détective privé Heredia et son chat Simenon (qui à force de conter fleurette aux chattes de gouttière devient papa de sept chatons). Heradia est toujours fauché mais cela ne l'empêche pas de nourrir son chat à qui il voue une grande affection. Il donne une réponse que j'aime beaucoup quand on l'interroge à propos de son amour pour son chat. Il reprend une citation de Cocteau: "Je préfère les chats aux chiens parce qu'il n'y a pas de chats policiers" (p. 110). Heredia devient suspect d'un meurtre perpétré sur la personne d'un expert-comptable/avocat dans un hôtel miteux où notre privé se trouvait en même temps. L'enquête que mène Heredia lui fait découvrir des malversations à propos de l'attribution de marchés publics à des entreprises peu respectueuses des gens et de la nature. La victime qui s'appelait Gordon était incorruptible. Pour l'aider dans ses investigations, Heredia a l'appui de son ami Anselmo, le kiosquier, de Madame Zara, sa voisine de palier, voyante extra-lucide, et d'un américain grand amateur de bière. La ville de Santiago et ses habitants sont toujours très présents dans ce roman vraiment plaisant.