lundi 10 novembre 2014

Hérétiques - Leonardo Padura

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Je viens d'achever ma lecture des 600 pages du nouveau roman de l'écrivain cubain Leonardo Padura, Hérétiques (Editions Métailié). Keisha en parle très bien et renvoie à des liens très intéressants. Je la rejoins dans les louanges. Le roman se décompose en trois grandes parties: Livre de Daniel, Livre d'Elias, Livre de Judith, et une sorte d'épilogue appelée "Genèse".

J'ai découvert Leonardo Padura (né en 1955) avec Les brumes du passé (où j'ai fait la connaissance de son héros, Mario Conde), j'ai continué avec L'homme qui aimait les chiens et maintenant Hérétiques où on l'on retrouve Mario Conde (ancien flic devenu chasseur de beaux livres), ses amis, son chien mal élevé, son éternelle fiancée et surtout La Havane qui en 2007-2008 suinte toujours la quasi-misère, le manque de tout, le délabrement des maisons et des équipements publics. Dans ce roman, Padura mêle la fiction et la grande Histoire. Il y est pas mal question de la persécution des Juifs entre 1939 et 45, mais l'écrivain revient aussi à la fin de son roman (dans "Genèse") sur les massacres perpétrés en Pologne au XVIIème siècle contre le peuple élu. Un petit tableau de Rembrandt représentant un jeune homme juif ayant servi de modèle du Christ sert de fil rouge au roman.

Dans la première partie, en 1939, Daniel Kaminski, jeune garçon d'origine juive polonaise d'à peine 10 ans réfugié chez son oncle Joseph à Cuba, s'apprête à revoir enfin son père, sa mère et sa soeur Judith qui arrivent en bateau d'Europe avec un tableau de Rembrandt dans leurs maigres bagages. Comme tous les autres passagers, la famille ne pourra pas débarquer mais le tableau, oui... En 2007, le fils de Daniel Kaminski contacte Mario Conde pour savoir ce qui est arrivé au tableau réapparu à Londres pour être vendu aux enchères.

Dans la deuxième partie, nous faisons un saut dans le temps, à Amsterdam (la nouvelle Jérusalem) au XVIIème siècle. Elias Ambrosius Montalbano de Avila, jeune Juif séfarade, devient à force de patience un des élèves de Rembrandt, qu'Elias surnomme "Maître". Il posera aussi pour lui. Et pourtant, dans la tradition juive, les représentations humaines sont interdites. Elias passe outre, il le paiera par un exil forcé. Je vous laisse découvrir ce chapitre passionnant où l'on entre dans l'intimité du plus grand peintre hollandais du XVIIème siècle.

Dans la troisième partie, nous voilà revenus à Cuba en 2008, une jeune fille appelée Judy a disparu depuis 10 jours quand Yadine, une amie de la jeune fille, fait appel à Mario Conde pour la retrouver. Je vous laisse découvrir comme lui le monde des "émo", le lien qui relie Judy et Yadine au tableau. Les ramifications sont nombreuses.

Le roman est vraiment passionnant, facile à lire. Je vous le recommande.

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lundi 28 juillet 2014

Les grandes séries américaines des origines à la fin des années 70 - Alain Carrazé et Christophe Petit

Après avoir trouvé dans une librairie d'occasion un ouvrage intitulé Les grandes séries américaines des origines à 1970 (Huitième art éditions, 200 pages) qui rappelle quelques séries américaines bien connues des origines aux années 70, je confesse que Mannix, Les Mystères de l'ouest, L'homme de fer (dans son fauteuil roulant), Mission impossible (et la disquette qui s’autodétruit), Le Fugitif, Les Envahisseurs (avec le petit doigt raide, et qui se dissolvent quand ils meurent), Kojak (crâne chauve et sucette), Cannon, Les Incorruptibles, Bonanza, Daktari (avec le lion Clarence et la guenon Judy), Ma sorcière bien aimée (j’adore le générique), Au nom de la loi (qui a fait connaître Steve McQueen) ont fait partie de mes bons souvenirs télévisuels de mon adolescence. Je pourrais aussi citer d’autres séries de la même époque comme Les Monroe, Les Bannis, Peyton Place, La grande vallée et quelques autres. J'ai eu le plaisir de revoir en DVD certaines séries comme Hawaï Police d'état ou Perry Mason.

L’ouvrage, qui n’est plus disponible sauf d’occasion, date de 1994. Il se décompose en 28 chapitres évoquant chacun une série. Illustrés par beaucoup de photos, les chapitres sont rédigés par différents rédacteurs dont l’écrivain Martin Winkler. Ce dernier a rédigé les chapitres concernant Zorro, Max La menace (jamais vu) Les mystères de l’ouest, La Quatrième dimension, Au-delà du réel, Mission impossible et Agents très spéciaux (avec Robert Vaughn et David Mc Callum: une série que j’aime beaucoup). A la fin de chaque chapitre, on trouve la fiche technique, la diffusion en France et les titres des épisodes. Le livre est vraiment très bien fait. Cela ne m'empêche pas de bien apprécier les séries toutes récentes comme Murdoch, Miss Fisher, Fringe, House of cards, Mad men ou NCIS.

Et vous, quelles ont été ou quelles sont vos séries préférées ?

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vendredi 25 juillet 2014

The face of Love - Arie Posin / Les hommes! De quoi parlent-ils? - Cesc Gay

Dans cette période estivale, certains films qui sortent ne bénéficient pas forcément de beaucoup d'échos dans la presse et ils sortent dans peu de salles.

Voici deux films sortis en juillet 2014 à Paris que j'ai beaucoup appréciés.

D'abord The Face of Love de d'Arie Posin (2013) avec Annette Bening et Ed Harris. A Los Angeles, Nikki (Annette Bening) n'arrive pas à se remettre de la mort de son mari Garrett, qui s'est noyé cinq ans auparavant au bord d'une plage au Mexique. Elle pense et rêve toujours à lui. Jusqu'au jour où elle croise la route de Tom (Ed Harris), un peintre qui est le sosie parfait de Garrett. Le traitement de l'histoire m'a plu car il n'est jamais mièvre. Les acteurs sont à l'aise dans leur rôle, on y croit. C'est une belle histoire d'amour, qui se termine mal, mais avec l'espoir que Nikki va enfin vivre au présent et non plus dans le passé. J'ai senti que les spectateurs dans la salle ont été touchés par cette histoire. "The Face of Love" est le titre d'un tableau que l'on découvre à la fin.

Les hommes! De quoi parlent-ils? de Cesc Gay (2012) est un film espagnol (Una pistola en cada mano en VO) qui risque de passer inaperçu, d'ailleurs Chris pensait qu'il ne serait pas distribué en France. En tout cas, sorti dans 3 salles le 9 juillet 2014, le film ne se donne plus qu'à 3 séances dans une petite salle à Paris (c'est tout à fait dommage). Nous étions 20 dans la salle. Le film qui dure 1H33 se décompose en 5 parties à peu près égales et une conclusion. Deux hommes se rencontrent au bas d'un ascenseur. Ils se sont perdus de vue depuis des années. En échangeant des propos, ils réalisent que leur vie est plutôt désastreuse. Dans la séquence suivante, un homme divorcé ramène son petit garçon chez son ex-épouse avec qui il entame une discussion: il aimerait bien reprendre la vie commune. Dans la troisième saynète, dans un parc, un homme attend sur un banc, un autre promène son chien. On apprend que l'un est l'amant de la femme de l'autre. Dans la quatrième partie, un homme observe une jeune femme au sein d'une entreprise. Nous sommes en début de soirée, il y a une sorte de petite fête. L'homme fait des avances à la femme qui lui répond du tac au tac et retourne la situation à son avantage: le dialogue est vif. Enfin, dans la dernière séquence, une femme prend en stop un homme et lui dit des choses gênantes sur l'homme avec qui elle vit. Parallèment, la copine du passager de la voiture fait de même avec l'ami de la conductrice. A la fin les deux hommes se retrouvent en compagnie de certains protagonistes des premières saynètes à une soirée dînatoire. J'ai été un peu longue sur ce film, mais c'est que les 5 séquences valent la peine d'être décrites; et le tout est très bien joué. Il faut dire que la distribution est de premier ordre: Javier Camara, Ricardo Darin, Eduardo Noriega, Luis Tosar et quelques autres moins connus. J'espère que ce film sortira en DVD. Les hommes! De quoi parlent-ils? a reçu pas mal de prix dans plusieurs festival. Il le mérite.

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samedi 5 avril 2014

Nebraska - Alexander Payne

Je vous recommande tout particulièrement Nebraska d'Alexander Payne, un film sorti le 2 avril 2014. Pour son interprétation de Woody Grant, Bruce Dern a reçu un prix d'interprétation mérité au dernier festival de Cannes de 2013 (mais le prix aurait pu être décerné à l'ensemble de la distribution). Woody Grant, un vieux monsieur septuagénaire entêté, porté sur la bière, qui vit à Billings dans le Montana (USA) avec sa femme et ses deux fils, semble souffrir de confusion mentale. Il s'est mis en tête d'aller dans la ville de Lincoln dans le Nebraska (distante de plus de 1500 km) pour récupérer son gain d'un million de dollars (il a reçu une lettre publicitaire en ce sens). David, le fils cadet de la famille, finit par accepter d'accompagner son père, qui était prêt à y aller à pied s'il l'avait fallu. Sur la route, ils vont s'arrêter devant le Mont Rushmore ainsi que dans la ville de Hawthorne où ils logent chez le frère de Woody. Bien évidemment, le gain éventuel fait bien des envieux. Des scènes touchantes ou drôles émaillent ce "road movie" empreint d'humanité où les acteurs ont la part belle. L'actrice June Squibb, que je ne connaissais pas et qui joue la femme de Woody, est sensationnelle. Filmé dans un très beau noir et blanc, ce film élégant est le film à voir cette semaine. Lire les billets de ffred, d'Alex-6 et Mymp.

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mercredi 2 avril 2014

Braddock America - Jean-Loïc Portron et Gabriella Kessler

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Comme je n'ai pas trouvé pas beaucoup de films de fiction qui m'ont tentée en mars 2014, j'ai été contente de voir un documentaire. Donc, avant qu'il ne soit trop tard, je voulais évoquer Braddock (sorti dans 1 ou 2 salles à Paris, le 12 mars 2014 qui a été réalisé par deux français qui se sont rendus aux USA, en Pennsylvanie dans les environs de Pittsburgh, dans la ville berceau de l'industrie de l'acier. Braddock est désormais une ville sinistrée, victime de la désindustrialisation et de la mondialisaton, les quatre aciéries ayant fermé. Les habitants réduits au chômage sont partis dans la ville voisine, abandonnant des centaines de maisons qui ne trouvent pas preneur. La ville est en friche. L'hôpital, pas assez rentable, a été détruit comme les maisons. Ces démolitions sont une lourde charge financière pour cette petite ville, où les habitants qui restent se confient aux documentaristes, qui, eux, n'interviennent pas. Ce film donne priorité aux voix, à l'humain, au policier qui recense les maisons abandonnées, à d'anciens ouvriers des aciéries qui ont des sanglots dans la voix. Mais l'ensemble reste digne. Dans ce pays très individualiste, une certaine solidarité est née entre ces personnes qui font tout pour que Braddock ne devienne pas une ville morte. Un documentaire vraiment intéressant.

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lundi 17 février 2014

Ida - Pawel Pawlikowski / Hipotesis (Thèse sur un homicide) - Hernan Goldfrid

En Pologne, au début des années 60, Anna, jeune novice dans un couvent, apprend, avant de prononcer ses voeux, qu'elle est née juive. En effet, la mère supérieure du couvent a convaincu Anna de faire la connaissance de la seule parente qui lui reste: sa tante, Wanda. C'est cette dernière, magistrate dans dans les tribunaux, qui lui annonce que son vrai nom est Ida Lebenstein. Wanda était la soeur de la mère d'Ida. Après quelques échanges aigre-doux, Wanda et Ida partent faire leur enquête afin de découvrir comment sont morts les parents d'Ida pendant la seconde guerre mondiale et où ils ont été enterrés. Le film est marquant à plus d'un titre: il est filmé dans un très beau noir et blanc qui va bien avec l'époque où se passe l'histoire. Les acteurs sont souvent décadrés comme les visages que l'on voit en bas de l'écran. Hors les murs du couvent, Ida découvrira la vie, le sexe, la mort. Pourtant, rien n'entame la fraîcheur du visage lisse et lumineux d'Agatha Trzebuchowska qui interprète Ida. Sur quelques notes de John Coltrane et Adriano Celentano, Ida de Pawel Pawlikowski est un beau film avec une fin qui m'a paru logique, même s'il ne m'a pas totalement enthousiasmée. Je le conseille néanmoins. Lire les billets d'Aifelle et Alex-6.

Maintenant, je passe à un film argentin d'Hernan Goldfrid qui est seulement sorti dans quatre salles à Paris (je ne sais pas ce qu'il en est pour la province). Sorti sous le titre Hipotesis (Tesis sobre un homicidio), j'ai eu le plaisir d'y retrouver un de mes acteurs "chouchous", Ricardo Darin, qui interprète le rôle d'un professeur de droit à l'université, spécialisé en droit pénal. Il dirige un séminaire. Parmi ses étudiants, il en soupçonne un, Gonzalo, d'avoir commis un homicide devant l'université. Un crime gratuit, un crime parfait, peut-être pas le premier. J'ai suvi ce film avec intérêt surtout après avoir "râlé" contre un mangeur de "popcorn" qui m'a gâché les 10 premières minutes du film (c'était insupportable). Il s'est arrêté net, je l'en remercie (il a laissé par terre son carton de popcorn à moitié plein quand il a quitté la salle). Quant au film, même si ce n'est pas un chef d'oeuvre, j'ai aimé la fin qui laisse planer le doute.

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samedi 8 février 2014

La voleuse de livres - Brian Percival / Viva la libertà - Roberto Andò

Les deux points communs entre La voleuse de livres et Viva la libertà sont que ces films sont sortis le même jour, le 5 février 2014, et que je les ai vus tous les deux en avant-première, le premier mi-décembre 2013 et le second courant janvier 2014.

Je commencerai donc par La voleuse de livres du réalisateur Brian Percival (ce dernier a réalisé plusieurs épisodes de Downtown Abbey). Le film est adapté du roman du même nom écrit par Markus Zusak (que je n'ai pas lu). Au début de la seconde guerre mondiale, en Allemagne, Liesel, une jeune fille (dont les parents communistes ont été persécutés) qui ne sait ni lire ni écrire, est adoptée par un couple, les Hubermann (Geoffrey Rush et Emily Watson). Avec l'aide de M. Hubermann, Liesel va apprendre à lire et à écrire, et les livres et la lecture vont devenir sa passion. Elle se met à voler quelques ouvrages chez le bourgmestre de la petite ville où elle habite. Entre Rudy, son meilleur ami et Max, un jeune Juif caché dans la cave des Hubermann à qui elle fait la lecture, Liesel va grandir et vivre des épreuves que je vous laisse découvrir. Le film est long: 2H10. Il se laisse voir car l'histoire est prenante et les comédiens bien choisis. Mais j'ai trouvé l'ensemble un peu trop propret. C'est un film sage. Il faut noter que la mort est le narrateur de cette histoire. Il paraît que le roman est très bien.

Maintenant, je passe à Viva la libertà de Roberto Andò où j'ai eu le plaisir de retrouver un de mes acteurs préférés, Toni Servillo, qui interprète deux personnages, celui d'Enrico, un homme politique italien, leader d'un parti d'opposition, et Giovanni son frère jumeau. Un jour, Enrico fait une dépression et "disparaît" du jour au lendemain. Peut-être est-ce à cause des mauvais sondages concernant son parti. Enrico s'est réfugié en France auprès d'une de ses anciennes conquêtes (Valeria Bruni-Tedeschi). Qu'à cela ne tienne, Bottini, le collaborateur de l'homme politique, a l'idée de remplacer Enrico par Giovanni, son frère jumeau, professeur de philosophie qui effectue un séjour dans un hôpital psychiatrique. Et là, on assiste à un retournement de situation car Giovanni se sort très bien de cette situation périlleuse et il remplace avantageusement son frère. Toni Servillo joue à merveille les deux frères. Rien que pour eux, pardon, pour lui, allez voir le film.

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dimanche 15 décembre 2013

Le démantèlement - Sébastien Pilote

je vous conseille de ne pas louper Le démantèlement, film québécois de Sébastien Pilote, s'il passe par chez vous. Gabriel (Gaby) Bouchard, un "niaiseux" de 63 ans - comme le surnome un voisin -, vit de l'élevage d'agneaux et brebis depuis 40 ans. Il est le seul des trois frères Bouchard à s'être occupé du très conséquent domaine. En effet, en plus de la bergerie, il possède beaucoup de terrain, une grande remise et une très belle maison, dans laquelle il vit seul, séparé de sa femme depuis plus de vingt ans. Père de deux filles, il ne les voit que très rarement: l'une, Marie, est mère de famille, et l'autre, Frédérique, est actrice de théâtre et se produit à Montréal. Et Gaby prouve qu'il aime ses filles en prenant une décision radicale: vendre tout afin que sa fille Marie (qui lui annonce qu'elle se sépare de son mari) puisse rembourser ses dettes. Gaby va démanteler son domaine en vendant tout aux enchères. Avant d'en arriver là, il recherche un appartement, essaie de renouer avec sa femme, tient tête à ses deux frères, essaie de se débarrasser de son chien (moi j'en avais le coeur serré). Gaby est un brave homme qui veut que ses filles soient heureuses, c'est tout ce qui compte. Je suis sortie assez remuée par ce film d'autant plus que Gabriel Arcand (le frère du réalisateur Denys Arcand), qui interprète Gaby et qui a l'âge du rôle, est vraiment très bien. Il joue avec une grande sobriété. Donc, je le redis, je vous conseille ce film.

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dimanche 24 novembre 2013

La Vénus à la fourrure - Roman Polanski

Voici La Vénus à la fourrure, un film très distrayant - c'est souvent drôle - qui respecte les unités de temps, de lieu et d'action. Toute l'histoire, qui est l'adaptation d'une pièce anglo-saxonne de David Ives, se déroule dans un théâtre à l'italienne. Thomas, un metteur en scène, est sur le point de quitter le lieu après une journée d'audition. Il est désespéré de ne pas trouver une actrice digne de ce nom pour jouer le rôle principal de l'adaptation théâtrale du roman de Léopold von Sacher-Masoch: La Vénus à la fourrure. C'est à ce moment-là que déboule Vanda, un chewing-gum dans la bouche, assez vulgaire dans sa façon de parler. Thomas se laisse peu à peu prendre par l'aplomb, le naturel et la faconde de Vanda qui sous ses airs trompeurs connait très bien le texte de la pièce dont on nous donne des bribes. Bien entendu, les échanges entre Thomas et Vanda vont évoluer vers des rapports de maîtresse/esclave. Mathieu Amalric dans le rôle de Thomas joue très bien sa partie, mais c'est Emmanuelle Seigner qui m'a totalement convaincue avec sa gouaille dans le rôle de Vanda. Son final dansé, vêtue seulement d'une étole de fourrure, est superbe. Il semble que La Vénus à la fourrure de Roman Polanski soit un échec public depuis sa sortie en France, et je trouve cette information bien regrettable car j'ai trouvé ce film nettement meilleur que Carnage du même réalisateur. En préambule, on voit la façade du théâtre Hébertot à Paris (pour ceux qui connnaissent), et il m'a semblé, en revanche, que l'on voit la façade du théâtre de l'Atelier (toujours à Paris) quand le film s'achève.

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vendredi 15 novembre 2013

Violette - Martin Provost

Après Séraphine (de Senlis), le réalisateur Martin Provost s'est attelé à l'évocation d'une partie de la vie de l'écrivain Violette Leduc (1907-1972) qui est relativement peu connue. Beaucoup de personnes ignorent son oeuvre (j'en fais partie). Le film commence sous l'Occupation. Violette, réfugiée à la campagne, vivote en faisant du marché noir, et elle commence à écrire sur des cahiers d'écolier, sous l'impulsion de Maurice Sachs qu'elle aime d'un amour impossible (il est homosexuel). Violette souffre d'avoir été une bâtarde, elle se plaint sans cesse de ne compter pour personne, d'être seule. Le film est composé en 7 chapitres se référant à des personnes qui ont cotoyé Violette. Les deux personnes essentielles dans la vie de Violette furent sa mère, Berthe Leduc, et Simone de Beauvoir dont elle fut réellement amoureuse. Simone de Beauvoir l'a soutenue et financièrement et en lui prodiguant des conseils d'écriture pendant presque 20 ans. Pour être honnête, j'ai trouvé le personnage de Simone de Beauvoir plus intéressant que celui de Violette Leduc. Je comprends que l'une soit devenue célèbre et l'autre non. Concernant le film proprement dit, le réalisateur qui est aussi co-scénariste a fait un travail honnête en montrant une Violette pleine de contradictions, et somme toute malheureuse. D'ailleurs, elle a fait un long séjour en hôpital psychiatrique dans les années 50. Pour ma part, je pense qu'il est difficile de filmer une vie d'écrivain. On voit Violette écrire (un peu). Les titres de ses livres (ainsi que ceux de Simone de Beauvoir) sont mentionnés, mais à part ça, il n'y a pas beaucoup plus: c'est dommage mais c'est ainsi. Concernant les acteurs, Emmanuelle Devos m'a semblé un peu trop jolie pour jouer le rôle de Violette Leduc qui avait un visage ingrat. Sandrine Kiberlain, grande et osseuse, compose une Simone de Beauvoir convaincante. Catherine Hiégel qui joue la mère de Violette est très bien dans un rôle pas facile. Je conseille ce film pour ses nombreuses qualités, mais je ne suis pas encline à me plonger dans l'oeuvre de Violette Leduc, dont le roman (autobiographique) le plus célèbre reste La Bâtarde, paru en 1964 (il a frôlé le prix Goncourt).

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