vendredi 14 juillet 2017

Le Caire confidentiel - Tarik Saleh

Tourné à Casablanca (l'équipe de tournage a été interdite d'entrée sur le territoire égyptien), Le Caire confidentiel de Tarik Saleh (un réalisateur suédois d'origine égyptienne) est un excellent thriller avec en arrière-plan la révolution égyptienne qui a débuté le 25 janvier 2011. Le 15 janvier, Noredin, flic corrompu mais plutôt moins que d'autres, est appelé pour enquêter sur le meurtre d'une chanteuse dont le corps est retrouvé dans une chambre dans un grand hôtel du Caire. Elle a été égorgée. Dans le poste de police auquel Noredin est rattaché, la corruption règne en maître, ce n'est que bakchich à tous les étages, et l'oncle de Noredin, Kammal, chef du poste, trouve que Noredin n'en rapporte pas assez. Un témoin, une jeune femme de ménage soudanaise payée à la journée, sait qui a tué la chanteuse. Peu de temps avant le meurtre, un homme proche du fils du président Moubarak est sorti de la chambre, la victime était sa maîtresse. Au fur et à mesure que l'histoire se déroule, Nouredin se met à dos sa hiérarchie et quelques-uns de ses collègues, car bien que l'affaire ait été classée (la victime se serait "suicidée"), il continue d'enquêter. Nouredin devient l'homme à abattre et il n'est pas tout seul. Le film se termine avec les premières manifestations anti-Moubarak et pour la libéralisation du régime. Il y a un très beau travail sur le cadrage et la photo. Les acteurs, Fares Fares en tête, sont remarquables. Je le répète, un très bon film qui semble rencontrer son public. Le bouche-à-oreille est excellent. Lire le billet enthousiaste de Pascale.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , ,

jeudi 8 juin 2017

Le vénérable W. - Barbet Schroeder

L'initiale W du titre correspond à Ashin Wirathu, un moine bouddhiste briman qui prône la haine envers les Musulmans, lesquels représentent 4% de la population en Birmanie. Le vénérable W. de Barbet Schroeder, a été projeté en séance spéciale lors du dernier festival de Cannes en mai dernier. Ce documentaire est remarquable à plus d'un titre. D'abord, il apprend quelque chose aux spectateurs français que nous sommes. J'avoue que j'ignorais l'existence de ce Wirathu, une sorte d'Hitler birman qui ne suit pas précisément les préceptes bouddhistes de s'aimer et d'être tolérant envers les autres. Wirathu dans sa tenue de bonze paraît banal, sauf quand il ouvre la bouche pour énoncer des phrases terribles contre la communauté musulmane en général et la minorité Rohingyas en particulier. Schroeder mêle les documents d'actualités avec d'autres images où l'on voit et entend Wirathu devant la caméra du cinéaste ainsi que des témoignages ou avis de deux journalistes et de moines bouddhiques réfractaires aux idées de W. Dans les documents d'actualités qui alternent avec des films d'amateurs, on découvre avec horreur ce que les Birmans sont capables de faire suite aux messages haineux sur internet et aux discours de W devant un public nombreux: de nombreuses villes sont brûlées et une frange de la population musulmane massacrée, la haine attire la haine. Des lois récentes sur la race et la nationalité ont été votées en Birmanie. Même la Prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, ne réussit pas à contrer cet apôtre de la haine raciale. Les militaires qui sont toujours présents restent atones. Quand le film se termine, on n'en sait pas plus sur le sentiment de haine de W envers les Musulmans. Il ne donne aucune vraie justification devant la caméra. Après ses deux remarquables documentaires sur Idi Amin Dada et Jacques Vergès, Barbet Schroeder clôt, avec Le vénérable W, une trilogie sur le mal. Si ce film passe par chez vous, allez le voir.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , ,
lundi 22 mai 2017

La colère d'un homme patient - Raúl Arévalo / Tunnel - Seong-hun Kim / I am Not Your Negro - Raoul Peck

Voici trois films sortis à une semaine d'intervalle entre le 26 avril et le 10 mai 2017. Je me rends compte que j'ai vu pas mal de films intéressants après une période de disette cinématographique.

La colère d'un homme patient de l'Espagnol Raúl Arévalo (sorti le 26 avril) raconte d'une vengeance. José, un homme plutôt banal, va attendre huit ans pour se venger de quelques hommes responsables de la mort de sa fiancée lors d'une attaque de bijouterie. Pourquoi huit ans? Il aura attendu patiemment qu'un homme sorte de prison. C'est le seul des voleurs dont il connait l'identité. Le film n'a rien de spectaculaire sauf la scène d'ouverture. Le film n'est pas mal fait, car on met un moment avant de comprendre le but de José. En revanche, j'ai des réserves sur le fait de se venger en commettant des meurtres gratuits. Certes, José ne s'est pas remis du meurtre de sa petite amie, mais de là à se comporter comme il le fait... Il ne fait pas confiance à la justice des hommes en se faisant justice lui-même. C'est dommage. Pascale a mieux aimé que moi.

Je passe à Tunnel du Coréen Seong-hun Kim (sorti le 3 mai). Le film est un peu long mais cela ne m'a pas gênée. Moi qui suis claustrophobe, j'ai compati au sort de Jung-soo qui a eu le malheur d'emprunter un tunnel long de 1,9 km percé à flanc de montagne. Ce tunnel s'écroule sous nos yeux et Jung-Soo se trouve prisonnier dans sa voiture, pas totalement réduite à l'état de crêpe. Comme boisson et nourriture, Jung-Soo n'a qu'un litre d'eau et le gâteau d'anniversaire qu'il devait donner à sa fille. Il a aussi un portable chargé à plus de 85% qui lui permet d'appeler les secours. De nombreuses péripéties émaillent le récit mais on peut noter que la vie d'un homme vaut moins que la construction d'un autre tunnel. Mais Jung-soo a la chance d'être soutenu et aidé par un sauveteur obstiné, Dae-kyoung. Un film qui vaut la peine d'être vu. J'ai aimé le chien qui tient compagnie à Jung-soo. Lire les billets de Pascale, Alex-6 et Princécranoir.

Je termine par I am Not Your Negro du cinéaste haïtien Raoul Peck (sorti le 10 mai). Raoul Peck a plus ou moins mis en image le dernier manuscrit inachevé de James Baldwin (1924-1987), qui voulait rendre compte de la vie de trois personnalités marquantes des années 60 en interviewant Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King. Malheureusement, il n'a pas pu le faire car ces trois hommes ont été assassinés. Ces voix noires dérangeaient. Ils luttaient contre la ségrégation très présente dans beaucoup d'états des Etats-Unis. Depuis 40 ans, rien n'a vraiment changé. Dans certains états, il vaut toujours mieux être blanc que noir. En plus de la voix du narrateur (Samuel L Jackson en VO), j'ai été sensible à la voix de James Baldwin. Son visage expressif et ses yeux sont inoubliables. Le film alterne documents d'époque et texte. L'ensemble est parfois brouillon mais je vous le conseille. Tout comme Pascale et Yuko.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
mardi 16 mai 2017

Alien Covenant - Ridley Scott / Life - Origine inconnue - Daniel Espinosa / Braquage à l'ancienne - Zach Braff

Comme j'ai à chroniquer des films qui m'ont davantage intéressée, je commence par le tout-venant.

Au début d'Alien Covenant, le énième film avec la celèbre bête dentue bavant de l'acide et pas sympa avec les humains, j'ai eu un peu peur que cela ressemble à Prométheus qui m'avait paru fumeux. Dans une immense pièce de forme ovoïde, très "high-tech", David (l'un des personnages principaux de Prometheus), un androïde, dialogue avec Peter Weyland, son géniteur. Et puis, heureusement que l'on se retrouve très vite en 2124 dans un vaisseau spatial, le Covenant, contenant des embryons, des colons et 15 membres d'équipage, tous en état d'hibernation. Seul Walter, un androïde (copie conforme de David) est "éveillé" et dirige le vaisseau vers une planète accueillante qu'il doit atteindre dans sept ans. Malheureusement, un vent solaire provoque le réveil catastrophique de l'équipage, et des pertubations radios (on entend une chanson) amènent le nouveau commandant à changer de trajectoire. La planète visée ne se trouve qu'à deux ou trois semaines de là. Qu'est-ce qu'ils n'ont pas fait? La planète où le soleil est absent est pleine d'arbres immenses, de rivières et de montagnes. On n'entend aucun bruit d'animaux mais en revanche le blé est mûr. C'est là que l'on fait connaissance des "aliens", des anamorphes ou xenomorphes, des spores à l'origine, qui en s'introduisant par le nez ou par les oreilles des membres de l'équipage se développent très vite et tuent leur hôte. Ils sont indestructibles ou presque. Je ne vous dévoilerai pas plus l'histoire, sauf que l'on retrouve sur cette planète le vaisseau Prometheus, et David qui va affronter Walter. J'avoue avoir eu peur. L'ambiance est angoissante à cause du manque de lumière. Tout le film baigne dans le gris foncé. La fin du film laisse présager une suite. J'ai trouvé que Katherine Waterston s'en tire bien, et Michael Fassbender qui interprète David et Walter vaut le détour avec son comportement glaçant. Mon ami ta d loi du cine a trouvé intéressant qu'il y ait deux androïdes. Pour ma part, j'ai aimé le film avec ses qualités et ses défauts.

Lire les billets de Pascale, ffred, Vladdy pas convaincus du tout. Alex-6 un peu plus?

Je passe à Life-Origine inconnue de Daniel Espinosa, un huis-clos qui se passe dans et autour de la Station Spatiale Internationale. Six astronautes de plusieurs nationalités récupèrent des échantillons de cellules venus de la planète Mars. Ils raniment un de ces échantillons qui est baptisé "Calvin". C'est un organisme unicellulaire qui grossit de plus en plus. Cela ressemble à un poulpe. Il est doté d'une très grande force et de beaucoup d'intelligence. Je ne vous fais pas un dessin: une lutte s'engage entre Calvin et les humains. Calvin pour survivre a besoin de se nourrir (d'humains) et d'oxygène. Le suspense est haletant et la fin fait penser que les ennuis commencent pour l'humanité. Un film pas désagréable à voir bien que Pascale  (encore elle ) n'ait pas trop aimé.

Pour se détendre, mon ami et moi, on a vu Braquage à l'ancienne de Zach Braff. Ce n'est pas le film du siècle mais l'histoire est sympathique et plein de bons sentiments. Trois papys, Joe (Michael Caine), Willie (Morgan Freeman) et Albert (Alan Arkin), apprennent que le fonds de pension qui payait leurs  retraites n'existe plus. Ils vont s'en prendre à la banque qui a récupéré l'argent. Le film est émaillé de quelques gags amusants. Il faut prendre le film pour ce qu'il est, une comédie bon enfant qui se termine bien grâce à une petite fille et sa poupée (pour ceux qui ont vu le film). L'avis de Pascale (toujours elle ).

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : , , ,
samedi 13 mai 2017

Une famille heureuse - Nana & Simon

P1050287

Il n'est pas courant de voir des films georgiens. En voici un réalisé par Nana Ekvtimishvili et Simon Groß qui vient de sortir sur nos écrans (à Paris tout au moins). Je précise que les cinéastes apparaissent au générique avec seulement leur prénom. Je vous recommande chaudement ce film tant pour l'histoire que pour les comédiens. Par ailleurs, pendant le déroulement de l'histoire, vous aurez l'occasion d'entendre des chants georgiens chantés et joués par les acteurs eux-mêmes. Une famille heureuse est celle de Manana, la cinquantaine, professeur dans un lycée. Elle vit dans un appartement pas très grand avec son mari, ses deux parents âgés et ses deux enfants. Le jour de son anniversaire, Manana annonce qu'elle les quitte tous sans donner une explication et en ne se lamentant pas (telle était la ligne de conduite de la reine Victoria: "Never complain, never explain"). Elle trouve un appartement à louer dans une proche banlieue. On sent qu'elle avait besoin de ce moment et de ce lieu de détente loin des jérémiades de sa mère et des problèmes domestiques. Lors d'une réunion d'amies d'enfance, Manana apprend quelque chose qui lui fait d'autant moins regretter d'être partie. Son mari n'arrive pas à s'habituer à ce départ, mais qui sait ce que l'avenir réserve car le film se termine sur le visage de Manana songeuse. Le film dure 2 heures mais je ne me suis pas ennuyée une minute. J'ai quitté Manana à regret. L'actrice Ia Shugliashvili qui interprète Manana est sensationnelle.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , ,

lundi 10 avril 2017

Corporate - Nicolas Silhol

C'est la première fois que cela m'arrive: je ne suis pas allée au cinéma pendant une quinzaine de jours, faute d'envie de voir les films qui sortaient. Jusqu'à ce que je sois attirée par Corporate, premier long-métrage de Nicolas Silhol, et ceci grâce aux affiches sur les colonnes Morris à Paris. En préambule, nous sommes prévenus, les personnages sont fictifs mais pas les méthodes de management décrites dans le film. Emilie Tesson-Hansen (Celine Sallette) est une "killeuse", elle a été recrutée 100 000 euros par an pour s'occuper d'un service de 73 personnes en tant que DRH dans une multinationale. Elle est chargée de "dégraisser" les effectifs selon un plan appelé "Ambition 2016". Les conséquences de ce plan ne tardent pas à provoquer une tragédie lorsqu'un cadre se jette par une fenêtre et s'écrase dans la cour du bâtiment de l'entreprise. L'inspectrice du travail se met tout à suite à enquêter, et bien entendu Emilie se retrouve dans le colimateur. Tout le monde se détourne d'elle, même la direction. Le scénario comporte quelques retournements de situations pas forcément crédibles, mais Celine Sallette vaut à elle seule la peine de voir ce film. Lire les billets d'Alex-6 et Pascale.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : ,
jeudi 30 mars 2017

Cadavre 19 - Belinda Bauer / Maiba - Russell Soaba / La baleine Thébaïde - Pierre Raufast

P1050233    P1050230    P1050232

Cadavre 19 de Belinda Bauer (Collection 10/18, 401 pages) m'a plu parce qu'il s'agit d'un polar pas trop violent malgré le fait qu'une grande partie de l'histoire se passe dans une salle d'autopsie. Patrick Fort, âgé de 18 ou 19 ans et atteint du syndrome d'Asperger, a décidé d'étudier l'anatomie. Il veut comprendre ce que c'est que la mort. Il veut obtenir des réponses à ses questions qu'il se pose depuis l'enfance, à l'époque où son père est mort accidentellement, renversé par une voiture. Avec d'autres étudiants, on lui attribue un cadavre à qui on donne un numéro: le 19. De tempérament curieux, Patrick va assez rapidement découvrir que la cause de la mort du n°19 n'est pas celle attendue. L'histoire prend son temps. Il y a quelques facilités dans les rebondissements de l'histoire mais le roman se lit agréablement.

Concernant Maiba de Russell Soaba (Editions Au vent des îles, Tahiti, 183 pages), c'est un roman écrit en 1979 mais publié en français en 2016 qui se passe dans les îles du bout du monde, en Papouasie Nouvelle-Guinée. Je trouve assez difficile de parler de ce roman où il n'y a pas vraiment d'histoire. M. Soaba (un écrivain Papou de 66 ans) évoque surtout les us et coutumes de ce pays en pleine mutation composé d'îles sur lesquelles on parle jusqu'à 800 langues. Maiba est une jeune Papoue qui vit à Makawana. Estropiée de naissance et orpheline à l'âge de 4 ans, son père était le chef du village, Maiba a été élevée par son oncle et sa tante. Il semble que "Maiba était de mauvais augure pour quiconque entrait en contact avec elle". J'avoue avoir beaucoup aimé les 80 premières pages et m'être un peu ennuyée aux 100 pages suivantes. Mais j'ai été contente de cette découverte d'un écrivain qui m'était totalement inconnu. Je remercie mon ami Ta d loi du cine pour cette suggestion.

Je termine avec La baleine Thébaïde (Alma Editeur, 213 pages) que, pour l'instant, j'ai peu vue chroniquée sur les blogs. Après La fractale des raviolis et La variante chilienne, Pierre Raufast a encore écrit un roman plaisant. Le fil conducteur de l'hstoire est une baleine bleue qui chante à une fréquence de 52 hertz alors que ses camarades chantent entre douze et vingt-cinq hertz. Tel Achab, Richeville, un jeune Français natif de Chantibrie diplômé d'une école de commerce, s'embarque sur un bateau pour une expédition scientifique à la recherche de cette baleine unique. Tout ne se passe pas comme il l'avait cru. La pauvre baleine que l'équipage a retrouvé est exterminée. Le roman est composé de courts chapitres avec une histoire tarabiscotée qui tient la route mais se termine mal (je ne dévoile rien). Et une fois encore, j'ai apprécié l'écriture de Raufast. Il y a des passages jubilatoires. "J'obtins le diplôme au bout de trois longues années. Un tiers voulait devenir banquier par amour de l'argent, Un autre tiers visait l'ENA pour la puissance. Le dernier tiers se rêvait consultant dans un des "big four" pour devenir riche et puissant. Je faisais partie du quatrième tiers, le tiers honteux: celui qui n'avait aucune ambition. Le renégat du commerce, l'apostat du management. Autant dire que j'étais aussi populaire qu'une reine Bothriomyrmex chez les fourmis Tapinoma" (p.23). Je conseille.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
mercredi 22 février 2017

Silence - Martin Scorsese

Décidément, je ne quitte pas encore le Japon. Enfin, dans Silence, le nouveau film de Martin Scorsese, il s'agit cette fois-ci, du Japon du XVIIème siècle, en 1640. Les pères jésuites portugais et espagnols ont commencé à évangéliser le Sud du Japon dans la province de Kyushu, cent ans auparavant. Ce sont eux qui ont fondé la ville de Nagasaki. Mais le christianisme qui s'est développé sans heurts devient très mal vu par les prêtres bouddhistes et est séverement réprimé par le Shogun de la région. Un "grand inquisiteur", dans ce Japon qu'il compare à un marécage où pas grand-chose ne peut pousser, est chargé de faire la chasse aux chrétiens japonais et aussi aux quelques prètres présents. On assiste à des crucifixions dans l'eau de mer, des immolations, etc. Rodrigues (Andrew Garfield) et Garupe (Adam Driver), deux jeunes prètres jésuites venus du Portugal, se disent prêts à essayer de retrouver  le père Ferreira (Liam Neeson), qui fut un de leurs professeurs. En 1640, cela fait plus plusieurs années que, parti au Japon, Ferreira n'a plus donné aucun signe de vie. Dès qu'ils débarquent sur les rives d'une des îles du Japon, Rodrigues et Garupe sont accueillis avec joie par les Japonais christianisés qui cachent tant bien que mal leur foi en Dieu sous peine de mort. Malheureusement, Rodrigues, capturé et enfermé dans une sorte de cage, assiste impuissant -malgré ses prières à Dieu ou à Jésus- aux tortures infligées aux chrétiens japonais. L'inquisiteur lui demande de se faire apostat en reniant sa foi et en posant le pied sur la réprésentation du Christ "fumi-e". Le film dure 2H41. J'ai aimé surtout la dernière heure, où l'on assiste à la confrontation entre Ferreira et Rodrigues et tout ce qui s'ensuit. Le dialogue est prenant. Les cent premières minutes comportent des longueurs mais Scorsese est un grand réalisateur. Ce projet lui tenait à coeur. Il lui sera beaucoup pardonné d'autant plus que j'ai appris quelque chose sur l'histoire du Japon. Andrew Garfield est convaincant dans le rôle de Rodrigues. A vous de juger. Lire les billets de Pascale, ffred et Alex-6 plus ou moins convaincus.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : ,
mardi 17 janvier 2017

Drive - James Sallis

A défaut d'avoir réussi à rédiger un billet statistique pour les 10 ans du Blog de dasola ou un billet "Hommage" concernant Charlie Hebdo, voici 20 lignes que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) peux proposer.

Drive (et pourquoi pas "Le chauffeur"?): encore un livre que j'ai extorqué à dasola alors qu'il lui était tombé des mains. L'édition en notre possession date de 2011, et affiche la photo du film en couverture. C'est après avoir revu celui-ci que la PAL dasolienne a été fouillée. Je viens d'en terminer les 175 pages (en poche, Rivage/Noir). Je constate que le cinéaste (Nicolas Winding Refn) et son équipe ont vraiment fait oeuvre de création, en partant de situations présentes, éparses, dans le roman, et en les reliant, les complétant, les explicitant, par le vrai "fil rouge" d'un scénario compréhensible.

C'est curieux de constater que, à partir d'éléments communs, on peut générer des oeuvres tellement différentes. Il serait sans doute intéressant de pouvoir lire (et comparer) une "novellisation" rédigée à partir du film. Dans le livre, nous avons également un homme jeune, solitaire (sinon presque "clandestin"), doué pour la conduite automobile mais aussi pour l'usage de la violence. Nous avons aussi un milieu en marge de la loi, des braquages, des cascades cinématographiques. Mais il est intéressant de relever que le "milieu" du cinéma y apparaît d'une manière très différente de celle portée à l'écran (à mon avis), où prime la construction d'une réputation professionnelle, d'un réseau... et d'un agent efficace.

Pour ceux qui ont vu le film, le livre commence juste après le massacre en lieu clos qui suit le braquage raté. Les retours en arrière éclairent la biographie du Chauffeur (hérédité chargée - Sallis connaît-il Zola?). Le livre donne davantage l'impression d'une histoire d'hommes (beaucoup moins de romantisme). La mort du héros est annoncée comme à venir dans un certain temps.

J'ai apprécié ce livre. Est-ce que j'aurais cherché à le lire si je n'avais jamais vu le film? Non. Si j'avais lu le livre par hasard avant de voir le film, est-ce que je l'y aurais reconnu? Non plus. Je ne peux que vous recommander de faire l'expérience des deux de votre côté, dans l'ordre que vous voulez.

P1040270

Posté par tadloiducine à 01:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 19 décembre 2016

Tabou - Ferdinand von Schirach

P1040249

Voici enfin le dernier des cinq romans de la rentrée littéraire que j'avais évoqués dans mon billet du 14 septembre 2019. Je l'ai terminé depuis un moment mais je ne savais pas trop comment en parler. Tabou (Gallimard, 224 pages) de Ferdinand Von Schirach narre une histoire étrange. Sebastian Von Eschburg, photographe de renom, est accusé d'avoir tué une jeune fille. Il doit être bientôt jugé même si on n'a pas retrouvé la victime. Il a demandé à être défendu par un grand avocat qui l'innocentera, je vous laisse découvrir comment. Là, je viens de vous résumer la deuxième moitié du roman. Jusqu'à la page 133, l'écrivain nous raconte l'adolescence et le passage à l'âge adulte de Sebastian qui vécut dans le manoir familial décrépit entre son père et sa mère. Il restera traumatisé par le suicide de son père (sans raison apparente) après un retour de la chasse. Je ne dirai rien d'autre de ce roman où il est question de vérité et de réalité, et où, comme dans ses livres précédents, von Schirach donne une place importante au monde de la justice. J'ai aimé ce roman qui se lit vite. Surprenant.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,