mardi 22 octobre 2019

Pour Sama, Journal d'une mère syrienne - Waad Al-Kateab et Edward Watts

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Pour Sama est un documentaire bouleversant. Waad Al-Kateab, native d'Alep en Syrie, a filmé pendant plus de 5 ans (entre 2011 et 2016) la guerre à Alep. Cela a commencé en 2011 avec la propagation du printemps arabe en Syrie et les premiers tirs sur les manifestants pacifiques par le régime de Bachar El-Assad. L'armée syrienne libre est créée en juillet 2011 en réaction à cette répression. De là, il y a une nouvelle étape avec la mise en action d'avions bombardiers du régime. Waad a commencé à filmer avec son smartphone puis avec une mini-caméra. Elle, qui souhaite devenir journaliste, veut laisser un témoignage à sa fille Sama, née le 1er janvier 2016 à Alep. Au début, l'image est hachée, on ne voit pas grand-chose, et puis au fur et à mesure que le film se déroule (il dure 1h40), on est pris par les images et les visages. Waad a réussi à garder la bonne distance, quand les blessés plus ou moins graves ou les morts arrivent dans l'hôpital administré par son ami médecin Hamza, qui deviendra son mari. On voit de loin des bombes à fragmentation ou des bombes baril lancées depuis des avions russes sur la population civile, dont beaucoup d'enfants. On ne peut pas oublier ces visages de gamins qui pleurent parce qu'ils ont perdu leur petit frère. Les hôpitaux sont aussi bombardés. Il y a du sang partout. Mais parfois un miracle survient, comme dans le cas d'un nouveau-né sorti en catastrophe du ventre de sa mère gravement blessée et enceinte de neuf mois. On croit le bébé mort-né et puis non, à force de le secouer de haut en bas et de le masser, il pousse son premier vagissement. C'est magnifique. Quant à la petit Sama qui ne pleure même pas quand il y a le bruit d'un bombardement, elle aura vécu un an à Alep en zone de guerre.

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mardi 10 septembre 2019

Les hirondelles de Kaboul - Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec / Andy - Julien Weill

Après avoir vu la bande-annonce des Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman qui a écrit le scénario et Eléa Gobbé-Mévellec qui est la dessinatrice, je n'ai pas hésité à aller voir ce superbe film d'animation. Il s'agit d'une adaptation du roman de Yasmina Khadra (que je n'ai pas lu). J'ai adoré les dessins (des aquarelles) dans lesquels les personnages bougent ou parlent dans un décor très éclairé. Cela se passe à Kaboul en Afghanistan sous le règne des Talibans à la fin des années 1990. Ils font régner la terreur, ils exécutent sommairement tout individu qui ne se conforme à leur diktat. Ce sont surtout les femme qui sont les victimes. La musique et tout ce qui ressemble à un divertissement est interdit, les femmes sortent entièrement voilées. Les hommes sont obligés d'aller à la mosquée plusieurs fois par jour. Un jeune couple attendrissant, Zunaira (très jolie jeune femme) et Mohsen, qui sont très amoureux, ont du mal à joindre les deux bouts. Zunaira est douée en dessin mais ne travaille pas et Mohsen voudrait enseigner mais pas dans une école coranique. Ils se chamaillent souvent concernant leur avenir et c'est au cours d'une dispute sur un acte inacceptable qu'a commis Moshen que leur destin va basculer. Zunaira va croiser le chemin d'Atiq dont la femme est en train de mourir. Atiq est l'un des gardiens de la prison pour femmes de Kaboul. C'est plus un film plus pour adultes que pour enfants, dans la lignée du Chat du Rabbin ou de Parvana. L'histoire est triste mais j'ai perçu une lueur d'espoir au bout.

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Je voudrais évoquer maintenant une comédie douce-amère très sympathique, Andy. Sortie le 4 septembre 2019, elle risque de passer inaperçue. Thomas, un quadragénaire qui vient de se faire virer de chez sa n-ième copine est un homme qui considère que le travail, c'est fatigant (au point de le rendre physiquement malade). Il trouve refuge dans un foyer du SAMU social grâce à l'aide d'une de ses ex. Il veut trouver de l'argent vite gagné. Il devient "escort-boy" sous le nom d'Andy. Ce n'est pas un métier aussi facile et agréable que l'on pense. Ses débuts sont un fiasco et la suite aussi d'ailleurs. Heureusement qu'avec l'aide de Margaux, qui travaille au foyer, il met au point une combine que je vous laisse découvrir. Ce film sans prétention fait passer un bon moment grâce à Vincent Elbaz et Alice Taglioni.

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lundi 19 août 2019

Le gangster, le flic et l'assassin - Lee Won-tae

Je suis toujours partante pour aller voir un polar sud-coréeen. C'est pourquoi je n'ai pas hésité une seconde pour Le gangster, le flic et l'assassin, sorti le 14 août 2019. On trouve encore et toujours un mélange d'humour et de violence. Un "serial-killer", dont on ne connaîtra le visage qu'assez tard, a une manière bien à lui de s'attaquer à ses futures victimes. Pendant la nuit, sur des routes désertes, il conduit une voiture qu'il fait emboutir sur l'arrière d'une autre voiture. Quand le passager solitaire de la voiture accidendée veut établir un constat, le tueur se jette sur lui et le poignarde à mort avec un long coutelas. On ne connait pas ses motivations. On ne sait pas s'il choisit ses victimes au hasard. Toujours est-il qu'une de ses victimes survit et arrive même à le blesser. Il s'agit de Jang Dong-Soo, un homme massif, genre "nounours", chef d'un gang mafieux, qui risque de perdre toute crédibilité et surtout la face s'il ne trouve pas qui l'a attaqué. Du côté de la police, un jeune policier traque le tueur mais il est n'est pas très soutenu par sa hiérarchie. Une alliance improbable se forme entre le gangster et le flic à la poursuite de l'assassin. J'ai apprécié le rythme sans temps mort. Un très bon film de série B. Lire le billet d'Anne.

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dimanche 7 juillet 2019

Expositions en Normandie (Wolinski ou Vuillemin à l'honneur... et toujours Dubout!)

Il y a déjà quelque temps, à l'occasion d'une excursion à Trouville (Deauville), dasola et moi (ta d loi du cine, squatter sur son blog), nous avions découvert (grâce à une grande banderole sur un rond-point!) un événement provincial qui, cette année, mettait à l'honneur Wolinski.

Il s'agissait de la 6ème édition d'un "Salon du dessin satirique" principalement consacré au dessinateur Dubout (1905-1976), organisée par son petit-fils. En 2019, en plus de 55 dessins d'Albert Dubout, le Salon présentait 80 dessins et un dessin animé (qui passait en boucle sur un téléviseur), aimablement prêtés par Maryse Wolinski. Comme il nous l'a gentiment raconté, pour la première édition, en 2012, l'organisateur avait contacté Cabu et Wolinski. Ce dernier ayant eu un empêchement de santé cette année-là, seul Cabu avait été mis à l'honneur lors de l'événement. Et puis il y a eu le 7 janvier 2015... C'est seulement en 2019 que Didier Dubout a proposé à Maryse Wolinski de relancer le projet d'hommage conjoint.

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Le Salon a lieu dans l'église Saint-Pierre, située dans la bourgade de Touques. Construite au XIème siècle, elle a pu voir passer Guillaume le conquérant, ou du moins une partie de sa flotte, en route pour aller conquérir l'Angleterre. Cette localité était jadis un port florissant de par sa position dans l'estuaire (aujourd'hui ensablé) du fleuve côtier, la Touques, qui lui avait donné son nom. L'édifice ayant subi un incendie lors de la Guerre de Cent ans, il est de nos jour de dimensions plus restreintes qu'à l'origine. Désaffecté à la Révolution française, l'ancien lieu de culte a ensuite servi d'entrepôt. En 1840, il fait partie du millier d'édifices protégés à la demande de Prosper Mérimée au titre de la première liste des Monuments historiques. Depuis maintenant deux décennies, l'église Saint-Pierre accueille des expositions (et le public qui va avec), à la satisfaction, semble-t-il, des municipalités de Deauville ou Trouville, dépourvues de lieu correspondant.

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Il est de notoriété publique qu'Albert Dubout a influencé Wolinski. Ainsi, il me semble qu'on sent nettement l'influence de Dubout sur le dessin titré La jungle visible sur Gallica.

Les personnages de Wolinski sont souvent bavard, là où les "trognes" de Dubout ne s'accommodaient guère de paroles. Mais je suppose que je peux m'essayer à faire rimer les dessins ci-dessous (personnages ou situation aquatique, noir et blanc ou couleur...). 

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Je précise que nous avons bien entendu demandé l'autorisation avant de prendre des photos de quelques-uns des dessins exposés.

P1110087 ...rejoueront-ils le match en 2022 (dessin muet, sans commentaire)?

Beaucoup de texte, par contre, ensuite.

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P1110094  Société : ils ont bien changé, Monsieur et Madame Anatole...

P1110096 (vous avez dit Brexit?)

P1110098 (les Présidents passent...)

P1110097 (le Salon de l'Agriculture, moi, ça me parle...).

P1110092 Je ne suis pas persuadé que le changement de tête suffise à induire un changement de politique(s). 

Parmi les livres disponibles à la vente dans la petite "boutique" liée à l'exposition, j'ai acquis "Chérie, je vais à Charlie", de Maryse Wolinski, et Les Falaises, compilation thématique de dessins de Georges s'étendant sur plus d'un demi-siècle de création (je pense que j'aurai l'occasion d'y revenir dans de prochains billets). Y figuraient aussi deux "anthologies" parues du vivant de Wolinski (et peut-être difficiles à se procurer aujourd'hui), avec deux approches complémentaires, aux dires de l'organisateur de l'exposition : l'un des ouvrages rassemblant des dessins choisis par Wolinski lui-même, qui maîtrisait la réalisation de l'ouvrage. Et le second avec un regard extérieur, apporté par des bibliothécaires et des conservateurs de musée. Georges Wolinski, Le pire a de l'avenir, Le Cherche Midi éditeur, 2012, 928 p., et Martine Mauvieux (dir.), Wolinski, 50 ans de dessins [exposition, Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand, Paris, 29 juin-2 septembre 2012], Hoëbeke / BNF, Paris, 2012, 158 p.

Pour en terminer avec des éléments bibliographiques, voici un livre sur Dubout que nous avions acheté à l'occasion d'une exposition rue Saint-Honoré à Paris, il y a déjà quelques années (il y est question de Wolinsky [sic!] p.52).  

P1110214 Michel Melot (préf. Frédéric Dard), Dubout, éditions Michèle Trinckvel, 1996.
Il n'était pas en vente au Salon de Toucques (qui mettait en avant d'autres ouvrages sur l'oeuvre de Dubout).

Lors de notre visite, au mois de mai, Didier Dubout nous avait annoncé une exposition "Dessinateurs de presse" aux Greniers à Sel de Honfleur, du 15 juillet au 18 août 2019, en nous précisant que tout restait à finaliser en termes de mise à disposition du local, d'assurances, de conventions avec les auteurs ou leurs ayant-droits... Etait prévu, entre autres, Vuillemin, qui a rejoint en 2015 l'équipe de Charlie Hebdo. Le projet s'est concrétisé, j'en ai reçu il y a quelques jours l'affiche ci-dessous, dans laquelle tout est dit sur les 13 dessinateurs, vivants comme par exemple Trez ou Vuillemin, ou décédés comme Dubout, Wolinski, Jacques Faizant... et les lieux et conditions d'accès pour voir les 280 dessins exposés!

Honfleur_Ete2019_Dessinateurs_de_Presse_affiche

Encore une occasion de s'intéresser au dessin de presse, alors que le New York Times vient récemment de renoncer à en publier dans les colonnes de son édition internationale (à compter du 1er juillet 2019).

*** Je suis Charlie ***

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samedi 22 juin 2019

La mort selon Turner - Tim Willocks / Masterclass - Christopher Walken

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La mort selon Turner de TIm Willocks (377 pages, Editions Sonatine) se passe au pays de la soif, en Afrique du Sud dans la région du Cap-Nord. Turner (on ne connait pas son prénom), expert en arts martiaux, est un flic noir de la Criminelle qui hait les flics, mais pour qui la notion du bien et du mal veut dire quelque chose. Il se retrouve à enquêter sur la mort d'une jeune fille noire des "townships" du Cap. Elle était en train d'essayer de prendre de la nourriture dans une poubelle quand elle a été écrasée contre le container par un Range Rover conduit par Dirk Le Roux, un jeune homme blanc, Afrikaner de bonne famille. Ce dernier était saoûl et ne s'est rendu compte de rien. La mère de Dirk, Margot Le Roux, est une femme impitoyable qui emploie de nombreuses personnes dans des mines du Cap. Elle fait vivre toute une région. Elle ne peut pas envisager que son fils chéri qui termine des études de droit puisse avoir son avenir ruiné pour une fille de rien du tout. Turner n'a de cesse de s'approcher de Dirk pour l'arrêter, mais dans l'entourage de la famille Le Roux, il y a quelques hommes de main qui font tout pour se débarrasser de lui et même le laisser mourir de soif sur un plateau de sel avec Rudy (un flic corrompu, à l'agonie). Si j'ai mis une bouteille d'eau à côté du livre, c'est en référence aux pages 259 à 269 qui donnent une "recette" peu ragoûtante pour savoir comment récupérer de l'eau grâce à un cadavre. Je vous laisse le découvrir. Mais quand on a soif, plus rien ne compte. J'ai lu ce roman d'une traite. C'est le premier roman de Tim Willocks que je lis, cela ne sera pas le dernier.

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Ceci n'ayant rien à voir avec cela, j'ai eu le plaisir d'assister à une "masterclass" exceptionnelle, hier soir, 21 juin 2019, dans le cadre du "Champs-Elysées Film Festival". Christopher Walken était à Paris, et pendant 1h30, il a répondu à des questions. Même s'il a 76 ans (!), il est toujours aussi impressionnant. Il marche avec peut-être plus de difficultés, mais il a toujours ce regard qui vous transperce. Il y a eu des extraits de ses films emblématiques comme The Deer Hunter (Voyage au bout de l'enfer), The Dead Zone, At close Range (Comme un chien enragé) ou Dangereusement vôtre où il jouait Zorin, le méchant face à James Bond. J'ai appris qu'il avait été dompteur de lions à 16 ans. Une rencontre très sympathique.

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lundi 13 mai 2019

Monrovia, Indiana - Frédérick Wiseman

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Voici un documentaire chroniqué par Henri Golant. J'avais vu que Monrovia, Indiana était sorti dans quelques salles, mais sans y avoir prêté attention plus que cela. Ce qui m'a donné envie de voir ce documentaire de 2H23, c'est le fait que les 1400 habitants de Monrovia en Indiana avaient voté à 76% pour Donald Trump en 2016. Je n'avais jamais vu de film de Frédérick Wiseman (né en 1930). Je suis contente d'avoir réparé cette lacune. Le réalisateur voulait faire découvrir aux spectateurs, la vie des petites villes américaines, celles dont on parle peu dans les films. Il n'y a ni voix off, ni commentaire, ni musique additionnelle. Ceux qui sont présents à l'écran ne prennent pas la pose. Ils oublient la caméra. Monrovia est une ville agricole et d'élevage. Les premiers plans montrent des vaches puis des cochons prêts à partir à l'abattoir (enfin, c'est ce que j'ai compris) et des champs de maïs et de blé. Nous sommes dans la "green belt" (ceinture verte) des Etats-Unis. Wiseman se focalise bien entendu sur les habitants. ceux qui vont chez le coiffeur, chez le marchand d'armes, au restaurant (entre les sodas et la nourriture grasse, ils ne font pas dans le diététique), au supermarché, à la kermesse. Ils assistent à des ventes de matériel agricole. On voit même une cérémonie maçonnique. J'ai bien aimé les séances du conseil municipal (qui sont animées) où il est question d'ajouter un banc devant la bibliothèque. Quand dans un café, ils parlent entre eux, ils évoquent leurs maladies ou leurs voisins. C'est fascinant. La religion est un élément central dans leur vie: ceux qui se déclarent croyants sont à 63,4 évangélistes protestants. Il faut noter qu'à l'écran, on voit peu de Noirs, d'Hispaniques ou d'Asiatiques. Les Blancs Américains représentent 63,7% de la population. Et ils ont un revenu annuel médian par ménage supérieur au reste des Etats-Unis. Dans la note du réalisateur, il dit qu'il a été surpris par le manque de curiosité et d'intérêt qu'ils manifestent pour le monde extérieur à leur ville. Je trouve que c'est un documentaire sociologique passionnant, que je n'ai pas trouvé trop long.

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mercredi 18 juillet 2018

Heather, par-dessus tout - Matthew Weiner / Cette nuit - Joachim Schnerf

Comme indiqué sur les étiquettes, j'ai emprunté et lu ces deux courts romans en une semaine. Dans les bibliothèques parisiennes, à quelques exceptions près, beaucoup de nouveautés sont empruntables seulement une semaine non renouvelable à moins de se déplacer pour les emprunter à nouveau. Je prends des livres courts dans la mesure du possible.

Toujours est-il que je suis tombée sur Heather, par-dessus tout de Matthew Weiner (Editions Gallimard, 133 pages), qui avait été recommandé à sa sortie à la rentrée 2017 par de nombreux libraires que je fréquente. Je me demande un peu pourquoi. Je n'ai pas été emballée plus que cela. L'écrivain qui est le scénariste principal et coproducteur de la série télé Mad Men nous raconte l'histoire d'un couple, Karen et Mark Breakstone, qui se sont mariés sur le tard à plus de 40 ans et ont eu la joie de devenir les parents d'une petite Heather qui deviendra une jolie adolescente. Karen a mis sa carrière d'attachée de presse entre parenthèses pour s'occuper d'Heather tandis que Mark, malgré qu'il n'ai pas réussi autant qu'il le souhaitait dans les affaires, devient riche. La famille s'installe dans un appartement huppé de Manhattan. Bobby Klarski, lui est nettement moins chanceux dès la naissance avec une mère célibataire, alcoolique, droguée, et de nombreux amants qui profitent d'elle. Bobby devenu grand va faire un peu de prison et puis, après sa libération, il fera des petits boulots qui va le conduire jusqu'à travailler sur un échafaudage en face des fenêtres de la famille Breakstone. Je vous laisse découvrir la suite. La chute finale assez abrupte ne m'a pas trop convaincue.

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En revanche, je conseille Cette nuit de Joachim Schnerf (Editions Zulma, 145 pages). Le roman a obtenu le prix Orange 2018. J'ai appris plein de choses sur la fête de Pessah (la Pâques juive, qui commémore l'exode des Juifs hors d'Egypte), sur le rituel du Séder qui se passe le soir (d'où le titre du roman) et sur les autres rites et coutumes de cette semaine très importante du judaïsme. Salomon, un vieil homme, vient de perdre sa femme Sarah après 50 ans de mariage. Salomon est un rescapé des camps de concentration. Cela lui permet de faire des blagues sur la Shoah, pas toujours bien comprises par sa famille. Salomon et Sarah ont eu deux filles, Denise et Michelle. Toutes les deux mariées, la première n'a pas eu d'enfant mais la deuxième en eu deux, un garçon et une fille. Cette famille est donc réunie pour Pessah et l'absence de Sarah se fait cruellement sentir. Salomon se remémore quand elle était encore de ce monde. Je me suis très vite attachée à cette famille composée de personnages très différents: Michelle au caractère difficile, Denise, une femme effacée, le mari de Michèle, Patrick et ses problèmes intestinaux, le mari de Denise, Pinhas, qui est le seul à rire aux blagues de Salomon. Je n'oublie pas Tania et Samuel, les enfants de Michèle et Patrick. Mais Salomon, le personnage central du roman, est bouleversant. Un roman et un écrivain à découvrir. Lire les billets de Violette, d'Amandine, de Motspourmots et de Jostein.

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mercredi 24 janvier 2018

Les heures sombres - Joe Wright

J'ai d'abord hésité à aller voir Les heures sombres de Joe Wright car je n'avais pas été convaincue par l'adaptation filmique Reviens-moi du roman Expiation de Ian McEwan mise en scène par ce réalisateur. Je ne regrette pas d'être allé voir Les heures sombres (bien au contraire). Cela m'a plu (comme à Pascale). L'histoire se passe entre le 9 et le 26 mai 1940. L'armée allemande avance écrasant tout sur son passage. L'Europe (dont la France) est déjà pratiquement vaincue. Plus de 300000 soldats anglais sont à Dunkerque et ils attendent. A Londres, Neville Chamberlain, gravement malade, laisse sa place à Winston Churchill rappelé en urgence malgré l'opposition contre lui dans son propre parti conservateur. Même le roi George VI a des doutes sur les capacités de Winston Churchill à mener un combat contre Hitler "le peintre en bâtiment", comme Winston le surnomme à un moment donné dans le film. Seul mais avec le soutien indéfectible de son épouse Clementine (Clemmie) depuis 1908, le premier ministre prendre des décisions qui changeront le cours de l'histoire,et en particulier il ne négociera aucun traité de paix avec Hitler ou son "valet" Mussolini. C'était un temps où les discours passaient à la radio, ce qui nous permet d'entendre des extraits mémorables. Le film se termine quand les soldats britanniques vont être rapatriés grâce à des embarcations civiles. Gary Oldman (que j'apprécie beaucoup) se sort très bien du rôle écrasant de Winston. Il recevra très certainement l'Oscar du meilleur acteur en mars prochain à Hollywood. Je n'ai pas été gênée par le fait qu'il porte des prothèses qui le rendent méconnaissable. A ses côtés, Kristin Scott Thomas dans le rôle de Clemmie est divine. Grand buveur et surtout fumeur de cigares, Winston Churchill (prix Nobel de littérature en 1953) ne fut pas exempt de défauts et a eu des positions discutables sur certaines questions, mais beaucoup lui a été pardonné pour s'être montré à la hauteur pendant la deuxième guerre mondiale. Un grand nombre d'hommes politiques d'aujourd'hui devrait s'en inspirer. Un film à voir.

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samedi 7 octobre 2017

Scoopette - Wolinski

Je repasse à Wolinski sous l'angle (arrondi) d'une de ses héroïnes féminines (pas seulement une silhouette). Après avoir évoqué des oeuvres "gentilles", je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) voulais revenir à un peu plus de truculence wolinskienne. Voici donc Scoopette, la nympho de l'info (Canal+ éditions, DL avril 1994).

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Si j'ai bien compris, cet album reprend des dessins réalisés pour Canal Plus, dans le cadre de l'émission Nulle part ailleurs lors de la saison 1993-94 (?). Faute d'avoir regardé cela à l'époque, j'ignore quel est le volume publié par rapport à la production. En 2017, il semble qu'on ne puisse trouver sur la Toile d'images des dessins présentés lors de l'émission (en tout cas, je n'ai pu en trouver).

En couverture de cet album, la litanie des 10 prénoms évoque pour moi le charme suranné d'une chanson de Marie Laforêt (Boris, en dernier lieu...), empreinte du temps qui passe. En feuilletant les pages, les décomptes de fréquence d'apparition donnent: François 7 (Mitterrand 5 et/mais Bayrou 2!), Helmut [Kohl] et John [Major] zéro (publicité mensongère! - mais Wolinski aurait pu [me] répondre que c'était les prénoms des "anonymes" représentés par ailleurs...), Charles [Pasqua] 2, Edouard [Balladur] une douzaine, loin devant Jacques [Chirac] (5 - mais ce dernier a les honneurs - prémonitoires? - de la 4ème de couv'), Valéry [Giscard d'Estaing] 2, Bill [Clinton] 4, Boris [Eltsine] 5. Je suppose que mettre en avant Bernard [Tapie] (4 apparitions) aurait été malvenu, tandis que Georges (Marchais - 2 ou même l'auteur, une fois!) aurait été ambigu... L'ironie pouvait viser le personnage public concerné, ou une situation. Plus de 20 ans après, les politiciens concernés ont pour la plupart disparu du paysage politique actif... mais les situations peuvent perdurer. 

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Quel "gimmick" caractérise notre Scoopette? C'est évidemment un peu répétitif en terme de dialogue (question / réponse - qui s'adresse rarement à elle-même), tandis que les situations sont variées (dedans, dehors, en l'air, sur l'eau...). On remarquera que le Père Noël est seul (dans l'album) à l'appeler de son nom et à la tutoyer. Le reste du temps, Scoopette tend son micro phallique à tel ou tels interviewés (quand elle n'a pas les deux mains occupées). Notre intervieweuse de charme (soit voyeuse, soit actrice) se frotte à des hommes politiques politiques, des anonymes, des people, des sportifs, quelques missionnaires (dont 1 en apesanteur), masculins le plus souvent... On trouve de très rares interview en tête-à-tête avec des femmes (Simone Veil, sévère (x2!); Diana, sous les objectifs des photographes; Margaret Thatcher, des patineuses sur glace; une ménagère russe... ou la petite-fille de Mussolini - plus hard). Et en terme de zoophilie? Scoopette n'interroge pas de raton laveur (seulement Mickey!), mais quelques animaux: ours, flamand rose, kangourou... Ses principaux accessoires? le micro sus-évoqué, et un nagra - j'ai bien écrit nagra).

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La publication remontant aussi à un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître (avant le "décollage" d'internet), on trouve très peu de critiques spécifique à Scoopette sur la Toile. Et plus de 20 ans avant le massacre de Charlie Hebdo, les seuls religieux mis en situations sont l'abbé Pierre et le pape.

Sans transition, voici encore quelques dessins picorés dans cet album sans numéro de pages.

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Pour finir, j'ai aussi pioché quelques jolies journalistes préfigurant Scoopette, ou les réflexions sur le journalisme visibles ci-dessous, dans les albums Le programme de la droite (1986, Denoël), Bonne année (1987, Denoël) et Il n'y a plus d'hommes (1988, Flammarion). Le personnage même de Scoopette a été réutilisé dans quelques planches en couleur de Trop beau pour être vrai (1998, Albin Michel), montrant ses aventures phantasmées en tant que journaliste à L'Echo des savanes (je n'ai pas pris les planches avec Chirac lubrique ou Jospin soporifique). Bien entendu, je ne m'interdis nullement de revenir moi-même sur chacun de ces albums, ultérieurement.

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*** Je suis Charlie ***

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samedi 2 septembre 2017

Seven sisters - Tommy Wirkola / Les proies - Sofia Coppola / Wind River - Taylor Sheridan

Seven Sisters est un thriller futuriste pas désagréable à voir, même si la fin n'est pas tout à fait réussie. L'un des atouts du film est Noomi Rapace qui interprète des septuplées. Nous sommes en 2079. Depuis plus de 30 ans la planète Terre connaît un problème de surpopulation. La politique de l'enfant unique a été instaurée et tous les enfants surnuméraires sont enlevés et confinés dans un endroit bien gardé. Personne ne sait ce qu'il leur arrive. En 2049, Terrence Settman, un scientifique, a assisté à l'accouchement de sa fille (elle en est morte). Elle a donné naissance à sept filles. Terrence décide de les appeler Lundi, Mardi, etc. jusqu'à Dimanche. Pendant trente ans, ces filles identiques vont grandir dans la clandestinité grâce à leur grand-père. Quand elles sortent dehors à tour de rôle dans la rue pour aller travailler ou se promener, elles le font le jour de la semaine qui correspond à leur prénom. Chaque soir, grâce à une caméra grefféee sur elles, elles font un compte-rendu de leur journée pour que les autres ne fassent pas d'impair quand c'est à leur tour de sortir. Car bien entendu, le monde de 2079 est hyper-connecté. Autant ces jeunes femmes se ressemblent, autant leur personnalités sont différentes. Un jour, malheureusement, la machine s'enraye quand un lundi soir, Lundi ne revient pas au domicile. Les six autres vont se mettre à sa recherche. Je ne vous en dis pas plus. Il y a pas mal de suspense. Les méchants de l'histoire ne sont vraiment pas sympathiques. Le style du film m'a fait penser à Hunger Games, au Labyrinthe ou même à Divergente. Les effets spéciaux avec sept Noomi Rapace dans le même plan sont réussis. Pourquoi pas?

Je passe au long-métrage de Sofia Coppola, Les proies (Beguiled en VO) qui a reçu le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes en 2017. Après avoir revu tout récemment le film de Don Siegel de 1971 avec Clint Eastwood, j'ai trouvé que le film de Sofia Coppola n'était pas déshonorant mais il manque tout de même l'aspect sexualité réprimée et la jalousie causées par le caporal McBurney dans les Proies de 1971. En 1864, en pleine guerre de Sécession, en Virginie, un état sudiste, une des cinq jeunes pensionnaires d'une école de jeunes filles trouve un soldat yankee gravement blessé près d'un arbre. Elle le ramène dans l'école, une belle demeure sudiste. Le caporal va doucement se remettre et va provoquer des tensions au sein de ce groupe féminin. L'image est très léchée, il y a des très beaux plans. Colin Farrell, sans être comparé à Eastwood, est plutôt pas mal, ainsi que les actrices, Nicole Kidman en tête qui est toujours très à l'aise dans ce genre de rôle. Mais l'ensemble reste très sage. Lire le billet de Pascale.

Je termine avec Wind River de Taylor Sheridan dont c'est le premier long-métrage. Il est aussi acteur et il est le scénariste de Sicario et Comancheria. De nos jours, dans le Wyoming, en territoire indien, en plein hiver, c'est-à-dire avec -30° comme température extérieure, on suit Cory Lambert, un chasseur qui traque les loups menaçant un troupeau de moutons. Avec son motoneige, parcourant les étendues neigeuses, il découvre le cadavre d'une jeune femme qu'il connaissait, une Amérindienne qui fut l'amie de sa fille, elle aussi décédée sans qu'on ait retrouvé son corps. Une agente du FBI, dépêchée sur les lieux, va, avec l'aide de Cory, poursuivre le meurtrier. L'intérêt du film réside dans le fait que la victime est Amérindienne et que l'enquête est menée dans des conditions climatiques extrèmes. Cory sait voir les traces qui le conduiront au meurtrier. La victime a couru 10 km pieds nus dans la neige avant de mourir. Le meurtrier lui, fera à peine cinq cents mètres avant de s'écrouler avec les poumons explosés. Un film qui se laisse voir même si c'est inférieur aux deux films mentionnés. Lire le billet de Wilyrah.

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