La famille Oboulot en vacances - Reiser
Alors que les vacances se sont achevées pour la plupart des gens (à l'exception des retraités ou des salariés en "congé de fin de carrière", par exemple), je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) suis allé piocher dans ma "PAC" (pile à chroniquer) un ouvrage en vue de ma "chronique du 7" en l'honneur de Charlie Hebdo. J'ai à ce jour rarement eu l'occasion de parler de Jean-Marc Reiser, à part ici ou là. Reiser (1941-1983) est décédé prématurément, d'un cancer à 41 ans, peu de temps après l'arrêt de la première série de Charlie Hebdo dont il était l'un des "historiques" (il n'a donc pas connu -ni été connu par- les "jeunes" de la seconde équipe / seconde série, à partie de 1992).
Reiser, La famille Oboulot en vacances, Albin Michel, 1989, 48 pages
Parenthèse contemporaine: j'espère en tout cas que ne viendra pas trop vite le temps où l'étiquette "occasion Gibert" (que j'ai laissée pour la photo de la couverture ci-dessus) deviendra elle-même un collector... mais plusieurs magasins de l'enseigne (y compris des "historiques"), ont fermé ces dernières années, et ça ne semble pas terminé...
Dans une postface, Delfeil de ton (chroniqueur de Charlie jusqu'en 1975, il a ensuite rejoint Le Nouvel Observateur, où il a fait entrer Reiser en 1981 après la fin de Charlie) explique l'historique des différentes planches composant l'album. Une première série a été publiée durant l'été 1978 dans Le Monde, à partir du 11 juillet (planche quotidienne), jusqu'à ce que que le quotidien du soir publie la dernière avec le mot "fin" le 5 août. Une planche était restée inédite. Du 3 juillet au 3 septembre 1982, Reiser a repris ses personnages dans Le Nouvel Observateur, sous forme d'une planche hebdomadaire en couleurs. La maladie l'empêcha sans doute de poursuivre l'année suivante.
La famille Oboulot, c'est un papa, une maman (probablement des ex-soixante-huitards?), et deux gamins délurés (le garçon paraît l'aîné par rapport à la fille?). Tous sont promis au sarcasme, que celui-ci s'exerce en interne ou en externe. Les saynètes se déroulent dans différents environnements (en voiture, lors d'un arrêt pique-nique, au restaurant, en location, au camping, ...). Il se trouve que la plupart des planches que j'ai choisies pour vous donner une idée de l'album concernent des scènes en plage ou de mer, ce qui est loin d'être représentatif, et ne suffit donc pas à le faire postuler au Book trip en mer (saison 3) de Fanja...
De grands dessins valant mieux que mes plats discours, voici mes quelques citations (j'ai réussi à photographier aussi les numéros de page!).
Pour information, la première vignette (en haut à gauche) est reprise sur la 4e de couverture. Si j'ai bien compris, il s'agit de la dernière planche publiée dans Le Monde, après leur refus de publier celle qui figure p.46 (que je ne vous montre pas).
Dictature...?
Faites ce que je dis...
Les joies du débat...
Un peu mou, tout ça?
Voilà, c'était Reiser. Un dessin minimaliste qui était au service d'un humour féroce, sa "marque de fabrique".
J'espère vous avoir donné envie de le (re)découvrir!
Je dirais que, aujourd'hui, dans le style de dessin, il me semble que Salch est le plus proche de lui parmi les dessinateurs actuels de Charlie. C'est en préparant le présent article que j'ai découvert que ce dernier était par ailleurs, et bien avant de commencer sa collaboration à Charlie en 2018, bédéiste! Il faudra que je lise aussi quelques-uns de ses albums...
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Edit du 10/10/2026: je voulais, comme je le fais parfois en fin de mes "billets du sept", évoquer un point sans rapport avec le principal du billet. J'avais relevé dans Charlie N°1179 du 26 août 2026, dans la chronique de Gérard Biard, un point de vue très pertinent. mais, il y a trois jours, je n'avais sous la main ni la référence exacte de ce qui m'avait frappé, ni ma série de Charlie pour le retrouver...
C'est à propos de la numérisation à tout va (y compris dans l'administration), et la colonne de cette chronique "Vivrensemble" (p.13) est titrée "Tous à poil sur les écrans". Il est question des "exploits" des hackers qui se promènent dans les disques durs des différents ministères ou administrations comme dans du gruyère.
Je cite Gérard Biard: "Ouvrons une parenthèse de vieux con de boomer. Quand les informations confidentielles sur les usagers d'une administration ou d'un établissement public étaient encore sous forme de fiches en carton rangées dans un casier en bois ou en métal, personne n'imaginait cambrioler un hôpital ou une école pour piquer les archives. Et quand des malfrats braquaient une perception, c'était pour emporter la recette, pas les feuilles d'impôts des contribuables pour les recopier".
À côté de ce passage, moi, j'ai écrit "BRAVO!".
*** Je suis Charlie ***