L'étranger - François Ozon
Aujourd'hui, mercredi 29 octobre 2025, sort en salle une adaptation de L'étranger d'après le roman d'Albert Camus paru en 1942. François Ozon a filmé dans un noir et blanc magnifique cette histoire qui commence par une phrase tiré du roman quand on demande à Meursault pourquoi il est a atterri en prison et qu'il répond : "J'ai tué un Arabe". Benjamin Voisin (remarquable) qui interprète Meursault ne parle presque pas pendant la première heure du film. On est dans l'Algérie française de 1935, époque coloniale où les "Indigènes" ne sont pas autorisés par exemple à aller dans les salles de cinéma. Ozon est resté proche de l'intrigue du roman L'étranger. Il en a fait un long flash-back qui commence quand Meursault (qui travaille dans un bureau) reçoit un télégramme lui annonçant que sa mère vient de mourir. Il se rend à ses obsèques dans l'asile où elle était pensionnaire depuis quelque temps. On lui demande de veiller sa mère toute une nuit, cercueil fermé. C'est lui qui n'a pas voulu la voir. Il semble indifférent à tout ce qui se passe. On lui reprochera beaucoup son attitude lors de son procès. Très vite, il reprend sa vie et a une liaison avec Marie Cardona (Rebecca Marder), une jeune dactylo dont il avait fait connaissance quelques années auparavant. Elle tombe amoureuse de lui et voudrait se marier. Il répond "Pourquoi pas?". Et puis, il y a le meurtre d'un jeune Arabe que Meursault abat d'abord d'un coup de pistolet suivi par quatre autres tirs sur le corps sans vie. Je vous laisse découvrir les prémices. Quand on lui demande à un moment donné pourquoi il a tiré, il répond très simplement : "à cause du soleil". Plusieurs témoins défilent à son procès dont quelques-uns qui le défendent. Meursault, jusqu'au bout, reste un personnage énigmatique mais passionnant car devant un prêtre, il est capable de sortir de ses gonds. C'est la seule fois où on le voit réagir violemment. J'ai vu ce film en avant-première dans une salle attentive avec des spectateurs de tous âges. Personnellement, j'ai aimé ce film pour l'interprétation, le noir et blanc éclatant et pour le fait qu'il m'a donné envie de relire le roman, un vieux souvenir de lecture d'il y a plus de 45 ans.