Le butor étoilé - Sigolène Vinson
J'avais (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) commandé auprès d'un de mes proches, pour Noël, ce livre qui m'est parvenu il y a seulement quelques semaines. J'avoue que je ne suis peut-être pas allé vers Le butor étoilé de Sigolène Vinson pour de simples raisons d'envie d'apprécier un ouvrage...
Sigolène Vinson, Le butor étoilé, Le tripode, 2025, 190 pages
La conception plutôt elliptique de ce roman m'a un peu dérouté. L'écriture en est très poétique. Le butor étoilé? Un sujet d'observation ornithologique. Dès la première page (récit à la première personne, au bord d'un marais - qui, de lieu, devient quasiment un personnage à part entière), nous savons que l'héroïne (?) s'inquiète à propos d'une certaine Dedou: cela fait cinq jours que la gamine a disparu du village.
Et puis apparaît un autre personnage "en interaction": Damien, lui-même en plein dialogue de sourd avec son père Kader, qui juge plutôt durement la manière dont Damien gère sa vie de couple "actuellement"... (en fantasmant sur une inconnue qui laisse chez lui des lettres adressées à un autre). Beaucoup de dialogues, avec soi-même ou avec d'autres, de l'introspection... Trop d'introspection et pas assez d'histoire clairement énoncée pour moi (qui suis très paresseux et qui aime les choses simples et évidentes). Beaucoup d'observations et d'attentes, des allégories et du symbole. Le butor étoilé, que l'héroïne cherche tellement à "observer", n'est-il pas lui-même une personnification de l'homme qu'elle attend (p.67)? Je l'ai lu jusqu'au bout. Mais l'abondance d'image a sans doute saturé ma mémoire: je n'en ai rien retenu. À la fin, on apprend une mort.
Manou, Géraldine, Emma [Messana] et Virginie Vertigo ont davantage apprécié le roman que moi.
En fait, si j'ai lu ce livre, c'est que je souhaitais évoquer une oeuvre de Sigolène Vinson dont je connaissais seulement le nom au titre de sa participation passée à Charlie Hebdo (jusqu'à l'attentat de 2015). Je l'avais déjà citée à l'occasion du récit de "l'opération commando" montée pour rajouter le portrait en "pochoir" du dessinateur Honoré à une oeuvre de rue qui avait uniquement cité les quatre autres dessinateurs de Charlie assassinés. Je pense que j'attendrai une éventuelle reprise en recueil de ses chroniques judiciaires pour le journal avant de revenir vers elle... à moins que je tente tout de même Courir après les ombres, dont Manou parle de manière alléchante ici?
*** Je suis Charlie ***