lundi 13 septembre 2021

Les femmes ne viennent pas de Mars, mais elles y vont - Anneliese Mackintosh

 

Les femmes ne viennent pas de Mars, mais elles y vont, d'Annelise Mackintosh: voilà bien un livre que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'arriverai à inscrire sur aucun des challenges que je suis, ... si ce n'est mon propre Challenge de la planète Mars. Je suis tombé sur ce bouquin par hasard l'autre jour, dans les bacs à tarif doux devant chez Gibert au Quartier Latin. Je ne l'ai lu, bien entendu, qu'après avoir investi 2 euros pour cet achat. Neuf, ce livre sorti en juin 2020 coûte 18,90 euros. Une fois n'est pas coutume, je présente donc un roman paru très récemment! Hors challenge, je n'aurais jamais songé à l'acheter ni même à le feuilleter. Et voilà que je l'ai lu, pour en tirer un billet de plus.

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Selon ce qui figurait sur le site de l'Agence culturelle de la région Aquitaine (ECLA), la traductrice, Aurélie Montaut-Pernaudet, "a acquis une solide expérience dans le domaine de la littérature populaire et sentimentale": voilà qui pourrait suffire à qualifier l'ouvrage. De quoi s'agit-il donc? Solvig, 37 ans, plongeuse professionnelle en couple avec James, un tatoueur amputé d'un pied, court deux lièvres à la fois: tomber enceinte, et participer à un concours pour partir sur la planète Mars (sans l'avouer à son cher et tendre). Le roman est écrit sous forme de récit à la première personne. On partage donc avec notre héroïne les instants de plongée en saturation (avec les collègues qu'il faut supporter), le passage des différentes étapes pour sa candidature au projet médiatique Objectif Mars... et par-dessus tout, ses questionnements sur sa vie de famille, passée, présente ou future, mais plus ou moins dysfonctionnelle. 

De mon côté, je le répète, la seule chose qui m'a attiré vers ce livre qui ne correspond guère à la littérature que je lis usuellement, c'est Mars. Je peux dire que je l'ai lu sans déplaisir, mais avec une indifférence certaine, et que je ne le relirai pas. Quant à cette histoire de recrutement de futurs colons martiens, ça me disait vaguement quelque chose. Il me semblait avoir vu passer des infos dans la presse à ce sujet, fut un temps. J'ai vérifié, et il est explicite que c'est le véritable projet Mars Horizon porté par la société Mars One, lancé en 2011, qui a inspiré le "pitch" de ce bouquin. Il faut malheureusement (?) noter que l'article qui la concerne sur Wikipedia (consulté le 5 septembre 2021) signale la mise en liquidation en 2019 de la société suisse qui l'avait rachetée. Mais Elon Musk reste en embuscade avec ses propres projets de départ vers Mars. Et, plus sérieusement (plus modestement, aussi), la NASA recrute semble-t-il des volontaires (américains!) pour vivre un an, à Houston, comme s'ils étaient sur Mars...

Pour en revenir au livre, j'ignore s'il a attiré beaucoup de lectrices (sinon de lecteurs). J'ai trouvé un petit nombre de blogs qui ont l'ont chroniqué: Charlene, une des cinq chroniqueuses du blog Alice in Neverland, en parle. Mais aussi La bibliothèque de Céline ou Les petites lectures de Scarlett.

Ah, tiens, finalement, une idée: il faudrait que je propose mon exemplaire en "livre voyageur". Et ce serait aussi l'occasion de reprendre contact avec les blogueuses à qui je n'ai toujours pas demandé leur adresse ou un RV pour leur faire parvenir les livres pour lesquels elles s'étaient dites intéressées dans les délais lors d'une opération précédente!

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vendredi 10 septembre 2021

L'enfant de Mars - Cyril M. Kornbluth & Judith Merril / Le Marquis de la Dèche - Roland Dorgelès

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Encore de la littérature pour le Challenge de la planète Mars (lancé par moi-même, ta d loi du cine, "squatter" chez dasola). Comme je l'avais fait naguère pour des livres de Paul Féval ou Howard Fast, je vais profiter d'achats en bouquineries pour présenter deux livres.

Je suis tombé sur le premier par hasard, il y a quelques semaines, en fouillant dans les bacs d'une librairie d'occasion boulevard Saint-Michel, rayon SF / Fantaisy. Aux côtés d'ouvrages très contemporains (pas mal de volumes du Trône de Fer, d'autres "Fantaisies", et de la SF "classique" en Pocket, J'ai Lu et autres Présence du Futur [Denoël]), sur un des "format poche" dont ma main rendait visible un titre après l'autre, un mot m'a accroché l'oeil: "... Mars"! Je l'ai bien sûr sorti du bac et amené jusqu'à la caisse.

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L'enfant de Mars, Cyril M. Kornbluth & Judith Merril,
collection Le Masque - Science Fiction (N°84), Librairie des Champs-Elysées, 1979.

La collection tout d'abord. Je ne la connaissais pas (n'y avais jamais porté attention). Quelques recherches suffisent à n'importe qui pour découvrir que "Le Masque - Science Fiction", créée en 1974 et clôturée en 1981, a publié 116 titres". J'ai eu de la chance en tombant sur le seul volume de cette collection à comporter "Mars" dans son titre. Parmi les auteurs publiés: Philip K. Dick (8 titres), Jack Vance (3 titres), Isaac Asimov (2 titres), Frank Herbert (2 titres), Arthur C. Clarke (1 titre), Robert Heinlein (1 titre)... et bien d'autres auteurs connus (dont quelques Français) dont je n'ai jamais rien lu encore. On y trouve encore Le fusilier Cade, des mêmes Kornbluth & Merril (N°100). Quant à la "Librairie des Champs-Élysées", cette Maison d'édition fut fondée en 1925 par Albert Pigasse, et perdura jusqu'à sa radiation en décembre 1995, après avoir rejoint Hachette en 1971. Sa plus célèbre collection fut celle du Masque.
Aujourd'hui, la marque « Éditions du Masque » est déposée par les Éditions Jean-Claude Lattès, appartenant au groupe Hachette, depuis le 22 février 1996. Pour ma part, j'ai collectionné jadis les 247 tomes de la collection "Western" - ils doivent désormais gésir dans des cartons dans une résidence secondaire à usage de garde-meuble...

J'en viens (enfin!) à L'enfant de Mars. Pour une exégèse du titre, je dirai juste que ça aurait tout aussi bien pu s'appeler "Les enfants de Mars" (il existe au moins un autre livre portant ce dernier titre - rien à voir). On est tout de suite plongé dans l'action sur Mars, alors que le médecin, Tony Hellmann, héros principal, vient de veiller à la mise au monde (martien) d'un nouveau-né tout ce qu'il y a de plus humain, puisque né de colons d'origine terrienne. C'est en suivant le docteur dans ses pensées, ses actions, ses rencontres... que nous est brossé par petites touches, rappelées incidemment par l'un ou l'autre des personnages principaux ou secondaires, l'univers dans lequel ils évoluent, dans un futur indéterminé où la terre est surpeuplée. A noter que les tout premiers colons à avoir "atterri" sur Mars y étaient morts de faim, car le vaisseau-cargo qui devait les précéder avec tout le matériel nécessaire avait été détruit à l'atterrissage.

Désormais, les humains ont découvert une substance, l'oxygène enzyme (OxEn), produite à grand frais sur Mars même, qui, prise régulièrement, leur permet de survivre sur cette planète (atmosphère, atmosphère... et autres inconvénients). Mais tous ne s'y acclimatent pas. Parmi les produits exportés vers la Terre depuis Mars figure une une substance, la "marcaïne", qui peut devenir une drogue dont raffolent les Terriens, et qui rapporte de gros bénéfices - légaux - à ses producteurs. Pour sa part, le docteur Tony Hellmann fait partie d'une communauté, "Sun Lake", qui semble en autogestion, contrairement aux autres implantations terriennes sur Mars (un centre administratif, des mines appartenant à de grandes entreprises, des usines privées, quelques fermes familiales des "pionniers"...). L'équipement dans lequel ont investi les colons de Sun Lake, leur outil de travail et leur moyen d'existence, un laboratoire de chimie, est convoité par d'autres, et une crise éclate avec les autorités.

Après diverses péripéties (la pression ne se relâche pas un instant!), le "deux ex machina" sera un journaliste qui "n'est pas un simple rapporteur reporter" [p.109]. Son quatrième pouvoir l'emporte, très symboliquement, sur les autres: il éclaire le judiciaire, et il se permet de "manipuler" l'exécutif lorsque celui-ci exerce un "excès de pouvoir" règlementaire sinon législatif. Quant à l'enfant, disons juste qu'il a muté...

En deux mots, j'ai trouvé ce roman écrit à l'origine en 1952 particulièrement attachant et facile à lire. Je n'ai rien de spécial à dire sur les auteurs (dont j'ignorais jusqu'au nom avant de découvrir ce livre). Je vous renvoie donc à internet (et notamment à Wikipedia) si vous voulez d'autres informations sur Kornbluth et Merril!

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L'autre titre chroniqué dans ce billet contient un mot qui commence par "MAR" et finit par un "S". Le lien peut paraître un peu ténu pour en parler ici, alors je vais user d'une pirouette et arguer du privilège de l'organisateur du Challenge! Plus sérieusement, je rapproche les deux ouvrages parce que j'ai aussi "chiné" celui-ci dans une librairie d'occasion (pas la même).

L'étal de celle-ci (qui s'affiche "Livres anciens et modernes") m'avait attiré depuis l'autre côté de la rue, avenue Denfert-Rochereau. Pour fouiller dans les bacs de "Poche", il fallait écarter les livres à la couverture passée, posés à l'horizontale, qui les protégeaient du soleil. Le libraire m'a rappelé que les livres craignaient l'humidité, la moisissure, ...et aussi le soleil. En ce qui concerne l'humidité, son arrière-boutique et les livres qu'elle contenait ont subi un dégât des eaux l'an dernier, en provenance du voisin du dessus qui était parti se confiner en province sans couper son arrivée d'eau... Depuis, ça sèche péniblement. Bref.

Je n'avais, je crois bien, jamais croisé (ou, en tout cas, jamais prêté attention à) un "Poche" de Roland Dorgelès autre que son célébrissime Les croix de bois. Alors, quand je suis tombé par hasard sur celui-ci, Le Marquis de la Dèche, bradé à 1,50 euro, je me le suis offert. 

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Il s'agit d'un livre dont le copyright Editions Albin Michel est millésimé de 1971 (du vivant, donc, de Roland Dorgelès), cependant que l'édition "poche" semble avoir été imprimée en octobre 1974 (après son décès - même si celui-ci n'est pas mentionné dans la présentation de l'auteur en page de garde). A l'époque (pas encore un demi-siècle, alors que j'étais collégien), quatre titres étaient mentionnés "Dans Le Livre de Poche" en début de livre, et une vingtaine étaient listés en fin d'ouvrage comme "Oeuvres de Roland Dorgelès". Je reviendrai sur l'auteur plus bas, intéressons-nous donc au livre pour commencer. Ce fameux Marquis de la Dèche, notre héros (ou presque!), campe un personnage pittoresque parmi d'autres qui ne le sont pas moins, sur une Butte Montmartre imprécisément datée de "peu avant la Grande Guerre". Le livre se présente en 13 (oui, 13! Superstition?...) chapitres dont on imagine tout à fait la publication en feuilleton. Les bons mots fleurissent, les "types" sont parfois quelque peu caricaturaux: la bohème et ses artistes fauchés, géniaux, méconnus, enragés de réussite; les anarchistes; les indics; les (petites) crapules, et autres filous ou escroc (personnage attachant!); les "bourgeois" qui viennent s'encanailler; et tout un monde de bars et autres bouges plus ou moins interlopes (souvent tenus par des femmes). Mais tout tourne autour d'un jeune... non pas futur écrivain, mais chansonnier qui rêve d'écrire une opérette sinon un opéra (et d'y trouver la fortune!). Ses amis ou compagnons sont sculpteur, peintre, danseuse, chanteuse, accordéoniste... On sent parfois que Dorgelès a la plume facile du journaliste, avec de grands "morceaux de bravoure" sous forme de discours ou de descriptions, tandis qu'ailleurs quelques phrases suffisent à marquer les jours qui passent et/ou à faire avancer l'action... En ce qui concerne le "genre", il n'y a guère de mise en avant d'homosexuel(le)s - je n'ai pas dit qu'il n'en était nulle part fait mention! Les hommes apparaissent plutôt soucieux de leurs intérêts ou de leur orgueil d'artiste, mais aussi intéressé par la bagatelle, cependant que les femmes semblent plutôt volages... On est davantage dans le registre comique que tragique. Bref, c'est une pochade qui se laisse lire, même si le monde décrit paraît aujourd'hui bien suranné.

Par associations d'idées, je lierais ce livre à deux autres que j'ai lus dans le temps. L'un, pour la jeunesse, Fanchette (le jardin de l'espérance), de Saint-Marcoux, est aussi situé sur la Butte Montmartre, mais dans les années 1950. L'autre, Nuits de princes de Joseph Kessel, se déroule à Pigalle, après la 1ère guerre mondiale.

Je reviens à Roland Dorgelès, dont je ne savais pas grand-chose, comme -je suppose- la plupart des lycéens puis lecteurs de ma génération. Un coup d'oeil sur Wikipedia consulté le 16 août 2021 (je vous laisse vous y reporter - je ne veux pas allonger la sauce davantage!) m'en a appris bien plus que la biographie succincte du livre de poche. J'avoue ne pas m'être reporté à une biographie de Dorgelès, qui m'en aurait sans doute encore appris davantage sur mon livre du jour et son auteur. En tout cas, ce sont une cinquantaine d'ouvrages qui semblent avoir été publiés par notre prolifique auteur, membre de l'académie Goncourt de 1929 à sa mort, et qui l'a même présidée de 1954 à sa mort en 1973. J'ai l'impression que tout cela est bien oublié aujourd'hui. Pour son passage dans le domaine public et une éventuelle exhumation, attendons 2044: peut-être assistera-t-on à un retour à la surface éditorial(e) de toute son oeuvre?

Et pour finir ce long billet, une question subsidiaire: d'ici 2044, l'homme aura-t-il, ou non, posé le pied sur la planète Mars? 

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mardi 31 août 2021

La Terre des hommes - Naël Marandin

La Terre des hommes de Naël Marandin nous emmène dans la campagne bourguignonne de nos jours. On apprend que le quotidien des éleveurs comme ailleurs n'est pas de tout repos. Les temps sont durs, les exploitations fragiles qui ne savent pas s'adapter ou s'agrandir se font acheter par les plus grandes et les plus solides. Dans ce monde dominé par la gent masculine, on trouve quelques femmes, dont Constance, qui vit dans une ferme au bord de la faillite avec son père Bernard (Olivier Gourmet) et son fiancé Bruno (Finnegan Oldfield), avec qui il est prévu qu'elle se marie très bientôt. Malgré les réticences de son père, elle monte un dossier qui permettrait que la ferme soit sauvée. Elle compte sur l'appui de Sylvain Rousseau (Jalil Lespert), qu'elle aperçoit souvent lors du marché aux bestiaux. Marié à une femme vétérinaire, Sylvain a un certain charisme qui ne laisse pas Constance indifférente. Il lui promet de l'aider dans son projet qu'il trouve viable. Mais il est le seul à le penser au sein de la SAFER de la région. Il en est un membre éminent. Un jour, en fin de journée, Constance se rend dans le bureau de Sylvain qui fait tout pour la rassurer. Dans un moment de faiblesse, la jeune femme laisse faire Sylvain qui abuse d'elle malgré qu'elle ait dit non. Quelques jours plus tard, Sylvain va de nouveau abuser de Constance qui ne porte pas plainte immédiatement. Elle n'en parle ni à son père ni à son fiancé. Je n'avais jamais vu Diane Rouxel dans un film, cette actrice de 28 ans porte littéralement le film sur ses épaules. Elle est pratiquement de tous les plans. Rien que pour elle, je vous conseille de voir le film. Vous n'oublierez pas de sitôt son beau visage.

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mardi 24 août 2021

La vallée - Bernard Minier

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J'ai lu plusieurs romans de Bernard Minier, dont les deux premiers, Glacé et Le cercle. Avec La Vallée (Editions Pocket, 569 pages), on retrouve à Toulouse Martin Servaz, qui a été suspendu de ses fonctions de commandant de police. Cette sanction est survenue lors d'une enquête précédente. Il n'a plus de plaque, plus de revolver, mais il s'occupe de son petit garçon Gustav et partage la vie d'une femme doctoresse de grande valeur. Néanmoins, au beau milieu d'une nuit, le télephone sonne et une voix l'appelle. Cette voix féminine le renvoie à un passé douloureux. Il devine assez rapidement d'où la femme, Marianne, son ex-compagne, l'a appelé. Il se rend dans une petite ville, Aigues-Vives, aux confins de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées où se trouve une abbaye. Aux alentours d'Aigues-Vives, des meurtres violents sur des hommes ont été commis. Près de chaque cadavre sont disposés une croix, un triangle, un cercle et un X. Martin qui cherche Marianne va prêter main-forte à une femme policier, Irène Ziegler, qu'il connaît depuis longtemps. L'enquête s'avère difficile, d'autant plus qu'un glissement de terrain sur l'unique route qui mène à Aigues-Vives va isoler la population. Gabrielle Dragoman, une psychiatre et pédopsychiatre, va jouer un rôle essentiel dans l'intrigue. Je ne dirai rien de plus à part que j'ai trouvé le roman un peu long. Ce roman, qui m'a permis de participer au challenge "Pavé de l'été" de Brize, aurait pu être plus court d'au moins cent pages. Mais l'intrigue tient suffisamment en haleine. 

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samedi 10 juillet 2021

Mort aux hypocrites - Petros Markaris

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Que j'ai été contente de constater que Petros Markaris (né en 1937) avait encore écrit un roman, Mort aux hypocrites (Seuil, 330 pages), dans lequel on retrouve, à Athènes de nos jours,  le commissaire Kostas Charitos, sa femme Adriani (un cordon bleu), sa fille Katérina avocate qui accouche d'un petit garçon appelé Lambros, et son gendre cardiologue Fanis. Kostas est très content d'avoir un petit-fils. La vie s'organise autour de Lambros. Tout le monde est "gaga" devant lui. Cela n'empêche pas que les crimes ne s'arrêtent pas. Charitos  et ses collègues vont être confrontés à des attentats à la voiture piégée. Les morts s'accumulent et l'enquête se révèle difficile. Les attentats sont revendiqués par l'"Armée des Idiots Nationaux". Au cours de l'enquête, les policiers découvrent que les victimes avaient une face obscure, n'hésitant pas s'enrichir sur le dos des autres et à dire des contre-vérités sur l'économie grecque, faisant fi des chômeurs et autres personnes en difficulté. Charitos, quant à lui, apprend qu'il a une promotion (bien méritée selon sa femme Adriani). Un roman aussi sympathique que les précédents de l'écrivain.

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mercredi 7 juillet 2021

Trois essais co-signés par Philippe Labarde et Bernard Maris

C'est de nouveau à Bernard Maris, assassiné chez Charlie Hebdo, que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) voudrais rendre hommage ce mois-ci, neuf mois après le précédent billet que je lui avais consacré. Je vais tâcher de présenter les trois ouvrages qu'il avait co-signés, il y a une vingtaine d'années, avec Philippe Labarde.

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Cette fois-ci, ce n'est pas un, pas deux, mais trois livres parus aux éditions Albin Michel que je vais survoler (après celui co-signé Cayat / Fischetti). Pour en raconter l'histoire: j'ai trouvé deux de ces ouvrages dans une armoire de "livres à prendre" dans le hall en bas de chez la coordinatrice de l'AMAP dont je fais partie. Après les avoir lus, j'ai cherché à me procurer le troisième.

Commandé chez mon libraire de quartier, l'exemplaire que j'ai reçu m'a interpellé car il affichait un prix de 23 euros (bizarre pour un livre publié en 1998 et qui ne comportait aucune mise à jour bibliographique ni indication de date de réimpression!). J'ai quand même déniché la mention "Imprimé en France par Lightning Source [+ adresse]", et, en creusant un peu, j'ai découvert qu'il s'agissait de la filiale française d'un groupe d'impression à la demande... 

Pour le contenu des livres eux-mêmes, je trouve aujourd'hui difficile d'en parler à qui ne les a pas lui-même lus. Le ton en tient surtout de la diatribe (que, pour ma part, je trouve plutôt pleine de bon sens), mais tout le monde ne partagera sans doute pas les avis, aussi tranchés que tranchants, des auteurs. 

Dans Ah Dieu! Que la guerre économique est jolie (1998), le thème est la déconstruction du primat des fameuses "lois du marché" que l'on nous mettait (déjà depuis quelque temps) à toutes les sauces à la fin du XXe siècle. Les auteurs mettent, par exemple, quelques coups de projecteur venimeux sur l'angoisse du banquier quand il accorde des prêts (alors que les Etats se précipiteront à l'aide des banques en cas de défaillance des créanciers) ou la souffrance des malheureux patrons lorsqu'ils sont contraints de licencier... pour s'en gausser, bien sûr. Comme si les sacrifices demandés aux "petits" étaient partagés par les "gros". Citation p. 206: "...le capitalisme, dont le nom politiquement correct est devenu le marché, n'est pas fondé sur l'égalité, mais sur la puissance: le peon libre à la porte de l'hacienda choisissant de travailler ou non et choisissant son latifundiste accompagné de sa milice". Les 216 pages de ce (court) bouquin sont subdivisées en une préface (de Serge Halimi), un prologue, 5 chapitres et un épilogue.

La bourse ou la vie (mai 2000) apporte la déconstruction d'un discours assez dominant à l'époque par lequel la presse vantait fréquemment les "fonds de pension", l'actionnariat individuel... Les auteurs nous expliquent, preuves, exemples et statistiques à l'appui, en quoi fonder une "société meilleure" sur ce pur jus capitaliste serait ou sera (est?) une erreur. Citation p.124: "Où est la démocratie dans le système des stock-options, simple avance sur pillage? Actionnaire, ça s'achète. Citoyen, ça se mérite". Et encore, le bouquin date d'avant l'explosion de la "bulle internet", de l'économie virtuelle vantée à grands sons de trompette à la fin du XXe siècle. Cette fois-ci, le sommaire détaillé (toujours pour 5 parties précédées d'un prologue et suivies d'un épilogue) tient sur 3 pages, pour 197 pages de texte - mais le papier est plus "bouffant". 

Enfin, Malheur aux vaincus (janvier 2002) s'est avéré le dernier ouvrage publié en collaboration. Citation (p.161): "Trois livres, trois Labarde-Maris, et au final on retrouve la question essentielle: la propriété. Ça valait le détour. Montrer que le marché est morbide, raciste, inefficace. Reste à s'attaquer à son fondement". Je ne sais pas si la pub de Philip Morris de 2001, épinglée p.101 (en gros, un cancéreux du poumon qui trépasse, c'est 1227 dollars potentiellement économisés par la République tchèque) était à prendre au premier ou au dixième degré. Plus globalement, le libéralisme ne rêve que de faire argent de tout, y compris de ce qui devrait rester des "biens communs". 179 pages, même schéma que les précédents - 7 parties cette fois-ci, dont le détail des thèmes égrenés tient aussi sur 3 pages. 

Bref, une fois de plus, je ne peux guère que conseiller à mes lecteurs, qui n'avaient (qui sait?) peut-être jamais entendu parler de ces ouvrages avant de tomber sur le présent billet, de les lire eux-mêmes, pour se forger leur propre opinion. 

Les trois ouvrages contiennent bon nombre de citations d'articles de presse "contemporains"... (journaux économiques, mais aussi Le Monde... dont Philippe Labarde a été chef du service économique et directeur de l'information). Concernant ce co-auteur, j'ai trouvé une courte vidéo (45 secondes!) où Philippe Labarde dit quelques mots sur sa rencontre avec Bernard Maris. 

J'ai aussi trouvé sur le site de L'Express une chronique du 2e livre publiée il y a 20 ans. Ainsi que celle de Goguengris, concernant le premier, sur Sens Critique.  

 ***

PS: je viens de vérifier, mais l'histoire "officielle" (sur la page dédiée de son site internet) de Charlie ne va toujours pas plus loin que le 17 juillet 2015. Ne serait-il pas temps de rajouter une phrase ou deux à son histoire, pour le journal satirique, laïque, politique et joyeux?

*** Je suis Charlie ***

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jeudi 10 juin 2021

Films vus et non encore commentés depuis le 19 mai 2021 (réouverture des salles de cinéma) - 1/3

Depuis le 19 mai, j'utilise à plein ma carte d'abonnement de cinéma qui m'a déjà permise de voir dix films et ce n'est pas fini puisque cette semaine, j'ai noté quelques long-métrages qui me tentent.

Parmi les films vus, certains m'ont relativement déçue comme Falling et Sons of Philadelphia,

Falling de et avec Viggo Mortensen (qui a aussi écrit le scénario) semble être un récit avec une grande part d'autobiographie. Je me réjouissais de voir ce film après avoir vu la bande-annonce prometteuse. Après coup, je pense que Mortensen aurait dû être devant ou derrière la caméra, mais pas les deux. Le personnage du père joué (très bien) par Lance Henriksen est un vieux grincheux insupportable qui a fini par me crisper. Cette histoire d'un vieil homme en fin de vie, de sa relation avec ses enfants et petits-enfants, aurait pu me toucher plus si le père n'arrêtait pas de dire des insanités du fait qu'il perd la tête. On dit que la vieillesse peut être un naufrage, c'est vrai. Et puis, désolée, Viggo Mortensen dans le rôle d'un homosexuel, je n'y ai pas cru une minute. Lire les billets de Pascale, Missfujii et Ffred autrement plus positifs.

Je passe à Sons of Philadelphia de Jérémie Guez (oui, l'écrivain français qui a écrit plusieurs romans noirs) que j'ai vu parce que la séance d'Hospitalité était complète. Ce film qui m'a encore moins plu que Falling: je n'ai rien compris à l'histoire où les flash-back sont nombreux (comme pour Falling où, là, ils sont pertinents). On suit l'itinéraire de deux cousins (Matthias Schoenaerts et Joël Kinnaman) de l'enfance, pendant laquelle Peter Flood (Mathias Schoenaerts) a subi un grave traumatisme, à leur vie d'adulte. Je suis restée complètement en dehors de l'histoire, dont je n'ai pas compris les tenants et les aboutissants, à part que cela se passe à Philadelphie au sein de la Mafia irlandaise. C'est adapté d'un roman de Pete Dexter. Lire le billet de Ffred.

Dans quelques jours, je vous ferai un billet sur deux autres films qui m'ont plu davantage.

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jeudi 27 mai 2021

Si le vent tombe - Nora Martirosyan

si le vent tombe

Grâce au cinéma grand écran, je suis partie en voyage dans une région que l'on ne trouve même pas sur Google Earth, le Haut-Karabakh, une enclave arménienne dans l'Azerbaïdjan. J'ai donc vu Si le vent tombe qui avait été sélectionné dans la compétition cannoise de l'an dernier. Bien entendu, le film a été tourné bien avant la dernière guerre qui a eu lieu d'octobre à novembre 2020 entre le Haut-Karabakh et l'Azerbaïdjan. Pour ceux qui l'ignore, le Haut-Karabakh est une république autoproclamée depuis 1991 mais qui n'est pas reconnue par l'ONU. Alain Delage (Grégoire Colin, très bien) arrive en Haut-Karabakh. Son passeport n'est pas tamponné. Le voyage depuis France a consisté en un déplacement en avion jusqu'à Erevan (Arménie) et à partir de là, il a été conduit en voiture pendant huit heures jusqu'aux environs de la ville principale, Stepanakert. Il n'y a qu'une route. Il est accueilli par le responsable de l'aéroport (notre petite cathédrale aéroportuaire, comme il dit). Car Alain est là pour un audit qui permettra ou non que cet aéroport fantôme (pour le moment, aucun avion ne décolle ou n'atterrit) fonctionne. Cela donnerait à la région une reconnaissance de la communauté internationale. Alain doit rester pour quelques jours. Tout le personnel de cet aéroport se met à sa disposition pour lui rendre les choses faciles. Alain se pose néanmoins des questions comme "Quelle est la distance jusqu'à la frontière?" ou "est-ce que les avions pourront faire demi-tour en cas de besoin?". Dès le début de son audit, Alain a remarqué un petit gamin qui transporte de l'eau dans des bonbonnes. Il coupe à travers champ et passe et marche près de la piste de l'aéroport. Avec d'autres, ce même gamin joue à la guerre avec des armes et des munitions qui sont entreposées dans un bâtiment en ruine. La réalisatrice a pris le temps de nous faire ressentir la beauté des paysages et le calme apparent qui y règne. Mais elle sait aussi filmer la guerre vers la fin du film. Un film que je conseille absolument.

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mercredi 12 mai 2021

Un flic - Jean-Pierre Melville

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Un flic est le dernier film qu'ait réalisé Jean-Pierre Melville en 1972. Je ne l'avais jamais vu. Je dirais que ce n'est pas son meilleur mais il y a des séquences marquantes comme la scène d'ouverture qui se passe en décembre quelque part dans une ville balnéaire battue par les vents et la pluie. Il se dégage une atmosphère lugubre. Quatre hommes pas très jeunes sortent d'une voiture, ils vont braquer une banque. Plus tard dans l'histoire, la nuit un train est survolé par un hélicoptère à bord duquel se trouve un homme, Simon, l'un des quatre braqueurs. Il descend avec un treuil pour s'introduire dans le train. Il va s'emparer d'une mallette pleine de drogue. Pendant ce temps-là, Edouard Coleman (Alain Delon), un flic austère, commence ses journées en parcourant l'avenue des Champs-Elysées déserte en voiture. Il est l'amant de Cathy (Catherine Deneuve) qui est aussi la maîtresse de Simon (sans forcément que l'un et l'autre le sachent). Comme souvent, chez Melville, on trouve une séquence se déroulant dans un night-club. Une fois de plus, il faut noter le peu de dialogues réduits au minimum. Plus que le film, j'ai beaucoup apprécié le documentaire de 25 minutes en bonus où sont interviewés Florence Moncorgé-Gabin et Jean-François Delon (le demi-frère). Elle débutait comme script-girl et lui était assistant-réalisateur sur le film de Melville. Ils racontent diverses anecdotes intéressantes.

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lundi 3 mai 2021

Histoires de la nuit - Laurent Mauvignier

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Je viens de terminer les 634 pages d'Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier (Editions de Minuit). Quel formidable roman superbement écrit! Je n'avais encore rien lu de cet écrivain français. J'ai été éblouie par son style, des phrases parfois longues avec une ponctuation atypique. L'histoire en elle-même peut se résumer en peu de phrases. Dans un hameau appelé La Bassée quelque part en France, il y a trois maisons: celle de Patrice Bergogne, son épouse Marion et leur fille Ida âgée de 10 ans, une maison vide à louer et une troisième où vit Christine, une peintre sexagénaire aux cheveux rouges qui vit avec un berger allemand appelé Radjah. Depuis quelque temps, Christine reçoit des lettres anonymes dont on ne connaîtra pas la teneur. Patrice est éleveur et possède plusieurs vaches. Il est marié depuis quelques années avec Marion dont on va découvrir le passé agité. On devine que le couple formé par Patrice et Marion n'est pas très harmonieux, mais Ida est le ciment de leur relation. L'histoire se passe sur environ une demi-journée. On va fêter les 40 ans de Marion. Patrice, Christine et Ida s'occupent des préparatifs de la soirée qui s'annonce bien. Mais des éléments perturbateurs surgissent, en les personnes de Denis, Christophe et Le Bègue, trois frères qui ont des comptes à regler et vont apporter la violence. Le chien est rapidement éliminé. Par petites touches, Mauvignier nous dévoile pourquoi les trois frères sont là. Ils ont préparé leur venue depuis un certain temps. 634 pages pour raconter cette histoire peut paraître long? Et bien, pas du tout, en ce qui me concerne. L'écrivain prend son temps mais je n'ai pas trouvé de longueurs, une vraie gageure! Pour information, "Histoires de la nuit" est un livre de contes que Marion lit à Ida.

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Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
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