Le galion d'or - Frank Crisp
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Très heureux de découvrir que j'avais atteint le niveau "Directeur de croisière" dans le challenge Book trip en mer (saison 2) de Fanja, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) poursuis dans la même veine! Mon billet du jour, qui porte sur un livre "copyright 1954", est éligible également au challenge "2025 sera classique aussi" organisé par Nathalie, et inaugure mes participations au tout nouveau challenge "Littérature jeunesse" proposé par Pativore (même si je ne respecterai pas forcément les thèmes mensuels proposés).
Frank Crisp, Le galion d'or, Hachette, coll. Idéal-bibliothèque (texte français d'Alain Valière, illustrations de Jean Reschofsky), 1954, 190 pages
Une fois de plus, j'ai choisi dans un bac d'occasion ce livre publié il y a plus de 70 ans, en bon état avec sa jaquette papier, ce qui a justifié mon investissement de 2,50 euros! Il était à l'époque classifié "G. au-dessus de 10 ans * ". Sa lecture m'a fait songer au livre jeunesse datant de 2014, La mer aux esprits, que j'avais chroniqué en août. Car dans Le galion d'or aussi, il est question de pirates et de "sorcellerie": des thèmes récurrents depuis un ou deux siècles maintenant?
Le galion d'or m'a aussi fait songer à un autre "classique anglais que je lisais quand j'étais gamin en vieille édition jeunesse, Lorna Doune chez les Outlaw. Mais il faut sans doute que je narre un peu l'histoire du roman Le galion d'or. En 1688, le jeune Jack est âgé de cinq ans environ, et réside avec sa petite soeur et "grand-mère Besom", à Houndsby, village (fictif?) du comté de Somerset, dans la partie sud-ouest de l'Angleterre. Arrivés avec une caravane de bohémiens qui sont vite repartis, les trois se sont installés dans une masure abandonnée. La grand-mère gitane a acheté (avec une pièce d'or!) une vache quand Jack a été assez grand pour devenir bouvier (à 8 ans). Lorsqu'il a 12 ans, se pensant proche de la mort, celle qui passe auprès de tout le village pour une "sorcière" fait partager trois visions à Jack, en lui disant qu'il s'agit de son avenir (magie! Elle peut faire apparaître dans le feu son propre don de "double vue"). Quelque temps après, elle périt lynchée... Les deux jeunes orphelins sont recueillis, l'une comme servante au château, l'autre dans une ferme locale. Ayant affronté le jeune châtelain (Richard), il doit s'enfuir vers Londres (non sans avoir déterré un médaillon et quelques pièces d'or en suivant les indications données par grand-mère avant sa mort). À Londres, son chemin va croiser celui du capitaine pirate Leach, condamné à être pendu mais qui est sauvé au pied du gibet par ses hommes (nous sommes à la fin du chapitre VIII, p.75).
La malchance envoie ensuite Jack lui-même en prison, où il est confronté à l'un des hommes montrés par sa vision. Menacé de mort, il s'évade (facile!) avec l'équivalent de "l'Abbé Faria" local. Celui-ci conseille de trouver refuge au seul endroit où on ne les recherchera pas: en mer, en se laissant prendre via "la presse" (l'enrôlement forcé de matelots pratiqué en Angleterre pour subvenir aux besoins de la Royal Navy). Et les voici à bord du Lion (navire de seconde classe). Il y verra embarquer, "pressé" à son tour, le jeune Richard, qui deviendra au fil des pages son meilleur camarade (et même davantage à la toute fin du livre).
Et les pirates, alors? À la tête d'une flottille, le Lion reçoit pour mission de pourchasser les boucaniers et autres pirates. Passé dans le Pacifique par le Cap Horn, il atteint l'ile Juan Fernandez (oui, celle qui a inspiré Robinson Crusoé!). Alors que quelques marins avec Jack et Richard sont partis à la pêche en yole, celle-ci chavire. Les survivants des attaques de requins et d'orques mangeurs d'hommes sont recueillis par l'Albatros, le navire du capitaine Leach (fin du chap. XVI, p.136). Que d'aventures, et ce n'est pas fini!
Même si Jack et Richard refusent initialement de combattre, le capitaine Leach (gitan) les épargne. "Nous travaillions à bord pour gagner notre nourriture, mais nous ne touchâmes jamais à une voile ou à une arme". Mais il s'avère que la Santa Maria, galion espagnol chargé d'or à Acapulco et qui finit par être attaqué par l'Albatros, est un morceau trop coriace pour l'équipage pirate monté à l'abordage. Alors tout compte fait, puisque les Espagnols vainqueurs pendraient tout le monde, pirates et Anglais sans distinction, quelques habiles coups de canons servis par Jack et Richard entraînent la reddition du navire espagnol! La tempête sépare alors les deux navires, cependant que seule une faible part du trésor du galion a été amenée à bord de l'Albatros. Mort de la plupart des pirates blessés, chute du vent, famine, confession de Leach (qui figurait dans l'une des visions qu'avait eu Jack)... Quand l'épave de la Santa Maria croise de nouveau le chemin de l'Albatros, Jack et Richard doivent la rejoindre en barque. Le trésor est toujours à bord. Le galion fait naufrage sur une île. Et là... je ne vous en dirai pas davantage!
Péripéties nombreuses et trépidantes, coïncidences, réminiscences de récits de Louis Garneray (notamment l'abordage du Kent), ou de L'île au trésor de Stevenson... Il me semble sentir que l'imagination de Frank Crips a été nourrie des classiques du XIXe s. Mais j'ai aussi l'impression qu'il a peut-être lui-même pu inspirer tel ou tel des scénarios de Jean-Michel Charlier pour la série BD Barbe-Rouge! Wikipedia, consulté le 2 octobre, ne m'a rien dit par contre, même en anglais, ni sur Frank Crisp, ni sur The Golden Quest (titre d'origine du roman). Je sais juste qu'une demi-douzaine d'autres romans de cet auteur anglais ont été traduits en français jusqu'en 1961.
Côté illustrations, je suis certain d'avoir déjà lus quelques livres jeunesse illustrés par Jean Reschofsky. L'édition contient deux illustrations couleurs "double page" et 12 en pleine page, cependant que chacun des 21 chapitres est précédé d'une illustration "tiers de page" en N&B. En voici quelques-unes exaltant l'imaginaire "pirates" (drapeau noir, abordage, trésor) pour les jeunes lecteurs!
p.132
p.160
p.172
* Et non "F.", bien sûr. Mon doigt a dû se tromper de touche... Bien vu, Keisha!
Edit du 04/10/2025: grâce à Pativore, je rajoute quelques précisions sur la collection Idéal-bibliothèque. D'abord la galerie des couvertures qu'elle a dénichée. Puis le lien vers la page Wikipedia (consultée ce jour) qui donne notamment la liste alphabétique des parutions. On remarque que la collection (active de 1950 à 1987) a commencé par rééditer des "classiques", parfois en en modifiant le titre pour se démarquer de collections concurrentes, avant de se tourner vers l'actualité (en lien notamment avec des adaptations cinématographiques venant d'être réalisées).
Edit du 05/10/2025: avec l'accord de Pativore, ci-dessous un logo orienté "classiques" que j'ai créé pour son challenge "Littérature jeunesse", comme c'est plutôt le genre de livres que je pense chroniquer. Utilisable par tous participants le souhaitant, bien entendu!
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