Quatre Maigret - Georges Simenon
En attendant de retourner au cinéma (les dernières sorties ne m'ont pas trop tentée), je lis pas mal et j'ai donc lu, coup sur coup, trois romans et une nouvelle de Georges Simenon. J'ai été attirée par les couvertures. Et puis, j'aime la grosseur de police de caractère qui convient très bien pour mes yeux.
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Je commence par La pipe de Maigret (Livre de poche, 94 pages) une nouvelle écrite à Paris, rue de Turenne, en 1945. C'est le mois de juillet à 7h30 du soir, il fait chaud et Maigret s'apprête à rentrer chez lui. Il cherche sa belle pipe en bruyère offerte dix ans plus tôt par sa femme. Il ne la trouve pas. Il se remémore toutes les personnes qui sont passées par son bureau ce jour là et il en arrive à penser que c'est un jeune homme qui a pris la pipe de Maigret. Il accompagnait sa mère. Cette dernière, veuve depuis environ cinq ans, est venue pour se plaindre que quelqu'un est venu chez elle en son absence. En dix pages, tout est décrit sans un mot de trop. Les 80 pages qui suivent se lisent avec intérêt. Maigret est toujours bien épaulé par ses adjoints dont Lucas.
Je continue avec Le pendu de Saint-Pholien (Livre de poche, 186 pages), un roman écrit dans deux lieux différents: à bord d'un bateau (péniche?) en Seine-et-Marne et près de Concarneau dans le Finistère, l'été 1930 et l'hiver 1930-1931. L'histoire se passe entre la Hollande, la Belgique et l'Allemagne. L'histoire débute dans une petite gare au nord de la Hollande. Six voyageurs attendent un train. Un homme encore jeune, très agité, a une valise. Un autre homme (Maigret, grand, lourd et large d'épaule) a une valise presque identique qu'il va intervertir avec celle du jeune homme. Celui-ci, affolé, quand il se rendra compte que ce n'est plus sa valise qu'il tient à main, se suicide. Dans la valise du mort, Maigret trouve seulement des vêtements avec du sang et ce ne sont pas ceux du mort. Il remonte le fil de cette histoire où d'autres personnes sont impliquées dont un homme qui s'est pendu plusieurs années plus tôt à l'église de Saint-Pholien en Belgique. J'ai aimé.
Tout comme Maigret et L'homme tout seul (Livre de poche, 221 pages), un roman écrit en Suisse dans le comté de Vaud en 1971. Nous sommes en août 1965, Maigret est appelé à propos d'un meurtre qui s'est déroulé dans le quartier des Halles à Paris. Et toute l'histoire va se passer dans le XVIIIème arrondissement de Paris. Il faut attendre plus de 40 pages pour connaître l'identité du mort tué de trois balles dans un vieil immeuble voué à la démolition. Il s'agissait d'un certain Marcel Vivien qui était devenu clochard depuis quelques années. Ebéniste, il était marié (avec une femme pas commode) et père d'une fille. Du jour au lendemain, il est parti sans un mot. Il a vécu dans plusieurs hôtels et pendant un temps (6 mois), il a eu une amie. J'ai trouvé l'enquête passionnante. On suit Maigret qui ne perd pas son sang-froid et qui est bien soutenu par sa femme d'une patience d'ange. Pour mieux réfléchir, il va souvent dans une brasserie place Dauphine, pas loin du quai des Orfèvres. Un roman à lire.
Je termine avec Maigret et l'homme du banc (Livre de poche, 191 pages), un roman écrit aux Etats-Unis, dans le Connecticut, en 1952. L'homme du banc s'appelait Louis Thouret et il vient d'être retrouvé poignardé d'un coup de couteau dans le dos. L'histoire débute un 19 octobre, il commence à faire froid et Madame Maigret conseille à son mari de prendre son gros pardessus. J'adore cette phrase "A huit heures et demie (du matin), on gardait encore de la lumière dans les appartements, et le pardessus de Maigret sentait la naphtaline" (p6). Une fois de plus, l'histoire se passe rive droite de la Seine, dans le IIIème arrondissement. Le corps de Louis Thouret, un magasinier, est mort dans une impasse. Il portait des souliers jaunes. Sa femme qui méprisait son mari est étonnée car Louis Thouret portait habituellement des souliers noirs pour aller travailler dans une petite entreprise. La fille de Thouret n'a pas plus de considération pour son père. Maigret découvre que Louis Thouret ne travaillait plus dans l'entreprise depuis qu'elle avait fermé trois ans plus tôt du jour au lendemain. Depuis cette date, Thouret faisait comme si de rien n'était et il rapportait son salaire régulièrement à sa femme qui tenait les cordons de la bourse. Au fur et à mesure de l'enquête, on découvre la double vie que menait Thouret. Une fois de plus, je suis admirative du style de Simenon qui va à l'essentiel.