L'être aimé - Rodrigo Sorogoyen
Il faut voir L'être aimé de Rodrigo Sorogoyen qui était en compétition dans la sélection officielle au dernier festival international du film de Cannes 2026 pour au moins deux séquences, la séquence d'ouverture où un père et sa fille s'affrontent alors qu'ils ne se sont pas vus depuis des années, et celle du tournage d'une scène d'un film dans le film sur l'île de Fuerteventura (une des îles des Canaries). Javier Bardem, exceptionnel, a trouvé un de ses meilleurs rôles. Il interprète Esteban Martinez, un réalisateur célèbre qui, après s'être exilé aux Etats-Unis, revient en Espagne pour tourner un film, "Desierto"; et en même temps, il souhaite renouer avec sa fille Emilia. Cette dernière travaille comme serveuse dans un bar et est actrice à ses moments perdus. Pour doper la carrière de sa fille, Esteban lui propose l'un des rôles principaux. À partir de là, on se rend compte du caractère tyrannique d'Esteban envers l'équipe du tournage, envers son entourage, envers sa fille qui lui en veut de l'avoir abandonnée ainsi que sa mère plusieurs années auparavant sans une explication. Le film ne laisse pas de répit au spectateur, c'est prenant de bout en bout. Les paysages désolés de l'île où le vent souffle sont magnifiques. La réalisation de Sorogoyen est remarquable. Un film qui aurait mérité un prix à Cannes, au moins celui d'interprétation à Javier Bardem qui, dans son regard, fait passer beaucoup de choses. La seule question que je me suis posée était quel est l'intérêt du petit rôle tenu par Marina Foïs, qui ne sert pas à grand-chose. Lire les billets de Pascale, Selenie et Princecranoir.