Rue Malaga - Maryam Touzani
Si Rue Malaga de Maryam Touzani passe par chez vous (on peut rêver), allez le voir. C'est un film avec une grande actrice qui assume son âge (80 ans) et qui est formidable dans le rôle de Maria Angelès. Je veux parler de Carmen Maura (une des actrices des premiers films d'Almodovar). De nos jours, à Tanger, vit encore une communauté espagnole dont les premiers arrivants fuyaient le régime de Franco dans les années 30. Marie Angelès fait partie de cette communauté. Elle est veuve depuis plusieurs années. Elle vit seule dans un grand appartement avec ses souvenirs et un tourne-disque auquel elle tient beaucoup. Marie Angelès est attachée à son quartier sympathique où les langues se mélangent. Elle est amie avec tous les commerçants alentour qui lui font crédit. Elle aime cuisiner, s'occuper de ses fleurs sur son balcon. Mais voilà que sa fille Clara arrive de Madrid. Cette dernière est divorcée et a du mal à joindre les deux bouts avec son métier d'infirmière et ses deux enfants à élever. C'est pour ça qu'elle a décidé de vendre l'appartement de sa mère pour s'en sortir. L'appartement est à son nom. Elle donne le choix à Marie Angelès, soit de s'installer dans un Ehpad, soit de partir à Madrid avec elle. Bien entendu Marie Angelès n'est pas contente. Elle est née à Tanger, elle veut mourir à Tanger. Elle semble accepter son sort mais après avoir quitté l'appartement, ce sera pour mieux y revenir sans que sa fille le sache tout de suite. Il y a plusieurs scènes savoureuses dont les confessions parfois très crues que Marie Angeles fait auprès de sa meilleure amie Josefa, une carmélite qui a fait voeu de silence. Je ne vous en dirai pas plus sur ce qui arrive à Marie Angelès et sur les personnes qu'elle rencontre mais c'est un film qui fait vraiment du bien. Je l'ai vu dans une salle pleine. Lire le billet de Miriam où vous pourrez entendre la chanson du film et lire le billet d'Henri Golant.