Les champs de la lune - Catherine Dufour
/image%2F1203477%2F20250725%2Fob_db052a_troislogos-ssw16-objectifsf2023-imagin.jpg)
Un fois n'est pas coutume, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vais chroniquer un livre plutôt récent (2024), que je me suis offert après l'avoir aperçu sur divers blogs: le "journal de bord" d'une "fermière" sur la lune... C'était à la fois afin de participer à des challenges sur lesquels j'ai du retard, et pour le verser après lecture au système de prêt de livres de l'AMAP dont je fais partie!
Catherine Dufour, Les champs de la lune, Robert Laffont, Coll. Ailleurs et demain,
2024, 284 pages
Nous sommes manifestement dans plusieurs siècles (au XXIVe s.). Sur notre satellite, les colons, d'abord installés sous des dômes, n'ont pu s'empêcher de s'affronter en des guerres qui ont éclairci leurs rangs, avant de décider, sous la conduite de quelques "sages", d'opter pour une vie souterraine, en aménageant d'immenses tunnels de lave... devenant ainsi pleinement des "soulunaires". Des "animaux augmentés" (chiens, chats, qui parlent...) vivent avec eux.
Celle qui nous raconte au fil des pages ces événements, El-Jarline, veille en surface au maintien en bon état de l'écosystème de sa "ferme" sous dôme. Le temps passe doucement au fil de ses rapports (sur une durée d'une dizaine de mois). Lorsque commence le livre, on vient de lui demander d'abandonner son style trop "sec" pour rédiger avec de vraies phrases. Pour cela, elle s'aide du contenu d'une bibliothèque qu'elle a téléchargée. Notre fermière reçoit de rares stagiaires (les enfants sont trop sensibles aux radiations) venus voir plantes et animaux, accueille (recueille?) cependant sous "son" dôme, pour un temps plus ou moins long, des enfants plus ou moins orphelins, des vieillards plus ou moins désorientés...
Sa principale inquiétude, l'objet de ses alertes quotidiennes, porte sur les fragilités de son dôme (une fissure qui s'étend malgré toutes les consolidations effectuées en "duracier"), cependant que ces alertes ne provoquent strictement aucune action chez les "décideurs" (le dôme comme parabole?). Elle se préoccupe également de découvrir ce qui cause la "fièvre aspic", une espèce de "maladie du sommeil" qui décime les colons sélénites... Son enquête dérange-t-elle certains puissants personnages? Lors d'un long trajet pour visiter une autre cité, son "rover" est saboté (contrairement aux assurances qui lui ont été données, il ne sera pas réparé). Elle finit par trouver ce qui pourrait être un charnier (ou un grand cimetière sous la terre?). En son absence, le dôme subit une décompression fatale.
Quand elle décide de quitter définitivement les lieux, ses collègues lui offrent un choix de quelques plantules, ainsi que quelques larves (chrysalides) d'insectes: de quoi re-créer un embryon d'écosystème... cependant que, dans le ciel, la Terre passe d'une image d'"orange bleue" à un globe gris. J'ai perçu les 23 chapitres de ce livre, au départ, comme un conte empreint de poésie, de lenteur, d'humanité. Mais le pessimisme se fait de plus en plus sentir au fil des pages, tirant l'oeuvre vers un roman d'anticipation amère, de la lecture duquel je ne suis pas, moi, ressorti exagérément optimiste sur le sort de l'espèce humaine... alors même qu'on finit par s'interroger sur la "part d'humanité" que porte en elle El-Jarline elle-même.
J'inscris ce billet comme ma première participation au XVIe Challenge Summer Star Wars "Andor saison 2" chez Lhisbéi, mais aussi comme nouvelle contribution au challenge Objectif SF 2025 chez Sandrine, ainsi que pour le 13e challenge de l'imaginaire proposé par Tornade.
Keisha en avait parlé il y a quelques mois, Manou plus récemment. Les chroniques du chroniqueur l'avait longuement analysé l'an dernier. Citons encore Lhisbei... dont le billet contient plein d'autres liens!