samedi 16 mai 2015

Plus haut que la mer - Francesca Melandri / Je refuse - Per Pettersson

Voici encore deux romans que je n'aurais certainement pas lus si d'autres blogs avant moi n'en avaient pas fait des éloges.

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Je commence par le plus récent, paru en janvier 2015, Plus haut que la mer de l'Italienne Francesca Melandri (Editions Gallimard, 200 pages), chaudement recommandé (une fois de plus) par Dominique. Il aurait pu être sous-titré "Drôle d'endroit pour une rencontre". Luisa et Paolo prennent un ferry qui les emmène vers une île où se trouve une prison de haute sécurité. Le mari de Luisa et le fils de Paolo y sont incarcérés pour y purger de lourdes peines et ils sont considérés comme dangereux. Luisa, une paysanne qui élève ses cinq enfants est presque soulagée de voir son mari violent derrière les barreaux. Paolo, professeur de philosophie à la retraite culpabilise devant les actes de terreur commis par son fils. Il se sent responsable. L'histoire se situe pendant les "années de plomb". A la fin de la visite, au moment de reprendre le ferry, le mistral s'est levé, la mer est démontée et Luisa et Paolo sont obligés de passer la nuit sur l'île sous l'oeil vigilant mais bienveillant d'un gardien, Pierfrancesco Nitti. Ces personnages vont converser, se confesser. Luisa et Paolo vont se tenir la main. Ils partageront la même cabine sur le chemin du retour. J'ai trouvé cette histoire lumineuse pleine de pudeur et d'empathie. Personne n'est jugé. Un très beau roman.

 

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Je passe à Je refuse du Norvégien Per Petterson (Editions Gallimard, 265 pages) dont on a écrit beaucoup de bien sur quelques blogs, dont ceux d'Aifelle, Eeguab et Clara.

En 2006, Jim et Tommy, deux amis d’enfance, se revoient par hasard trente-cinq ans après s’être perdus de vue. Ils sont nés à deux mois d’intervalle en 1952. Employé habituellement dans une bibliothèque, Jim est en arrêt maladie depuis plus d’un an: il souffre d’une grave dépression chronique. Tommy, lui, a réussi dans la finance, il est trader. Tommy a des problèmes avec l’alcool. Quant à Jim, il fume trop. Les retrouvailles éphémères entre Tommy et Jim font ressurgir des souvenirs s’étalant de 1966 à 1971. Des fragments de la vie de Jim et Tommy nous sont révélés. Jim qui n’a pas connu son père, a été choyé par sa mère, qui n’a jamais levé la main sur lui. En revanche, Tommy, ainé de quatre enfants, a été battu par son père, abandonné par sa mère et séparé de ses trois sœurs, Siri et deux jumelles, quand le père a disparu à son tour du jour au lendemain. Jamais Tommy ou Jim ne s’apitoient sur eux-mêmes malgré les aléas de leur vie. Composé en courts chapitres, le texte est pour la plus grande part écrit à la première personne, ce qui rend les personnages proches du lecteur. C’est peut-être pour cela que j’ai éprouvé de la tristesse et un sentiment de pesanteur quand j'ai terminé ma lecture. Un roman que je conseille malgré tout.

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mercredi 22 avril 2015

En équilibre - Denis Dercourt / Enfant 44 - Daniel Espinosa / Taxi (Téheran) - Jafar Panahi

Autant j'avais aimé La tourneuse de pages (2006) qui réunissait Catherine Frot et Déborah François, autant le réalisateur Denis Dercourt m'a assez déçue avec En équilibre qui est sorti il y a une semaine. Pour résumer, Denis Dercourt est plus à l'aise quand il parle de musique que quand il aborde d'autres sujets tels que les chevaux ou les assurances. Le scénario est adapté d'une histoire vraie. Marc Guermont (Albert Dupontel), un cascadeur à cheval, est devenu paraplégique suite à un accident lors d'un tournage. Il fait la connaissance de Florence Kernel (Cécile de France, rayonnante) qui, en tant que chargée de clientèle d'une compagnie d'assurances, doit convaincre Guermont de signer un accord à l'amiable d'un montant que pour sa part, il juge insuffisant. Il ne veut pas céder. Il rêve de remonter sur son cheval Othello (bel étalon rétif). A partir de là, je m'attendais à voir un affrontement entre Guermont et la compagnie d'assurances. Dercourt évacue le sujet pour se concentrer sur les rêves de Florence dont la vie prend un tournant radical. En effet, licenciée de son travail (je vous laisse découvrir pourquoi), elle se remet à jouer du piano (du Franz Liszt): une passion commune entre Guermont et elle. J'ai trouvé que le film manquait d'articulation, il y a des invraisemblances, des ellipses. Vous pouvez attendre une diffusion télévisuelle. Lire l'avis plus positif de Géraldine.

Je passe à Enfant 44 de Daniel Espinosa qui est, selon moi, un ratage presque complet. C'est dommage car le roman de Tom Rob Smith dont est tiré le film avait des qualités. Dans le film, on n'a aucune présentation des personnages, on ne sait pas qui est qui. En 1953, en Russie, pas longtemps avant la mort de Staline, Leo, un membre de la police militaire est poursuivi par la haine tenace de deux hommes. Le premier s'appelle Vassili (Leo l'avait plus ou moins humilié), et l'autre, un certain major Kusmin, est interprété par Vincent Cassel. Dans un pays où le crime n'existe pas, Leo est amené, par un concours de circonstances, à enquêter sur la mort suspecte de plusieurs petits garçons. A cela se greffe le fait que Leo et sa femme (qui est institutrice) sont exilés loin de Moscou suite à une dénonciation. Tout le monde dénonce tout le monde. Pour moi, le gros défaut du film, c'est le fait que les acteurs assez cosmopolites parlent tous l'anglais avec un accent russe (enfin, à ce que j'ai ressenti). Même des acteurs anglais comme Gary Oldman ou Tom Hardy (Leo) prennent un accent improbable. De plus, le scénario est assez fouillis. On passe d'un plan à l'autre sans raison précise. On n'arrive à s'attacher aux personnages. Il y a même des scènes un peu risibles. Ridley Scott a produit le film, peut-être aurait-il fallu qu'il le réalise.

Je termine avec Taxi (Téhéran) pour remonter le niveau. Ce film de l'Iranien Jafar Panahi à reçu l'Ours d'Or au dernier festival du film de Berlin*. Ce cinéaste dont j'avais apprécié le film Le cercle (en 2000) ne peut pas sortir d'Iran, il a fait de la prison pour des prises de position qui ont indisposé le gouvernement iranien et il lui est interdit de filmer. C'est pourquoi, pour contourner cette interdiction, il a choisi de se transformer en chauffeur de taxi et de placer une caméra sur le tableau de bord du véhicule. Pendant presque une heure vingt, d'un air affable, Jafar roule dans les rues de Téhéran en prenant des passagers surprenants: un voleur à la tire, deux vieilles dames avec des poissons rouges, un revendeur de DVD (qui a reconnu le cinéaste), une femme et son mari à la tête ensanglantée, sa propre nièce de 13 ans, future cinéaste, volubile et au caractère bien trempée, et enfin une avocate qui connait Jafar Panahi et qui a elle-même de gros problèmes avec le régime en place (elle doit être radiée du barreau). Le film a paraît-il coûté environ 32 000 euros. Comme il n'a pas plu au régime en place, il n'a pas eu droit au financement d'un générique de fin (le cinéaste s'en excuse auprès des spectateurs). Comme Alex-6, je vous conseille ce film.

* et non le Lion d'Or au dernier festival de Venise (merci à Tinalakiller pour la correction)

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jeudi 16 avril 2015

Une belle fin - Uberto Pasolini

Parmi les sorties du mercredi 15 avril 2015, je vous recommande un joli film mélancolique vu le soir même. Il s'agit d'Une belle fin, un film anglais dirigé par un réalisateur (et producteur) d'origine italienne, Uberto Pasolini (né à Rome en 1957, il est un neveu de Luchino Visconti). John May, la quarantaine terne, gère les obsèques des défunts sans famille. Il met beaucoup de coeur dans ce travail peu gratifiant. Il écrit même l'éloge funèbre en s'aidant de photos ou d'objets personnels trouvés chez les personnes décédées. Pour chaque personne défunte, il essaye toujours de trouver des héritiers éventuels qui pourraient assister à l'enterrement. Dans sa vie de tous les jours, John mène une vie rangée et sans surprise jusque dans ses repas: tous les soirs, il boit un thé noir et se nourrit d'une boîte de thon, d'un toast et d'une pomme qu'il pèle consciencieusement telle une orange. Sa vie va basculer quand il apprend son licenciement après 22 ans de bons et loyaux services. Avant de partir, il espère retrouver les héritiers de Billy Stoke, un ancien combattant des Malouines mort seul (c'est l'odeur de décomposition qui a alerté les voisins) dans l'appartement en face de chez lui. Pour une fois, son enquête va aboutir: il rencontre plusieurs proches de Billy. Par là même, John commence à changer: il troque son costume de croque-mort contre une tenue plus décontractée et il ose manger des viennoiseries, des glaces et boire du chocolat chaud. Il semble même avoir des projets d'avenir. Le film doit beaucoup à l'acteur principal Eddie Marsan qui un visage singulier dont on se souvient. Une belle fin est sorti dans plusieurs salles à Paris, j'espère que c'est aussi le cas en province, il vaut la peine d'être vu. La fin du film est émouvante et vraiment belle. C'est vraiment le genre de film que j'apprécie. Lire le billet de ffred.

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mardi 3 février 2015

Phoenix - Chritian Petzold / Snow Therapy - Ruben Östlund

Décidément, l'année 2015 démarre bien du point du vue cinématographique (à défaut d'autre chose...).

Voici encore deux films, l'un allemand et l'autre suédois, qui valent le déplacement.

Je commence par Phoenix de Christian Petzold, film dans lequel on retrouve Nina Hoss et Ronald Zehrfeld, les deux acteurs de Barbara du même réalisateur. Phoenix est le nom d'un cabaret dans le secteur américain de Berlin. Et c'est peut-être une allusion au phénix, l'oiseau fabuleux qui renaît de ses cendres comme l'héroïne de l'histoire qui renaît à la vie. En effet, à la fin de la 2ème guerre mondiale, dans Berlin en ruines, Nelly Lenz, d'origine juive, est une rescapée des camps de la mort. Elle vient de subir une grave opération au visage après avoir été blessée par balles. Hébergée par une amie, Nele Winter, Nelly recherche son mari, Johannes, "Johnny" qu'elle n'a pas cessé d'aimer bien qu'il l'ait peut-être trahie. Elle le retrouve, mais il ne la reconnait pas car il est sûr qu'elle est morte. Néanmoins, Johannes veut se servir d'elle comme sosie de sa femme pour s'emparer de l'héritage de cette dernière. Jusqu'au bout, Nelly veut croire que les choses vont rentrer dans l'ordre. Jusqu'au bout, Johnny refuse de croire qu'il se trouve face à sa femme. L'histoire s'achève par une chanson de Kurt Weill et Ogden Nash: Speak Low (parle bas) chantée par Nina Hoss: magnifique séquence. Je dirais que même si j'ai trouvé le film un peu long à démarrer, je l'ai beaucoup apprécié. Nina Hoss et Ronald Zehrfeld sont vraiment excellents. Lire les billets d'Alex et Ffred.

Je passe maintenant à Snow Therapy qui se passe en France, dans les Alpes, sur une période de six jours. Tomas et Ebba, un couple de Suédois, et leurs deux enfants, viennent passer une semaine au ski. Le film très bien réalisé se décompose en six journées pendant lesquelles les relations vont se déliter à l'intérieur de ce couple de "bobo" scandinaves suite à une malencontreuse avalanche. En effet, le deuxième jour, pendant qu'ils déjeunent dans un restaurant avec une terrasse panoramique, la famille assiste à une avalanche qui risque de les engloutir. Le père a le réflexe de prendre ses gants et son iphone avant de s'enfuir en courant en laissant sa femme et ses deux enfants en plan. A partir de là, imperceptiblement, l'atmosphère devient lourde. Pendant les quatre jours qui vont suivre, on perçoit qu'Ebba n'arrive pas à se remettre de ce qui est arrivé. Quand elle en parle à des personnes qui logent aussi à l'hôtel, son interprétation des faits diffère de celle son mari qui ne se sent coupable de rien. Le réalisateur a beaucoup travaillé ses plans et son cadrage. La lumière a aussi son importance ainsi que la bande-son. C'est un film visuel et sensoriel. Le film a été primé à juste titre, au festival du film de Cannes de l'année dernière, du prix du jury d'Un certain regard.

 Lire les billets enthousiastes de Chris et Ffred.

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mercredi 28 janvier 2015

Loin des hommes - David Oelhoffen / Discount - Louis-Julien Petit

Voilà deux films, très différents à tous points de vue, que je vous recommande.

Le scénario de Loin des hommes de David Oelhoffen est librement inspiré d'une nouvelle d'Albert Camus, L'hôte, tiré du recueil L'exil et le royaume (1957) qui rassemble six nouvelles. L'acteur Viggo Mortensen, coproducteur du film, est un grand admirateur de l'écrivain. En Algérie, en 1954, quelque part dans les montagnes de l'Atlas, Daru, un instituteur, fait la classe en français à des jeunes élèves algériens. Un jour, Daru est chargé d'escorter Mohamed, un Algérien accusé de meurtre, jusqu'à la ville voisine pour y être jugé. Daru qui a mené jusqu'ici une vie plutôt calme va se trouver au coeur de la tourmente puisque nous sommes à l'époque du début de la Guerre d'Algérie. L'histoire se déroule sur 4 ou 5 jours. Daru, d'origine espagnole et traité de "Français" par les Arabes et d'"Arabe" par les Français, se sent proche de Mohamed qui devrait payer le "prix du sang" pour son crime. J'ai beaucoup aimé le rythme un peu lent, les magnifiques paysages, et puis Viggo Mortensen avec son improbable accent français est bien.

Je passe maintenant à Discount, une très sympathique comédie française. Le maître-mot de l'histoire est "solidarité". Les héros de l'histoire sont cinq employés corvéables à merci. Ils travaillent pour un salaire en-dessous d'un SMIC mensuel dans un magasin "discount" au milieu de nulle part dans le nord de la France. Aux caisses, ils doivent être performants, accélérer les cadences entre chaque client, car il est question de remplacer l'humain par des machines. Les licenciements sont décidés. Seuls les plus rapides resteront. Ni une, ni deux, Christiane (Corinne Masiero, excellente comme d'habitude) et les autres prélèvent des produits divers et variés sans se faire voir. Certaines de ces denrées étant périmées, elles étaient destinées à être arrosées de javel dans une benne. Ces scènes de destruction de nourriture sont choquantes (et pourtant vraies), quand on pense aux gens qui meurent de faim. Je vous laisse découvrir comment les personnages font des heureux avec ces denrées. Le scénario aurait pu être un peu plus travaillé, l'ensemble est un peu décousu, mais j'ai eu beaucoup de plaisir à suivre cette histoire grâce des personnages bien campés. Je retournerai peut-être le voir avec mon ami.

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lundi 10 novembre 2014

Hérétiques - Leonardo Padura

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Je viens d'achever ma lecture des 600 pages du nouveau roman de l'écrivain cubain Leonardo Padura, Hérétiques (Editions Métailié). Keisha en parle très bien et renvoie à des liens très intéressants. Je la rejoins dans les louanges. Le roman se décompose en trois grandes parties: Livre de Daniel, Livre d'Elias, Livre de Judith, et une sorte d'épilogue appelée "Genèse".

J'ai découvert Leonardo Padura (né en 1955) avec Les brumes du passé (où j'ai fait la connaissance de son héros, Mario Conde), j'ai continué avec L'homme qui aimait les chiens et maintenant Hérétiques où on l'on retrouve Mario Conde (ancien flic devenu chasseur de beaux livres), ses amis, son chien mal élevé, son éternelle fiancée et surtout La Havane qui en 2007-2008 suinte toujours la quasi-misère, le manque de tout, le délabrement des maisons et des équipements publics. Dans ce roman, Padura mêle la fiction et la grande Histoire. Il y est pas mal question de la persécution des Juifs entre 1939 et 45, mais l'écrivain revient aussi à la fin de son roman (dans "Genèse") sur les massacres perpétrés en Pologne au XVIIème siècle contre le peuple élu. Un petit tableau de Rembrandt représentant un jeune homme juif ayant servi de modèle du Christ sert de fil rouge au roman.

Dans la première partie, en 1939, Daniel Kaminski, jeune garçon d'origine juive polonaise d'à peine 10 ans réfugié chez son oncle Joseph à Cuba, s'apprête à revoir enfin son père, sa mère et sa soeur Judith qui arrivent en bateau d'Europe avec un tableau de Rembrandt dans leurs maigres bagages. Comme tous les autres passagers, la famille ne pourra pas débarquer mais le tableau, oui... En 2007, le fils de Daniel Kaminski contacte Mario Conde pour savoir ce qui est arrivé au tableau réapparu à Londres pour être vendu aux enchères.

Dans la deuxième partie, nous faisons un saut dans le temps, à Amsterdam (la nouvelle Jérusalem) au XVIIème siècle. Elias Ambrosius Montalbano de Avila, jeune Juif séfarade, devient à force de patience un des élèves de Rembrandt, qu'Elias surnomme "Maître". Il posera aussi pour lui. Et pourtant, dans la tradition juive, les représentations humaines sont interdites. Elias passe outre, il le paiera par un exil forcé. Je vous laisse découvrir ce chapitre passionnant où l'on entre dans l'intimité du plus grand peintre hollandais du XVIIème siècle.

Dans la troisième partie, nous voilà revenus à Cuba en 2008, une jeune fille appelée Judy a disparu depuis 10 jours quand Yadine, une amie de la jeune fille, fait appel à Mario Conde pour la retrouver. Je vous laisse découvrir comme lui le monde des "émo", le lien qui relie Judy et Yadine au tableau. Les ramifications sont nombreuses.

Le roman est vraiment passionnant, facile à lire. Je vous le recommande.

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lundi 28 juillet 2014

Les grandes séries américaines des origines à la fin des années 70 - Alain Carrazé et Christophe Petit

Après avoir trouvé dans une librairie d'occasion un ouvrage intitulé Les grandes séries américaines des origines à 1970 (Huitième art éditions, 200 pages) qui rappelle quelques séries américaines bien connues des origines aux années 70, je confesse que Mannix, Les Mystères de l'ouest, L'homme de fer (dans son fauteuil roulant), Mission impossible (et la disquette qui s’autodétruit), Le Fugitif, Les Envahisseurs (avec le petit doigt raide, et qui se dissolvent quand ils meurent), Kojak (crâne chauve et sucette), Cannon, Les Incorruptibles, Bonanza, Daktari (avec le lion Clarence et la guenon Judy), Ma sorcière bien aimée (j’adore le générique), Au nom de la loi (qui a fait connaître Steve McQueen) ont fait partie de mes bons souvenirs télévisuels de mon adolescence. Je pourrais aussi citer d’autres séries de la même époque comme Les Monroe, Les Bannis, Peyton Place, La grande vallée et quelques autres. J'ai eu le plaisir de revoir en DVD certaines séries comme Hawaï Police d'état ou Perry Mason.

L’ouvrage, qui n’est plus disponible sauf d’occasion, date de 1994. Il se décompose en 28 chapitres évoquant chacun une série. Illustrés par beaucoup de photos, les chapitres sont rédigés par différents rédacteurs dont l’écrivain Martin Winkler. Ce dernier a rédigé les chapitres concernant Zorro, Max La menace (jamais vu) Les mystères de l’ouest, La Quatrième dimension, Au-delà du réel, Mission impossible et Agents très spéciaux (avec Robert Vaughn et David Mc Callum: une série que j’aime beaucoup). A la fin de chaque chapitre, on trouve la fiche technique, la diffusion en France et les titres des épisodes. Le livre est vraiment très bien fait. Cela ne m'empêche pas de bien apprécier les séries toutes récentes comme Murdoch, Miss Fisher, Fringe, House of cards, Mad men ou NCIS.

Et vous, quelles ont été ou quelles sont vos séries préférées ?

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vendredi 25 juillet 2014

The face of Love - Arie Posin / Les hommes! De quoi parlent-ils? - Cesc Gay

Dans cette période estivale, certains films qui sortent ne bénéficient pas forcément de beaucoup d'échos dans la presse et ils sortent dans peu de salles.

Voici deux films sortis en juillet 2014 à Paris que j'ai beaucoup appréciés.

D'abord The Face of Love de d'Arie Posin (2013) avec Annette Bening et Ed Harris. A Los Angeles, Nikki (Annette Bening) n'arrive pas à se remettre de la mort de son mari Garrett, qui s'est noyé cinq ans auparavant au bord d'une plage au Mexique. Elle pense et rêve toujours à lui. Jusqu'au jour où elle croise la route de Tom (Ed Harris), un peintre qui est le sosie parfait de Garrett. Le traitement de l'histoire m'a plu car il n'est jamais mièvre. Les acteurs sont à l'aise dans leur rôle, on y croit. C'est une belle histoire d'amour, qui se termine mal, mais avec l'espoir que Nikki va enfin vivre au présent et non plus dans le passé. J'ai senti que les spectateurs dans la salle ont été touchés par cette histoire. "The Face of Love" est le titre d'un tableau que l'on découvre à la fin.

Les hommes! De quoi parlent-ils? de Cesc Gay (2012) est un film espagnol (Una pistola en cada mano en VO) qui risque de passer inaperçu, d'ailleurs Chris pensait qu'il ne serait pas distribué en France. En tout cas, sorti dans 3 salles le 9 juillet 2014, le film ne se donne plus qu'à 3 séances dans une petite salle à Paris (c'est tout à fait dommage). Nous étions 20 dans la salle. Le film qui dure 1H33 se décompose en 5 parties à peu près égales et une conclusion. Deux hommes se rencontrent au bas d'un ascenseur. Ils se sont perdus de vue depuis des années. En échangeant des propos, ils réalisent que leur vie est plutôt désastreuse. Dans la séquence suivante, un homme divorcé ramène son petit garçon chez son ex-épouse avec qui il entame une discussion: il aimerait bien reprendre la vie commune. Dans la troisième saynète, dans un parc, un homme attend sur un banc, un autre promène son chien. On apprend que l'un est l'amant de la femme de l'autre. Dans la quatrième partie, un homme observe une jeune femme au sein d'une entreprise. Nous sommes en début de soirée, il y a une sorte de petite fête. L'homme fait des avances à la femme qui lui répond du tac au tac et retourne la situation à son avantage: le dialogue est vif. Enfin, dans la dernière séquence, une femme prend en stop un homme et lui dit des choses gênantes sur l'homme avec qui elle vit. Parallèment, la copine du passager de la voiture fait de même avec l'ami de la conductrice. A la fin les deux hommes se retrouvent en compagnie de certains protagonistes des premières saynètes à une soirée dînatoire. J'ai été un peu longue sur ce film, mais c'est que les 5 séquences valent la peine d'être décrites; et le tout est très bien joué. Il faut dire que la distribution est de premier ordre: Javier Camara, Ricardo Darin, Eduardo Noriega, Luis Tosar et quelques autres moins connus. J'espère que ce film sortira en DVD. Les hommes! De quoi parlent-ils? a reçu pas mal de prix dans plusieurs festival. Il le mérite.

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samedi 5 avril 2014

Nebraska - Alexander Payne

Je vous recommande tout particulièrement Nebraska d'Alexander Payne, un film sorti le 2 avril 2014. Pour son interprétation de Woody Grant, Bruce Dern a reçu un prix d'interprétation mérité au dernier festival de Cannes de 2013 (mais le prix aurait pu être décerné à l'ensemble de la distribution). Woody Grant, un vieux monsieur septuagénaire entêté, porté sur la bière, qui vit à Billings dans le Montana (USA) avec sa femme et ses deux fils, semble souffrir de confusion mentale. Il s'est mis en tête d'aller dans la ville de Lincoln dans le Nebraska (distante de plus de 1500 km) pour récupérer son gain d'un million de dollars (il a reçu une lettre publicitaire en ce sens). David, le fils cadet de la famille, finit par accepter d'accompagner son père, qui était prêt à y aller à pied s'il l'avait fallu. Sur la route, ils vont s'arrêter devant le Mont Rushmore ainsi que dans la ville de Hawthorne où ils logent chez le frère de Woody. Bien évidemment, le gain éventuel fait bien des envieux. Des scènes touchantes ou drôles émaillent ce "road movie" empreint d'humanité où les acteurs ont la part belle. L'actrice June Squibb, que je ne connaissais pas et qui joue la femme de Woody, est sensationnelle. Filmé dans un très beau noir et blanc, ce film élégant est le film à voir cette semaine. Lire les billets de ffred, d'Alex-6 et Mymp.

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mercredi 2 avril 2014

Braddock America - Jean-Loïc Portron et Gabriella Kessler

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Comme je n'ai pas trouvé pas beaucoup de films de fiction qui m'ont tentée en mars 2014, j'ai été contente de voir un documentaire. Donc, avant qu'il ne soit trop tard, je voulais évoquer Braddock (sorti dans 1 ou 2 salles à Paris, le 12 mars 2014 qui a été réalisé par deux français qui se sont rendus aux USA, en Pennsylvanie dans les environs de Pittsburgh, dans la ville berceau de l'industrie de l'acier. Braddock est désormais une ville sinistrée, victime de la désindustrialisation et de la mondialisaton, les quatre aciéries ayant fermé. Les habitants réduits au chômage sont partis dans la ville voisine, abandonnant des centaines de maisons qui ne trouvent pas preneur. La ville est en friche. L'hôpital, pas assez rentable, a été détruit comme les maisons. Ces démolitions sont une lourde charge financière pour cette petite ville, où les habitants qui restent se confient aux documentaristes, qui, eux, n'interviennent pas. Ce film donne priorité aux voix, à l'humain, au policier qui recense les maisons abandonnées, à d'anciens ouvriers des aciéries qui ont des sanglots dans la voix. Mais l'ensemble reste digne. Dans ce pays très individualiste, une certaine solidarité est née entre ces personnes qui font tout pour que Braddock ne devienne pas une ville morte. Un documentaire vraiment intéressant.

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