jeudi 24 mars 2011

Liz nous a quittés

Ca y est, Liz [Taylor] (1932-2011) vient de s'éteindre suite à une insuffisance cardiaque à 79 ans. Elle représentait le Hollywood d'antan, le glamour, c'était une star. Je n'étais pas une inconditionnelle de cette actrice (qui a commencé sa carrière à l'âge de 10 ans) mais je l'avais bien apprécié dans des films tels que La chatte sur un toit brûlant de Richard Brooks (1958), Reflets dans un oeil d'or de John Huston (1967) ou Cléopâtre (1963) et Soudain l'été dernier de Joseph L. Mankiewicz (1959), Une place au soleil de George Stevens (1951) ou dans les deux films de Joseph Losey: Boom et Cérémonie secrète (1968). Elle était plus connue pour ses frasques conjugales que pour ses rôles sur grand écran (et c'est dommage). Mariée 8 fois avec 7 hommes différents (2 fois avec Richard Burton), elle a eu 4 enfants. Je n'ai pas grand-chose à dire de plus si ce n'est que c'est une nouvelle bien triste. Cette belle femme aux magnifiques yeux violet va manquer.

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vendredi 11 février 2011

Films vus et non commentés depuis le 29/12/2010

Voici quelques films qui ne méritent pas vraiment un billet à part entière. Il y en a pour tous les goûts (surtout si on n'est pas trop exigeant pour certains).

Les chemins de la liberté de Peter Weir narre le périple de 7 hommes évadés d'un camp de Sibérie en 1941, dont certains ont parcouru plus de 6500 km à pied pour arriver en Inde. Les acteurs ne jouent pas mal, les paysages sont beaux, mais il manque un souffle épique et je trouve que le réalisateur a du mal à faire croire que ces hommes ont marché autant de kilomètres. Changer de paysage et de climat ne fait pas tout.

Si vous voulez voir un film plutôt risible (surtout la fin), allez voir Le dernier templier de Dominique Sena. Si j'étais Satan, je porterais plainte pour atteinte à mon image démoniaque. A part ça, Nicolas Cage s'est fait plein de cheveux et Ron Perlman finit en cendres. Pour résumer l'histoire, on assiste à une suite de tueries lors de croisades sur plus d'une dizaine d'années, la peste fait des ravages, et tout cela est l'oeuvre de Satan qui cherche à détruire tous les exemplaires du livre de Salomon dont des passages lus à haute voix servent d'exorcismes contre lui. Film évitable même s'il a fait déjà pas mal d'entrées en salles en France.

J'ai vu Rien à déclarer de Dany Boon pour Benoît Poelvoorde, car le réalisateur et ses ch'tis ne m'avaient pas fait rire. L'histoire: à la veille de 1993 avec l'ouverture des frontières européennes, le métier de douanier est menacé. On sourit parfois à des scènes que l'on a l'impression d'avoir déjà vues. Comme dirait Ffred, cela ressemble quand même à du sous-De Funès. Mais Karine Viard, Benoît Poolvoerde, Bouli Lanners sont très bien. Pour le reste, bof, surtout que les dialogues ne sont pas un modèle de finesse.

Carancho
(Rapace en espagnol) de Pablo Trapero m'a laissé une impression mitigée. En pré-générique, on nous annonce qu'il y a des centaines de milliers de morts par accidents de la route en Argentine. Je voulais voir le film pour Ricardo Darin, et la BA me semblait prometteuse. J'avoue que, comme d'autres blogueurs, j'ai été déçue, car les tenants et les aboutissants de l'histoire sont nébuleux. Le film a été tourné caméra au poing, très près des acteurs: cela bouge beaucoup. Concernant le thème central de l'histoire, l'escroquerie aux assurances, on ne sait pas trop comment cela fonctionne si ce n'est que tout le monde semble dans le coup: les hôpitaux, les avocats véreux, les policiers et même les victimes consentantes (quand elles ne sont pas déjà mortes). A cela se greffe une histoire d'amour improbable entre l'avocat (Ricardo Darin) et une jeune urgentiste (Martina Gusman) qui se drogue pour tenir. Je n'y ai pas vraiment cru. En revanche la fin du film vous laisse tétanisé. Un film qui ne peut pas plaire à tout le monde. Pedro Trapero est le réalisateur d'un film que j'avais bien apprécié, Leonera, interprété déjà par Martina Gusman (sa compagne dans la vie).

L'avocat, de Cédric Anger, se laisse voir grâce à un scénario bien ficelé et un Benoît Magimel pas mal du tout en avocat idéaliste qui ne rêve que de plaider devant une cour. En face de lui, Gilbert Melki, patron véreux d'une entreprise de retraitement de déchets toxiques, est inquiétant à souhait, surtout qu'il est entouré d'acolytes peu recommandables. Une diffusion à la télé aurait peut-être été suffisante.

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dimanche 19 septembre 2010

Quelques polars lus pendant les vacances et à la rentrée (littéraire)

Voici un billet complémentaire sur des lectures que j'ai faites courant août et dont je n'avais pas encore parlé.

Le cercueil de pierre de Kjell Eriksson (Babel Noir) n'est pas du tout l'histoire que je pensais. Il m'a rappelé l'intrigue du Cerveau de Kennedy ou La Constance du jardinier. Je ne suis d'ailleurs pas sûre d'avoir tout compris avec une intrigue qui a des ramifications jusqu'en République dominicaine où des humains servent de cobayes pour tester des médicaments. J'ai oublié de dire que tout commence en Suède, dans la région d'Uppala, avec une femme et sa petite fille renversées par une voiture et tuées sur le coup. La voiture appartient au mari. J'ai aussi appris ce qu'est un cercueil de pierre qui a deux significations dans le roman. A part ça, je crois que je n'en lirai pas d'autre de cet auteur suédois.

Les marécages de Joe R. Lansdale (Folio policier) consiste en une histoire racontée par un petit garçon, Harry dans les années 1933-34. Son père tient un salon de coiffure et il est "constable", une sorte de shérif qui maintient l'ordre. Cette famille, comme tous les autres, n'est pas riche: ils vivent encore de la terre qu'ils cultivent. La crise de 1929 se ressent encore dans l'East Texas. Le KKK (Ku Klux Klan) sévit plus que jamais. Il n'est pas bon d'être noir dans cette région. Et ce n'est pas un cadavre d'une femme noire retrouvée ligotée avec des barbelés qui émeut la population (surtout que c'était une prostituée). D'autres suivent et ils changent de couleur... J'ai noté que Joe R. Lansdale s'est arrangé pour que tout le récit soit narré du point de vue du gamin qui se retrouve de ce fait dans des situations et des positions assez périlleuses pour décrire par exemple une autopsie. Ce parti pris ne m'a pas dérangée mais donne au roman un air de "devoir appliqué", d'exercice de style. De cet auteur, j'ai déjà chroniqué l'arbre à bouteilles. Pour une critique encore plus mitigée, lire le billet de eeguab.

Le démon dans ma peau de Jim Thompson (Folio Policier): Michael Winterbottom vient d'en réaliser une adaptation cinématographique que je n'ai pas vue. Publié en 1966, le roman est écrit à la première personne par Lou Ford, shérif adjoint de Central City, qui tire beaucoup de jouissance à tabasser les femmes et même à les tuer ou à les laisser pour mortes (ce qui le perdra). On comprend sa haine des femmes au détour d'un chapitre: Lou a été abusé sexuellement par une femme quand il était petit (la bonne de la famille). Je ne sais pas si c'est la traduction mais l'histoire ne m'a pas passionnée.

Maintenant, comme je pars demain en Chine en voyage organisé pour deux semaines avec le CE de mon entreprise, sans pouvoir être du tout connectée pendant ce temps, je laisse les clés du blog entre les mains de mon statisticien (Ta d loi du cine), il m'a promis des surprises... Espérons qu'il ne fera pas de bêtises!

Allons, en attendant, un petit dernier "pour la route": je vous rajoute une critique d'un roman dont je viens juste de terminer la lecture.

Un employé modèle de Paul Cleave (Editions Sonatine) était récommandée par mon libraire. Je l'ai lu en deux jours avec intérêt mais au fur et à mesure que l'histoire se déroule, cet intérêt s'est quelque peu émoussé. En Nouvelle-Zélande, à Christchurch, Joe Middleton, un serial killer (un de plus), sévit: il a tué 7 femmes (dans d'atroces conditions) après les avoir violées. Il est au fait des enquêtes en cours car il est homme de ménage au commissariat de la ville. On le prend pour un demeuré. Une huitième victime morte avec le même mode opératoire est mise à son triste actif. Joe Middleton ne l'entend ainsi et il décide de découvrir qui veut lui faire porter le chapeau pour un crime qu'il n'a pas commis (non mais!). Joe n'a pas d'ami excepté deux poissons rouges, Cornichon et J*h*vah (qui connaîtront un sort tragique), mais a une mère, acariâtre, possessive au-delà de toute expression, c'en est une caricature. Il ne vit pas avec elle mais il va dîner chez elle presque tous les jours. Il rêve qu'elle disparaisse et même temps il ne supporte pas cette idée. Cela n'empêche pas Joe de mettre de la mort-aux-rats dans le café de sa mère ou de graisser le bas du rideau de douche pour qu'elle tombe. Pendant son enquête et sa quête de nouvelles victimes, Joe tombe sur un "os", un adversaire plus fort que lui, en la personne de Mélissa, dont je vous laisse découvrir les talents (si je puis dire). C'est justement ce personnage de Melissa qui alourdit le récit. Ceci mis à part, le premier roman de ce Néo-zélandais vaut la peine d'être lu.

A mon retour, un billet sur trois films français, que j'ai vus il y a déjà un petit moment, est prévu [chroniqué le 07/10/2010].

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vendredi 3 septembre 2010

Quelle époque! - Anthony Trollope

Ca y est, je viens d'arriver au bout des 807 pages de ce roman qui vient d'être traduit pour la première fois en français. Qui est Anthony Trollope, me demanderez-vous? C'était un romancier victorien, moins connu en France que Charles Dickens ou William Thackeray. Né en 1815 et mort en 1882, fils d'un avocat raté, il fut inspecteur des postes et romancier (il a plus de 50 romans à son actif). Il a écrit des "pavés", dont les chroniques de Barchester qui se passent dans la campagne anglaise. Dans Quelle époque! (Editions Fayard), titre français très ironique et plutôt bien trouvé pour traduire "The Way we live now", Trollope situe son roman à Londres, aux environs de 1873. Le livre nous raconte l'ascension (jusqu'à son élection à la Chambre des Communes) et la chute d'Augustus Melmotte, un homme d'affaires pas très honnête (on va l'apprendre vite), à l'origine très incertaine. Il est peut-être Français. Homme violent, vulgaire et laid, il en est à son deuxième mariage, sa seconde épouse est une femme a priori de confession juive venue de Bohême. Il est aussi le père de Marie, née d'un premier lit. Autour de Melmotte gravitent des personnages issus de la classe aisée, mais en l'occurrence plus désargentés les uns que les autres et qui ne valent pas mieux que Melmotte. Mais leur supériorité vient de ce qu'ils sont nobles et anglais. Bien que Melmotte leur prête de l'argent, ils ont du mal à le tolérer. Parmi ces personnages dont Trollope nous brosse des portraits assez caustiques et sans concession, nous trouvons des jeunes lords ou baronnets désoeuvrés qui tuent leur ennui dans les cartes et l'alcool dans un club appelé "La fosse-aux-ours". Le plus détestable d'entre eux est sans conteste Felix Carbury. Trollope ne l'épargne pas. Il a tous les défauts: joueur, buveur, menteur, criblé de dettes, paresseux et surtout couvé par sa mère, Lady Mathilda Carbury, une veuve, qui s'est mis en tête de devenir écrivain pour arrondir ses fins de mois. Cette dernière a une nette préférence pour son fils par rapport à sa fille Hetta (Henrietta) qu'elle aimerait voir épouser un cousin, Roger Carbury, homme intègre. Nous faisons aussi connaissance de la famille Longestaffe, dont le fils Dolly provoquera en quelque sorte la chute d'Augustus Melmotte. Il y a aussi Miles Grendall (qui touche un salaire du Grand homme - alias Melmotte) et son père Lord Alfred, complètement ruiné et très redevable des largesses de Melmotte. Les personnages féminins jouent des rôles importants sous la plume de Trollope. En plus de Lady Mathilda Carbury, de sa fille Hetta et de Marie (Melmotte), Georgiana Longestaffe, Mrs Winifred Hurtle (une Américaine) et Ruby Ruggles essaient de mener leur vie sentimentale comme elles l'entendent, ce qui n'est pas une mince affaire: les femmes n'avaient pas beaucoup de droits et faisaient souvent des mariages de convenance. Quelle époque! montre le talent de chroniqueur de Trollope. Je ne peux que vous conseiller de vous y plonger pour éprouver le même plaisir que j'ai eu.

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samedi 31 juillet 2010

Films vus et non commentés depuis le 01/07/2010

Comme je l'avais écrit, je mets mon blog en vacances estivales jusqu'au 16 août inclus.

Mais juste avant, voici un billet sur 5 films qui méritent toute votre attention.

Le premier qui l'a dit de Ferzan Ozpetek est un film sympathique avec beaucoup de chansons de variété italienne entraînantes. Mais j'ai trouvé le scénario est un peu maladroit avec des personnages dont on ne sait pas trop quel est leur rôle (comme la charmante brunette), et je n'ai pas compris tous les flash-back. Chez les Cantone, fabricants de pâtes des Pouilles dans le sud de l'Italie, deux frères, Tommaso (qui veut devenir écrivain et qui vit à Rome) et Antonio (le frère aîné et héritier putatif de la fabrique), s'apprêtent, sans s'être concertés, à révéler leur homosexualité lors d'un repas familial. Après sa déclaration, Antonio est banni par son père. Tommaso, pris de court, n'a rien révélé et devient, de ce fait, l'éventuel successeur de son père qui a du mal à accepter ce qu'il vient d'entendre. Dans cette région d'hommes machos et virils, l'homosexualité est inconcevable. L'histoire tourne autour de cette famille où les femmes sont très présentes. En particulier, la grand-mère diabétique, la tante un peu nymphomane et fantasque ou bien la mère de Tommaso et Antonio qui sait très bien qu'elle est trompée par son mari. On assiste à plusieurs scènes très drôles avec des amis de Tommaso qui viennent de Rome, essayant de ne pas montrer qu'ils sont homosexuels.

Le film argentin Lluvia de Paula Hernandez se passe à Buenos Aires sous la pluie: il tombe des trombes d'eau pendant presque tout le film. Nous faisons tout de suite la connaissance d'Alma dans sa voiture, coincée dans un embouteillage. Survient Roberto, trempé et en bras de chemise, qui semble fuir quelque chose. Il s'invite dans la voiture d'Alma. Au fur et à mesure que le film se déroule, on apprend ce qui est arrivé à Roberto, qui est Alma et pourquoi elle ne répond pas à l'appel téléphonique d'un certain Andrès. J'ai trouvé ce film magnifique grâce à  la prestation des deux acteurs, Valérie Bertucelli et Ernesto Alterio. Un film que je vous conseille absolument.

Yo tambien, d'Alvaro Pastor et Antonio Naharro, est un film espagnol sur un sujet pas facile et traité avec beaucoup de pudeur mais c'est sur le fil. On peut se sentir mal à l'aise. Daniel commence un nouveau travail dans une association. Il tombe amoureux dès le premier regard de Laura, une blonde au physique avenant (mais une femme blessée incapable d'aimer). Daniel a fait des études universitaires, c'est un homme sensible de 34 ans; mais Daniel est trisomique de la tête au pied (comme il dit). Je conseille ce film pour sa délicatesse.

L'italien d'Olivier Baroux vaut la peine d'être vu pour Kad Merad qui m'a convaincue en arabe se faisant passer pour un Italien depuis des années car comme il est dit sur l'affiche, "Qu'on s'appelle Mourad ou Dino, on est tous égaux... surtout quand on s'appelle Dino". Mourad travaille chez un concessionnaire de voitures de luxe à Nice. Son patron, qui doit partir à la retraite, pense à lui pour lui succéder mais rien ne se passe comme prévu, surtout que Mourad a un rival pour le poste. En effet, la famille de Mourad habite Marseille, le père a une attaque cardiaque qui l'affaiblit. Il charge son fils de prendre sa place pour "superviser" le Ramadan qui vient juste de commencer. Mourad ne connait rien ou presque à l'Islam. Tout ce qui s'ensuit permet à Mourad de se remettre en question, de revenir à ses racines, etc. Film plaisant.

Enfin, j'évoquerai Donne-moi ta main d'Anand Tucker qui sort le 11 août prochain. Je l'ai vu lors d'une avant-première. L'histoire se passe en Irlande pour la grande partie mais tout commence aux Etats-Unis où une jeune bostonienne, Anna, vit depuis plusieurs années avec Jérémy, un Irlandais. Ils sont beaux (surtout elle) et riches, mais elle désespère qu'il lui offre une bague de fiançailles. Elle profite de l'occasion qu'il séjourne en Irlande, une année bissextile, pour le rejoindre afin de faire elle-même sa demande, le 29 février, comme une tradition locale l'autorise. L'avion est détourné pour cause d'intempéries vers le Pays de Galles. Qu'à cela ne tienne, le compte à rebours commence pour Anna qui veut rejoindre Dublin à tout prix à la date fatidique. Le film vaut pour la prestation de la gracieuse Amy Adams, les paysages irlandais sous la pluie et pour Matthew Goode (l'Irlandais de rencontre qui aide Anna pour atteindre son but) qui n'est pas mal du tout. Film très très sympathique, idéal pour l'été.


lundi 17 mai 2010

Dérive sanglante / Casco Bay / Dark Tiger - William G. Tapply

N'ayant lu que de bonnes critiques sur les blogs (Aifelle, Kathel et Amanda entre autres), je me suis décidée (avec du retard) à acheter trois romans policiers de William Tapply, que j'ai lus d'une traite avec grand plaisir. Ils ont été publiés aux éditions Gallmeister. Le personnage central est Stonewall Jackson Calhoun, âgé d'une trentaine d'années, un homme sans passé qui a été frappé par la foudre quelques années auparavant. Devenu sourd d'une oreille et marqué par une cicatrice dans le dos en forme d'éclair, Stonewall a tout oublié suite à ce choc. Il a passé plusieurs mois dans un hôpital. Maintenant, Stonewall s'est retiré dans l'Etat du Maine (à la pointe nord est des USA) couvert de lacs très poissonneux entourés de bois. Il vit dans une cabane en compagnie de son chien Ralph, un épagneul breton. En plus de la pension d'invalidité qu'il reçoit, il travaille dans la boutique de Kate Balaban (dont il est tombé amoureux au premier regard). Plus tard, il s'associera avec elle, il s'agit d'une boutique d'articles de pêche pas très florissante. Les mouches ou tous autres appâts sont leur fonds de commerce. Ils organisent aussi des sorties sur un bateau de pêche pour des clients occasionnels. A la lecture des trois romans, on apprend des choses sur Stonewall mais on reste dans le vague. Stonewall a une mémoire photographique, aime la musique classique, connaît des techniques de combat et sait qu'il peut piloter un avion. En revanche, il ne sait pas s'il a été marié, s'il a des enfants, etc. Un homme que Stonewall a surnommé l'Homme au costume vient régulièrement le visiter pour lui demander, un peu menaçant, s'il a des souvenirs. Stonewall pressent qu'il vaut mieux qu'il ne se souvienne de rien.
Venons-en aux romans proprement dits.

Dans Dérive sanglante (Bitch creek en VO), Stoney (diminutif de Stonewall) enquête (avec l'accord du shérif du coin) sur la mort de Lyle qui était un ami étudiant (qui l'avait aidé à la construction de la cabane et lui avait apporté un jour Ralf, âgé de 8 semaines). Lyle prenait le relais de Stoney et Kate lors des sorties "pêche à la mouche". D'ailleurs au détour des pages des trois romans, l'auteur nous apprend quelques trucs sur la pêche. On sent le plaisir d'attraper un poisson, saumon ou truite, qui est ensuite remis dans l'eau. C'est lors d'une sortie dans la région avec un client que Lyle est retrouvé noyé dans une grande mare peu profonde. Il a aussi une balle dans le corps. Le client a disparu. L'enquête va faire ressurgir un passé tragique remontant à la fin de la seconde guerre mondiale.

Dans Casco Bay (The Gray ghost en VO), Stoney, devenu shérif adjoint bénévole, enquête sur la mort d'un homme qu'il avait emmené à la pêche peu de jours auparavant. Cette sortie avait été abrégée suite à une découverte macabre (un cadavre mutilé et carbonisé) sur une île de Casco Bay (d'autres cadavres vont être découverts). L'histoire se passe deux ans après Dérive sanglante. Entretemps, les relations entre Kate et Calhoun sont devenues houleuses même s'ils continuent de se voir. Kate aime Calhoun mais elle est mariée par ailleurs à Walter. Ce dernier gravement malade accepte la liaison adultère de sa femme qui a du mal à vivre cette situation. Sans dévoiler trop de l'histoire, je peux dire que les cadavres carbonisés n'étaient pas des hommes recommandables. "The Gray ghost" a deux significations dans le roman: c'est le nom d'une mouche qui sert d'appât pour la pêche et c'est aussi le surnom donné aux bonnes soeurs avec des robes grises qui vivaient sur l'île (où l'on a trouvé le premier cadavre) des dizaines d'années auparavant.

Quant à Dark Tiger (le titre original est le même, c'est aussi le nom d'une mouche-appât), l'histoire se passe peu de temps après Casco Bay. L'Homme au costume vient voir Stoney pour lui proposer une mission que ce dernier ne peut pas refuser sous peine de mesures de rétorsion que je vous laisse découvrir. Calhoun est obligé de partir au moins un mois (Katie à qui il ne peut rien dire le prend mal) dans le nord de l'état dans un lodge afin de savoir pourquoi et comment est mort un membre d'une agence gouvernementale mystérieuse. A priori, Stoney a peut-être appartenu à cette agence. Nous plongeons dans un mystère en rapport avec un attentat terroriste chimique. 

Ces trois romans sont vraiment bien et donnent envie d'aller pêcher dans le Maine ou ailleurs. Stonewall Jackson Calhoun est un personnage très attachant avec son chien Ralph qui lui sauve la mise de temps en temps. A la fin de Dark Tiger, on s'attend à ce que Stonewall vive d'autres enquêtes. Malheureusement, cela ne sera pas le cas (William G. Tapply est décédé le 28 juillet 2009).

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vendredi 23 avril 2010

Le Mystère de la maison Aranda - Jeronimo Tristante

Le Mystère de la maison Aranda (édition 10/18, collection Grands détectives) de Jeromino Tristante (qu'une blogueuse a mentionné sur son blog quand il est paru récemment en édition de poche: le titre m'a "accrochée") nous plonge dans le Madrid de 1877. Un jeune sous-inspecteur de police, Victor Ros, ancien mauvais garçon né en Estramadure, enquête, d'une part sur des crimes de prostituées poignardées sur lesquelles on retrouve trente réaux (comme les deniers du traître Judas), et d'autre part sur le pourquoi du comportement de deux jeunes femmes, toutes les deux jeunes mariées vivant dans une grande maison bourgeoise (la maison Aranda), qui, à 10 ans d'intervalle, ont essayé de tuer leur mari et sont restées prostrées depuis. Victor Ros est un digne contemporain de Sherlock Holmes, il fait des déductions avec logique, intelligence et psychologie. C'est un jeune homme brillant mais qui reste humain avec ses doutes.  J'ai dévoré ce roman qui fait 400 pages. J'attends avec impatience la parution en poche de la suite des enquêtes de Victor Ros avec Le Mystère de la veuve noire publié comme le précédent aux éditions Phébus.
Madrid nous change du Londres victorien de la même époque mais j'ai trouvé des similitudes avec la série "Charlotte et Thomas Pitt" d'Ann Perry. En particulier, la distinction des classes, le fait que les policiers ne sont pas très bien vus dans les milieux bourgeois quand ils veulent mener des enquêtes, et l'épilogue de ce roman, sont très proches de la première enquête de Thomas Pitt dans l'Etrangleur de Cater Street (aux mêmes éditions 10/18). Jeronimo Tristante connaît bien ses classiques de la littérature policière. Il est né en 1969 et professeur de biologie et de géologie, je considère que c'est un auteur à suivre.

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vendredi 26 février 2010

Sumo - Sharon Maymon et Erez Tadmor

Sumo, malgré son titre, n'est pas une comédie japonaise mais israélienne (de Sharon Maymon et Erez Tadmor). En plus du sport cher à notre ancien président, l'histoire traite de l'acceptation de soi face au surpoids, des relations entre mère et fils, et tout simplement d'amitié. C'est un film qui dégage beaucoup de chaleur humaine. Hirzl, qui pèse plus d'un quintal et demi, suit avec quatre amis (de corpulence équivalente) des séances de "weight losers". On ne peut pas dire que cela soit une réussite. Bien au contraire, l'animatrice des séances (filiforme comme de bien entendu) lui fait la morale en lui disant qu'elle le voit grossir à vue d'oeil depuis six mois. Dans le même temps, Hirzl ayant perdu son emploi de serveur de restaurant (son physique est malheureusement le responsable), il se fait engager dans un restaurant japonais. De fil en aiguille, il décide de devenir sumo après avoir vu un combat à la télévision, et il convainc les quatre copains de faire de même... C'est un film sans prétention et qui fait un bien fou. Je suis sortie de la projection toute contente, et tant pis pour eux, vraiment, si certains critiques trouvent Sumo ni très profond, ni intéressant, comme je l'ai lu.

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mardi 17 novembre 2009

The Red Riding Trilogy (1974, 1980, 1983)

Ces trois films, sortis cette semaine, sont adaptés de trois romans faisant partie de la quadrilogie de David Peace, écrivain anglais du Yorkshire né en 1967: 1974, 1977, 1980 et 1983, parus en poche aux éditions Rivages Noir. Le roman 1977 n'a pas été adapté (peut-être pour des raisons budgétaires). Chaque film dure entre 1h30 et 1h40 et il est recommandé de les voir dans l'ordre. Des personnages récurrents se retrouvent dans les trois films (parfois lors de flash-back) ainsi que les intrigues proprement dites qui sont plus ou moins imbriquées entre elles. On est plongé dans la corruption, les meurtres en série, la désespérance d'une ville sinistre, la pédophilie. C'est noir et violent mais qu'est-ce que c'est bien! Pour les amateurs de films noirs comme moi, on en redemande. Le titre de la trilogie, pour les anglicistes et pour les autres, fait référence au Petit Chaperon Rouge (Red Riding Hood). En effet, il est fait référence à un loup qui mange les enfants (de manière métaphorique) et à une petite fille avec une cape et des bottes rouges.

Dans le premier film de la trilogie, 1974, réalisé par Julian Jarold, l'histoire se passe dans le West Yorkshire, en Angleterre. Un jeune journaliste, Eddy Dunford, enquête sur trois petites filles disparues entre 1972 et 1974. Le corps de l'une est retrouvée. La jeune victime a subi les derniers outrages et des ailes de cygnes ont été cousues dans son dos. En parallèle, nous faisons connaissance avec les flics locaux, tous corruptibles, pourris, assassins, tortionnaires, qui touchent des pots-de-vins d'un homme d'affaires de la région, Peter Dawson. Ce dernier veut construire un centre commercial au mépris des lois (quitte à brûler un campement de gitans pour récupérer un terrain). Peter Dawson a une belle maison en forme de cygne. Un pasteur qui officie dans le secteur console les âmes en peine. Evidemment, ces intrigues sont liées.

Dans le deuxième, 1980, réalisé par James Marsh, c'est un flic venu de l'extérieur, Peter Hunter, qui mène l'enquête sur l'assassinat de prostituées par l'éventreur du Yorkshire. Peter Hunter est en butte à l'hostilité de ses collègues, dont la plupart sont les mêmes que dans la première partie. Ils ne veulent toujours pas qu'on se mêle de leurs affaires. Parmi les crimes, l'une des victimes ne semble pas avoir été tuée par le même tueur. D'ailleurs, on apprend qu'elle n'était pas une prostituée mais un témoin gênant pour une des affaires qui s'est passée en 1974. Peter Hunter comme Eddy Dunford ont une fin de vie pour le moins brutale.

Dans le troisième, 1983, réalisé par Anand Tucker, le triste héros du film est un avocat un peu largué, John Piggott, alcoolique, enfant du pays. Cet opus qui termine la trilogie reprend des éléments des deux précédents dont la disparition des trois petites filles. En effet, une 4ème disparaît alors que le coupable présumé arrêté à la fin de 1974 est en prison.

J'ai trouvé une belle unité entre ces trois films (réalisés en 2009 par trois réalisateurs différents que je ne connais pas).
Le troisième est peut-être celui qui m'a le moins convaincue, mais l'ensemble est homogène avec des acteurs anglais remarquables comme souvent (Peter Mullan, David Morrissay, Warren Clarke, Andrew Garfield, Paddy Considine, Mark Addy). Je ne saurais trop vous conseiller d'aller voir ces films sortis dans une seule salle à Paris. Ils se donnent en alternance et les spectateurs les voient à la suite (comme moi). On sort un peu groggy. Depuis, je me suis commandé les quatre romans que je lirai dès que possible. Sinon
Rob Gordon dit beaucoup de bien de la trilogie ici, encore ici et , ainsi que Vierasouto.

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jeudi 5 novembre 2009

La vérité sur Marie - Jean-Philippe Toussaint

C'est le deuxième roman que je lis de cet auteur (après La salle de bain, il y a déjà quelques années). J'ai acheté La vérité sur Marie (paru aux éditions de Minuit) parce qu'il fait partie de ces romans dont on parle (comme on dit) et que j'ai lu de bonnes critiques (il faisait partie des 4 finalistes du Goncourt, cette année). Mango en a fait aussi un billet. Quand on a terminé le roman, on ne sait pas grand-chose de Marie et aucune vérité n'est dévoilée. En revanche, c'est une histoire d'amour et certainement de jalousie racontée par le narrateur, qui retrouve Marie dans de tristes circonstances alors qu'ils s'étaient séparés depuis quatre mois. Le roman est divisé en trois parties. Dans la première, nous sommes dans le présent. Le narrateur qui vient de faire l'amour avec une femme appelée aussi Marie, se rend chez la Marie (du titre) qui l'a appelé en urgence. L'homme avec qui elle avait passé la nuit (Jean-Christophe de G) vient d'avoir une attaque. Comme le narrateur aime encore Marie (même si ce sentiment n'est plus partagé), il est jaloux de ce qui a pu se passer. La deuxième partie est une évocation (réinventée par le narrateur) d'un moment du passé pendant lequel Jean-Christophe de G (de son vrai prénom Jean-Baptiste) était éleveur de pur-sang. A Tokyo, un de ses chevaux, Zahir, tombe malade, alors qu'il devait participer à une course. Le récit nous décrit comment un cheval effrayé et souffrant doit prendre l'avion. C'est en effet à Tokyo que Marie avait rencontré Jean-Christophe de G. La troisième partie se passe dans le futur (l'été suivant), sur l'île d'Elbe. Marie se trouve dans la maison de son père (mort un an plus tôt). Là encore, les chevaux tiennent un rôle essentiel. Mais le feu qui détruit tout sur son passage aussi. Ce sont les vraies retrouvailles de Marie et du narrateur. Tout le texte est en discours indirect avec la présence de Marie à chaque paragraphe "Marie fait ceci", "Marie fait cela..." Mais on ne sait pas ce que pense ou dit Marie, à part une phrase qu'elle dit vers la fin du roman: "Tu sais, je n'étais pas sa maîtresse...". Même si l'histoire est très ténue, il faut lire ce roman car Jean-Philippe Toussaint est un styliste, il travaille et cisèle ses phrases (parfois longues) de telle façon que la lecture est un vrai plaisir (en tout cas en ce qui me concerne). Ce roman de 200 pages est paraît-il un prolongement de Faire l'amour et de Fuir où l'on trouve déjà le personnage de Marie. Je n'ai lu ni l'un ni l'autre mais ce n'est pas gênant pour apprécier La Vérité sur Marie.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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