Le maître du kabuki - Lee Sang-il
Le maître du kabuki du réalisateur japonais d'origine coréenne Lee Sang-il est l'avant-avant dernier film que j'ai vu en 2025, dans une salle pleine. Il dure presque trois heures. L'histoire se passe sur un demi-siècle, entre 1964 et 2014 et entre Hiroshima et Osaka. Le kabuki représente la forme épique du théâtre japonais, née au XVIIème siècle. Sa caractéristique principale est que les rôles féminins sont joués par des hommes (des onnagata) dont certains sont devenus des "trésors nationaux vivants du Japon". En l'occurence, quand débute l'histoire en 1964 à Nagasaki, un jeune garçon de 15 ans, Kakuo, le fils d'un yakuza, est témoin impuissant de l'assassinat de son père lors d'une représentation théâtrale en petit comité à laquelle assiste un célèbre acteur de kabuki, Hanai Hanjiro II, lui-même père d'un garçon du même âge que Kakuo, Shunsuke. Hanai décide d'adopter Kakuo qui commence à montrer un certain talent pour l'art du kabuki. Avec des hauts et des bas, il va former pendant plusieurs années un duo exceptionnel avec Shunsuke. Hanai va même nommer Kakuo comme son successeur, au grand désespoir de la mère de Shunsuke. Ce duo va souvent se séparer, surtout quand Hanai meurt. Kakuo continue en solo sa carrière qui n'est pas aussi brillante qu'elle pourrait l'être. On suit avec intérêt la vie et le destin des deux acteurs de kabuki, mais j'ai surtout apprécié toutes les séquences qui se passent sur les scènes de théâtre. Les costumes, les maquillages, les coiffures, tout est étudié, c'est magnifique. Rien que pour ces séquences, le film vaut la peine d'être vu. Lire les billets de Pascale et Selenie.