jeudi 15 janvier 2015

Six films vus et non commentés depuis le 01/01/15

Vu la très triste actualité de ces derniers jours, j'ai pris du retard dans mes chroniques "cinéma".

Voici un billet sur six films. Je recommande surtout et avant tout le dernier, le film sud-coréen, Hard day, assez jubilatoire.

The Riot club de Lone Scherfig: cette histoire de jeunes Oxfordiens issus de milieux très aisés et capables d'actes inqualifiable ne m'a pas plu. Les personnages ont tous un état d'esprit détestable. Si ce sont eux qui incarnent la future élite de la nation anglaise, ce n'est pas brillant. Des jeunes universitaires font partie d'un club très fermé, "The Riot Club", créé au XVIIIème siècle. Ils sont 10. Sous leurs airs proprets, ce sont des jeunes hommes redoutables, buveurs, prenant de la drogue, louant les services de prostituées. Parce qu'ils ont beaucoup d'argent, ils se sentent inatteignables. Je ne conseille pas du tout ce film réalisé par Lone Scherfig (An éducation), qui m'a vraiment mise mal à l'aise.

Astérix et le domaine des dieux d'Alexandre Astier et Louis Clichy est une réussite, tant du point de vue animation que de l'histoire. Alexandre Astier qui a écrit le scénario a ajouté des personnages, des situations, qui ne nuisent pas à l'album d'origine, bien au contraire. On voit même comment le pauvre Obélix n'est plus que l'ombre de lui-même faute de sanglier. J'espère que les prochaines adaptations des albums seront aussi convaincantes.

Les pingouins de Madagascar d'Eric Darnell et Simon J. Smith est un dessin animé plaisant, avec quatre pingouins "dans le vent" qui vont tenter de sauver leur espèce menacée par une méchante pieuvre voulant les transformer en monstres qui feraient peur aux petits enfants. L'intrique m'a fait penser, en plus enfantin, à celle de Moi, moche et méchant 2. Pas impérissable.

L'affaire SK1 de Frédéric Tellier retrace la traque et le procès assez rapide du "serial-killer" français Guy Georges, qui a violé et étranglé plusieurs femmes sur une période de presque 10 ans dans l'est parisien, avant qu'il ne soit trahi par son ADN. L'acteur qui interprète Guy George convient bien: il a un visage innocent malgré ses actes. Face à lui, Raphaël Personnaz, dans le rôle de l'inspecteur qui arrive à le démasquer, est très bien. Nathalie Baye dans celui de l'avocate est crédible quand elle recherche l'homme derrière le monstre. Mais j'ai trouvé la partie "traque" plus intéressante que la partie "procès". Film honorable. Lire le billet de ffred.

Valentin, Valentin de Pascal Thomas: après ses adaptations plus ou moins réussies d'Agatha Christie, Pascal Thomas a choisi un roman de Ruth Rendell que je ne connais pas (La maison du lys tigré). Je ne peux pas dire que cela lui réussisse beaucoup mieux. Valentin Fontaine est plutôt joli garçon. Il vit tout seul dans un grand appartement dans un immeuble peuplé de personnages atypiques, dont pas mal de femmes, jeunes ou vieilles qui ont le béguin pour lui. Il entretient une relation fougueuse avec Claudia (Marie Gillain), une femme mariée légèrement nymphomane. Sans oublier que Valentin a une mère interprétée à merveille par l'inénarrable Arielle Dombasle. Le couple de gardiens de l'immeuble joue aussi un rôle non négligeable dans l'intrigue. Dès le départ, on sait que le pauvre Valentin est mort assassiné, et une grande partie de l'intrigue consiste à savoir par qui. Gentillet mais sans plus. Marie Gillain en nymphomane n'est pas très crédible. Géraldine Chaplin en "pochetronne" m'a fait de la peine.

Je termine par Hard Day de Seong-hoon Kim, recommandé de manière très justifiée par FredMJG. Ce film m'a beaucoup plu car il ne souffre d'aucun temps mort, on est souvent surpris par l'enchaînement des événements, et il y a beaucoup d'humour. Go (détective à la police criminelle) et ses collègues sont coupables de malversations. Ils sont sous le coup d'une enquête interne. La "dure journée" du titre, Go part en voiture à l'enterrement de sa maman. Il a pas mal bu et renverse un homme qui meurt sous ses yeux. Ni une, ni deux, Go embarque le cadavre dans son coffre de voiture, et c'est à ce moment-là que les ennuis commencent. Quelqu'un l'a vu. Je ne vous en dis pas plus, mais si vous allez le voir, vous ne le regretterez pas.


lundi 12 janvier 2015

Pandas dans la brume - Tignous

En 2010, Tignous a publié Pandas dans la brume, un album de 60 pages de BD (drugstore / Glénat). Le thème (prétexte), c'est qu'il ne reste plus, en 2010, que 1600 pandas en "liberté" en Chine. Il s'agit de gags d'une planche, très rarement sur deux planches ou avec deux voire trois planches qui se répondent. L'album était en vente au salon Marjolaine en 2011, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) l'y avais acheté (le stand où j'étais bénévole était voisin de celui du WWF) [voir dédicace].

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Je me permets de citer les Directeur Général et Président (de l'époque) de WWF France ("lettrés" par Tignous en page finale): "Quand Tignous nous a proposé d'associer le WWF à son projet, nous avons tout de suite été séduits par cette idée aussi originale qu'insolite. Le WWF est une organisation scientifique caractérisée par son sérieux, traitant de sujets environnementaux (...). Mais face aux crises que nous traversons, l'humour peut parfois être un bien meilleur porte-parole. Brillant, percutant, provocateur, grinçant, insolent, choquant... Un humour décoiffant qui offre un bel hommage à nos derniers pandas. Tignous est leur ami."

Je ne vous scanne aucune planche dans le présent article. J'espère vous donner envie d'acheter l'album. Lisez-le (s'il vous plaît). Mais je vais en décrire trois, bien provocatrices.

Terre d'accueil (p.24): un panda amène une enveloppe à un autre.
"- Tiens, t'as du courrier!"
"- Ah! ... Ca vient de France!... ... ce doit être la réponse à ma demande de droit d'asile!... ... Les salauds... Regarde-moi ça!"
Monsieur, La Bambouseraie d'Anduze ne peut pas accueillir toute la misère du monde.

Jeûne (p.15): deux pandas, assis dans une bambouseraie, du bambou dans les griffes:
"- Le panda passe 14 heures par jour à bouffer", rigole l'un.
"- Qu'est-ce qu'on se ferait chier si on faisait ramadan!", rétorque l'autre.

Danger (p.36): deux pandas discutant, de dos:
"- On ne pense qu'à nous. ... Mais il y a bien d'autres espèces en voie de disparition.
"- Y a l'orang outan (...) le tapir... [longue énumération à deux voix] (...) - Le tigre - Le tapir - déjà dit!"
de face, un panda hilare à un panda courroucé:
"- ... les profs de l'enseignement public!"

*** Je suis Charlie ***

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vendredi 19 décembre 2014

Dora Bruder - Patrick Modiano / Orphelins de Dieu - Marc Biancarelli / Histoire de mes assassins - Tarun J Tejpal

Comme je prends du retard dans la rédaction de mes billets "livres", voici trois romans qui n'ont rien en commun mais que je tenais à chroniquer. Il y en a pour tous les goûts.

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Dora Bruder (150 pages, Gallimard) est le premier livre que j'aie lu de Patrick Modiano (tout arrive). Le fait qu'il ait eu le prix Nobel de littérature cette année y est certainement pour quelque chose. Dora Bruder n'est pas vraiment un roman, mais une enquête que Modiano a menée. Il s'est penché sur des annonces d'anciens journaux parus pendant l'Occupation à Paris. Une de ces annonces, datée de 1941, a attiré son attention: Monsieur et Madame Bruder recherchent leur fille Dora, 15 ans, née en 1926 à Paris. A partir de cette annonce, Patrick Modiano a construit son récit et fait des suppositions sur cette jeune fille juive et ses parents. Cela lui permet d'évoquer l'oppression, les lois anti-juives, les rafles pendant l'Occupation. Il en profite pour faire des allusions à sa propre enfance. L'écriture est fluide. Malgré les digressions, on ne perd pas le fil du récit. Un livre à lire. [Merci à K pour le lien vers le discours in extenso que Modiano a prononcé lors de la remise de son prix à Oslo.]

Je passe maintenant à Orphelins de Dieu de Marc Biancarelli (Actes sud, 240 pages): l'action se passe en Corse pendant la première moitié du 19ème siècle. Vénérande, jeune fille courageuse au caractère bien trempé, demande à Ange Colomba, dit "L'Infernu", de venger son frère Charles-Marie, dit "Petit Charles". Ce dernier, un jeune berger, a été défiguré et a eu la langue coupée par des bandits, les Santa Lucia. L'Infernu lui-même, un homme usé et malade, a commis des horreurs dans sa jeunesse, c'était un homme sans foi ni loi. N'ayant plus rien à perdre (il va bientôt mourir), et peut-être pour se racheter, même si la grosse somme d'argent que lui propose Vénérande le décide tout à fait, L'Infernu part en compagnie de Vénérande à la poursuite des bourreaux de Petit Charles. Pendant leur voyage, L'Infernu raconte à Vénérande sa jeunesse tumultueuse et pas très recommandable. Ce "western" corse semble avoir beaucoup plu sur les blogs, ici et par exemple. Personnellement, je reconnais que c'est bien écrit, c'est une belle langue imagée, mais je ne peux pas dire que j'ai été passionnée par l'histoire. A vous de juger.

Je termine avec Histoire de mes assassins de Tarun J Tejpal (Buchet Chastel, 580 pages), un écrivain indien qui a écrit en anglais ce livre que j'ai emprunté en bibliothèque une première fois, fin juillet 2014. Il est resté six semaines sur une chaise sans que j'y touche. Je l'ai rendu en ayant une impression de frustrution, mais j'avais d'autres lectures en train. Début octobre, je reprends le roman en bibliothèque en me disant: "Je veux le lire". J'en avais entendu parler en bien depuis sa parution en 2009. Et enfin, je l'ai ouvert et je l'ai lu relativement vite. J'ai vraiment beaucoup aimé l'histoire de ces "presque" assassins d'un journaliste indien de New Delhi. Les histoires sont dures et on imagine des scènes insoutenables, mais le romancier a suffisamment de talent pour que je ne soit pas choquée par certaines descriptions. Il nous raconte surtout que ces hommes devenus délinquants, tueurs à gages, "dealers" de drogue ont d'abord été des enfants. L'un est musulman, un autre se défend au couteau, un autre encore a vécu parmi les serpents, un quatrième a été abandonné dans un train et a vécu plus de dix ans aux abords de la gare de New Delhi, sans oublier le cinquième qui pour venger ses soeurs violentées est devenu un tueur redoutable avec un marteau. On sait à la toute fin pourquoi et comment ils ont été réunis pour assassiner le journaliste (un double de l'écrivain?). Je suis contente d'avoir fini par lire ce roman qui m'a plu.

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dimanche 16 novembre 2014

Silex and the City - 5. Vigiprimate - Jul / Le perroquet des Batignolles (T.2): La ronde des canards - Boujut, Tardi et Stanilas

Voici deux BD que j'attendais avec une certaine impatience, le 5ème tome de Silex and the City et la suite (et pas encore fin) du Perroquet des Batignolles.

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Je commence donc par Silex and the City - 5. Vigiprimate de Jul (Editions Dargaud) où l'on retrouve, comme dans les quatre précédents (il paraît un tome par an), la famille Dot Com en -40 000 avant J.-C. Dans cet album, URL (le garçon) et Web (la fille) décident de quitter le "nid familial" et la vallée. URL part travailler dans une ONG dans le Maghreb paléolithique tandis que Web a gagné à la loterie sa "Darwin card" qui lui permet de partir aux USA (dans le néolithique) pour travailler. Elle rêve de faire du cinéma. Quant aux parents, Spam et Blog, ils décident de faire un voyage en amoureux au Maroc. Pendant sa mission, URL est enlevé par des terroristes. Je vous laisse découvrir comment il sera libéré avec d'autres otages grâce à Web. Une fois de plus, Jul fait une transposition de notre monde actuel dans la préhistoire avec beaucoup d'humour. C'est vraiment un album dans l'air du temps. J'attends bien entendu la suite.

Lire les billets sur les tomes précédents ici, ici et .

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Je continue avec Le perroquet des Batignolles - La ronde des canards de (Michel) Boujut, Tardi et Stanislas (Editions Dargaud). Je ferais remarquer qu'il y a eu un intervalle de trois ans entre la parution du premier album et celui-ci: c'est long. D'autant plus que cinq albums en tout sont prévus (d'après mes renseignements). J'espère que l'intervalle sera moins long avant le prochain. Je rappelle que cette BD est une adaptation d'un feuilleton radiophonique diffusé sur France Inter en 1997.

Nous retrouvons Oscar Moulinet, preneur de son à Radio France, dans sa quête de canards en or où sont dissimulés des bouts de bandes magnétiques. Ces bandes mises bout à bout délivrent un message énigmatique énoncé par Emil Schmutz, vendeur de faux tableaux. Le mystère s'épaissit. Le perroquet fait quelques apparitions indirectes. Il est pas mal question du quartier des Batignolles, de cinéma, de Lyon et de l'institut Lumière, du Louvre et du Radeau de la Méduse. C'est un album très coloré. A la fin de l'épisode, on n'est pas très avancé sur l'énigme et beaucoup de nouvelles questions se posent. Vivement la suite (dans pas trop longtemps, donc, j'espère).

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vendredi 26 septembre 2014

L'Ange gardien - Jérôme Leroy / Le détroit du loup - Olivier Truc

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Quand j'ai été chez ma libraire et que j'ai vu que ces deux romans étaient parus, je n'ai pas hésité une seconde à casser une fois de plus ma tirelire en ne tenant pas compte de ma PAL monstrueuse. J'ai d'ailleurs eu une remarque ironique de la part de mon ami à ce sujet.

Je commence par L'Ange gardien de Jérôme Leroy (320 pages, Edition Gallimard, Série noire) que j'ai lu en premier en moins de 24 heures. Je l'ai autant aimé que Le Bloc, le roman précédent de l'écrivain. L'Ange gardien se compose de trois parties dont les titres sont les noms des personnages principaux du roman:

- Berthet (le tueur à gages redoutable et sans état d'âme, la soixantaine, agent de l'Unité, une police parallèle). Devenu un témoin gênant, sa tête est mise à prix.
- Martin Joubert, qui s'appelait autrefois Denis Clément, ancien prof dans une ZEP à Roubaix, qui rédige maintenant des articles dans un journal d'extrême-droite même si ses idées sont plutôt de gauche. C'est lui que Berthet va choisir pour écrire son histoire avant qu'il ne soit trop tard.
- Kardiatou (Diop), une belle jeune femme noire issue d'un quartier défavorisé de Roubaix (justement), qui va devenir ministre et se présenter à une élection municipale face à une candidate d'extrême-droite, la fille du chef du "Bloc patriotique", dont on a fait connaissance dans Le Bloc.
Berthet veille sur elle depuis longtemps sans qu'elle le sache, il est son ange gardien.

C'est vraiment un roman agréable, le style coule tout seul. Jérôme Leroy est un très bon écrivain à découvrir, pour ceux qui ne le connaissent pas.

Je passe maintenant au roman Le Détroit du Loup d'Olivier Truc (Edition Métailié noir, 400 pages), dans lequel on retrouve Nina Nansen et Klemet (le Lapon), qui font partie de la brigade des rennes. Trois mois ont passé depuis la fin de l'histoire précédente. Nous sommes à la fin avril/début mai. Le temps d'ensoleillement augmente de jour en jour. Quand l'histoire s'achève le 12 mai, il dure 24 heures, il n'y a plus de coucher de soleil. La température extérieure atteint les 3 ou 4° maximum. C'est l'époque de la transhumance des rennes qui sont des bêtes craintives et assez envahissantes. Erik Steggo, un jeune Lapon marié depuis peu, tombe de sa barque et meurt noyé dans le détroit du Loup: un troupeau de rennes effrayés par quelque chose a provoqué des remous dans l'eau, et cela a entraîné la noyade du jeune homme tombé de sa barque. Nils Stormi, qui a du sang sami, est chargé de retrouver le corps. Nils exerce le métier hautement risqué de plongeur en grande profondeur pour l'industrie pétrolière. L'intrigue tourne en effet autour de la convoitise de riches industriels pour des terres occupées par les rennes. Le personnage de Klemet est devenu assez secondaire. En revanche, nous faisons la connaissance du père et de la mère de Nina. Cette dernière reprend contact avec eux à l'occasion d'une recherche dans le passé. Cela ne se passe pas très bien. Comme dans le roman précédent, il faut prendre le temps de s'acclimater à l'histoire touffue et aux nombreux personnages. C'est totalement dépaysant et j'attends le troisième tome en espérant qu'il soit peut-être un peu plus court. Lire le billet de Sylire.

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mardi 12 août 2014

Détective Dee II (La légende du dragon des mers) - Tsui Hark

Ayant beaucoup aimé Détective Dee (et la flamme fantôme) sorti il y a 3 ans, je me suis précipitée pour voir Détective Dee II (La légende du dragon des mers) du même réalisateur. Le film est sorti le 6 août 2014. Je l'ai vu en 2D (et c'est très bien comme cela). Chronologiquement, l'histoire qui nous est contée dans Détective Dee II est antérieure à celle de La flamme fantôme. Dee vient d'être nommé juge auprès la cour impériale en 665 après J.-C. Dès la première séquence très spectaculaire, on assiste à la destruction presque totale de la flotte impériale par un monstre marin (que l'on ne voit pas). Parallèlement, une jeune courtisane est enlevée par des hommes masqués. Le juge Dee est chargé par l'impératrice de mener l'enquête sur cet enlèvement. Cette enquête l'amène à poursuivre un homme mutant recouvert d'écailles. De fil en aiguille, Dee découvre un complot ourdi contre l'empereur et la cour. Ce qui fait le charme du film, c'est en particulier les manières qu'ont les personnages de se déplacer: ils grimpent, sautent de toit en toit, marchent à l'envers avec une aisance à nulle autre pareille. C'est virevoltant. Les combats sont spectaculaires. Du grand art. Je dirais que l'intrigue elle-même m'a moins emballée que celle de La flamme fantôme mais l'ensemble vaut la peine d'être vu.

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mardi 22 juillet 2014

L'homme qu'on aimait trop - André Téchiné

Je suis assez âgée pour me rappeler ce fait divers qui défraya la chronique en 1977: la disparition d'Agnès Le Roux, héritière du Palais de la Méditerranée où se trouvait un casino situé sur la promenade des Anglais à Nice. A ce jour, on n'a jamais retrouvé son corps. Dans L'Homme qu'on aimait trop (j'ai trouvé ce titre plutôt étrange), André Téchiné reprend le sujet en débutant l'histoire environ un an avant la disparition d'Agnès (Adèle Haenel). Cette dernière, un peu garçon manqué, vient juste de revenir d'Afrique. Désirant ouvrir une librairie cadeaux, elle veut récupérer sa part d'héritage venant de son père. Cela obligerait sa mère Renée (Catherine Deneuve) à lui racheter ses parts; or elle n'en a pas les moyens. Dans le même temps, Agnès tombe amoureuse de l'avocat d'affaires Maurice Agnelet (Guillaume Canet) devenu l'homme de confiance de Renée. Suite à un différend avec cette dernière, Agnelet n'hésite pas à faire alliance avec Jean-Dominique Fratoni, l'"Empereur des jeux" de la Côte d'Azur, qui a des vues sur le Palais de la Méditerranée. Agnès est mise en relation avec Fratoni et va trahir sa mère. Le film vaut surtout pour l'interprétation des deux actrices qui sont exceptionnelles dans leur confrontation. A côté, Guillaume Canet paraît un peu terne. Le film qui dure 1H56 m'a vraiment passionnée pendant 1H30 (jusqu'à la disparition d'Agnès). La dernière partie qui se passe presque trente ans plus tard s'éternise et j'ai été gênée par les acteurs grimés pour se vieillir (cela alourdit l'ensemble). Rien que pour les premières quatre-vingt-dix minutes, allez voir le film.

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dimanche 20 avril 2014

The best offer - Giuseppe Tornatore / Tom à la ferme - Xavier Dolan

Voici deux films vus pendant ce week-end de Pâques 2014.

Je voudrais d'abord évoquer The best offer du réalisateur italien Giuseppe Tornatore qui a aussi écrit le scénario. Il semble que ce film n'a pas eu beaucoup d'échos dans la presse bien qu'il soit sorti dans pas mal de salles (à Paris et ailleurs). Le héros de l'histoire que j'ai trouvé cruelle et tragique s'appelle Virgil Oldman, la cinquantaine finissante et célibataire endurci. Commissaire-priseur réputé et lui-même riche collectionneur de tableaux (des portraits de femme), il tombe amoureux d'une femme, Claire Ibbetson, qui lui demande d'expertiser et de vendre divers biens plus ou moins précieux entreposés dans une demeure à l'abandon. C'est dans une aile de cette maison qui tombe en ruine que Claire, souffrant d'agoraphobie, vit recluse. Pendant longtemps, il n'y aura que des échanges téléphoniques entre Virgil et Claire. J'ai aimé l'atmosphère délétère qui se dégage de ce film (peut-être un peu long: 2H10). Goeffrey Rush qui interprète Virgil est remarquable jusqu'au bout. J'ai eu de la peine pour le personnage de Virgil (il ne méritait vraiment pas ce qui lui arrive), mais je ne vous dirais pas quoi ni pourquoi, ne voulant pas trop dévoiler de l'histoire dans laquelle un automate datant du XVIIIème siècle fabriqué par Jacques Vaucanson a un rôle à part. J'ai trouvé la musique du film écrite par Ennio Morricone très belle. Un film que je vous conseille.

Maintenant je passe à Tom à la ferme du Québécois Xavier Dolan (il est âgé de 25 ans) qui joue aussi le rôle principal de Tom. Venant de Montréal, Tom arrive à la ferme de la mère et du frère de Guillaume qui a été son petit ami. Guillaume vient de mourir et Tom vient assister à l'enterrement. Agathe, la mère de Guillaume, ignore que son fils était homosexuel. En revanche, Francis, le frère de Guillaume, le savait, et il commence à le faire payer très cher à Tom en le martyrisant. Car, dans cette province québécoise, l'homosexualité semble un sujet tabou. Francis est un "pauvre type" peu sûr de lui et violent. J'avoue que j'ai eu du mal à comprendre le personnage de Tom qui change d'attitude d'un plan à l'autre. Il ne sait pas ce qu'il veut ou pas. Je ne comprends pas pourquoi il se laisse humilier et frapper par Francis. Psychologiquement, ce personnage est un mystère. A part ça, j'aurais aimé que l'on voit davantage Agathe (la mère) et Sarah, une amie de Tom et Guillaume qui apporte de la fraîcheur. Sans avoir aimé tout à fait Tom à la ferme, je le conseillerais tout de même car il y a de beaux moments, dont la séquence d'ouverture avec en fond sonore l'interprétation a cappella de Les moulins de mon coeur de Michel Legrand. Lire les billets d'Alex-6 et ffred.

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vendredi 11 avril 2014

I am Divine - Jason Schwarz / De toutes nos forces - Niels Tavernier

I am Divine est un documentaire américain de Jason Schwarz qui rend un hommage sage à un homme qui ne l'était pas. Cet homme, c'était Harris Glen Milstead, devenu Divine (1945-1988) pour le public. Il s'est rendu célèbre en se travestissant en femme alors qu'il était d'une corpulence imposante. Il s'habillait avec des tenues moulantes. Il a été rendu célèbre par les films du réalisateur John Waters qui fait partie de ceux qui interviennent dans ce documentaire alternant témoignages (dont la mère de Divine à qui est dédié le film) et images d'archives. Divine, personnage "trash" hors norme, était né à Baltimore. Enfant martyrisé par ses camarades, il prendra une sorte de revanche par la vie qu'il va mener, où le bon goût n'est pas de mise. J'ai trouvé cet homme touchant. Il est connu pour avoir joué dans les films Polyester, Hairspray, Pink Flamingo et Female Trouble, tous réalisés par John Waters. Divine est mort d'une crise cardiaque à 42 ans. Pour ma part, je l'avais découvert dans le seul film où il interprétait le rôle d'un homme, dans Trouble in mind (1985 - Wanda's Café, en VF) d'Alan Rudolph. Lire les billets de Neil et de ffred.

Et maintenant un film complètement différent: De toutes nos forces de Niels Tavernier (le fils de Bertrand), qui a aussi écrit le scénario (il s'est inspiré d'une histoire vraie). Julien Amblard, un jeune homme, souffre d'une paralysie cérébrale. Cloué dans une fauteuil roulant, il arrive à convaincre son père, Paul (Jacques Gamblin), qui semble se désintéresser de lui, pour qu'ils concourent ensemble dans un triathlon à Nice. Sans dévoiler la fin que l'on peut deviner, cette histoire montre surtout comment une famille arrive à se retrouver et à se ressouder face à ce défi sportif. Presque un tiers du film nous permet de suivre l'épreuve sportive, cela n'est pas "de la tarte" pour les concurrents. Pour Paul, l'exploit est d'autant plus remarquable qu'il a son fils (qui est presque un poids mort) avec lui. Film qui dégage beaucoup de chaleur humaine. Lire le billet de Géraldine.

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mardi 7 janvier 2014

Gun crazy - Joseph L. Lewis / Rendez-vous avec la peur - Jacques Tourneur

Avant de continuer dans les nouveautés cinéma, je fais un billet sur deux "vieux" films ressortis en coffret DVD et Blu-Ray édition "collector" (je me suis offert ces deux plaisirs pour Noël). Le point commun de ces deux films (mis à part qu'ils sont très bien) est que le premier rôle féminin est interprété par une actrice peu connue: Peggy Cummins.

D'abord Gun Crazy (Le démon des armes) de Joseph L. Lewis (1950), un excellent film "noir" de série B qui fut un échec commercial à sa sortie et qui fut redécouvert (notamment par moi) sur grand écran à la fin des années 90. Bart et Laurie ont une passion commune, les armes à feu. Ils se rencontrent dans une fête foraine: elle, championne de tir, est une des attractions de cette fête. Bart, qui aime les armes et est aussi excellent tireur (mais sans aimer tuer) est fasciné par cette femme qui l'entraînera à sa perte. C'est un film haletant, très moderne dans sa narration. Ces deux amants maudits (préfigurant Bonnie and Clyde, béret et lunettes noires compris) commettent une série de braquages où personne n'est blessé. Mais comme Laurie veut toujours plus, ils vont commettre le braquage de trop. On se souvient longtemps de Laurie (Peggy Cummins), très femme fatale et aguicheuse. Bart (John Dall), lui, n'arrête pas de tergiverser, mais comme il aime Laurie, il la suit jusqu'au bout dans leur escalade criminelle. Leur histoire d'amour impossible est belle et tragique. Pour compléter le DVD, on trouve un livre intégré dans le coffret. Il comporte beaucoup de photos, du texte sur le tournage, le script, des fac similé (je n'ai pas tout lu). Dalton Trumbo qui n'est pas crédité au générique est l'auteur du script final. Si vous avez l'occasion, essayez de voir ce film...

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... tout comme Rendez-vous avec la peur (Night of the demon) de Jacques Tourneur (1957). Je l'ai adoré la première fois que je l'ai vu au" cinéma de minuit", il y a quelques années. Je suis contente qu'il soit sorti en DVD. L'histoire tourne autour de la démonologie, de runes sur un parchemin, d'un monstre cornu que l'on voit au début et à la fin, de superstitions et de cartésianisme. Ce film fantastique est un des meilleurs tourné par le réalisateur. Il y a une atmosphère pesante pendant tout le film, du fait que l'on sait dès le début qui est le "méchant" de l'histoire. Il a beau se déguiser en clown pour distraire les petits enfants, on sent le danger. Une angoisse sourde plane en permanence. Pour résumer l'intrigue: John Holden, un psychologue américain cartésien (Dana Andrews) est chargé de démasquer un charlatan anglais, le docteur Julian Karswell, qui terrorise ses détracteurs, jusqu’à provoquer leur mort. La première victime du docteur est le professeur Harrington. Joanna (Peggy Cummins), la nièce du professeur, demande à John Holden d'enquêter sur cette mort. Comme pour Gun Crazy, un livre (144 pages) accompagne le DVD: il comporte du texte, des photos, des anecdotes. Vraiment intéressant.

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Deux films à voir et à revoir

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