Balanegra - Marto Pariente
J'ai été ravie de découvrir une nouvelle voix du polar venue de la péninsule ibérique: Marto Pariente, né en 1980, ancien membre de la Guardia Civil. Ses deux romans parus en français et lus l'un après l'autre sont de grandes réussites. Il y avait longtemps que je n'avais pas apprécié autant une lecture de ce genre.
J'ai commencé par le deuxième paru, Balanegra (Série noire, Gallimard, 216 pages) paru en 2025 et emprunté en bibliothèque. Je l'ai lu en une après-midi. Coveiro, un ancien tueur à gages âgé d'environ soixante ans, est devenu fossoyeur à Balanegra en remplaçant son frère Richi qui s'est suicidé quelques années auparavant. Richi était veuf mais il était père d'un garçon autiste prénommé Marco. Dans cette petite ville de Balanegra, il se passe des choses pas banales, dont l'enterrement d'un politicien accusé de pédophilie et mort subitement d'une crise cardiaque lors d'une instruction judiciaire. Pourquoi "pas banales"? Parce qu'il se trouve que Leonardo de Miguel (le mort) est le fils de Rubi de Miguel, la patronne de Carbac, le plus gros acteur de l'industrie de la viande en Espagne. Un enchainement de morts s'ensuit car l'info sur le mort pédophile fuite et c'est inconcevable pour la mère qui a le bras très long. Elle fait engager un certain "Duc" qui va faire le "ménage". Un avocat, un policier et quelques autres plus ou moins proches de l'affaire vont connaître une mort violente. Ce "Duc" a des tueurs a sa solde, le couple Bobby, un homme et une femme. Et Coveiro, me demandez-vous? Et bien Coveiro (ce surnom vient du fait qu'il tient à enterrer lui-même ses victimes) est témoin, une nuit, de l'enlèvement de son neveu Marco qui, comme à son habitude après un enterrement, restait planté devant la tombe fraîche. Coveiro voit l'enlèvement de loin mais il trouve vite les auteurs de ce méfait. Ça fait mal pour ceux qui se trouvent sur son chemin. Comme ce sont les "méchants" (à quelques exceptions près) qui disparaissent, on pardonne à Coveiro, très attaché à son neveu. Il y a beaucoup d'empathie pour certains personnages de la part de Marto Pariente et il y a de l'humour noir. Je ne vous raconte pas tout de cette histoire qui va vite grâce à des chapitres courts de trois ou quatre pages avec des flash-backs. Lire les billets de Pierre Faverolle, La petite souris, Clete et Jean-Marc Laherrère.
Dans un prochain billet, je parlerai de La sagesse de l'idiot.