dimanche 11 juin 2017

Ragdoll - Daniel Cole / La Daronne - Hannelore Cayre

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Chez Pierre D. j'ai lu un billet sur ce roman qui attiré mon attention. Peu après, je l'ai vu qui était recommandé par une librairie que je fréquente. Voici donc Ragdoll (Poupée de chiffon en VF), le premier roman de Daniel Cole (Collection La bête noire, Edition Robert Laffont, 454 pages). L'histoire se passe en Angleterre de nos jours (à Londres ), avec quelques retours en arrière qui ont leur importance. L'Inspecteur "Wolf" Fawkes, divorcé d'une journaliste, est appelé sur une scène de crime pas banale: un cadavre façon puzzle est retrouvé dans un appartement en face de chez lui. La tête, les deux bras, les deux jambes et le buste sont cousus grossièrement pour former un tout. Chaque morceau appartient à une personne différente. Wolf reconnait tout de suite à qui appartient la tête. Il s'agit d'un homme qui avait été arrêté par ses soins et qui avait été condamné à une lourde peine. L'index d'une des deux bras en extension pointe vers la fenêtre de l'appartement de Wolf. Peu après, une liste parvient à l'ex-femme de Wolf sur laquelle un tueur mystérieux annonce les dates de six futures victimes, dont Wolf lui-même. Je vous laisse découvrir qui sont les victimes, les liens qui les relient, même si elles ne se connaissait pas forcément. L'intrigue est très bien menée même si j'ai été très légèrement déçue par la conclusion. Un bon "page-turner" d'avant l'été.

 

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Je passe maintenant à La Daronne d'Hannelore Cayre (Editions Métailié noir, 171 pages très bien écrites et souvent drôles), dont je n'ai lu que des éloges de la part d'Aifelle et Keisha. Patience Portefeux, 53 ans, veuve à 27 et mère de deux filles, a débuté comme interprète-traductrice judiciaire (français-arabe) dans des tribunaux. Depuis un certain temps, elle traduit les écoutes pour la brigade des stups. Il faut noter que c'est un travail "au noir" pas très bien payé. Patience a une vieille mère qu'elle visite régulièrement dans un "mouroir" à 3000 euros par mois. Tout cela fait que Patience a du mal à joindre les deux bouts. De fil en aiguille et grâce à un chien nomné ADN, Patience, à la barbe de la police avec qui elle travaille, va récupérer une tonne de cannabis et devenir une Daronne sachant mener ses affaires pour mettre ses filles et elle-même à l'abri du besoin. Ce roman n'est pas qu'un roman policier, il traite de la vieillesse et expose comment on traite les personnes âgées, les aberrations de la justice en France. Un très bon moment de lecture. J'ai découvert Hannelore Cayre avec ce roman: un très grand écrivain.

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samedi 27 mai 2017

Quand sort la recluse - Fred Vargas

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Je me suis plongée avec plaisir dans le nouveau roman de Fred Vargas Quand sort la recluse (Editions Flammarion, 477 pages lues en deux jours), où il est question de l'araignée recluse (Loxosceles rufescens), très peureuse, qui se cache et dont la morsure non mortelle peut provoquer des nécroses, des femmes recluses du Moyen-Age et de nos jours (cela a existé), de pigeons et de pigeonniers, de ramiers, de chèvres (comme celle de M. Seguin), d'une famille de merles, d'un chat dormant sur une photocopieuse, d'une tête de murène pas très fraîche. Par là même, on a le plaisir de retrouver Jean-Baptiste Adamsberg, le commissaire béarnais qui est obligé de quitter l'Islande (où on l'avait laissé dans le roman précédent). Il revient dans les locaux de la brigade criminelle du XIIIème arrondissement de Paris pour résoudre une énigme: qui, du mari ou de l'amant putatif, est coupable d'avoir écrasé par deux fois avec un 4x4 une jeune femme de 37 ans, mariée au premier et peut-être maitresse du second? Grâce aux déductions d'Adamsberg, le crime est résolu en deux temps, trois mouvements. A partir de là, Adamsberg et son équipe, sauf son adjoint Danglard qui file un mauvais coton, vont enquêter sans autorisation sur la mort de quelques hommes de plus de 80 ans habitant dans la région de Nîmes. Ces vieillards sont morts d'une piqûre d'araignée appelée la recluse. Dès que la nécrose s'installe, la mort survient dans les trois jours. Convaincu qu'il s'agit de crimes et non d'accidents, Adamsberg nous fait partager ses proto-pensées (des pensées avant les pensées, ses bulles gazeuses). L'enquête n'aboutit par deux fois à rien. On est embarqué entre Nîmes, Rochefort, l'Ile de Ré et Lourdes avec quelques retour vers Paris. Je ne dirai rien de plus. Lisez-le d'autant plus que c'est très bien écrit.

Lire les billets enthousiastes de Brize et de Cathulu.

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samedi 22 avril 2017

Nuit - Bernard Minier / Les fils d'Odin - Harald Gilbers

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Dans Nuit (Editions XO, 517 pages) de Bernard Minier, on retrouve le commandant Martin Servaz, dont on avait fait connaissance dans Glacé, qui va à nouveau affronter Julian Hirtmann, un Suisse psychopathe, ancien procureur et dont il est aussi question dans Le cercle. Nuit commence avec le meurtre d'une Norvégienne technicienne sur une plate-forme off-shore dont on retrouve le corps sans vie dans une église de Bergen. Kirsten Nigaard, de la police d'Oslo, est chargée de l'enquête, car son nom écrit sur un papier est retrouvé dans une poche du vêtement de la victime. De Bergen, Kirsten va arriver à un moment donné (presque deux mois plus tard) dans le bureau de Martin Servaz suite aux indices que la police norvégienne a trouvé. Parmi les indices, il y a des photos montrant Martin Servaz pris au téléobjectif ainsi qu'un prénom écrit au dos d'une de ces photos, "Gustav'. Entretemps, menant une enquête, Servaz aura été blessé grièvement par balle par le suspect qu'il poursuivait. Je ne sais pas si j'ai été assez claire, mais l'intrigue assez prenante est pleine de rebondissements menant à de fausses pistes. Le tout est orchestré par Julian Hirtmann qui s'est attaché à Gustav (un garçonnet de 5 ans, très gravement malade) dont il s'est occupé depuis la naissance. Je n'en dirai pas plus sur cette histoire qui m'a un peu moins convaincue que Glacé (j'ai trouvé pas mal d'invraisemblances), mais quand le roman se termine, on attend la suite. Il n'est pas forcément nécessaire d'avoir lu les romans précédents pour comprendre qui sont certains des personnages, quoique... Pour l'anecdote, le petit garçon s'appelle Gustav en l'honneur de Gustav Mahler, le musicien préféré de Servaz et Hirtmann. 

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Je passe maintenant au roman Les fils d'Odin d'Harald Gilbers (Grands détectives, 10/18, 547 pages haletantes). J'ai eu beaucoup de plaisir à retrouver Richard Oppenheimer, ancien commissaire de la Kripo à Berlin, qui vit plus ou moins dans la clandestinité depuis l'arrivée d'Hitler au pouvoir. En effet, Oppenheimer, marié à une aryenne, Lisa, depuis plus de 20 ans, est juif. On l'avait laissé en mauvaise posture en juin 1944 dans Germania: il avait été déclaré mort. Fort heureusement, dans Les fils d'Odin, on le retrouve 6 mois plus tard. En janvier 1945, vivant dans un meublé sous une fausse identité, Oppenheimer est gardien de nuit dans une banque. La vie d'Oppenheimer ne tient qu'à un fil avec ses faux-papiers provisoires qu'il a obtenu grâce à son amie Hilde, une femme médecin de grande valeur et anti-nazie notoire. A son tour, Oppenheimer va aider Hilde. Cette femme est encore mariée à un médecin qui a pratiqué des "expériences" sur des cobayes à Auschwitz. Hilde se accusée du meurtre de son mari, Erich Hauser. Récemment revenu à Berin, le corps d'Hauser est retrouvé mutilé: la tête et les mains ont été coupées. Oppenheimer va mener son enquête entre le 30 janvier et le 12 mars 1945 dans Berlin en ruines bombardée jour et nuit par les Américains (le matin) et les Britanniques (l'après-midi). Plus que l'intrigue policière, j'ai trouvé très intéressante la description de la vie quotidienne des Berlinois privés de presque tout. Berlin où les trafics en tout genre continuent, ainsi que les dénonciations, et où la Gestapo règne toujours par la terreur. A la fin du roman, Hilde, condamnée à mort (mais pas pour la mort de son mari), a obtenu une semaine de sursis. J'espère que M. Gilbers compte écrire une suite et fin. Les fils d'Odin sont des illuminés se consacrant à un culte germanique autour du dieu Odin/Wotan. C'est très accessoire dans le roman.

jeudi 13 avril 2017

Cartel - Don Winslow

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Cartel (Editions du Seuil, 710 pages haletantes) de Don Winslow est la suite de La griffe du chien (voir mon billet). Quand débute Cartel, en 2004 Adán Barrera, un narcotrafiquant, est derrière les barreaux dans une prison de haute sécurité mexicaine mais plus pour très longtemps. En effet, il organise son évasion grâce à l'argent qu'il a versé à tous les gardiens. Adàn redevient le chef du cartel de Sinaloa. Face à lui, Art Keller (ancien agent du DEA), qui avait mis Adán derrière les barreaux, est obligé de reprendre la traque. Adán met la tête de Keller à prix pour 2 millions de dollars et s'engage à mettre la main sur les états limitrophes avec les Etats-Unis avant d'envahir tout le Mexique en écrasant les cartels rivaux. Mais des adversaires redoutables se présentent. Anciens militaires de l'armée mexicaine, ils se font appeler les zetas et sèment le meurtre et la violence. Les victimes se comptent par centaines. en étant décapitées, démembrées, éventrées, exécutées d'une balle ou brûlées vives. Tout ça pour l'argent de la drogue et des armes. Je ne vous décrirai pas le sort réservé aux femmes. Le monde décrit dans Cartel est terrible, cauchemardesque et sans beaucoup d'espoir. Car même si Cartel est un roman, il raconte une histoire tirée de faits réels. En préambule du roman, Winslow donne une liste de plus de 100 journalistes "disparus" ou assassinés (et il y en a eu d'autres) pour avoir essayé de raconter ce qu'il se passe. Le roman se termine en 2014. Le style est fluide. J'ai été "happée" dès le début. Je ne sais pas si c'est un grand roman (l'histoire est très noire) mais c'est un très bon roman. Lire les billets élogieux de Leatouchbook, Inganmic, Athalie, Richard, Didi et Cannibales lecteurs.

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jeudi 30 mars 2017

Cadavre 19 - Belinda Bauer / Maiba - Russell Soaba / La baleine Thébaïde - Pierre Raufast

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Cadavre 19 de Belinda Bauer (Collection 10/18, 401 pages) m'a plu parce qu'il s'agit d'un polar pas trop violent malgré le fait qu'une grande partie de l'histoire se passe dans une salle d'autopsie. Patrick Fort, âgé de 18 ou 19 ans et atteint du syndrome d'Asperger, a décidé d'étudier l'anatomie. Il veut comprendre ce que c'est que la mort. Il veut obtenir des réponses à ses questions qu'il se pose depuis l'enfance, à l'époque où son père est mort accidentellement, renversé par une voiture. Avec d'autres étudiants, on lui attribue un cadavre à qui on donne un numéro: le 19. De tempérament curieux, Patrick va assez rapidement découvrir que la cause de la mort du n°19 n'est pas celle attendue. L'histoire prend son temps. Il y a quelques facilités dans les rebondissements de l'histoire mais le roman se lit agréablement.

Concernant Maiba de Russell Soaba (Editions Au vent des îles, Tahiti, 183 pages), c'est un roman écrit en 1979 mais publié en français en 2016 qui se passe dans les îles du bout du monde, en Papouasie Nouvelle-Guinée. Je trouve assez difficile de parler de ce roman où il n'y a pas vraiment d'histoire. M. Soaba (un écrivain Papou de 66 ans) évoque surtout les us et coutumes de ce pays en pleine mutation composé d'îles sur lesquelles on parle jusqu'à 800 langues. Maiba est une jeune Papoue qui vit à Makawana. Estropiée de naissance et orpheline à l'âge de 4 ans, son père était le chef du village, Maiba a été élevée par son oncle et sa tante. Il semble que "Maiba était de mauvais augure pour quiconque entrait en contact avec elle". J'avoue avoir beaucoup aimé les 80 premières pages et m'être un peu ennuyée aux 100 pages suivantes. Mais j'ai été contente de cette découverte d'un écrivain qui m'était totalement inconnu. Je remercie mon ami Ta d loi du cine pour cette suggestion.

Je termine avec La baleine Thébaïde (Alma Editeur, 213 pages) que, pour l'instant, j'ai peu vue chroniquée sur les blogs. Après La fractale des raviolis et La variante chilienne, Pierre Raufast a encore écrit un roman plaisant. Le fil conducteur de l'hstoire est une baleine bleue qui chante à une fréquence de 52 hertz alors que ses camarades chantent entre douze et vingt-cinq hertz. Tel Achab, Richeville, un jeune Français natif de Chantibrie diplômé d'une école de commerce, s'embarque sur un bateau pour une expédition scientifique à la recherche de cette baleine unique. Tout ne se passe pas comme il l'avait cru. La pauvre baleine que l'équipage a retrouvé est exterminée. Le roman est composé de courts chapitres avec une histoire tarabiscotée qui tient la route mais se termine mal (je ne dévoile rien). Et une fois encore, j'ai apprécié l'écriture de Raufast. Il y a des passages jubilatoires. "J'obtins le diplôme au bout de trois longues années. Un tiers voulait devenir banquier par amour de l'argent, Un autre tiers visait l'ENA pour la puissance. Le dernier tiers se rêvait consultant dans un des "big four" pour devenir riche et puissant. Je faisais partie du quatrième tiers, le tiers honteux: celui qui n'avait aucune ambition. Le renégat du commerce, l'apostat du management. Autant dire que j'étais aussi populaire qu'une reine Bothriomyrmex chez les fourmis Tapinoma" (p.23). Je conseille.

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vendredi 24 mars 2017

Dans l'ombre - Arnaldur Indridason

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Dans l'ombre (Editions Métaillé, 334 pages), le nouveau roman de l'Islandais Arnaldur Indridason, est le premier tome d'une trilogie: La trilogie des ombres. En 1941, Reykjavik grouille de soldats britanniques et américains. Eyvindur, un voyageur représentant de commerce, revient d'une tournée. Il a hâte de retrouver sa compagne Vera. En effet, il l'avait quittée deux semaines plus tôt après une dispute. Il se rend compte que Vera a vidé les lieux en prenant toutes ses affaires. Peu de temps après, Eyvindur est retrouvé mort, le visage à moitié arraché par une balle tirée par un colt, dans l'appartement de Felix Lunden, un autre réprésentant. Sur le front du cadavre, quelqu'un a inscrit "SS" en lettres de sang. Deux jeunes hommes sont chargés de mener l'enquête: Flovent, le seul inspecteur islandais disponible, et Thorson, un Islandais de l'ouest, né au Canada, faisant partie de la police militaire. Ils découvrent assez vite que la victime n'était pas la cible visée. Eyvindur était au mauvais endroit, au mauvais moment. Je n'en dirais pas plus sur l'histoire dans laquelle il ne se passe pas grand-chose. Il n'y a pas de coup de théâtre. Thorson et Flovent interrogent encore et toujours les suspects ou les témoins. Ces interrogatoires ont un côté lancinant. Indridason n'épargne pas non plus le lecteur. Quand le roman s'achève, on a des réponses à des questions mais des choses restent dans l'ombre comme qui a tué Eyvindur, même si on sait pourquoi. J'attends la suite avec intérêt.

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mercredi 15 mars 2017

Rome brûle (Suburra II) - Carlo Bonini / Giancarlo de Cataldo

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Rome brûle de Carlo Bonini et Giancarlo de Cataldo (Métailié noir, 293 pages) est la suite de Suburra qui m'avait tant plu. L'histoire se passe de nos jours, presque quatre ans après les événéments de Suburra. Samouraï purge une longue peine de prison dans une prison de haute sécurité. Sebastiano Laurenti, son héritier, mène les affaires à sa place et lui rend des comptes. Fabio Desideri, un jeune (mais très dangereux) chef mafieux aux dents longues, se tient en ambuscade. En mars 2015, le pape François décide d'un Jubilé extraordinaire qui va demander beaucoup de travaux. Les chantiers comme celui du métro vont plus ou moins vite selon le déblocage de l'argent versé par la mairie à des entreprises dirigées par des hommes peu intègres conseillés par des sociétés comme celle de Sebastiano. Des sommes énormes sont en jeu, tous les coups sont permis et, suite à une grève des transports, la ville éternelle brûle à cause des feux allumés dans beaucoup de coins de rues par des citadins. J'ai trouvé l'histoire aussi passionnante que celle de Suburra. Bonini, qui est journaliste d'investigation, et de Cataldo, magistrat à la cour de Rome ont beaucoup de talent. Ce volume peut se lire indépendamment du premier.

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vendredi 20 janvier 2017

La griffe du chien - Don Winslow

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Le roman La griffe du chien de Don Winslow (Editions Points Le Seuil, 825 pages haletantes) a été écrit en 2005 et publié en français en 2007. La griffe du chien est un roman violent et foisonnant dont l'histoire se déroule de 1975 (fin de la guerre du Vietnam) à 1999 avec un épilogue en 2004. Art Keller fait partie de la DEA (Drug Enforcement Administration) américaine chargée de lutter contre la toxicomanie et le trafic de drogue. Cette guerre contre la drogue est un long combat. Face à lui, nous avons deux frères mexicains, Adán et Raúl Barrera, épaulés par des sicarios, des tueurs. Adán compte et Raúl tue (sans pitié). Art Keller fera tout pour les faire arrêter. Don Winslow brosse un portrait sans concession des narcotrafiquants mexicains qui gangrènent le Mexique jusqu'au plus hautes instances de l'état. Dans ces années-là, la montée du communisme fait plus peur que la drogue qui sert à acheter des armes afin de lutter contre les groupuscules d'extrême-gauche. L'Amérique n'est pas non plus décrite sous son meilleur jour. L'écrivain sait rendre les personnages attachants (même les "méchants"), en particulier Nora Holden, la "pute au grand coeur", intelligente et courageuse. Il ne perd jamais le lecteur dans les méandres de l'intrigue. C'est brillant. Un très bon roman. Lire le billet d'Inganmic.

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samedi 31 décembre 2016

La Montagne rouge - Olivier Truc

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Pour une fois, je ne vais pas être gentille avec un écrivain. Monsieur Truc, pour votre prochain roman, relisez ou faites relire votre manuscrit. Dans La Montagne rouge (Editions Métailié, 498 pages), le troisième opus avec la police des rennes, j'ai relevé des redites dans un même paragraphe. La faute de français "mettre à jour" (actualiser) au lieu de "mettre au jour" quand on découvre quelque chose (un squelette par exemple) revient très souvent, je l'ai notée au moins dix fois dans le texte. J'ai aussi été agacée par le fait qu'Olivier Truc narre plusieurs histoires en parallèle qui n'ont pas beaucoup à voir les unes avec les autres. L'histoire annexe avec l'antiquaire qui collectionne les crânes avec l'aide d'un groupe de femmes marchant avec des cannes nordiques pourrait faire l'objet d'un roman à part entière. Ces différentes histoires se passent entre le 14 septembre et le 20 octobre en pays Sami, côté Suède. Sous une pluie diluvienne, dans l'enclos à rennes sur la Montagne rouge où les Samis procèdent à l'abattage des rennes, un squelette sans tête est mis à au jour. Ce squelette qui date du XVIIème se retrouve au centre d'un procès se déroulant à la Cour suprême de Stockholm: lesquels, des éleveurs sami ou des forestiers suédois, étaient là (la région de la Montagne rouge) les premiers et sont donc propriétaires des terres? Klemet et Nina vont mener l'enquête pour retrouver le crâne: Sami ou Scandinave? J'ai trouvé la lecture de ce roman laborieuse malgré la présence de Klemet et Nina. Olivier Truc aborde pas mal de sujets (sur l'anthropologie raciale en particulier) sans les appronfondir, et cela nuit à la narration. Dommage car j'avais beaucoup aimé Le dernier Lapon, un peu moins Le détroit du Loup (déjà trop long).

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mardi 13 décembre 2016

Tu tueras le père - Sandrone Dazieri

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Tu tueras le père de Sandrone Dazieri (Editions Presse Pocket 724 pages) est un thriller qui se lit bien malgré sa longueur. Il m'avait été recommandé (avec petite coccinelle!) par ma libraire que je remercie. La jeune commissaire Colomba Caselli, âgée de 32 ans, reprend du service après un long congé dont on apprendra la cause au cours de l'histoire. Elle souffre encore d'angoisse. Pour retrouver un jeune garçon qui vient d'être enlevé, elle va demander de l'aide à Dante Torre. Ce dernier, âgé de d'une quarantaine d'années, avait été enlevé à l'âge de 6 ans et enfermé dans un silo dans la banlieue de Rome pendant 11 ans. Il n'a jamais pu voir son ravisseur qui a priori s'est suicidé. Dante souffre de nombreux troubles comme la peur du noir, et dort sur la terrasse de son appartement. Il n'arrête pas de se gaver de tranquillisants et aime boire des cocktails. Le "père" du titre fut son bourreau qui pour le punir l'obligeait à se donner des coups violent sur sa main gauche qui s'est atrophiée. Colomba et Dante forment un duo cabossé par la vie auquel on s'attache rapidement. Ils vont mener une enquête douloureuse car il semble que le ravisseur de Dante ait de nouveau frappé, 25 ans après qu'on l'ait cru mort. Et il n'agit pas seul. Je vous laisse découvrir la résolution de cette intrigue aux vastes ramifications. En mai 2017, un deuxième volet doit paraître. Je le lirai certainement quand il paraîtra en poche.

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