samedi 2 septembre 2017

Seven sisters - Tommy Wirkola / Les proies - Sofia Coppola / Wind River - Taylor Sheridan

Seven Sisters est un thriller futuriste pas désagréable à voir, même si la fin n'est pas tout à fait réussie. L'un des atouts du film est Noomi Rapace qui interprète des septuplées. Nous sommes en 2079. Depuis plus de 30 ans la planète Terre connaît un problème de surpopulation. La politique de l'enfant unique a été instaurée et tous les enfants surnuméraires sont enlevés et confinés dans un endroit bien gardé. Personne ne sait ce qu'il leur arrive. En 2049, Terrence Settman, un scientifique, a assisté à l'accouchement de sa fille (elle en est morte). Elle a donné naissance à sept filles. Terrence décide de les appeler Lundi, Mardi, etc. jusqu'à Dimanche. Pendant trente ans, ces filles identiques vont grandir dans la clandestinité grâce à leur grand-père. Quand elles sortent dehors à tour de rôle dans la rue pour aller travailler ou se promener, elles le font le jour de la semaine qui correspond à leur prénom. Chaque soir, grâce à une caméra grefféee sur elles, elles font un compte-rendu de leur journée pour que les autres ne fassent pas d'impair quand c'est à leur tour de sortir. Car bien entendu, le monde de 2079 est hyper-connecté. Autant ces jeunes femmes se ressemblent, autant leur personnalités sont différentes. Un jour, malheureusement, la machine s'enraye quand un lundi soir, Lundi ne revient pas au domicile. Les six autres vont se mettre à sa recherche. Je ne vous en dis pas plus. Il y a pas mal de suspense. Les méchants de l'histoire ne sont vraiment pas sympathiques. Le style du film m'a fait penser à Hunger Games, au Labyrinthe ou même à Divergente. Les effets spéciaux avec sept Noomi Rapace dans le même plan sont réussis. Pourquoi pas?

Je passe au long-métrage de Sofia Coppola, Les proies (Beguiled en VO) qui a reçu le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes en 2017. Après avoir revu tout récemment le film de Don Siegel de 1971 avec Clint Eastwood, j'ai trouvé que le film de Sofia Coppola n'était pas déshonorant mais il manque tout de même l'aspect sexualité réprimée et la jalousie causées par le caporal McBurney dans les Proies de 1971. En 1864, en pleine guerre de Sécession, en Virginie, un état sudiste, une des cinq jeunes pensionnaires d'une école de jeunes filles trouve un soldat yankee gravement blessé près d'un arbre. Elle le ramène dans l'école, une belle demeure sudiste. Le caporal va doucement se remettre et va provoquer des tensions au sein de ce groupe féminin. L'image est très léchée, il y a des très beaux plans. Colin Farrell, sans être comparé à Eastwood, est plutôt pas mal, ainsi que les actrices, Nicole Kidman en tête qui est toujours très à l'aise dans ce genre de rôle. Mais l'ensemble reste très sage. Lire le billet de Pascale.

Je termine avec Wind River de Taylor Sheridan dont c'est le premier long-métrage. Il est aussi acteur et il est le scénariste de Sicario et Comancheria. De nos jours, dans le Wyoming, en territoire indien, en plein hiver, c'est-à-dire avec -30° comme température extérieure, on suit Cory Lambert, un chasseur qui traque les loups menaçant un troupeau de moutons. Avec son motoneige, parcourant les étendues neigeuses, il découvre le cadavre d'une jeune femme qu'il connaissait, une Amérindienne qui fut l'amie de sa fille, elle aussi décédée sans qu'on ait retrouvé son corps. Une agente du FBI, dépêchée sur les lieux, va, avec l'aide de Cory, poursuivre le meurtrier. L'intérêt du film réside dans le fait que la victime est Amérindienne et que l'enquête est menée dans des conditions climatiques extrèmes. Cory sait voir les traces qui le conduiront au meurtrier. La victime a couru 10 km pieds nus dans la neige avant de mourir. Le meurtrier lui, fera à peine cinq cents mètres avant de s'écrouler avec les poumons explosés. Un film qui se laisse voir même si c'est inférieur aux deux films mentionnés. Lire le billet de Wilyrah.

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mardi 30 mai 2017

L'ours est un écrivain comme un autre - William Kotzwinkle / Ma part de gaulois - Magyd Cherfi

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Est-ce que vous saviez que les ours pouvaient être des écrivains? Je l’ai appris grâce au roman distrayant de William Kotzwinkle (écrivain américain né en 1938 dont je vous recommande Midnight Examiner). Dans L’ours est un écrivain comme un autre (Editions 10/18, 286 pages, paru aux Etats-Unis en 1996 et traduit en français en 2014), un gros ours, sympa et très gourmand, s’empare d’un manuscrit caché sous un vieil épicéa dans une forêt du Maine aux Etats-Unis. L’auteur de «Désir et Destinée» (c'est le titre du manuscrit) est un professeur d’université, Arthur Bramhall, peu fait pour l'enseignement et sujet à la dépression. Il avait caché l'unique exemplaire du manuscrit d'un livre qu'il a été obligé de réécrire après que le premier jet a été brûlé dans l'incendie de sa ferme. L'ours, qui veut ressembler à un humain, dérobe des vêtements dans un magasin et part pour New-York. Là, il trouve tout de suite un agent littéraire enthousiasmé par le roman, dont l'ours a gardé le titre, mais en ayant changé l'auteur et mis le nom qu'il a choisi, "Dan Flakes". Ce qui est amusant dans le roman, c'est que nous, lecteurs, on sait que c'est un ours, mais les personnages du roman ne le perçoivent pas comme tel, même s'ils trouvent son comportement étrange ainsi que sa manière de s'exprimer. Il parle par monosyllabes ou, quand il dit un mot, les gens en comprennent un autre. Dan va connaître les joies de manger encore et encore, de vivre dans le luxe, de devenir un écrivain célèbre et surtout de connaitre de charmantes "femelles", lui qui dans sa forêt du Maine n'avait la possibilité de batifoler qu'une fois par an. Pendant ce temps, le pauvre Arthur Bramhall devient un ours... C'est un roman savoureux que je conseille.

 

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Je passe à un récit autobiographique, Ma part de Gaulois de Magyd Cherfi, le parolier du groupe toulousain Zebda. J'ai été tout d'abord attirée par la photo de couverture de ce livre publié chez Actes sud (259 pages): une photo de famille sur laquelle on voit le petit Magyd au premier plan. Magyd Cherfi est né en 1962 à Toulouse dans une famille d'origine Kabyle. Dans Ma part de Gaulois, il évoque son année du bac en 1981, l'année de l'arrivée de Mitterrand au pouvoir. Magyd est un phénomène dans son quartier, il aime l'oeuvre de Flaubert et il est le premier "Arabe" de la cité à passer son bac. Il a intérêt à l'avoir car sa mère compte sur lui. C'est un récit vivant et optimiste malgré les obstacles sur le chemin du diplôme. En particulier, Magyd est l'objet de moqueries de la part de quelques "durs" de la cité. Tout en préparant le baccalauréat, Magyd fait du soutien scolaire et il écrit des poèmes, il rédige des lettres à la demande. Un parcours qui fait du bien.

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jeudi 13 avril 2017

Cartel - Don Winslow

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Cartel (Editions du Seuil, 710 pages haletantes) de Don Winslow est la suite de La griffe du chien (voir mon billet). Quand débute Cartel, en 2004 Adán Barrera, un narcotrafiquant, est derrière les barreaux dans une prison de haute sécurité mexicaine mais plus pour très longtemps. En effet, il organise son évasion grâce à l'argent qu'il a versé à tous les gardiens. Adàn redevient le chef du cartel de Sinaloa. Face à lui, Art Keller (ancien agent du DEA), qui avait mis Adán derrière les barreaux, est obligé de reprendre la traque. Adán met la tête de Keller à prix pour 2 millions de dollars et s'engage à mettre la main sur les états limitrophes avec les Etats-Unis avant d'envahir tout le Mexique en écrasant les cartels rivaux. Mais des adversaires redoutables se présentent. Anciens militaires de l'armée mexicaine, ils se font appeler les zetas et sèment le meurtre et la violence. Les victimes se comptent par centaines. en étant décapitées, démembrées, éventrées, exécutées d'une balle ou brûlées vives. Tout ça pour l'argent de la drogue et des armes. Je ne vous décrirai pas le sort réservé aux femmes. Le monde décrit dans Cartel est terrible, cauchemardesque et sans beaucoup d'espoir. Car même si Cartel est un roman, il raconte une histoire tirée de faits réels. En préambule du roman, Winslow donne une liste de plus de 100 journalistes "disparus" ou assassinés (et il y en a eu d'autres) pour avoir essayé de raconter ce qu'il se passe. Le roman se termine en 2014. Le style est fluide. J'ai été "happée" dès le début. Je ne sais pas si c'est un grand roman (l'histoire est très noire) mais c'est un très bon roman. Lire les billets élogieux de Leatouchbook, Inganmic, Athalie, Richard, Didi et Cannibales lecteurs.

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mardi 7 mars 2017

La divine sieste de papa - Maryse et Georges Wolinski / J'hallucine! - Wolinski

J'ai (ta d loi du cine, squatter chez dasola) récemment trouvé à acheter (d'occasion, forcément) La divine sieste de papa (éditions Messidor / La Farandole, 1981 [ça ne nous rajeunit pas]). Les parents de la jeune Elsa s'étaient partagés les rôles: Maryse Wolinski racontait (mêlant factuel et fictionnel), et Georges illustrait de dessins fleuris et pastels. Voici ce qu'on peut trouver sur le site internet de Maryse.

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Un album joliment tendre, dont on peut se demander si une réédition pourrait être envisageable, à l'intention d'un public enfantin? L'album est intemporel. Je suppose qu'Elsa aurait aussi son mot à dire sur la question. Il est clair que cet album est nettement moins "trash" que d'autres.

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Je n'ai pas (encore) l'album Tout est politique également paru chez Messidor en 1981, mais la main panière en couverture de ce dernier me fait penser que son contenu doit être nettement moins fleur bleue... Un tome 2 de La divine sieste de papa est paru en 1987 (je ne l'ai pas non plus - pas encore). Ensuite, pour ce qui peut concerner la "jeune" Elsa, évoquée (prétexte fictionnel à nouveau, je suppose?) dans J'hallucine! en 1991 en tant que post-ado, elle est même la dédicataire de cet album (que j'avais acheté en 1999).

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Selon la 4ème de couv (avec photo d'Elsa, que je n'ai pas mise ici), ce recueil rassemble des dessins et planches (je n'en ai pas repris non plus) réalisés pour le journal Phosphore entre 1987 et 1991.

*** Je suis Charlie ***

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vendredi 20 janvier 2017

La griffe du chien - Don Winslow

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Le roman La griffe du chien de Don Winslow (Editions Points Le Seuil, 825 pages haletantes) a été écrit en 2005 et publié en français en 2007. La griffe du chien est un roman violent et foisonnant dont l'histoire se déroule de 1975 (fin de la guerre du Vietnam) à 1999 avec un épilogue en 2004. Art Keller fait partie de la DEA (Drug Enforcement Administration) américaine chargée de lutter contre la toxicomanie et le trafic de drogue. Cette guerre contre la drogue est un long combat. Face à lui, nous avons deux frères mexicains, Adán et Raúl Barrera, épaulés par des sicarios, des tueurs. Adán compte et Raúl tue (sans pitié). Art Keller fera tout pour les faire arrêter. Don Winslow brosse un portrait sans concession des narcotrafiquants mexicains qui gangrènent le Mexique jusqu'au plus hautes instances de l'état. Dans ces années-là, la montée du communisme fait plus peur que la drogue qui sert à acheter des armes afin de lutter contre les groupuscules d'extrême-gauche. L'Amérique n'est pas non plus décrite sous son meilleur jour. L'écrivain sait rendre les personnages attachants (même les "méchants"), en particulier Nora Holden, la "pute au grand coeur", intelligente et courageuse. Il ne perd jamais le lecteur dans les méandres de l'intrigue. C'est brillant. Un très bon roman. Lire le billet d'Inganmic.

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mardi 12 juillet 2016

Films vus et non commentés depuis juin 2016

Voici quatre films qui m'ont moyennement emballée.

Un traître idéal de Susanna White est tiré d'un roman de John Le Carré. Le film commence sur les chapeaux de roues par l'exécution dans la steppe enneigée d'une famille sur ordre donné par un parrain de la Mafia russe. Puis l'histoire se déplace au Maroc dans un palace. Un couple d'Anglais fait la connaissance d'un Russe qui cherche à s'enfuir en Angleterre. Il détient une liste compromettante et des numéros de comptes bancaires qui pourraient mettre en difficulté des personnalités du monde politique britannique. Je m'attendais à un film au rythme haletant et plein de rebondissements. Mais malheureusement, il ne se passe pas grand-chose et les "méchants" sont un peu absents. De John Le Carré, j'avais préféré l'adaptation de La Taupe ou Un homme très recherché.

Je passe au film Le Professeur de violon de Sérgio Machado qui narre l'histoire de Laerte, un ancien enfant prodige violoniste devenu par manque d'argent le professeur d'une dizaine de jeunes adolescents (filles et garçons) vivant dans la favela Heliopolis (la plus grande de São Paulo). Comme on manque de repère temporel, on constate en accéléré les progrès des élèves qui au début, jouent très mal de leurs instruments à corde (ils ne savent même pas lire une partition) et qui à la fin sont capables de jouer du J.-S. Bach. Le film a des airs de documentaire lorsque des milliers d'habitants de la favela affrontent les forces de l'ordre après qu'un des jeunes musicien (le plus doué) a été tué. Le thème du film m'a plu mais la réalisation est un peu brouillonne.

Je continue avec L'outsider de Christophe Barratier. L'Outsider, c'est Jérôme Kerviel. Le scénario du film est d'ailleurs inspiré du livre L'engrenage que Kerviel a écrit. L'histoire se passe sur une période de 8 ans entre 2000 (recrutement de Kerviel à la SG) jusqu'au début de 2008 où la SG se rend compte d'une perte de presque 5 milliards dans ses comptes. Le film se déroule pour la plus grande partie dans la salle des marchés de la banque où officient des opérateurs de marchés. Le jargon parlé par les personnages n'est pas facile à comprendre pour des néophytes comme moi. C'est ce qui m'a le plus gênée. Après avoir vu le film, j'avoue n'avoir pas forcément appris quelque chose si ce n'est que travailler dans un milieu aussi stressant, ce n'est pas pour moi.

Je termine avec Truman du réalisateur catalan Cesc Gay. Je suis allée voir le film pour au moins trois raisons: d'abord Ricardo Darin, un acteur argentin que j'apprécie beaucoup, ensuite parce ce qu'il y a un chien qui a un rôle important et enfin parce que le film précédent du réalisateur, Les hommes, de quoi parlent-il? m'avait plu. J'avoue que je m'attendais à une comédie. A l'arrivée, le film évoque un sujet grave: Julián (Ricardo Darin), un acteur, souffre d'un cancer au stade terminal et il compte bien en finir par lui-même avant de trop souffrir. Il cherche une famille d'accueil pour Truman, son chien. Pendant quatre jours, Julian reçoit la visite de Tomás (Javier Cámara), son meilleur ami venu du Canada. Il en profite pour partir voir à son fils à Amsterdam. Il prépare ses obsèques et il apprend qu'il est renvoyé de la pièce de théâtre qu'il est en train de jouer. Sans tomber dans le larmoyant, je m'attendais à être plus émue. Il manque un petit quelque chose. Lire le billet d'Alain.

mercredi 29 juin 2016

Love and Friendship - Whit Stillman

Contrairement à Chris, j'ai beaucoup aimé le film Love and Friendship de l'Américain Whit Stillman, qui est sorti la semaine dernière. Il s'agit de l'adaptation d'un court roman épistolaire peu connue de Jane Austen, Lady Susan, qui a été écrit en 1794. Cela se passe dans le milieu de l'aristocratie anglaise. Lady Susan Vernon (Kate Beckinsale) qui a perdu son mari récemment est une femme rouée et manipulatrice (mais très jolie) qui n'a aucun scrupule à séduire les hommes, surtout ceux qui sont mariés comme Lord Manwaring chez qui elle loge. Elle cherche à marier Frédérica sa fille, âgée de 16 ans, à un certain Sir James Martin, un homme riche mais idiot. De son côté Frederica craint sa mère mais ne veut surtout pas épouser Sir Martin. Elle ne reste en effet pas insensible au charme de Reginald de Courcy, jeune frère de Lady Catherine, elle-même belle-soeur par alliance de Lady Susan (vous suivez?). En préambule, il nous est fait une présentation succincte de chaque personnages (il y a en a une bonne dizaine), avec leurs liens de parenté plus ou moins proches. J'ai eu peur de ne pas comprendre qui était qui. Heureusement, cela n'a pas duré longtemps. On suit très bien les intrigues de Lady Susan qui se confie à sa meilleure amie, Alicia Johnson. En revanche, le mari de cette dernière n'aime pas du tout Lady Susan. C'est un film beau à regarder tant du point de vue des décors (les intérieurs des demeures) que des costumes. Pour terminer en beauté ce "mois anglais", je conseille ce film devant lequel on sourit souvent.

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samedi 14 mai 2016

Red amnesia - Wang Xiaoshuai

Du même réalisateur (Wang Xiaoshuai), j'avais vu 11 Fleurs. Red Amnesia qui date de 2014 n'est sorti que dans trois salles à Paris (et c'est bien dommage). Je ne sais pas ce qu'il en est en province. Toujours est-il que si ce film est programmé par chez vous, allez le voir. Comme dans 11 Fleurs, le réalisateur s'attache à décrire la Chine contemporaine sous Mao et après. Deng, une vieille femme d'environ 70 ans, vit seule dans un grand appartement à Pékin. Quand elle déjeune à table, elle parle au fantôme de son mari. Encore très active, Deng s'imisce dans la vie de famille de ses deux fils. L'un est marié et a un fils et l'autre est homosexuel. Un jour, Deng reçoit un appel téléphonique, puis deux, puis trois sans qu'il y ait personne au bout du fil. Dans le même temps, elle se rend compte qu'elle est suivie par un jeune homme portant une casquette rouge. Le réalisateur ne lâche pas ou presque l'actrice principale, la suivant avec sa caméra. Elle est quasiment de tous les plans. Deng n'est pas un personnage très sympathique mais on arrive à s'attacher à elle. C'est une femme dure mais qui est capable de pleurer. On peut le comprendre. On retrouve le même plan de bâtiments en briques au début et à la fin du film: la boucle est bouclée. Un film que je conseille. Lire le billet de Pascale.

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samedi 23 avril 2016

Good luck Algeria - Farid Bentoumi / Fritz Bauer, un héros allemand - Lars Kraume / High-Rise - Ben Wheatley

Le scénario de Good Luck Algeria de Farid Bentoumi est inspiré d'une histoire vraie: celle du propre frère du réalisateur. Deux amis, Sam et Stéphane, sont dirigeants d'une fabrique de skis de fond de compétition mais la concurrence est rude et suite à la défection d'un skieur suédois, ils se retrouvent au bord de la faillite, ne pouvant plus payer les employés. De plus, Sam, d'origine franco-algérienne, sera bientôt à nouveau père. En effet, sa compagne attend un heureux événement. Pour sauver l'entreprise, Stéphane suggère à Sam de s'incrire aux prochains JO en ski de fond sous le drapeau algérien. Cela fera de la publicité pour les skis qu'ils fabriquent. L'entrainement est dur et Sam qui n'a pratiquement jamais vécu en Algérie, ne parle pas un mot d'arabe et doit négocier avec le comité olympique algérien. Mais Sam a la chance d'avoir un père qui nourrit de grands rêves pour son fils. Je vous laisse découvrir comment le papa de Sam va permettre de sauver l'usine, indépendamment de l'incription de son fils au JO. J'ai aimé ce film optimiste et modeste. Sami Bouajila (Sam) et tous les autres acteurs sont très bien. Lire les billets de Géraldine et de ffred.

Je passe maintenant à Fritz Bauer, un héros allemand de Lars Kraume. Le film retrace l'enquête menée à la fin des années 50 par Fritz Bauer, un procureur allemand (qui préférait chasser les hommes que les animaux), ayant abouti à l'enlèvement d'Adolf Eichmann en 1960 par les hommes du Mossad israélien en Argentine. Fritz Bauer était un homme de conviction, grand fumeur de cigares. C'était un homme seul, juif et homosexuel (crime puni de prison en Allemagne à cette époque) qui était entouré de nombreux ex-nazis appartenant à l'admisnistration, qui ont tout fait pour lui mettre des bâtons dans les roues. Fritz Bauer aurait voulu qu'Eichmann soit extradé en Allemagne pour être jugé, son souhait n'a pas été exaucé. Ce même Fritz Bauer tiendra plus tard un rôle important dans le procès d'Auschwitz (voir Le Labyrinthe du silence). Concernant le film lui-même, je l'ai trouvé intéressant grâce à l'acteur principal, Burghart Klaussner, qui interprète Fritz Bauer avec beaucoup d'humanité. En revanche, le reste manque de rigueur et reste trop dans l'anecdotique avec des digressions pas forcément utiles.

Je termine avec High-Rise de Ben Wheatley que j'ai détesté. Je n'avais pas fait attention au fait que le scénario écrit par la femme du réalisateur était adapté d'un roman de J.C Ballard. J'y suis allée pour les acteurs, mal m'en a pris. L'histoire se passe dans les années 70 (paraît-il). Le docteur Robert Laing emménage au 25ème étage d'une tour en béton qui en compte 40. Aux alentours de cette tour, on ne voit que du terrain en friche et d'autres tours. Les habitants de l'immeuble vivent en autarcie puisqu'il y a un supermarché à un des étages. Le dernier étage est habité par l'architecte de la tour et sa femme. Leur appartement s'ouvre sur une immense terrasse où l'on trouve un cheval, de la pelouse, des arbres. A part ça, la tour est sinistre tout comme les habitants qui vont commencer à semer le chaos quand une panne de courant au 10ème étage paralyse tout. Ce qui s'ensuit est indescriptible, la violence s'installe. Je n'ai pas compris le message du film (si message il y a). J'ai trouvé l'ensemble laid et manquant d'humour, c'est graveleux et il y a de la cruauté envers les animaux: en résumé, un peu n'importe quoi. Pour moi, un film très évitable malgré les acteurs comme Jeremy Irons, Sienna Miller ou Tom Hiddleston. Lire une critique chez Wilyrah. Je note qu'aucun spectateur n'est parti avant la fin et je me demande pourquoi. En ce qui me concerne, j'ai pour principe de rester jusqu'au bout de la projection.

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mercredi 27 janvier 2016

Ca, c'est moi quand j'étais jeune (lettre ouverte à ma femme) - Wolinski

L'an dernier (... début d'année 2015), j'ai (ta d loi du cine, squatter chez dasola) procrastiné un billet sur Wolinski (j'espère y revenir et le finaliser prochainement). Je ne savais pas trop par quel bout prendre ma quinzaine d'albums de dessins pour rendre hommage au doyen des assassinés. Je me rappelle que ma copine m'avait dit: "Wolinski, c'est les femmes! Il n'avait pas une héroïne?". Il y a quelques jours, ...

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... je suis tombé chez une de mes librairies de quartier sur Ca, c'est moi quand j'étais jeune, réédition 2016 (avec une préface de Maryse Wolinski) d'un livre de Georges paru en 1978 sous le titre Lettre ouverte à ma femme. J'en ai lu les 180 pages (dont 19 dessins - un par chapitre) en 2 heures.

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En quatre pages sobres, Maryse Wolinski explique les circonstances de la rédaction de ce livre. Après 10 ans de vie commune, c'est une conversation de vacances (un déjeuner romantique pour le 5e anniversaire de leur mariage) au sujet du "machisme" légendaire de Georges qui a donné à ce dernier l'idée de rédiger cette "lettre ouverte...". Il y parle longuement de son enfance à Tunis durant la seconde guerre mondiale, de sa jeunesse dans les Hautes-Alpes, de la découverte (laborieuse) du "sexe opposé" [l'expression est de moi: les choses se passent sans doute plus simplement au XXIe siècle, mais j'ignore si on y a vraiment gagné!]... Dans près de la moitié des chapitres, Wolinski tutoie Maryse en justifiant le titre. Quelques dialogues (vrais ou arrangés?) sont même retranscrits.

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J'ai (gestionnaire de bases de données, on ne se refait pas...) bien apprécié la bibliographie (8 pages en fin d'ouvrage, à jour, je suppose) des 94 livres parus du vivant de Wolinski. J'en possédais 14 l'an dernier. Je me donne quelques années pour tous les acquérir - et bien entendu les lire. Et les faire lire. J'espère avoir donné envie de découvrir celui-ci.

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C'est quand même plus savoureux à lire qu'un livre de la pauvre (1) Elsa Cayat, pour lequel j'avais été attiré par le titre (Un homme + une femme = quoi?). J'ai fini par le terminer, j'en parlerai prochainement. [chroniqué finalement le 07/09/2016].

(1) feu mon père utilisait souvent cette locution familière quand il voulait dire que la personne en question était décédée. Pour mémoire, Elsa Cayat, chroniqueuse à Charlie hebdo, fait partie des personnes assassinées en janvier 2015.

*** Je suis Charlie ***

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