mardi 30 septembre 2008

Impressions sur l'Est canadien (3)

Je vais dire quelques mots de la faune du Canada.

Ce pays compte paraît-il 75000 ours bruns. J'en ai aperçu un seul, nous étions en car, il a semblé aussi surpris que nous. Le temps que le chauffeur effectue une marche arrière, l'ours s'était évidemment éclipsé. Quant au grand herbivore nommé orignal, je n'en ai pas vu un seul. Il paraît qu'il y a aussi 1.000.000 de castors. J'en ai aperçu... au biodôme de Montréal! Dans la nature, nous avons "seulement" vu leurs barrages ou des arbres abattus, car la bête est nocturne. N'en déplaise à Mme B*rdot, je me suis ramenée une magnifique étole en castor, très douce et très chaude. Il semble que le castor soit aujourd'hui bien davantage menacé par le rétrécissement de son habitat (urbanisation humaine) que par la convoitise pour sa fourrure. La "trappe" est très règlementée (avec des quotas de prises pour les castors, mais aussi les visons ou les rats musqués...), et il ne doit plus être possible de vivre de ce seul métier, selon le trappeur qui nous a fait une conférence (il gagne moins de 1000$ canadiens par mois, nous a-t-il dit).

Les fous de Bassan
Le Québec abrite la plus grande colonie de fous de Bassan au monde en 2008 (avant celle des îles Kilda en Ecosse) sur l'Ile Bonaventure. En pleine saison, plus de 121 000 oiseaux sont rassemblés, du côté de l'île opposé à celui où les bateaux accostent. Dans cette réserve naturelle, il n'y a ni eau courante ni électricité (mais toilettes sèches, et vaisselle et couverts recyclables dans le restaurant à touristes). Plusieurs sentiers, plus ou moins longs, permettent de se rendre vers les colonies. On entend les cris des oiseaux bien avant de les distinguer, en raison de la végétation. Ensuite, on longe à quelques dizaines de mètres, séparés par une simple barrière, ces rassemblements impressionnants. Les fous sont organisés en couples, possesseurs d'un nid qu'ils se relaient pour garder ainsi que leur unique jeune de l'année. Celui-ci doit impérativement naître au bon moment (en même temps que tous les autres), car il devra être capable de migrer pour redescendre vers le sud (ces fous-là hivernent en Floride). Et d'autre part, leur séjour sur l'Ile Bonaventure est synchronisée avec la présence des bancs de poissons dont ils se nourrissent. Quand nous sommes passés, il nous a été dit qu'une partie de la colonie était déjà partie (les derniers n'allaient pas tarder). La population croît de 3% par an sur l'île.

Les baleines du Saint-Laurent
A la frontière des eaux du lac Saguenay (eau douce) et des eaux du Saint-Laurent (eau salée), au large de la ville de Tadoussac, figurait au programme une mini-croisière d'observation des baleines en vedette. Et, effectivement, nous en avons aperçu, mais rapidement et pas de très près. D'autres les approchaient de plus près en Zodiac, mais c'était plus cher! Pour les observer, j'ai l'impression que la "noria" des embarcations n'arrêtait pas de la journée. Les guides étaient capables d'identifier chaque animal par la forme de son jet.
A ce qu'on nous a dit, il y avait 3 baleines à bosse en début de saison, mais il n'en restait plus que 2 à ce moment-là. En ce qui concerne les rorquals, on les entendait d'abord souffler, puis, quand on tournait les yeux et l'objectif dans la bonne direction, on observait comme un petit jet d'eau vaporisé (mais ça n'a pas donné grand-chose sur mes photos). Pour les belugas, on voyait leur dos émerger, ils sont blancs. Une des deux baleines à bosse nous a montré sa nageoire caudale au moment de replonger. Tout le monde a déjà vu des images spectaculaires en photo, à la télévision ou au cinéma. Les voir "en vrai", c'est quand même impressionnant. Mais cela permet de comprendre la patience (et le matériel) nécessaires pour obtenir des images impeccables.

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dimanche 28 septembre 2008

Impressions sur l'Est canadien (2)

Au Québec, il existe certaines recettes culinaires que j'ai pu tester, sauf la poutine qui désigne communément un mets d’origine québecois traditionnellement constitué de frites et de fromage en grains de cheddar frais que l’on recouvre d’une sauce espagnole chaude de type «barbecue» faisant fondre en partie le fromage, le ramollissant un peu.
En revanche j'ai goûté le fromage en crotte, l'autre nom du fromage en grains, cela fait comme du caoutchouc sous la dent mais ce n'est pas mauvais du tout.

"Du singe"
Ce n'est pas du vrai quadrumane comme je le croyais, c'est un surnom pour un genre de "corned beef". Croyez-moi si vous voulez, il a fallu que j'aille jusqu'à Montréal (où c'est un plat typique) pour l'apprendre! Personnellement, cela m'a beaucoup fait penser au sandwich au pastrami que l'on trouve dans les "delicatessen" de New-York. Le "corned-beef" est fumé et assaisonné avec des épices et accompagné d'un cornichon et d'une salade de chou.

Des bisons à la ferme
"La Bisonnière" que nous avons visitée près du village de Saint-Prosper, en Mauricie, est d'abord une aventure humaine. Un couple de passionnés (infirmière et informaticien) qui ont entraîné leurs parents et leurs 4 enfants dans l'élevage de ces animaux, et qui ont fini par arriver à en vivre. Récemment, ils ont vécu un "coup dur" (incendie d'une partie de leurs bâtiments et matériel), ont envisagé un moment d'abandonner l'aventure, et se sont aperçu que la solidarité n'est pas un vain mot au Québec: leurs voisins et amis sont venus les soutenir, les aider à reconstruire et à passer ce cap difficile. Leur ferme est organisée pour recevoir des groupes de touristes (particulièrement français, belges, suisses...), et leur présenter l'animal. Sortant de la période de reproduction, le "mâle dominant" de leur harde avait perdu 150 kg dans l'accomplissement consciencieux de ses obligations de reproducteur, nous a-t-on dit. Ils possèdent entre 150 et 200 têtes (ils en abattent une cinquantaine par an pour la chair - 2 par semaine en saison touristique!). La viande de bison est paraît-il une des meilleures qui soient (moins grasse que la viande de boeuf, pas de cholestérol), en tout cas, c'est goûteux, ai-je trouvé! J'ai dégusté un délicieux ragoût de bison (mijoté depuis la veille), mais ai été moins convaincue par la tourte au bison. Je n'ai pas testé les saucisses de bison. Quant au "pudding chômeur", c'est du pain rassis qui ne contient pas de bison mais est recouvert de sirop d'érable, le type même du dessert roboratif.
Quand j'ai parlé de cette visite à mon ami en France, il a jeté un coup d'oeil sur le net, et m'a informé avec surprise qu'il existait une "Association des éleveurs de bisons" en France, regroupant plusieurs dizaines d'exploitation et totalisant 1500 têtes, et, évidemment, en conformité avec la norme "Bisons" du Ministère de l'agriculture!

Du sirop d'érable
Pour les quelques personnes qui l'ignorent encore, la feuille d'érable est le symbole du Canada. Elle devient rouge à l'automne et non marron clair comme les autres feuilles d'arbres. Pour l'anecdote, les quelques petits pots ou flacons que je tenais absolument à ramener de là-bas m'ont coûté fort cher: je ne les avais pas mis dans mes bagages mais les avais avec moi. A l'aéroport, pour le retour, la douane a refusé que je les prenne parce qu'ils contenaient chacun plus de 100 ml. Comme je ne voulais pas y renoncer, pour les enregistrer comme bagage, il a fallu que je m'achète dans ledit aéroport un sac de voyage supplémentaire (22$ canadiens, grrr!). L'authenticité a un prix! Si cette expérience peut éviter à d'autres de se faire "piéger" comme moi... A part ça, le prix des produits de l'érable, c'est comme le pétrole, il a augmenté car cette année, il a beaucoup plu et les arbres ont produit beaucoup moins de sirop d'où une hausse certaine, environ 8 $ canadiens les  250 ml. Au Canada, le prix des produits de l'érable est net de taxes, à la différence des autres biens de consommations auxquels il faut ajouter environ 15% de taxe au prix affiché.

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vendredi 26 septembre 2008

Impressions sur l'Est canadien (1)

Toronto et son Festival de cinéma
Toronto est presque devenu un passage obligé pour des films venus du monde entier afin d'avoir une chance d'être acheté par un distributeur américain et d'y faire carrière. Ce festival est ouvert au grand public. Quelle différence avec Cannes! Les projections se font dans différents cinémas de la ville. J'ai pu voir des queues de personnes qui attendaient pour assister à une séance. A part cela, Toronto est une ville laide du point de vue architecture mise à part deux ou trois édifices dont le vieil hôtel de ville. Les immeubles d'habitations semblent être en préfabriqués, les autres bâtiments hébergent, pour la plupart, les deux pôles d'activités de cette ville anglophone: les banques et les sociétés d'assurances. 

Les Chutes du Niagara
Notre périple a commencé par une excursion là-bas, à 1h30 de route de Toronto. Surtout si vous allez aux Chutes du Niagara, faites-les AVANT Iguaçu (je ne connais pas les chutes Victoria au Zambèze) sinon vous serez déçu. Niagara ce sont deux belles chutes (surtout celle côté canadien) mais c'est tout. Nous avons pris un bateau "The maid of the mist" qui s'approche de très près et cela a été l'occasion de prendre une bonne douche. La ville de Niagara reste une destination pour jeunes mariés (surtout américains?) avec une partie de la ville formatée à cette intention, style Disneyland en plus hideux. En revanche, près de Québec, vous avez les chutes Montmorency dont je n'avais jamais entendu parler et que j'ai vues de loin car les deux fois où on aurait dû y aller, il a fait mauvais temps.

Les phares de Gaspésie
Cette région visitée vers la mi-séjour m'a rappelée la Bretagne, avec ses phares en bord de mer (il s'agit de phares côtiers et non sur îlots). Je suis montée sur l'un d'eux (150 marches). Certains sont toujours en état, mais surtout dans un but de conservation du patrimoine: aujourd'hui, ces phares sont supplantés par la navigation au GPS. D'autres ont été transformés en auberge ou en musée. Nous n'avons pas pu malheureusement bénéficier d'une visite guidée car notre temps de visite était mesuré. Comme bâtiments, ils ont des formes et des couleurs variés. Le plus ancien remonte à 1858. Je ne vous infligerai pas les miennes, mais vous trouverez quelques photos sur internet

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mercredi 24 septembre 2008

Préambule à mes chroniques canadiennes

J'entame dès aujourd'hui une petite série de billets sur mon séjour au Canada (en voyage organisé, avec une femme guide et un chauffeur québecois). Rassurez-vous, je n'ai pas l'intention de vous en infliger un compte-rendu exhaustif! Mais réellement, divers thèmes, plusieurs lieux remarquables, méritent le voyage. Après presque 8 heures de vol, me voici arrivée (le jeudi 4 septembre 2008) à Toronto où débute le même jour le Festival International du Film. Cet arrêt dans la capitale financière du Canada permet d'excursionner une journée aux Chutes du Niagara. Puis, en quittant Toronto, petite croisière de 1h30 sur le Saint-Laurent aux 1000 îles (1865 plus exactement qui appartiennent à des particuliers plutôt aisés; elles peuvent avoir une superficie de 100 km2 ou quelques mètres carré, il faut qu'il y ait au moins un arbre ou un arbuste). Les jours suivants, direction vers le Nord, le long du Saint-Laurent en car. Nous avons fait un crochet par Ottawa une journée, puis à nouveau vers le fleuve, arrêt à Montréal qui se trouve sur une île, pour enfin faire un tour en Gaspésie grâce à un laquier avant de revenir sur Québec qui vient de fêter ses 400 ans. Le voyage s'est terminé au Lac Taureau dans la Lanaudière après s'être arrêté dans un élevage de bisons en semi-liberté. 
Et (soupir) j'ai repris le boulot cette semaine après avoir encaissé le décalage horaire du retour à Paris. Voilà pour commencer. J'intercalerai la suite de mes chroniques canadiennes les jours pairs, tout en reprenant le cours normal de mon blog les jours impairs.

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