samedi 20 février 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (11) - Ca commence à Vera Cruz - Don Siegel

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Je viens de revoir une agréable série B, réalisée par Don Siegel (son troisième long-métrage) en 1949, avec un Robert Mitchum plus nonchalant que jamais face à Jane Greer, avec qui il avait tourné La griffe du passé (Out of the Past) de Jacques Tourneur deux ans auparavant (en 1947). Ca commence à Vera Cruz (The Big Steal en VO), filmé en noir et blanc, se passe au Mexique. Le lieutenant Duke Hathaway (Robert Mitchum) est accusé à tort d'un vol de plus de 300 000 dollars à l'armée. Il est sur les traces du vrai voleur, un nommé Jim Fiske. Hathaway est lui-même poursuivi par le capitaine Vincent Blake (William Bendix) qui croit qu'Hathaway est le vrai voleur. Dans sa fuite, Hathaway se trouve une alliée, Joan Graham, qui devait se marier avec Fiske. On constate très vite que Fiske est un fieffé coquin qui n'a pas hésité à laisser tomber Joan. L'essentiel du film se passe sur des routes du Mexique avec une course poursuite entre trois voitures: celle de Fiske, celle conduite par Hathaway et Joan alternativement, et enfin celle de Drake. Le rythme du film de 71 minutes est aussi rapide que les voitures. Un film qui se laisse voir. Les blogs L'oeil sur l'écranShangols ou les Chroniques du cinéphile stakhaniviste l'avaient évoqué il y a quelques années. Cf. aussi Sid280, Salles obscures 2.

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mardi 12 janvier 2021

Films vus en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (1)

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Voici trois films que je n'aurais pas forcément (re)vus sans le confinement. 

Je commence avec Le dernier train du Katanga (1968, titré The Mercenaries en VO) de Jack Cardiff qui a été aussi un chef opérateur reconnu (Pandora, Les chaussons rouges, Le Narcisse noir, Les Vikings ou L'odyssée de l'African Queen). Le dernier train du Katanga s'appuie sur des faits réels : la décolonisation du Congo Belge, et la rébellion Simba. Des mercenaires dont un ancien nazi et un médecin alcoolique sont chargés par le nouveau président de la République démocratique du Congo d'aller chercher en train des colons menacés de morts et 50 millions de dollars en diamants entreposés dans le coffre d'une compagnie minière. Autant le voyage à l'aller se déroule sans anicroches ou presque, autant sur place et au retour, rien n'ira comme prévu. J'ai bien apprécié ce film assez violent pour l'époque qui a été tourné à la Jamaïque. En revanche, la fin m'a déconcertée.

Je passe au film de Don Siegel sorti en 1970, Sierra Torride (Two mules for Sister Sara en VO) avec Clint Eastwood et Shirley Maclaine. L'histoire se passe au Mexique durant l'intervention des Français entre 1861 et 1867. Ces derniers souhaitaient installer un régime favorable à leurs intérêts. Hogan (Eastwood) est un mercenaire payé par les Mexicains (Juaristes). Il doit trouver les failles d'un fort tenus par les Français. Sur son chemin, il sauve Sara (McLaine), une religieuse qui allait être violée par trois individus. Elle déclare qu'elle est aussi pourchassée par les Français. Ce couple improbable mais sympathique va faire route ensemble. Sara va montrer sa débrouillardise et on va découvir qu'elle n'est pas ce que son habit fait croire. Le film est une comédie qui se laisse voir.

Avec Police Fédérale Los Angeles de William Friedkin (1985), on est assuré de voir un film haletant. A l'époque, Willem Dafoe, John Turturro ou William L. Petersen n'étaient pas encore très connus. A Los Angeles, Rick Masters (Willem Dafoe), peintre et faux-monnayeur, fait tuer Hart, un agent fédéral qui était sur ses traces. Richard Chance (William L Petersen), le co-équipier de Hart, décide de venger son collègue. Tout va très vite comme une course poursuite en voiture d'anthologie. Je ne me rappelais pas que ce film était si bien. Je vous le recommande.

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lundi 28 décembre 2020

Coquelicot et autres mots que j'aime - Anne Sylvestre

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Je sais que Noël est passé mais si vous voulez faire un joli cadeau à des gens que vous aimez, je conseille de vous procurer Coquelicot et autre mots que j'aime (Editions Points, 215 pages). Je n'étais pas familière des chansons d'Anne Sylvestre mais avec ce livre, je me suis rendue compte que Mme Sylvestre avait une jolie plume et qu'elle aimait les mots pour eux-mêmes, leur signification et ce qu'ils lui rappelaient de sa vie, en particulier son enfance en Bourgogne. Il y a environ 90 mots: verbes, noms communs, préposition (Hormis) et adverbe (Pourtant). Pour "Escogriffe", elle raconte qu'elle n'en connaissait pas de petit. L'expression courante est "un grand escogriffe" comme l'était le cher Jacques Brel. Elle nous dit aussi que quand elle était petite, elle aimait l'"édredon" de son lit même si désormais, elle est adepte de la couette. Elle décortique ce mot ("E-dre-don", ce "é" ouvert comme un bâillement, dre-don, deux fois le "d", consonance douce et délicate, dre-don, dre-don, comme un ronronnement, un fredon, une berceuse). L'édredon était gros, rebondi, lourd même s'il était rempli de plumes. (En Bourgogne, on l'appelait un "plumon"), il venait par-dessus en plus des couvertures bordées pour mieux nous clouer, nous condamner à sa chaleur... (p.49 et 50) Pour "Frangipane", elle nous annonce, que "des mots existent que l'on doit expliquer, recoiffer, mettre en scène avant de les présenter... "Frangipane", lui, n'est pas de ceux-là. Il vous saute aux narines et au palais, sans ambages, il éclate de sucre, d'amandes et de fleur d'oranger, se faufile sous les croustillances, se cache sous les pâtes quadrillées qu'on effeuille, il vous enrobe, ou mieux vous remplace le coeur, et le sourire qu'il vous façonne ferait penser au paradis s'il existait" (p.57).

Tout l'ouvrage est de cette qualité. C'est un très bel hommage à la langue française. Merci Mme Sylvestre.

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dimanche 4 octobre 2020

Honeyland - Tamara Kotevska, Ljubomir Stefanov

Plutôt que d'évoquer le dernier film d'Emmanuel Mouret, Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait, qui ne m'a pas passionnée, que j'ai trouvé bavard et beaucoup trop long, je préfère écrire un billet sur un documentaire macédonien (si, si). Il s'agit d'Honeyland de Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov. Ce documentaire dépeint la vie d'Hatidže Muratova, une apicultrice d'une cinquantaine d'années qui vit, avec sa maman de 85 ans, dans une masure faisant partie d'un hameau abandonné, au milieu d'un paysage macédonien somptueux. Pour moi, Hatidže est une femme hors du commun qui collecte à mains nues (!) le miel d'abeilles sauvage. Parfois, elle porte un petit voile devant le visage pour se protéger des abeilles qui se comptent par centaines, et elle a un petit enfumoir dont elle se sert peu. Elle vit en bonne intelligence avec les insectes en ne prélevant que le miel qui lui est nécessaire. De temps en temps, elle part en train vers la ville voisine où elle vend ses pots de miel. C'est son moyen de subsistance à elle et à sa mère qui se lève rarement de son lit. C'est une vieille dame très fragile pratiquement grabataire. Sa fille s'occupe d'elle comme elle peut. Ce fragile équilibre entre l'humain et la nature (la cohabitation entre Hatidže et les abeilles) va être très perturbé avec l'arrivée de la société de consommation incarnée par une famille turque, le père, la mère et leur huit enfants, accompagnés d'un grand troupeau de vaches. Ils s'installent pas très loin de la maison d'Hatidže et une sorte de chaos s'installe surtout quand le père se met en tête d'avoir ses propres ruches pour récolter du miel. J'ai oublié très vite qu'il s'agissait d'un documentaire tellement les protagonistes font comme s'ils n'étaient pas filmés par une caméra. Un beau film que je vous conseille s'il passe par chez vous.

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lundi 28 septembre 2020

Olga - Bernhard Schlink

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Après avoir lu des billets élogieux sur ce roman (lire ce qu'en pensent Tania, Eeguab et Luocine), je viens de terminer Olga de Bernhard Schlink (Edition Folio, 306 pages), qui brosse un beau portrait de femme. Olga Rinke, une jeune femme pauvre, orpheline de bonne heure, est élevée par sa grand-mère qui ne l'aime pas. Née dans les années 1880 en Poméranie, Olga va arriver à se sortir de sa condition en devenant institutrice. Elle va aimer d'un amour absolu Herbert, qui lui, est né dans une famille aisée. Herbert est un garçon qui n'aime pas marcher mais préfère courir. Il aime aller vite et loin. Herbert et Olga auront une relation durable jusqu'en 1913, année où Herbert, après avoir parcouru le monde, l'Afrique à l'Argentine et le Brésil, la Sibérie et Kamtchaka, ira se perdre en Arctique. Car Herbert a des rêves chimériques qu'Olga ne partage pas. Et pourtant elle ne se mettra jamais en travers de la volonté de son seul amour. A partir de 1914, Olga écrira régulièrement à Herbert pendant plus de 50 ans en envoyant ses lettres à une poste restante à Tromsø en Norvège. Le roman est découpé en trois parties: 1ère partie, la vie d'Olga jusqu'à son arrivée en 1945 comme couturière dans une famille après avoir été mise à la retraite de l'enseignement. 2ème partie, Ferdinand, le garçon dont s'occupera Olga, narre l'histoire de cette dernière. Il va devenir son confident, elle lui raconte sa vie avec Herbert. Elle va aussi le conseiller. 3ème partie, Ferdinand ayant réussi à se procurer des lettres d'Olga, on va apprendre des pans de la vie de cette dernière. C'est aussi un roman sur l'Allemagne qui a eu des rêves inassouvis de grandeur. Un très beau roman que je conseille.

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jeudi 10 septembre 2020

La daronne - Jean-Paul Salomé

Après avoir beaucoup aimé le roman La daronne d'Hannelore Cayre, j'ai tenu à voir l'adaptation cinéma avec Isabelle Huppert en "daronne". Même si le film est en un peu en deçà du roman, l'essentiel de l'histoire y est. Patience Portefeux travaille dans un commissariat comme interprète franco-arabe, et elle fait de la transcription d'écoutes pour la brigade des stups dirigé par Philippe, amoureux de Patience. Elle est veuve depuis plus de 25 ans, a deux filles, et elle paye l'hébergement de sa mère atteinte d'alzheimer dans un EHPAD. Elle s'entend bien avec Khadija, l'aide-soignante qui s'occupe de sa maman. Un jour, grâce aux écoutes, Patience surprend une conversation téléphonique entre Khadija et son fils, qui transporte une grosse cargaison de cannabis. Ce dernier est arrêté mais la drogue a disparu. Grâce à ADN, un chien "renifleur" de drogue, Patience met la main sur les centaines de kilos de cannabis. Elle décide de les écouler pour son compte. Pour ce faire, elle s'habille en conséquence, djellaba et lunettes de soleil. Le film doit beaucoup à la présence d'Isabelle Huppert, très à l'aise dans son personnage. En revanche, j'ai trouvé que le film manquait parfois de rythme. A vous de juger.

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lundi 27 juillet 2020

Chained - Yaron Shani

Je suis contente d'avoir vu Beloved avant Chained. Beloved est une sorte d'inclusion dans l'histoire narrée dans Chained. Dans le couple formé par Rashi et Avigail, on fait plus ample connnaissance avec Rashi, un flic de terrain à Tel Aviv. C'est le genre "gros nounours" fou amoureux de sa femme, Avigail. Cette dernière désespère d'avoir une grossesse arrivant à terme. Quand le film commence, Rashi part au travai et se retrouve à fouiller des jeunes "fils à papa" qui transportent peut-être de la drogue. Son intervention est mal vue, les parents d'un des jeunes portent plainte contre ce comportement inapproprié. Rashi, droit dans ses bottes, affronte l'équivalent de l'IGPN (Inspection Générale de la Policie Nationale). Sur le plan personnel, Rashi a des rapports houleux avec sa belle-fille, âgée de 13 ans et en pleine crise d'adolescence. Rashi reproche à Avigail de laisser trop de liberté à sa fille Yasmine. Puis Avigail commence à s'éloigner de Rashi, sans forcément que l'on sache pourquoi. Elle n'est d'aucun soutien pour son mari malgré les problèmes de ce dernier. J'avoue que le personnage d'Avigail, pour laquelle j'avais eu de la compassion dans Beloved, a beaucoup baissé dans mon estime dans Chained. Je l'ai trouvé molle et presque lâche. Elle ne regarde plus son mari dans les yeux. Elle ne sait pas ce qu'elle veut. Pour le coup, du point de vue psychologique, j'a trouvé qu'il y avait des lacunes dans le scénario. La dernière scène du film est terrible; même si le geste de Rashi est impardonnable, je peux le comprendre car tout s'écroule autour de lui. C'est mon point de vue personnel. Eran Naim qui interprète Rashi m'a sidérée. Un film à voir absolument. Henri Golant, Pascale, Baz'art et Wilyrah le recommandent aussi.

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vendredi 24 juillet 2020

Beloved - Yaron Shani

J'aime beaucoup le cinéma venant d'Israël. C'est un cinéma riche et puis j'aime écouter des acteurs parler en hébreu. Toujours est-il que je suis allée voir Beloved qui est la deuxième partie d'un dyptique avec Chained (pas encore vu). Quand commence Beloved, on voit une femme, Avigail, désespérée. Elle consulte chez un médecin avec son mari Rashi (le personnage principal de Chained). Déjà mère d'une adolescente qui lui est un peu étrangère, elle n'arrive pas à retomber enceinte malgré un traitement hormonal. Avigail est l'un des personnages centraux de l'histoire mais d'autres femmes dont deux soeurs ont une place importante dans l'histoire. Avigail est infirmière dans un Ehpad dans lequel les visages des personnes âgées ont été "floutés", dont celui du père mourant de deux soeurs, Yaël et Na'ama. Ces dernières sont très différentes l'une de l'autre et on va découvrir leur rivalité. Justement, grâce à Na'ama, Avigail va participer à un stage bien-être quelque part à la campagne. Elle va se trouver dans un groupe de six femmes bienveillantes qui se parlent et se consolent. Cette séquence au coeur du film est douce et magnifique. En revanche, par la suite, on assiste à un affrontement verbal d'une rare violence entre Na'ama et sa soeur Yaël. Quand cet affrontement se termine, on est sonné. Une autre scène marquante est celle d'un accouchement dans l'eau. Et l'une des dernières scènes où l'on voit Avigail à la magnifique chevelure se faire couper ses deux nattes par sa fille avec qui elle se réconcilie, m'a touchée. Un film que j'ai aimé voir même s'il est perturbant. Je compte aller voir Chained en début de semaine prochaine. Lire le billet de Pascale.

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dimanche 5 juillet 2020

Irrésistible - Jon Stewart

Après avoir lu une bonne critique sur Télérama, je suis allée voir Irrésistible de Jon Stewart qui narre les (més)aventures d'un consultant démocrate de Washington, parti pour Deerlaken, une petite ville rurale sinistrée du Wisconsin, un Etat plus républicain que démocrate. L'histoire se passe en 2016, pendant la campagne électorale qui voit s'affronter Mrs Clinton et Mr Trump. Gary Zimmer (Steve Carrell, très bien), après avoir vu une vidéo sur "You Tube" dans laquelle Jack Hastings (Chris Cooper), un fermier, défend des sans-papiers locaux, décide d'aller le soutenir contre le maire républicain de la ville. Grâce à la logistique, aux médias et à l'arrivée de Faith Brewster (Rose Byrne, très cynique), la stratège républicaine (rivale de Gary), l'enjeu de l'élection devient national. La levée de fonds est impressionnante. A l'arrivée, les résultats ne seront pas conformes aux prévisions (comme pour l'élection de Donald Trump). Le système électoral américain est grandement égratigné. Le retournement final est jubilatoire car on ne s'y attend pas. Personnellement, j'ai passé un bon moment devant cette satire pas trop méchante. Des spectateurs ont applaudi à la fin. Lire le billet de Wilyrah.

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samedi 20 juin 2020

La neige sous la neige - Arno Saar

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Après Le train pour Tallinn, j'ai été contente de retrouver le commissaire Marko Kurismaa dans La neige sous la neige, de l'écrivain estonien Arno Saar (Editions La fosse aux ours, 293 pages). Le corps d'une jeune prostituée bielorusse est retrouvé près de baraquements ouvriers dans la presqu'île de Kopli, un quartier nord de Tallinn. Comme l'histoire se passe en février, il neige et la température est glaciale. Mais c'est grâce à cette neige que Marko, qui souffre encore et toujours de narcolepsie, va trouver des indices permettant de faire avancer l'enquête. En effet, Marko connaît bien la neige, étant lui-même un pratiquant de ski nordique. Il sait que la neige sous la neige peut garder des traces de toutes sortes, de pneus ou d'empreintes de pas. Il donne toutes ces explications à ses collègues et en particulier à Kristana avec qui il file le parfait amour. Je ne vous dis rien de plus, car sinon je pourrais en dévoiler trop. Un roman qui se lit très agréablement. J'espère qu'il y en aura d'autres.

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