samedi 14 avril 2012

Colonel Blimp - Michael Powell / Emeric Pressburger

P1020964

En attendant d'évoquer à nouveau de nouveaux films (rien ne me donne vraiment envie d'écrire dessus, aucune nouvelle sortie ne me tente vraiment non plus), je voudrais faire un billet sur un film ressorti le mercredi 4 avril 2012 en copie neuve restaurée en numérique. Il s'agit du Colonel Blimp de Michael Powell et Emeric Pressburger (1943), dont la trame peut faire penser de loin à La grande illusion de Jean Renoir (1937). En effet, l'histoire se déroule sur une période de 40 ans entre 1902 et 1942. Un Allemand, Théo Kretschmar-Schuldorff, et un Anglais, le colonel Clive Candy, après s'être affrontés en duel et s'être blessés, se lient d'amitié et aiment la même femme, Edith Hunter (Deborah Kerr). C'est l'histoire de deux hommes attachés à certaines valeurs et certains idéaux qui vont se trouver bafoués avec la montée du nazisme. C'est émouvant de constater que ce film a été tourné avant la fin de la seconde guerre mondiale. Le réalisateur et le scénariste ne connaissaient pas encore l'issue du conflit même si un certain optimisme se dégage. J'ai retenu le monologue dit par Theo (l'extraordinaire Anton Walbrook, vu dans Lola Montès de Max Ophüls), qui a bien compris que Hitler n'est pas un gentleman et que la guerre est faite par des êtres malfaisants qui n'ont aucune morale. Les principes de la chevalerie sont bels et bien révolus. J'ai trouvé que le film est peut-être un peu long (il dure 2H20), surtout au début qui m'a paru brouillon; mais par la suite, j'ai vraiment bien apprécié cette histoire où Deborah Kerr (qui avait 22 ans) joue trois personnages. Un film à découvrir si vous le pouvez.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

jeudi 23 février 2012

Le prix de l'hérésie - S. J. Parris

P1020800

Le prix de l'hérésie de S. J. Parris (Editions 10/18) a comme caractéristique d'être un roman policier qui se passe en 1583, au moment où le philosophe italien Giordano Bruno se trouve en Angleterre après avoir fui l'Italie et les tribunaux de l'Inquisition. Dans le roman, Giordano Bruno de Nola, qui été excommunié quelques années plus tôt, est chargé par un ami de la Reine Elisabeth Ière de démasquer des hérétiques (papistes) à Oxford. Il espère aussi découvrir un livre d'Hermès Trismegiste, personnage mythique qui aurait inventé l'alchimie (entre autre). Le roman se déroule dans un des collèges d'Oxford où la discipline est rude et où le nouveau dogme religieux anglican fait des ravages. Rapidement, des meurtres affreux rappelant des martyrs de saints sont commis. Giordano Bruno mène sa propre enquête sur ces crimes au péril de sa vie. Quand on lit la 4ème de couv', on s'attend à un roman à la hauteur du Nom de la rose avec un personnage aussi emblématique que Giordano Bruno dont la vie fut un roman. On en est pour ses frais. Le contexte religieux et l'époque sont passionnants mais traités de façon superficiels. Dommage que S. J. Parris (c'est le nom de plume d'une journaliste anglaise, Stephanie Merritt) n'ait pas donné plus de relief à Giordano Bruno, mort sur le bûcher de l'Inquisition à Rome en 1600 après huit ans de procès. Elle n'évoque rien des pensées et de la philosophie de cet homme qui, se basant sur les théories de Copernic, "soutenait la pertinence d'un univers infini, qui n'a pas de centre, peuplé d'une quantité innombrable de soleils et de mondes identiques au nôtre" (cf. wikipedia). A part ça, le roman se lit agréablement et le suspense est tenu jusqu'au bout même si j'ai été un peu dubitative à propos des traits de caractère des "méchants" de l'histoire.

Voir le billet d'Alinea.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,
lundi 30 janvier 2012

Films vus et non commentés depuis le 01/01/12

Avant de reparler livres, je voulais évoquer cinq films vus au mois de janvier 2012.

Je commencerai par L'Irlandais de John Michael McDonagh (le frère de Martin McDonagh, réalisateur de Bons baisers de Bruges). Ce film vaut éventuellement d'être vu pour Brendon Gleeason qui interprète un des deux seuls flics intègres du Connemara, région du sud de l'Irlande où se déroule l'histoire. Des trafiquants de drogue venant des Etats-Unis règlent leurs comptes. L'une des notes originales de l'histoire est qu'ils sont poursuivis par un flic noir (Don Cheadle) qui détonne dans ce décor où les personnages parlent le gaélique. La fusillade finale dans un port n'est pas mal du tout. Sinon, c'est un film éventuellement évitable si vous payez la place plein tarif. Pour les autres, pourquoi pas?

Une nuit de Philippe Lefebvre nous donne l'occasion de voir Paris la nuit, un Paris des noctambules, des boîtes de nuit, des cabarets, des clubs échangistes et j'en passe. On suit pendant une nuit Simon Weiss (Roschdy Zem, très bien), de la brigade des moeurs, qui connaît bien ce milieu qu'il côtoie régulièrement. Accompagné d'une femme sous-brigadier (Sara Forestier) qui lui sert de chauffeur, il va d'un endroit à un autre, retrouve les mêmes personnages plus ou moins louches. On devine que Simon trempe dans certains trafics, il négocie, s'arrange avec la légalité. Il se salit les mains. Pendant ce temps-là, la sous-brigadière, Laurence Deray, observe... C'est un film qui respecte l'unité de temps, de lieu et d'action. Il y a quelques invraisemblances quand Simon croise certains personnages simultanément ou presque dans plusieurs endroits à la fois. Ceci mis à part, c'est un film agréable qui se suit sans déplaisir.  

Parlez-moi de vous de Pierre Pinaud n'est pas une comédie. C'est une histoire triste d'une jeune femme, Mélina, une "voix". Animatrice à la radio, la nuit, elle résoud les problèmes affectifs d'auditeurs, ce qu'elle est incapable de faire pour elle-même. Car Melina/Claire Martin est une femme seule qui dort souvent dans un placard de son bel appartement cossu. Elle a de gros problèmes relationnels, elle fuit les autres. Karine Viard est très crédible dans le rôle de Mélina. Elle porte le film que j'ai vu comme un hommage à Macha Béranger qui fut la voix nocturne de France Inter pendant des années. Film à voir mais sans plus.

Malveillance de Jaume Balaguerò est un film "flippant" bien que l'histoire débute de façon anodine. César, aux tendances suicidaires, vient d'être engagé comme gardien d'un immeuble barcelonais. Il rend des menus services à ses occupants dont une en particulier, Clara, qu'il observe, épie de jour comme de nuit en s'introduisant chez elle subrepticement. Car, étant le gardien, il a les clés des appartements. Le titre espagnol "Mientres duermes" (Pendant que tu dors) dévoile bien une partie de l'intrigue. C'est un film que je déconseille aux âmes sensibles (surtout si vous n'aimez pas les cafards). Personnellement, j'ai bien aimé ce film où Luis Tosar interprète un rôle que l'on n'oublie pas de sitôt.

Je terminerai par Sherlock Holmes II - jeux d'ombres de Guy Ritchie où l'on prend les mêmes (Robert Downey Jr et Jude Law dans les rôles de Holmes et de Watson) et l'on recommence. C'est toujours le même réalisateur. On ajoute Noomi Rapace qui joue une diseuse de bonne aventure, et le dangereux Professeur Moriarty qui fait dans la fabrication d'armes de destruction massive (nous sommes en 1898). Je n'oublie pas Mycroft (le frère de Sherlock) interprété par l'irrésistible Stephen Fry. A part ça, j'avoue que j'ai moins aimé ce deuxième volet auquel je n'ai pas compris grand-chose. C'est trépidant avec beaucoup d'effets spéciaux mais vous pouvez vous dispenser d'y aller.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
jeudi 15 décembre 2011

Films vus et non commentés depuis le 11/11/11

Comme on arrive en fin d'année, je me dépêche pour évoquer en quelques lignes quatre films qui peuvent se voir avant qu'il ne soit trop tard (encore que...).
Pour Jig de Sue Bourne, sorti dans 3 salles le 30 novembre dernier, il n'est plus programmé dans une seule salle à une séance de midi. C'est un documentaire qui suit l'entraînement de quelques danseurs et danseuses de danse irlandaise (comme ceux qui se produisent dans le spectacle "Riverdance") jusqu'à un championnat du monde qui a eu lieu en 2010 à Glasgow et qui a réuni 6000 danseurs amateurs. On ne gagne qu'un trophée. La préparation, le costume et le voyage à Glasgow sont à la charge du danseur. Tous les âges sont représentés. Il faut une très bonne condition physique et un entraînement continu. Cette danse fait surtout travailler les jambes et les pieds, le buste restant droit et les bras le long du corps. Cela n'a rien de sensuel. On danse en solo mais j'avoue qu'il y a des moments spectaculaires. D'année en années les danseurs se retrouvent en compétiton, c'est un monde fermé mais on sent beaucoup de ferveur. Le film est un peu long pour ce qu'il raconte, c'est souvent répétitif, mais quelques scènes valent la peine de le voir.

La femme du Vème de Pawel Pawlikowski est une adaptation d'un roman de Douglas Kennedy que je n'ai pas lu. C'est un film étrange, un peu fantastique, où un Américain, Tom, arrive à Paris après avoir été viré de son travail. Il essaye de voir sa petite fille qui vit avec sa mère. Cette dernière montre une grande hostilité envers Paul. Du jour au lendemain, il se retrouve sans argent et vivant dans un hôtel miteux dans le nord de Paris qui semble bien menaçant. Il devient gardien de nuit d'un lieu souterrain indéfini. Il vit deux liaisons amoureuses, l'une avec une femme habitant le 5ème arrondissement (Kristin Scott Thomas, son rôle est court), et une jeune Polonaise, la petite amie du tenancier de l'hôtel où il vit. Je ne peux pas dire que j'ai compris grand-chose à l'histoire. Je peux dire par contre qu'il se dégage une atmosphère singulière de ce film. C'est bien réalisé, mais je ne sais pas trop quoi en dire de plus à part qu'Ethan Hawke parle délicieusement français avec un accent américain.

Footnote de Joseph Cedar (le réalisateur de Beaufort) est avant tout une description des rapports pas toujours faciles entre un père et son fils, surtout quand ils sont rivaux dans l'obtention d'un prix prestigieux (le prix Israël). Le titre "Footnote" (note de bas de page en français) se rapporte au fait que le père Eliezer est cité en note de bas de page dans un ouvrage érudit sur le Talmud, sa spécialité. C'est son seul titre de gloire car personne ne le connaît. Il faut dire qu'Eliezer est un être mutique, pas sympathique. Son fils, Uriel, est plus chaleureux. Ce film qui a reçu le prix du scénario au dernier festival de Cannes m'a plutôt déçue.

Je terminerai par Time out d'Andrew Niccol qui est un film de science-fiction plutôt plaisant. Cela se passe dans un monde où (pour les pauvres) le temps est compté. A partir de 25 ans, les gens s'arrêtent de vieillir. Un compte à rebours s'imprime sur la peau de l'avant-bras. Les riches deviennent presque immortels alors que les pauvres ne font que courir et travailler pour gagner ce fameux temps qui leur est compté. Les riches et les pauvres ne se mélangent pas, ils vivent chacun dans un ghetto. Will Salas (Justin Timberlake), un jeune homme pauvre, est le grain de sable qui va faire tout détraquer. Ce film n'est pas à la hauteur de Gattaca ou Lord of War du même réalisateur, mais il reste un film divertissant.

vendredi 9 décembre 2011

Carnage - Roman Polanksi

FestAut01 [Festival d'automne animé par Chris]. Comme je l'avais annoncé, voici donc un film qui ne m'a pas trop convaincue. Carnage réalisé par Roman Polanski est l'adaptation de la pièce de théâtre de Yasmina Reza, Le dieu du carnage, que j'avais vue lors de sa création. Le film dure 1H20 (à peu près comme la pièce). Cette durée m'a parue bien suffisante pour ce crépage de chignon d'un quatuor d'adultes. A New-York, deux jeunes garçons d'une même bande se sont battus. L'un des deux y a laissé deux incisives. Les parents catastrophés essayent de trouver un arrangement à l'amiable. Ils se sont réunis dans l'appartement des parents de l'"agressé". Ces personnages aux manières très policées font partie de la bourgeoisie bien-pensante. Pourtan,t très rapidement, des propos aigre-doux sont échangés souvent interrompus par la sonnerie du téléphone portable de l'un des deux pères qui est avocat. Le fait marquant qui fait s'envenimer les choses est quand la maman de l'"agresseur" vomit (stress?) sur les catalogues d'exposition (épuisés et introuvables) appartenant à la mère du jeune "agressé". Je reconnais que la mise en scène est brillante, et les acteurs tous excellents sont très bien dirigés (Jodie Foster, Kate Winslet, Christopher Waltz, John C. Reilly), mais je trouve que les dialogues et la dramaturgie en général sont assez faiblards. Le fait que la pièce est traduite en anglais ne la bonifie pas. Dans la salle où j'étais, des spectateurs riaient et avaient l'air contents. Je vous laisse juge.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 2 novembre 2011

Romans lus et non commentés

J'ai lu pas mal de romans policiers depuis l'été qui m'ont laissé plus ou moins de souvenirs. Mais ce furent des lectures agréables sur l'instant.

* * * * * * * * * *

Je commence par La bibliothèque du géographe de Jon Fasman (Points Seuil) qui est un roman intriguant mêlant passé et présent et qui nous présente des objets (fictifs) dotés de pouvoirs magiques et/ou alchimiques que des hommes sans scrupules essayent de s'approprier depuis des siècles. Le géographe du titre se réfère à al-Idrisi qui vécut au XIIème siècle et fut le cartographe du roi Roger II de Sicile. Parallèlement, Paul Tomm, un jeune journaliste, essaye d'élucider la mort inexpliquée d'un professeur d'histoire. Par ailleurs, le médecin légiste qui a pratiqué l'autopsie meurt peu après renversé par une voiture. Quand on arrive à la fin de l'histoire, on n'est pas très avancé. Toutes les clés ne nous sont pas données. Mais j'ai passé un excellent moment de lecture.

P1020558

 

 * * * * * * * * * *

Nature morte de Louise Penny (Actes Sud Noirs) se passe dans la province de Québec au Canada. Près d'un village où elle habitait, une institutrice à la retraite, Jane Neal, 76 ans, est retrouvée morte à l'orée d'un bois. Il semble qu'elle ait été tuée d'une flèche tirée par un arc. Accident? Meurtre? L'inspecteur-chef Armand Gamache de la sûreté de Montréal, marié depuis 32 ans, est chargé de l'enquête. Jane Neal était aussi peintre à ses heures. Il semble qu'elle ait peint quelque chose qu'elle n'aurait pas dû. C'est un roman qui m'a quelque peu déçue car il manque de vrais rebondissements. Ce roman de 300 pages est un peu "plan plan". Je pense que 200 pages auraient suffi. C'est semble-t-il le premier volet des enquêtes de l'inspecteur Gamache. Attendons les tomes suivants.

P1020560

 

* * * * * * * * * *

Seul demeure son parfum de Feng Hua (Picquier Poche) est un roman policier chinois dans lequel de nos jours, en Chine, un tueur étrangle ses victimes (des femmes) après leur avoir fait l'amour. Un jeune inspecteur, Pu Ke, aidé d'une jeune femme, Mi Duo, rencontrée à une fête chez des amis communs, mène une enquête sur plusieurs mois. Ces crimes ne sont pas les premiers perpertrés par le tueur. J'ai deviné assez vite de qui il s'agissait. Le plus dur pour Pu Ke est de découvrir le mobile. L'auteur prend son temps pour dérouler l'histoire. Il nous montre qu'il n'est pas aisé d'enquêter en Chine quand certaines personnes comme des cadres administratifs sont impliqués. Ils ne peuvent pas être interrogés facilement. C'est toute une affaire de hiérarchie et de préséance. Roman pas désagréable même s'il m'a paru un peu lent.

P1020561

 

* * * * * * * * * *

La maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino (Actes Sud Noirs) constitue un roman policier japonais à la limite du fantastique. Une jeune femme demande à son ancien petit ami de l'accompagner dans une demeure reculée et isolée à flanc de montagne. A la mort de son père, elle a reçu une clé à tête de lion qui semble ouvrir une porte de cette bâtisse, qui ressemble à un tombeau et où le temps s'est arrêté un jour à 11H10. Sayaka n'a aucun souvenir d'avant l'âge de 5 ans. Elle veut découvrir pourquoi. Cette maison permettra peut-être de lui faire recouvrir la mémoire et d'exorciser ses démons. En effet, elle a fait plusieurs tentatives de suicide et est séparée de sa petite fille qu'elle maltraite. Ce roman tient en haleine jusqu'à la fin. Lire le billet d'Ys.

P1020562

 

* * * * * * * * * *

Le roman de Ken Bruen, Calibre (Série Noire Gallimard), se lit vite, mais l'auteur ne s'est cette fois-ci vraiment pas foulé. L'histoire qui se passe à Londres rappelle celle de Mort aux cons de Carl Ayerhold mais en nettemement moins drôle. Un tueur qui a comme roman de chevet Le démon dans ma peau de Jim Thompson tue des personnes qu'il considère mal élevées. Les flics qui se mettent à sa recherche ne valent pas mieux que lui. A vous de voir.

P1020563

lundi 5 septembre 2011

Océans - Jacques Perrin & Jacques Cluzaud

Cherchant désespérément sur quoi écrire, je [Ta d loi du cine, squatter] retrouve quelques notes prises il y a fort longtemps pour un billet que j'ai toujours eu la flemme de rédiger. Hop!

Océans, sorti le 27 janvier 2009, nous l'avions vu, Dasola et moi, en avant-première, presque deux mois auparavant. En fait, je m'étais fait "racoler" devant l'UGC Ciné Cité Les Halles et m'étais vu proposer l'invitation, parce que je rentrais dans les quotas nécessaires au panel (et, oui, j'avais eu le droit d'y aller accompagné!). A la fin, il y avait un long questionnaire à remplir, mais je ne pense pas que, à ce stade, ça pouvait changer quoi que ce soit au film...

La presse en ayant abondamment parlé et reparlé, notamment à l'occasion de ses passages à la télé (je ne l'ai pas regardé, pour ma part), je me bornerai à "critiquer" les défauts (à mon avis) de ce film.

Je me rappelle encore les très belles images du début, les oiseaux de mer qui pêchent en piqué, filmés alternativement dans les airs et sous l'eau (comme dans La marche de l'empereur?). En général, les parties concernant les animaux sont magnifiques. On nous montre des oiseaux, des morses, des iguanes et des poissons magnifiques et spectaculaires, d'accord. Je n'ai vraiment pas vu la nécessité du vieil homme et de l'enfant, qui n'apportent pas grand-chose si ce n'est une pseudo-réflexion philosophique. Et ça manque un peu de sous-titres. Il me semble enfin avoir regretté un défaut d'explications (d'incrustations?) sur les lieux concernés (notamment, les musées). Sans doute que ce film était taillé sur mesure pour le marché anglo-saxon (le peu de texte qu'il y avait était en anglais, dans la version vue en avant-première)? Le fait qu'aucun requin n'ait été martyrisé pour ce film (ceux à qui on coupe les ailerons avant de les rejeter à la mer sont des "animatronix"), c'est bien, mais c'est anecdotique. Personnellement, en tant que carnivore (et piscivore!) qui s'assume, la mention "Aucun animal n’a été maltraité durant le tournage" m'avait paru un peu ridicule voire hypocrite, alors que les opérations de pêche reconstituées existent bel et bien. Il n'est pas non plus question de pollution. Ca a un côté un peu "bien-pensant", un peu moralisateur (comme si on jugeait le spectateur quelque peu débile?). Enfin, peut-être est-ce un film destiné à prendre date, et à revoir en 2050 (restera-t-il des dauphins, des requins... et des pêcheurs?).

Posté par ta d loi du cine à 01:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
dimanche 15 mai 2011

Films vus et non commentés depuis le 07/03/2011

Comme je me rends compte que je prends du retard dans mes comptes-rendus sur les films vus depuis 1 mois, voici un billet sur 5 d'entre eux, le prochain billet rendra compte de 5 autres. Je les ai tous assez appréciés et je vous conseille de les voir en salle ou en DVD si vous pouvez.

Le film étant chaudement recommandé sur la blogosphère (voir par exemple le billet d'Aifelle), je suis allée voir Tous les soleils du romancier Philippe Claudel et bien m'en a pris. Il s'agit d'une histoire sympathique qui se passe à Strasbourg où Alessandro, veuf, vit seul avec sa fille Irina, jeune adolescente plutôt bien dans sa peau. Il héberge depuis quelque temps son frère, Luigi, qui a fui l'Italie depuis l'arrivée de Berlusconi au pouvoir. Alessandro enseigne la musique baroque en université et chante dans une chorale. C'est un film qui finit bien. A voir quand vous êtes d'humeur morose.

Coup d'éclat de José Alcala avec une Catherine Frot comme je l'aime. Cette actrice est formidable dans le rôle de Fabienne, une femme flic (presque) au bout du rouleau entre ses problèmes d'alcool (elle boit pas mal de vin) et sa vieille mère qui la harcèle souvent. Fabienne, qui s'occupe plutôt des "sans-papiers", décide d'enquêter sur le suicide d'une jeune prostituée venue de l'est qui a laissé un petit garçon derrière elle. L'action se passe à Sète et dans ses environs. Le film donne l'occasion de voir Tcheky Karyo de plus en plus rare sur nos écrans (et c'est dommage). Le scénario tient la route même si la fin est un peu en suspens.

Animal Kingdom de David Michôd est un polar australien très noir qui se passe à Melbourne dans un quartier sans âme. Là vivent les Cody, une famille "ordinaire" composée de quelques hommes sous la domination de la mère, Janine, qui avec de grands sourire et beaucoup de gentillesse demande la "disparition" de quelqu'un quand elle sent que sa famille proche (ses fils) est menacée. Les garçons pillent des banques, tirent des coups de feu, tuent quand c'est nécessaire. Il se trouve qu'un "maillon faible" va entrer dans cette famille: le petit-fils, qui vient d'assister sans ciller à la mort de sa mère morte d'une overdose d'héroïne. Je ne suis pas prête d'oublier le personnage de Janine et la scène finale inattendue et violente.

Où va la nuit de Martin Provost avec Yolande Moreau en femme battue qui se venge (on la comprend!) de son mari violent qui a tué accidentellement une jeune fille en la renversant avec sa voiture. C'est un film qui possède de grandes qualités avec une Yolande Moreau attachante. Le bémol que je mettrais tient au personnage du fils, que je n'ai pas trouvé bien écrit. Il est crispant au possible. De son côté, le personnage du flic qui a deviné tout ce qui s'est passé n'est pas banal. Et il faut noter la présence notable, vers la fin du film, d'Edith Scob, même si son personnage m'a paru improbable. Et je pense qu'il y a clin d'oeil voulu au film Thelma et Louise de Ridley Scott, avec la scène des deux mains l'une sur l'autre dans la voiture en surplomb au bord du quai. Un film à voir.

Voir la mer de Patrice Leconte: 2 garçons, 1 fille, 3 possibilités. Clément et Nicolas doivent partir vers Saint-Jean-de-Luz voir leur mère. Clément, qui travaille dans un garage, vient d'être plaqué par sa copine. Thomas rencontre Prudence dans un bal. Celle-ci vient de quitter son amant plus âgée qu'elle. Elle décide d'accompagner les deux frères. On sent que Patrice Leconte a voulu se faire plaisir. C'est un film libre, assez drôle, parfois coquin: la fille qui couche avec les deux frères à tour de rôle, et le vieil amant qui les poursuit. C'est un film idéal à voir l'été.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
jeudi 10 mars 2011

L'homme qui aimait les chiens - Leonardo Padura

P1020044

Je viens d'arriver au bout des 667 pages de L'homme qui aimait les chiens (Editions Métailié), magnifique roman fleuve, passionnant grâce à son style ample et fluide, qui tient en haleine jusqu'au bout.
La photo sur la couverture représente Lev Davidovitch Bronstein, dit Leon Trotski (il aimait les chiens, en particulier les lévriers barzoïs). Mais au cours de l'histoire, on apprend qu'au moins deux autres personnages réels ou fictionnels aimaient aussi les chiens, dont "L'homme" du titre. Leonardo Padura redit en postface qu'il s'agit d'un roman. Mais il s'est emparé de l'Histoire (avec un grand H) pour nous raconter une histoire et nous faire revivre toute une époque de janvier 1929 jusqu'à nos jours, avec la guerre d'Espagne, la mainmise de Staline sur l'ex-URSS et les purges qui s'ensuivirent, et le destin plus ou moins dramatique de quelques hommes et femmes. Le roman enchevètre trois récits: d'abord, l'exil de Trotski et de sa famille de la Sibérie jusqu'au Mexique en passant par la France et la Norvège; puis l'itinéraire de Ramon Mercader (alias Jacques Mornard, alias Franck Jacson), d'origine catalane, endoctriné dès son plus jeune âge sous l'influence de sa mère Caridad, qui devint militant communiste - recruté par les services secrets soviétiques, on en fit un agent zélé persuadé que le "renégat" Trotski était l'homme à abattre: il l'assassina d'un coup de piolet dans le crâne le 22 août 1940 à Mexico; et enfin, nous suivons Ivan, écrivain cubain frustré, vétérinaire à ses heures, qui rencontra, un jour (en 1977) sur une plage cubaine, un homme accompagné de ses deux lévriers barzoïs. Il est dit plusieurs fois que les personnages du roman éprouvent de la peur: de mourir, de dire, d'agir, d'écrire. Le monde vivait dans la peur. C'est avant tout l'histoire d'un homme qui restera hanté jusqu'à sa mort par le cri que poussa sa victime quand il la tua, et d'une cicatrice à la main en forme de croissant. Après Les brumes du passé, je considère Leonardo Padura comme un très très grand romancier.

Voir les billets élogieux de Keisha, d'Ys, de Moustafette et d'Yv.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags : , , ,
dimanche 20 février 2011

A la recherche du temps perdu - Téléfilm - Nina Companeez

Adapter l'intégralité de A la recherche du temps perdu en 4 heures était un sacré challenge que la réalisatrice Nina Companeez a presque réussi. La diffusion sur deux soirées a eu lieu en début de mois (février 2011). Bien sûr, il y a des coupes sombres dans l'histoire. Du côté de chez Swann n'est presque pas traité. Mais on retrouve la galerie de personnages du roman. La voix off du narrateur est omniprésente et permet de faire écouter le texte de Proust, c'est un grand plaisir d'entendre l'imparfait du subjonctif. Il s'agit davantage d'une évocation de la Recherche... que d'une adaptation réelle (comme l'a bien dit Valclair). Mais Nina Companeez a réussi à nous raconter une histoire en continu, ce qui n'est pas forcément évident quand on lit les différents volumes (ce que j'ai fait pendant l'été 200o). Non seulement on se laisse bercer par les mots de Proust, mais encore on ne peut qu'admirer les décors, les costumes et les comédiens (fidèles à Nina Companeez): Didier Sandre, Valentine Varela, Dominique Blanc et beaucoup d'autres, dont Micha Lescot qui joue le narrateur. On a un peu de mal à s'habituer, au début: sa voix, sa stature. Et puis, on s'y fait. Je pense qu'il y aura une sortie en DVD, pour celles et ceux qui n'auront pas vu ces deux épisodes. Cela vaut la peine. Et j'espère que cela donnera envie aux uns et aux autres de (re)lire A la recherche du temps perdu.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : , ,