mardi 26 janvier 2016

Des garçons bien élevés - Tony Parsons / Fleur de cactus - Barillet et Grédy

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Après Keisha et Dominique, je vais à mon tour dire du bien des Garçons bien élevés de Tony Parsons (Editions de La Martinière, 430 pages), un polar plutôt bien mené mais qui ne m'a pas paru révolutionnaire et qui m'a semblé avoir un air de "déjà lu" (pas d'exemple précis, mais impression générale).  Max Wolfe, qui vient d'être nommé à la brigade des homicides à Londres, se retrouve à enquêter sur un homicide puis sur un deuxième. La première était un banquier, le deuxième était un SDF. Les points communs entre les deux victimes? Ils ont été égorgés, et vingt ans auparavant ils étaient dans la même classe d'un collège anglais assez chic, Potter's Field "dernière demeure des chiens royaux" (ceux d'Henry VIII). Grâce au prologue, dès le début du roman, on comprend les liens qui unissent les victimes, le forfait qu'ils ont commis. En revanche, on veut savoir qui est leur meurtrier, et pourquoi il a attendu si longtemps pour se venger. Max Wolfe qui est le narrateur de l'histoire vit avec sa fille Scout et Stan, un chien King Charles qu'il vient de lui offrir. Le roman étant écrit au présent de narration, le roman se lit vite.

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Ceci n'ayant rien à voir avec cela, je voulais recommander une pièce de théâtre qui triomphe à Paris, Fleur de cactus de Barillet et Grédy (écrite en 1964) qui se joue au théâtre Antoine. Michel Fau, qui fait la mise en scène et joue le rôle principal, donne la réplique à Catherine Frot. Les autres comédiens sont tous très bien. Je suis allée voir le spectacle mardi dernier, 19 janvier 2015. J'avais acheté les places dès novembre. Je pense que ça se joue à guichet fermé jusqu'au 21 février 2016 (date de la dernière représentation à Paris) avant que la pièce ne parte en tournée en province (enfin j'espère). Le spectacle dure deux heures. Il n'y a pas un temps mort grâce aux décors peints et mobiles. Nous avons passé une très bonne soirée. D'ailleurs, mon ami a acheté le texte de la pièce. Il faut noter tout de même (une fois de plus) que le prix des places n'est pas donné. 

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mercredi 6 janvier 2016

J'aime pas la retraite - Patrick Pelloux et Charb

A une question sur une éventuelle reformation de leur groupe, Georges Harrison répondait dès les années '80 quelque chose comme: "On reformera les Beatles quand John [Lennon] ne sera plus mort" [j'ai pas réussi à retrouver la citation originale!]. Pour ma part (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola), je ne prévois pas, à ce jour, d'arrêter d'acheter chaque semaine Charlie Hebdo. En 2015, j'ai acheté et lu tous les numéros parus après le 7 janvier, sans exception. J'ai aussi acheté un certain nombre des livres parus ou reparus (des auteurs disparus). Cette année et encore beaucoup de suivantes j'espère, sans m'abonner, je demanderai en kiosque numéro après numéro. Pas forcément par adoration pour le contenu de Charlie Hebdo en cette année 2016 (quoique), mais davantage, je dirais, par un "devoir de mémoire" que je me donne à moi-même, pour Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski et les autres. Il me reste à chroniquer mes lectures de leurs oeuvres pour poursuivre mes hommages débutés en 2015, aussi longtemps que dasola continuera à m'autoriser à squatter son blog.

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J'aime pas la retraite (dessins de Charb, textes de Patrick Pelloux) prend place dans une collection des éditions Hoebeke. Mon édition de ce livre paru en 2008 est une réimpression de 2014. D'autres titres "J'aime pas..." ont été dessinés par Luz, Trez, Riss, Florence Cestac, Lefred-Thouron (bien vivants!) ou Charb lui-même. Comme souvent, l'humour de Charb est plutôt noir, dans ses 29 gags en 1 page (parfois d'un seul dessin) et dans ses 3 doubles pages, et fait plutôt ricaner que rigoler (il faut aimer). Les vies qu'il montre, laborieuses ou "retraitées", ne font pas forcément envie. Pelloux, lui (qui, par ailleurs, a annoncé il y a déjà plusieurs semaines la fin programmée de son billet hebdomadaire dans Charlie Hebdo), alterne les textes pessimistes et optimistes dans ses 9 chroniques. J'apprécie particulièrement les deux pages dessinées par Charb ci-dessous, pour leur regard "cruel" sur la vie de couple après la retraite. Mais il ne s'agissait que de dessins, d'humour! A ma connaissance, aucune association de retraités n'a éprouvé le besoin de s'attaquer (faire un procès...) à Charb pour cela. Pour ma part, je continue à juger intolérable de l'avoir privé, lui-même, d'une longue vie de sexa-, septa-, octo- (et plus peut-être...) -génaire, lui qui avait quelques années de moins que moi...

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Je ne résiste pas à retranscrire le texte (provocateur) de la 4ème de couv' (cosigné Patrick Pelloux et Charb):
"Bien sûr que nous sommes partisans de la retraite, mais on ne veut pas rouiller n'importe comment. Or désormais, hélas, l'ancienneté ne paie plus. Financièrement, c'est le grand bond en arrière: nous voilà avec des ressources faméliques, pires que lorsqu'on était ce qu'on ne sera plus jamais, jeunes et beaux. Et socialement, c'est la Bérézina: hormis dans les transports publics qui nous accordent une place assise, on est sommé de circuler, et vite, sans broncher, comme s'il n'y avait plus rien à voir.
C'est cette retraite-là qu'on déteste, celle qui détourne de la vie, isole, reproduit et amplifie les inégalités. Tant que la retraite ne sera pas synonyme de bien vivre, nous la combattrons! Et jusqu'à ce que mort s'ensuive s'il le faut: mieux vaut encore partir la tête haute que les pieds devant."

*** Je suis Charlie ***

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jeudi 31 décembre 2015

Le grand jeu - Nicolas Pariser / Le grand partage - Alexandra Leclère

Mes lecteurs m'excuseront j'espère, mais durant les deux dernières semaines de cette année, je n'aurai pratiquement pas été au cinéma. D'ici ma reprise de travail le 7 janvier prochain, je compte aller voir Au delà les montagnes de Jia Zhan-Ke (un chef d'oeuvre pour ffred et Chris) et The big short (le Casse du siècle) pour le sujet.

Pour ce dernier billet de l'année, j'en viens maintenant à deux films vus le jour de leur sortie, respectivement le 16 décembre pour Le grand jeu et le 23 décembre 2015 pour Le grand partage.

Je suis allée voir Le grand jeu, le premier vrai long-métrage de Nicolas Pariser, car je suis assez fan d'André Dussollier. Le début m'a plu. Pierre Blum (Melvil Poupaud) est un écrivain raté qui croise la route d'un certain Joseph Paskin (André Dussolier) lors d'une soirée. Joseph Paskin se révèle être un manipulateur et un homme de l'ombre au plus près des cercles du pouvoir. En lui promettant une somme confortable, Peskin demande à Pierre, sympathisant de gauche, d'écrire un appel à l'insurrection pour mettre à mal le pouvoir en place et accuser justement des groupuscules d'extrême-gauche. Il faut entendre André Dussollier dire son texte. On dirait un félin face à une proie. C'est délectable. En revanche, par la suite, j'ai regretté que Dussollier ne soit pas plus présent à l'écran, car je me suis passablement ennuyée. J'ai même piqué du nez quelques minutes lors des échanges entre Pierre Blum et Laura Haydon (Clémence Poésy). Je n'ai pas bien compris le rôle que cette dernière jouait. Toujours est-il qu'il s'agt d'un film prometteur, mais le réalisateur peut mieux faire.

Je passe maintenant au Grand partage d'Alexandra Leclère: pas un chef d'oeuvre, mais ça part d'une idée sympathique. Pendant un hiver de grand froid à Paris (époque révolue ou pure science-fiction?), un décret gouvernemental passe, ordonnant à la population bien logée avec de grands appartements d'accueillir des mal logés. Branle-bas de combat dans un immeuble cossu d'un beau quartier. Les habitants qui rassemblent toutes les opinions politiques dévoilent leur nature pas toujours généreuse. Le film permet à des acteurs comme Karine Viard, Valérie Bonneton, Josiane Balasko (la gardienne de l'immeuble) ou Didier Bourdon de déployer leur talent comique. Ca ne casse pas trois pattes à un canard mais c'est sympa.

 J'en profite pour vous souhaiter un très bon réveillon de fin d'année.

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mardi 10 novembre 2015

Films vus et non commentés en septembre et octobre 2015

Notre petite soeur de Hirokazu Kore-Eda se concentre sur quelques semaines de la vie de trois soeurs âgée de 19 à 29 ans. Elles habitent ensemble dans une grande maison au Japon. Cela fait longtemps que leur mère, qui vit à Sapporo (une petite ville au bord de la mer), les a laissées se débrouiller seules. Comme elles travaillent toutes les trois, elles sont financièrement autonomes. Quand le film commence, les trois soeurs assistent aux funérailles de leur père, qui avait quitté sa femme et ses filles quinze ans auparavant et ne les avait plus jamais revues depuis. C'est lors de cette cérémonie que les trois soeurs font la connaissance de leur jeune demi-soeur de 15 ans, Suzu. Elles l'invitent à vivre désormais avec elles. J'avoue m'être un peu ennuyée pendant la projection de ce film qui dure 2H06. Il ne se passe pas grand-chose même s'il n'est pas contemplatif. Il n'y a pas de fulgurance, sauf à un moment où les quatre soeurs poussent un cri à l'unisson. L'histoire se déroule calmement, même quand la maman des trois soeurs fait une apparition. Peut-être ai-je été aussi perturbée par ma voisine de siège qui s'est endormie au bout de dix minutes de projection... Je m'attendais à autre chose du réalisateur de Nobody knows. Lire le billet de Yuko et celui très complet d'Alain.

Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore raconte une histoire surprenante, à la limite du fantastique. De nos jours, en Afghanistan, dans un poste de contrôle, un chien, puis trois soldats français disparaissent. Ils se sont comme évaporés. Le reste du groupe a des réactions de peur ou d'interrogation sur ce qu'ils sont devenus. Du côté des Afghans, certains d'entre eux, habitant le village voisin, ont aussi disparu sans laisser de trace. Une sorte d'union se fait entre les deux camps pour savoir ce qu'il s'est passé. J'avoue que mon esprit cartésien a été frustré par la fin. Je n'ai pas entièrement adhéré à cette histoire. Lire le billet très enthousiaste de Chris.

Régression d'Alejandro Amenabar se passe dans le Minnesota aux Etats-Unis en 1990. L'histoire est basée sur des faits réels. Une vague de satanisme sévit dans la région. Angela Gray (Emma Watson) accuse son père, John, d'avoir abusé d'elle lors de messes noires. John, alcoolique, avoue les faits mais ne se souvient de rien. L'inspecteur Bruce Kenner (Ethan Hawke), aidé d'un psychologue, mène une enquête difficile, qui lui donne des hallucinations au sens propre du terme. Si vous avez aimé Les autres du même réalisateur, n'allez pas voir ce film, qui manque souvent de subtilité dans les effets spéciaux et dont l'intrigue est emberlificotée. On se dit à la fin "tout ça pour ça", c'est-à-dire pas grand-chose. Lire le billet de Tinakiller.

Le labyrinthe: la terre brûlée de Wes Ball est la suite du Labyrinthe que j'avais aimé. Dans Le Labyrinthe: La Terre brûlée, Thomas et quelques autres s'échappent d'un lieu sinistre où sont menées des expériences médicales. Ce lieu appartient à la puissante organisation appelé Wicked. Wicked est dirigée par une scientifique Ava Paige, une femme froide, pas sympathique, qui n'a aucun état d'âme. Thomas et les autres se retrouvent dans un paysage désolé, desséché par le soleil. Ils vont devoir faire face à des êtres humains qui ont muté à cause d'un virus très contagieux. Des hommes de main de Wicked poursuivent les jeunes fugitifs. Le film n'est qu'une longue course poursuite assez haletante mais un peu monotone à la fin. J'attends néanmoins la suite (Le remède mortel dont la sortie est prévue en 2017). En effet, ce second volet se termine sur un suspense insoutenable, si je puis dire. Lire le billet de Rock07 (Roland).

Prémonitions d'Alfonson Poyart est un film produit et interprété par Anthony Hopkins. Son rôle y est celui d'un médium qui est engagé par le FBI pour trouver un "serial killer". Sans dévoiler le noeud de l'intrigue, je dirai que le point commun des victimes du tueur était qu'elles étaient tous des morts en sursis. Je suis allée voir ce film car j'avais vu que Colin Farrell (un acteur que j'apprécie) était au générique. J'ai été déçue de constater qu'il apparaît tard et très peu à l'écran. Un film regardable mais pas indispensable. Lire le billet de 100drine.

samedi 13 juin 2015

Films vus et non commentés depuis le 03 juin 2015

Je commence par Manglehorn de David Gordon Green, dans lequel Al Pacino, qui est un acteur que  j'apprécie beaucoup, joue le rôle d'un serrurier qui vit en compagnie de Fannie, une chatte blanche. Manglehorn (Al Pacino) parle beaucoup tout seul, il ressasse sans arrêt son amour perdu, une jeune femme (qui n'était pas son épouse) dont il a gardé des photos. Il a une pièce à l'arrière de sa maison qui est devenue une sorte de mausolée en son honneur. Manglehorn s'est replié sur lui-même. Il revient un peu à la réalité quand il emmène sa petite-fille au parc ou qu'il échange quelques mots chaque semaine (le vendredi) avec Dawn (merveilleuse Holly Hunter), l'employée de banque à qui il remet sa recette. C'est un film assez déconcertant qui part un peu dans tous les sens. Il y a un arc narratif mais pas vraiment d'histoire. Des personnages secondaires comme le fils de Manglehorn, Jacob ou bien Gary, un ancien toxicomane font des apparitions mais il n'y pas de suites. Si vous aimez Pacino, vous pouvez voir le film. Sinon, passez votre chemin. Lire le billet de ffred.

Je passe maintenant à Comme un avion de Bruno Podalydès, qui reçoit les éloges des critiques et des blogs. Et bien, je vais faire la mouche du coche: je n'ai pas beaucoup aimé. Je me suis même passablement ennuyée comme pour tous les autres films que j'ai vus de ce réalisateur. Bruno Podalydès, pour une fois, s'est choisi pour interpréter le personnage principal de cette histoire. Mais Denis (dans un petit rôle) n'est tout de même pas très loin. Michel (Bruno Podalydès), la cinquantaine rêveuse, passionné par l'épopée de l'Aéropostale, porte la même veste que Jean Mermoz. Qu'à cela ne tienne, il choisit de se mettre au kayak (qui comme sexes est un palindrome). Soutenu dans son entreprise par sa femme Rachelle (Sandrine Kiberlain, lumineuse), Michel se met à "kayaker" (avec un matériel de survie assez considérable) sur une rivière qui doit l'emmener jusqu'à la mer. La balade s'arrête assez vite quand il accoste près d'une auberge guinguette située sur un large terrain. Là, Michel faire la connaissance de plusieurs personnage,s dont la désirable patronne du lieu (Agnès Jaoui). Tout cela m'a paru gentillet. L'histoire fait du surplace. Les interventions du pêcheur qui ressemble à Pierre Arditi ne m'ont pas divertie. J'ai entendu des spectateurs (tous de ma génération ou un peu plus âgés) rire dans la salle pendant la projection: et bien, moi pas. Lire les billets de ffred, Alex-6, Pascale.

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samedi 16 mai 2015

Plus haut que la mer - Francesca Melandri / Je refuse - Per Pettersson

Voici encore deux romans que je n'aurais certainement pas lus si d'autres blogs avant moi n'en avaient pas fait des éloges.

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Je commence par le plus récent, paru en janvier 2015, Plus haut que la mer de l'Italienne Francesca Melandri (Editions Gallimard, 200 pages), chaudement recommandé (une fois de plus) par Dominique. Il aurait pu être sous-titré "Drôle d'endroit pour une rencontre". Luisa et Paolo prennent un ferry qui les emmène vers une île où se trouve une prison de haute sécurité. Le mari de Luisa et le fils de Paolo y sont incarcérés pour y purger de lourdes peines et ils sont considérés comme dangereux. Luisa, une paysanne qui élève ses cinq enfants est presque soulagée de voir son mari violent derrière les barreaux. Paolo, professeur de philosophie à la retraite culpabilise devant les actes de terreur commis par son fils. Il se sent responsable. L'histoire se situe pendant les "années de plomb". A la fin de la visite, au moment de reprendre le ferry, le mistral s'est levé, la mer est démontée et Luisa et Paolo sont obligés de passer la nuit sur l'île sous l'oeil vigilant mais bienveillant d'un gardien, Pierfrancesco Nitti. Ces personnages vont converser, se confesser. Luisa et Paolo vont se tenir la main. Ils partageront la même cabine sur le chemin du retour. J'ai trouvé cette histoire lumineuse pleine de pudeur et d'empathie. Personne n'est jugé. Un très beau roman.

 

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Je passe à Je refuse du Norvégien Per Petterson (Editions Gallimard, 265 pages) dont on a écrit beaucoup de bien sur quelques blogs, dont ceux d'Aifelle, Eeguab et Clara.

En 2006, Jim et Tommy, deux amis d’enfance, se revoient par hasard trente-cinq ans après s’être perdus de vue. Ils sont nés à deux mois d’intervalle en 1952. Employé habituellement dans une bibliothèque, Jim est en arrêt maladie depuis plus d’un an: il souffre d’une grave dépression chronique. Tommy, lui, a réussi dans la finance, il est trader. Tommy a des problèmes avec l’alcool. Quant à Jim, il fume trop. Les retrouvailles éphémères entre Tommy et Jim font ressurgir des souvenirs s’étalant de 1966 à 1971. Des fragments de la vie de Jim et Tommy nous sont révélés. Jim qui n’a pas connu son père, a été choyé par sa mère, qui n’a jamais levé la main sur lui. En revanche, Tommy, ainé de quatre enfants, a été battu par son père, abandonné par sa mère et séparé de ses trois sœurs, Siri et deux jumelles, quand le père a disparu à son tour du jour au lendemain. Jamais Tommy ou Jim ne s’apitoient sur eux-mêmes malgré les aléas de leur vie. Composé en courts chapitres, le texte est pour la plus grande part écrit à la première personne, ce qui rend les personnages proches du lecteur. C’est peut-être pour cela que j’ai éprouvé de la tristesse et un sentiment de pesanteur quand j'ai terminé ma lecture. Un roman que je conseille malgré tout.

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mercredi 22 avril 2015

En équilibre - Denis Dercourt / Enfant 44 - Daniel Espinosa / Taxi (Téheran) - Jafar Panahi

Autant j'avais aimé La tourneuse de pages (2006) qui réunissait Catherine Frot et Déborah François, autant le réalisateur Denis Dercourt m'a assez déçue avec En équilibre qui est sorti il y a une semaine. Pour résumer, Denis Dercourt est plus à l'aise quand il parle de musique que quand il aborde d'autres sujets tels que les chevaux ou les assurances. Le scénario est adapté d'une histoire vraie. Marc Guermont (Albert Dupontel), un cascadeur à cheval, est devenu paraplégique suite à un accident lors d'un tournage. Il fait la connaissance de Florence Kernel (Cécile de France, rayonnante) qui, en tant que chargée de clientèle d'une compagnie d'assurances, doit convaincre Guermont de signer un accord à l'amiable d'un montant que pour sa part, il juge insuffisant. Il ne veut pas céder. Il rêve de remonter sur son cheval Othello (bel étalon rétif). A partir de là, je m'attendais à voir un affrontement entre Guermont et la compagnie d'assurances. Dercourt évacue le sujet pour se concentrer sur les rêves de Florence dont la vie prend un tournant radical. En effet, licenciée de son travail (je vous laisse découvrir pourquoi), elle se remet à jouer du piano (du Franz Liszt): une passion commune entre Guermont et elle. J'ai trouvé que le film manquait d'articulation, il y a des invraisemblances, des ellipses. Vous pouvez attendre une diffusion télévisuelle. Lire l'avis plus positif de Géraldine.

Je passe à Enfant 44 de Daniel Espinosa qui est, selon moi, un ratage presque complet. C'est dommage car le roman de Tom Rob Smith dont est tiré le film avait des qualités. Dans le film, on n'a aucune présentation des personnages, on ne sait pas qui est qui. En 1953, en Russie, pas longtemps avant la mort de Staline, Leo, un membre de la police militaire est poursuivi par la haine tenace de deux hommes. Le premier s'appelle Vassili (Leo l'avait plus ou moins humilié), et l'autre, un certain major Kusmin, est interprété par Vincent Cassel. Dans un pays où le crime n'existe pas, Leo est amené, par un concours de circonstances, à enquêter sur la mort suspecte de plusieurs petits garçons. A cela se greffe le fait que Leo et sa femme (qui est institutrice) sont exilés loin de Moscou suite à une dénonciation. Tout le monde dénonce tout le monde. Pour moi, le gros défaut du film, c'est le fait que les acteurs assez cosmopolites parlent tous l'anglais avec un accent russe (enfin, à ce que j'ai ressenti). Même des acteurs anglais comme Gary Oldman ou Tom Hardy (Leo) prennent un accent improbable. De plus, le scénario est assez fouillis. On passe d'un plan à l'autre sans raison précise. On n'arrive à s'attacher aux personnages. Il y a même des scènes un peu risibles. Ridley Scott a produit le film, peut-être aurait-il fallu qu'il le réalise.

Je termine avec Taxi (Téhéran) pour remonter le niveau. Ce film de l'Iranien Jafar Panahi à reçu l'Ours d'Or au dernier festival du film de Berlin*. Ce cinéaste dont j'avais apprécié le film Le cercle (en 2000) ne peut pas sortir d'Iran, il a fait de la prison pour des prises de position qui ont indisposé le gouvernement iranien et il lui est interdit de filmer. C'est pourquoi, pour contourner cette interdiction, il a choisi de se transformer en chauffeur de taxi et de placer une caméra sur le tableau de bord du véhicule. Pendant presque une heure vingt, d'un air affable, Jafar roule dans les rues de Téhéran en prenant des passagers surprenants: un voleur à la tire, deux vieilles dames avec des poissons rouges, un revendeur de DVD (qui a reconnu le cinéaste), une femme et son mari à la tête ensanglantée, sa propre nièce de 13 ans, future cinéaste, volubile et au caractère bien trempée, et enfin une avocate qui connait Jafar Panahi et qui a elle-même de gros problèmes avec le régime en place (elle doit être radiée du barreau). Le film a paraît-il coûté environ 32 000 euros. Comme il n'a pas plu au régime en place, il n'a pas eu droit au financement d'un générique de fin (le cinéaste s'en excuse auprès des spectateurs). Comme Alex-6, je vous conseille ce film.

* et non le Lion d'Or au dernier festival de Venise (merci à Tinalakiller pour la correction)

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jeudi 16 avril 2015

Une belle fin - Uberto Pasolini

Parmi les sorties du mercredi 15 avril 2015, je vous recommande un joli film mélancolique vu le soir même. Il s'agit d'Une belle fin, un film anglais dirigé par un réalisateur (et producteur) d'origine italienne, Uberto Pasolini (né à Rome en 1957, il est un neveu de Luchino Visconti). John May, la quarantaine terne, gère les obsèques des défunts sans famille. Il met beaucoup de coeur dans ce travail peu gratifiant. Il écrit même l'éloge funèbre en s'aidant de photos ou d'objets personnels trouvés chez les personnes décédées. Pour chaque personne défunte, il essaye toujours de trouver des héritiers éventuels qui pourraient assister à l'enterrement. Dans sa vie de tous les jours, John mène une vie rangée et sans surprise jusque dans ses repas: tous les soirs, il boit un thé noir et se nourrit d'une boîte de thon, d'un toast et d'une pomme qu'il pèle consciencieusement telle une orange. Sa vie va basculer quand il apprend son licenciement après 22 ans de bons et loyaux services. Avant de partir, il espère retrouver les héritiers de Billy Stoke, un ancien combattant des Malouines mort seul (c'est l'odeur de décomposition qui a alerté les voisins) dans l'appartement en face de chez lui. Pour une fois, son enquête va aboutir: il rencontre plusieurs proches de Billy. Par là même, John commence à changer: il troque son costume de croque-mort contre une tenue plus décontractée et il ose manger des viennoiseries, des glaces et boire du chocolat chaud. Il semble même avoir des projets d'avenir. Le film doit beaucoup à l'acteur principal Eddie Marsan qui un visage singulier dont on se souvient. Une belle fin est sorti dans plusieurs salles à Paris, j'espère que c'est aussi le cas en province, il vaut la peine d'être vu. La fin du film est émouvante et vraiment belle. C'est vraiment le genre de film que j'apprécie. Lire le billet de ffred.

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mardi 3 février 2015

Phoenix - Chritian Petzold / Snow Therapy - Ruben Östlund

Décidément, l'année 2015 démarre bien du point du vue cinématographique (à défaut d'autre chose...).

Voici encore deux films, l'un allemand et l'autre suédois, qui valent le déplacement.

Je commence par Phoenix de Christian Petzold, film dans lequel on retrouve Nina Hoss et Ronald Zehrfeld, les deux acteurs de Barbara du même réalisateur. Phoenix est le nom d'un cabaret dans le secteur américain de Berlin. Et c'est peut-être une allusion au phénix, l'oiseau fabuleux qui renaît de ses cendres comme l'héroïne de l'histoire qui renaît à la vie. En effet, à la fin de la 2ème guerre mondiale, dans Berlin en ruines, Nelly Lenz, d'origine juive, est une rescapée des camps de la mort. Elle vient de subir une grave opération au visage après avoir été blessée par balles. Hébergée par une amie, Nele Winter, Nelly recherche son mari, Johannes, "Johnny" qu'elle n'a pas cessé d'aimer bien qu'il l'ait peut-être trahie. Elle le retrouve, mais il ne la reconnait pas car il est sûr qu'elle est morte. Néanmoins, Johannes veut se servir d'elle comme sosie de sa femme pour s'emparer de l'héritage de cette dernière. Jusqu'au bout, Nelly veut croire que les choses vont rentrer dans l'ordre. Jusqu'au bout, Johnny refuse de croire qu'il se trouve face à sa femme. L'histoire s'achève par une chanson de Kurt Weill et Ogden Nash: Speak Low (parle bas) chantée par Nina Hoss: magnifique séquence. Je dirais que même si j'ai trouvé le film un peu long à démarrer, je l'ai beaucoup apprécié. Nina Hoss et Ronald Zehrfeld sont vraiment excellents. Lire les billets d'Alex et Ffred.

Je passe maintenant à Snow Therapy qui se passe en France, dans les Alpes, sur une période de six jours. Tomas et Ebba, un couple de Suédois, et leurs deux enfants, viennent passer une semaine au ski. Le film très bien réalisé se décompose en six journées pendant lesquelles les relations vont se déliter à l'intérieur de ce couple de "bobo" scandinaves suite à une malencontreuse avalanche. En effet, le deuxième jour, pendant qu'ils déjeunent dans un restaurant avec une terrasse panoramique, la famille assiste à une avalanche qui risque de les engloutir. Le père a le réflexe de prendre ses gants et son iphone avant de s'enfuir en courant en laissant sa femme et ses deux enfants en plan. A partir de là, imperceptiblement, l'atmosphère devient lourde. Pendant les quatre jours qui vont suivre, on perçoit qu'Ebba n'arrive pas à se remettre de ce qui est arrivé. Quand elle en parle à des personnes qui logent aussi à l'hôtel, son interprétation des faits diffère de celle son mari qui ne se sent coupable de rien. Le réalisateur a beaucoup travaillé ses plans et son cadrage. La lumière a aussi son importance ainsi que la bande-son. C'est un film visuel et sensoriel. Le film a été primé à juste titre, au festival du film de Cannes de l'année dernière, du prix du jury d'Un certain regard.

 Lire les billets enthousiastes de Chris et Ffred.

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mercredi 28 janvier 2015

Loin des hommes - David Oelhoffen / Discount - Louis-Julien Petit

Voilà deux films, très différents à tous points de vue, que je vous recommande.

Le scénario de Loin des hommes de David Oelhoffen est librement inspiré d'une nouvelle d'Albert Camus, L'hôte, tiré du recueil L'exil et le royaume (1957) qui rassemble six nouvelles. L'acteur Viggo Mortensen, coproducteur du film, est un grand admirateur de l'écrivain. En Algérie, en 1954, quelque part dans les montagnes de l'Atlas, Daru, un instituteur, fait la classe en français à des jeunes élèves algériens. Un jour, Daru est chargé d'escorter Mohamed, un Algérien accusé de meurtre, jusqu'à la ville voisine pour y être jugé. Daru qui a mené jusqu'ici une vie plutôt calme va se trouver au coeur de la tourmente puisque nous sommes à l'époque du début de la Guerre d'Algérie. L'histoire se déroule sur 4 ou 5 jours. Daru, d'origine espagnole et traité de "Français" par les Arabes et d'"Arabe" par les Français, se sent proche de Mohamed qui devrait payer le "prix du sang" pour son crime. J'ai beaucoup aimé le rythme un peu lent, les magnifiques paysages, et puis Viggo Mortensen avec son improbable accent français est bien.

Je passe maintenant à Discount, une très sympathique comédie française. Le maître-mot de l'histoire est "solidarité". Les héros de l'histoire sont cinq employés corvéables à merci. Ils travaillent pour un salaire en-dessous d'un SMIC mensuel dans un magasin "discount" au milieu de nulle part dans le nord de la France. Aux caisses, ils doivent être performants, accélérer les cadences entre chaque client, car il est question de remplacer l'humain par des machines. Les licenciements sont décidés. Seuls les plus rapides resteront. Ni une, ni deux, Christiane (Corinne Masiero, excellente comme d'habitude) et les autres prélèvent des produits divers et variés sans se faire voir. Certaines de ces denrées étant périmées, elles étaient destinées à être arrosées de javel dans une benne. Ces scènes de destruction de nourriture sont choquantes (et pourtant vraies), quand on pense aux gens qui meurent de faim. Je vous laisse découvrir comment les personnages font des heureux avec ces denrées. Le scénario aurait pu être un peu plus travaillé, l'ensemble est un peu décousu, mais j'ai eu beaucoup de plaisir à suivre cette histoire grâce des personnages bien campés. Je retournerai peut-être le voir avec mon ami.

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