jeudi 19 septembre 2019

Le mariage de Verida - Michela Occhipinti

Après l'Islande, je suis allée faire un tour en Mauritanie grâce au Mariage de Verida, le premier long-métrage de fiction de l'Italienne Michela Occhipinti. Elle a fait tourner des non-professionnels et s'est servie de témoignages pour narrer la triste histoire de Verida, une jeune fille avec un beau regard qui doit épouser un homme qu'elle ne connait pas encore. Ce mariage arrangé se concrétisera quand, dans trois mois, Verida aura pris 20 kg. Pendant cette période, Verida, qui travaille dans un salon de cosmétiques avec sa grand-mère, sera gavée telle une oie. Dès l'aube jusqu'à la nuit, elle doit manger tous les jours dix repas que préparent sa mère. Les plats alternent entre le lait et de la nourriture solide hyper calorique. Ce "gavage" des jeunes filles est une tradition ancestrale en Mauritanie. Les femmes opulentes sont le symbole de richesse. Verida commence courageusement ce gavage. Elle est pesée tous les jours par un jeune homme qui la regarde avec intérêt. Le regard d'un homme pour une femme. Verida ne grossit pas assez vite mais elle est rapidement écoeurée par toute cette nourriture. Par ailleurs, elle continue de voir ses copines car Verida a des rêves qui ne sont pas ceux de sa mère ni de sa grand-mère, qui ont subi cette épreuve avant elle. Une histoire émouvante qui m'a touchée.

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jeudi 21 février 2019

Grâce à Dieu - François Ozon

J'ai eu l'opportunité de voir en avant-première, dès la semaine dernière, le nouveau film de François Ozon, Grâce à Dieu. J'ai attendu qu'il sorte en salle pour écrire un billet dessus. J'ai noté que le public qui assistait à la projection dans une salle pleine faisait plutôt partie de ma catégorie d'âge et d'un certain milieu social. Je n'extrapolerai pas plus. Pendant les 10 premières minutes, j'avoue que j'ai eu peur que le film soit un peu "gnan gnan" et bien pensant. Mais au fur et à mesure que l'action se déroule (le film dure plus de deux heures), j'ai été prise par l'histoire. Au début, on fait donc la connaissance, à Lyon, d'Alexandre (Melvil Poupaud), la quarantaine, travaillant pour une banque, marié, père de cinq enfants, catholique pratiquant allant à la messe tous les dimanches avec femme et enfants. Ces derniers sont très bien élevés. En voix "off", on entend Alexandre qui vient d'apprendre par la presse ou les réseaux sociaux que le prêtre qui l'avait abusé quand il était scout, trente ans auparavant, était revenu sur Lyon et continuait de s'occuper de jeunes garçons. N'arrivant à pas à convaincre Monseigneur Barbarin, évêque de Lyon, que le prêtre, un pédophile (ou pédosexuel - terme qui a la préférence de Monseigneur Barbarin) doit être sanctionné par l'église, il prend la décision de porter plainte auprès du procureur de la république. Sa plainte va créer un effet boule de neige et aboutir à la création d'une association, "La parole libérée", dont font partie les deux autres protagonistes principaux du film, François (Denis Menochet) et Emmanuel (Swann Arlaud). J'ai été intéressée par la manière dont le récit est mené. Les quelques flash-backs qui émaillent le récit qui se passent dans différents camps de scouts sont terribles car rien n'est montré mais tout est suggéré. Le film aurait pu être interdit, suite à un recours (pour atteinte à la présomption d'innocence dans le procès du prêtre pas encore jugé). Heureusement que cette interdiction a été levée. Je vous conseille de voir ce film, qui vient d'être récompensé du Grand prix du jury au festival de Berlin, le 16 février 2019.

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jeudi 25 octobre 2018

Dilili à Paris - Michel Ocelot

Dilili à Paris de Michel Ocelot est un dessin animé épatant qui m'a conquise. A la fin du XIXème siècle ou au début du XXème siècle, Dilili, une petite fille née d'un père français et d'une mère kanak, a eu comme préceptrice Louise Michel. Orpheline, Dilili vit désormais chez une comtesse. C'est une petite fille très bien élevée et au langage châtié. Elle fait la connaissance d'Orel, un beau jeune homme qui se déplace en triporteur et connaît Paris comme sa poche. Nous sommes aux alentours de 1900 et Paris est en émoi, des petites filles disparaissent. Dilili et Orel vont mener l'enquête. Cela leur permet de croiser le chemin de gens célèbres: Marie Curie (et ses filles), Louis Pasteur, Modigliani, Toulouse-Lautrec, Marcel Proust et Céleste Albaret, Erik Satie, Claude Debussy, Monet, Renoir, Rodin et Camille Claudel, etc, qui leur donnent des indices ou des conseils. On saura à la fin pourquoi les "méchants" de l'histoire, les "mâles-maîtres" enlèvent les petites filles. Ce film est d'abord un enchantement des yeux et des oreilles. C'est un très bel hommage à Paris et à ses monuments emblématiques comme la Tour Eiffel ou le Sacré-Coeur. Une partie de l'histoire se passe aussi dans les souterrains de l'Opéra de Paris. Les images alternent le dessin pur et l'incrustation de photos de lieux parisiens. Le tout est remarquablement fait. Un film qui ravit, semble-t-il, petits et grands. Lire le billet très enthousiaste de larroseurarrose.

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vendredi 12 octobre 2018

Frères ennemis - David Oelhoffen

Je continue avec les sorties du mercredi 3 octobre 2018.

Frères ennemis de David Oelhoffen (dont j'avais bien apprécié Loin des hommes, une adaptation de la nouvelle d'Albert Camus, L'hôte) est le troisième long-métrage du réalisateur qui a aussi écrit le scénario. Son film, remarquablement mis en scène avec un rythme sans temps mort, bénéficie d'un très bon casting. Reda Kateb interprète Driss, un homme d'origine maghrébine, devenu flic à la brigade des stups. Ses parents, son père surtout ne veulent plus lui parler. Driss doit démanteler un réseau de trafic de drogue. Face à lui, il y a Manuel Marco (Matthias Schoenhaerts) que Driss connaît depuis l'enfance, ils ont grandi ensemble dans la même cité. Manuel est impliqué dans un trafic assez important. Alors qu'il part en voiture avec deux complices pour récupérer de la marchandise, des motards les mitraillent et Manuel seul en réchappe. Il devient un homme traqué de tous les côtés. Il décide alors de collaborer de loin avec Driss pour trouver qui veut l'éliminer. Matthias Schoenhaerts et Reda Kateb sont très à l'aise dans leur rôle et leurs rares confrontations sont pleines d'intensité. La fin m'a paru logique. Le chef opérateur a fait des merveilles pour l'image et l'éclairage. Je conseille ce très bon polar, tout comme Ffred et Pascale.

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vendredi 22 décembre 2017

Livres lus et non commentés depuis le 20/11/17

Après mon retour du Chili, je me suis remise sérieusement à la lecture.

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Voici quatre romans, deux islandais et deux italiens. L'un des quatre m'a vraiment beaucoup plu (je remercie Dominique pour son conseil).

Je commence par celui que j'ai le moins aimé, Tenebra Roma, le nouveau roman de Donato Carrisi (Editions Calmann Levy, 299 pages), dans lequel on retrouve le pénitentier Marcus déjà rencontré dans Le Tribunal des âmes et Malefico. Il est amené à enquêter sur une série de meurtres pendant 24 heures dans Rome en proie au chaos à cause de pluies diluviennes qui provoquent le débordement du Tibre. Rome est pillée. Les meurtres perpétrés ont un lien avec une société secrète religieuse, l'Eglise de l'éclipse. J'ai trouvé l'intrigue embrouillée et pas très crédible. Je ne "marche" pas quand c'est trop mystique ou ésotérique. La résolution de l'histoire tient sur les trois ou quatre dernières pages et puis c'est tout. Cela se lit bien mais demeure assez oubliable.     

Je passe à une deuxième petite déception, le roman islandais Ör d'Audur Ava Olafsdottir (Editions Zulma, 236 pages), dont j'avais tant aimé Rosa Candida. J'ai oublié l'histoire assez vite et j'ai été obligée de le refeuilleter pour écrire le billet. Ör, qui est un terme neutre (ni masculin, ni féminin), veut dire "cicatrices" en islandais, des cicatrices sur la peau, mais le terme s'applique à un pays ou à un paysage malmené par une construction ou par une guerre" (Note de l'auteur à la dernière page du livre). En Islande, Jonas Ebeneser, âgé de 49 ans, porte sept cicatrices sur le corps, 4 au-dessus du nombril et 3 au-dessous. Depuis plus de huit ans, il n'a pas touché de femme. Divorcé de Gudrun, il a une fille qui porte aussi ce prénom. Sa vieille mère qui vit dans une maison de retraite s'appelle aussi Gudrun. Quand le roman commence, Jonas qui est malheureux passe son temps à faire des réparations, du bricolage avant d'en finir avec la vie. Mais il se fait d'abord tatouer un nymphéa blanc sur le corps. Il appris que Gudrun Nymphea n'est pas sa fille biologique. Pour éviter que sa famille proche soit traumatisée par son suicide, il part dans un pays qui n'est pas nommé, ravagé récemment par la guerre. Il se donne une semaine avant de mourir, et il emporte donc le strict minimum, dont une perceuse. Je m'arrête là et vous laisse découvrir la suite. Ce n'est pas déplaisant à lire, bien au contraire, mais je ne suis pas arrivée à m'attacher au personnage de Jonas, qui est le narrateur. Lire les billets enthousiastes de Micmelo et de Lou.

Je continue avec La femme de l'ombre d'Arnaldur Indridason. Il s'agit du tome 2 de la Trilogie des ombres (Editions Métailié, 317 pages). Il n'est pas forcément nécessaire d'avoir lu le tome 1, les histoires étant distinctes même si l'on retrouve les enquêteurs Flovent et Thorson. Cela se passe toujours dans les années 40, en plein conflit mondial, à Reykjavik. En 1943, l'Islande est une base des Alliés. Malheureusement, les relations entre les miliataires et les habitants de Reykjavik sont parfois tendues et à juste raison. Le corps d'un homme est rejeté par la mer, un deuxième homme est sauvagement tabassé  dans un pub et meurt suite à ses blessures, enfin une jeune femme disparaît alors qu'elle fréquentait les militaires de la base aérienne. Flovent et Thorson se partagent le travail. C'est un roman d'atmosphère. Plusieurs personnages dont une femme dont on ne connaîtra le prénom qu'à la toute fin de l'histoire sont présents tout au long de ces histoires qui s'entremêlent plus ou moins. Indridason a très bien su jouer avec la chronologie des événements. Il y a un décalage dans le temps entre deux récits. On s'en rend compte au fur et à mesure de la lecture. Je n'ai pas boudé mon plaisir, même si ce n'est pas un coup de foudre. Les personnages de Flovent et Thorson manquent un peu de vie. Malgré tout, comme Aifelle, je lirai le troisième tome.

Je termine par mon "chouchou", Huit montagnes de Paolo Cognetti (Editions Stock, 299 pages), que j'ai eu envie de lire grâce à Dominique. En juillet 1984, Pietro Guasti part pour la montagne dans la région du Val d'Aoste pour la première fois. Lui, l'enfant des villes, découvre la randonnée en montagne avec son père, un montagnard fervent. Mais Pietro souffre du mal des montagnes sans oser l'avouer. Cependant, c'est là que Pietro rencontre Bruno Guglielmina, né dans ces montagnes, qui n'arrête pas de travailler dur. Une belle amitié va débuter qui durera plus de 20 ans, même s'ils se perdent de vue pendant quelques années. Comme Dominique, j'ai aimé tous les personnages, même ceux qui sont moins présents, comme les deux mères des deux garçons. Le père de Pietro, pas très commode, a beaucoup de dignité. L'écriture est limpide. Je me suis sentie bien en leur compagnie et je les ai quittés à regret. Un roman qui a été justement récompensé du Prix Médicis Etranger cette année.


dimanche 29 octobre 2017

La belle et la meute - Kaouther Ben Hania / The Square - Ruben Östlund

La belle et la meute de Kaouther Ben Hania est inspirée d'une histoire vraie. Toute l'action se déroule pendant une soirée et une nuit. En Tunisie, Mariam, une très jolie jeune femme âgée de 21 ans et célibataire, va subir un viol (hors champ). Elle a perdu son portable et son sac à main avec ses papiers. Elle était en train de se promener au bord de la plage avec Youssef, un homme rencontré à une soirée dans un dancing. C'est lui qui va la pousser à porter plainte. A partir de là, une sorte de calvaire commence pour Mariam. Elle se rend dans une clinique proche où elle est mal accueillie. N'ayant plus de papier d'identité, la réceptionniste affirme que l'on ne peut rien pour elle. Dans un autre hôpital, on lui dit qu'il faut d'abord qu'elle porte plainte à la police. Arrivée au poste, elle est insultée, menacée. Il faut dire que ceux qu'elle accuse de l'avoir violée sont des policiers. Mariam, pas très grande mais volontaire ne s'en laisse pas compter. Elle a du courage face à cette meute qui espère qu'elle rentre chez elle se reposer et puis c'est tout. Pour eux, un viol, ce n'est rien ou presque, pourquoi veut-elle se plaindre? Les hommes n'ont pas le beau rôle, à part peut-être un vieux policier à cheveux blancs qui semble moins borné et moins bête que les autres. J'ai trouvé en revanche qu'il n'y avait pas beaucoup de solidarité entre les femmes. Une réceptionniste obtuse, une gynéco, une femme policier: les trois la considèrent avec mépris ou indifférence. Un film prenant jusqu'au bout. La fin se termine sur le lever du jour... Un film qui m'a plu malgré quelques maladresses de scénario. Lire le billet de Pascale.

Je n'en dirai pas autant concernant The Square, le film suédois de Ruben Östlund, Palme d'or au dernier festival de Cannes en 2017. Je suis sortie perplexe. Je pense que je n'ai pas compris ce que le réalisateur qui est aussi le scénariste a voulu nous dire ou nous montrer. Personnellement, je me suis forcée à aller voir The Square parce qu'il a reçu une Palme d'or. Comme j'avais des a priori négatifs après avoir vu la bande-annonce, mon jugement a peut-être été faussé. J'ai trouvé ce film ni drôle, ni intéressant. Je trouve que ce qui pêche, c'est le scénario. Il y a des scènes pleine de "non sense" comme on dit en anglais. Un chimpanzé dans un salon qui se met du rouge à lèvres, un homme qui imite un chimpanzé et terrorise toute une assemblée à table. J'ai aussi trouvé que de se moquer de quelqu'un atteint de la maladie de Gilles de la Tourette n'était pas du meilleur goût. On est dans la surenchère et au bout du compte, cela m'a laissé indifférente. Le film dure presque 2H30 qui passent relativement vite. L'acteur principal, Claes Bang, que je ne connaissais pas mais à qui j'aurais donné le prix d'interprétation masculine, est très bien et plutôt bel homme. Il joue avec un détachement de bon aloi. Il y a de très beaux plans avec un travail sur les cadrages. Je suis pour ma part passée à côté de cette Palme. Lire les billets de Pascale, Tinalakiller et ffred qui racontent beaucoup mieux que moi le film.

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mercredi 20 septembre 2017

Illska - Eirikur Örn Norddhal

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Dans le cadre du challenge "Pavé de l'été" initié par Brize, j'ai choisi un roman de 690 pages aux éditions Points Seuil. J'avais lu un billet chez Aifelle qui m'avait confortée dans l'idée de me plonger dans ce roman dense qui se passe alternativement en 1941 en Lituanie à Jarbarkas et dans les années 2000 en Islande et en Lituanie. Illska (Le mal) de l'Eirikur Örn Norddhal (né en 1978), nous raconte l'histoire d'Agnes qui aime Omar (ils se sont rencontrés à une station de taxi en 2009) mais qui aime aussi Arnor (un jeune néonazi). Tous les trois sont nés à la fin des années 1970. Les arrière grands-parents d'Agnes étaient juifs du côté maternel et catholiques du côté paternel. Agnes rédige avec difficulté une thèse sur l'extrême-droite. Elle pense beaucoup à l'Holocauste de par ses origines. Aimant deux hommes en même temps, les amours d'Agnes ne sont pas simples d'autant plus qu'elle tombe enceinte et met au monde un petit garçon, Snorri. On nous laisse dans le doute sur l'identité du père. Comme Aifelle, j'ai préféré la partie qui se passe pendant la deuxième guerre mondiale, quand presque 400 Juifs, hommes, femmes et enfants furent abattus par un des premiers "einzatzgruppen" composés de Lituaniens de la ville. C'est à Jurbarkas qu'on pouvait trouver la plus belle synagogue d'Europe du Nord. Elle fut démolie par les Juifs sous la menace des armes. Toute la partie de l'histoire qui se passe à partir de 2009 se distingue par une narration hachée dans laquelle l'écrivain choisi même de se mettre à la place de Snorri lui-même. C'est un roman qui se lit bien malgré la longueur, même s'il aurait gagné à avoir au moins 200 pages de moins. Il y a des passages brillants et d'autres pas très intéressants. C'est néanmoins un écrivain islandais (un de plus) à découvrir.

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samedi 17 juin 2017

Marie-Francine - Valérie Lemercier / The Jane Doe Identity - André Øvredal

La bande-annonce de Marie-Francine m'a donné envie de voir le nouveau film de Valérie Lemercier qui est aussi la co-scénariste avec Sabine Haudepin et l'actrice principale. Elle joue même un double rôle car Marie-Francine a une soeur jumelle Marie-Noëlle. Quand l'histoire commence, Marie-Francine, 50 ans, apprend que son mari la quitte pour une plus jeune qu'elle. En même temps, elle est licenciée économique du laboratoire de recherche où elle travaille. Marie-Francine repart vivre chez ses parents. C'est eux qui ont l'idée de lui donner la gestion d'une petite boutique de cigarettes électroniques dans un quartier huppé de Paris où se trouve l'appartement familial. Il faut dire que les parents sont bourgeois catholiques et golfeurs. Philippe Laudenbach et Hélène Vincent sont assez irrésistibles dans les rôles des parents de Marie-Francine, tout comme Danièle Lebrun, Patrick Préjean et Pierre Vernier qui font une courte apparition. Merci à Valérie Lermercier d'avoir pensé à eux. Sans oublier Patrick Timsit dans le rôle d'un cuisinier portugais qui tombe amoureux de Marie-Francine. Lui, c'est sa femme qui l'a quitté pour une autre femme! C'est un film sympa même si je n'ai pas eu le coup de foudre (quelques passages scatologiques pas nécessaires à mon goût) qui permet d'entendre de la musique de Moustaki et "Quand on s'aime" par Michel Legrand et Nana Mouskouri ainsi que "L'amour, c'est comme une cigarette" de Sylvie Vartan et même du Fado par Amalia Rodriguez. Lire les billets de ffred, géraldine, tinalakiller.

Je passe maintenant à un "petit" film de série B, The Jane Doe Identity d'André Øvredal, un réalisateur norvégien dont c'est le premier film américain. Ce film d'horreur se passe dans un petit institut médico-légal quelque part aux Etats-Unis, où exercent Tommy, un médecin légiste, et Austin, son fils qui lui sert d'apprenti. C'est d'ailleurs là qu'ils vivent. On leur apporte le corps d'une jeune femme trouvé à demi-enterré dans une maison où plusieurs crimes sanglants viennent d'être commis. "Jane Doe", nom que l'on donne lorsque l'on ne connait pas le nom de la personne, semble n'avoir aucune blessure apparente, ses yeux sont moins vitreux qu'ils devraient être, le corps n'est pas rigide. Au fur et à mesure que les deux hommes avancent dans l'autopsie, des phénomènes étranges inquiétants surviennent autour d'eux. Je m'arrête là. Moi qui ne vais jamais voir ce genre de film, j'y suis allée car ffred en a dit du bien. Et puis Brian Cox et Emile Hirsch (Into the Wild) jouent les deux rôles principaux. Ce huis-clos horrifique à la réalisation très serrée et sans effet grandiloquent est très réussi. J'ai en particulier aimé la fin.

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vendredi 2 juin 2017

L'amant double - François Ozon / Conspiracy - Michael Apted

Pendant cette quinzaine du Festival de Cannes, je n'ai pa eu grand-chose à me mettre sous les yeux.

Et on ne peut pas dire que les sorties depuis la semaine dernière soient exaltantes. Preuve en est avec L'amant double, le nouveau film de François Ozon  (que Pascale a moyennement aimé). Un film étrange et où il ne se passe pas grand-chose. C'est beau à regarder même si les décors sont froids. Il y un côté très clinique comme le speculum de la gynéco (la première scène du film est très marquante). Les scènes érotiques n'ont rien de notables. En revanche, j'ai trouvé les deux chats magnifiques. Le scénario écrit par François Ozon est adapté d'un roman de Joyce Carol Oates qui, sous le pseudonyme de Rosemond Smith, a écrit des romans policiers. Certaines séquences m'ont paru éprouvantes et j'ai trouvé l'ensemble répétitif. De nos jours à Paris, Chloé, jeune femme perturbée et qui a des maux de ventre, va consulter Paul Meyer, un psychiatre qui tombe amoureux d'elle. Ils décident de vivre ensemble. Plus tard, par hasard, Chloé voit dans la rue un homme qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Paul. Elle apprendra vite qu'il s'agit de Louis Delord, le frère jumeau de Paul. L'un est attentionné, l'autre plus brutal. Elle entame une liaison avec Louis sans laisser tomber Paul. Je ne vous dirai rien de plus si ce n'est que la fin m'a paru tomber comme un cheveu sur la soupe et n'a pas grand-chose à voir avec ce qui a précédé pendant presque 2H (le film est long par rapport à ce que l'on nous raconte). Lire aussi le billet de ffred. A vous de voir.

Maintenant, je veux vous éviter d'aller Conspiracy de Michael Apted, sorti cette semaine. Je l'ai vu en avant-première et j'ai trouvé le scénario sans queue ni tête. C'est nullissime. Il est rare que j'emploie ce qualificatif. Je me réjouissais de voir Noomi Rapace, Orlando Bloom, John Malkovich, Michael Douglas et Toni Collette réunis dans un bon thriller (comparé à Jason Bourne sur l'affiche!!!!). Ne me demandez pas de raconter l'histoire, je n'ai rien compris. Le pauvre Michael Douglas meurt et ressuscite (si, si!). Orlando Bloom, un gentil méchant ou un méchant gentil, va terminer sa vie entre les crocs d'un Rotweiler. Toni Colette n'est pas crédible en "flingueuse": la scène est ridicule. Cela se passe à Londres ou à New-York, je ne sais pas. La CIA et le MI6 se marchent sur les pieds, ils se font la guerre. Et la pauvre Noomi Rapace fait ce qu'elle peut. A fuir de toute urgence.

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mardi 25 avril 2017

The Young Lady - William Oldroy / Sous le même toit - Dominique Ferrugia

The Young Lady de William Oldroy est une adaptation d'un roman russe de 1865 écrit par Nicolaï Leskov, Lady Macbeth du district de Mtsensk, que je n'ai pas lu. Le musicien Dimitri Chostakovitch s'est servi de ce roman pour écrire un opéra en 1930-32. Comme le roman russe, the Young Lady se passe en 1865. L'action se situe en Angleterre dans un paysage austère. Katherine, à peine 20 ans, vient d'être mariée à un homme de deux fois son âge. Ce mariage arrangé ne s'annonce pas bien: Alexander, le mari, semble impuissant. La grande demeure où ils vivent avec Boris, le beau-père odieux de Katherine, et quelques domestiques, est sinistre. Katherine se distrait en allant se promener dans la lande alentour. Pendant que les deux hommes partent pour affaires durant quelques semaines. Katherine tombe dans les bras de Sebastian, un des palefreniers du domaine. C'est un amour fou et exclusif qui va mal se terminer. On découvre en Katherine un être glaçant et dangereux. Elle est prête à toutes les extrémités. Comme l'a écrit Matchingpoints, certaines scènes sont dures. La mise en scène est très travaillée avec les scènes les plus violentes filmées de loin ou hors champ. Un film prenant mais un peu perturbant car c'est dur voire impossible de s'attacher au personnage de Katherine. La jeune Florence Pugh est une révélation, avec son air presque impassible. Lire aussi les billets de Ffred et Pascale.

Je serai très brève concernant le film français Sous le même toit: pas terrible du tout. Si vous avez vu la bande-annonce, c'est amplement suffisant. Delphine, infirmière dans un hôpital, et Yvan, agent d'un footballeur (enfin il essaie), viennent de divorcer, mais Yvan, qui n'a presque pas un sou, habite néanmoins sous le même toit que sa femme et ses deux enfants. Il possède 20% de la maison et donc 20% du frigo, et peut utiliser quelquefois la salle de bain ou le salon. Louise Bourgoin a beau être charmante et Gilles Lellouche faire ce qu'il peut, la comédie est poussive et rarement drôle. On peut passer. Lire le billet de Ffred.

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