Le crépuscule des hommes - Alfred de Montesquiou
Je viens de terminer Le crépuscule des hommes d'Alfred de Montesquiou (Edition Pavillons - Robert Laffont, 383 pages dont 20 pages de notes biographiques et une bibliographie générale).
Ce récit très vivant retrace l'année qu'a duré le procès de Nuremberg entre novembre 1945 et fin septembre 1946. Dans Nuremberg pratiquement détruite, quelques bâtiments sont cependant restés intacts, dont le palais de justice et le château Faber appartenant à la famille von Faber-Castells qui s'est enrichie grâce leurs crayons. Dans le château, les journalistes et les photographes qui ont suivi le procès se partageaient des chambres. Les hommes d'un côté et les femmes de l'autre (il y eut très peu de femmes à suivre le procès). Ce récit rappelle que des personnes célèbres sont venues plus ou moins longtemps pour suivre de près ou de loin les débats, écouter les témoignages la plupart du temps poignants. Pour les Français, Joseph Kessel, Elsa Triolet et Madeleine Jacob ainsi que Didier Lazard. Il y eut aussi le romancier américain John Dos Passos, Erika Mann, la fille de Thomas Mann, Walter Cronkite, un journaliste vedette de la chaîne CBS aux Etats-Unis. Il y a eu bien entendu quelques Russes qui appartenaient parfois au NKVD. C'était les plus virulents contre les accusés. Ils voulaient que tous soient condamnés à mort. Parmi les photographes, on retient surtout le nom de Ray d'Addario qui a photographié tout le procès de Nuremberg et tous les procès annexes. De Montesquiou rend toutes ces personnes proches de nous avec leurs qualités et leurs défauts. Le récit s'arrête avec l'exécution par pendaison de onze condamnés à mort. Le douzième, Goering, s'est empoisonné avec une capsule de cyanure avant son exécution. Ce livre est une bonne révision pour celles et ceux qui connaissent le sujet, et, pour les autres, un livre facile à lire et très intéressant.