Les blondes et papa - Exbrayat
Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) me suis quelque temps demandé en le lisant, après l'avoir acheté quelques dizaines de centimes d'euros, si ce vieil exemplaire paru au Club des masques en 1971 (réédition d'un titre "copyright 1961" plus vieux que moi...) pouvait, ou non, être lu par... les enfants.
Exbrayat, Les blondes et papa [...], Librairie des Champs Elysées, Club des Masques N°126,
mars 1971 (copyright 1961), 249 pages
Curieusement, ni la couverture, ni la tranche, ni la liste des dernières parutions en fin d'ouvrage n'indiquent de points de suspension après les quatre mots du titre, mais page de garde et page de titre indiquent bien "Les blondes et papa...". Et il ne s'agit pas d'une erreur de traduction. D'Exbrayat, je n'avais lu jusqu'à présent que la série de son Imogène (alors que, dans ma jeunesse, tout comme dasola mais bien avant qu'on se connaisse, je collectionnais, dans cette même série "Club des Masques", les titres d'Agatha Christie qui en formaient probablement la première "locomotive"). Comme Imogène, Les blondes et papa... est situé au Royaume-Uni - alors que Charles Exbrayat (1906-1989) est un écrivain français (mais a apparemment rempli le rôle de deuxième locomotive de la collection).
Dans ce "roman policier humoristique", plusieurs histoires de couples s'entremêlent pour former ce que je me permettrais d'appeler une "romance policière". L'un de ces couples (mais non le moindre) totalise un âge de 25 ans. La piste qu'ils annoncent aux policiers, bien que concernant un innocent, permet finalement de mettre la main sur le véritable coupable, qui... Mais je vais commencer par le début.
Buddug, fillette de 12 ans, vit (et fait ses études) avec son papa (comptable et veuf) Ianto Morgan dans la petite ville de Brecon, en Pays de Galles méridional. Très mûre pour son âge, c'est elle qui accueille en robe de chambre et silence réprobateur celui-ci lorsqu'il rejoint le logis familial passablement ivre après une soirée à l'extérieur. Son condisciple, Caradoc (le fiancé qu'elle s'est choisie deux ans plus tôt) a lui-même une maman brune, Price Meredith, qui s'est trouvée veuve à peu près quand Ianto est devenu veuf, et il ne lui est pas indifférent. Que croyez-vous qu'il va arriver?
Hé bien, alors que Ianto se trouve en galante compagnie (une blonde mal mariée qu'il connaît depuis 8 jours), le cadavre du mari de celle-ci est découvert, avec lui-même tenant en main l'arme du crime. Arrestation immédiate... Il ne reste plus à Buddug (qui convainc Caradoc de son innocence) à mener l'enquête, avec le soutien, entre autres, de la tante dudit Caradoc (la soeur de son père), vieille fille imposante (six pied de haut), d'une aide fort appréciable lors d'un interrogatoire (sans aller cependant jusqu'au troisième degré!).
Et c'est comme ça que la machination sera dévoilée, alors que la police pataugeait quelque peu, représentée par un inspecteur sagace et placide et un sergent frivole, que l'enquête oblige à annuler successivement tous les rendez-vous avec sa "blonde" (qui se serait bien vue la bague au doigt, mais faut pas pousser tout de même). Quant à ce qu'il en pensait, lui, "ce n'était pas parce qu'il était entré dans la police de Sa Majesté qu'il devait renoncer à fonder une famille ou, sans aller si loin, à connaître le plaisir des tendresses partagées!" (p.206) Qu'en termes délicats ces choses-là sont dites.
Disons encore que l'enquête s'était égarée en direction d'un docteur capable de donner comme alibi pour la semaine précédente l'accouchement d'une de ses patientes... lorsque celle-ci l'appelle d'urgence pour la même raison! On voit qu'il y a matière à rire. Je citerai encore quelques moments désopilants, ceux où les plus jeunes de nos tourtereaux finissent par arriver à la conclusion que les enfants ne naissent pas dans les choux, mais surviennent lorsque (et seulement lorsque) deux personnes de sexe opposé (et adultes, bien sûr) s'embrassent passionnément sur la bouche (et si ça dure, risque de jumeaux?). Bon, question naïveté ou candeur, je me demande où en sont aujourd'hui de jeunes lecteurs et lectrices de 12-13 ans, par rapport à ceux de 1961 ou 1971...?
... Et c'est pour cela que, tout compte fait, je me permets de faire candidater ce titre pour le "challenge littérature jeunesse 2025-2026" chez PatiVore! Il rentre aussi dans le cadre du challenge "2025 sera classique aussi!" organisé par Nathalie.
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On peut trouver un billet concernant ce livre sur le blog d'une famille de lectrices "Lectureenfantparent".