lundi 29 décembre 2014

L'embranchement de Mugby - Estelle Meyrand / Rodolphe (d'après Charles Dickens)

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) ne connaissais même pas le nom de L'embranchement de Mugby parmi les oeuvres de Charles Dickens (comme tout le monde, quand j'entends "Conte de Noël" pour cet auteur, je pense à Scrooge, le vieil avare métamorphosé par des apparitions la veille de Noël [lu en bibliothèque verte dans mon jeune temps...]). 

Dans le décor sinistre d'une sorte de gare de banlieue, de nuit, un unique voyageur descend au bout d'un quai désert, chapeau melon, pardessus, cache-nez, sous une lumière blafarde (et des couleurs très froides). Seule petite lueur (timidement chaude): le "lampiste" de la gare, qui le recueille puis lui indique un hôtel. Le lendemain, ce voyageur avec bagages erre dans la (petite) ville, en s'interrogeant sur son passé et son avenir. Lui aussi est comme la ville bien entendu, à une croisée des chemins, entre la vie de patron (de Barbox Frères) sûr de lui qu'il a mis 20 ans à devenir, et ce qu'il va advenir du pauvre cocu ayant perdu femme et raison de vivre qu'il est désormais. Il croise un chien errant, et une jolie maison colorée, en sortie de la ville, où une jeune fille alitée lui fait signe d'entrer. C'est la fille du lampiste. Elle lui suggère d'explorer les 5 destinations possibles à partir de Mugby... Il fera ses choix au terme de ses voyages, plus ou moins remplis d'allégories et de surprises.

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Cette bande dessinée m'a fait penser à l'univers du dessin animé L'illusionniste. J'en ai beaucoup apprécié le dessin et le traitement en couleurs directes (voir quelques planches sur le blog de CapOCapesDoc; Allie en parle aussi très bien). Elle est parue récemment (enfin, je trouve: en 2010, pour l'édition originale chez Delcourt), avec un scénario de Rodolphe (d'après le conte de Noël de Charles Dickens), et des dessins d'Estelle Meyrand. Ces deux auteurs avaient déjà collaboré 2 ans plus tôt sur Un conte de Noël. Je n'ai jamais croisé leur version, mais je pense que je prendrai la peine de la chercher en 2015.

P1050194 Tout à fait incidemment, le train sur la 4ème de couverture m'a fait penser au Transperceneige. Est-ce un clin d'oeil? C'est Lob qui avait conseillé à Rodolphe d'entrer en BD.
Merci à dasola pour les photos.

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vendredi 19 décembre 2014

Dora Bruder - Patrick Modiano / Orphelins de Dieu - Marc Biancarelli / Histoire de mes assassins - Tarun J Tejpal

Comme je prends du retard dans la rédaction de mes billets "livres", voici trois romans qui n'ont rien en commun mais que je tenais à chroniquer. Il y en a pour tous les goûts.

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Dora Bruder (150 pages, Gallimard) est le premier livre que j'aie lu de Patrick Modiano (tout arrive). Le fait qu'il ait eu le prix Nobel de littérature cette année y est certainement pour quelque chose. Dora Bruder n'est pas vraiment un roman, mais une enquête que Modiano a menée. Il s'est penché sur des annonces d'anciens journaux parus pendant l'Occupation à Paris. Une de ces annonces, datée de 1941, a attiré son attention: Monsieur et Madame Bruder recherchent leur fille Dora, 15 ans, née en 1926 à Paris. A partir de cette annonce, Patrick Modiano a construit son récit et fait des suppositions sur cette jeune fille juive et ses parents. Cela lui permet d'évoquer l'oppression, les lois anti-juives, les rafles pendant l'Occupation. Il en profite pour faire des allusions à sa propre enfance. L'écriture est fluide. Malgré les digressions, on ne perd pas le fil du récit. Un livre à lire. [Merci à K pour le lien vers le discours in extenso que Modiano a prononcé lors de la remise de son prix à Oslo.]

Je passe maintenant à Orphelins de Dieu de Marc Biancarelli (Actes sud, 240 pages): l'action se passe en Corse pendant la première moitié du 19ème siècle. Vénérande, jeune fille courageuse au caractère bien trempé, demande à Ange Colomba, dit "L'Infernu", de venger son frère Charles-Marie, dit "Petit Charles". Ce dernier, un jeune berger, a été défiguré et a eu la langue coupée par des bandits, les Santa Lucia. L'Infernu lui-même, un homme usé et malade, a commis des horreurs dans sa jeunesse, c'était un homme sans foi ni loi. N'ayant plus rien à perdre (il va bientôt mourir), et peut-être pour se racheter, même si la grosse somme d'argent que lui propose Vénérande le décide tout à fait, L'Infernu part en compagnie de Vénérande à la poursuite des bourreaux de Petit Charles. Pendant leur voyage, L'Infernu raconte à Vénérande sa jeunesse tumultueuse et pas très recommandable. Ce "western" corse semble avoir beaucoup plu sur les blogs, ici et par exemple. Personnellement, je reconnais que c'est bien écrit, c'est une belle langue imagée, mais je ne peux pas dire que j'ai été passionnée par l'histoire. A vous de juger.

Je termine avec Histoire de mes assassins de Tarun J Tejpal (Buchet Chastel, 580 pages), un écrivain indien qui a écrit en anglais ce livre que j'ai emprunté en bibliothèque une première fois, fin juillet 2014. Il est resté six semaines sur une chaise sans que j'y touche. Je l'ai rendu en ayant une impression de frustrution, mais j'avais d'autres lectures en train. Début octobre, je reprends le roman en bibliothèque en me disant: "Je veux le lire". J'en avais entendu parler en bien depuis sa parution en 2009. Et enfin, je l'ai ouvert et je l'ai lu relativement vite. J'ai vraiment beaucoup aimé l'histoire de ces "presque" assassins d'un journaliste indien de New Delhi. Les histoires sont dures et on imagine des scènes insoutenables, mais le romancier a suffisamment de talent pour que je ne soit pas choquée par certaines descriptions. Il nous raconte surtout que ces hommes devenus délinquants, tueurs à gages, "dealers" de drogue ont d'abord été des enfants. L'un est musulman, un autre se défend au couteau, un autre encore a vécu parmi les serpents, un quatrième a été abandonné dans un train et a vécu plus de dix ans aux abords de la gare de New Delhi, sans oublier le cinquième qui pour venger ses soeurs violentées est devenu un tueur redoutable avec un marteau. On sait à la toute fin pourquoi et comment ils ont été réunis pour assassiner le journaliste (un double de l'écrivain?). Je suis contente d'avoir fini par lire ce roman qui m'a plu.

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mardi 16 décembre 2014

Timbuktu - Abderrahmane Sissako / Nos enfants - Ivano de Matteo

Avant de vous communiquer très prochainement mon palmarès cinéma pour 2014 (mes films préférés), voici deux longs-métrages vus à la suite, un soir, le week-end dernier.

Je commence avec Timbuktu du réalisateur mauritanien Abderrahamane Sissako. Ce film avait été sélectionné en compétition officielle au dernier festival international du film de Cannes. Il en est reparti bredouille. Même si c'est regretttable, je peux le comprendre car malgré le sujet, on n'est pas vraiment ému (enfin, personnellement, je n'ai pas été vraiment bouleversée). Mais Timbuktu vaut la peine d'être vu pour de magnifiques images de dunes de sable (qui ressemblent au corps d'une femme nue) et de grands plans d'eau; ou pour le sourire radieux d'une petite fille qui adore son père (qui le lui rend bien). En revanche, le film montre aussi la poursuite d'une gazelle (qui s'épuise à courir), la mort d'un coup de lance d'une vache appelée GPS (c'est la scène qui m'a le plus touchée). La bêtise et la cruauté humaine sont incarnées si je puis dire par des hommes enturbannés qui arrivent dans des jeeps. Dans cette petite ville de Tombouctou, ces hommes venus d'ailleurs (ils ont besoin de traducteurs pour donner des ordres ou juger), guidés par l'i*lamisme le plus radical, commencent à interdire: la musique, les chansons, les jeux de ballons. Les femmes doivent porter des gants et des chaussettes. Sans parler de la lapidation d'un couple pour une obscure raison et d'une jeune fille mariée de force. Pendant ce temps, la vie tranquille de Kidane, de sa femme Satima et sa fille Toya est fracassée par la mort GPS. Le réalisateur a voulu raconter beaucoup de choses de manière un peu trop mesurée, feutrée, en 1H37. Il m'a un peu laissée sur le bord de la route. Néanmoins, allez le voir. Ce n'est pas si courant de voir des films venus d'Afrique. Lire les billets de Miriam, d'Alex-6 et matchingpoints.

Je voulais évoquer maintenant Nos enfants, un film italien qui est une libre adaptation du roman Le dîner d'Herman Koch. Personnellement, j'avais très moyennement aimé le roman. Je dirais que je préfère nettement le film, qui reprend les grandes lignes de l'histoire. Nous sommes en présence de deux frères, l'un est un avocat retors (Alessandro Gassman), et l'autre, un chirurgien dans un service pédiatrique (Luigi lo Cascio). Mariés chacun de leur côté, le premier a une grande fille de 16 ans d'un premier lit, le deuxième a un fils acnéique qui a aussi 16 ans. Les deux grands adolescents s'entendent relativement bien et se soutiennent surtout quand ils commettent l'irréparable. J'ai apprécié que le film ne se contente pas d'être un dîner prolongé (contrairement au roman). Les quatre adultes ne se réunissent autour d'une table de restaurant qu'au début et à la fin du film. Entretemps, on suit l'évolution du comportement des personnages, leurs pensées. Il y a pas mal de nuances dans la psychologie de chacun. J'ai trouvé le scénario assez subtil. Tous les comédiens sont excellents. Un bon film. Lire le billet d'Alex-6.

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samedi 13 décembre 2014

La French - Cédric Jimenez / Les héritiers - Marie-Castille Mention-Schaar

Si vous en avez l'occasion, allez voir La French de Cédric Jimenez, un film qui m'a agréablement surprise. Pendant 2H15, on ne s'ennuie pas une minute. Jean Dujardin dans le rôle du juge Pierre Michel et Gilles Lellouche dans celui de Gaëtan Zampa font merveille ainsi que tous les seconds rôles. Seul le personnage féminin, bien interprété (Céline Sallette), est un peu sacrifié. Pour ceux qui l'ignorent encore, Marseille dans les années '60 et '70 fut la plaque tournante du trafic de drogue, de sa fabrication jusqu'à son exportation vers d'autres pays dont principalement les USA. Les "chimistes" français avaient la triste réputation d'être les meilleurs dans leur domaine (fabrication de l'héroïne à partir de la morphine-base). Un juge des mineurs, Pierre Michel, va être chargé des affaires sur le trafic de drogue qui sévit à l'époque dans la ville phocéenne. Il espère faire tomber Gaëtan (Tany) Zampa, le "parrain" marseillais de la drogue, avec l'aide de policiers de la brigade des stupéfiants. Tous les coups sont permis pour trouver les labos clandestins et prendre les trafiquants en flagrant délit: les "planques", les filatures et les ruses, et surtout la patience, arrivent à porter leurs fruits. Pourtant, le juge constate qu'il n'a pas toujours le soutien nécessaire de la part de ses supérieurs, sans parler de personnages politiques de la mairie de Marseille... Je rappelle que le juge Michel fut assassiné le 21 octobre 1981, tué de trois balles (il rentrait chez lui à vélomoteur pour déjeuner). La ville de Marseille est bien filmée. L'affrontement entre Dujardin et Lellouche m'a fait penser à Gabin, Ventura et Delon (c'est dire). Un bon moment de cinéma populaire.

Je passe assez vite sur Les héritiers qui est un film de fiction plein de bons sentiments et bien pensant. On ne peut que souscrire à l'entreprise. Le scénario est inspiré d'une histoire vraie: à Créteil, des lycéens d'un établissement en ZEP (enfin je pense) ont la chance d'avoir eu, pendant leur année de Seconde, un professeur qui va les inciter à participer au concours national de la résistance et de la déportation qui a été créé en 1961. [Pour la petite histoire, j'ai participé deux fois à ce concours en individuel, en 3ème et en Terminale et j'ai reçu un prix à chaque fois]. Le sujet de 2009 (les enfants et adolescents dans l'univers concentrationnaire nazi) pour ces lycéens assez dissipés, de milieux sociaux culturels différents, semble assez loin de leurs préoccupations. Mais le miracle se produit: ils réussissent un travail de groupe qui va leur permettre de gagner un premier prix. Je pense que sur ce sujet, un vrai documentaire aurait été plus pertinent. D'autant plus qu'un survivant de la Shoah, Jean Ziegler, intervient dans le film en tant que Jean Ziegler. On voit aussi des interventions de Simone Veil. C'est ce mélange "fiction et réalité" qui m'a gênée, et je ne me suis pas rendu compte de l'évolution de la pensée de chacun des élèves. Pour Ariane Ascaride qui est très bien comme toujours, allez voir le film. Pour le reste, à vous de juger.

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mercredi 3 décembre 2014

Les opportunistes - Paolo Virzi / Calvary - John Michael McDonagh

Les opportunistes de Paolo Virzi, sorti tout récemment, n'a pas eu beaucoup d'échos dans la presse et c'est bien dommage car ce film italien présenté et récompensé dans plusieurs festivals vaut vraiment la peine d'être vu. Le scénario est l'adaptation d'un roman américain (paru en 2005), Le capital humain (qui est le titre original du film); écrit par Stephen Amidon (je ne connais pas du tout). De nos jours, dans le nord de l'Italie, Dino, Carla et Serena sont trois des personnages principaux d'une tragi-comédie où seul règne l'argent-roi. Dino, un agent immobilier, a confié une très grosse somme d'argent à un homme d'affaires de sa connaissance, Giovanni Bernaschi. Ce dernier, un personnage assez abject, s'en sert pour spéculer. Carla (Valeria Bruni Tedeschi, que pour une fois, j'ai bien apprécié), la femme de Bernaschi, ancienne actrice en mal d'amour et de reconnaissance, ne parvient pas à convaincre son mari de sauvegarder un ancien théâtre. Quant à Serena, la fille de Dino, alors qu'elle est plus ou moins fiancée au fils des Bernaschi, elle tombe follement amoureuse de Luca, un jeune homme assez pertubé. Le film se décompose en 5 parties,dont un prologue dans lequel on voit un cycliste se faire renverser. Puis les trois parties suivantes sont un même récit vécu par Dino, Carla et Serena, avec des points de vue différents et des chevauchements dans l'histoire. La conclusion justifie le titre Le capital humain. Je vous laisse découvrir en quoi cela consiste. Les personnages masculins sont presque tous plus odieux les uns que les autres. Les femmes s'en tirent relativement mieux. Roberta (Valeria Golino), la femme de Dino, a une présence rassurante. Heureusement que Serena et Luca qui font partie de la jeune génération dégagent une certaine pureté dans leur comportement. C'est un film bien fait, bien joué, avec un scénario solide. Une très bonne surprise. Matchingpoints ont aimé ce film et le disent mieux que moi.

Je passe maintenant à Calvary et aux paysages grandioses d'Irlande. C'est bien la seule chose qui m'ait vraiment plu dans le film que j'ai vu en avant-première. Peut-être parce que je m'attendais à de l'humour comme dans L'Irlandais, film précédent du réalisateur avec le même acteur principal, Brendan Gleeson. Ici, Brendan Gleeson joue avec conviction un prêtre, père James. Dans une sorte de prologue très réussi, le père James reçoit en confession un homme en confession. Ce dernier lui apprend qu'il a été violé dans son enfance (pendant plusieurs années) par un prêtre. Et c'est pourquoi il "confesse" qu'il tuera le prêtre dans sept jours. J'ai cru à une plaisanterie. Et bien pas du tout, c'est une histoire sérieuse dont je vous tairai la fin. Pendant les sept jours, le père James renoue avec sa fille (il a prononcé ses voeux suite à son veuvage), son église brûle, son chien se fait tuer et il cotoie peut-être son assassin parmi ceux qui croise son chemin. Je ne sais pas comment prendre le film. Si c'est pour une dénonciation des prêtres pé****philes, à mon avis, c'est raté. Et j'ai trouvé qu'il n'y avait pas une once de comédie dans ce film. Dommage mais les paysages sont beaux. Ffred a beaucoup plus aimé que moi.

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mercredi 29 octobre 2014

L'affaire Collini - Ferdinand von Schirach / L'Eventreur de Pékin - Peter May

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J'avais emporté L'Affaire Collini de Ferdinand von Schirach (Crimes) à l'occasion de mon circuit en Andalousie. C'est un roman court (140 pages, Editions Gallimard) et assez passionnant. L'histoire renvoie une fois de plus au sombre passé de l'Allemagne nazie. Fabrizio Collini, 67 ans en 2001, vient d'assassiner sauvagement Hans Mayer, un octogénaire respectable de la grande bourgeoisie allemande. Caspar Leinen, jeune avocat débutant mais déjà brillant, est commis d'office. Il accepte d'autant plus volontiers qu'il connaissait bien Hans Meyer, qui était le grand-père de son meilleur ami Philipp, mort tragiquement quelques  années plus tôt. Avec ce roman qui a eu pas mal d'échos en Allemagne (où il est paru en 2011), von Schirach montre les failles du système judiciaire allemand, en particulier en ce qui concerne les crimes perpétrés sous le troisième Reich. Une loi promulguée en 1968 et passée inaperçue a changé les délais de prescription pour les crimes commis, selon que l'on est un assassin ou un simple meurtrier. Les haut dignitaires nazis étaient des assassins. Tous les autres, employés de ministère ou soldats, ... n'étaient considérés que comme simples complices (les criminels de bureaux) alors qu'ils avaient autant de sang sur les mains. En postface, on nous dit que "...le ministère fédéral de la Justice a institué une commission d'enquête indépendante pour évaluer l'empreinte laissée par le passé nazi sur le ministère. Ce livre a participé à la mise en place de cette commission". L'écrivain a fait oeuvre utile.

Lire les billets de Luocine et Dominique.

 

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Par ailleurs, je viens juste de terminer L'Eventreur de Pékin, un des romans policiers "chinois" de Peter May qu'il écrivit avant sa trilogie écossaise. Il semble que L'éventreur de Pékin (Babel noir, 425 pages) soit le meilleur de la série. Le titre fait bien entendu référence à Jack l'Eventreur qui a sévi à Londres en 1888, soit 115 ans avant l'histoire qui nous est racontée. Dans ce roman, j'ai fait la connaissance de Li Yan, inspecteur de police et chef de section d'un poste de police. Il vit avec Margaret Campbell, une jolie Américaine blonde aux yeux bleus. Ils ont un petit garçon de 10 mois. Avant de vivre en Chine, Margaret exerçait le métier de médecin légiste. Cela va lui permettre de participer bien malgré elle à l'enquête. A Pékin, un individu à l'esprit malade a décidé de reproduire les crimes de Jack l'éventreur en s'en prenant à de jeunes prostituées et en les dépeçant de la même manière. Dans l'intrigue aux nombreuses péripéties, Li Yan et ses proches vont connaître des moments très difficiles, puisque qu'on apprend que le tueur est un personnage haut placé et capable de tout: nuire à la carrière de Li Yan, expulser Margaret hors de Chine, etc. Tout se déroule en quatre jours. C'est haletant et bien mené. Je recommande.

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samedi 19 juillet 2014

Les fantômes de Belfast - Stuart Neville / L'énigme de Saint-Olav - Indrek Hargla / Le cercle - Bernard Minier

 

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Voici trois romans lus récemment qui n'ont pas de rapport entre eux (si ce n'est que ce sont des romans policiers) et qui m'ont procuré d'agréables moments de lecture.

Je commencerai par celui que j'ai préféré des trois: Les fantômes de Belfast de Stuart Neville (Rivages Noir, 423 pages qui se lisent d'une traite). A Belfast, Gerry Fegan, un ex-tueur de l'IRA, est hanté par les fantômes de 12 personnes  qu'il surnomme les "12 suiveurs". Il les a assassinées plusieurs années auparavant. C'étaient des meurtres commandités. Venant de sortir de prison, il commence à éliminer ceux qu'il juge responsable de ces morts. Petit à petit, les fantômes cessent de le harceler tandis que Gerry supprime des êtres peu recommandables. L'histoire est bien menée et tant pis si l'on juge que Gerry ne devait pas se faire justice lui-même. C'est un personnage que l'on n'oublie pas. Stuart Neville est un écrivain à suivre car Les fantômes de Belfast est son premier roman.

Je continue avec un roman policier estonien. C'est le premier d'une série. Dans L'énigme de Saint Olav - Melchior l'Apothicaire, livre 1 (Babel noir, 420 pages intrigantes), Indrek Hargla situe son intrigue entre le 15 et le 22 mai 1409 à Tallinn en Estonie. Cette ville était partagée entre ville basse et ville haute où se situait la forteresse de l'ordre des chevaliers teutoniques. Le bailli de la ville demande à Melchior Wakenstede, l'apothicaire, de l'aider à découvrir qui a décapité un ancien commandeur de l'ordre Teutonique de Gotland. Dans la bouche du mort, l'assassin a placé une vieille pièce de monnaie. Trois autres morts suspectes vont suivre dont deux empoisonnements. Il est question de position des pions dans un jeu d'échecs, de brasseur de bière, de la guilde des Maîtres Chanteurs de Nuremberg et de bâtisseurs d'églises. L'arrière-plan historique n'est pas forcément très simple car assez méconnu, mais cela ne m'a pas empêché de bien apprécier ce roman que je vous conseille.

Je terminerai avec Le cercle de Bernard Minier (Pocket, 780 pages) où l'on retrouve le commandant Servaz (dont on avait fait connaisance dans Glacé).  Dans la région de Toulouse à Marsac, Hugo, un étudiant, est retrouvé dans la maison où l'on découvre le corps d'une prof. Elle a été ligotée et laissée sans vie dans sa baignoire. Servaz est chargé de l'enquête par sa hiérarchie et surtout par Marianne, la mère d'Hugo. Ce dernier apparaît être le principal suspect. D'autres morts vont suivre. Les victimes ont un lien commun. J'ai trouvé que 780 pages, c'était un peu long. Il y a pas mal de digressions, de sous intrigues. J'ai préféré Glacé.

mardi 10 juin 2014

Les poings contre les murs (Starred up) - David Mackenzie

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Mercredi 4 juin 2014 est sorti un film que je vous conseille malgré son sujet dur et ses images brutales (le film est interdit aux moins de 12 ans). En Grande-Bretagne, Eric Love, 19 ans, un jeune homme prêt à en découdre, vient d'être transféré d'un centre pour déliquants mineurs vers une prison pour adultes "starred up" (en VO). Dès la première séquence, le spectateur est mis dans le bain. Eric subit une fouille en règle et est installé dans une cellule individuelle. A partir de là, Eric enchaîne les comportements violents (c'est un écorché vif). On découvre par bribes qu'Eric a eu une enfance difficile, victime de la violence des adultes. Balloté de foyer en foyer (sa mère est partie), Eric retrouve son père Neville qui purge une peine à perpétuité dans la même prison. Eric sait se défendre, mais devient la tête de turc de certains détenus et de membres du personnel pénitentiaire (qui le prennent pour un individu irrécupérable). Cependant, son père, lieutenant d'un des caïds de la prison, veille sur lui. Par ailleurs, un éducateur de prison qui s'est attaché à Eric arrive à le convaincre de suivre quelques séances de thérapie en petits groupes qui ont pour but de canaliser la violence. Le film ne laisse aucun répit au spectateur. Jusqu'au bout, on se demande comment tout cela va tourner. Le réalisateur sait maintenir le suspens et aucune scène ne tombe dans le sordide. Après R, voici un deuxième film très réussi sur l'univers carcéral d'autant plus que tous les acteurs sont excellents, Jack O'Connell (Eric) en tête. Le film a été tourné dans une prison désaffectée en Irlande du nord. Lire le billet de Wilyrah.

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vendredi 23 mai 2014

L'insoutenable légèreté des scones - Alexander McCall Smith / La madone de Notre-Dame - Alexis Ragougneau

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Voici deux romans que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et que je vous conseille.

D'abord, L'insoutenable légèreté des scones d'Alexander McCall Smith (Editions 10/18, 420 pages), le 5ème volume de la série "44 Scotland Street" (lire ma chronique précédente). Qu'est-ce que je l'ai attendu avec impatience, sachant qu'en 2010 (au moins), il était déjà paru en anglais! Je ne comprends pas pourquoi l'éditeur 10/18 n'a pas jugé bon de faire paraître cette Insoutenable... plus tôt. En plus, il y a encore quatre autres volumes à venir/traduire. Il faudrait que je remette à l'anglais. Bref. Pour en revenir au livre, comme pour les volumes précédents, l'écrivain passe d'un personnages à l'autre dans de courts chapitres. Nous les retrouvons là où nous les avions laissés. Bruce, après une déconvenue sentimentale que je vous laisse découvrir, va devenir nettement moins imbu de sa personne et même devenir sympathique. Matthew et Harmony, jeunes mariés, partent en voyage de noces aux antipodes, en Australie. Là, ils vont vivre une mésaventure. Cyril, le chien d'Angus, va devenir papa de quelques chiots. Domenica, la voisine d'Angus, envisagerait (pourquoi pas?) de se marier avec Angus. Quant à Bertie, qui est le seul personnage à avoir toujours le même âge (6 ans) depuis le premier volume, il va devenir scout, au grand dam de sa maman Irène. Sinon, le titre du roman me paraît énigmatique, car, sauf oubli de ma part, il n'est pas du tout question de scones dans les différentes histoires. Pour ceux qui n'ont jamais abordé cette série, je vous conseille quand même de les lire dans l'ordre en commençant par le premier.

Je continue avec La madone de Notre-Dame, le premier roman d'Alexis Ragougneau (Viviane Hamy, 200 pages), que j'ai estimé très réussi. L'intrigue tient la route et c'est bien écrit. Le roman se déroule sur une semaine. Un meurtre est commis dans la cathédrale de Notre-Dame à Paris au moment du week-end de l'Assomption. Il concerne Luna Hamache, une jeune "beurette" court vêtue que l'on retrouve étranglée. Une partie de son anatomie a été bouchée à la cire de cierge. Claire Kauffmann, une jeune procureur aidée par Landard, un policier borné, boucle rapidement l'enquête. Un coupable idéal est appréhendé, un jeune homme amoureux de la Vierge Marie. Mais ce n'est pas lui le meurtrier. A partir de là, un prêtre, le père Kern qui souffre d'une maladie mystérieuse depuis l'enfance (il a des poussées de fièvre et il ne mesure qu'1m48) et auquel on s'attache vite, reprend les investigations qui vont le mener à démasquer le vrai coupable. Ce roman a vraiment de grandes qualités. Tout au plus me semblerait-il que certains personnages ne sont peut-être pas assez fouillés et sont parfois laissés de côté un peu abruptement (comme par exemple la procureur et le policier Landard). J'espère qu'Alexis Ragougneau ne s'arrêtera pas là.

Lire les billets de Claude Le Nocher, La petite souris, Valérie, ainsi que celui de Eeguab (suite à son commentaire ci-dessous).

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mercredi 14 mai 2014

D'une vie à l'autre - Georg Maas / Girafada - Rani Massalha

Voici deux films que j'ai vus la semaine dernière.

Je commence par D'une vie à l'autre de Georg Maas. Je trouve assez exagéré (mais l'accroche publicitaire est ainsi) que l'on puisse dire que ce film est "le croisement réussi entre La vie des autres et Borgen". On est quand même loin du compte. Le film traite d'une histoire peu connue et traitée: les enfants du "Lebensborn". Entre 1936 et 1945, en Allemagne, des femmes célibataires ou mariées accouchaient dans des maisons du Lebensborn et confiaient leur nouveau-né à cette association. Les enfants que l'on élevait étaient destinés à faire partie de la future élite du Reich. L'histoire du film se déroule en Norvège qui a tenue une place particulière dans les Lebensborn. Les Norvégiens, considérés comme les descendants directs des Vikings, correspondaient à la conception idéale de l'homme germanique. Plus de 10 000 enfants sont nés des liaisons entre femmes norvégiennes et soldats allemands entre 1940 et 1945. Les bébés étaient enlevés à leur mère pour être élevés dans des foyers en Allemagne. L'action du film (inspirée de faits réels) se passe en 1990, (un an après la chute du Mur). Nous faisons la connaissance d'une Norvégienne, Katrine Evensen (Juliane Köhler), qui fut élevée dans un foyer du Lebensborn dans les années 50 en Allemagne de l'Est. Ayant réussi à s'enfuir de RDA 25 ans plus tôt, elle a miraculeusement retrouvé Ase, sa mère norvégienne (Liv Ullmann). Depuis, Katrine a mené une vie rangé entre son mari, un marin de l'armée norvégienne, et sa fille qui vient de la faire grand-mère. Mais on apprend assez vite que Katrine n'est pas celle que l'on croit. Le film comporte des "flash back" avec une image granuleuse (pas terrible comme procédé). J'aurais aimé être plus émue par cette histoire qui nous montre le rôle qu'a joué la terrible Stasi (les services secrets de la RDA). C'est un film honnête mais sans plus.

Maintenant, je passe à Girafada de Rani Massalha, qui ne se donne plus que dans une seule salle à Paris. J'ai trouvé le film "gentillet". Dans une petite ville de Palestine, Yacine, vétérinaire dans un zoo, a une idée insensée pour faire plaisir à Ziad, son petit garçon. En effet, ce dernier qui vouait une adoration au couple de girafes du zoo est devenu inconsolable depuis la mort de Brownie, le mâle, blessé à mort suite un bombardement. Depuis, la femelle Rita refuse de se nourrir bien qu'elle attende un petit. Avec l'aide d'une journaliste française et d'un vétérinaire israélien, Yacine va réussir à faire passer clandestinement, d'Israël en territoire palestinien, une girafe appelée Roméo. Tout ne se termine pas forcément très bien pour tout le monde et certains personnages (les israéliens) m'ont paru caricaturaux. En revanche, les girafes sont très photogéniques et ont beaucoup de grâce.

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