Les rayons et les ombres - Xavier Giannoli
Les rayons et les ombres de Xavier Giannoli est un film qui fait pas mal parler de lui. Je l'ai vu en avant-première le 15 mars. Ce long-métrage dure 3h20 est sorti le mercredi 18 mars 2026. Ce qui m'a frappé très vite, c'est que tous les personnages ou presque fument sans arrêt d'une séquence à l'autre pendant tout le film.
Par ailleurs, j'ai été gênée par le brassage de plein d'événements qui semblent se juxtaposer et non se suivre. Il y a un problème de chronologie et la narration passe du coq à l'âne. Il n'y a pas vraiment de liant. Je pense que Xavier Giannoli et son scénariste Jacques Fieschi ont voulu trop en raconter sur la collaboration à Paris pendant les cinq ans d'occupation nazie. On assiste au transfert des cendres de l'Aiglon au Panthéon en décembre 1940, à la fuite des collaborateurs célèbres français à Sigmaringen en 1944, aux orgies décadentes. Je n'ai pas vraiment compris comment Jean Luchaire (Jean Dujardin) est passé d'idées pacifistes à celles prônant l'antisémitisme et se ralliant au nazisme. Il est vrai que son ami d'enfance était l'Allemand Otto Abetz qui voulait aussi soutenir les bonnes relations entre la France et l'Allemagne. Ce dernier est devenu ambassadeur d'Allemagne en France pendant la guerre. La connivence était totale entre les deux hommes. Le journal Les nouveaux temps dont Luchaire était directeur a servi pour la propagande pro-allemande. Il dépensait sans compter le peu d'argent que le journal rapportait. Le film nous raconte surtout l'histoire d'un père et de sa fille tuberculeux qui s'adoraient tous les deux. Les séjours de Corinne Luchaire en sanatorium qui ont commencé dès 1941 ne sont évoqués que pendant la dernière heure du film. Corinne Luchaire (1921-1950), narratrice du film, est le deuxième personnage principal du film. Elle a eu une vie courte et tragique. Malade, elle n'a plus eu le droit de tourner après 1940. Son film le plus célèbre est Prison sans barreaux (1938) réalisé par Léonide Moguy, un Juif russe. Le film démarre en 1948. Une jeune femme, Corinne Luchaire, vit chichement dans un appartement HLM avec sa petite fille Brigitte. Lors d'une sortie avec la poussette de l'enfant, elle est suivie par deux hommes qui lui crachent dessus. Une voisine la prend en pitié et elle lui propose de s'occuper de Brigitte pendant que Corinne raconte sa vie grâce un magnétophone à bandes. Elle dira souvent qu'elle ne savait pas, qu'elle ignorait les abominations survenues pendant cette période. Cette jeune femme a été condamnée en 1946 à 10 ans d'indignité nationale et son père, Jean Luchaire sera fusillé en 1946. Il était né en 1901. Le film ne m'a pas déplu du tout mais il est quand même long et touffu. Et il est très bien interprété par Jean Dujardin et Nastya Goloubeva (la fille de Léos Carax). Je ne suis pas sûre que quelqu'un qui ne connaît pas trop ce qu'était la France collaborationniste en saura beaucoup plus en sortant de la projection.