Mud - Jeff Nichols / Sous surveillance - Robert Redford
Voici deux films américains que j'ai appréciés (surtout le second).
Mud de Jeff Nichols met un peu de temps à démarrer, surtout le premier quart d'heure. Puis on suit avec intérêt les aventures de deux jeunes garçons, Ellis et Neckbone, qui vont se frotter au monde des adultes où règnent le mensonge, l'hypocrisie, les non-dits et la violence. En Arkansas, sur les rives du Mississippi, Ellis et son copain vont aider Mud, un homme recherché pour le meurtre d'un homme (Mud a voulu protéger la femme qu'il aime). Il est surtout traqué par le père et le frère de l'homme qu'il a tué. Les deux adolescents vont voler des pièces détachés destinées à retaper un bateau qui permettra à Mud de s'enfuir. Les points forts du film sont les personnages de deux garçons, en particulier Ellis qui va payer cher certains de ses actes. Concernant les personnages des adultes, Jeff Nichols les a quelque peu sacrifiés, comme par exemple Juniper, la petite amie de Mud, qui joue les "utilités". C'est donc un film qui se laisse voir mais, à mon avis, ce n'est pas un des grand films de l'année. Lire les billets mitigés de Mymp ou Yuko et l'avis très positif de Luocine et Tinalakiller.
Je voulais voir Sous surveillance de Robert Redford sans connaître l'histoire. En général, j'aime ce que fait cet acteur / réalisateur et je n'ai pas été déçue, même si l'histoire (très classique) et la réalisation ne révolutionneront pas le cinéma. Mais ce fut surtout le plaisir de voir une brochette d'acteurs qui ont l'air contents d'être là: Julie Christie, Robert Redfort (lui-même), Chris Cooper, Nick Nolte, Susan Sarandon, Sam Elliott, Stanley Tucci, Brendan Gleeson. Jim Grant (Robert Redford), avocat, veuf et père d'une petite fille, voit son passé le rattraper après qu'un jeune journaliste ait découvert qu'il est recherché depuis 30 ans pour meurtre. En effet, Jim Grant alias Nick Sloan était membre d'un collectif américain de la gauche radicale (Weather Underground) qui luttaient contre la guerre du Vietnam 1960-70 et voulaient renverser le gouvernement. Poursuivi par le FBI, il renoue avec d'anciens membres de son groupe afin de trouver la personne qui pourrait le disculper du meurtre dont il est accusé. On suit la course-poursuite avec intérêt, les paysages sont beaux. J'ai vraiment passé un excellent moment. Je conseille. Lire le billet de ffred.
Fantôme - Jo Nesbo / Wallflower - William Bayer
Voici deux romans policiers que je vous conseille.
D'abord Fantôme, le nouveau roman de l'écrivain norvégien Jo Nesbo (série noire Gallimard, 550 pages intenses). On y retrouve Harry Hole, en costume de lin, 1m93 et les cheveux blonds coupés en brosse. Trois ans après Le Léopard, il est bien abîmé avec sa cicatrice qui lui balafre un côté du visage. Après un exil de quelques années à Hong-Kong, il revient à nouveau à Oslo, car Rakel (la seule femme qui lui est cher) et surtout Oleg, le fils de cette dernière que Hole a connu tout petit, ont besoin de lui. Oleg, 18 ans, a mal tourné, il est en prison préventive pour détention et trafic de drogue et est peut-être responsable du meurtre du garçon avec qui il "dealait". Car à Oslo, une nouvelle drogue fait rage: la fioline. Bien que moins mortelle que d'autres, on en devient "accro" pratiquement tout de suite. Harry Hole, qui est un obstiné, se retrouve menacé de tous les côtés. C'est une enquête qui va le mener vers une issue que je vous laisse découvrir. Jo Nesbo a une façon bien à lui de passer à autre chose. Ce roman noir et violent se lit d'une traite.
Avec Wallflower de William Bayer (Rivages/Noir, 400 pages), écrit il y a 20 ans mais paru en 2010 en France, on retrouve Janek, lieutenant de police. C'est un personnage qui apparaît dans 4 ou 5 romans de l'écrivain. Personnellement, je vous conseille Switch paru en français sous le titre d'Une tête pour une autre aux édtions J'ai lu en 1986 (excellent roman). Des allusions à l'affaire "Switch" émaillent Wallflower. William Bayer s'attache beaucoup à la psychologie humaine. Wallflower a comme personnage central Beverly Archer, une psychologue machiavélique qui manipule une jeune femme, Diana Proctor, en s'en servant comme bras armé de sa vengeance longuement mûrie contre des gens qui l'ont humiliée. Je raconte tout cela car à la moitié du roman, on sait qui, on sait le "qui, pourquoi, comment", et c'est passionnant. Janek enquête, car sa nièce est une victime innocente de cette vengeance. "Wallflower" désigne en anglais (au sens propre) une plante herbacée type pissenlit (on retrouve ce genre de plante sur les lieux des crimes) et au sens figuré "Wallflower" désigne une personne qui "fait tapisserie" au cours d'une soirée. Si vous ne connaissez pas William Bayer (un Américain, né à Cleveland dans l'Ohio en 1939), je vous conseille de le découvrir, pourquoi pas avec ce roman?
Rendez-vous à Kiruna - Anne Novion / Jours de pêche en Patagonie - Carlos Sorin
Dans les deux films que je chronique aujourd'hui, le point commun est de parler des rapports de filiation.
Rendez-vous à Kiruna d'Anne Novion (sorti le 30/01/13, et que j'avais vu l'avant-veille en avant-première) m'a permis de m'évader vers le grand nord de la Suède jusqu'à Kiruna. On fait ce périple en voiture en compagnie d'Ernest Toussaint (Jean-Pierre Darroussin), qui doit aller reconnaître le corps de son fils (qu'il n'a jamais vu) mort noyé accidentellement. Sur son chemin, Ernest prend en stop Magnus, qui parle français et qui souhaite rendre visite à son grand-père. Ernest Toussaint est un architecte ronchon qui pense d'abord et avant tout à son travail. Grâce à son portable, il appelle souvent son cabinet sans s'interrompre sauf quand il voit un élan majestueux passer devant lui. Cette scène vue dans la bande-annonce est très belle. Une scène poignant est celle des retrouvailles de Magnus et de son grand-père qui boit de l'aquavit cul-sec. Car au fil de son voyage, Ernest va s'ouvrir aux gens qui le croisent. Il y a beaucoup de pudeur, de non-dits, et pas mal d'humour. A part Jean-Pierre Darroussin et Anastasios Soulis, les autres acteurs parlent suédois avec des sous-titres, ce qui accentue l'impression de dépaysement. Dommage qu'à l'issue de la projection, Jean-Pierre Darroussin et la réalisatrice n'aient fait qu'une courte apparition sans qu'il soit possible de leur poser des questions comme sur les conditions et les lieux de tournage, la séquence de l'élan, le soleil de minuit, etc. Un très joli film que je vous conseille.
Dans Jours de pêche en Patagonie de Carlos Sorin (sorti le 26/12/12) d'une durée d'1H15, c'est un père, Marco, à la recherche d'un nouveau départ, qui tente de renouer avec sa fille qu'il n'a pas vue depuis des années. Le film traite un peu de la pêche au requin mais beaucoup des rapports humains et des relations parfois houleuses entre parents et enfants. Les tentatives de Marco pour renouer une relation avec sa fille ne sont pas un franc succès, pas plus que sa tentative de pèche au requin, qui le conduit à l'hôpital tellement il a le mal de mer. Il ne se décourage pas pour autant car il fait des rencontres sympathiques comme un entraîneur de boxe et un petit chien en peluche rockeur (très amusant). C'est le quatrième film de Carlos Sorin que je vois (après Historias minimas, Bombon el perro -mes deux préférés- et La fenêtre). Je vous conseille Jours de pêche en Patagonie pour découvrir ce réalisateur argentin que j'apprécie beaucoup. Lire les billets d'Oriane et de Chris.
The Dark Knight rises - Christopher Nolan
Comme je prends du retard dans mes lectures, voici encore un billet cinéma. Après quelques films "confidentiels" sortis dans peu de salles, je suis allée voir le dernier "Batman". En préambule, j'aimerais dire que le film va à mon avis bien être un triomphe au box-office, vu la marée humaine qui a assisté à la séance à laquelle nous étions, mon ami et moi. En revanche, je ne pense pas que le tragique fait divers survenu aux Etats-Unis il y a quelques jours y soit pour quelque chose. Avant que le film ne démarre, un brouhaha continu dans l'immense salle où nous avions pris place m'a empêchée de bien profiter des bandes-annonces et des pubs (c'est dire). Que retenir du film? Que c'est du "lourd". C'est le troisième opus de la série réalisé par le britannique Christopher Nolan. On ne peut qu'être époustouflé par quelques séquences spectaculaires comme celle d'ouverture où l'on voit un avion, pris d'assaut par un autre, se désintégrer sous nos yeux. Bruce Wayne alias Batman va mal, il vit reclus depuis sa dernière aventure pendant laquelle il avait perdu la femme qu'il aimait. Le méchant de l'épisode, "Bane", dont on n'arrive pas à voir le visage ceint d'un genre de muselière, veut détruire Gotham City avec une bombe nucléaire. Je ne vous dévoilerai pas toutes les péripéties mais je relèverai que, pour une fois, deux femmes, "Catwoman" (Anne Hathaway, charmante) et Miranda Tate (Marion Cotillard, troublante dans tous les sens du terme) jouent autre chose que les utilités. Batman n'est pas un surhomme mais un homme comme les autres qui se bat souvent à mains nues. Il faut noter que le film parle d'argent et du fait que par un simple "clic" d'ordinateur, on peut tout perdre. Une fois de plus, on nous assène que les Américains en général et les habitants de Gotham City en particulier sont les plus forts. Ces quelques remarques mises à part, vous pouvez aller voir ce film qui dure 2H45, vous ne regretterez ni le prix de votre place ni le temps passé dans la queue, ni celui que vous passerez en compagnie de Batman. Voir le billet de Wilyrah.
Dix hivers à Venise - Valerio Mieli / Portrait au crépuscule - Angelina Nikonova
Mon ami et moi-même avons passé un moment sympa, en compagnie de Camilla (jolie comme un coeur) et de Silvestro, homme pas très mature mais très attachant, dans un cadre ayant pour nom Venise, loin de l'image touristique connue. Tout commence donc sur un vaporetto en 2001, Camilla est en route pour s'installer dans une petite maison, près d'un canal accessible uniquement par bateau, quand ils se rencontrent pour la première fois. Sur l'embarcation, munie entre autres d'une grande lampe à pied, elle croise le regard de Silvestro tenant une plante (un pied de tomates?). Il est assis au fond du vaporetto. Un échange de regard, quelques gamineries et Silvestro a le coup de foudre. Pour Camilla, l'intravertie, on ne sait pas ce qu'elle pense. Rien ne se passe vraiment entre les deux à ce moment-là, mais ensuite, pendant 10 ans, entre études et vie préprofessionnelle, ils vont se retrouver, se croiser (parfois sans se voir quand une grande église sur une place se dresse entre eux deux), se séparer, se disputer, s'apprivoiser, entre Venise et Moscou. Dix hivers à Venise est vraiment un très joli film que je vous conseille. Je suis sûre que vous aurez envie d'aller faire un tour à Venise. Lire le billet enthousiaste de Pascale.
Maintenant, voici un film nettement moins léger et joyeux, Portrait au crépuscule, d'une réalisatrice russe, Angelina Nikonova, avec une actrice étonnante, Olga Dykhovichnaya, qui a co-écrit le scénario avec la réalisatrice. Dans une Russie triste, dépressive et brutale, celle de Poutine, Marina, la trentaine, est assistance sociale (sans s'épanouir dans son travail), a un grand appartement, un mari "gnangnan", un amant "pas très sexy ni très galant" et des amis qui n'en sont pas. Un jour, en allant à son travail, après avoir cassé un talon d'une de ses chaussures, puis s'être fait voler son sac à l'arraché, elle se fait violer par des policiers (un de leur "passe-temps"). La vie de Marina bascule. Envoyant tout promener, elle devient l'amante de son violeur, Sergueï (oeil d'acier et visage coupé à la serpe). Il ne l'a pas reconnue. C'est sa façon à elle de se venger. Qu'on adhère ou pas, il faut reconnaître que ce film ne peut pas laisser indifférent. Ce film suinte la misère sociale, sexuelle, et la violence. Pourtant, à la fin, une lumière d'espoir apparaît. Le dernier plan sur cette femme suivie de loin par son amant/tortionnaire est bouleversant. J'ai aimé mais, comme dirait l'autre, cela ne donne pas envie de partir en vacances en Russie. Lire le beau billet de Mymp et celui de Chris.
Je ne suis malheureusement pas sûre que ces deux films soient beaucoup sortis en province.
Flétrissure - Nele Neuhaus / Dernière caresse - Catherine Guillebaud
Voici deux romans que j'ai lus coup sur coup avec plaisir.
Flétrissure de Nele Neuhaus (Actes sud actes noirs, 358 pages) est une sombre histoire pleine de meurtres et de fureur. En 2007, six personnes dont trois personnes très âgées sont assassinées en l'espace d'une semaine dans la région de Francfort en Allemagne. Le premier lien entre certains de ces meurtres est le nombre 16145 tracé avec du sang sur un mur. Les Kaltensee, grande famille richissime de la région, se trouvent impliqués. L'enquête menée tambour battant par le commissaire Oliver von Bodenstein et sa collègue Pia Kirchhoff nous fait remonter le temps jusqu'à la seconde guerre mondiale et en particulier à une date, le 16 janvier 1945, où 5 personnes furent exécutées. Les protagonistes sont nombreux. Le dénouement de l'histoire se situe en Pologne, dans l'ancienne Prusse orientale. Les nombreux rebondissements nous tiennent en haleine jusqu'au bout, mais le défaut que je trouve à ce roman, c'est qu'il comporte un peu trop de péripéties à mon goût, surtout vers la fin. C'est le premier roman traduit en français de cette auteure née en 1967, elle en a écrit d'autres.
Dernière caresse de Catherine Guillebaud (Folio, 125 pages) nous présente Mastic des Feux mignons, setter anglais de 14 ans qui nous narre sa vie de chien avec "Elle", sa maîtresse qu'il a tendrement aimée dans une belle demeure entourée d'un parc. On est touché par ce chien qui sait que sa vie arrive à sa fin. D'ailleurs, Opium, le chat (du même âge que lui) sent que quelque chose ne va plus. Mastic est un chien bien élevé, tolérant envers les autres animaux même les chats qu'il trouve abrutis. Il a vécu avec deux compagnes dont Elsa, une setter comme lui. Il eut quelques ennuis avec les brebis du voisin mais tout rentra dans l'ordre. La fin est bien entendu bien triste mais pas larmoyante du tout. Catherine Guillebaud a su rendre son récit très léger et souvent drôle. Un petit roman que je vous recommande.
PS: mon ami me fait remarquer que c'est le 3ème livre, sur mon blog, où le narrateur est un chien!
Films vus et non commentés depuis le 11/11/11
Comme on arrive en fin d'année, je me dépêche pour évoquer en quelques lignes quatre films qui peuvent se voir avant qu'il ne soit trop tard (encore que...).
Pour Jig de Sue Bourne, sorti dans 3 salles le 30 novembre dernier, il n'est plus programmé dans une seule salle à une séance de midi. C'est un documentaire qui suit l'entraînement de quelques danseurs et danseuses de danse irlandaise (comme ceux qui se produisent dans le spectacle "Riverdance") jusqu'à un championnat du monde qui a eu lieu en 2010 à Glasgow et qui a réuni 6000 danseurs amateurs. On ne gagne qu'un trophée. La préparation, le costume et le voyage à Glasgow sont à la charge du danseur. Tous les âges sont représentés. Il faut une très bonne condition physique et un entraînement continu. Cette danse fait surtout travailler les jambes et les pieds, le buste restant droit et les bras le long du corps. Cela n'a rien de sensuel. On danse en solo mais j'avoue qu'il y a des moments spectaculaires. D'année en années les danseurs se retrouvent en compétiton, c'est un monde fermé mais on sent beaucoup de ferveur. Le film est un peu long pour ce qu'il raconte, c'est souvent répétitif, mais quelques scènes valent la peine de le voir.
La femme du Vème de Pawel Pawlikowski est une adaptation d'un roman de Douglas Kennedy que je n'ai pas lu. C'est un film étrange, un peu fantastique, où un Américain, Tom, arrive à Paris après avoir été viré de son travail. Il essaye de voir sa petite fille qui vit avec sa mère. Cette dernière montre une grande hostilité envers Paul. Du jour au lendemain, il se retrouve sans argent et vivant dans un hôtel miteux dans le nord de Paris qui semble bien menaçant. Il devient gardien de nuit d'un lieu souterrain indéfini. Il vit deux liaisons amoureuses, l'une avec une femme habitant le 5ème arrondissement (Kristin Scott Thomas, son rôle est court), et une jeune Polonaise, la petite amie du tenancier de l'hôtel où il vit. Je ne peux pas dire que j'ai compris grand-chose à l'histoire. Je peux dire par contre qu'il se dégage une atmosphère singulière de ce film. C'est bien réalisé, mais je ne sais pas trop quoi en dire de plus à part qu'Ethan Hawke parle délicieusement français avec un accent américain.
Footnote de Joseph Cedar (le réalisateur de Beaufort) est avant tout une description des rapports pas toujours faciles entre un père et son fils, surtout quand ils sont rivaux dans l'obtention d'un prix prestigieux (le prix Israël). Le titre "Footnote" (note de bas de page en français) se rapporte au fait que le père Eliezer est cité en note de bas de page dans un ouvrage érudit sur le Talmud, sa spécialité. C'est son seul titre de gloire car personne ne le connaît. Il faut dire qu'Eliezer est un être mutique, pas sympathique. Son fils, Uriel, est plus chaleureux. Ce film qui a reçu le prix du scénario au dernier festival de Cannes m'a plutôt déçue.
Je terminerai par Time out d'Andrew Niccol qui est un film de science-fiction plutôt plaisant. Cela se passe dans un monde où (pour les pauvres) le temps est compté. A partir de 25 ans, les gens s'arrêtent de vieillir. Un compte à rebours s'imprime sur la peau de l'avant-bras. Les riches deviennent presque immortels alors que les pauvres ne font que courir et travailler pour gagner ce fameux temps qui leur est compté. Les riches et les pauvres ne se mélangent pas, ils vivent chacun dans un ghetto. Will Salas (Justin Timberlake), un jeune homme pauvre, est le grain de sable qui va faire tout détraquer. Ce film n'est pas à la hauteur de Gattaca ou Lord of War du même réalisateur, mais il reste un film divertissant.
Intouchables - Eric Toledano et Olivier Nakache
J'ai eu l'occasion de voir ce film en avant-première il y a plusieurs semaines grâce encore à Florian (que je remercie). A la différence de Neil qui a moyennement aimé le film, je reconnais que j'ai souvent ri. Omar Sy, le grand noir avec un sourire éclatant, est irrésistible. Le rôle qu'il interprète a été écrit pour lui. Il crève l'écran. Je dirais que ce film tirée d'une histoire vraie est une suite de saynètes avec comme fil conducteur la cohabitation explosive entre Driss, un Noir des banlieues, et Philippe, devenu tétraplégique à la suite d'un accident, lui-même issu de la grande bourgeoisie. En effet, après plusieurs candidats peu engageants, Philippe embauche Driss un mois à l'essai pour l'aider dans sa vie de tous les jours, du lever jusqu'au coucher. A partir de cette rencontre, les deux personnages vont bien évidemment évoluer: l'un va se sortir du chômage et de sa banlieue, et l'autre va retrouver goût à la vie. C'est une bonne comédie très sympathique mais qui aborde un sujet que les réalisateurs auraient pu traiter avec parfois plus de gravité. Mais ils nous ont bien dit, à la fin de la projection, qu'ils voulaient faire une comédie. C'est le "vrai" Philippe qui acceptait que l'on parle de lui mais sur le ton de la comédie, pourquoi pas?
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Séance de rattrapage inavouable.
Je n'avais jamais vu Rowan Atkinson dans Mr Bean ni dans le premier Johnny English. J'avoue avoir ri tout le long du film Johnny English le retour d'Oliver Parker. Cela ne vole pas très haut, mais comme divertissement, c'est bon pour les zygomatiques. La séquence d'ouverture dans un monastère du Tibet restera dans ma mémoire. La course-poursuite entre Johnny English (agent calamiteux du MI7) - qui ne se presse pas - et un jeune asiatique virevoltant qui court avant d'être rattrapé par Johnny English est assez mémorable. Ce film est une suite de scènes gaguesques de bon aloi où j'ai eu le plaisir de revoir Gillian Anderson (X-Files). Je n'ai pas boudé mon plaisir.
The murderer - Hong-jin Na
Ayant bien apprécié The Chaser, je me suis décidée à aller voir The murderer de Hong-jin Na. Que dire? J'ai aimé, mais trop c'est trop (d'hémoglobine). Ca gicle, ça dépiaute. Que de sang! Que de cadavres! Et toutes les tueries se font à l'arme blanche: hache, couteau, sans parler de fémur de gros animaux. Pendant la dernière heure, cela n'arrête pas. Il y a quelques courses-poursuites en camion et voiture assez mémorables. A part ça, l'histoire est menée tambour battant avec un Coréen, chauffeur de taxi, qui vit dans une province autonome coréenne située en Chine. Joueur invétéré de mah-jong, il perd plus qu'il ne gagne. Il doit une grosse somme d'argent à rembourser sous peine de mort. Il se trouve obligé d'accepter un marché auprès d'un trafiquant peu recommandable: tuer un homme à Séoul. Il a 8 jours pour mener à bien sa mission. Il se rend compte qu'il n'est pas le seul à avoir cette sinistre besogne. Il l'apprend à ses dépens, et de chasseur il devient chassé. Cela ne l'empêche pas d'en profiter pour rechercher sa femme partie depuis 6 mois à Séoul et dont il n'a aucune nouvelle. La toute fin qui se passe au milieu de l'eau est pratiquement le seul moment de calme du film. Si vous fermez les yeux de temps en temps (pour ne pas contempler les tueries), je pense que vous pourrez apprécier cette histoire où les relations humaines entre un homme et sa fille ou un homme et sa femme sont essentielles.
Comme annoncé, je prends une petite pause jusqu'au 31 juillet inclus, destination Forêt Noire, Rhin et quelques villes alsaciennes comme Colmar. Mon prochain billet paraîtra le 01/08/11.
Le léopard - Jo Nesbo

Je viens de terminer Le Léopard (Gallimard série noire), le nouveau roman de Jo Nesbo qui est la 8ème enquête d'Harry Hole, cet inspecteur de police norvégien âgé de 40 ans et mesurant un mètre quatre-vingt-treize. J'ai lu en 3 jours les 760 pages de ce roman haletant qui se passe tour à tour à Hong-Kong, où Harry Hole est tiré de sa retraite volontaire pendant laquelle l'opium est devenue sa compagne, ou encore dans les paysages enneigés de Norvège ou même en République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre (1)), où l'on trouve au moins un volcan en activité. Harry Hole enquête donc sur un tueur en série qui supprime la plupart de ses victimes (des femmes) à l'aide de la pomme de Léopold (sortie de l'imagination de l'écrivain semble-t-il), instrument de mort dont je vous laisse découvrir le fonctionnement fatal. Toujours est-il que les victimes se noient dans leur propre sang. On croit qu'à la page 695, le coupable est démasqué: hé bien pas tout à fait. L'histoire comporte plein de rebondissements et Jo Nesbo sait ménager le suspense. Il fait beaucoup référence à son roman précédent, Le bonhomme de neige (que je n'ai pas lu), dont Harry Hole n'était pas sorti indemne (d'où sa fuite à Hong-Kong). Dans Le Léopard, le père d'Harry Hole est à l'article de la mort, Harry se retrouve aussi à être la bête noire d'un autre inspecteur et il a une liaison avec la belle Kaja Solness qui travaille à la brigade criminelle. Tout comme dans Le bonhomme de neige, Harry va laisser des plumes en luttant contre un tueur vraiment sadique. C'est le 5ème roman de Jo Nesbo que je lis après L'homme chauve-souris, Les cafards (mon roman préféré de cet écrivain), Rouge-Gorge et L'étoile du diable. Le léopard est un roman à recommander. Voir les billets de Dominique et Amanda.
(1) J'avais mentionné le nom de Zaïre (le nom a changé fin 1997) ainsi que Manu me l'a fait justement remarquer. Cette histoire se passe bien de nos jours.





