jeudi 15 mars 2012

L'ivresse du kangourou - Kenneth Cook / De bons voisins - Ryan David Jahn / Requins d'eau douce - Heinrich Steinfest

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Après Le koala tueur et La vengance du wombat, voici L'ivresse du kangourou de Kenneth Cook (Editions Autrement), troisième recueil (et vraisemblablement le dernier) de nouvelles savoureuses dans lesquelles on trouve un kangourou alcoolique à la bière, un papa autruche qui cherche à protéger un oeuf prêt à éclore, un "truc bizarre" capable de tuer un chat et un chien énormes, sans parler de taupes, de rats et de lézards. Mais plus que les animaux réels ou imaginaires, Kenneth Cook nous fait surtout découvrir des humains plus excentriques les uns que les autres, des universitaires, des bénévoles, un champion de rodéo, un grand prêtre de tribu indigène, sans parler d'un champion de bras fer perdant tous ses moyens quand on le fait rire. Le recueil se compose de 14 nouvelles qui se lisent d'une traite. Un grand moment de lecture hautement réjouissante. Voir les billets de Keisha, Cathulu, Le Merydien et Cathe.

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De bons voisins de Ryan David Jahn (Actes Noirs, Actes Sud) se passe pendant une nuit, le 13 mars 1964, à New-York dans le Queens. Une jeune femme, Katrina Marino, qui rentre de son travail de barmaid à 4 heures du matin, se fait agresser dans la cour de son immeuble. Les voisins ne pensent pas à appeler la police (ils croient que quelqu'un l'a déjà fait) ou à porter secours à la victime. Parmi eux, il y a un jeune homme angoissé qui doit partir pour le Vietnam, deux couples échangistes, une femme qui pense avoir tué un bébé dans son berceau, un homme qui fait son "coming out", une femme qui se rend compte que son couple part à la dérive. D'autres personnages vont jouer un rôle dans cette tragédie, un flic véreux et un ambulancier. Le roman se compose de courts chapitres où s'entrecroisent les récits dans lequels témoins, victime et bourreau nous sont présentés tour à tour. L'histoire est tirée d'un fait divers réel qui s'est passé dans les années 60. Etrangement, ce récit me fait penser au film 38 témoins de Lucas Belvaux (vu hier soir [chroniqué ici]), mais avec une approche totalement différente. Le roman se lit bien mais sans plus.

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Requins d'eau douce de Heinrich Steinfest (Folio policier) est un roman policier autrichien très original où l'arme du crime est un ou plusieurs requins. L'histoire se passe à Vienne, capitale de l'Autriche. La police trouve un cadavre avec une jambe et une main en moins dans une piscine. L'indice qui mènera l'inspecteur Lukastik à la résolution de l'énigme est une prothèse auditive. L'histoire elle-même est tirée par les cheveux mais j'ai apprécié le style de l'auteur et j'ai appris des choses sur le philosophe Wittgenstein dont Lukastic est un fervent admirateur. Un roman que je conseille.


mardi 18 janvier 2011

Au cirque Alexis Gruss en matinée

J'ai emmené mon ami au Cirque Gruss qui se trouve actuellement à Paris (au Bois de Boulogne) jusqu'au 27 février 2011 (mon filleul y travaille!). Je commence par dire que, à mon avis, pour un enfant, c'est un excellent spectacle que le cirque "en vrai": il en gardera certainement des souvenirs plus durables que, par exemple, un ou deux repas au restaurant (pour donner une équivalence de prix). Il faut un peu marcher depuis le métro Ranelagh, à moins d'y accéder en voiture ou en vélo. Quand on arrive à proximité du cirque, on nous déroule le tapis rouge - enfin, gris: une moquette qui évite les flaques d'eau. Puis on rentre par un portique de tentes qui commence à nous mettre dans l'ambiance et la pénombre, avant de déboucher sous le chapiteau proprement dit. Que c'est vaste! La piste de sciure de bois est entourée presque de toute part par des rangées de chaises (3000 places au total). Il s'agit bien d'un cirque "à l'ancienne". Sur la piste, toute la famille assure le spectacle: Alexis Gruss et sa femme Gipsy (née Bouglione), le couple fondateur; leurs fils Firmin et Stephan, ainsi que l'épouse et les quatre fils de ce dernier; sans oublier un membre de la famille Fratellini (le filleul de Gipsy). L'ainée des deux filles de Firmin vient saluer à la fin du spectacle, dans les bras de son grand-père (elle est trop petite pour participer à un numéro). Deux autres artistes interviennent aussi dans les numéros (et je ne parle pas des garçons de piste indispensables à la représentation). Les musiciens qui jouent en "live" sur une scène au bord de la piste côté coulisses sont des intermittents du spectacle.

Le titre du spectacle 2010-2011 (le 37e du cirque Alexis Gruss, selon le programme) est "Melody". Comme le nom l'indique, c'est très musical. Les numéros s'enchaînent autour de ce thème pendant 2H30 (avec un entr'acte de 10 minutes). Sans bien sûr tout dévoiler à l'avance (il faut y aller voir!), disons qu'on assiste à des numéros de jonglerie, à des clowneries, à du trapèze sur sangle, à quelques tours de magie et de contorsions, à du saut à la corde (par des dalmatiens et une éléphante)... et surtout à de la cavalerie! Oui, la grande spécialité de ce cirque, ce sont les chevaux, pour des numéros de haute école, de voltige, de dressage à la voix... A la fin du spectacle, nous sommes allées dans les coulisses, aux écuries. Je croyais avoir vu sur scène une douzaine de chevaux, j'ai compté au moins une quarantaine de stalles; et on m'a dit que le cirque possédait 60 chevaux! Mon ami (qui n'est pas du tout "animaux") m'a avoué que, à part la couleur, il les trouvait tous pareils. Le lama n'a pas participé au spectacle cette année (il était sur la piste l'année dernière). Ils n'ont pas de fauves, entre autres raisons parce qu'il faut 8 à 10 kg de viande par animal pour les nourrir. Dans les coulisses, après le spectacle, on peut croiser très simplement les artistes qui dédicacent un programme, voire se font prendre gentiment en photo avec les gamins. Merci à eux!

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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