samedi 4 janvier 2020

Séjour dans les monts Fuchun - Gu Xiaogang

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L'année cinéma 2020 commence bien avec ce film chinois de 2H30, Séjour dans les monts Fuchun. Cette première oeuvre du réalisateur a cloturé la semaine de la critique au festival de Cannes en mai 2019. A Fuyang, ville au nord ouest de Shanghaï, on assiste à une réunion familiale. Dans un restaurant appartenant à son fils ainé, une grand-mère fête ses 70 ans entourée de ses quatre fils. L'ainé est marié à une femme de caractère, le deuxième qui est pêcheur vit désormais avec sa femme et son fils unique dans son bateau de pêche. En effet, leur habitation a été rasée comme d'autres dans leur quartier en pleine mutation. Le troisième ne travaille pas et ne trouve pas d'épouse au grand désespoir de sa famille. Quant au dernier, il a la charge seul de son fils trisomique, sa femme l'ayant quitté. Il gagne sa vie au jeu et cela l'amène à avoir des ennuis. La grand-mère est victime d'un malaise cardiaque, mais elle ne meurt pas, et ses fils se demandent comment ils vont pouvoir s'occuper d'elle après l'hôpital. Elle perd la tête et ils faut payer les soins hospitaliers. Dans la séquence suivante, on voit deux jeunes gens, une jeune femme et un jeune homme, parler de choses et d'autres tout en marchant le long de la rivière Fuchun. La caméra ne les lâche pas et les suit à la même allure. La jeune femme est la fille unique du couple de restaurateur. Malgré l'opposition de sa mère, elle voudrait épouser le jeune homme qui est enseignant. Pendant ce temps, la ville de Fuyang change, des habitations sont détruites, un ouvrier trouve des vieilles photos abandonnées dans un tiroir. Le restaurateur subit des pressions de "racketteurs". La grand-mère aussi est un peu laissée à l'abandon dans une maison de retraite avant que l'un des fils la reprenne chez lui. Le réalisateur observe tous les personnages sans les juger, et pendant ce temps, le temps passe avec le cycle des saisons, automne, hiver, printemps et été. Il y a des plans magnifiques d'arbres et de bâtiments sous la neige. J'ai quitté les personnages à regret, mais, à la fin, on nous annonce que c'est la fin du premier volet. En effet, le réalisateur a prévu une trilogie. J'ai hâte de voir la suite, pas encore tournée semble-t-il.

J'ai vu le film dans une salle pleine et très attentive. J'ai trouvé le film intéressant sur la Chine d'aujourd'hui.

Lire les billets d'Anne et de Pascale.

En conclusion, il faut noter que Séjour dans les monts Fuchun est le titre d'une oeuvre peinte avec la technique du lavis entre 1348 et 1350 sur un rouleau horizontal par l'artiste chinois Huang Gongwang (1269-1354).

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mercredi 10 juillet 2019

So long, My son - Wang Xiaoshuai

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Parmi les sorties du 3 juillet 2019, j'avais noté un film chinois de 3 heures, So long, My son. Je ne regrette pas mon choix. C'est un film intéressant porté par deux acteurs, un homme et une femme récompensés au dernier festival de cinéma de Berlin en février dernier. On les suit pendant 30 ans entre 1986 et 2015. L'histoire est racontée de manière non chronologique entre passé, présent et futur. Grâce à cela, on ne voit pas passer les trois heures. L'origine de l'histoire est venue à l'esprit du réalisateur Wang Xiaoshuai, quand il a appris par la radio la fin de la politique de l'enfant unique en 2011. Cette politique avait été initiée par Deng Xiaoping en 1979. En 1994, Yaojun, le père, et sa femme Liyun, perdent leur petit garçon, Xingxing, leur enfant unique. Avant le décès accidentel de Xingxing, noyé dans les eaux d'un barrage en Chine du nord, on apprend que Liyun, après être tombée enceinte d'un deuxième enfant, avait été forcée à se faire avorter sous la pression d'une parente responsable du planning familial dans l'usine où Liyun travaillait. Le couple subit plusieurs coups du sort comme celui d'être rejeté par leur fils adoptif. Après avoir tout quitté dans le nord, et coupé les ponts avec leurs amis, le couple s'installe dans le sud de la Chine en bord de mer où Yaojun s'occupe d'un atelier de réparation mécanique. Mais il ne parle pas le dialecte parlé dans la région. Il y a quelques scènes marquantes comme celle où, devant des centaines d'ouvriers, un contremaître explique qu'il va être obligé de licencier certains d'entre eux. Je me suis parfois perdue dans la chronologie mais ce n'est pas bien grave. Un beau film à voir rien que pour les acteurs.

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