La PLAISANCE, quelle galère... - Françoise Platnic
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Profitant de l'absence de la maîtresse de blog, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) poursuis "au-delà du rythme de croisière" mes participations au challenge Book trip en mer (saison 3) de Fanja. C'est la participation d'Alexandra au challenge qui m'a donné l'idée de mettre "sur le dessus de la pile" la navigation évoquée d'un point de vue féminin. Ici, la thématique maritime est envisagée sous l'angle humoristique...
Françoise Platnic, La PLAISANCE, quelle galère..., éditions du Gerfaut, 2009, 190 pages
Françoise Platnic semble avoir publié en tout et pour tout trois titres, dont deux dans notre thématique: celui-ci et Les croisières, quelle galère, que je n'ai encore jamais croisé (j'ai cru comprendre qu'il s'agissait d'un livre illustré par Eve Marie paru en 2012). La plaisance, quelle galère... semble pour sa part avoir connu trois éditions (chez deux éditeurs différents). Même après l'avoir lu, je ne me sens pas capable de trancher si l'ouvrage vise bien un lectorat féminin, ou... est destiné à faire "songer" les hommes.
Notre Françoise s'adresse à une hypothétique Monique, qui, comme elle, aura pu être séduite par un "loup de mer"... amateur. Première invitation sur le bateau d'icelui, et premières galères (nous ne sommes pas seuls!). Mais cela peut finir par un mariage. Et là... Toutes les mésaventures du monde nous sont détaillées avec humour en 48 chapitres et une conclusion (j'y reviendrai).
Alors que Monsieur n'est heureux (principalement) que sur l'eau, y consacre son temps libre et ses économies, Madame a un point de vue plus féminin sinon "terre-à-terre". Sur le bateau, la place est réduite, l'encombrement maximum, chaque chose a sa place... sauf elle. Et c'est à elle de s'en accommoder.
J'ai beaucoup souri aux clichés enfilés comme des perles. Quelques extraits du chapitre 3, titré "Petit avertissement": "(...). vos petites mains manucurées, mal soutenues par des bras bronzés mais sans muscles, vous lâcheront au moment de hisser la grand voile (...). Le charmant personnage que vous pensiez si bien connaître va se transformer en un odieux individu au gré des événements. (...) Autre possibilité, changer de bonhomme et choisir un rat de bibliothèque. (...)".
Et "Lorsque l'enfant paraît," un bateau n'est pas semble-t-il l'endroit le plus simple pour nourrir, changer, laver, faire dormir un nourrisson. Quand le deuxième enfant arrive, c'est l'occasion... d'acheter un bateau plus grand! Plus tard, les enfants grandissant à bord (tour du monde... ou navigation juste pour les vacances, avec ou sans copains), les angoisses ou les prétextes à exaspérations de l'épouse-mère ne diminuent pas pour autant. La mère de famille doit surveiller comme une louve de mer ses enfants à bord.
L'autrice aborde tous les sujets: l'accueil de port en port, les voisins de mouillage, l'invitation d'amis à bord (qui, eux, rêvaient d'un rythme de croisière, et non d'être bombardés équipiers à l'insu de leur plein gré!). Les provisions, les conditions de navigation, les avaries, où ranger tant les objets du quotidien que le matériel de survie "au cas où"... Les pannes de moteur au moment du départ (et, comme avec une automobile, la pièce est indisponible chez le "diéséliste"). L'"hivernage" du bateau "hors saison". Et tous les frais induits pour maintenir le bateau en état (de naviguer). Et j'en oublie (ou plutôt, je vous en laisse à découvrir!).
"En paraphrasant une chanson célèbre vous pouvez chanter:
- j'ai mes portes qui se rouillent... / mes coussins qui moisissent... / mes rideaux qui s'déchirent / mon annexe qui s'dégonfle... / ma peinture qui s'fissure... / mon vernis qui fout l'camp... / mon plastique qui jaunit... / mon porte-monnaie qui éclate..." (p.174).
En conclusion (optimiste) du livre, malgré tout, durant tous les tracas de la vie quotidienne (au bureau notamment), il est exprimé que c'est bien de pouvoir rêver à un départ sur son voilier -à moteur-, comme évasion (et ça n'a pas de prix!).
Bref, pour ma part (regard masculin), je me suis plutôt amusé à la lecture de cette "vision féminine", même si, de mon côté, je me suis toujours bien gardé de mettre le pied sur les Corsaires que deux de mes frères ont chacun possédé de leur côté (ils n'ont jamais navigué ensemble... Deux skippers à bord, c'est un de trop!). Oui, j'assume plutôt mon profil "rat de bibliothèque".