Harry Potter et les reliques de la mort - J. K. Rowling (livre) / David Yates (deux films)
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Après ceux de 2024 et 2023, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) chronique ici le dernier volet (à ce jour?) de la mythique série en sept volumes Harry Potter. J'ignore s'il y aura un jour une réédition en un volume des quatre premiers tomes (qui étaient nettement moins épais)? Peut-être un jour, à l'occasion de la prochaine adaptation audiovisuelle, plus ou moins annoncée, qui sait? Voici en tout cas, pour qui en ignorerait, quelques mots sur le tome 7.
J. K. Rowling, Harry Potter et les reliques de la mort, Gallimard, 2007, 810 pages
David Yates, Harry Potter et les reliques de la mort,
partie 1 (2010), 146 minutes & partie 2 (2011), 130 minutes
Si je possède Harry Potter et les reliques de la mort en édition "grand format" originale, c'est parce que nous ne nous connaissions pas depuis bien longtemps, Dasola et moi, lorsqu'elle m'avait offert ce livre dès sa sortie pour me faire plaisir. J'apprécie les dessins de couverture des éditions que je possède (dues à Jean-Claude Götting), et regrette que les jeunes lecteurs d'aujourd'hui ne les voient plus. Bon, ceci dit, j'ose supposer qu'il ne viendrait à personne, aujourd'hui, l'idée de lire ce tome sept sans avoir lu les six premiers. Nous avions donc laissé au volume précédents l'école Poudlard en train d'enterrer son Directeur, Albus Dumbledore, regretté de tous. Pas encore majeur, et toujours "tracé" par le Ministère de la Magie en tant que mineur magicien, Harry doit être protégé de Vous-savez-qui (qui veut sa mort) par l'ordre du Phénix. La menace du retour de "Voldemort" est de plus en plus proche...
Il m'a fallu drôlement cogiter pour trouver un angle original pour ma chronique, et ça y est: la thématique de la mort, omniprésente! Les situations de notre trio héroïque principal sont diverses. Hermione a mis ses parents à l'abri (avec sortilège oubliette!). Ron devient fou d'inquiétude pour sa famille, au fur et à mesure que s'égrènent les morts (il a peur d'entendre leurs noms à la radio). Harry n'a pas à se préoccuper de sa famille proche (les moldus Dursley sont à l'abri!) mais a sa mission prioritaire (donnée par Dumbledore). Il a fréquenté la mort à partir de la Coupe de feu (son condisciple Cedric), a perdu ou va perdre nombre de ses pères de substitution (Sirius, Dumbledore, Lupin, tous membres de l'Ordre du Phénix et ayant connu James et Lilly, ses parents).
À la fin de l'Ordre du phénix, il me semble qu'un fantôme (Nick quasi sans tête?) avait expliqué à Harry que, si lui-même était "fantôme", tous les morts ne faisaient pas ce choix, et que c'était parce qu'il avait "refusé de continuer" (par crainte de l'inconnu?) que son fantôme pouvait continuer à interagir avec les vivants... À la fin des Reliques de la mort, Harry aura lui-même le choix de "continuer" ou bien de "retourner" (pour le moment), lors d'une scène présente tant dans le livre qu'au cinéma. La conclusion "philosophique" semble bien être qu'il faut accepter la mort, accepter aussi que les morts survivent seulement dans le coeur et l'esprit des vivants qui les ont aimés et connus (ou pas - Harry lui-même n'a guère connu ses parents). Cela est visible à au moins deux reprises: lorsque Harry discute avec ses parents, "moins consistants que des vivants mais plus que des spectres", ses proches le rassurent sur le fait que cela ne fait pas mal de mourir d'un coup d'"Avada Kedavra": "c'est plus rapide et plus facile que de tomber endormi" (un rêve!), et lui disent aussi qu'ils font partie de [lui] mais sont invisibles pour les autres. Ses parents, il les avait déjà croisés lorsque sa baguette les avait fait "régurgiter" à celle de Voldemort (leur assassin) une fois celui-ci revenu avec sa pleine puissance (?) à la fin de la Coupe de feu.
En "changeant de paradigme", je dirais que la plupart des grandes scènes qu'ont pu voir au cinéma ceux qui n'auraient pas (encore) lu le livre sont présentes, mais plus ou moins développées: le mariage de Fleur et Bill Weasley et sa conclusion. La visite au Ministère pour trouver l'un des horcruxes (ainsi que son anéantissement dans une autre scène). Celle à la banque Gringots et l'évasion spectaculaire, dûment munis d'un autre horcruxe. Le pèlerinage à Godric's Hollow. Le vol par Voldemort de l'une des reliques de la mort. La visite chez le père de Luna. La capture, puis l'évasion du manoir Malefoy. La découverte, à Poudlard même, d'un horcruxe de plus... et comment disparaissent les derniers.
Pour finir, en ce qui concerne les trois reliques de la mort et leur utilisation potentielle, je dirais juste qu'elles m'ont fait songer au jeu de l'affrontement "pierre-feuille-ciseau"... avec comme enjeu que le vainqueur survive.
Ce livre contribue à mon propre challenge des Epais de l'été 2025, mais aussi aux Pavés de l'été 2025 chez Sibylline, aux Pavés "saison été" chez Moka, et enfin au 13e challenge de l'imaginaire organisé par Tornade.
Dans le cadre de l'édition 2019 du Pavé de l'été chez Brize, Anne (Des mots et des notes) en avait parlé. Mais aussi Belette2911 pour mes Epais de l'été 2023.
Je passe maintenant à la transcription au cinéma. Pour rappel, quatre ans avaient séparé la parution du premier tome, Harry Potter à l'école des sorciers, et la sortie au cinéma du film qui en avait été tiré: un délai incompressible?
De ce premier volet, j'avais gardé le souvenir d'un film frénétique, où l'on courait beaucoup ou du moins marchait à vive allure (souvenir sans doute influencé par la jaquette du DVD). Et c'est vrai que ça commence plutôt abruptement, avec deux des membres de notre trio principal qui se séparent, sans mot dire, de leur famille moldue. La frénésie est bien présente dès le décollage en direction du Terrier: il n'y a pas énormément de dialogues, les faits du livre sont plutôt abrégés par l'image... Là où les derniers moments d'Harry chez les Dursley et sa séparation d'avec ceux-ci s'étendaient sur plusieurs dizaines de pages avant que ceux-ci soient amenés en sécurité grâce à l'Ordre du phénix, ici, ils partent en catimini et par leurs propres moyens (mais, si votre édition DVD les contient, n'omettez pas de regarder les bonus!).
Nos jeunes adultes sont dans le film davantage isolés encore que dans le livre: plus d'adulte "qui sait" vers qui se tourner, ils en sont réduits principalement à leurs seules ressources (ce qui peut les amener à fléchir à tour de rôle). Les dialogues m'ont semblé réduits au minimum nécessaire pour rendre l'action compréhensible, cependant que beaucoup de choses reposent sur le "jeu d'acteur" proprement dit, destiné à faire "comprendre" des pensées sans recourir à la facilité d'une voix off, mais en aidant les spectateurs à "deviner" le (à "se faire leur propre idée du"?) "pourquoi des choses.
Lorsque le trio reformé se rend chez le père de Luna, nous avons un surprenant dessin animé avec la voix "off" d'Hermione qui lit le conte dans son livre: je ne sais pas trop à quoi le comparer, si ce n'est qu'il m'a fait songer au film d'animation "Numéro 9"?
Ce film se conclut sur l'arrivée à la chaumière aux coquillages après l'évasion du manoir des Malefoy (alors que cela intervient aux cinq huitièmes du livre).
Le tournage du septième tome de la saga s'est déroulé entre février 2009 et juin 2010, et c'est vrai que, depuis le premier film tourné en 2000-2001, les jeunes acteurs sont un peu plus âgés qu'ils ne le devraient (au moins 21 ans au lieu de 17)? Dasola m'a fait remarquer en tout cas que les couleurs de ces films "Harry Potter" sont de plus en plus sombres. Ce ne sont certes pas les couleurs éclatantes du Technicolor hollywoodien de la grande époque!
Je pense qu'il est désormais clair que des raisons financières, au moins autant que la longueur du livre (qui n'est pas le plus long de la série) ont fait que, comme pour d'autres adaptations de sagas à succès (Hunger Games par exemple), cette "fin" ait été étalée en deux films. Harry Potter et les reliques de la mort, 2ème partie a généré plus d'1,3 milliard de dollars au box-officie mondial, contre 960 millions de dollars "seulement" pour la 1ère partie (avec un budget identique pour les deux parties à 125 millions de dollars). Les sommes en jeu dans l'industrie du cinéma amènent vraiment à regretter que d'autres sagas n'aient pu aller au-delà de leur premier volet (Eragon, Narnia, John Carter...).
Quoi qu'il en soit, cette oeuvre conclusive en deux parties fait un certain nombre d'ellipses par rapport au livre, et étend d'autres éléments... La "reconquête" de Poudlard se déroule bien plus rapidement que dans le livre. Il ne me semble pas avoir vu le petit frère de Hagrid lors des combats, ni les centaures... Et tous les combats durent et sont très spectaculaires, évidemment. J'ai pourtant trouvé qu'une certaine dimension "épique" des combats finals à Poudlard est sacrifiée au profit du "grand spectacle", justement. Ici, pas d'"armées de réserve" revenant à Poudlard prendre à revers les Mangemort, avec les parents et amis des élèves, la horde des centaures, les elfes de maison... mais un pont qui s'écroule sous les pieds des mangemorts en train de "charger". Mais on ne voit pas (sauf erreur de ma part) le "petit frère" d'Hagrid qui vient à la rescousse pour affronter les géants. On voit mort le couple Lupin-Tonks, sans savoir ce qu'a donné leur vie familiale... Il m'a semblé que l'oreille de Fred Weasley avait bien davantage "repoussé" que dans le livre. On suit longuement notre trio (ainsi que Neville qui conserve son rôle tel que figurant dans le livre: refus de la proposition de Voldemort et anéantissement de Nagini).
Le destin des baguettes en possession de Harry n'est pas le même que ce que décrit le roman (je n'ai pu m'empêcher de penser que c'était pour éviter toute tentation / tentative de donner une suite cinématographique autre que ce dont parle le livre, avec la baguette la plus puissante du monde). Et je regrette toujours qu'aucun traducteur français n'ait encore traduit l'interpellation de madame Weastley à Bellatrix Lestrange, avant leur duel, par "Touche pas à ma fille, salope!".
Pour terminer, j'ai cru comprendre que la version "série TV" semble avoir commencée à être tournée en juillet 2025 (pour être diffusée à partir de 2027). Le tournage devait paraît-il s'en étendre sur une dizaine d'années, avec l'avantage que, cette fois-ci, la totalité du "canon" a été publiée , ce qui a dû faciliter la tâche des scénaristes et des responsables de casting. Espérons que l'audience suivra et qu'il n'y aura pas besoin d'abréger (comme la série Rome) ou de suspendre sine die (comme Les animaux fantastiques)!