Les abandonnés de l'île Saint-Paul - Valentine Imhof
Je viens de lire, en un jour, Les abandonnés de l'Ile Saint-Paul par Valentine Imhof (Edition l'aube noire, collection "L'affaire qui...", 128 pages). Cette nouvelle collection "L'affaire qui" comporte déjà trois titres parus, d'autres devraient suivre. Des auteurs ou autrices de romans policiers ou de romans noirs sont invités à scruter la société française à travers le prisme de la violence. Les livres sont séquencés par une quinzaine d'articles, dessins de presses, gravures, photos issus de la BNF et de son site www.retronews.fr.
Valentine Imhof a préféré le terme "abandonnés" à "oubliés" concernant les six Français (des Bretons) et un Malgache qui sont restés 9 mois au lieu des 2 ou 3 mois prévus sur l'île Saint-Paul au sud de l'océan indien, une petite île peu accueillante pour l'être humain. C'est un cratère ouvert. L'histoire s'est passée entre mars et décembre 1930. Six hommes et une femme enceinte, auxquels on avait promis d'être mieux payés que ce qu'ils gagnaient habituellement, sont d'accord pour entretenir le matériel pour la pêche à la langouste pendant la hors-saison. Très vite après avoir débarqué, les 7 personnes se sont rendu compte que des conserves étaient avariées, qu'il y avait très peu d'alcool, que le climat n'était pas terrible, que les rats pullulaient. Mais sachant qu'ils n'avaient que peu de temps à attendre, ils prenaient leur mal en patience. V. Imhof nous redit souvent le nom de ces volontaires dont Louise Le Brunou qui est venue avec son mari. Elle accouche en mars d'une petite Paule qui ne vivra que huit semaines. Quatre des hommes, dont Victor le mari de Louise, mourront d'une étrange maladie qu'ils arriveront à diagnostiquer : le scorbut. En effet, dans les vivres qu'on leur a laissés, il manque les fruits et les légumes frais qui auraient pu les garder en bonne santé car ces hommes sont jeunes. Sur les quatre hommes, un est mort noyé en voulant partir en chaloupe. Car la mer autour de cette île Saint-Paul est dangereuse. Dans la deuxième partie du récit qui se passe entre 1931 et 1937 (et même avec un épilogue en 1948), Valentine Imhof décrit le combat des survivants afin de récupérer des dommages et intérêts auprès de la société de pêche La langouste française qui les employaient. Même si leur demande a été acceptée, ils n'obtiendront jamais l'argent qui leur était dû, La langouste française ayant fait faillite. Ces hommes et cette femme ont vraiment été abandonnés à leur terrible sort. L'autrice, qui, bien sûr, prend fait et cause pour ces abandonnés, élargit son récit en évoquant le contexte politique et social. Elle fait mention de l'exposition internationale coloniale de 1931 à Paris. L'île Saint-Paul comme l'île Amsterdam et Les îles Kerguelen font partie aujourd'hui des TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises). De nos jours, l'île Saint-Paul est inhabitée. C'est même interdit d'y aller. J'avoue que je ne connaissais pas cette histoire qui m'a intéressée. En revanche, les reproductions de quelques articles qui ponctuent le livre sont assez illisibles car en très petits caractères.
Voici un timbre émis en 2015 qui évoque le drame.
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Lire les billets d'Actu du noir, Pierre Faverolle, Le blog du hérisson, Ingannmic.
J'espère que Fanja acceptera ma première participation au Book Trip en mer.
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