mardi 10 juin 2014

Les poings contre les murs (Starred up) - David Mackenzie

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Mercredi 4 juin 2014 est sorti un film que je vous conseille malgré son sujet dur et ses images brutales (le film est interdit aux moins de 12 ans). En Grande-Bretagne, Eric Love, 19 ans, un jeune homme prêt à en découdre, vient d'être transféré d'un centre pour déliquants mineurs vers une prison pour adultes "starred up" (en VO). Dès la première séquence, le spectateur est mis dans le bain. Eric subit une fouille en règle et est installé dans une cellule individuelle. A partir de là, Eric enchaîne les comportements violents (c'est un écorché vif). On découvre par bribes qu'Eric a eu une enfance difficile, victime de la violence des adultes. Balloté de foyer en foyer (sa mère est partie), Eric retrouve son père Neville qui purge une peine à perpétuité dans la même prison. Eric sait se défendre, mais devient la tête de turc de certains détenus et de membres du personnel pénitentiaire (qui le prennent pour un individu irrécupérable). Cependant, son père, lieutenant d'un des caïds de la prison, veille sur lui. Par ailleurs, un éducateur de prison qui s'est attaché à Eric arrive à le convaincre de suivre quelques séances de thérapie en petits groupes qui ont pour but de canaliser la violence. Le film ne laisse aucun répit au spectateur. Jusqu'au bout, on se demande comment tout cela va tourner. Le réalisateur sait maintenir le suspens et aucune scène ne tombe dans le sordide. Après R, voici un deuxième film très réussi sur l'univers carcéral d'autant plus que tous les acteurs sont excellents, Jack O'Connell (Eric) en tête. Le film a été tourné dans une prison désaffectée en Irlande du nord. Lire le billet de Wilyrah.

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vendredi 23 mai 2014

L'insoutenable légèreté des scones - Alexander McCall Smith / La madone de Notre-Dame - Alexis Ragougneau

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Voici deux romans que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et que je vous conseille.

D'abord, L'insoutenable légèreté des scones d'Alexander McCall Smith (Editions 10/18, 420 pages), le 5ème volume de la série "44 Scotland Street" (lire ma chronique précédente). Qu'est-ce que je l'ai attendu avec impatience, sachant qu'en 2010 (au moins), il était déjà paru en anglais! Je ne comprends pas pourquoi l'éditeur 10/18 n'a pas jugé bon de faire paraître cette Insoutenable... plus tôt. En plus, il y a encore quatre autres volumes à venir/traduire. Il faudrait que je remette à l'anglais. Bref. Pour en revenir au livre, comme pour les volumes précédents, l'écrivain passe d'un personnages à l'autre dans de courts chapitres. Nous les retrouvons là où nous les avions laissés. Bruce, après une déconvenue sentimentale que je vous laisse découvrir, va devenir nettement moins imbu de sa personne et même devenir sympathique. Matthew et Harmony, jeunes mariés, partent en voyage de noces aux antipodes, en Australie. Là, ils vont vivre une mésaventure. Cyril, le chien d'Angus, va devenir papa de quelques chiots. Domenica, la voisine d'Angus, envisagerait (pourquoi pas?) de se marier avec Angus. Quant à Bertie, qui est le seul personnage à avoir toujours le même âge (6 ans) depuis le premier volume, il va devenir scout, au grand dam de sa maman Irène. Sinon, le titre du roman me paraît énigmatique, car, sauf oubli de ma part, il n'est pas du tout question de scones dans les différentes histoires. Pour ceux qui n'ont jamais abordé cette série, je vous conseille quand même de les lire dans l'ordre en commençant par le premier.

Je continue avec La madone de Notre-Dame, le premier roman d'Alexis Ragougneau (Viviane Hamy, 200 pages), que j'ai estimé très réussi. L'intrigue tient la route et c'est bien écrit. Le roman se déroule sur une semaine. Un meurtre est commis dans la cathédrale de Notre-Dame à Paris au moment du week-end de l'Assomption. Il concerne Luna Hamache, une jeune "beurette" court vêtue que l'on retrouve étranglée. Une partie de son anatomie a été bouchée à la cire de cierge. Claire Kauffmann, une jeune procureur aidée par Landard, un policier borné, boucle rapidement l'enquête. Un coupable idéal est appréhendé, un jeune homme amoureux de la Vierge Marie. Mais ce n'est pas lui le meurtrier. A partir de là, un prêtre, le père Kern qui souffre d'une maladie mystérieuse depuis l'enfance (il a des poussées de fièvre et il ne mesure qu'1m48) et auquel on s'attache vite, reprend les investigations qui vont le mener à démasquer le vrai coupable. Ce roman a vraiment de grandes qualités. Tout au plus me semblerait-il que certains personnages ne sont peut-être pas assez fouillés et sont parfois laissés de côté un peu abruptement (comme par exemple la procureur et le policier Landard). J'espère qu'Alexis Ragougneau ne s'arrêtera pas là.

Lire les billets de Claude Le Nocher, La petite souris, Valérie, ainsi que celui de Eeguab (suite à son commentaire ci-dessous).

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mercredi 14 mai 2014

D'une vie à l'autre - Georg Maas / Girafada - Rani Massalha

Voici deux films que j'ai vus la semaine dernière.

Je commence par D'une vie à l'autre de Georg Maas. Je trouve assez exagéré (mais l'accroche publicitaire est ainsi) que l'on puisse dire que ce film est "le croisement réussi entre La vie des autres et Borgen". On est quand même loin du compte. Le film traite d'une histoire peu connue et traitée: les enfants du "Lebensborn". Entre 1936 et 1945, en Allemagne, des femmes célibataires ou mariées accouchaient dans des maisons du Lebensborn et confiaient leur nouveau-né à cette association. Les enfants que l'on élevait étaient destinés à faire partie de la future élite du Reich. L'histoire du film se déroule en Norvège qui a tenue une place particulière dans les Lebensborn. Les Norvégiens, considérés comme les descendants directs des Vikings, correspondaient à la conception idéale de l'homme germanique. Plus de 10 000 enfants sont nés des liaisons entre femmes norvégiennes et soldats allemands entre 1940 et 1945. Les bébés étaient enlevés à leur mère pour être élevés dans des foyers en Allemagne. L'action du film (inspirée de faits réels) se passe en 1990, (un an après la chute du Mur). Nous faisons la connaissance d'une Norvégienne, Katrine Evensen (Juliane Köhler), qui fut élevée dans un foyer du Lebensborn dans les années 50 en Allemagne de l'Est. Ayant réussi à s'enfuir de RDA 25 ans plus tôt, elle a miraculeusement retrouvé Ase, sa mère norvégienne (Liv Ullmann). Depuis, Katrine a mené une vie rangé entre son mari, un marin de l'armée norvégienne, et sa fille qui vient de la faire grand-mère. Mais on apprend assez vite que Katrine n'est pas celle que l'on croit. Le film comporte des "flash back" avec une image granuleuse (pas terrible comme procédé). J'aurais aimé être plus émue par cette histoire qui nous montre le rôle qu'a joué la terrible Stasi (les services secrets de la RDA). C'est un film honnête mais sans plus.

Maintenant, je passe à Girafada de Rani Massalha, qui ne se donne plus que dans une seule salle à Paris. J'ai trouvé le film "gentillet". Dans une petite ville de Palestine, Yacine, vétérinaire dans un zoo, a une idée insensée pour faire plaisir à Ziad, son petit garçon. En effet, ce dernier qui vouait une adoration au couple de girafes du zoo est devenu inconsolable depuis la mort de Brownie, le mâle, blessé à mort suite un bombardement. Depuis, la femelle Rita refuse de se nourrir bien qu'elle attende un petit. Avec l'aide d'une journaliste française et d'un vétérinaire israélien, Yacine va réussir à faire passer clandestinement, d'Israël en territoire palestinien, une girafe appelée Roméo. Tout ne se termine pas forcément très bien pour tout le monde et certains personnages (les israéliens) m'ont paru caricaturaux. En revanche, les girafes sont très photogéniques et ont beaucoup de grâce.

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lundi 14 avril 2014

Quatre romans lus et non commentés depuis courant mars 2014

Ayant été assez occupée ces temps-ci, j'ai été assez flemmarde sur la rédaction d'un billet "livres". J'ai attendu, attendu, et pourtant j'ai pas mal lu depuis la mi-mars 2014.

 Je commencerai par Les chiens de Belfast (Editions du Seuil, 264 pages) de Sam Millar. Après Poussière tu seras, Sam Millar nous raconte une histoire très noire. Cela se passe à Belfast. Il y a peu de mention de lieux de cette ville, l'histoire pourrait se passer ailleurs. Suzy, une jeune femme, prend pour cibles quelques hommes. Elle leur fait subir des morts raffinées. Elle exerce une vengeance dont on connaîtra les motifs (qui remontent loin dans le temps) à la toute fin du roman. Face à elle, Karl Kane, un détective privé qui souffre d'hémorroïdes, entre en scène. Il devra aussi lutter contre certains flics "pourris". Ce roman est le premier d'une trilogie où l'on retrouvera Karl Kane. Je ne sais pas si je lirai les deux autres. Lire les billets de Cathe et de Claude Le Nocher

 

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Avec La confrérie des chasseurs de livres (Actes sud, 315 pages) de Raphaël Jérusalmy (lire le billet de Dominique qui m'avait donné envie de découvrir ce roman), l'écrivain nous invente une suite à la vie de François Villon, disparu (et donc présumé mort) le 5 janvier 1463 à l'âge de 31 ans. Louis XI cherche à affaiblir le pouvoir du Vatican et à renforcer le sien en faisant développer l'imprimerie en France. Cela permettrait la diffusion de textes et d'idées progressistes. Villon et son acolyte Colin sont chargés de convaincre un imprimeur allemand de s'installer en France. Puis Villon va traverser les mers jusqu'à Jérusalem et Saint Jean d'Acre afin d'acquérir des textes rares; il est fin lettré sous ses airs de voyou et il va se trouver confronté à une mystérieuse confrérie de chasseurs de livres qui essayent de cacher certains textes. Le rythme du roman est trépidant, on s'y perd un peu mais la lecture est agréable.

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Un notaire peu ordinaire d'Yves Ravey (Les éditions de Minuit, 100 pages) est un court roman glaçant dont la fin m'a surprise. Je ne m'attendais pas au retournement de situation final. Le narrateur qui est un témoin neutre de l'histoire (il ne prend pas part à l'action) nous raconte de manière détachée l'histoire de Freddy, le cousin de sa mère, sorti depuis peu de prison. Freddy avait été accusé de viol sur mineure. Madame Rebernak, la mère du narrateur, ne veut pas que Freddy s'installe trop près de chez elle. Elle craint pour sa fille Clémence. Elle se confie au notaire de la famille, Maître Montussaint, qui offre de l'aider à éloigner Freddy. J'ai beaucoup aimé le style minimaliste mais très évocateur du roman. Lire les billets de Keisha et de Sandrine.

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Je termine avec un roman léger et fondant, Le théorème du homard de Graeme Simsion (Editions NiL., 380 pages sympathiques). En Australie, à Melbourne, Don Tillman, qui vient d'avoir quarante ans et reste toujours célibataire, est un excellent professeur de génétique mais complètement "à côté de la plaque" pour la vie en société. C'est pourquoi il décide de mener à bien son "Projet Epouse" en établissant un questionnaire détaillé qui doit éliminer beaucoup de candidates potentielles. Don Tillman est un maniaque de l'exactitude, il ne fume pas, il mange du homard tous les mardis, etc. Sa vie réglée va se retrouver chamboulée quand il rencontre Rosie, une jeune étudiante, barmaid dans un bar gay la nuit. Rosie veut découvrir qui est son père et Don grâce à l'ADN et la génétique va l'aider dans son "Opération Père". C'est un roman charmant qui fait du bien. Je conseille, tout comme Leiloona et Syl.

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 Et très prochainement, la suite de mes lectures... [cf. billet du 11/05/2014]

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lundi 17 mars 2014

Pain, éducation, liberté - Petros Markaris

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Après Liquidations à la grecque et Le Justicier d'Athènes, Petros Markaris termine sa trilogie de la crise grecque avec Pain, éducation, liberté (Editions du Seuil, 250 pages vite lues). Le roman, écrit à l'origine en 2012, verse presque dans la science-fiction. En effet, l'histoire commence le 31 janvier 2013, au moment où la Grèce revient à la drachme, tout comme l'Italie à la lire et l'Espagne à la peseta. Les finances grecques sont tellement catastrophiques que les fonctionnaires tels que le commissaire Charitos et ses collègues ne vont plus percevoir de salaires pendant trois mois (minimum). A Athènes, les manifestations se succèdent. Pendant ce temps, un tueur se met à sévir en s'en prenant à au moins trois anciens étudiants de l'école Polytechnique d'Athènes. Les étudiants de cette grande école avaient été à l'origine du début de la fin de la dictature militaire en Grèce en 1973. Les trois victimes visées ont quelque peu renié leurs idéaux par la suite en ayant des carrières fulgurantes par des moyens pas toujours orthodoxes. Chacun des meurtres est accompagné d'un message enregistré sur le portable des victimes: Pain, éducation, liberté. Comme dans les volumes précédents, on retrouve donc avec plaisir le commissaire Charitos, sa femme Adriani (qui ne veut même plus regarder les informations à la télé), sa fille Katérina et son gendre Phanis qui se partagent les frais de bouche car tout est cher et rationné. L'intrigue est plutôt bien menée. Un roman agréable que je vous conseille comme les deux autres. Ils peuvent se lire éventuellement dans le désordre.

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mardi 11 mars 2014

The Grand Budapest Hotel - Wes Anderson / Bethleem - Yuval Adler / Un week-end à Paris - Roger Michell

Voici trois films que j'ai vus tout récemment. Je conseille éventuellement le premier; quant aux deux autres, je vous laisse juge.

The Grand Budapest Hotel est le deuxième film de Wes Anderson que je vois et j'avoue n'avoir pas éprouvé le même coup de coeur que pour Moonrise Kingdom. L'histoire se passe dans les années 30 dans un pays imaginaire de la "MittelEuropa". Mustapha Zero nous raconte ce que fut sa jeunesse comme groom dans un Grand hôtel situé dans des montagnes enneigées. Il exerce sous l'oeil bienveillant de M. Gustave H. Ce dernier hérite d'un tableau de valeur suite au décès d'une vieille cliente qui s'était pris d'affection pour lui. La famille de la défunte n'est pas de cet avis. La plus grande partie de l'histoire consiste en une suite de courses-poursuites, d'évasions et d'échanges de coups de poing et de coups de feu (des doigts sont coupés). Les pâtisseries crémeuses font aussi leur apparition. J'ai lu et entendu que l'on pouvait comparer ce film aux aventures de Tintin. Pour ma part, je trouve qu'on est loin de l'univers d'Hergé. Les acteurs ont l'air de beaucoup s'amuser (Ralph Fiennes en tête est excellent). Juste avant le générique de fin, il est dit que Wes Anderson rend hommage à l'oeuvre de Stefan Zweig. Je m'interroge... Lire le billet positif de Leunamme, celui de très mauvaise foi mais amusant de Mymp et celui mitigé d'Alex-6.

Pour Bethléem, j'ai eu dès le départ du mal à me repérer parmi tous les personnages. L'action part dans tous les sens. On comprend assez vite que les palestiniens n'ont pas le beau rôle en observant leur lutte fratricide entre clans ou tribus. La fin qui est très violente m'a laissé perplexe. Razi, un officier des services secrets israéliens, se sert de Sanfur, un jeune informateur palestinien, pour traquer un chef terroriste palestinien responsable d'un attentat. On sent assez vite que tout va très mal se terminer. C'est le genre de film dont on sort déprimé. Lire le billet positif de Chris.

Concernant Un week-end à Paris (Le Week-end [en VO]) de Roger Michell, je me suis ennuyée en compagnie de Meg et Nick, ce couple sexagénaire, (mariés depuis 30 ans, ils essaient avec ce voyage à Paris de retrouver une certaine flamme dans leur relation). Leurs atermoiements m'ont vraiment enquiquinée. C'est surtout Meg que j'ai trouvé crispante. Elle n'arrête pas d'asticoter son mari. L'hôtel dans lequel ils avaient passé leur nuit de noce ne lui convient plus (la chambre est trop beige). Après s'être installés dans une très belle suite au Plaza Athénée, avenue Montaigne, avec vue imprenable sur la Tour Eiffel, ils ne font pas grand-chose dans la ville lumière, à part aller dans un ou deux restaurants d'où ils s'esquivent sans payer (ils ont très peu d'argent). Les temps sont vraiment durs pour ce couple. Et ce n'est pas leur rencontre avec Morgan (l'inénarrable Jeff Goldblum) qui va arranger les choses. Dès les premières images, je n'ai vraiment pas accroché. Peut-être est-ce la faute des deux acteurs principaux pas très bien assortis (Jim Broadbent et Lindsay Duncan). Le couple qu'ils interprètent n'est ni sympathique, ni drôle, ni touchant. Je regrette d'autant plus d'avoir été déçue par ce film car il a été écrit et réalisé par les mêmes que The Mother (2003), c'est-à-dire l'écrivain Hanif Kureishi pour le scénario et Roger Michell à la réalisation. The Mother, voilà un film qui m'avait beaucoup plu, lui.

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samedi 1 mars 2014

Films vus et non commentés depuis le 1er janvier 2014

Ayant déjà vu 22 films depuis le début de l'année, je ne les ai pas encore tous chroniqués; avec ce billet, je vais essayer de réparer quelques oublis.

Pompéi de Paul W. S. Anderson est un film agréable à voir même si la fin de l'histoire (que tout le monde connaît) est tragique. On prend le temps de s'attacher aux personnages, dont deux gladiateurs et une jeune femme de Pompéi. Pour ceux qui l'ignorerait encore, Pompéi, Herculanum et au moins deux autres petites villes furent détruites en 79 après J.-C. suite à l'éruption du Vésuve situé dans la province de Campanie, proche de Naples. Les effets spéciaux sont assez spectaculaires, un bon film de genre.

The Ryan initiative de Kenneth Branagh n'est pas à mon avis un film indispensable car il a le gros défaut d'avoir comme acteur principal Chris Pine (inconnu au bataillon et aussi charismatique que mon genou). Le scénario n'est pas tiré d'un des romans de Tom Clancy, mais les scénaristes se sont basés sur le personnage de Jack Ryan. L'histoire se passe à Moscou. Le méchant est interprété par Kenneth Branagh lui-même. Je ne sais pas ce qui lui a pris de tourner ce film.

Mea culpa de Fred Cavayé. C'est le troisième long-métrage du réalisateur que je vois (après Pour elle et A bout portant). Le réalisateur a le sens du rythme (un peu trop d'ailleurs). Un flic, Franck (Gilles Lellouche), et un ex-flic, Simon (Vincent Lindon), n'arrêtent pas de courir et de tirer tous azimuts contre des méchants qui en veulent au petit garçon de Simon. L'enfant a assisté à une scène violente (un homme a été tué). L'histoire se passe entre Toulon et Marseille. Il faut noter les dernières séquences qui se passe dans un TGV. Le pauvre train subit les derniers outrages, il est durement touché. Film pas non plus indispensable.

Mr Peabody et Sherman de Rob Minkoff avec, comme voix française pour Mr Peabody, Guillaume Gallienne. Mr Peabody est un chien intelligent, diplômé et inventeur de génie. Et il a adopté Sherman, un petit garçon qui n'en fait qu'à sa tête et n'est pas très obéissant (les choses vont s'arranger par la suite). Grâce à une machine à remonter le temps que Mr Peabody a fabriqué, ils vont voyager dans le temps, se retrouver au début en 1789, au début de la Révolution Française, puis sous la Terreur, puis pendant le siège de Troie, puis sous le règne de Toutankhamon et enfin au temps de la Renaissance à Florence chez Léonard de Vinci. Je vous passe toutes les péripéties qui les ont entraînés dans ces aventures. C'est distrayant pour les enfants (un petit garçon dans la salle faisait des remarques amusantes). Mais les Américains ont une vision simpliste de la révolution avec une Marie-Antoinette grassouillette qui aime la brioche, ou Robespierre, un vrai "Rouge". Et je pense qu'Homère doit se retourner dans sa tombe en voyant ce que sont devenus Achille, Menelas et les autres. Nous faisons aussi la connaissance de la vraie Mona Lisa et de son célèbre sourire. Tout cela est bien gentillet. A vous de voir si ce film vous tente.

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mardi 11 février 2014

Beaucoup de bruit pour rien - Josh Whedon / Les fausses confidences (mise en scène de Luc Bondy)

Quoi de neuf comme actualité théâtrale?

D'un côté, Shakespeare est adapté et joué en robe longue et complet veston; et de l'autre, Marivaux est transposé dans les années 60 dans une mise en scène réussie de Luc Bondy au théâtre de l'Odéon.

Je commencerai donc par William Shakespeare (1564-1616) et sa pièce Beaucoup de bruit pour rien (Much ado about nothing en VO, pièce datant de l'an 1600). Le réalisateur Josh Whedon qui a aussi écrit l'adaptation de la pièce pour le cinéma a choisi de filmer dans un très beau noir et blanc et surtout de déplacer l'histoire dans le temps et l'espace. La pièce d'origine se passait à Messine en Sicile, le film se déroule de nos jours, dans une très belle villa avec piscine certainement aux Etats-Unis. Les personnages sont de haute lignée. Beatrice et Benedict se chamaillent et échangent des propos à fleuret moucheté pendant toute la pièce. A la fin, ils termineront dans les bras l'un de l'autre en même temps qu'un autre couple formé par Hero et Claudio. J'arrête là mon résumé, en ayant omis quelques péripéties dont l'intervention de Dogberry, un officier municipal stupide interprété par Richard Castle (pardon, l'acteur qui joue Richard Castle: Nathan Fillion). Je ne parlerai pas des autres comédiens que je ne connais pas du tout. J'avoue que je n'ai pas été totalement convaincue par le parti pris du réalisateur. J'ai trouvé certains dialogues assez incongrus dans ce contexte moderne. En un mot: surprenant mais je ne regrette rien. La bande-annonce est vraiment bien. En revanche, j'ai préféré la version plus classique réalisé par Kenneth Branagh en 1993 avec Emma Thompson. Mais lire le billet nettement plus positif de Chris.

Je passe maintenant à mon mini compte-rendu sur ma soirée théâtrale du mardi 4 février 2014. J'ai assisté à la pièce Les Fausses confidences de Marivaux (1688-1763), l'une de ses pièces les plus célèbres (elle a été écrite en 1737). La pièce fait salle comble tous les soirs. Il faut dire qu'Isabelle Huppert joue le rôle d'Araminte face à Louis Garrel dans le rôle de Dorante. Tous les autres acteurs sont excellents, en particulier Bulle Ogier dans le rôle de Madame Argante, et mention spéciale (pour ma part) à Jean-Damien Barbin qui interprète Arlequin. Avant que la représentation ne commence, on voit Isabelle Huppert s'exercer au Taï-chi au fond la scène. Puis Dorante et son valet Dubois entrent en scène et la pièce commence. Les sentiments gouvernés par l'argent sont un des thèmes centraux de cette pièce. Araminte est une jeune bourgeoise veuve et riche aimée par Dorante, un jeune homme désargenté qui est prêt à tout pour la conquérir (elle ne le connait même pas). Mme Argante, la mère d'Araminte voudrait que sa fille se remarie avec un Comte. Deux heures dix plus tard, Dorante a conquis Araminte mais leur avenir n'est pas tracé. La mise en scène de Luc Bondy est très aérée comme le décor mobile où le blanc domine. Isabelle Huppert, dans sa robe longue et ses talons hauts, n'écrase pas ses partenaires. Marivaux écrivait dans une très belle langue française où l'imparfait du subjonctif était toujours employé à bon escient. On entend très bien le texte. Le spectacle se donne au théâtre de l'Odéon (que j'aime beaucoup) jusqu'au 23 mars 2014, et après il part en tournée en France (à Lyon et Rennes) et en Europe. Essayez d'y aller si vous trouvez des places.

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dimanche 2 février 2014

Opération Sweet Tooth - Ian McEwan

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Opération Sweet Tooth (Gallimard, 437 pages), le nouveau roman de Ian McEwan (Solaire) a été pour moi un vrai bonheur de lecture. Avec beaucoup de talent, Ian McEwan (65 ans) se met dans la peau d'une jeune fille de 23 ans, Serena Frome (prononcer "Frume"), très jolie jeune femme un peu naïve, fille d'un évêque anglican. La conscience politique de Serena est née après sa lecture de L'Archipel du Goulag d'Alexandre Soljenitsyne. Au début des années 70, elle va devenir un agent du MI5 (l'équivalent de la DCRI en France de nos jours). Dans cette période troublée de "guerre froide" avec le bloc soviétique (les tensions est-ouest étaient loin d'être terminées), auxquels s'ajoutent les problèmes avec l'Irlande du nord et les menaces venant du Moyen-Orient, Serena (comme d'autres jeunes femmes) va être chargée d'une mission dans le cadre de l'opération "Sweet Tooth". Pour elle, il s'agit d'infiltrer l'univers de Tom Haley, un jeune homme aspirant écrivain qui prépare un doctorat en littérature. A cette époque, le gouvernement voulait tester les opinions politiques d'écrivains au travers de leurs écrits et voir s'ils étaient bien anticommunistes. Serena a été recrutée suite à une aventure sentimentale malheureuse qu'elle a vécue avec Tony Canning, un espion britannique marié et nettement plus âgé qu'elle. Etant au bas de l'échelle au MI5, elle doit faire ses preuves. Ce beau roman d'amour est plein de faux-semblant où le dindon de la farce n'est pas celui que l'on croit. C'est un roman sur la création littéraire, sur l'écriture, sur les liens entre fiction et réalité. Il semble que l'histoire est tirée de faits réels. En 1972, Ian McEwan était un jeune écrivain qui pourrait avoir ressemblé à Tom Haley? Je conseille vraiment ce roman.

Lire le billet enthousiaste de Clara.

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jeudi 30 janvier 2014

12 years a slave - Steve McQueen

12 years a slave (12 ans esclave, en VF), du réalisateur et plasticien anglais Steve McQueen (Hunger et Shame), est tiré d'une histoire vraie écrite par Salomon Northrup, un Noir libre du nord des Etats-Unis, et par ailleurs violoniste de talent, qui vivait dans l'état de New-York. En 1841, Salomon fut enlevé, enchaîné, battu comme plâtre et vendu comme esclave sur une plantation en Louisiane. L'histoire, qui est terrible, nous montre comment les Noirs étaient vendus tels des bêtes à l'abattoir. Entièrement déshabillés (il fallait que les planteurs jugent la "marchandise"), ils pouvaient servir de monnaies d'échange pour annuler des dettes entre planteurs. C'est comme cela que Salomon devenu Platt (les négriers lui ont changé son identité) et ses compagnons d'infortune est allé d'une plantation à l'autre. Ils vivaient dans des conditions misérables. Les mamans étaient souvent séparées de leurs enfants pour toujours. Salomon, pendant 12 ans, courbera l'échine et essaiera de se faire oublier pour pouvoir tenir. Certaines scènes m'ont paru insoutenables comme celle des enfants séparés de leur mère, de Salomon pendu à un arbre qui parvient à toucher le sol sur la pointe des pieds (la scène dure un certain temps) sans que personne ne lui vienne en aide, de la jeune esclave Patsey qui n'a plus que des lambeaux de chair dans le dos après une séance de flagellation assez atroce (sans parler du sentiment de jalousie qu'elle provoque chez la maîtresse de la plantation). C'est un film sur la cruauté physique et mentale des hommes envers d'autres hommes. Je n'ai pas été autant émue que je m'y attendais (j'ai entendu des reniflements dans la salle où j'étais). Il me semble qu'il manque quelque chose (mais je ne sais pas quoi) pour que mon adhésion soit complète. C'est très bien filmé, les acteurs sont convaincants, particulièrement Paul Giamatti et Paul Dano qui interprètent deux "ordures" mémorables, et Michael Fassbender qui interprète le personnage le plus intéressant du planteur Edwin Epps, être violent et ambigu. Il semble que 12 years a slave va rafler pas mal d'Oscars, et rien que pour le traitement du sujet, il le mérite. Mais, je le répète, je ne suis pas totalement enthousiaste.

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