mercredi 18 juillet 2018

Heather, par-dessus tout - Matthew Weiner / Cette nuit - Joachim Schnerf

Comme indiqué sur les étiquettes, j'ai emprunté et lu ces deux courts romans en une semaine. Dans les bibliothèques parisiennes, à quelques exceptions près, beaucoup de nouveautés sont empruntables seulement une semaine non renouvelable à moins de se déplacer pour les emprunter à nouveau. Je prends des livres courts dans la mesure du possible.

Toujours est-il que je suis tombée sur Heather, par-dessus tout de Matthew Weiner (Editions Gallimard, 133 pages), qui avait été recommandé à sa sortie à la rentrée 2017 par de nombreux libraires que je fréquente. Je me demande un peu pourquoi. Je n'ai pas été emballée plus que cela. L'écrivain qui est le scénariste principal et coproducteur de la série télé Mad Men nous raconte l'histoire d'un couple, Karen et Mark Breakstone, qui se sont mariés sur le tard à plus de 40 ans et ont eu la joie de devenir les parents d'une petite Heather qui deviendra une jolie adolescente. Karen a mis sa carrière d'attachée de presse entre parenthèses pour s'occuper d'Heather tandis que Mark, malgré qu'il n'ai pas réussi autant qu'il le souhaitait dans les affaires, devient riche. La famille s'installe dans un appartement huppé de Manhattan. Bobby Klarski, lui est nettement moins chanceux dès la naissance avec une mère célibataire, alcoolique, droguée, et de nombreux amants qui profitent d'elle. Bobby devenu grand va faire un peu de prison et puis, après sa libération, il fera des petits boulots qui va le conduire jusqu'à travailler sur un échafaudage en face des fenêtres de la famille Breakstone. Je vous laisse découvrir la suite. La chute finale assez abrupte ne m'a pas trop convaincue.

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En revanche, je conseille Cette nuit de Joachim Schnerf (Editions Zulma, 145 pages). Le roman a obtenu le prix Orange 2018. J'ai appris plein de choses sur la fête de Pessah (la Pâques juive, qui commémore l'exode des Juifs hors d'Egypte), sur le rituel du Séder qui se passe le soir (d'où le titre du roman) et sur les autres rites et coutumes de cette semaine très importante du judaïsme. Salomon, un vieil homme, vient de perdre sa femme Sarah après 50 ans de mariage. Salomon est un rescapé des camps de concentration. Cela lui permet de faire des blagues sur la Shoah, pas toujours bien comprises par sa famille. Salomon et Sarah ont eu deux filles, Denise et Michelle. Toutes les deux mariées, la première n'a pas eu d'enfant mais la deuxième en eu deux, un garçon et une fille. Cette famille est donc réunie pour Pessah et l'absence de Sarah se fait cruellement sentir. Salomon se remémore quand elle était encore de ce monde. Je me suis très vite attachée à cette famille composée de personnages très différents: Michelle au caractère difficile, Denise, une femme effacée, le mari de Michèle, Patrick et ses problèmes intestinaux, le mari de Denise, Pinhas, qui est le seul à rire aux blagues de Salomon. Je n'oublie pas Tania et Samuel, les enfants de Michèle et Patrick. Mais Salomon, le personnage central du roman, est bouleversant. Un roman et un écrivain à découvrir. Lire les billets de Violette, d'Amandine, de Motspourmots et de Jostein.

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mercredi 24 janvier 2018

Les heures sombres - Joe Wright

J'ai d'abord hésité à aller voir Les heures sombres de Joe Wright car je n'avais pas été convaincue par l'adaptation filmique Reviens-moi du roman Expiation de Ian McEwan mise en scène par ce réalisateur. Je ne regrette pas d'être allé voir Les heures sombres (bien au contraire). Cela m'a plu (comme à Pascale). L'histoire se passe entre le 9 et le 26 mai 1940. L'armée allemande avance écrasant tout sur son passage. L'Europe (dont la France) est déjà pratiquement vaincue. Plus de 300000 soldats anglais sont à Dunkerque et ils attendent. A Londres, Neville Chamberlain, gravement malade, laisse sa place à Winston Churchill rappelé en urgence malgré l'opposition contre lui dans son propre parti conservateur. Même le roi George VI a des doutes sur les capacités de Winston Churchill à mener un combat contre Hitler "le peintre en bâtiment", comme Winston le surnomme à un moment donné dans le film. Seul mais avec le soutien indéfectible de son épouse Clementine (Clemmie) depuis 1908, le premier ministre prendre des décisions qui changeront le cours de l'histoire,et en particulier il ne négociera aucun traité de paix avec Hitler ou son "valet" Mussolini. C'était un temps où les discours passaient à la radio, ce qui nous permet d'entendre des extraits mémorables. Le film se termine quand les soldats britanniques vont être rapatriés grâce à des embarcations civiles. Gary Oldman (que j'apprécie beaucoup) se sort très bien du rôle écrasant de Winston. Il recevra très certainement l'Oscar du meilleur acteur en mars prochain à Hollywood. Je n'ai pas été gênée par le fait qu'il porte des prothèses qui le rendent méconnaissable. A ses côtés, Kristin Scott Thomas dans le rôle de Clemmie est divine. Grand buveur et surtout fumeur de cigares, Winston Churchill (prix Nobel de littérature en 1953) ne fut pas exempt de défauts et a eu des positions discutables sur certaines questions, mais beaucoup lui a été pardonné pour s'être montré à la hauteur pendant la deuxième guerre mondiale. Un grand nombre d'hommes politiques d'aujourd'hui devrait s'en inspirer. Un film à voir.

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samedi 7 octobre 2017

Scoopette - Wolinski

Je repasse à Wolinski sous l'angle (arrondi) d'une de ses héroïnes féminines (pas seulement une silhouette). Après avoir évoqué des oeuvres "gentilles", je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) voulais revenir à un peu plus de truculence wolinskienne. Voici donc Scoopette, la nympho de l'info (Canal+ éditions, DL avril 1994).

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Si j'ai bien compris, cet album reprend des dessins réalisés pour Canal Plus, dans le cadre de l'émission Nulle part ailleurs lors de la saison 1993-94 (?). Faute d'avoir regardé cela à l'époque, j'ignore quel est le volume publié par rapport à la production. En 2017, il semble qu'on ne puisse trouver sur la Toile d'images des dessins présentés lors de l'émission (en tout cas, je n'ai pu en trouver).

En couverture de cet album, la litanie des 10 prénoms évoque pour moi le charme suranné d'une chanson de Marie Laforêt (Boris, en dernier lieu...), empreinte du temps qui passe. En feuilletant les pages, les décomptes de fréquence d'apparition donnent: François 7 (Mitterrand 5 et/mais Bayrou 2!), Helmut [Kohl] et John [Major] zéro (publicité mensongère! - mais Wolinski aurait pu [me] répondre que c'était les prénoms des "anonymes" représentés par ailleurs...), Charles [Pasqua] 2, Edouard [Balladur] une douzaine, loin devant Jacques [Chirac] (5 - mais ce dernier a les honneurs - prémonitoires? - de la 4ème de couv'), Valéry [Giscard d'Estaing] 2, Bill [Clinton] 4, Boris [Eltsine] 5. Je suppose que mettre en avant Bernard [Tapie] (4 apparitions) aurait été malvenu, tandis que Georges (Marchais - 2 ou même l'auteur, une fois!) aurait été ambigu... L'ironie pouvait viser le personnage public concerné, ou une situation. Plus de 20 ans après, les politiciens concernés ont pour la plupart disparu du paysage politique actif... mais les situations peuvent perdurer. 

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Quel "gimmick" caractérise notre Scoopette? C'est évidemment un peu répétitif en terme de dialogue (question / réponse - qui s'adresse rarement à elle-même), tandis que les situations sont variées (dedans, dehors, en l'air, sur l'eau...). On remarquera que le Père Noël est seul (dans l'album) à l'appeler de son nom et à la tutoyer. Le reste du temps, Scoopette tend son micro phallique à tel ou tels interviewés (quand elle n'a pas les deux mains occupées). Notre intervieweuse de charme (soit voyeuse, soit actrice) se frotte à des hommes politiques politiques, des anonymes, des people, des sportifs, quelques missionnaires (dont 1 en apesanteur), masculins le plus souvent... On trouve de très rares interview en tête-à-tête avec des femmes (Simone Veil, sévère (x2!); Diana, sous les objectifs des photographes; Margaret Thatcher, des patineuses sur glace; une ménagère russe... ou la petite-fille de Mussolini - plus hard). Et en terme de zoophilie? Scoopette n'interroge pas de raton laveur (seulement Mickey!), mais quelques animaux: ours, flamand rose, kangourou... Ses principaux accessoires? le micro sus-évoqué, et un nagra - j'ai bien écrit nagra).

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La publication remontant aussi à un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître (avant le "décollage" d'internet), on trouve très peu de critiques spécifique à Scoopette sur la Toile. Et plus de 20 ans avant le massacre de Charlie Hebdo, les seuls religieux mis en situations sont l'abbé Pierre et le pape.

Sans transition, voici encore quelques dessins picorés dans cet album sans numéro de pages.

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Pour finir, j'ai aussi pioché quelques jolies journalistes préfigurant Scoopette, ou les réflexions sur le journalisme visibles ci-dessous, dans les albums Le programme de la droite (1986, Denoël), Bonne année (1987, Denoël) et Il n'y a plus d'hommes (1988, Flammarion). Le personnage même de Scoopette a été réutilisé dans quelques planches en couleur de Trop beau pour être vrai (1998, Albin Michel), montrant ses aventures phantasmées en tant que journaliste à L'Echo des savanes (je n'ai pas pris les planches avec Chirac lubrique ou Jospin soporifique). Bien entendu, je ne m'interdis nullement de revenir moi-même sur chacun de ces albums, ultérieurement.

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*** Je suis Charlie ***

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samedi 2 septembre 2017

Seven sisters - Tommy Wirkola / Les proies - Sofia Coppola / Wind River - Taylor Sheridan

Seven Sisters est un thriller futuriste pas désagréable à voir, même si la fin n'est pas tout à fait réussie. L'un des atouts du film est Noomi Rapace qui interprète des septuplées. Nous sommes en 2079. Depuis plus de 30 ans la planète Terre connaît un problème de surpopulation. La politique de l'enfant unique a été instaurée et tous les enfants surnuméraires sont enlevés et confinés dans un endroit bien gardé. Personne ne sait ce qu'il leur arrive. En 2049, Terrence Settman, un scientifique, a assisté à l'accouchement de sa fille (elle en est morte). Elle a donné naissance à sept filles. Terrence décide de les appeler Lundi, Mardi, etc. jusqu'à Dimanche. Pendant trente ans, ces filles identiques vont grandir dans la clandestinité grâce à leur grand-père. Quand elles sortent dehors à tour de rôle dans la rue pour aller travailler ou se promener, elles le font le jour de la semaine qui correspond à leur prénom. Chaque soir, grâce à une caméra grefféee sur elles, elles font un compte-rendu de leur journée pour que les autres ne fassent pas d'impair quand c'est à leur tour de sortir. Car bien entendu, le monde de 2079 est hyper-connecté. Autant ces jeunes femmes se ressemblent, autant leur personnalités sont différentes. Un jour, malheureusement, la machine s'enraye quand un lundi soir, Lundi ne revient pas au domicile. Les six autres vont se mettre à sa recherche. Je ne vous en dis pas plus. Il y a pas mal de suspense. Les méchants de l'histoire ne sont vraiment pas sympathiques. Le style du film m'a fait penser à Hunger Games, au Labyrinthe ou même à Divergente. Les effets spéciaux avec sept Noomi Rapace dans le même plan sont réussis. Pourquoi pas?

Je passe au long-métrage de Sofia Coppola, Les proies (Beguiled en VO) qui a reçu le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes en 2017. Après avoir revu tout récemment le film de Don Siegel de 1971 avec Clint Eastwood, j'ai trouvé que le film de Sofia Coppola n'était pas déshonorant mais il manque tout de même l'aspect sexualité réprimée et la jalousie causées par le caporal McBurney dans les Proies de 1971. En 1864, en pleine guerre de Sécession, en Virginie, un état sudiste, une des cinq jeunes pensionnaires d'une école de jeunes filles trouve un soldat yankee gravement blessé près d'un arbre. Elle le ramène dans l'école, une belle demeure sudiste. Le caporal va doucement se remettre et va provoquer des tensions au sein de ce groupe féminin. L'image est très léchée, il y a des très beaux plans. Colin Farrell, sans être comparé à Eastwood, est plutôt pas mal, ainsi que les actrices, Nicole Kidman en tête qui est toujours très à l'aise dans ce genre de rôle. Mais l'ensemble reste très sage. Lire le billet de Pascale.

Je termine avec Wind River de Taylor Sheridan dont c'est le premier long-métrage. Il est aussi acteur et il est le scénariste de Sicario et Comancheria. De nos jours, dans le Wyoming, en territoire indien, en plein hiver, c'est-à-dire avec -30° comme température extérieure, on suit Cory Lambert, un chasseur qui traque les loups menaçant un troupeau de moutons. Avec son motoneige, parcourant les étendues neigeuses, il découvre le cadavre d'une jeune femme qu'il connaissait, une Amérindienne qui fut l'amie de sa fille, elle aussi décédée sans qu'on ait retrouvé son corps. Une agente du FBI, dépêchée sur les lieux, va, avec l'aide de Cory, poursuivre le meurtrier. L'intérêt du film réside dans le fait que la victime est Amérindienne et que l'enquête est menée dans des conditions climatiques extrèmes. Cory sait voir les traces qui le conduiront au meurtrier. La victime a couru 10 km pieds nus dans la neige avant de mourir. Le meurtrier lui, fera à peine cinq cents mètres avant de s'écrouler avec les poumons explosés. Un film qui se laisse voir même si c'est inférieur aux deux films mentionnés. Lire le billet de Wilyrah.

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mardi 30 mai 2017

L'ours est un écrivain comme un autre - William Kotzwinkle / Ma part de gaulois - Magyd Cherfi

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Est-ce que vous saviez que les ours pouvaient être des écrivains? Je l’ai appris grâce au roman distrayant de William Kotzwinkle (écrivain américain né en 1938 dont je vous recommande Midnight Examiner). Dans L’ours est un écrivain comme un autre (Editions 10/18, 286 pages, paru aux Etats-Unis en 1996 et traduit en français en 2014), un gros ours, sympa et très gourmand, s’empare d’un manuscrit caché sous un vieil épicéa dans une forêt du Maine aux Etats-Unis. L’auteur de «Désir et Destinée» (c'est le titre du manuscrit) est un professeur d’université, Arthur Bramhall, peu fait pour l'enseignement et sujet à la dépression. Il avait caché l'unique exemplaire du manuscrit d'un livre qu'il a été obligé de réécrire après que le premier jet a été brûlé dans l'incendie de sa ferme. L'ours, qui veut ressembler à un humain, dérobe des vêtements dans un magasin et part pour New-York. Là, il trouve tout de suite un agent littéraire enthousiasmé par le roman, dont l'ours a gardé le titre, mais en ayant changé l'auteur et mis le nom qu'il a choisi, "Dan Flakes". Ce qui est amusant dans le roman, c'est que nous, lecteurs, on sait que c'est un ours, mais les personnages du roman ne le perçoivent pas comme tel, même s'ils trouvent son comportement étrange ainsi que sa manière de s'exprimer. Il parle par monosyllabes ou, quand il dit un mot, les gens en comprennent un autre. Dan va connaître les joies de manger encore et encore, de vivre dans le luxe, de devenir un écrivain célèbre et surtout de connaitre de charmantes "femelles", lui qui dans sa forêt du Maine n'avait la possibilité de batifoler qu'une fois par an. Pendant ce temps, le pauvre Arthur Bramhall devient un ours... C'est un roman savoureux que je conseille.

 

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Je passe à un récit autobiographique, Ma part de Gaulois de Magyd Cherfi, le parolier du groupe toulousain Zebda. J'ai été tout d'abord attirée par la photo de couverture de ce livre publié chez Actes sud (259 pages): une photo de famille sur laquelle on voit le petit Magyd au premier plan. Magyd Cherfi est né en 1962 à Toulouse dans une famille d'origine Kabyle. Dans Ma part de Gaulois, il évoque son année du bac en 1981, l'année de l'arrivée de Mitterrand au pouvoir. Magyd est un phénomène dans son quartier, il aime l'oeuvre de Flaubert et il est le premier "Arabe" de la cité à passer son bac. Il a intérêt à l'avoir car sa mère compte sur lui. C'est un récit vivant et optimiste malgré les obstacles sur le chemin du diplôme. En particulier, Magyd est l'objet de moqueries de la part de quelques "durs" de la cité. Tout en préparant le baccalauréat, Magyd fait du soutien scolaire et il écrit des poèmes, il rédige des lettres à la demande. Un parcours qui fait du bien.

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jeudi 13 avril 2017

Cartel - Don Winslow

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Cartel (Editions du Seuil, 710 pages haletantes) de Don Winslow est la suite de La griffe du chien (voir mon billet). Quand débute Cartel, en 2004 Adán Barrera, un narcotrafiquant, est derrière les barreaux dans une prison de haute sécurité mexicaine mais plus pour très longtemps. En effet, il organise son évasion grâce à l'argent qu'il a versé à tous les gardiens. Adàn redevient le chef du cartel de Sinaloa. Face à lui, Art Keller (ancien agent du DEA), qui avait mis Adán derrière les barreaux, est obligé de reprendre la traque. Adán met la tête de Keller à prix pour 2 millions de dollars et s'engage à mettre la main sur les états limitrophes avec les Etats-Unis avant d'envahir tout le Mexique en écrasant les cartels rivaux. Mais des adversaires redoutables se présentent. Anciens militaires de l'armée mexicaine, ils se font appeler les zetas et sèment le meurtre et la violence. Les victimes se comptent par centaines. en étant décapitées, démembrées, éventrées, exécutées d'une balle ou brûlées vives. Tout ça pour l'argent de la drogue et des armes. Je ne vous décrirai pas le sort réservé aux femmes. Le monde décrit dans Cartel est terrible, cauchemardesque et sans beaucoup d'espoir. Car même si Cartel est un roman, il raconte une histoire tirée de faits réels. En préambule du roman, Winslow donne une liste de plus de 100 journalistes "disparus" ou assassinés (et il y en a eu d'autres) pour avoir essayé de raconter ce qu'il se passe. Le roman se termine en 2014. Le style est fluide. J'ai été "happée" dès le début. Je ne sais pas si c'est un grand roman (l'histoire est très noire) mais c'est un très bon roman. Lire les billets élogieux de Leatouchbook, Inganmic, Athalie, Richard, Didi et Cannibales lecteurs.

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mardi 7 mars 2017

La divine sieste de papa - Maryse et Georges Wolinski / J'hallucine! - Wolinski

J'ai (ta d loi du cine, squatter chez dasola) récemment trouvé à acheter (d'occasion, forcément) La divine sieste de papa (éditions Messidor / La Farandole, 1981 [ça ne nous rajeunit pas]). Les parents de la jeune Elsa s'étaient partagés les rôles: Maryse Wolinski racontait (mêlant factuel et fictionnel), et Georges illustrait de dessins fleuris et pastels. Voici ce qu'on peut trouver sur le site internet de Maryse.

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Un album joliment tendre, dont on peut se demander si une réédition pourrait être envisageable, à l'intention d'un public enfantin? L'album est intemporel. Je suppose qu'Elsa aurait aussi son mot à dire sur la question. Il est clair que cet album est nettement moins "trash" que d'autres.

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Je n'ai pas (encore) l'album Tout est politique également paru chez Messidor en 1981, mais la main panière en couverture de ce dernier me fait penser que son contenu doit être nettement moins fleur bleue... Un tome 2 de La divine sieste de papa est paru en 1987 (je ne l'ai pas non plus - pas encore). Ensuite, pour ce qui peut concerner la "jeune" Elsa, évoquée (prétexte fictionnel à nouveau, je suppose?) dans J'hallucine! en 1991 en tant que post-ado, elle est même la dédicataire de cet album (que j'avais acheté en 1999).

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Selon la 4ème de couv (avec photo d'Elsa, que je n'ai pas mise ici), ce recueil rassemble des dessins et planches (je n'en ai pas repris non plus) réalisés pour le journal Phosphore entre 1987 et 1991.

*** Je suis Charlie ***

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vendredi 20 janvier 2017

La griffe du chien - Don Winslow

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Le roman La griffe du chien de Don Winslow (Editions Points Le Seuil, 825 pages haletantes) a été écrit en 2005 et publié en français en 2007. La griffe du chien est un roman violent et foisonnant dont l'histoire se déroule de 1975 (fin de la guerre du Vietnam) à 1999 avec un épilogue en 2004. Art Keller fait partie de la DEA (Drug Enforcement Administration) américaine chargée de lutter contre la toxicomanie et le trafic de drogue. Cette guerre contre la drogue est un long combat. Face à lui, nous avons deux frères mexicains, Adán et Raúl Barrera, épaulés par des sicarios, des tueurs. Adán compte et Raúl tue (sans pitié). Art Keller fera tout pour les faire arrêter. Don Winslow brosse un portrait sans concession des narcotrafiquants mexicains qui gangrènent le Mexique jusqu'au plus hautes instances de l'état. Dans ces années-là, la montée du communisme fait plus peur que la drogue qui sert à acheter des armes afin de lutter contre les groupuscules d'extrême-gauche. L'Amérique n'est pas non plus décrite sous son meilleur jour. L'écrivain sait rendre les personnages attachants (même les "méchants"), en particulier Nora Holden, la "pute au grand coeur", intelligente et courageuse. Il ne perd jamais le lecteur dans les méandres de l'intrigue. C'est brillant. Un très bon roman. Lire le billet d'Inganmic.

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mardi 12 juillet 2016

Films vus et non commentés depuis juin 2016

Voici quatre films qui m'ont moyennement emballée.

Un traître idéal de Susanna White est tiré d'un roman de John Le Carré. Le film commence sur les chapeaux de roues par l'exécution dans la steppe enneigée d'une famille sur ordre donné par un parrain de la Mafia russe. Puis l'histoire se déplace au Maroc dans un palace. Un couple d'Anglais fait la connaissance d'un Russe qui cherche à s'enfuir en Angleterre. Il détient une liste compromettante et des numéros de comptes bancaires qui pourraient mettre en difficulté des personnalités du monde politique britannique. Je m'attendais à un film au rythme haletant et plein de rebondissements. Mais malheureusement, il ne se passe pas grand-chose et les "méchants" sont un peu absents. De John Le Carré, j'avais préféré l'adaptation de La Taupe ou Un homme très recherché.

Je passe au film Le Professeur de violon de Sérgio Machado qui narre l'histoire de Laerte, un ancien enfant prodige violoniste devenu par manque d'argent le professeur d'une dizaine de jeunes adolescents (filles et garçons) vivant dans la favela Heliopolis (la plus grande de São Paulo). Comme on manque de repère temporel, on constate en accéléré les progrès des élèves qui au début, jouent très mal de leurs instruments à corde (ils ne savent même pas lire une partition) et qui à la fin sont capables de jouer du J.-S. Bach. Le film a des airs de documentaire lorsque des milliers d'habitants de la favela affrontent les forces de l'ordre après qu'un des jeunes musicien (le plus doué) a été tué. Le thème du film m'a plu mais la réalisation est un peu brouillonne.

Je continue avec L'outsider de Christophe Barratier. L'Outsider, c'est Jérôme Kerviel. Le scénario du film est d'ailleurs inspiré du livre L'engrenage que Kerviel a écrit. L'histoire se passe sur une période de 8 ans entre 2000 (recrutement de Kerviel à la SG) jusqu'au début de 2008 où la SG se rend compte d'une perte de presque 5 milliards dans ses comptes. Le film se déroule pour la plus grande partie dans la salle des marchés de la banque où officient des opérateurs de marchés. Le jargon parlé par les personnages n'est pas facile à comprendre pour des néophytes comme moi. C'est ce qui m'a le plus gênée. Après avoir vu le film, j'avoue n'avoir pas forcément appris quelque chose si ce n'est que travailler dans un milieu aussi stressant, ce n'est pas pour moi.

Je termine avec Truman du réalisateur catalan Cesc Gay. Je suis allée voir le film pour au moins trois raisons: d'abord Ricardo Darin, un acteur argentin que j'apprécie beaucoup, ensuite parce ce qu'il y a un chien qui a un rôle important et enfin parce que le film précédent du réalisateur, Les hommes, de quoi parlent-il? m'avait plu. J'avoue que je m'attendais à une comédie. A l'arrivée, le film évoque un sujet grave: Julián (Ricardo Darin), un acteur, souffre d'un cancer au stade terminal et il compte bien en finir par lui-même avant de trop souffrir. Il cherche une famille d'accueil pour Truman, son chien. Pendant quatre jours, Julian reçoit la visite de Tomás (Javier Cámara), son meilleur ami venu du Canada. Il en profite pour partir voir à son fils à Amsterdam. Il prépare ses obsèques et il apprend qu'il est renvoyé de la pièce de théâtre qu'il est en train de jouer. Sans tomber dans le larmoyant, je m'attendais à être plus émue. Il manque un petit quelque chose. Lire le billet d'Alain.

mercredi 29 juin 2016

Love and Friendship - Whit Stillman

Contrairement à Chris, j'ai beaucoup aimé le film Love and Friendship de l'Américain Whit Stillman, qui est sorti la semaine dernière. Il s'agit de l'adaptation d'un court roman épistolaire peu connue de Jane Austen, Lady Susan, qui a été écrit en 1794. Cela se passe dans le milieu de l'aristocratie anglaise. Lady Susan Vernon (Kate Beckinsale) qui a perdu son mari récemment est une femme rouée et manipulatrice (mais très jolie) qui n'a aucun scrupule à séduire les hommes, surtout ceux qui sont mariés comme Lord Manwaring chez qui elle loge. Elle cherche à marier Frédérica sa fille, âgée de 16 ans, à un certain Sir James Martin, un homme riche mais idiot. De son côté Frederica craint sa mère mais ne veut surtout pas épouser Sir Martin. Elle ne reste en effet pas insensible au charme de Reginald de Courcy, jeune frère de Lady Catherine, elle-même belle-soeur par alliance de Lady Susan (vous suivez?). En préambule, il nous est fait une présentation succincte de chaque personnages (il y a en a une bonne dizaine), avec leurs liens de parenté plus ou moins proches. J'ai eu peur de ne pas comprendre qui était qui. Heureusement, cela n'a pas duré longtemps. On suit très bien les intrigues de Lady Susan qui se confie à sa meilleure amie, Alicia Johnson. En revanche, le mari de cette dernière n'aime pas du tout Lady Susan. C'est un film beau à regarder tant du point de vue des décors (les intérieurs des demeures) que des costumes. Pour terminer en beauté ce "mois anglais", je conseille ce film devant lequel on sourit souvent.

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