La république des riches - Tignous
Cela faisait longtemps que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'avais plus consacré une chronique à Tignous dans le cadre de mes "hommages du 7". Les vacances sont l'occasion de "labourer" un peu ma PAL. Voici donc quelques mots sur un recueil de dessins que j'avais acquis il y a déjà deux ans...
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Tignous, La République des riches, éditions Robinson, 2019, 96 pages
Ce recueil, posthume, a été publié sous l'égide de Chloé Verlhac, veuve de Tignous. Dans une interview au Berry républicain (elle a des attaches familiales dans le Cher), elle regrettait que Tignous n'ait pas connu le temps de Macron Président, qu'il aurait sans doute adoré croquer. Après lecture, je trouve que bon nombre des dessins du dessinateur assassiné en janvier 2015 apparaissent comme une bonne anticipation du dessein mis en oeuvre durant ces deux quinquennats successifs, qui s'achèveront dans moins d'un an désormais. En fait, davantage que de prémonition, je pense qu'on peut créditer Tignous d'une solide conscience politique. Les dessins sélectionnés dataient pourtant déjà d'entre 6 à 8 ans au moment de la parution de l'ouvrage (et avaient donc été dessinés entre 2011 et 2013?)... Avec ceux de couverture et de 4e de couv', j'en ai compté 106 (sauf erreur de ma part), quelques-uns étant présentés en double page, d'autres avec jusqu'à deux voire trois dessins par page. Il y a de la couleur comme du noir et blanc. Ces derniers sont en général présentés sur une page avec un fond de couleur (à deux exceptions près - parce que complétant une page avec des dessins en couleurs). Je vous épargne les statistiques complètes...
Il n'y a pas de numéro de page ni de table des matières des dessins dans ce recueil, mais au moins la dizaine de dessins que je cite ci-dessous (photos de ceux m'ayant particulièrement "parlé") sont dans l'ordre de publication... Je vais me permettre d'interpoler mes gloses sous chaque dessin.
Tout dépend de la conception du "gâteau": ce que l'on "donne" aux uns est-il "pris" aux autres? Est-on "lésé" si l'on ne bénéficie pas d'avantages dont d'autres disposent? Dans la République... française, que doit-il en être de la "redistribution" (avec les leviers fiscaux et sociaux)? Le monsieur, je trouve, a une belle tête de libéral à l'anglo-saxonne ("Ce qui est à moi est à moi. Ce qui n'est pas à moi est négociable")...
Giacometti, oui... Il existe plus filiforme encore, comme référence artistique (personnages en fil de fer?). Et pour les riches, je suppose que la référence serait Botero?
Un exemple de "vieille paperasse jetée au panier" (de facto voire de jure!) me vient à l'esprit. Je ne sais pas si la "fusion" des conventions collectives de nombre de "branches" avec des branches de rattachement présentant des conditions sociales et économiques analogue peut être considéré (ou non) comme de la "destruction" du Code du travail. Le fait est que cette "réorganisation" est plutôt invisibilisée sauf erreur de ma part. Et il me semble que le nombre de salariés couverts par une convention collective dont le tarif minimum prévu est inférieur au SMIC augmente. Il y aurait sûrement d'autres "illustrations" à trouver!
Une usine qui ferme, ici, en France...? Parce qu'elle va réouvrir ailleurs, soit pour exploiter d'autres "travailleurs" moins protégés par leur législation, soit pour payer moins d'impôts professionnels, soir les deux (le rêve!). Et, à un moment, les "actionnaires" ne sont même plus des êtres humains prenant des décisions "en leur âme et conscience" sous les projecteurs d'un soupçon de règles éthiques (rêvons un peu!), mais des sociétés contrôlées elles-mêmes par d'autres sociétés dont la seule activité est de gérer des investissements sous le seul angle de la profitabilité exclusivement financière à court terme (en attendant que les décisions à prendre soient impulsées exclusivement par des intelligences artificielles).
Et moi, avec mes huit bacs (pour le moment), à quelles clopinettes pourrais-je prétendre? Je vais faire du "hors-sujet" puisque le personnage est ici un salarié. Cette année, je trouve que les banques ont été plus discrètes que d'habitude sur la communication de leurs éventuelles primes offertes aux bacheliers "avec mention"... qui auraient la bonne idée d'ouvrir un compte bancaire! Offres réservées aux 18-24 ans, offres réservées aux 10 000 premiers souscripteurs, offres pour comptes ouverts entre telle et telle dates, "offres" purement tarifaires qui concernent tous les jeunes et pas uniquement ceux titulaires du Bac...
Vérification faite, il semble que ce soit la réforme de 2010 qui avait augmenté l'âge minimum de 65 à 67 ans... Et, effectivement, je suppose qu'on se dirigera à petits pas vers les 70 ans, en "communiquant à son de trompe sur les autres pays où cette "durée" augmente (encore) plus vite que chez nous. Et en gardant "sous le boisseau", autant que possible, dans ces éléments de communication, le fait que cet âge ne cible pas vraiment celui jusqu'auquel on "devra" occuper un emploi (que les employeurs "devront" proposer aux salariés!)... mais bien celui auquel on pourra "prétendre" à une retraite à taux plein! Si l'on est au chômage 10 ans avant l'âge, hé bien... Bienvenue dans la "trappe à pauvreté".
Cela me fait songer à ce milliardaire français qui assume sans état d'âme, dans des interviews, de bénéficier d'exonérations fiscales lorsqu'il subventionne des causes chères à son coeur (associations, fondations, festivals...). Ah, vous ne savez pas duquel je parle, parce qu'il y en a trop dans ce cas?
Poches vides et "sourire doré sur tranche"... dans le dos du fisc reparti bredouille, n'ayant pas regardé au bon endroit pour "suivre l'argent". Excellent! Dans son râtelier, il doit lui aussi avoir un bon conseiller fiscal, le gros monsieur!
Toujours cette notion de "part de gâteau fini" à s'approprier. ... Et encore, quand Tignous dessinait, il était moins question qu'aujourd'hui de "l'intelligence artificielle" et de la "destruction d'emplois" que son utilisation à outrance risque de générer à très court terme.
Ce dessin frappe comme un coup de poing dans la gueule, en éclairant les divergences de point de vue entre celui qui est "victime" et celui qui ne l'est pas (déni)...
Bah oui, les "radins" sont riches, en général, puisqu'ils choisissent de refuser de payer les dépenses autres que celles indispensables à leur propre survie... (tandis que les "pauvres" ont déjà du mal à assumer celles-ci pour le strict minimum vital...).
Je trouve qu'il manque dans cet album au moins un dessin évoquant une certaine thématique (je ne sais même pas s'il existe, hein!). Depuis désormais le 1er janvier 2016 mais suite à une loi votée le 14 juin 2013, les entreprises doivent proposer une "complémentaire santé" collective à leurs salariés (ceci découlant d'un "Accord National Interprofessionnel" [ANI] négocié antérieurement), tandis que chaque salarié est tenu d'y adhérer, sauf à prouver qu'il est déjà couvert par ailleurs. Je n'ai rien trouvé sur le site internet de Charlie Hebdo (article ou dessin) concernant ce thème - mais j'ai peut-être mal cherché (1)?
Mais bon, à la réflexion, s'agit-il vraiment d'une avancée au profit des "pauvres [travailleurs]"? Peut-être que de savants calculs avaient démontré qu'il en coûterait moins cher aux entreprises de consacrer quelques dizaines d'euros par mois à "aider" les salariés à bien "se couvrir" que de subir de l'absentéisme pour raisons médicales (aggravées parce que non soignées)? Autre hypothèse "gratuite" de ma part, peut-être que mettre le choix de la couverture collective "à la main" de l'entreprise va enfin permettre à la logique capitaliste de "tuer" le monde mutualiste en privilégiant les sociétés d'assurance maladie privées...? Bref.
Titulaire des droits de l'oeuvre de Tignous (20 000 dessins, tant déjà publiés qu'inédits), Chloé Verlhac souhaite continuer à mettre en valeur ce patrimoine (expositions, albums).
Je me demande si, pour ces 20 000 dessins, un "travail" de classement et de référencement a pu être effectué (ou est en cours): au-delà de la numérisation sur de "fragiles" archives numériques (illisibles dans quelques décennies si la technologie en devenait obsolète?), juste le fait de marquer au dos, au crayon à papier (qui reste lisible des siècles après!), chaque information disponible (date de création, date de publication et via quel "canal" [presse, recueil, autre], prix touché éventuellement [facture émise, règlement reçu...])?
Ceci pour faciliter le travail savant des chercheurs, dans quelques décennies, lorsque tous les "témoins contemporains" auront disparu, pour des études sur "Tignous témoin de son temps" comme il en existe aujourd'hui de nombreuses, rédigées au XXe siècle, concernant Daumier (1808-1879)...
PS: à la relecture de l'album, je m'aperçois que certains dessins repris dans La république des riches étaient déjà parus dans Le fric c'est capital (publié du vivnt de Tignous)... parce qu'ils faisaient partie des citations de mon billet du 7 juin 2017 concernant cet album!
(1) Je me permets un brutal "copier-coller" de ce que m'a spontanément répondu G**gl* à la question "dessin complémentaire santé Tignous" (alors que je n'étais pas passé par une demande via IA): "Aucun dessin spécifique ou campagne officielle de Tignous n'est directement répertorié ou associé de manière notoire à une « complémentaire santé » ou une mutuelle. Le caricaturiste de Charlie Hebdo a croqué la société, la politique, la médecine et les dépenses de santé de manière générale, mais pas sous la forme d'un travail publicitaire ou d'une collaboration ciblée pour une complémentaire santé. Pourriez-vous préciser où vous avez vu ce dessin ou le message exact qu'il contenait afin que je puisse mieux identifier la source ou l'ouvrage recherché ?"
*** Je suis Charlie ***