samedi 27 janvier 2018

Six quatre - Hideo Yokoyama

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Six quatre de Hidéo Yokoyama (Edition Liana Levi, 611 pages) est un roman impressionnant que j'ai mis du temps à lire, car il n'y a pas vraiment d'intrigue, l'ensemble est un peu statique. La fin, en revanche, est surprenante (je ne l'avais pas vu venir). L'histoire se passe en 2002. Le meurtre de Shôko, une petite fille âgée de 7 ans, enlevée et étranglée 14 ans auparavant, ne va pas tarder à être prescrit. En effet, le meurtrier n'a jamais été arrêté. Ce crime non résolu reste un cuisant échec pour la police de la région du nord de Tokyo. Ce genre d'acte criminel survient rarement au pays du Soleil Levant. Le héros de l'histoire, Mikami, est commissaire de police et, depuis peu, chargé des relations avec la presse - qui sont plutôt tendues. Mikami est marié. Il est le père d'Ayumi, une jeune fille mineure de 16 ans, fugueuse depuis quelques semaines. Elle ne donne aucun signe de vie. Mikami et son équipe doivent gérer la visite du chef de la police de l'Agence nationale. Ce dernier se recueillera devant l'autel familial de la petite victime avant de déclarer que tout sera mis en oeuvre pour que l'assassin soit arrêté avant la prescription. Le gros du roman décrit les rapports très codifiés entre les gens, l'importance de la hiérarchie entre ces policiers; ce qu'il faut dire ou pas; comment chacun s'adresse la parole. J'ai été frappée par le côté répétitif des situations décrites. L'écrivain (qui est journaliste) nous fait entrer de plein-pied dans une société japonaise très codifiée, hierarchisée, où les non-dits sont aussi important que les paroles. Où il ne faut pas perdre la face. Où quelqu'un est capable de vivre comme un ermite depuis 14 ans, suite au dysfonctionnement malheureux d'un magnétophone. Un texte très dense, avec beaucoup de personnages, que je conseille. Lire les billets de bazaart et a_girl_from_eart.

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lundi 28 novembre 2016

Inferno - Ron Howard / Iris - Jalil Lespert / Les animaux fantastiques - David Yates

J'évoquerai assez rapidement Inferno et Iris qui sont deux films assez ratés à mon avis.

Inferno de Ron Howard permet de retrouver Tom Hanks dans le rôle de Robert Langdon. Il s'agit de la troisième adaptation d'un roman de Dan Brown. Dès le début du film, la spectatrice que je suis a souffert des yeux à cause des images saccadés. En effet, Robert Langdon a des hallucinations, étendu dans son lit d'hôpital. Son nouveau défi est de retrouver un virus mortel qui doit éradiquer 4 milliards d'individus, soit la moitié de la population mondiale. Les décors naturels, Florence, Venise et Istanbul, sont sublimes mais cela ne suffit pas à sauver un scénario invraisemblables et certains personnages sont caricaturaux. A noter Omar Sy, le "frenchy" de service dont on ne comprend pas forcément à quoi il sert.

Je passe à Iris de Jalil Lespert. Ce thriller se passe dans les beaux quartiers de Paris. Antoine Doriot (Jalil Lespert), un banquier d'affaires, dîne dans un restaurant avec une jeune femme d'une grande beauté (Charlotte Le Bon ravissante). Celle-ci disparaît mystérieusement pendant qu'il paye l'addition. Une rançon est rapidement demandée par Max Lopez (Romain Duris, pas très expressif), dont on découvre qu'il est un des clients de la banque de Doriot. Je ne dirais rien de plus sur l'histoire pleine de retournements de situations plus ou moins vraisemblables. L'ensemble qui se veut sophistiqué dégage un certain ennui. D'autant plus que les personnages ne sont pas sympathiques.

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En revanche, vous pouvez aller voir Les animaux fantastiques de David Yates dont le scénario a été écrit par J.K. Rowling. Il s'agit du premier film d'une série dérivée de la saga Harry Potter. Le film bourrés d'effets spéciaux et numériques réussis nous emmène dans le New-York des années 20. Norbert Dragonneau débarque d'Angleterre par bateau avec une valise qui, quand on l'ouvre "normalement", contient un passage qui mène dans un univers parallèle où vivent des animaux fantastiques comme le niffleur (qui s'échappe). Norbert fait tout pour les préserver. Pendant ce temps, la ville américaine vit des événements étranges, une ombre avec des yeux plane au-dessus de la ville, des maisons bougent ou subissent des dégâts. Les Moldus (ou Non-Maj) côtoient les Sorciers (qui sont nombreux) sans le savoir. Je ne dirai rien de plus sur l'histoire sans temps mort avec des séquences amusantes. Les adultes apprécieront autant que les plus jeunes. Quatre autres films devraient suivre.

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mardi 30 août 2016

Moka - Frédéric Mermoud / Dernier train pour Busan - Sang-ho Yeon

J'ai été voir Moka de Frédéric Mermoud dans le cadre d'une avant-première juste après le 15 août. Il y avait un monde fou dans la salle, car il était annoncé que la projection se déroulerait en présence de l'équipe du film. En effet, l'équipe au complet (sauf Nathalie Baye) fut présente ... environ 4 minutes, le temps de dire que le tournage s'était bien passé. Les acteurs se sont bien entendus et Emmanuelle Devos tournait pour la deuxième fois avec le réalisateur. Il n'y a pas eu de place pour des questions. J'ai une fois de plus du mal à comprendre qu'on mobilise autant de monde pour si peu.

Toujours est-il que le film proprement dit ne casse pas trois pattes à un canard. L'histoire se passe alternativement entre la Suisse et la France (à Evian), au bord du lac Léman. Le paysage est photogénique, mais à part ça, pas grand-chose. Diane s'enfuit d'une maison de santé où elle est soignée depuis que son petit garçon a été tué par une voiture qui l'a écrasé sans le voir. Diane veut mener son enquête pour trouver qui était au volant de la voiture. Elle apprend rapidement que c'était une femme qui conduisait. Elle retrouve assez vite la voiture couleur "moka" qui a renversé son fils. Elle devient amie avec Marlène (Nathalie Baye), la présumée conductrice. Les échanges entre les deux femmes donnent un peu de vie à ce film qui en manque cruellement. Pas indispensable de voir ce film.

Je passe maintenant au film sud-coréen (encore un!) Dernier train pour Busan de Sang-ho Yeon. Il m'a beaucoup plu, mais il faut prévenir que ce film est interdit aux moins de 12 ans, car il y a des scènes qui peuvent faire peur. Un père divorcé (j'ai compris qu'il était trader) prend le train avec sa petite fille de 8 ans qui l'a pratiquement obligé à faire le voyage, car elle veut rejoindre sa mère à Busan. Le père est un homme qui ne pense qu'à lui et dont la devise est "chacun pour soi". Dans le wagon du père et de sa fille, il y aussi un homme un peu rustre et sa femme enceinte, deux soeurs dans la cinquantaine, un homme odieux, un groupe de jeunes joueurs de base-ball. Juste avant que le train démarre, une jeune femme un peu bizarre monte dans un wagon. Elle se transforme en zombie gesticulant et se met à attaquer tous les gens qu'elle croise en les mordant au cou. Les personnes mordues se transforment illico en zombies à leur tour. La contamination est rapide. Le train est forcé de s'arrêter dans différentes gares où il n'y a plus que des zombies. Dans les différents wagons, ceux qui ne sont pas encore contaminés commencent plus ou moins à s'entraider pour fuir la menace mais cela n'empêche pas que la plupart des "gentils" sont éliminés. Ce film d'horreur (en général, je ne vais pas voir ce genre de film) a été une très bonne surprise. Il y avait du monde dans la salle où je l'ai vu, et de la queue pour la séance d'après à ma sortie. Lire les billets de Pascale, ffred et Mr Vladdy.

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samedi 2 juillet 2016

Prix du roman FNAC 2016

Sélectionnée en 2013 et 2014 mais pas en 2015, j'ai à nouveau le plaisir de faire partie des lecteurs/adhérents de l'enseigne à qui on a demandé de lire cinq livres (parmi une série de 242 ouvrages qui paraîtront à partir de fin août pour la rentrée littéraire). J'ai donc reçu mes cinq livres le 1er juin. Il fallait les avoir lus pour le 6 juilet 2016 au plus tard. J'ai terminé le 5ème il y a cinq jours.

Mes lectures m'ont dans l'ensemble été agréables, mais j'ai peiné pour terminer deux d'entre elles.

Sur les cinq, trois ont été écrits par des femmes (une Canadienne anglophone et deux Britanniques). Deux des livres sont des premiers romans. Les deux écrivains masculins sont un Français et un Canadien francophone.

Je vous donne mes impressions en bref:

Eclipses japonaises d'Eric Faye, Editions du Seuil, m'a plu. Il évoque le cas de Japonais de toutes conditions enlevés dans les années 70 par des espions de la Corée du Nord. Ces Japonais, hommes, femme et même adolescentes, seront retenus de force en Corée et obligés d'enseigner la langue japonaise et les coutumes nippones à de futurs espions. On apprend aussi que des Américains ont été kidnappés après avoir déserté le conflit vietnamien. Ils resteront des années sur les terres de Kim Jong-un. Ce roman paraît le 18 août prochain et il fait 225 pages. A lire.

Je continue avec L'année la plus longue du Canadien francophone Daniel Grenier. C'est un premier roman à paraître le 17 août en France (Editions Flammarion, 390 pages). Il a rencontré un grand succès public et critique au Québec. J'avoue que je n'ai pas été totalement convaincue par l'histoire d'Aimé Bolduc, né le 29 février 1760, qui vieillit d'un an tous les quatre ans. Tel un vampire, le temps n'a presque pas de prise sur lui (mais il ne boit pas de sang). Il va traverser deux siècles d'Amérique du nord. Son lointain descendant, Thomas Langlois, né aussi un 29 février (en 1980) connaîtra semble-t-il le même destin. La première partie qui fait 100 pages m'a bien intéressée. Après, c'est long, très long (comme la vie d'Aimé). Au détour de phrases, j'ai noté quelques expressions comme "chaise berçante" (pour rocking-chair).

L'histoire du roman Le Naturaliste de Alissa York (Editions Liana Levi, à paraître le 8 septembre 2016, 320 pages) se passe au XIXème siècle, en 1867. Iris Ash, qui vient de perdre brusquement son mari Walter, part en expédition le long du fleuve Amazone, accompagnée de sa dame de compagnie, Rachel Weaver, une jeune Quaker, et de Paul Ash, son beau-fils, un métis passionné par les livres. Walter qui était un grand amoureux des reptiles de toutes sortes voulait en rapporter pour les naturaliser ou les garder vivant dans un immense vivarium afin de les observer. Iris, Rachel et Paul vont être aidés dans leur entreprise par l'oncle et la tante de Paul. Iris, très douée en dessin, fait des croquis des nombreux animaux capturés pendant leur périple. C'est une histoire originale mais il n'y a pas vraiment de conclusion. Je suis restée sur ma faim.

M pour Mabel d'Helen McDonald (Fleuve Edtions, 380 pages, à paraître le 25 août 2016) est un récit autobiographique. Helen McDonald, qui enseigne à Cambridge, a une passion pour la fauconnerie depuis toujours. Elle concentre son récit sur sa rencontre avec une femelle autour qu'elle prénomme Mabel. On suit toutes les étapes qui permettent à Helen McDonald de tisser un lien avec Mabel autour. C'est un oiseau difficile à apprivoiser. Pendant cette période, le père d'Helen McDonald dont elle était proche, meurt subitement. Elle en est très marquée et cela se ressent dans sa relation avec Mabel. J'ai retenu de ce livre qu'apprivoiser un faucon demande du temps, de l'énergie, et de la patience. J'ai trouvé ce livre un peu long à cause des références à des carnets de notes écrits par un certain Mr White dans les années 30, qui a lamentablement échoué en voulant apprivoiser un faucon nommé "Gos".

Je termine par mon livre préféré (et de loin), Les mots entre mes mains, un premier roman de Guinevere Glasfurd (Editions Préludes, 435 pages que j'ai "dévorées", à paraître le 24 août 2016). L'histoire divisée en courts chapitre se passe aux Pays-Bas, entre 1632 et 1640. Il s'agit d'une histoire d'amour méconnue entre René Descartes (en exil) et une jeune servante, Helena Jans Van der Strom. De cette relation naîtra, en 1635, Francine qui mourra 5 ans plus tard de la scarlatine. Ce premier roman est centré sur le personnage d'Helena, qui a appris à lire et à écrire toute seule. Elle a une forte personnalité. Elle ne se laisse pas faire. Elle appelle Descartes "Monsieur". Ce roman m'a vraiment emballée. Je ne sais pas s'il sera dans les 30 romans finalistes pour le prix du roman Fnac. Toujours est-il que j'espère que vous le lirez quand il paraîtra.

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vendredi 29 avril 2016

La saison des femmes - Leena Yadav

L'histoire racontée par La saison des femmes (sorti le 20 avril 2016) se passe de nos jours. Ce film indien réalisé par une femme montre la violence conjugale, la solidarité entre femmes et les corps dénudés. Dans l'ouest de l'Inde, l'Etat fédéré de Gujarat aux paysages arides, on fait la connaissance de trois femmes, Lajjo, Rani et Bijli. Elles vivent dans un village où règnent en maîtres les hommes, jeunes et vieux. Les maisons (des cahutes) sont faites de terre et de tôle, seule la présence récente des téléphones portables témoigne que nous sommes quand même au XXIème siècle. Les femmes n'ont pas beaucoup droit au chapitre. Lajjo n'arrête pas d'être battue et humiliée par son mari alcoolique, Rani, une veuve de 32 ans, n'arrive plus à joindre les deux bouts, et Gulab (son fils de 17 ans) est odieux avec elle. Quant à Bijli, une danseuse prostituée, elle ne s'en laisse pas compter mais elle est aussi victime de la brutalité de certains de ses clients. Et je n'oublie pas Champa, 14 ou 15 ans, mariée de force à Gulab et déjà presque répudiée. Certaines scènes sont violentes, d'autres empreintes d'une grande douceur. J'ai aimé ce film pour l'énergie qui s'en dégage, et les femmes sont magnifiques. Lire le billet d'Alain.

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jeudi 19 juin 2014

Black coal - Diao Yinan

Je voudrais évoquer Black coal de Diao Yinan qui a reçu le Lion d'or au dernier festival du cinéma de Venise. L'acteur principal Liao Fan a, quant à lui, reçu le prix d'interprétation masculine. Ce polar se passe pour une grande partie dans une province chinoise, dans une atmosphère ouatée, pendant l'hiver. Il y a beaucoup de neige et on sent le froid. En 1999, des parties d'un corps démembré sont retrouvées dans différents trains transportant du charbon (coal). Quelques policiers enquêtent et l'affaire se termine dans un bain de sang dans une teinturerie. Suite à ce fiasco, l'un des flics, l'inspecteur Yang, est mis sur la touche. Cinq ans plus tard, en 2004, les crimes reprennent: deux nouveaux cadavres démembrés sont retrouvés dans du charbon embarqué dans un train. Yang, devenu alcoolique, insiste pour aider ses anciens collègues dans la reprise de l'enquête. Une jeune femme employée dans la teinturerie est au coeur de cette histoire au rythme lent et elliptique. Il y a une très belle photo mais je dois dire que cela n'a pas été suffisant pour que je sois plus enthousiaste que cela, je me suis un peu ennuyée et je pense ne pas avoir été la seule dans ce cas-là pendant la projection. Au moins 4 personnes sont parties avant la fin, et dès que le générique de fin a débuté, les gens se sont rués assez vite hors de la salle. Ce n'est pas si courant.  

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Sinon, pour la deuxième année consécutive, j'ai été sélectionnée pour mon plus grand plaisir pour être jurée du prix du Roman Fn*c. J'ai reçu cinq romans, j'en ai déjà lu trois. Deux sur trois m'ont beaucoup plu et le quatrième que j'ai commencé est aussi très bien. Parmi ces cinq, trois sont français, l'un est traduit de l'hébreu et l'autre de l'américain. Ils ont été écrits respectivement par trois femmes et deux hommes. Ces livres paraîtront en août et septembre 2014. Je ne peux pas en dire plus pour l'instant mais restez à l'écoute.

Voici une photo mystère qui rassemble les ouvrages.

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mardi 29 avril 2014

Les sentiers du désastre / Comment voler une banque - Donald Westlake

Voici deux romans policiers très amusants du grand Donald Westlake (1933-2008). Ils ne comportent aucune violence manifeste, et tout ne se termine pas forcément très bien pour les malfrats qui sont les héros récurrents de ces deux histoires et de quelques autres. En effet, j'ai fait la connaissance de John Dortmunder et de ses deux acolytes: Andy Kelp et Stan Murch, des gangsters non violents, cambrioleurs et escrocs "à la petite semaine", embarqués dans des "coups" fumants et fumeux qui partent en vrille. Les histoires très divertissantes se passent toujours à New-York ou dans sa région sur la côte Est des Etats-Unis.

 

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Dans Les sentiers du désastre (Rivages/noir, 380 pages), sur une idée de Chester Fallon, un copain d'Andy, Dortmunder et sa bande se font engager comme majordome, secrétaire, garde du corps et chauffeur auprès de Monroe Hall, un milliardaire malhonnête. Ce dernier possède une magnifique collections de voitures que guignent les quatre compères. Bien évidemment, rien ne se passe comme prévu et quand les voitures partent dans un musée, Dortmunder et les autres, bien que contrariés, ne perdent  pas leur sang-froid. Ils feront mieux la prochaine fois... C'est distrayant au possible.

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Je continue avec Comment voler une banque, toujours de Donald Westlake (Rivages/noir, 280 pages), où Victor (ancien agent du FBI et neveu d'Andy) émet l'idée originale de voler une banque. En l'occurrence, il s'agit d'une banque provisoire installée dans un mobile home pendant que la banque "en dur" est reconstruite. Dortmunder, Andy et Stan vont en effet voler la banque avec l'aide de Victor et d'un complice. May, l'amie de Dortmunder sera aussi de la partie. J'ai trouvé l'histoire hilarante et la fin d'anthologie: la banque coule au fond de la mer. M. Westlake avait vraiment beaucoup de talent.

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Avec mon ami, nous avons visionné tout récemment le film Les quatre malfrats réalisé par Peter Yates, qui date de 1972, avec Robert Redford dans le rôle de Dortmunder. C'est une adaptation de Pierre qui roule (The Hot Rock) parue aussi chez Rivages/Noir: Dortmunder & Co sont engagés pour voler un diamant dans un musée pour le compte d'un dignitaire africain. Que de péripéties avant que Dortmunder puisse récupérer le diamant qui, après avoir été volé, transite par une prison, un commissariat et enfin une banque. Tout à fait réjouissant aussi. Je recommande ce DVD.

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dimanche 21 octobre 2012

Et Nietzsche a pleuré - Irvin Yalom

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Ayant lu pas mal de critiques positives sur Et Nietzsche a pleuré (Livre de poche, 500 pages), je l'ai lu et me joins aux louanges. Une fois de plus, Irvin Yalom nous éblouit avec cette histoire qui se passe d'octobre à décembre 1882 à Vienne, en Autriche. On assiste à une confrontation (romancée) entre Friedrich Nietzsche et Joseph Brauer. Ce dernier est considéré comme l'un des fondateurs de la psychanalyse (Freud fut son disciple). Il vient de traiter un cas d'hystérie resté célèbre, celui d'Anna O., évoqué dans le roman. Nietzsche est sur le point de terminer sa liaison orageuse mais très chaste avec la très belle Lou Andréas Salomé (21 ans à l'époque) qui se partage entre lui et Paul Rée. De son côté, Joseph Brauer, très pris par son métier de praticien, s'interroge sur sa vie amoureuse avec sa femme Mathilde. Suite à une lettre puis à une rencontre avec Lou Salomé, Brauer accepte de rencontrer Nietzsche qui souffre d'horribles maux de tête et qui n'a pas encore écrit Ainsi parlait Zarathoustra. Une grande partie du roman relate les séances de thérapie entre Nietzsche et Brauer où le psychanalysé n'est pas celui qu'on croit. C'est intelligent et très accessible. Un excellent moment de lecture. Lire les billets d'eeguab et de Luocine.

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mardi 31 juillet 2012

Mensonges sur le divan - Irvin Yalom / Enigma - Antoni Casas Ros

Voici deux livres qui n'ont aucun rapport l'un avec l'autre.

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Mensonges sur le divan d'Irvin Yalom (Point Seuil, 560 pages) est le deuxième roman que je lis de cet écrivain après Le Problème Spinoza qui m'avait enthousiasmée. Je n'en dirais peut-être pas autant de celui-ci où j'ai trouvé des passages un peu longs par moment. Je résumerais l'histoire en disant qu'Irvin Yalom qui est psychiatre égratigne pas mal ceux qui exercent ce métier. Après un prologue éblouissant de plus de 50 pages, l'histoire traîne un peu pendant les 500 pages suivantes avec quelque baisse de rythme. Peut-être est-ce que je ne connais pas grand-chose à la pyschanalyse et que le fait de payer (cher) pour raconter sa vie à un parfait inconnu me trouble beaucoup (même si c'est partie intégrante de la thérapie). Nos deux héros psychiatres, Ernest Lash et Marshal Streider, dont on découvre la naïveté (le second étant le superviseur du premier), vont être victimes de deux tours pendables commis par des patients qui leur ont menti alors qu'ils sont censés dire la vérité. J'ai surtout retenu le coup du double harpon: une escroquerie de haute volée. Je vous recommande ce roman rien que pour le prologue. Après, c'est à vous de juger.

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Maintenant, je passe à Enigma (Folio, 261 pages) d'Antoni Casas Ros, écrivain catalan d'expression française. C'est une jeune femme qui m'a prêté ce roman et je la remercie pour cette découverte. Le roman paru en 2010 est aussi étrange que la page de couverture. Deux hommes, Joaquim (professeur de lettres universitaire et écrivain raté) et Ricardo (poète et tueur à gages) et deux femmes Naoki (Japonaise, musicienne sans profession fixe qui "moissonne du silence") et Zoë, étudiante et serveuse dans un bar à ses heures, sont à tour de rôle les narrateurs de cette histoire pas banale. A Barcelone, peut-être de nos jours, Enigma nous conte le destin de Joachim, un écrivain médiocre qui  dissèque les oeuvres d'autres auteurs en leur reprochant la plupart du temps les fins, qu'il se met à réécrire lui-même. Il va former un "ménage à 4" avec Ricardo, Naoki et Zoë. Enigma est un roman sensuel et sexuel empreint de cruauté où les ombres de Sade et de quelques autres sont très présentes. Sans dévoiler la fin, je dirai que trois des personnages sur quatre connaîtront la même fin que des personnages de romans évoqués. C'est un roman qui m'a donné envie de découvrir l'oeuvre de Bolaño et La fille aux yeux d'or de Balzac. C'est le premier roman que je lis de cet écrivain. Il faudrait que je découvre un des ses précédents: Le théorème d'Almodovar.

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lundi 4 juin 2012

Le problème Spinoza - Irvin Yalom

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Tout d'abord, je voudrais adresser un immense merci à Dominique, toujours de bon conseil, qui nous a vanté les qualités du roman Le problème Spinoza d'Irvin Yalom (Galaade Editions, 640 pages). J'ai été assez enthousiasmée par cette lecture. Ce roman est publié chez un éditeur que je ne connaissais pas et je n'avais encore rien lu de cet écrivain. C'est le genre de roman grâce auquel on a l'impression d'être un peu plus cultivé et intelligent après l'avoir terminé. Je ne suis pas très portée sur la philosophie, ce que je regrette. Tout le monde connaît le nom de Spinoza, je ne suis pas sûre que beaucoup l'ait lu. Irvin Yalom, sous couvert de cette histoire, rédige quasiment un ouvrage de vulgarisation sur la pensée de ce philosophe qui a écrit tous ses ouvrages en latin. Né au 17ème siècle, dans une famille juive portugaise sépharade, Baruch (Bento [en portugais] ou Benedictus, "Béni") Spinoza, fut excommunié à 23 ans, en 1656, par la communauté juive d'Amsterdam (où il vivait), car il remettait en cause, par exemple, que "Dieu [soit] un être vivant et pensant, qui pense comme nous et qui pense à nous", et beaucoup d'autres questions de cet ordre. Il fut considéré comme athée. Spinoza a eu de nombreux admirateurs comme Goethe, Einstein, et Alfred Rosenberg, ce dernier resté tristement célèbre pour avoir été l'un des théoriciens du nazisme en prônant l'éradication des Juifs d'Europe.

D'ailleurs, Rosenberg est le deuxième personnage central de ce roman qui alterne deux récits. D'une part, Spinoza en 1656 au moment de son excommunication et ce qui s'ensuivit. D"autre part, Alfred Rosenberg, Allemand vivant en Estonie, découvre à l'âge de 16 ans en 1910, alors qu'il était déjà devenu un antisémite pur et dur, le juif Spinoza (et son ouvrage le plus célèbre, L'éthique) par l'intermédiaire de deux professeurs qui espèrent ainsi (en vain) le faire changer d'opinions. En 1940, Rosenberg devenu Reichsleiter confisquera la centaine d'ouvrages qui composaient la bibliothèque de Spinoza à Rijnsburg près d'Amsterdam dans le petit musée qui lui est consacré. A la fin de la guerre, la presque totalité de ces ouvrages ont été retrouvés et ont été remis leur place.

J'ai lu ce très bon roman en une petite semaine. Je le conseille vraiment. Je pense que je lirai Et Nietzche a pleuré du même écrivain qui est aussi psychothérapeuthe. [chroniqué le 21/10/2012]

PS: je note tout de même que Spinoza n'était pas progressiste au sujet de la condition de la Femme.

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