vendredi 2 février 2018

Pentagon papers - Steven Spielberg

Pentagon papers de Steven Spielberg vaut la peine d'être vu pour ce qu'il raconte et pour l'évocation d'une période passionnante où Internet n'existait pas encore. En 1971, aux Etats-Unis, à la suite des premières révélations publiées par le New-York Times, le Washington Post, qui était un quotidien au tirage plus confidentiel, va publier à son tour des articles portant sur un rapport confidentiel de plus de 7000 pages. Rédigé à la demande de Robert McNamara (Secrétaire de la Défense entre 1962-1968), ce document mettait en évidence que la guerre au Vietnam n'avait aucune chance d'être gagnée par les Américains, et ce depuis pratiquement le début du conflit. Les présidents républicains et démocrates se sont succédés à la Maison blanche entre 1955 et 1971 mais aucun n'a décidé d'arrêter cette guerre qui a fait des milliers de morts côté américain. En 1971, le Washington Post était dirigé par Katherine Graham (Meryl Streep, excellente) qui avait pris la suite de son mari suicidé (elle n'avait jamais travaillé auparavant). Devenue directrice de la publication, c'est elle qui prendra la décision de faire publier ces articles sur les "Pentagon Papers" malgré les réticences de son entourage (des hommes pour la plupart). Dans ce monde très masculin (et qui l'est toujours), elle montre une détermination qui force l'admiration. Pour l'aider dans son entreprise, elle est épaulée par le rédacteur en chef du Washington Post, Ben Bradlee (Tom Hanks). Elle se met au service des "gouvernés" et non plus des "gouvernants", et ce malgré une injonction du gouvernement fédéral. Heureusement, la Cour suprême des Etats-Unis mettra fin aux poursuites et levera la censure. Les articles continueront à être publiés. J'ai aimé voir fonctionner les rotatives et les coulisses d'un journal où on écrivait avec un papier et un crayon, il n'y avait pas d'ordinateur. Tout était fait manuellement (nostalgie, quand tu nous tiens...). En 1972, éclatera le scandale du Watergate révélé par deux journalistes du Washington Post. Revoyez Les hommes du président de Alan J. Pakula (1976).

Lire les billets de Pascale et Strum qui devraient finir de vous convaincre d'aller voir le film.

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jeudi 18 janvier 2018

Les muselés - Aro Sainz de la Maza

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J'ai lu Les muselés de Aro Sainz de la Maza (Collection Actes noirs, éditions Actes Sud, 363 pages paru en septembre 2016) il y a déjà quatre ou cinq mois. On retrouve Milo Malart et Rebecca Mercader, les policiers rencontrés dans Le Bourreau de Gaudí. Cela se passe encore à Barcelone de nos jours. Une jeune femme est retrouvée étranglée dans un sous-bois près de Barcelone. Les enquêteurs remarquent que ses ongles sont manucurées alors que le reste de sa mise est plutôt banal. Carolina Estrada, la victime âgée de vingt ans, travaillait au recouvrement de créances dans un cabinet d'avocats. Les policiers apprennent aussi qu'elle était escort-girl. Peu de temps après, on retrouve assassiné chez lui un avocat, l'un des employeurs de la jeune femme. Et Barcelone est en émoi, car des chiens empalés sont retrouvés, dispersés dans des squares de la capitale catalane. Ces affaires sont plus ou moins liées et Malart qui vit seul a fort à faire pour résoudre ces meurtres. Son enquête le mène dans une Barcelone des laissés-pour-compte qui essaient de réaliser leurs rêves. Juste avant ces meurtres, Malart a trouvé une compagnie inattendue. Un locataire à quatre pattes s'invite chez lui. Il s'agit d'un chien noir qu'il prénomme "Mon vieux". Côté famille, Malart prend en charge Hugo, son frère schizophrène qui a un comportement menaçant. Le roman se lit agréablement grâce à une intrigue bien menée et crédible. J'ai trouvé l'histoire moins touffue que dans le Bourreau de Gaudí et c'est plus court. J'ai apprécié ce roman et j'espère que l'écrivain ne s'arrêtera pas là. Je conseille.

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vendredi 12 janvier 2018

Le grand jeu - Aaron Sorkin / El presidente - Santiago Mitre

Avant d'aborder des films très décevants de ce début d'année, je veux évoquer deux films qui m'ont plu chacun dans leur genre même si ce ne sont pas des chefs-d'oeuvre.

Je commence par Le grand jeu d'Aaron Sorkin. Je suis allée voir le film pour Jessica Chastain et je ne l'ai pas regretté. Elle est sensationnelle dans le rôle de Molly Bloom qui de skieuse est devenue organisatrice de parties de poker à la fin des années 2000 pour le "Tout Hollywood", pour des milliardaires texans ou des financiers de Wall Street ou même la Mafia russe. Fille d'un psychologue, Molly Bloom (comme l'un des personnages d'Ulysse de Joyce) aurait pu faire tout à fait autre chose de sa vie mais suite à un concours de circonstances, elle devint serveuse de cocktails dans un bar. Le patron la remarquant, lui demanda de l'assister dans l'organisation de parties de poker clandestines. Elle accueillait les joueurs et gèrait les jeux. Peu de temps après, elle s'est mise à son compte. Pour tenir éveillée pendant 4 ou 5 jours que duraient les parties, elle a commencé à prendre des médicaments, des excitants et de la drogue. Les parties se jouaient avec des mises de départ de 250000 dollars. Elle est restée dans les limites de légalité jusqu'à ce qu'elle accepte des commissions sur les parties. Le FBI s'en est mêlé. Le scénario du film est tiré du livre que Molly Bloom a écrit et publié en 2014. Le rythme du film d'autant plus trépidant que Molly narre cette histoire incroyable en voix off. Jessica Chastain arrive à porter des tenues hyper sexy sans jamais tomber dans la vulgarité. Elle est impériale. Un film à voir rien que pour elle et tant pis si vous ne comprenez rien au poker (comme moi). Lire le billet de Pascale.

Je passe à El Presidente (titre original La Cordillera) de Santiago Mitre. L'histoire se passe en effet au Chili dans la Cordillère des Andes. Hernan Blanco, le président d'Argentine, participe à un sommet de chefs d'état d'Amérique Latine. Ils doivent se mettre d'accord sur l'exploitation d'énergie en Amérique du sud. Hernan Blanco, qui a pas mal de charisme (Riecardo Darin, impeccable), vient d'être récemment élu. Il incarne l'homme ordinaire, un président "normal". Mais rien n'est lisse, rien n'est simple chez cet homme dont la fille très perturbée l'accuse d'un meurtre. Pendant ce temps-là, les discussions géopolitiques se déroulent dans un hôtel perdu au milieu de nulle part dans un paysage enneigé. J'ai trouvé cette partie de l'histoire passionnante. A la fin du film, plein de questions restent en suspens. J'ai aimé l'atmosphère ouatée qui dégage de l'ensemble alors évidemment, la musique tonitruante du générique de fin détonne un peu. Je conseille ce film malgré quelques défauts dans le scénario. Lire les billets d'Anne.

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jeudi 9 novembre 2017

Carbone - Olivier Marchal / Logan Lucky - Steven Soderbergh / Hommage

Avant de m'envoler aujourd'hui pour le Chili pendant une dizaine de jours, je voulais chroniquer deux films. 

Je commence par Carbone d'Oliver Marchal, que je résumerai par "bof". Je n'ai rien compris à la fraude à la taxe carbone qui a fait perdre à la France plus d'un milliard d'euros en 2008-2009. En revanche, le film permet à Dani de trouver un rôle intéressant. Laura Smet dit à peine trois mots et joue les utilités en étant très maltraitée. Depardieu, en patriarche juif qui veut avoir la garde de son petit-fils, est égal à lui-même. Quant à Benoît Magimel, dont on connait le destin dès l'ouverture du film, on a l'impression qu'il souffre beaucoup. C'est un film violent qui n'apporte pas grand-chose. Lire le billet de Pascale plus enthousiaste que moi.

J'ai nettement préféré Logan Lucky de Steven Soderbergh, dans lequel Daniel Craig (James Bond) joue le rôle d'un taulard que deux frères font évader afin qu'il les aide à faire un casse: siphonner les recettes d'une course automobile sur un circuit fréquentés par des milliers de gens. Les deux frères Logan, l'un manchot, l'autre boiteux, avaient connu jusqu'au casse de méchants coups du sort. Les choses vont peut-être enfin s'arranger. Ce film sympathique a un rythme lent au début, puis tout s'accélère dans la dernière demi-heure. Il n'y a ni violence ni armes, mais les compiices, volontaires ou non, sont nombreux. Le casse est bien organisé. Les coupables seront-ils punis? Je vous laisse le découvrir.

Et enfin, je voulais rendre un petit hommage à un blogueur disparu cet été (je l'ai appris par l'intermédiaire de chez Sentinelle). Depuis le 17 août 2017, il n'écrivait plus de billet. Il est décédé le 22 août. Pour ma part, j'avais échangé avec lui quelques mois auparavant. Il m'avait envoyé le manuscrit d'un roman policier qu'il avait écrit en demandant mon avis. Il s'agit d'Alex-6, son blog "Y a quoi à chercher" est encore ouvert. Une nouvelle qui m'a rendue très triste.

Sur ce, je vous dis à bientôt avec plein de photos.

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mardi 26 septembre 2017

Barry Seal - Doug Liman / Patti Cake$ - Geremy Jasper / Good Time - Benny et Josh Safdie / Hommage

J'ai décidément été beaucoup au cinéma pendant le mois de septembre (2017).

Voici trois films américains très différents vus la même semaine.

Barry Seal de Doug Liman permet à Tom Cruise de montrer ses talents de pilote d'avion. Le scénario est tiré d'une histoire vraie. Barry Seal fut commandant de bord dans des avions de grandes lignes d'une compagnie américaine dans les années 70. Puis, par un concours de circonstances, on le voit devenir pilote de petits avions transportant des armes et de la drogue pour le cartel de Medellin. Marié et père de deux enfants, il s'installe dans une petite ville de l'Arkansas. Il est rapidement repéré par la DEA, le FBI, etc qui lui demandent de collaborer. Il accumule des millions de dollars mais aura une mort violente assez attendue. Le film lorgne vers le docu-fiction. C'est bien fait. Tom a l'air de s'amuser (ce n'est que du cinéma). Ca se laisse voir. Après, quant au message et à la morale du film, je vous laisse juge.

Patti Cake$ raconte l'histoire de Patricia Dombrowski, aussi connue sous le nom de Killa P et Patti Cake$, qui vit dans le New Jersey. Cette jeune femme blonde, pas très mince (elle a comme surnom "Dumbo" comme l'éléphant), exerce des petits boulots tout en composant du rap. Les paroles sont souvent assez crues. Elle rêve de gloire et de gagner un peu mieux sa vie. Elle trouve du soutien de la part de sa grand-mère et d'un jeune Noir qui devient son amant. Une histoire sympathique à la fin attendue. Mais pas de quoi fouetter un chat.

Good Time permet à Robert Pattison d'interpréter un malfrat plutôt attachant. Connie Nikas (Robert Pattison) commet un braquage avec Nick, son frère un peu attardé. Au moment de s'enfuir, Nick se blesse et se faire prendre par la police. Connie passe une nuit à essayer de trouver de l'argent pour le faire libérer. Il faut prévenir que la caméra est au plus près des acteurs. L'image n'est pas belle. Les couleurs sont parfois saturées. C'est assez particulier. J'avais lu des critiques positives. Bon, bof. Sans plus.

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Ceci n'ayant rien à voir avec cela, je voulais rendre un petit hommage à une dame de théâtre (elle fut Sociétaire de la Comédie Française) qui vient de disparaître à 103 ans, Gisèle Casadesus. Elle nous a quittés dimanche 24 septembre 2017. Elle vivait dans le XVIIIème arrondissement de Paris et la mairie de cet arrondissement lui avait rendu hommage pour son centenaire en 2014. En plus du théâtre, elle avait tourné au cinéma jusqu'à récemment. Je l'avais vue dans La tête en friche (en 2010) ainsi que dans Sous le figuier (2012).

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samedi 2 septembre 2017

Seven sisters - Tommy Wirkola / Les proies - Sofia Coppola / Wind River - Taylor Sheridan

Seven Sisters est un thriller futuriste pas désagréable à voir, même si la fin n'est pas tout à fait réussie. L'un des atouts du film est Noomi Rapace qui interprète des septuplées. Nous sommes en 2079. Depuis plus de 30 ans la planète Terre connaît un problème de surpopulation. La politique de l'enfant unique a été instaurée et tous les enfants surnuméraires sont enlevés et confinés dans un endroit bien gardé. Personne ne sait ce qu'il leur arrive. En 2049, Terrence Settman, un scientifique, a assisté à l'accouchement de sa fille (elle en est morte). Elle a donné naissance à sept filles. Terrence décide de les appeler Lundi, Mardi, etc. jusqu'à Dimanche. Pendant trente ans, ces filles identiques vont grandir dans la clandestinité grâce à leur grand-père. Quand elles sortent dehors à tour de rôle dans la rue pour aller travailler ou se promener, elles le font le jour de la semaine qui correspond à leur prénom. Chaque soir, grâce à une caméra grefféee sur elles, elles font un compte-rendu de leur journée pour que les autres ne fassent pas d'impair quand c'est à leur tour de sortir. Car bien entendu, le monde de 2079 est hyper-connecté. Autant ces jeunes femmes se ressemblent, autant leur personnalités sont différentes. Un jour, malheureusement, la machine s'enraye quand un lundi soir, Lundi ne revient pas au domicile. Les six autres vont se mettre à sa recherche. Je ne vous en dis pas plus. Il y a pas mal de suspense. Les méchants de l'histoire ne sont vraiment pas sympathiques. Le style du film m'a fait penser à Hunger Games, au Labyrinthe ou même à Divergente. Les effets spéciaux avec sept Noomi Rapace dans le même plan sont réussis. Pourquoi pas?

Je passe au long-métrage de Sofia Coppola, Les proies (Beguiled en VO) qui a reçu le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes en 2017. Après avoir revu tout récemment le film de Don Siegel de 1971 avec Clint Eastwood, j'ai trouvé que le film de Sofia Coppola n'était pas déshonorant mais il manque tout de même l'aspect sexualité réprimée et la jalousie causées par le caporal McBurney dans les Proies de 1971. En 1864, en pleine guerre de Sécession, en Virginie, un état sudiste, une des cinq jeunes pensionnaires d'une école de jeunes filles trouve un soldat yankee gravement blessé près d'un arbre. Elle le ramène dans l'école, une belle demeure sudiste. Le caporal va doucement se remettre et va provoquer des tensions au sein de ce groupe féminin. L'image est très léchée, il y a des très beaux plans. Colin Farrell, sans être comparé à Eastwood, est plutôt pas mal, ainsi que les actrices, Nicole Kidman en tête qui est toujours très à l'aise dans ce genre de rôle. Mais l'ensemble reste très sage. Lire le billet de Pascale.

Je termine avec Wind River de Taylor Sheridan dont c'est le premier long-métrage. Il est aussi acteur et il est le scénariste de Sicario et Comancheria. De nos jours, dans le Wyoming, en territoire indien, en plein hiver, c'est-à-dire avec -30° comme température extérieure, on suit Cory Lambert, un chasseur qui traque les loups menaçant un troupeau de moutons. Avec son motoneige, parcourant les étendues neigeuses, il découvre le cadavre d'une jeune femme qu'il connaissait, une Amérindienne qui fut l'amie de sa fille, elle aussi décédée sans qu'on ait retrouvé son corps. Une agente du FBI, dépêchée sur les lieux, va, avec l'aide de Cory, poursuivre le meurtrier. L'intérêt du film réside dans le fait que la victime est Amérindienne et que l'enquête est menée dans des conditions climatiques extrèmes. Cory sait voir les traces qui le conduiront au meurtrier. La victime a couru 10 km pieds nus dans la neige avant de mourir. Le meurtrier lui, fera à peine cinq cents mètres avant de s'écrouler avec les poumons explosés. Un film qui se laisse voir même si c'est inférieur aux deux films mentionnés. Lire le billet de Wilyrah.

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lundi 21 août 2017

Douleur - Zeruya Shalev / Cabine téléphonique-Bibliothèque

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Après Ce qui reste de nos vies que j'avais beaucoup aimé, j'ai été contente de découvir Douleur de Zeruya Shalev qui est paru début 2017 (Editions Gallimard, 400 pages). Il est à mon avis plus accessible que le précédent, l'écriture est plus aérée. Iris (le double de l'écrivain elle-même victime d'un attentat en 2004?) a été grièvement blessée dans un attentat dix ans auparavant. Elle en garde des séquelles depuis lors. Iris est mariée à Micky et a deux enfants presque adultes, Alma et Omer. Agée de 45 ans, Iris dirige une école privée à Tel Aviv. A l'occasion d'une visite de contrôle à l'hôpital, elle reconnait Ethan, un médecin qui fut son premier amour. Renouant avec lui, elle ne sait pas où cela va la mener. Ethan l'avait quittée assez brusquement 28 ans auparavant. Elle sent qu'elle a une décision importante à prendre. En parallèle, sa fille Alma, qui est en train de s'émanciper, a accepté de travailler dans une cafétéria à Jérusalem dont le patron est une sorte de gourou. Alma est complètement sous la "coupe" de cet homme. Quand elle découvre cet état de fait, Iris s'inquiète pour Alma qui est en conflit avec elle. Comme dans Ce qui reste de nos vies, Zeruya Shalev reprend ses thèmes sur la famille et les relations pas toujours faciles entre les êtres, sur le pardon. Ainsi, "Douleur" est un avatar qui apparaît dans son téléphone portable. Sous ce pseudo, elle a enregistré le numéro de téléphone d'Ethan... Au final, un beau roman. Lire le billet de Kathel.

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Le week-end du 15 août, j'étais à Dol-de-Bretagne (il faisait beau et bon). Sur une place, j'ai découvert une cabine téléphonique publique (il n'y en a pratiquement plus en France) qui a été détournée de son usage initial. C'est devenu une mini bibliothèque où l'on peut emprunter, rendre ou donner des livres. C'est libre d'accès. Mon ami et moi trouvons le concept très sympathique. Je souhaitais le partager avec vous.

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vendredi 18 août 2017

Que Dios nos perdone - Rodrigo Sorogoyen

Après La Isla minima (sorti aussi en plein été il y a deux ans) qui bénéficiait d'une histoire prenante hors des sentiers battus, je vous conseille d'aller voir, cet été, un autre polar espagnol, Que Dios nos perdone (recommandé aussi par Pascale et alex). A Madrid en 2011, le Pape Benoît doit venir dans la capitale espagnole. Le pays est en plein marasme économique. C'est dans ce contexte que deux policiers, Velarde (qui souffre de bégaiement) et Alfaro (au comportement parfois incontrôlable) enquêtent sur le meurtre et le viol de plusieurs dames âgées. L'enquête piétine vite car le tueur ne laisse pas d'empreintes. Les policiers ne sont pas aidés par leur chef qui veut des résultats et une arrestation discrète. Le réalisateur s'attarde beaucoup sur la vie des deux flics: Velarde, qui vit seul dans un appartement sans fenêtre, et Alfaro, marié et père de deux enfants. Son couple va mal. Velarde, quant à lui, a un problème dans ses relations avec les femmes. Quant au tueur, on apprend qui il est vers le milieu du film lors d'une course poursuite mémorable dans le métro madrilène. Car les quatre premiers crimes sont montrées post-mortem. En revanche le dernier crime (sur une vieille dame très sympathique) est filmé de bout en bout. La violence du tueur est effrayante. L'épilogue laisse un goût amer. Un très bon film servi par de bons acteurs. Lire aussi les billets de ffred et Tinalakiller.

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vendredi 4 août 2017

Cinq films vus et non commentés depuis le 15 juillet 2017

Tom of Finland de Dome Karukoski évoque la vie du finlandais Touko Laaksonen (1920-1991), un homosexuel qui a été en butte à l'intolérance du fait de son orientation sexuelle comme d'autres en Finlande. On apprend que des homosexuels se mariaient pour éviter d'être pourchassés. Après la deuxième guerre mondiale où il a combattu contre les Russes, Touko est devenu dessinateur dans l'industrie publicitaire. Par la suite, il est devenu célèbre pour ses dessins de motards et bûcherons très "gays". Tom a inspiré entre autre Jean-Paul Gautier. Concernant Tom of Finland, j'y suis allée car le sujet m'intéressait, mais j'ai été déçue car le film, lui, n'est pas du tout intéressant. Il est trop long (1H56) pour ce qu'il raconte. Les scènes se ressemblent. Il ne se passe pas grand-chose. L'image n'est pas belle. Tout est terne et le tout manque cruellement d'émotion. Dommage.

Ma cousine Rachel de Roger Michell fut aussi une déception et pourtant j'aime les films à costumes se passant dans des demeures anglaise du début du XIXème siècle. Et j'apprécie beaucoup Rachel Weisz. Mais là, je me suis ennuyée devant cette histoire d'un jeune homme qui déteste sans la connaître et puis qui tombe amoureux de Rachel, la veuve de son oncle. Il ne sait pas quoi faire pour lui faire plaisir. Rachel reste un personnage mystérieux dont on ne connaitra pas les desseins. Est-elle une empoisonneuse ou non? La fin arrive comme un cheveu sur la soupe et on s'en moque un peu.

Un vent de liberté de Behnam Behzadi se passe de nos jours à Téhéran, ville très polluée. Niloufar, 35 ans et pas mariée, vit avec sa mère. Douée en affaires, elle dirige l'entreprise familiale de retouche de vêtements. Sa maman âgée fait un malaise dû à la pollution et le médecin veut qu'elle quitte Téhéran. Niloufar n'étant pas chargée de famille, son frère et sa soeur trouvent logique qu'elle (Niloufar) parte ailleurs dans le nord avec la maman. La pauvre Niloufar se révolte contre les deux autres, mais le frère et la soeur l'expulsent littéralement de l'entreprise. Seule sa nièce avec qui elle s'entend bien la soutient. Je ne vous dirai pas comment cela se termine, mais j'avoue qu'en tant que femme pas mariée et sans enfant, je préfère vivre en France qu'en Iran, où l'émancipation des femmes n'apparaît pas encore tout à fait à l'ordre du jour. Un film qui m'a laissée un goût amer. Lire le billet de larroseurarrose.

The Circle de James Ponsoldt est adapté d'un roman de David Eggers (scénariste du film). J'y suis allée car j'apprécie Tom Hanks et Emma Watson. L'histoire se passe dans un futur proche où tout passe par internet. Mae vient d'être recrutée dans une société appelée The Circle (le Cercle), la plus importante société en matière technologique. Peu de temps après, Mae accepte d'être filmée 24/24 (sauf aux toilettes). Cela impacte sa vie sociale et familiale. Il n'y a rien à comprendre, si ce n'est me répéter que les réseaux sociaux ne sont vraiment pas fait pour moi. C'est 1984 de George Orwell en pire. Emma Watson et Tom Hanks sont bien mais ce n'est pas suffisant. Je lirai plus volontiers le roman un de ces jours. Lire le billet de Tinalakiller.

It comes at night de Trey Edward Shults est un film d'horreur pas comme les autres. Il se passe dans un futur proche (?). Une famille, un père, une mère et leurs fils métis, vivent reclus dans une maison au fond d'une forêt. Il semble qu'une épidémie mystérieuse ait décimée les humains. L'arrivée par hasard d'une autre famille (un couple et son petit garçon) va semer le chaos. On ne voit pas grand-chose mais on sent une menace insidieuse. C'est un film sur la peur, surtout la peur des "autres". Bien entendu, tout cela se termine mal mais je ne vous dirai pas comment. Pas mal.

vendredi 14 juillet 2017

Le Caire confidentiel - Tarik Saleh

Tourné à Casablanca (l'équipe de tournage a été interdite d'entrée sur le territoire égyptien), Le Caire confidentiel de Tarik Saleh (un réalisateur suédois d'origine égyptienne) est un excellent thriller avec en arrière-plan la révolution égyptienne qui a débuté le 25 janvier 2011. Le 15 janvier, Noredin, flic corrompu mais plutôt moins que d'autres, est appelé pour enquêter sur le meurtre d'une chanteuse dont le corps est retrouvé dans une chambre dans un grand hôtel du Caire. Elle a été égorgée. Dans le poste de police auquel Noredin est rattaché, la corruption règne en maître, ce n'est que bakchich à tous les étages, et l'oncle de Noredin, Kammal, chef du poste, trouve que Noredin n'en rapporte pas assez. Un témoin, une jeune femme de ménage soudanaise payée à la journée, sait qui a tué la chanteuse. Peu de temps avant le meurtre, un homme proche du fils du président Moubarak est sorti de la chambre, la victime était sa maîtresse. Au fur et à mesure que l'histoire se déroule, Nouredin se met à dos sa hiérarchie et quelques-uns de ses collègues, car bien que l'affaire ait été classée (la victime se serait "suicidée"), il continue d'enquêter. Nouredin devient l'homme à abattre et il n'est pas tout seul. Le film se termine avec les premières manifestations anti-Moubarak et pour la libéralisation du régime. Il y a un très beau travail sur le cadrage et la photo. Les acteurs, Fares Fares en tête, sont remarquables. Je le répète, un très bon film qui semble rencontrer son public. Le bouche-à-oreille est excellent. Lire le billet enthousiaste de Pascale.

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