Un monde sans fin - Ken Follett
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J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) continué ma découverte de la saga-phare de Ken Follet avec son deuxième tome, Un monde sans fin. Je l'ai lu en grand format (chiné d'occasion), et cela me fait un épais de l'été 2025 de plus, mais compte aussi pour les Pavés de l'été 2025 de Sibylline et pour la saison Eté des pavés "quatre saisons" chez Moka.
Ken Follett, Un monde sans fin, Robert Laffont, 2008 (EO 2007), 1286 pages
Dans la saga de Ken Follett que j'ai parfois vu nommer "Kingsbridge", ce volume, le deuxième à avoir été publié sur un total de cinq à ce jour, occupe chronologiquement la troisième place.
L'histoire s'y déroule sur plus d'un tiers de siècle (de 1327 à 1361), et l'on y retrouve le même schéma que dans le premier tome publié (Les piliers de la terre): des enfants de classes sociales différentes, que l'on voit évoluer, interagir (en positif ou en négatif), dans la ville (fictive) de Kingsbridge, son prieuré (auquel est désormais rattaché un couvent de nonnes), et dans le cadre de la plus grande Histoire de l'Angleterre et de l'Europe (France, Italie...). Quand débute la première partie du livre, le 1er novembre 1327, Gwenda est fille de paysan sans terre (son père est un voleur à qui l'on a coupé la main), Caris est une fillette de la bourgeoisie marchande, les frères Merthin et Ralph sont fils d'un couple noble mais ruiné... et ils assistent tous les quatre à une scène mystérieuse dont l'explication sera donnée dans les toutes dernières pages!
Au fil des parties (8-14 juin 1337, juin-décembre 1337, juin 1338-mai 1339, mars 1346-décembre 1348, janvier 1349- janvier 1351, mars-novembre 1361) et des nombreux chapitres (dommage qu'il manque une table des matières!), nous assistons à des conflits de pouvoirs pour des contrats de construction ou de réparation (pont, tour de la cathédrale, prieuré, hospice, ...), pour des postes (prieur, présidence de la guilde de la ville, direction de l'hospice...), pour des titres (comté, en l'absence d'héritier mâle)... dans une période troublée par les débuts de la Guerre de 100 ans pour le trône de France et l'arrivée de la peste en Occident (que la médecine traditionnelle héritée de l'Antiquité ne sait pas soigner).
Le talent de l'auteur est de nous exposer les ressorts psychologiques et "raisons personnelles" qui poussent ses personnages à agir de telles ou telles manières, que ne comprennent pas toujours les autres protagonistes. Parfois les rapports de force amenant à telle ou telle décision sont absolument logiques et incontestables, d'autres fois, certains individus (pas forcément les plus sympathiques, bien entendu!) se laissent guider par des ressentiments liés à ce qui est arrivé des années plus tôt, jusqu'à agir au contraire de leur intérêt bien pesé.
Sans "faire du Zola", Ken Follett nous amène pose des questionnements sur l'hérédité, sur les places de l'inné et de l'acquis. il y a dans ce volume (comme dans le précédent) un certain nombre d'enfants naturels, de bâtards cachés, d'enfants élevés par un beau-parent. Autant les traits de visage et de caractères découlent de l'ascendance, autant les attitudes corporelles semblent dépendre par imitation et imprégnation de la famille où l'enfant a été élevé. Le roman s'achève pratiquement sur un parricide. Entretemps, de nombreuses morts plus ou moins soudaines ou violentes l'auront émaillé. Mais la vie continue... Caris et Merthin finiront par pouvoir sans obstacles filer le parfait amour!
Si plusieurs participants des éditions successives du Pavé de l'été chez Brize avaient chroniqué Les piliers de la terre, aucun sauf erreur de ma part ne s'était attaqué à ce tome-ci, déjà choisi en revanche comme Epais par Enna en 2025.
Pour ma part, je pense que je vais continuer à dévorer cette saga, dont les cinq tomes parus (à ce jour) peuvent se lire indépendamment. Si ce n'est pas pour les Epais de l'été 2025, ce sera pour les Epais de l'été 2026!