La chute des géants - Ken Follett
Coïncidence! Le fait que Violette avait chroniqué La chute des géants début août m'a rappelé que j'avais aperçu ce titre traîner dans une de mes "bibliothèques de hall d'immeuble"... Voici donc enfin mon premier Epais de l'été 2026! Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) me suis ainsi bien de nouveau tourné vers Ken Follett, mais cette fois-ci, le hasard a fait que c'était pour entamer une nouvelle série alors que je n'ai pas terminé de lire la saga Kingsbridge...
Ken Follett, La chute des géants (Le siècle, tome 1), éditions France Loisirs,
2011 (trad. pour Robert Laffont & EO en 2010), 1001 pages
L'histoire de ce premier tome de la trilogie Le Siècle se déroule du 22 juin 1911 à janvier 1924. Elle englobe donc la chute de trois empereurs et de quatre empires, résultat de la Première Guerre Mondiale (la Grande Guerre) dont il est très largement question dans ce roman.
J'ai retrouvé la "manière de faire" de Ken Follett, une sorte d'Unanimisme réactualisé. Il enchevêtre les vies de différents membres de plusieurs familles, mais cette fois-ci sans se borner à un seul pays. Nous avons donc des hommes et des femmes qui, par leur naissance, finiront par être connectés aux décisions politiques de leurs pays respectifs, ou du moins connectés aux décideurs en figurant parmi les sources d'informations de ceux-ci.
Avant-guerre (1911), voici la situation: au Pays de Galles (Grande-Bretagne), nous avons principalement deux familles: les Williams, prolétaires, qui travaillent à la mine possédée par le Comte Fitzherbert (où est femme de chambre Ethel, la fille Williams). En Russie, nous nous intéressons aux deux frères orphelins Grigori et Lev Pechkov, dont l'un deviendra révolutionnaire cependant que l'autre émigrera. Aux Etats-Unis vivent les familles Vialov, immigrés de Russie, et Dewar (le père est sénateur). En Allemagne enfin, la famille von Ulrich a engendré deux cousins, Walter (attaché militaire à l'ambassade d'Allemagne à Londres) et Robert. Les quelques personnages secondaires français apparaîtront seulement une fois les hostilités engagées sur le continent. Comme je l'ai déjà remarqué chez Ken Follet, la Grande Histoire côtoie les petites, avec ici aussi tout un lot d'amours contrariés, de mariages malencontreux et de bâtards engendrés. La guerre, que nous avons longuement vu approcher, est officieusement annoncée p.320.
Parmi la dureté des combats "à l'échelle industrielle", sur le plan humain, j'ai été frappé par le sort d'un gamin anglais de 16 ans, "bon pour le service" en trichant sur son âge avec la complicité des sergent recruteur et médecin, et qui, terrifié par le spectacle et le vacarme du front, court vers l'arrière quand il s'agit d'attaquer vers l'avant... On ne va pas se contenter de lui tirer les oreilles, ni surtout demander des comptes à ceux qui l'ont enrôlé (payés "au rendement"...).
L'impact de la guerre sera différent selon les personnages: les uns (les hommes) au front ou dans les états-majors, les femmes à l'arrière, plus ou moins investies ou cherchant à préserver leur vie personnelle. Comme évoqué plus haut, nous voyons nombre des personnages fictifs de Follett côtoyer des personnages historiques et parfois contribuer à influer sur le déroulement (connu) des événements (tentatives de paix, révolution, extension des combats à de nouveaux belligérants...). Certains sont blessés quand leurs proches y laissent leur vie. p.869, les cloches de Londres sonnent enfin pour annoncer l'armistice (11 novembre 1918).
Parenthèse personnelle: il me semble me rappeler que l'une de mes grand-mères (née en 1904) se rappelait cette sonnerie des cloches entendue en France... Je ne me souviens plus, par contre, si c'est moi qui affabulerait (cela fait plus de 30 ans qu'elle est décédée), ou si elle m'aurait aussi raconté avoir entendu à la radio celles de Berlin sonner, ce jour-là!
Mais les combats ne sont pas pour autant terminés ni tous les soldats démobilisés immédiatement. L'attention se tourne sur plusieurs centaines de pages vers la Russie, avec ses révolutions successives, puis sa guerre civile et les différentes interventions des anciens Alliés aux frontières bolcheviques, en soutien aux différentes factions des "Russes blancs"... En janvier 1924, quand s'achève l'ouvrage, la plupart des personnages "de seconde génération" dont on peut suivre le parcours dans le deuxième tome de la trilogie, L'hiver du monde, sont déjà nés.
Ayant à peine esquissé la toile de fond, je suis très loin d'avoir révélé toutes les péripéties et interactions entre personnages qui font qu'on tourne page après page dans cet épais bouquin qui se dévore avec rapidité.
Je souhaite signaler que j'ai bien aimé une formule que je me permets de citer (p.439): "Le président Wilson estime qu'un chef d'Etat doit tenir compte de l'opinion publique de la même façon qu'un marin tient compte du vent: en l'utilisant pour pousser son bateau dans une direction ou une autre, sans jamais chercher à s'y opposer de front". Je suppose que Wilson a réellement inspiré cette formulation dans la mesure où elle est encore reprise un peu plus tard, d'une manière assez proche. Par contre, je me demande ce qu'un Général de Gaulle pouvait en penser...
Voici un échantillonnage (très loin d'être exhaustif) d'avis sur ce livre: outre Violette déjà citée plus haut, Bianca, Belette2911, Frankie, Dup du blog Bookenstock, Angela Koala (dernier billet en 2023), Valmyvoulit, Liseuse hyperfertile, Argoul.
Edit du 26/08/2026: je rajoute Ann-yes.
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J'inscris cette lecture, non seulement aux challenges estivaux sur de gros bouquins (mes Epais de l'été 2026 et les Pavés de l'été 2026 chez Sibylline), mais aussi à l'activité Pages de la grande guerre 2026 organisée par Nathalie.