La condition - Jérôme Bonnell
La condition de Jérôme Bonnell sorti hier, mercredi 10 décembre 2025, est un film prenant. C'est pratiquement un huis-clos qui se passe en 1908 dans une belle demeure à plusieurs étages occupée par André (Swann Arlaud), un notaire, sa femme Victoire (Louise Chevillotte), la mère impotente d'André (Emmanuelle Devos) et deux domestiques-cuisinières dont une s'appelle Céleste (Galatea Bellugi). Depuis son mariage, Victoire n'est pas très enthousiaste pour remplir son "devoir conjugal". Elle repousse régulièrement André qui se tourne vers Céleste pour exercer son droit de cuissage. Cette dernière n'ose bien entendu rien dire. Quand elle tombe enceinte, elle met du temps à s'en apercevoir et c'est trop tard pour un avortement. Victoire qui a deviné qui est le père du futur bébé propose un marché à Céleste, cette dernière gardera sa place mais en échange elle confiera son bébé, garçon ou fille, à Victoire et André qui l'élèveront. J'ai aimé l'atmosphère feutrée où l'hypocrisie règne. En entendant quelques paroles dites par André, on sait qui est le maître. Le divorce serait mal vu mais petit à petit, l'histoire prend une direction inattendue dans laquelle les femmes n'ont pas dit leur dernier mot. C'est amené avec une certaine subtilité. Swann Arlaud qui n'a pas un rôle facile s'en tire bien. Louise Chevillotte et Galatea Bellugi sont magnifiques. Un beau film que je conseille. Le scénario est librement adapté d'un roman "Amours" de Leonor de Récondo.