Saturne - Edouard Halfon
Je suis en train de lire plusieurs romans assez copieux en même temps mais néanmoins, j'ai lu pendant un trajet aller-retour en bus, un livre de 75 pages, Saturne (Quai Voltaire, paru à l'origine en 2003 et en 2026 pour la traduction française), qui a fait connaitre l'écrivain guatémaltèque Edouard Halfon dont je n'avais encore rien lu. Saturne c'est un dieu qui mangeait ses enfants. Ici, le narrateur en veut beaucoup à son père de son indifférence à son égard. Il lui en veut aussi de sa tyrannie et lui reproche son silence en beaucoup de choses. Son père s'est moqué de lui du fait qu'il écrive. Quand il était petit, le père avait frappé le narrateur. Il a pensé au suicide tout comme certains écrivains ou écrivaines qui ont "franchi le pas" comme Klaus Mann qui a eu des relations difficiles avec son père Thomas. Seul son frère Michael Mann avait assisté à ses obsèques à Cannes. Il évoque Ernest Hemingway, Sylvia Plath, Virginia Woolf et d'autres auteurs, comme la nièce de Fenimore Cooper qui s'est jetée dans le vide, tout comme Gilles Deleuze. Il évoque aussi des auteurs que je ne connais pas comme Hart Crane qui s'est noyé dans l'océan au large de Cuba. Et évidemment, il évoque Yukio Mishima et Yasunari Kawabata. Le premier s'est suicidé par Seppuku et le deuxième qui était ami de Mishima, s'est suicidé par le gaz. Il fait aussi mention des écrivains juifs qui ont connu l'horreur nazie et qui se sont suicidés pour différentes raisons : Bruno Bettelheim, Stefan Sweig, Primo Levi, Paul Célan et Jean Améry (nom de naissance Hans Meier). Je ne connais pas du tout ces deux derniers auteurs. C'est un livre qui se lit (et se relit) et qui donne envie de découvrir certains auteurs. Je conseille.