mercredi 5 septembre 2018

Route 62 - Ivy Pochoda

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Parmi les romans reçus dans le cadre du prix du roman Fnac 2018, Route 62 d'Ivy Pochoda (Edition Liana Levi, 350 pages) m'a plu. Ce roman sort demain 6 septembre 2018, et Ivy Pochoda est invitée au Festival America à Vincennes fin septembre. Elle situe son histoire en 2006 et 2010, dans le désert Mojave, et à Las Vegas, Palm Spring, là où passe la route 62 pour aboutir à Los Angeles. Dans un prologue qui se déroule en 2010 à Los Angeles, un homme court nu le long des voies "rapides" très embouteillées. Tony, un automobiliste, décide de le suivre en sortant de sa voiture et il se met à courir derrière lui. On saura bien plus tard qui est le coureur. Le récit fait se croiser le destin de plusieurs personnages dont Tony, un avocat ; Britt, une joueuse de tennis qui trouve refuge dans une ferme d'élevage de poulets dirigé par Patrick, un "gourou" qui est aussi le père de jumeaux (Owen et James); Blake et Sam, un duo de gangsters en cavale pour un meurtre involontaire; Ren, un jeune noir tout juste libéré de prison, à la recherche de sa mère Laïla, droguée et gravement malade, laquellei vit dehors dans le "downtown" de Los Angeles. Sam va mourir et Blake va chercher à se venger en continuant sa route. Ren retrouve sa mère. Aucun de ces personnages n'est "remarquable", mais on s'intéresse très vite à ce qui leur arrive pendant les quatre ans du récit. A la fin, les chemins de chacun d'eux se croisent de manière évidente dans les rues du "downtown" de Los Angeles. Je suis assez admirative devant la construction du roman, à découvrir. C'est le deuxième roman de l'auteur.

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mardi 21 août 2018

Membre du jury du prix du roman Fnac

Après une interruption d'un an, j'ai été sélectionnée en mai 2018 pour faire partie du jury du Prix du roman Fnac. Je suis adhérente de l'enseigne et j'achète des livres chez eux pour la bibliothèque loisir dont je m'occupe. Pour être sélectionnée, j'ai dû répondre à des questions comme mes goûts littéraires, mes écrivains préférés, etc.

Toujours est-il que fin mai début juin, j'ai reçu deux romans, deux semaines plus tard, un roman et une semaine après deux autres romans. J'ai préféré cette méthode d'envois séparés à un envoi groupé. J'ai eu l'impression d'avoir plus de temps pour lire. Chaque juré a reçu entre cinq et six romans parmi un choix d'une centaine de titres. Je les ai lus relativement vite et on a eu un peu plus  d'un mois pour donner avis. On saura qui est le lauréat tout début septembre.
En ce qui me concerne, je ne suis pas trop mal tombée. Sur les cinq romans, j'en ai bien aimé au moins deux, ce qui n'est pas si mal.

Voici en image les cinq romans:

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Je commence par mes deux préférés: Khalil de Yasmina Khadra (Editions Julliard), qui vient de paraître, et Route 62 d'Ivy Pochoda (Liana Levi) à paraiître le 6 septembre 2018. [Billets à venir]

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Je continue avec celui qui ne m'a pas déplu mais qui aurait dû s'intituler "Vodka" plutôt que Voyou, d'un jeune écrivain israélien Itamar Orlev (Editions du Seuil, paru le 16 août). J'ai renoncé à compter combien de fois le mot "vodka" est écrit, au moins deux ou trois fois par page. Cette boisson est bue en grande quantité par le père du narrateur du roman. J'ai par ailleurs trouvé le style du roman un peu lourd. [Billet à venir]

Et je n'oublie pas les deux derniers qui se lisent vite mais dont les histoires ne m'ont pas intéressée.

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L'évangile selon Youri de Tobie Nathan (Editions Stock, parution demain 22 août) et Reviens de Samuel Benchetrit, un roman "gentillet" (Editions Grasset, paru le 16 août) sont donc quant à eux, très dispensables.

vendredi 29 juin 2018

Ocean's 8 - Gary Ross / Bécassine - Bruno Podalydès

Ocean's 8 de Gary Ross n'est certes pas le film de l'année, mais je ne me suis pas ennuyée lors de sa projection. J'ai lu que le scénario est paresseux, pas vraiment original et bourré d'invraisemblances, que la fin est prévisible, que les actrices principales ne sont pas à leur avantage, que certaines scènes sont peu ragoûtantes (celle où l'un des personnages vomit dans les toilettes): et, oui, je suis plutôt d'accord avec ces remarques. Mais comme je suis assez fan de Sandra Bullock, Cate Blanchett, Helena Bonham-Carter, je n'ai pas boudé mon plaisir. L'une des premières séquences, qui montre comment Sandra Bullock, tout juste sortie de prison après avoir purgé une peine de cinq ans pour vol, "achète" des produits de beauté et autres "babioles" dans des magasins de luxe new-yorkais sans débourser un dollar, m'a paru jubilatoire. Elle le fait avec un certain culot et beaucoup de classe. A voir un samedi soir ou quand il passera un dimanche soir à la télé.

C'est en visionnant la bande-annonce de Bécassine! de Bruno Podalydès (dont je n'ai pourtant pas trop apprécié les productions précédentes) que j'ai eu envie de voir ce long-métrage, qui est une libre adaptation des aventures de Bécassine, écrites par Jacqueline Rivière, Emile-Joseph-Porphyre Pinchon et Caumery et parues dans La Semaine de Suzette pour la première fois en février 1905. Bruno Podalydès en fait un personnage plein de poésie et de tendresse. C'est d'abord une petite fille ayant perdu une de ses dents de lait cachée sous son oreiller qui attend un cadeau de la petite souris. Bécassine (Emeline Bayart, étonnante), devenue une jeune femme simple (mais pas simplette), rêve de partir à Paris. Elle est soutenue dans son projet par son oncle Corentin (Michel Vuillermoz): c'est lui qui trouve au fond d'une armoire, la tenue verte et la coiffe qui rendront célèbre Bécassine. Peu après son départ, elle est engagée par la marquise de Grand Air (Karine Viard, très bien en marquise), qui vit dans un château avec quelques domestique et son homme d'affaires, Adelbert Proey-Minans), qui souhaiterait l'épouser. Bécassine devient la nounou de Loulotte, une petite fille que la marquise vient d'adopter par un concours de circonstances que l'on ne nous dévoile pas. Les années passent, Loulotte grandit et Bécassine se révèle une jeune femme pleine d'idées, qui voit le bon côté des choses malgré les revers de fortune de la marquise. Le rythme du film est parfois un peu lent, on se demande où Bruno Podalydès, qui joue un des rôles principaux, veut nous emmener. Certaines scènes sont féériques comme celle des ballons lumineux dans la nuit étoilée. Ne vous attendez pas à vous esclaffer, mais vous passerez un moment sympathique en compagnie de Bécassine. Un film idéal pour petits et grands.

Pour un autre avis (très négatif) sur ces deux films, lire le billet de Pascale.

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mardi 26 juin 2018

Pororoca, pas un jour ne passe - Constantin Popescu

Avant qu'il ne disparaisse des écrans, je voudrais évoquer Porocora du réaiisateur roumain Constantin Popescu. Comme l'écrit si bien Pascale dans son billet, on sort rincé du film. Je dirais même plus, on est sonné. Le film dure 2H30 et pendant ce laps de temps, on assiste à la descente aux enfers d'un homme "monsieur tout-le-monde", Tudor Ionescu. Cet homme, la trentaine, est marié et père de deux enfants, Ille, 7 ans, et Maria, 5 ans et demi. Pendant les vingt premières minutes du film, on voit Tudor sur un banc qui parle au téléphone à propos de son boulot pendant que ses deux enfants jouent pas loin de lui. Ils sont dans un grand parc à Bucarest avec un lac ou une rivière en contrebas. Tout à coup, Tudor se rend compte que Maria, qu'il a perdue de vue quelques instants, a disparu. Malgré la police qui fait au mieux (l'agent qui est son interlocuteur est un homme posé qui fait tout pour raisonner Tudor), malgré des affiches de Maria scotchées un peu partout, elle est introuvable. C'est là que le couple formé par Tudor et sa femme Christina explose. Cristiana repart chez ses parents avec Ille et ne manquant pas d'accuser Tudor d'être parti avec deux enfants et d'être revenu avec un seul. Au fur à mesure que les jours passent, Tudor se transforme physiquement, il se laisse aller. Il n'a de cesse de revenir régulièrement dans le parc pour observer les gens et en particulier un homme. Tudor est convaincu que cet homme que l'on voit souvent de loin est responsable de la disparition de la fillette. La dernière séquence d'une violence inouïe dure une dizaine de minutes et s'achève sur un écran noir et le silence. Il faut noter l'interprétation exceptionnele de Bogdan Dumitrache dans le rôle de Tudor qui a reçu un prix d'interprétation amplement mérité au festival du film de San Sébastian, en septembre 2017.

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mardi 12 juin 2018

Trois visages - Jafar Panahi

Suite à mon billet précédent, je continue avec Trois visages de l'Iranien Jafar Panahi qui a aussi signé le scénario. Ce scénario a d'aileurs été récompensé par un prix au dernier festival du film de Cannes. L'histoire débute par un film vidéo que Behnaz Jafar, une célèbre actrice iranienne, reçoit sur son téléphone portable. Sur la vidéo, une jeune fille prend à partie l'actrice en lui repprochant de ne pas l'avoir aidée, de ne pas avoir répondu à ses appels. Elle l'appelle à l'aide avant de se pendre dans un genre de grotte ouverte. Behnaz Jafari, qui culpabilise, annule un tournage en cours et demande à son ami le réalisateur Jafar Panahi, de l'accompagner au nord ouest de l'Iran pour vérifier ce qu'il est en est. La jeune fille qui rêve d'être actrice est-elle morte ou encore vivante? Est-ce une tragédie ou un canular? Cela nous permet de voir les paysages rocheux et assez désolés de cette partie de l'Iran où l'on parle turc dans des villages comme celui où vit la jeune fille, Marziyeh. Quand ils arrivent en voiture 4x4 par une route étroite où il est impossible de rouler en double-sens (et où parfois, un taureau qui a fait une mauvaise chute bloque tout), Behnaz et Jafar apprennent que Marzizyeh a disparu depuis 3 jours, on ne sait pas où elle se trouve. Son frère, très remonté contre elle, ne veut pas qu'elle devienne actrice. Dans certaines parties de l'Iran, les actrices sont considérées comme des femmes de mauvaise vie, même si, par ailleurs, Behnaz reçoit au début un accueil chaleureux des villageois. Elle est en effet connue même dans ces contrées reculées, à la différence de Jafar Panahi. Ce dernier ne parle pas beaucoup et reste souvent dans sa voiture qui lui sert de refuge. On le sent à l'aise dans cet habitacle confiné. Le troisième visage (de femme) du titre est celui de Shaharzad, une actrice plus très jeune qui fut célèbre avant la révolution islamique. On parle d'elle, on ne la voit qu'en ombre chinoise au loin à travers une vitre et on l'entend en voix "off" dire un texte. Elle vit désormais dans le même village que Marziyeh. Avec ce film, le réalisateur évoque son pays avec poésie et parfois humour (évocation du prépuce voyageur) et un peu de tendresse. Il décrit les contraintes sociales et les traditions ancestrales qui régissent la vie de ces gens. Depuis plusieurs années, Jafar Panahi gêne les autorités religieuses de son pays. Il aurait le droit de sortir du territoire iranien mais alors il serait empêché d'y revenir. C'est sa fille qui est venue recevoir le prix à Cannes. Un film à voir. Pour ceux qui ne connaissent pas Jafar Panahi, qui a été l'assistant du réalisateur Abbas Kiarostami, je recommande Le cercle (2000) et Taxi Téhéran (2015). Lire le billet de Maggie.

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mercredi 2 mai 2018

Sonate pour Roos - Boudewijn Koole / Game Night - Jonathan Goldstein / Jersey Affair - Michael Pearce

Après avoir écouté les conseils d'une critique de l'émission Le Masque et la Plume, je suis allée voir Sonate pour Roos de Boudewijn Koole (un réalisateur hollandais). Roos, une femme photographe, revient auprès de sa mère (professeur de piano) et de son jeune frère Bengt, dont le passe-temps favori est d'enregistrer des sons. L'histoire se passe en Norvège dans des paysages enneigés loin de tout. Le film baigne dans une atmosphère ouatée. On comprend très vite qu'entre Roos et sa mère, une femme austère, les rapports sont tendus. En revanche, Roos et Bengt sont très complices. Roos (Rifka Lodeizen, magnifique) est revenue parce qu'elle doit faire une annonce à sa mère et à son frère. Nous, spectateurs, on sait très vite ce qu'il en est. Le film traite des relations mère-fille et d'autres choses. Le tout est traité avec délicatesse et douceur et j'ai aimé la fin, mais je n'avais vraiment pas le moral quand je suis sortie de la projection.

C'est pour ça que deux jours après, je suis allée Game Night de Jonathan Goldstein. J'ai trouvé le film distrayant. Les acteurs jouent le jeu (si je puis dire). Max (Jason Bateman) et Annie (Rachel McAdams), qui ont une libido au point mort, se rattrapent en s'amusant à des jeux de sociétés avec deux autres couples une fois par semaine. Un jour, Brooks, qui a réussi dans ses affaires, vient rendre visite à son frère Max. Il l'invite lui, sa femme Annie et les deux autres couples, à une soirée jeu inoubliable. Je m'arrête là pour le résumé, car l'histoire comporte plein de rebondissements où il est question d'un oeuf de Fabergé, d'un Bulgare, d'un kidnapping, d'une liste, d'une belle voiture rouge, d'un voisin étrange, policier de son état. Ce n'est pas la comédie du siècle mais c'est plaisant.

Je termine avec Jersey Affair de Michael Pearce. Comme son titre l'indique, l'histoire se passe dans l'île de Jersey, île où est né le réalisateur qui a aussi écrit le scénario. J'ai découvert à cette occasion la beauté de l'île très pentue. Moll (Jessie Buckley, une révélation) est une jeune femme perturbée qui vit avec sa mère despote et le père qui perd la tête. Un jour, elle fait la connaissance de Pascal Renouf, un jeune blond aux ongles sales, à l'allure sauvage. Elle tombe amoureuse de lui (et réciproquement). Pendant ce temps, l'île vit dans la peur, des jeunes femmes sont assassinées. Et Pascal devient vite le suspect numéro 1. On est assez vite pris par cette histoire à l'atmosphère inquiétante. Pascal est-il coupable ou non? Qu'en est-il de Moll? Le film m'a plu, sauf les cinq dernières minutes que j'ai trouvé ratées, car un peu "gore" à mon goût. C'est dommage car le reste du film vaut la peine. Lire le billet de Pascale.

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samedi 14 octobre 2017

Le jeune Karl Marx - Raoul Peck / Confident royal - Stephen Frears

Le jeune Karl Marx du réalisateur haïtien Raoul Peck m'a beaucoup plu. C'est après avoir lu le billet de Pascale que j'ai eu envie de le voir. J'ai surtout apprécié d'entendre les deux acteurs, trilingues, qui donnent une certaine authenticité à l'ensemble. Le réalisateur a choisi de retracer la vie et l'oeuvre de Marx entre 1844 et 1848, années pendant lesquelles Marx va de Paris à Bruxelles et puis Londres. En septembre 1844, à Paris, Karl Marx (August Diehl, très bien), gagne chichement sa vie en écrivant des articles. Il est marié à Jenny Von Westphalen depuis un an. C'est à Paris qu'il rencontre Engels, fils d'un riche industriel allemand vivant et possédant une usine en Angleterre. Entre Marx et Engels, c'est le début d'une profonde amitié qui durera jusqu'à la mort de Karl Marx. Ensemble, ils se mettent à écrire des livres en commun. Ils rencontrent Proudhon (célèbre pour la phrase "La propriété, c'est le vol"). Etant en désaccord avec la pensée de Proudhon, ils continuent d'écrire. A cause de leurs écrits, ils sont chassés de France, puis de Belgique et ils s'installent en Angleterre. C'est là qu'ils écriront Le manifeste du Parti communiste publié en février 1848. J'ai trouvé le film intéressant car il n'est pas didactique. Les acteurs sont tous bien dans leur rôle. Et je pense avoir appris des choses. S'il passe par chez vous, vous pouvez aller le voir. 

Je vous conseille aussi d'aller voir Confident Royal de Stephen Frears, rien que pour Judi Dench en reine Victoria. Elle est impériale en reine d'Angleterre et impératrice des Indes. Le réalisateur, qui n'est pas tendre avec les us et coutumes de la royauté anglaise, nous raconte une histoire vraie pour l'essentiel. En 1887 pour le jubilé célébrant les 50 ans de la Reine Victoria, une médaille (mohar) est offerte à Victoria par deux Indiens qu'on a fait venir spécialement du "sous continent" britannique. En effet, l'Inde est sous domination britannique depuis 29 ans. Malgré les instructions très strictes faites à Abdul Karim, l'un des deux Indiens, sur le fait de ne pas croiser le regard de la Reine, il ne peut s'empêcher de le faire et Victoria, âgée de presque 70 ans, à l'époque trouve cet homme très beau. De là, commence une amitié entre la reine et l'Indien qui ne plaît pas du tout à l'entourage royal. Je n'en dirai pas plus, sauf pour saluer encore le talent de Mme Dench. J'ai retenu son monologue percutant où elle parle de ses divers problèmes de santé, concluant qu'elle n'est certainement pas folle. 

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vendredi 4 août 2017

Cinq films vus et non commentés depuis le 15 juillet 2017

Tom of Finland de Dome Karukoski évoque la vie du finlandais Touko Laaksonen (1920-1991), un homosexuel qui a été en butte à l'intolérance du fait de son orientation sexuelle comme d'autres en Finlande. On apprend que des homosexuels se mariaient pour éviter d'être pourchassés. Après la deuxième guerre mondiale où il a combattu contre les Russes, Touko est devenu dessinateur dans l'industrie publicitaire. Par la suite, il est devenu célèbre pour ses dessins de motards et bûcherons très "gays". Tom a inspiré entre autre Jean-Paul Gautier. Concernant Tom of Finland, j'y suis allée car le sujet m'intéressait, mais j'ai été déçue car le film, lui, n'est pas du tout intéressant. Il est trop long (1H56) pour ce qu'il raconte. Les scènes se ressemblent. Il ne se passe pas grand-chose. L'image n'est pas belle. Tout est terne et le tout manque cruellement d'émotion. Dommage.

Ma cousine Rachel de Roger Michell fut aussi une déception et pourtant j'aime les films à costumes se passant dans des demeures anglaise du début du XIXème siècle. Et j'apprécie beaucoup Rachel Weisz. Mais là, je me suis ennuyée devant cette histoire d'un jeune homme qui déteste sans la connaître et puis qui tombe amoureux de Rachel, la veuve de son oncle. Il ne sait pas quoi faire pour lui faire plaisir. Rachel reste un personnage mystérieux dont on ne connaitra pas les desseins. Est-elle une empoisonneuse ou non? La fin arrive comme un cheveu sur la soupe et on s'en moque un peu.

Un vent de liberté de Behnam Behzadi se passe de nos jours à Téhéran, ville très polluée. Niloufar, 35 ans et pas mariée, vit avec sa mère. Douée en affaires, elle dirige l'entreprise familiale de retouche de vêtements. Sa maman âgée fait un malaise dû à la pollution et le médecin veut qu'elle quitte Téhéran. Niloufar n'étant pas chargée de famille, son frère et sa soeur trouvent logique qu'elle (Niloufar) parte ailleurs dans le nord avec la maman. La pauvre Niloufar se révolte contre les deux autres, mais le frère et la soeur l'expulsent littéralement de l'entreprise. Seule sa nièce avec qui elle s'entend bien la soutient. Je ne vous dirai pas comment cela se termine, mais j'avoue qu'en tant que femme pas mariée et sans enfant, je préfère vivre en France qu'en Iran, où l'émancipation des femmes n'apparaît pas encore tout à fait à l'ordre du jour. Un film qui m'a laissée un goût amer. Lire le billet de larroseurarrose.

The Circle de James Ponsoldt est adapté d'un roman de David Eggers (scénariste du film). J'y suis allée car j'apprécie Tom Hanks et Emma Watson. L'histoire se passe dans un futur proche où tout passe par internet. Mae vient d'être recrutée dans une société appelée The Circle (le Cercle), la plus importante société en matière technologique. Peu de temps après, Mae accepte d'être filmée 24/24 (sauf aux toilettes). Cela impacte sa vie sociale et familiale. Il n'y a rien à comprendre, si ce n'est me répéter que les réseaux sociaux ne sont vraiment pas fait pour moi. C'est 1984 de George Orwell en pire. Emma Watson et Tom Hanks sont bien mais ce n'est pas suffisant. Je lirai plus volontiers le roman un de ces jours. Lire le billet de Tinalakiller.

It comes at night de Trey Edward Shults est un film d'horreur pas comme les autres. Il se passe dans un futur proche (?). Une famille, un père, une mère et leurs fils métis, vivent reclus dans une maison au fond d'une forêt. Il semble qu'une épidémie mystérieuse ait décimée les humains. L'arrivée par hasard d'une autre famille (un couple et son petit garçon) va semer le chaos. On ne voit pas grand-chose mais on sent une menace insidieuse. C'est un film sur la peur, surtout la peur des "autres". Bien entendu, tout cela se termine mal mais je ne vous dirai pas comment. Pas mal.

lundi 26 juin 2017

Grand Froid - Gérard Pautonnier / Edmond Ganglion & Fils - Joël Egloff

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Le mercredi 28 juin prochain sort le premier long-métrage de Gérard Pautonnier (qui est aussi le co-scénariste du film avec Joël Egloff), Grand Froid, avec Jean-Pierre Bacri (épatant), Olivier Gourmet et Arthur Dupont. J'ai trouvé ce film très amusant et distrayant avec un côté absurde. Une entreprise de pompes funèbres située dans une petite ville neigeuse peine à trouver de la clientèle. L'entreprise Zwek est au bord de la faillite. Zwek (Olivier Gourmet) ne pourra pas payer les salaires du mois en cours à ses deux employés, Georges Bron (Jean-Pierre Bacri), à quelques mois de sa retraite, et Eddy (Arthur Dupont), un jeune homme plein de bonne volonté. De temps en temps, Georges va chez le docteur de la ville. Il s'installe dans la salle d'attente pour constater que les futurs clients ne sont pas pour tout de suite. Car comme il le dit à Mme Cisca qui n'arrête pas de demander conseil sur ses malaises et vertiges, "la mort, ce n'est pas contagieux, c'est héréditaire". Enfin un jour, l'espoir renaît pour Zwek, un couple passe la porte de la boutique. Une femme et son beau-frère veulent que l'entreprise Zwek organise les obsèques du mari de la première et frère du second. Le décédé doit être inhumé dans un cimetière loin de tout. Georges et Eddy mènent le corbillard. Derrière eux dans une deuxième voiture, sont entassés  la veuve, le beau-frère, le curé et deux enfants de choeur. Après quelques kilomètres, tout va de travers et je vous laisse découvir les divers incidents qui aboutit à un coup de théâtre inattendu. Le film que j'ai vu en avant-première dure 1h26. Un film sympa et bien interprété. Allez le voir quand il sortira.

J'en ai profité pour lire le roman Edmond Ganglion & Fils de Joël Egloff paru en 1999 et qui vient d'être réédité (Collection Folio/Gallimard, 162 pages). Il a servi de base au film. Les scénaristes ont gardé la trame narrative. En revanche, je n'ai pas ri car j'ai trouvé l'histoire plus tragique. Il manque la manière de dire le texte (comme le fait Bacri par exemple, il est irrésistible).

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lundi 22 mai 2017

La colère d'un homme patient - Raúl Arévalo / Tunnel - Seong-hun Kim / I am Not Your Negro - Raoul Peck

Voici trois films sortis à une semaine d'intervalle entre le 26 avril et le 10 mai 2017. Je me rends compte que j'ai vu pas mal de films intéressants après une période de disette cinématographique.

La colère d'un homme patient de l'Espagnol Raúl Arévalo (sorti le 26 avril) raconte d'une vengeance. José, un homme plutôt banal, va attendre huit ans pour se venger de quelques hommes responsables de la mort de sa fiancée lors d'une attaque de bijouterie. Pourquoi huit ans? Il aura attendu patiemment qu'un homme sorte de prison. C'est le seul des voleurs dont il connait l'identité. Le film n'a rien de spectaculaire sauf la scène d'ouverture. Le film n'est pas mal fait, car on met un moment avant de comprendre le but de José. En revanche, j'ai des réserves sur le fait de se venger en commettant des meurtres gratuits. Certes, José ne s'est pas remis du meurtre de sa petite amie, mais de là à se comporter comme il le fait... Il ne fait pas confiance à la justice des hommes en se faisant justice lui-même. C'est dommage. Pascale a mieux aimé que moi.

Je passe à Tunnel du Coréen Seong-hun Kim (sorti le 3 mai). Le film est un peu long mais cela ne m'a pas gênée. Moi qui suis claustrophobe, j'ai compati au sort de Jung-soo qui a eu le malheur d'emprunter un tunnel long de 1,9 km percé à flanc de montagne. Ce tunnel s'écroule sous nos yeux et Jung-Soo se trouve prisonnier dans sa voiture, pas totalement réduite à l'état de crêpe. Comme boisson et nourriture, Jung-Soo n'a qu'un litre d'eau et le gâteau d'anniversaire qu'il devait donner à sa fille. Il a aussi un portable chargé à plus de 85% qui lui permet d'appeler les secours. De nombreuses péripéties émaillent le récit mais on peut noter que la vie d'un homme vaut moins que la construction d'un autre tunnel. Mais Jung-soo a la chance d'être soutenu et aidé par un sauveteur obstiné, Dae-kyoung. Un film qui vaut la peine d'être vu. J'ai aimé le chien qui tient compagnie à Jung-soo. Lire les billets de Pascale, Alex-6 et Princécranoir.

Je termine par I am Not Your Negro du cinéaste haïtien Raoul Peck (sorti le 10 mai). Raoul Peck a plus ou moins mis en image le dernier manuscrit inachevé de James Baldwin (1924-1987), qui voulait rendre compte de la vie de trois personnalités marquantes des années 60 en interviewant Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King. Malheureusement, il n'a pas pu le faire car ces trois hommes ont été assassinés. Ces voix noires dérangeaient. Ils luttaient contre la ségrégation très présente dans beaucoup d'états des Etats-Unis. Depuis 40 ans, rien n'a vraiment changé. Dans certains états, il vaut toujours mieux être blanc que noir. En plus de la voix du narrateur (Samuel L Jackson en VO), j'ai été sensible à la voix de James Baldwin. Son visage expressif et ses yeux sont inoubliables. Le film alterne documents d'époque et texte. L'ensemble est parfois brouillon mais je vous le conseille. Tout comme Pascale et Yuko.

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